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Full text of "Revue et magasin de zoologie pure et appliquée"

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S.S.^/fO 


REVUE 


KT  MAGASIN 


DE  ZOOLOGIE 


PURE  ET  APPLIQUÉE. 

RECUEIL  MENSUEL 

DESTINÉ  A  FACILITER  AUX  SAVANTS  DE  TOUS  LES  PAYS  LES  MOYENS  DE  PUBLIER 

LEURS  OBSERVATIONS  DE  ZOOLOGIE  PURE  ET  APPLIQUÉE  A  L'INDUSTRIE  ET 

A  L'AGRICULTURE,  LEURS  TRAVAUX  DE  PALÉONTOLOGIE,  D'ANATOMIE 

ET  DE  PHYSIOLOGIE  COMPARÉES,  ET  A  LES  TENIR  AU  COURANT 

DES    NOUVELLES    DÉCOUVERTES    ET    DES    PROGRÈS 

DE  LA  SCIENCE  , 


M.  F.-E.  GUÉIUN-MÉNEVILLE, 

Membre  de  la  Légion-d'Honneur,-  de  la  Société  nationale  et  centrale  d'Agriculture; 

des  Académies  royales  des  Sciences  de  Madrid  et  de  Turin;  de  l'Académie  royale 

d'Agriculture  de  Turin  ;  de  la  Société  impériale  des  naturalistes  de  Moscou  et 

d'un  grand  nombre  d'autres  Sociétés  nationales  et  étrangères  Secrétaire 

du  Conseil  de  la  Société  Impériale  zoologique  d'Acclimatat  on. 


2e  série.  —  t.  VIII.  -       1856 


PARIS    ^ 

AU  BUREAU  DE  LA  REVUE  ET  MAGASIN  DE  ZOOLOGIE 

RUE    DUS   DEAUX-ARTS,    4. 


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DIX-NEUVIÈME  ANNÉE    —  JANVIER   1856. 


I.  TRAVAUX  INEDITS 


Notice  sur  le  Mouflon  à  manchettes,  ou  Mouflon 
d'Afrique;  par  M.  Henri  Aucapitaine. 

Le  Mouflon  d'Afrique  (Ovis  tragelaphus,  Cuv.,  Règne 
animal,  édit.  Deterville,  t.  ï,  p.  277.  —  Pennant,  n° 
xii.  —  Shaw,  pi.  cch,  5.  —  Schreb.,  cclxxxviii  p . )  «  à 
poil  roussâtre,  doux,  avec  une  longue  crinière  pendante 
sous  le  cou  et  une  autre  à  chaque  poignet;  la  queue, 
courte,  paraît  être  une  espèce  distincte.  Elle  habite  les 
contrées  rocailleuses  de  toute  la  Barbarie,  et  M.  Geof- 
froy l'a  observé  en  Egypte.  » 

En  effet,  c'est  l'espèce  figurée  par  Etienne  Geoffroy 
Saint-Hilaire,  dans  le  grand  ouvrage  sur  l'Egypte,  sous 
le  nom  à'Ovis  ornata  (Mammifères,  pi.  7,  fig.  2),  que 
Cuvier  et  Desmarest  ont  réunie  avec  le  Mouton  barbu 
(Bearbedscheep)  de  Pennant.  Cette  espèce  est  fort  répan- 
due dans  le  sud  de  l'Algérie,  où  elle  est  connue  des  in- 
digènes sous  le  nom  à'el  Arouiy  el  Feichstal  (1).  On  la 
chasse  dans  le  Djebel-Amour,  dans  les  montagnes  saha- 
riennes, du  côté  de  Bouçada,  et  dans  les  régions  du 
sud,  au  pays  des  ïouareicks,  et  dans  l'Ouad-Souf.  Dans 
ce  dernier  pays,  la  viande  de  l'Aroui  constitue  une  bran- 
che de  commerce.  Les  gens  du  Souf  portent  à  Gh'dâmés 
la  viande  du  Mouflon,  qui  y  est  fort  recherchée,  et  qu'ils 

(1)  Ce  n'est  que  par  abus  que  l'on  prononce  et  écrit  souvent 
YAroui,  qui  est  la  réunion  de  l'article  el  au  substantif.  Les  plus 
célèbres  orientalistes,  Fregtas,  dans  son  grand  Dictionnaire,  Go- 
lius  et  plusieurs  autres,  écrivent  Aroui. 


4  REV.    ET    MAG.    DE    ZOOLOGIE     (Janvier   1856.) 

se  procurent  dans  les  environs  de  Bie-Djedid;  il  en  est 
de  même  du  Begaeur  el  Ouahche  (1). 

Le  docteur  Shaw,  consulté  encore  avec  tant  de  fruit 
par  ceux  qui  s'occupent  de  l'Algérie,  a  donné  une  bonne 
description  d'el  Aroui  el  Feichtall  que  voici  (2)  :  «La 
Feischtall  ou  Lerwee  est  une  espèce  de  Chèvre  si  peu- 
reuse que,  lorsqu'on  la  poursuit,  elle  se  jette  de  frayeur 
sur  les  rochers  et  dans  les  précipices.  Elle  est  à  peu 
près  de  la  grosseur  d'une  génisse  d'un  an  ;  seulement 
elle  a  le  corps  plus  rond,  avec  une  touffe  de  poils  de  la 
longueur  de  cinq  pouces  sur  les  genoux,  et  une  autre 
dans  la  nuque,  de  près  d'un  pied  de  long.  Sa  couleur 
est  la  même  que  celle  du  Besker  el  Wach,  et  ses  cornes 
cannelées  et  courbées  en  arrière  comme  celles  des  Chè- 
vres; mais  elles  ont  plus  d'un  pied  de  longueur,  et  ne 
sont  séparées  sur  le  front  que  par  un  peu  de  poil,  comme 
celles  des  Moutons.  Il  paraît,  par  la  taille,  par  la  figure 
et  par  plusieurs  autres  circonstances,  que  la  Feischtall 
est  le  Tragelaphus  des  anciens.  Il  est  vrai  que  Pline  dit 
qu'on  ne  le  trouvait  que  sur  les  bords  du  Phase  (3).  » 

Ajoutons  quelques  détails  à  ceux  de  Shaw.  En  gé- 
néral, la  taille  de  l'Aroui  surpasse  de  beaucoup  celle 
du  plus  gros  Bélier,  dont  il  a  deux  fois  le  volume  et  la 
hauteur.  Le  poil  varie  du  fauve  roussâtre  au  brun  roux, 
quelquefois  foncé  et  court,  comme  celui  de  la  Gazelle. 
Le  dessous  du  corps  et  les  parties  internes  des  mem- 
bres sont  de  nuance  plus  claire;  des  poils  de  18  à  25 
centimètres  couvrent  les  parties  antérieures  du  corps 
et  des  membres,  disposition  à  laquelle  cet  animal  doit 

(1)  Le  Begueur  el  Ouahche  des  Arabes  est  l'Antilope  bubalis(Bo$ 
africanus  de  Belon).  On  ne  le  voit  jamais  dans  le  nord  de  l'Algérie 
que  comme  objet  de  curiosité,  et  il  y  est  fort  rare.  J'ai  récemment 
eu  occasion  d'en  observer  deux  à  Blidah,  au  parc  des  étalons. 

(2)  Shaw,  Voyage  dans  plusieurs  provinces  de  la  Barbarie  et  du 
Levant,  trad.  irancui«e.  t.  I,  chap.  2,  p.  515  et  suiv.  —  La  Hâve. 

(5)  Pline,  lib.  VIII,  ch.  55. 


TRAVAUX    INÉDITS.  5 

sou  nom  de  Mouflon  à  manchettes.  Lu  queue  est  courte 
(de  18  à  20  centimètres);  elle  se  termine,  comme  celle 
des  Gazelles,  par  un  pinceau  de  poils.  J'ai  vu  un  Mou- 
flon dont  la  queue  avait  au  moins  7>()  centimètres.  Les 
morues  sont  volumineuses,  très-rapprochées  à  leur  base, 
qu'un  peu  de  poil  sépare;  seulement  elles  sont  recour- 
bées, divergentes,  dirigées  en  dehors,  et  s'écartant 
insensiblement  et  beaucoup  moins  rapidement  que 
<îhcz  les  Moutons  ordinaires.  Leur  longueur  n'ex- 
cède pas  50  centimètres;  elles  son!  légèrement  ridées. 

Ils  vivent  par  troupe,  au  milieu  des  rochers  escarpés, 
où  ils  se  font  remarquer  par  leurs  bonds  vraiment  ex- 
traordinaires. Eminemment  sociables,  il  n'est  pas  rare 
de  voir  des  Mouflons  vivre  en  société  avec  les  Gazelles, 
dont  ils  ont  toute  l'agilité,  avec  une  force  beaucoup  plus 
grande.  Cet  animal  pourrait  offrir  des  ressources  à  l'ac- 
climatation, car  son  caractère  est  d'une  extrême  dou- 
ceur lorsqu'il  est  captif.  M.  le  docteur  Lacger  raconte 
avoir  vu  à  Bordj-Bou-Ariridj,  dans  la  Medjana,  un  Aroui 
qui,  à  l'état  de  liberté,  rentrait  chaque  soir  au  fort  après 
s'être  repu.  Graëberg  di  Henso,  qui  a  observé  l'Aroui, 
dit  que  cet  animal  est  l'Antilope  larvia  de  Linné  et  de 
Pallas,  le  Kob  de  Buffon,  rapprochement  que  n'admet 
pas  ce  dernier  auteur. 

Buffon  parle  avec  beaucoup  de  détails  du  Mouton  à 
large  queue;  mais  nous  ne  trouvons  aucun  renseigne- 
ment sur  l'espèce  qui  nous  occupe,  car  les  détails  qu'il 
donne  sur  l'Adimain,  ou  la  grande  Brebis  du  Sénégal 
et  des  Indes,  sont  trop  vagues  pour  y  rapporter  le  Mou- 
flon à  manchettes  (1).  Cet  illustre  naturaliste  a  réuni, 
avec  raison,  les  différentes  espèces  de  Brebis,  entre 
autres  YArgali  de  Gmelin,  qui  est  un  Mouflon  du  Le- 
vant, et  probablement  la  même  espèce  que  le  Trayela- 
phus  de  Belon.  On  est  parvenu  déjà,  à  plusieurs  reprises, 

(1)  Buffon,  édit.  Pourrai,  t.  III,  p.  il 6  et  419. 


C  rev.  et  mag.  de  zoologie.   (Janvier    1856.) 

à  domestiquer  le  Mouflon  à  manchettes.  Ils  reprodui- 
sent en  Europe.  M.  le  docteur  Pucheran,  en  rendant 
compte  à  la  Société  zoologique  d'Acclimatation  des  ten- 
tatives faites  à  la  Ménagerie  d'observations  créée  par 
M.  le  prince  Demidoff  à  San  Donato,  près  Florence, 
dit  que  le  Mouflon  à  manchettes  y  a  produit  deux  jeunes 
en  1855,  et  deux  en  1854.  A  la  fin  de  Tannée  1854. 
M.  le  général  Daumas  annonçait  à  la  Société  zoologi- 
que d'Acclimatation  qu'il  venait  de  demander  au  colonel 
d  Argens  de  procurer  à  la  Société  des  Mouflons  à  man- 
chettes, afin  que  ce  magnifique  animal  puisse  devenir 
l'objet  d'études  suivies,  et,  s'il  y  a  lieu,  d'un  essai  d'ac- 
climatation en  France  (1).  Espérons  que  l'on  parvien- 
dra à  doter  les  régions  montagneuses  de  ce  Mammifère, 
qui  pourrait  constituer  un  alimentaire  de  premier  ordre. 
M.  le  docteur  Guyon,  qui,  dans  son  voyage  aux  Libans, 
observa  l'Aroui  et  donna  quelques  détails  sur  cet  ani- 
mal, se  demande  quel  est  le  Mammifère  que  Ju vénal 
distingue  en  ces  termes  : 

'  .  Et  Getulis  orix?     (Satira  XII.) 

Selon  Pline,  YOryx  était  une  sorte  de  Chèvre  qui 
n'avait  qu'une  corne,  et  dont  le  poil,  au  lieu  d'être  di- 
rigé d'avant  en  arrière,  l'était  au  contraire  d'arrière  en 
avant.  Nous  avons  tout  lieu  de  supposer  que,  comme  le 
fait  observer  Cuvier,  c'est  l'Antilope  gazella  de  Linné, 
ou  Antilope  leucoryx,  Lichtenstein(Mém.  Acad.  de  Ber- 
lin, 1824,  pi.  1).  L'Antilope  oryx  de  Pallas,  ou  Pasan 
de  Buffon  (Suppl.  VI,  pi.  XVII)  a  de  longues  cornes 
droites,  et  ne  vit  guère  que  dans  l'Afrique  australe, 
tandis  que  l'Antilope  leucoryx  représenté  sur  les  monu- 
ments figurés  de  la  Nubie  et  de  l'Egypte  habite  l'Afri- 
que septentrionale,  depuis  la  Nubie,  le  Sennaar,  jus- 
qu'au Sénégal;  mais,  comme  beaucoup  d'autres  ani- 
maux, il  a  probablement  disparu  des  régions  littorales. 

(1)  Bulletin  Soc.  Zool.  d'Acclimatation,  1854,  p.  3'24. 


TRAVAUX    INÉDITS  7 

AMÉNITÉS  MALACOLOGIQUES 
par  M.  J.-R.  Bourguignat. 

§  xxx 

Description  des  Succinea  ^Egyptiaca  et  Raymondi,  suivie 
du  recensement  des  Ambrettes  du  continent  Afri- 
cain. 

Dans  les  contrées  septentrionales  du  continent  Afri- 
cain, le  genre  Succinea  offre  bien  peu  de  représentants. 
Deux  espèces  seulement  ont  jusqu'à  ce  jour  été  indi- 
quées par  les  auteurs  :  une  en  Algérie  et  une  autre  en 
Egypte. 

La  première  de  ces  espèces,  que  notre  savant  ami 
M*.  Arthur  Morelet  (1)  a  signalée  aux  environs  d'Alger 
et  de  Tlemcen,  est  notre  Ambrette  européenne,  la  Suc- 
cinea putris.  Nous  ne  parlerons  point  de  cette  coquille, 
que  tous  les  conchyliologues  connaissent. 

Quant  à  la  seconde,  spéciale  à  l'Egypte,  elle  est  en- 
core imparfaitement  décrite.  L.  Pfeiffer,  dans  sa  mono- 
graphie des  Hélices  (c2),  en  a  simplement  donné  une 
description  d'une  ligne,  qu'il  a  empruntée  àEhrenberg. 
—  Pour  combler  cette  lacune,  nous  croyons  utile  de 
fournir  ici  une  description  nouvelle  de  cette  coquille,  à 
la  suite  de  laquelle  nous  joindrons  celle  d'une  autre 
Ambrette,  spéciale  à  l'Algérie,  et  découverte  par  le  doc- 
teur Raymond. 

Succinea  ^Egyptiaca. 

Succinea  amphibia,  Audouin,  iniSavigny,  Descript.  de 
l'Egypte,  Moll.,  pi.  %  f.  24. 

(I)  Cat.  Moll.  terr.  fluv.  d'Algérie,  in  :  Journ.  de  Conch.,  t.  IV, 
p.  593.  1853. 

(2)Tom.  II,  p.  518.4848. 


8  rev.  et  mac.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 

Succinea  iEgyptiaca,  Ehrenberg,  Symb.  phys. ,  Moll. 
1831.   ' 
—  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  t.  Il, 

p.  518.  1848. 

Testa  :  parvula,  oblonga,  pellucida,  fragili,  leviter  flavicante,  ac 
lineis  curvis  laxe  striata;  spïra  obtusa;  anfractibus  3,  sutura  sat 
profunda  separatis  ;  ullimo  longitudinis  2/3  œquante;  apertura 
ampla,  ovali;  peristoraate  simplice,  acuto;  marginibus  callo  junctis; 
columella  arcuata,  basin  attingente. 

Coquille  petite,  oblongue,  fragile,  d'une  couleur  pâle 
jaunâtre,  laissant  apercevoir  à  travers  le  test  les  organes 
de  l'animal,  et  sillonnée  transversalement  de  stries  ar- 
quées assez  distantes  les  unes  des  autres,  et  d'une  façon 
un  peu  irrégulière.  La  spire  est  obtuse,  ses  trois  tours, 
séparés  par  une  suture  assez  marquée,  sont  un  peu  con- 
vexes ;  le  dernier  égale  les  deux  tiers  de  la  longueur 
totale.  L'ouverture  est  grande  et  de  forme  ovale,  et  elle 
possède  un  péristome  simple,  tranchant,  dont  les  extré- 
mités se  trouvent  réunies  par  une  callosité  assez  forte, 
qui  recouvre  toute  La  eolumelle  ;  celle-ci  est  arquée,  et 
descend  jusqu'à  la  base  de  l'ouverture. 

Longueur,  8  millim. — Diamètre,  3  millim.  et  demi. 
—  Hauteur  de  l'ouverture,  5  millim. 

Cette  gracieuse  coquille  se  rencontre  le  matin,  par  un 
temps  un  peu  bumide,  sur  des  plantes  de  trèfle,  dans 
les  environs  deDamiette. 

L'animal  de  cette  Succinée  est  assez  grand;  il  ne  peut 
se  renfermer  dans  sa  coquille,  il  est  d'une  couleur  bleu- 
verdâtre.  Ses  deux  grands  tentatules,  amincis  vers  leur 
milieu,  se  renflent  à  leur  sommet,  où  se  trouvent  des 
yeux  noirs  et  brillants.  Ses  deux  petits  tentacules  sont 
d'une  faible  taille. 

Succinea  Ravmondi. 

Testa  :  ovato-conoidea,  fragili,  diaphana,  irregulariter  transver- 
sequc  ruguloso-striata,  luleola;  spira  elongata;  apice  acuta;  an- 
fractibus 4  \jï  ad  5  convcxis,  sutura  profunda  separatis;  apertura 


TRAVAUX    INEDITS.  \l 

ovato-oblonga,  parum  obliqua;  pcristomate  simplice;  columella  ar- 
cuala,  ad  basin  aperlursc  non  attingente. 

Coquille  ovale-conoïde  ,  transparente,  fragile,  d'une 
couleur  jaunâtre,  et  offrant  une  surface  sillonnée  de 
fortes  stries  transverses  et  irrégulières.  Spire  allongée, 
à  sommet  aigu  ;  ses  tours  de  spire,  ordinairement  au 
nombre  de  5,  sont  convexes  et  profondément  séparés 
par  la  suture.  Son  ouverture  est  ovale-allongée,  un  peu 
oblique,  àpéristome  simple  et  tranchant,  et  la  columelle, 
qui  est  fortement  arquée,  n'atteint  point  la  base  de  l'ou- 
verture. 

Longueur,  14  millim. —  Diamètre,  7  millim. —  Hau- 
teur de  l'ouverture,  7  à  8  millim. 

Cette  espèce  a  été  recueillie  dans  les  environs  de 
Constantine,  en  Algérie,  par  notre  savant  ami  le  doc- 
teur Raymond,  auquel  nous  nous  empressons  de  la 
dédier. 

Maintenant,  pour  compléter,  dans  nos  Aménités ,  l'his- 
toire des  Succinées  du  continent  Africain,  nous  allons 
donner  une  simple  diagnose  de  chacune  des  Ambrettes 
décrites  jusqu'à  présent. 

Ces  espèces  sont  au  nombre  de  dix,  et  peuvent  être 
classées,  au  point  de  vue  géographique,  en  deux  sé- 
ries (1)  : 

1°  En  Ambrettes  des  contrées  les  plus  méridionales, 
c'est-à-dire  celles  qui  habitent  la  terre  de  Natal  et  le  Cap 
de  Bonne-Espérance. 

2°  En  Ambrettes  de  la  côte  occidentale,  c'est-à-dire 
celles  qui  vivent  depuis  le  Maroc  jusqu'au  pays  des  Hot- 
tentots  (2). 

Les  espèces  que  nous  comprenons  dans  la  première 
série  géographique  sont  les  suivantes  : 

(1)  Ces  Succinées  peuvent  également,  au  poinl  de  vue  zoologique, 
être  classées  dans  les  deux  groupes  Tapada  et  Helisùjti. 

(2)  Les  espèces  qui  habitent  les  îles  voisines  du  continent  sont 
comprises  dans  cette  série. 


10        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.; 

1°    SUGCINEA    STRIA  TA. 

Succinca  striata,  Krauss.  Die  Sudaf.  Moll.,  p.  73,  tab. 
ÏV,  f.  16.  1848. 
—  L.  Pfeiffer,  Monog.  Hel.viv.;  suppl., 

p.  11.  1853. 

Testa  :  ovata.  fragili,  diaphana,  ventricosa,  luteovirescente,  ru- 
guloso-striata  ;  spira  brevi,  obtusa;  anfractibus  5  convexis,  sutura 
sat  impressa  separatis;  ullirao  ventricoso,  lougitudinis  3/4  œquante; 
apertura  rotundato-ovali;  columella  arcuata,  basin  aperturœ  non  at- 
tingente. 

Long.,  8  millim.  —  Diam.,  4  miilim.  —  Long.  ap.f 
6  millim. 

Cette  espèce  a  été  recueillie  par  M.  J.-A.  Wahlberg 
sur  les  bords  du  fleuve  Limpopo. 

2°    SUCCINEA    EXARATA. 

Succinea  exarata,  Krauss,  Die  Sudaf.  Moll.,  p.  74,  tab. 
IV,  f.  15.  1848. 
—  L.  Pfeiffer,  Monogr.  Hel.  viv.,  t.  II r 

p.  518.  1848. 

Testa:  oblongo-subfusiformi,  tenuissima,  pellucida,  ruguloso- 
striata,  stramineo-hyalina;  spira  conica,  acuta;  anfractibus  A  rapide 
accrescentibus,  convexiusculis;  ultimo  paulo  ventrosiore,  basi  atte- 
nuato,  medio  sulcis  duobus  parallelis  exarato;  apertura  oblongo- 
ovali,  superne  angulata;  peristomate  simplice,  margine  dextro  le- 
viter,  columellari  vix  arcuato. 

Longueur,  10  millim.  —  Diamètre,  5  millim.  — 
Long,  ap.,  6  millim.  et  demi.  —  Lat.  ap.,  3  millim.  et 
demi. 

Habite  sur  les  plantes  aquatiques  qui  bordent  les 
étangs  et  les  marais  du  pays  de  Natal. 

3°    SUCCIINEA    PATENT1SSIMA. 

Succinea  patentissima,  Menke,  Diagn.  neuer.  Hel.  in: 

Zeitschr.  fur  Malak.,  p.  52, 

1853. 


TRAVAUX    INEDITS.  Il 

Testa  :  depresso-oblonga,tenuissima,  pellucida,  rugoso-striatula, 
juirum  nitida,  pallide  corneo-flavescente;  spira  minima,  papillata; 
nnfractibns2  1/2;  ullimo  deorsum  sensim  dilatato; aperlura  obliqua, 
acuminato-ovali;  peristomate  tenuissimo,  recto:  margine  basali  le- 
viter arcuato;  columella  callosa,  subtorta,  leviter  arcuata. 

Longueur,  10  millim.  —  Diamètre,  6  millim.  — 
Ap.  long.,  8  millim.  et  demi. 

Habite  dans  les  environs  de  Port-Natal. 

4°  Succinea  Delalandii. 

Hélix  (cochlohydra)  elongata,  var.  Y.  Férussac.  Hist.  des 

Moll.,  tab.  II,  A,  f.  2. 
Succinea  Delalandii,  L.  Pfeiffer,  Besch.  neur  Landsch- 

necken,in:  Zeitsch.  fùrMalak.. 

p.  28.1851. 
—  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,Suppl., 

p.  11.1853. 

Testa  :  ovato-elongata,  solidiuscula,  striata  et  impresso-punctata, 
pellucida,  succinea;  spira  elongalo-conica;  apice  acuta;  anfractibus 
3  1/2  perconvexis;  ultimo  3/5  longitudinis  subrequante;  columella 
leviter  arcuata,  subcallosa;  apertura  obliqua,  regulariter  ovali;  pe- 
ristomate simplice,  recto,  marginibus  callo  tenui  junctis. 

Long.,  9  millim.  —  Diam.,  5  millim.  —  Long,  ap., 
5  millim.  Ij2.  —  Lat.  ap.  ,3  millim. 

Habite  le  Cap  de  Bonne-Espérance,  sur  les  bords  des 
marais  salés,  non  loin  de  Baszaarms-Kraal. 

5°    SUCCINEA    AfRICANA. 

Succinea  amphibia,  var.  Africana,  Krauss,  Sudaf.  Moll.. 
p.  73.  1848. 
J.-A.  Wahlberg  a  recueilli,  sur  les  rives  du  fleuve 
Limpopo,  une  Ambrette  que  Krauss  rapporte  à  notre 
Succinea  putris  d'Europe.  Selon  lui,  il  n'a  pu  trouver, 
entre  cette  espèce  et  ses  échantillons  africains ,  la 
moindre  différence;  et,  malgré  cela,  ce  savant  natura- 
liste dit,  quelques  lignes  plus  loin,  que  ses  individus 
africains  présentaient  une  ouverture  moins  étroite  vers 


12        kev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 

le  haut,  et  que  leur  dernier  tour  de  spire  était  moins 
convexe. 

Pour  nous,  qui  ne  croyons  point  à  la  présence  de  la 
véritable  Suce,  putris  dans  le  pays  des  Hottentots,  nous 
élevons  cette  variété  de  Krauss  au  rang  d'espèce,  en 
l'inscrivant  sous  l'appellation  de  Suce.  Africana. 

Long.,  18  millim. —  Diam.,  lOmillim. 

La  seconde  série  des  Ambrettes  africaines  se  compose 
également  de  cinq  espèces,  qui  sont  : 

1°    SUCCINEA    CONCISA. 

Succinea  concisa,  Arth.  Morelet,  in  :  Rcv.  zool.,  p.  351. 
1848. 
—  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  suppl., 

p.  11.  1855. 

Testa  :  ovato-conica,  tenui,  pellucida,  confertim  ruguloso-striata, 
cereo-albida;  spira  breviuscula,  subpapillata;  anfractibus  2  1/2;  pe- 
nultimo  perconvexo;  ultimo  attenuato;  longitudinis  2/5  œquante;' 
sutura  profunda,  submarginata;  apertura  vix  obliqua,  ovali;  peristo- 
mate  simplice,  tenui,  margine  dextro  et  basali  regulariter  arcuatis; 
columella  tenui,  superne  subcallosa,  recedente,  basin  apertura  non 
altingente. 

Long.,  5  millim,  —  Diam.,  3  millim.  —  Long,  ap.,  3 
millim. — Lat.  ajk,  1  millim. 

Se  rencontre  en  Guinée,  sur  les  les  bords  du  fleuve 
Gabon. 

2°    SUCCINEA    SPURCA. 

Succinea  spurca,  Gould,  in  :  Proceed.  Bost,  Soc,  t.  III, 
p.  193. 1850. 
—  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  suppl., 

p.  i±  1855. 

Testa  :parva,  fragili,  virescenle  ;  striis  Iaxis,  scabris,  lulum  cu- 
mulantibus;  anfractibus  5  ventricosis;  sutura  profunda  separatis; 
ullimo  2/5  longitudinis  toquante;  apertura  rotundato-ovata;  colu- 
inella  aeuta,  valde  arcuata. 

Long.,  7  millim.  —  Diam.,  12  millim. 


TRAVAUX     INEDITS.  13 

Habite  la  Libéric,  où  elle  a  été  trouvée  par  le  docteur 
Perkins. 

3*    SUCCINEA    UEL1COIDEA. 

Succinea  belicoidea,   Gonld,  in  :   Proceed.  Bost.  Soc  , 
t.  III,  p.  193.  1850. 
—  L.  Pfeiffer,   Mon.  Hel.  viv.,  sup- 

pl.,  p.  12.  1853. 

Testa:  parva,  late  umbilicata,  tenui,  straminea,  supra  oblique 
lirata,  infra  levigata;  spira  depressa;  anfraclibus  5  1/2  rotundatis; 
ultime-  subangulato;  apertura  lunala,  alta. 

Long.,  6  millim.  —  Diam.,  12  millim. 

Se  rencontre  sur  les  côtes  occidentales  de  l'Afrique. 

4°  Succinea  Sanct^-Helen^e. 
HelisigaSanctœ-Helense,  Lesson,  Voy.  Coq.,  p,  31  G,  tab. 

15,  f.  1.  1830. 
Succinea  Sancta  -Helense,  L.  Pfeiffer,  Symb.  Hist.  Hel., 

t.  II,  p.  152.  1842. 
—  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  t.  H, 

p.  518,  1848. 

Testa:  glaberrima.anipla,  ovata,  unispirata,  fusco-rubella,fragil- 
lima.  (Less.) 

Long.,  6  millim.  —  Diam.,  14  millim. 
Habite  l'île  de  Sainte-Hélène. 

5°  Succinea  pïctà. 

Succinea  picta,  L.  Pfeiffer,  in  :  Proceed.  zool.  Soc, 

p.  133.  1849. 
Succinea  imperialis,  Benson,  in  :  Ann.  and  Mag.  1851. 
Mart.,  p.  262.  (Texte  L.  Pfeif- 
fer.) 
Succinea  picta,  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  suppl.,  p. 
15.  1853. 

Testa  semi-ovata,  tenuissima,  longitudinaliter  strialula  et  irre- 
gulariter  plicata,  pellucida,  nitidissima,  rubenti-fulva,  roseo-al- 
bido-strigala;  spira  minima,papillata;anfractibus  2  1/2.  sutura  levi 


14        net    et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 

separatis;  ultimo  inflato,  antice  lineis  impressis  spiralibus  notato; 
columella  superne  subcallosa,  recedente,  leviter  nrcuata;  apertura 
ampla,  parum  obliqua,  angulato-ovali,  intus  rubenti-fulva;  perislo- 
mate  simplice  ad  insertionem  subinllexo. 

Long.,  17  millim.  —  Diam.,  11  millim.  —  Long, 
ap.,  lo  millim. 

Habite  l'île  de  Sainte-Hélène,  à  Diana-Peak. 

§XXXI 

De  la  Succinea  Baudonii.  (Drouët). 

Nous  croyons  utile  de  placer  ici  la  description  d'une 
Ambrette  française,  qui,  bien  que  déjà  décrite  avec 
beaucoup  de  soin  par  notre  savant  ami  Henri  Drouët, 
de  Troye  (1),  n'a  point  encore  été  figurée. 

Testa  :  parvula,  obeso-obtusa,  solida,  lœvi  vel  sub  lente  vix  stria- 
tula,  albidulo-luteola;  apice  obtusa;  anfractibus  3  convexis;  sutura 
profunda  separatis;  ultimo  2/3  longitudinis  aequante;  apertura  obli- 
qua, ovato-rotundata,  supra  angulata,  infra  exacte  rotundata;  mar- 
ginibus  callo  tenui  junctis. 

Coquille  obtuse,  comme  ramassée  sur  elle-même^  à 
test  solide,  lisse  ou  à  peine  strié,  d'une  teinte  jaunâtre 
peu  foncée.  Sommet  obtus.  Trois  tours  de  spire  trés- 
convexes,  séparés  par  une  suture  profonde.  —  Ouver- 
ture oblique,  presque  ronde,  avec  des  bords  toujours 
réunis  par  une  faible  callosité.  Golumelle  ne  descendant 
que  jusqu'au  milieu  de  l'ouverture. 

Hauteur,  5  millim.  —  Diam.,  3  millim, 
Cette  Ambrette.  l'une  des  mieux  caractérisée  de  notre 
pays,  babite  sur  les  bords  des  fossés,  dans  les  prairies 
d'Houdainville,  d'Angy,  etc.,  du  département  de  l'Oise. 
Il  paraît  qu'elle  aurait  encore  été  recueillie  dans  les 
Vosges  par  M.  Puton. 

(1)  Énum.  des  Moll.  terr.  et  fluv.  viv.  France  contin.,  etc.,  p.  40. 
1855.  (Extr.  des  Mém.  de  la  Soc.  roy.  de  Liège,  t.  X,  1855.) 


Tl'.AVAUX    INEDITS.  15 

§  XXXII 

Note  relative  à  la  Succinea  elegans  de  Risso. 

Dans  le  premier  fascicule  (juillet,  1847)  de  son  ou- 
vrage sur  les  Mollusques  de  la  France  (1),  M.  l'abbé 
Du  pu  y  a  rapporté  à  tort  a  la  Succinea  longiscata  (More- 
let)  (2)  du  Portugal,  une  espèce  d'AmbreUe  des  envi- 
rons de  Grasse,  en  Provence. 

Notre  savant  ami  Henri  Drouët  (3),  dans  son  recense- 
ment des  Mollusques  français,  a  parfaitement  reconnu 
Terreur  du  naturaliste  d'Auch;  aussi  a-t-il,  avec  raison, 
restitué  à  l'espèce  nommée  longiscata  le  nom  de  Cor- 
sica que  lui  avait  imposé  Schùttleworth  en  1843  (4). 

Maintenant,  nous  croyons  utile  de  dire  que  le  nom 
de  Corsica  est  encore  un  nom  à  éliminer  de  la  nomen- 
clature scientifique.  En  voici  les  motifs  : 

L'on  trouve,  dans  l'ouvrage  de  Risso,  sur  les  coquilles 
des  environs  de  Nice  (5)  (publié  en  1820),  les  descrip- 
tions de  deux  Ambrettes,  sous  les  noms  de  Mayor  et 
iYElegans. 

La  première  de  ces  espèces  est  la  Succinea  (Hélix) 
putris,  de  Linnseus  (6),  et  doit,  par  conséquent,  être 
placée  parmi  les  synonymes  de  ce  Mollusque. 

La  seconde,  nommée  Elegans,  n'est  autre  chose  que 
la  Succinea  Corsica  de  Schùttleworth. 

Risso  a  parfaitement  saisi  tous  les  caractères  distinc- 
tifs  du  test  de  cette  Ambrette  ;  il  a  même  donné  sur  son 
animal  les  précieux  documents  que  voici  : 

Corps  d'un  noir  mêlé  de  gris;  tête  subrugueuse, 

(1)  Page  75,  tab.  I,  f.  H. 

(2)  Moll.  du  Portug.,  p.  51,  tab.  V,  f.  1.  1845. 

(3)  Énum.  des  Moll.  terr.  et  fluv.  viv.  de  la  France  cont.,  p.  40. 
1855.  (Extr.  des  Mém.  de  la  Soc.  roy,  de  Liège,  t.  X.  1855.) 

(4)  Moll.  Cors.,  p.  5.  (Mitthril.  d.  Bern.  nat.  Ges.,  p.  15.  1843.) 

(5)  Page  59. 

(6)  Syst.  nat.  (Ed.  X),  p.  774.  1758. 


10        rev.  et  mac.  de  zoologie.  (Janvier    1856.) 

jaunâtre,  tachée  de  noir;  manteau  lisse;  pied  d'un  gris 
jaunâtre,  finement  pointillé  de  noir. 

La  Succinea  elegans  habite,  d'après  Risso,  sur  les 
plantes  des  fossés,  aux  environs  de  Nice.  C'est  de  cette 
môme  localité  que  mon  ami  Henri  Drouët  a  reçu  sa 
Suce,  corsica.  —  M.  l'abbé  Dupuy  la  cite  des  environs 
de  Grasse.  Enfin,  d'après  l'honorable  M.  Moquin-Tan- 
don  (1),  cette  espèce  a  été  recueillie  àBastia,  parM.Blau- 
ner;  à  Fango,  par  M.  Romagnoli;  à  Ajaccio,  par  Re- 
quien. 

§  XXX11I 

Hélix  Brondeli 

Testa  :  anguste  umbilicata,  depressa,  fragillima,  diaphana,  fusco- 
vineali,  ad  umbilicum  albida,  utriuque  eleganter  coslulata,  crenu- 
lato-carinata.  Apice  obtusissimo,  levi;  anfraclibus  5  1/2  convexis, 
sutura  bene  separatis,  regulariterque  crescentibus;  ultimo  superne 
subtumido,  subtus  convexo;  carina  fere  in  medio;  apertura  rotun- 
dalo-lunari;  peristomate  acuto,  non  labiato;  pauluhim  ad  columel- 
lam  deflexo. 

Coquille  faiblement  ombiliquée,  déprimée,  d'une  ex- 
trême fragilité,  transparente,  d'une  couleur  d'un  brun 
vineux,  excepté  vers  l'ombilic,  où  le  test  est  blanchâtre. 
Surface  entière  coslulée  avec  beaucoup  d'élégance,  sauf 
le  sommet,  qui  est  lisse.  Tours  despire  au  nombre  de 
cinq  et  demi,  séparés  par  une  suture  bien  prononcée, 
et  s'accroissant  régulièrement.  Dernier  tour  de  spire 
offrant,  presque  vers  son  milieu,  une  carène  crénelée, 
qui  rend  sa  partie  supérieure  un  peu  moins  convexe 
que  sa  partie  inférieure.  Ouverture  échancrée,  arron- 
die. Péristome  aigu,  non  bordé,  et  seulement  un  peu 
réfléchi  à  la  columelle. 

Hauteur,  7  millim.  —  Diamètre,  11  millim. 

Cette  Hélice  a  été  recueillie  dans  les  environs  de 

(1)  Ilist.  nat.  des  Moll.  de  France,  t.  II,  p.  61. 1855. 


TRAVAUX    INÉDITS.  17 

Mostaghanem,  en  Algérie,  par  M.  Brondel,  auquel  nous 
la  dédions. 

L'Hélix  Brondeli  appartient  au  groupe  des  Hélix  ru- 
(josa  (H.  Garyottœ  de  Philippi),  Chemnitz,  Spratti, 
L.  Pfeiffer,  Crenimaryo,  Krynicki,  etc. 

C'est  surtout  avec  cette  dernière  espèce  que  notre 
coquille  peut  offrir  des  ressemblances.  Mais  on  l'en 
séparera  aisément  :  à  ses  tours  de  spire,  plus  nom- 
breux; à  son  test,  plus  fragile;  à  sa  couleur,  mais  sur- 
tout à  son  péristome  simple,  qui  n'est  point  bordé, 
ainsi  qu'à  sa  carène,  qui  est  presque  médiane. 

§  XXXIV 

GlANDlNA    BltONDELl. 

Testa  :  ftisiformi-cylindracea,  aciculari,  hyalina,  fragillima,  al- 
bido-cornea,  lœvissima;  apice  attenuato,  obtuso;  anfractibus  6  pla- 
nulalis,  sutura  impressa  separatis;  ultimo  2/5  longitudinis  œquaute; 
apertura  angusta,  lanceolata,  ad  basin  rotundata;  coluraella  arcuata, 
callosa,  angusle  abrupteque  ad  basin  truncata,  ac,  in  parte  supe- 
riori  milamellata;  peristomate  simplice;  marginibus  callo  junctis. 

Coquille  fusiforme ,  cylindracée,  très-fragile,  bril- 
lante, transparente,  d'une  couleur  cornée  pâle,  et  ne 
laissant  pas  apercqvoir  à  la  loupe  la  moindre  strie.  Ses 
six  tours  de  spire,  séparés  par  une  suture  bien  mar- 
quée, sont  à  peine  convexes  ;  le  dernier  égale  les  deux 
cinquièmes  de  la  longueur  totale.  L'ouverture  est  rétré- 
cie,  pyriforme.  Le  péristome  est  simple,  et  ses  bords 
sont  réunis  par  une  callosité  saillante,  qui  rend  la  co- 
lumelle  très-épaisse,  Celle-ci,  qui  est  arquée,  possède  a 
sa  partie  supérieure  un  renflement  assez  considérable,  et 
se  trouve  fortement  et  brusquement  tronquée  à  sa  base. 

Longueur,  4  millim.  —  Diamètre,  à  peine  1  millim. 

Cette  gracieuse  petite  coquille  a  été  découverte  par 

M.  Brondel,  qui  la  communiqua  à  M.  Roland  du  Roquau, 

de  Carcassonne.  Ce  savant  la  classa  dans  sa  collection 

sous  le  nom  de  Brondeli,  que  nous  adoptons.  Dernière- 

2«  série,  t.  vin.  Année  1856.  2 


18        hev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 

ment,  M.  Brondel  l'envoya,  avec  d'autres  espèces  d'Al- 
gérie, au  docteur  Raymond,  qui  voulut  bien  nous  la 
confier  pour  la  faire  représenter  dans  nos  Aménités. 

La  Glandina  Brondeli  habite  sous  les  pierres,  dans  les 
environs  de  Mostaghanem,  en  Algérie. 

Cette  espèce  offre  de  grandes  ressemblances  avec  la 
Glandina  (Buccinum)  acicula,  de  Mùller  (Verm.  Hist.  II, 
p.  150.  1774);  mais  on  la  distinguera  toujours  de  cette 
dernière  :  à  sa  taille  plus  petite  ;  à  sa  suture  plus  pro- 
noncée; à  sa  callosité  columellaire  plus  forte;  et  sur- 
tout à  sa  petite  dent,  qui  orne  la  partie  supérieure  de 
sa  columelle. 

§  XXXV 

LlMNAE    KUBIGENA. 

Testa  :  perforata,  ventricoso-globosa,  nitida,  diaphana,  cornea, 
elegantissime  striata;  apice  obtuso;  anfraclibus  À  convexis,  prope 
suturam  profundam  submarginatis;  ultimo  2/3  longitudinisœquante; 
apertura  semi  oblonga;  peristomate  acuto,  simplice;  collumella  recta, 
ad  perfora lionem  dellexa. 

Coquille  perforée,  ventrue,  globuleuse,  brillante, 
transparente,  cornée  et  très-élégamment  striée.  Som- 
met obtus,  à  quatre  tours  de  spire  convexes,  séparés 
par  une  suture  profonde  et  submarginée;  dernier  tour 
de  spire  égalant  les  deux  tiers  de  la  longueur  totale,  et 
supérieurement  subanguleux.  Ouverture  échancrée, 
oblongue.  Péristome  simple,  aigu.  Collumelle  droite, 
réfléchie  sur  la  perforation,  qui  est  assez  grande.  Bords 
marginaux  réunis  par  une  faible  callosité. 

Hauteur,  9  millim.  —  Diamètre,  7  millim. 

Cette  espèce  a  été  recueillie  par  le  professeur  Bel- 
lardi,  de  Turin,  dans  les  Alpes,  au  Mont-Viso. 

§  XXXVI 

PHYSA    FlSCflERfANA. 

Tesla  :  subturrito-elongata,  tcnuissima,  cornea,  diaphana;  spira 


TRAVAUX    INÉDITS.  19 

exserta;  apice  parum  acuta;  anfractibus  5  convexis,  Uevibus,  ac  su- 
tura submarginata  profonde  separatis;  ultimo  1/2  longitudinis  ac- 
quanle;  apertura  oblique  oblonga,  ad  marginem  collumellarem  sub- 
reflexa,  ita  ut  fissura  umbilicaris  appareal;  columella  recta. 

Coquille  allongée,  très-fragile,  transparente,  d'une 
couleur  cornée;  cinq  tours  de  spire  convexes,  séparés 
par  une  suture  profonde;  le  dernier  tour  égale  la  moitié 
de  la  longueur  totale. 

Ouverture  oblongue,  oblique  par  rapport  à  l'axe,  et 
se  réfléchissant  un  peu  sur  la  columelle,  qui  est  droite. 

Longueur,  8  millim.  —  Diamètre,  4  millim. 

Nous  ne  connaissons  point  la  localité  exacte  de  cette 
espèce,  qui  provient  de  l'Abyssinie. 

La  Physa  Fischeriana,  que  nous  dédions  à  notre  ami 
M.  Paul  Fischer,  ne  peut  être  rapprochée  que  des  Physa 
Wahlbergi  (1),  scalaria  (2)  et  Schmidtii  (o). 

On  distinguera  notre  espèce  : 

1°  Du  Wahlbergi,  à  sa  taille  plus  petite,  à  ses  tours  de 
spire  tous  lisses  et  non  carénés,  à  son  ouverture  plus 
oblongue,  moins  arrondie  à  sa  base,  etc.,  etc.; 

2°  Du  scalaris,  à  ses  cinq  tours  de  spire  lisses,  à  son 
ouverture  plus  rétrécie,  plus  oblique,  etc.; 

3°  Du  Schmidtii,  à  son  sommet  moins  aigu  et  non  cos- 
tulé,  à  ses  tours  de  spire  plus  nombreux  et  non  striés,  à 
son  ouverture  plus  oblongue,  etc. 

§  xxxvu 

BlTHlNIA    GaILLARDOTII. 

Testa  :  minima,  vix  sub  lente  perforato-rimata,  ovato-ventricosa, 

(1)  Physa  Wahlbergi,  Krauss,  Moll.  Sud-Afrik.,  p.  84,  pi.  V,  f.  13. 
1848. 

(2)  Physa  scalaris,  Dunker,  in:  Zeitsch.  fûrMalak.;  p.  164.  1845, 
et  :  Dunker,  Ind.  Moll.  Guineam,  p.  8,  tab.  II,  f.  5  et  G.  1853.  Ou- 
vrage où  celte  espèce  se  trouve  figurée  et  décrite  sous  le  nom  de 
Bulinus  scalaris. 

(3)  Bulinus  Schmidtii,  Dunker,  Ind.  Moll.  Guineam,  p.  0,  tab.  II, 
f.  7  et  8.  1855. 


20         uev.  et  mag.  de  zoologie.   (Janvier  1856.) 

diaphana,  sub  lente  \ïx  tenuiterstriatula,  fusca;  apice  oblusiusculo, 
sœpe  eroso  vel  truncato;  anfractibus  5  perconvexis  (prœsertim  pe- 
nultimo),  sutura  maxime  impressa  separatis;  apertura  angulato-ro- 
tundata;  peristomate  simplice,  acuto;  columella  arcuata,  paululum 
albido  incrassata;  marginibus  callo  junclis. 

Coquille  petite,  à  peine  perforée,  ventrue,  transpa- 
rente, de  couleur  brunâtre,  et  striée  avec  une  si  grande 
délicatesse,  que  c'est  à  peine  si  l'on  aperçoit  les  stries 
au  foyer  d'un  microscope.  Sommet  un  peu  obtus,  sou- 
vent érosé  ou  tronqué.  Cinq  tours  très-convexes,  sépa- 
rés par  une  suture  très-profonde;  l'avant-dernier  tour 
est  surtout  très-ventru.  Ouverture  arrondie,  anguleuse 
au  sommet.  Péristome  simple  et  aigu.  Golumelle  ar- 
quée, recouverte  d'une  callosité  blanchâtre  qui,  en  se 
prolongeant  jusqu'à  l'insertion  du  labre  externe,  réunit 
les  bords  marginaux. 

Longueur,  2  millim.  —  Diamètre,  1  millim. 

Cette  espèce,  que  nous  dédions  à  M.  le  docteur  Gail- 
lardot,  a  été  recueillie  par  ce  naturaliste  dans  les  eaux 
des  environs  de  Sayda,  en  Syrie. 

§  XXXVIII 

BlTHINlA    LONGISCATA. 

Testa  :  ovato-lurrita,  diaphana,  fusco-cornea,  vix  sub  lente  stria- 
tula;  apice  acuta;  anfractibus  6  convexis,  regulariter  crescentibus 
ac  sutura  profunde  separatis;  apertura  angulato-rotundata;  peristo- 
mate acuto,  paululum  incrassato;  columella  in  perforationem  in- 
sconspicuam  detlexa;  marginibus  tenui  callo  junctis. 

Coquille  oblongue,  turriculée,  transparente,  d'un 
brun  corné  et  à  peine  striée.  Sommet  aigu.  Six  tours 
de  spire  convexes,  nettement  séparés  les  uns  des  autres 
et  s'accroissant  avec  une  grande  régularité.  Ouverture 
arrondie,  anguleuse  à  son  sommet.  Péristome  aigu, 
malgré  cela  un  peu  épaissi.  Columelle  réfléchie  sur  la 
perforation,  qui  est  à  peine  visible.  Bords  marginaux 
réunis  par  une  légère  callosité. 


TRAVAUX    INÉDITS.  21 

Longueur.  4  millim.  — Diamètre,  1  millim.  5(4. 
Habite  les  environs  de  Sayda,  en  Syrie.  (Gaillardot.) 

§  XXXIX 

UlTHINIA    MoQUUilANA. 

'  Testa  :  perforata,  venlricosa,  fragillima,  diaphana,  cornea,  lœvi; 
spira  obtusiuscula;  anfractibus  5  convexis,  sutura  profunde  separa- 
lis;  ultimo  pnesertim  maxime  ac  venlricoso;  apertura  angulalo-ro- 
tundala;  peristomate  simplice,  paululum  incrassalo;  columella  pau- 
lulum  reflexa;  marginibus  callo  junctis. 

Coquille  très-petite,  perforée,  ventrue,  très-fragile, 
transparente,  lisse  et  cornée.  Spire  un  peu  obtuse.  Cinq 
tours  de  spire  convexes,  nettement  séparés  par  la  su- 
ture. Le  dernier  tour  est  très-grand  et  très-ventru.  Ou- 
verture anguleuse  au  sommet,  arrondie.  Péristome  sim- 
ple et  un  peu  épaissi.  Columelle  réfléchie  sur  une  per- 
foration assez  grande.  Bords  marginaux  réunis  par  une 
callosité. 

Longueur,  1  millim.  1(2.  —  Diamètre,  1  millim  1{4. 

Habite  les  environs  de  Sayda,  en  Syrie.  (Gaillardot.) 


IVote  sur  l'origine  marine  des  espèces  du  genre  Dreis- 
sena,  Mollusque  lamcllibranche  de  la  famille  des 
Mytilacées,  par  M.  Marcel  de  Serres.  (Voir  1855, 
p.  574.) 

Le  genre  Dreissena  offre  plusieurs  autres  particulari- 
tés d'autant  plus  remarquables,  que  peu  de  Mollusques 
les  partagent.  L'une  des  espèces  qui  en  fait  partie  est  à 
Ja  fois  marine  et  des  eaux  douces;  elle  est  pourvue  d'un 
bysus  assez  fort.  D'après  l'ensemble  des  faits  que  nous 
venons  de  rappeler,  il  est  difficile  de  ne  pas  considérer 
les  espèces  de  ce  genre  comme  marines.  Toutefois,  en 
passant  successivement  dans  les  fleuves  et  les  rivières, 
elles  sont  devenues  peu  à  peu  des  Mollusques  d'eau 
douce  autant  que  marins. 


2'2        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 

Il  ne  nous  reste  plus  maintenant  qu'à  nous  assurer 
comment  ces  animaux,  placés  d'abord  dans  la  mer  Cas- 
pienne, la  mer  Noire  et  la  Baltique,  ont  pu  s'étendre 
dans  presque  toute  l'Europe,  pénétrer  ensuite  en  Afri- 
que, et  parvenir  enfin  jusqu'au  Nouveau  Monde. 

La  mer  Caspienne  communique  avec  la  Baltique  au 
moyen  du  Yolga  et  d'un  canal  qui  se  termine  à  la  ri- 
vière de  la  Sias.  Cette  rivière  va  se  perdre  dans  le  lac 
Ladoga,  qui  communique  avec  la  Baltique  au  moyen 
de  la  Neva,  et  par  cela  même  avec  la  plupart  des  eaux 
courantes  et  stagnantes  de  la  Russie. 

Le  Danube,  dont  la  source  est  dans  la  forêt  Noire 
(grand-duché  de  Bade),  et  l'embouchure  dans  la  mer 
Noire,  par  son  cours  assez  long  et  par  le  grand  nombre 
de  ses  affluents,  fournit  de  nombreux  moyens  de  déve- 
loppement aux  animaux  qui  vivent  dans  ses  eaux.  Ceux 
dont  l'organisation  s'est  le  mieux  prêtée  à  toutes  sortes 
de  changements  dans  leurs  conditions  d'existence  ont 
dû  s'étendre  dans  une  infinité  de  directions,  et  peupler 
ainsi  de  leurs  tribus  presque  les  trois  quarts  de  ^Eu- 
rope. 

De  même,  les  espèces  qui  vivent  dans  la  Baltique  ont 
pu  se  répandre  sans  obstacles  dans  toute  l'Allemagne, 
la  Hollande,  l'Angleterre  et  la  France.  De  la  Baltique, 
elles  ont  pénétré  dans  l'Océan,  et,  une  fois  parvenues, 
dans  son  sein,  elles  ont  pu  se- propager  dans  toutes  les 
parties  du  monde.  Aussi,  avec  leur  constitution,  qui 
leur  permet  de  vivre  tout  aussi  bien  dans  les  eaux  dou- 
ces que  dans  les  eaux  salées,  il  n'y  aurait  rien  d'éton- 
nant que  les  Dreisseîia  se  trouvassent  bientôt  dans  les 
fleuves  de  la  Nouvelle-Hollande.  Véritables  cosmopo- 
lites, les  espèces  de  ce  genre  sont  probablement  desti- 
nées à  suivre  nos  vaisseaux  dans  leurs  navigations  loin- 
taines et  à  parcourir  avec  eux  le  monde  entier,  en  sup- 
posant qu'ils  ne  puissent  pas  se  passer  de  leur  secours 
et  de  leur  appui.  Une  autre  circonstance  semble  prou- 


TRAVAUX    IMÏDITS.  23 

ver  que  les  espèces  de  ce  genre  ont  été  originairement 
marines;  elles  ont,  en  effet,  existé  dans  l'ancien  monde, 
et  leurs  débris,  aperçus  dans  les  terrains  tertiaires  de 
la  Transylvanie,  de  la  Moravie  et  des  environs  de  Vienne, 
ont  été,  à  ce  qu'il  paraît,  constamment  rencontrés  dans 
les  formations  marines  de  cette  époque.  Cette  position 
dans  ces  dépôts  n'aurait  pas  une  grande  importance, 
s'il  était  démontré  que  ces  Mollusques,  ainsi  que  ceux 
qui  les  accompagnaient,  avaient  été  entraînés  dans  le 
bassin  des  anciennes  mers  par  les  eaux  courantes;  mais, 
comme  rien  n'annonce  que  ces  espèces  y  aient  été  trans- 
portées, cette  circonstance  concourt  à  démontrer  que 
les  Dreissena  provenant  des  temps  géologiques  ont  vécu 
dans  le  sein  des  mers.  Une  pareille  conclusion  s'accorde 
parfaitement  avec  ce  que  nous  avons  présumé  de  l'ori-, 
gine  marine  des  Dreissena  des  temps  actuels,  presque 
aussi  répandues  dans  les  eaux  douces  que  dans  les  eaux 
salées. 

Du  reste,  les  êtres  qui  habitent  le  sein  des  mers  ir- 
radient plutôt  vers  les  eaux  douces  ou  courantes  qui 
s'y  perdent  que  ceux  des  fleuves  ou  des  rivières  des- 
cendent dans  les  eaux  salées  pour  y  vivre  et  s'y  per- 
pétuer. 

Nous  connaissons  du  moins  un  assez  grand  nombre 
de  Poissons  qui  de  la  mer  remontent  dans  les  rivières, 
souvent  en  grandes  troupes,  annonçant,  par  leur  appa- 
rition, la  venue  du  printemps.  Ces  habitudes  sont  par- 
ticulières à  la  grande  Lamproie  (Petromizon  maximus), 
aux  Esturgeons  (Accipenser  slurio,  L.),  aux  Eperlans 
(Salmo  eperlanus),  aux  Saumons  (Salmo  salar),  et 
même  aux  Anguilles  {Murxna  angitilla).  On  pourrait 
presque  en  dire  autant  des  Plies  (Pleuroneces  limanda), 
si  ces  Poissons  s'éloignaient  à  de  plus  grandes  dis- 
tances de  l'embouchure  des  fleuves  dans  lesquels  ils 
s'engagent  souvent. 

Ces  mœurs  ne  sont  pas  seulement  propres  aux  Pois- 


24        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier    1856.) 

sons,  elles  rappellent  celles  de  plusieurs  Mammifères 
marins,  tels  que  les  Dauphins,  qui  remontent  les  riviè- 
res à  de  fort  grandes  distances  de  leur  embouchure. 
Ainsi  Ylnia  bolivensis  de  d'Orbigny,  que  Ton  rencontre 
dans  toutes  les  rivières  de  Mojos  de  Chiquitos,  en  Bo- 
livie, se  trouve  également  dans  tous  les  affluents  supé- 
rieurs de  l'Amazone,  et  parfois  à  plus  de  sept  cents 
lieues  de  la  mer.  11  en  est  de  même  du  Delplrimis  fluvia- 
tilis  (Deville  et  Gervais),  du  Nouveau  Monde,  et  qui  est 
plus  rapproché  du  Dauphin  ordinaire  que  le  Delphinus 
groffrensis  ou  Irria  bolivensis;  il  en  diffère  cependant 
par  une  plus  petite  taille  et  un  bec  un  peu  plus  grêle  (1). 
'Quoique  ces  deux  espèces  n'aient  pas,  jusqu'à  pré- 
sent, été  aperçues  dans  les  mers  de  l'Amérique,  cir- 
constance qui  s'explique  facilement,  il  nous  paraît  ex- 
trêmement probable  qu'elles  en  proviennent,  tout  aussi 
bien  que  les  différentes  espèces  du  genre  Dreissena,  sur 
lesquelles  nous  venons  de  porter  l'attention.  Nous  le 
supposons  avec  d'autant  plus  de  raison  que  cette  habi- 
tude de  quitter  le  bassin  des  mers,  pour  remonter  ({ans 
les  fleuves  qui  s'y  rendent,  est  assez  familière  aux  Dau- 
phins. On  se  rappelle  encore  qu'il  y  a  une  vingtaine 
d'années  le  Dauphin  ordinaire  (Delphinus  delphis)  re- 
monta la  Seine  jusqu'à  Paris,  et  étonna  les  habitants  du 
quartier  du  Jardin  des  Plantes  par  sa  grande  vélocité 
dans  des  eaux  qui  ne  pouvaient  guère  lui  convenir. 

D'autres  animaux  abandonnent,  au  contraire,  les  eaux 
douces,  s'élancent  dans  le  bassin  des  mers,  et  parvien- 
nent parfois  à  de  très-grandes  distances  de  leurs  bords. 

(l)*Nous  supposons,  contrairement  à  ces  naturalistes,  que  les 
Dauphins  de  l'Amérique  ont  été  originairement  des  espèces  ma- 
rines. Si  elles  se  trouvent  maintenant  dans  les  eaux  douces,  à  de 
grandes  distances  des  mers,  elles  n'y  sont  parvenues  que  peu  à 
peu  et  après  des  temps  dont  nous  ne  pouvons  apprécier  la  durée. 
Voyez  les  Nouvelles  Annales  du  Muséum  d'histoire  naturelle  de 
Paris,  t.  II,  p.  28.  Paris,  1854. 


TRAVAUX    INEDITS.  20 

A  In  vérité,  ils  n'y  sont  que  d'une  manière  passagère  et 
momentanée  :  on  les  voit  rentrer  bientôt  dans  les  eaux 
courantes,  qui  sont  leur  élément  habituel.  M.  de  Ilum- 
boldt,  dans  ses  voyages  en  Amérique,  a  aperçu  souvent 
les  Crocodiles  nager  fort  loin  des  côtes;  mais  il  ne  les 
a  jamais  vus  y  séjourner  longtemps.  En  effet,  les  es- 
pèces qui  abandonnent  les  eaux  douces  pour  aller  dans 
le  sein  des  mers  y  demeurent  fort  peu;  elles  semblent 
nous  dire,  par  là,  qu'elles  se  trouvent  dans  un  élément 
qui  convient  peu  à  leur  condition  d'existence. 

Les  Mammifères  marins  et  les  Crocodiles,  en  passant 
des  eaux  marines  dans  les  eaux  douces,  et  de  celles-ci 
dans  les  eaux  salées,  ne  changent  réellement  pas  de 
milieu  ;  celui  dans  lequel  ils  respirent  reste  toujours  le 
même.  Il  en  est  tout  autrement  des  Invertébrés  aquati- 
ques, qui  respirent  au  moyen  de  l'air  en  dissolution 
dans  l'eau  :  aussi  les  Phoques,  Mammifères  essentielle- 
ment marins,  s'accommodent  très-facilement  des  eaux 
douces,  et  les  jongleurs  en  profitent  pour  montrer  ces 
amphibies  dans  les  foires,  où  ils  font  remarquer  cette 
particularité  (1). 

Les  mœurs  des  espèces  que  nous  venons  de  signaler 
confirment  la  loi  générale  que  nous  avons  énoncée,  et 
qui  nous  fait  supposer  que  les  Dreissena  sont  plutôt  des 
Mollusques  marins  que  des  eaux  douces,  quoique  main- 
tenant ils  vivent  aussi  bien  dans  le  sein  des  mers  que 
dans  les  eaux  courantes  ou  stagnantes. 

(1)  De  pareilles  habitudes  ne  paraissent  pas  avoir  été  le  partage 
des  animaux  marins  de  l'ancien  monde;  du  moins  on  ne  rencontre 
jamais  de  leurs  débris  dans  les  terrains  tertiaires  axenthalassiques, 
quoique  les  restes  des  espèces  des  deux  stations  soient  assez  fré- 
quents en  formation  thalassuiue. 


26        kev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 

Note  sur  la  Muscardine  et  sur  les  procédés  à  l'aide  des- 
quels la  veuve  Montsarrat  parvient  à  assainir  les  ma- 
gnaneries et  à  préserver  les  Vers  à  soie  de  cette 
désastreuse  maladie,  par  M.  F.  E.  Guérin-Méne ville. 
(Lue  à  la  Société  impériale  d'Agriculture,  dans  sa 
séance  du  9  janvier  1856.) 

Ce  serait  peut-être  ici  le  lieu  de  présenter  un  aperçu 
chronologique  des  études  qui  ont  été  faites,  depuis  long- 
temps, sur  la  terrible  maladie  des  Vers  à  soie  qui  a  reçu 
le  nom  de  muscardine;  mais  ce  travail,  qui  m'entraî- 
nerait trop  loin,  a  été  déjà  fait  plusieurs  fois,  et  se 
trouve  en  grande  partie  dans  les  Mémoires  que  j'ai  pu- 
bliés sur  cette  grande  question.  Mes  études  sur  ce  fléau 
des  magnaneries  datent  déjà  de  plus  de  dix  ans.  A  leur 
début,  je  partageais  l'opinion  de  ceux  qui  pensent  que 
le  cryptogame  (Botrytis  Bassiana)  est  la  cause  unique  de 
la  maladie,  et  je  cherchais,  comme  eux,  quelque  sub- 
stance susceptible  de  détruire  ses  malencontreuses  se- 
mences. Depuis  ce  temps,  de  nombreuses  observations, 
faites  dans  la  grande  pratique,  m'ont  prouvé  que  les 
propagules  de  cette  production,  conservées  dans  l'ate- 
lier, n'étaient  pas  la  cause  première  de  l'apparition  de 
la  maladie.  Des  faits  positifs,  observés  plusieurs  fois  par 
moi  et  par  beaucoup  d'autres  praticiens,  m'ont  démon- 
tré que  cette  maladie  s'était  souvent  développée  dans 
des  appartements  qui  n'avaient  jamais  servi  à  l'éducation 
des  Vers  à  soie,  et  même  dans  des  contrées  où  cette  édu- 
cation est  une  exception,  comme  les  environs  de  Paris. 
Par  contre,  j'ai  vu  souvent,  dans  les  pays  producteurs 
de  la  soie,  des  magnaneries,  infectées  de  la  muscardine 
depuis  plusieurs  années,  donner  d'excellentes  récoltes, 
tout  à  fait  exemptes  de  la  maladie,  sans  qu'on  y  ait  fait 
de  fumigations,  après  avoir  été  réparées  et  avoir  reçu 
quelques  fenêtres  et  lucarnes,  quelques  cheminées,  ou 
même  sans  que  l'on  ait  rien  changé  à  la  disposition  du 


TRAVAUX    IMÎDITS.  27 

local,  mais  parce  que  le  propriétaire  avait  pris  un  nou- 
veau et  meilleur  conducteur  pour  son  éducation. 

Si  je  voulais  citer  les  nombreux  faits  qui  ont  contri- 
bué à  former  ma  conviction  sur  ce  sujet,  je  serais  en- 
traîné hors  des  limites  d'une  simple  note.  Je  me  bornerai 
donc  à  dire  aujourd'hui  que  des  études  de  plus  de  dix 
ans  m'ont  conduit  successivement  à  modifier  mes  con- 
victions, ce  dont  je  m'honore,  car  je  crois  que  l'homme 
de  science  doit  toujours  suivre  les  enseignements  que 
lui  donnent  les  faits,  et  savoir  faire  consciencieusement 
le  sacrifice  de  ses  théories  quand  il  lui  est  démontré 
qu'elles  ne  sont  pas  ratifiées  par  ceux-ci.  Ayant  adopté 
cette  méthode,  je  suis  arrivé  à  admettre  aujourd'hui  : 

1°  Que  la  muscardine  est  simplement  l'une  des  mala- 
dies qui  attaquent  les  Vers  à  soie  quand  ils  sont  élevés 
dans  de  mauvaises  conditions,  par  des  mains  inhabiles 
et  sous  l'empire  de  la  routine  ;  qu'elle  n'est  pas  plus 
contagieuse  que  les  autres  maladies,  dont  les  ravages 
dans  les  magnaneries  sont  aussi  considérables,  et  que  le 
Botrytis  n'en  est  que  le  symptôme  ultime  ou  la  termi- 
naison. 

2°  Que,  cependant,  lorsque  des  fragments  ou  des  pro- 
pagules  de  cette  production  sont  inoculés  chez  des  Vers 
à  soie  placés  dans  des  conditions  peu  hygiéniques,  mais 
qui  ne  seraient  pourtant  pas  assez  mauvaises  pour  leur 
donner  la  maladie,  elles  peuvent  agir  comme  un  ferment 
et  déterminer  alors  l'invasion  du  mal  sur  des  sujets 
auxquels  il  ne  restait  qu'à  peine  assez  de  forces  vitales 
pour  résister  aux  influences  produites  par  les  mauvaises 
conditions  dans  lesquelles  ils  étaient  placés. 

Il  résulte  donc,  suivant  moi,  de  ce  qui  précède  que 
le  seul  remède  efficace  jusqu'ici  contre  celte  terrible 
maladie  consiste  dans  l'application  des  grandes  lois  de 
l'hygiène;  que  lorsqu'un  éducateur  élèvera  des  Vers  à 
soie  provenant  de  graines  bien  faites,  bien  conservées  et 
bien  incubées,  dans  un  local  disposé  convenablement 


28  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 
pour  que  l'aération  soit  complète  et  sans  brusques  tran- 
sitions et  courants  de  températures;  lorsqu'il  ne  les  en- 
tassera pas  trop  dans  un  espace  insuffisant  ;  lorsqu'il  les 
tiendra  dans  un  étatde  propreté  constant,  en  multipliant 
les  délitements,  surtout  aux  époques  si  critiques  des 
mues;  lorsqu'il  veillera  enfin  avec  intelligence  au  choix 
et  à  la  préparation  de  leur  nourriture,  il  évitera,  non- 
sculemenl  les  atteintes  de  la  muscardine,  mais  encore 
toutes  les  autres  maladies  qui  déciment  trop  souvent  nos 
magnaneries. 

Il  en  résulte  encore  que  dans  certaines  circonstances, 
où  l'effet  des  mauvaises  conditions  dans  lesquelles  se 
trouve  une  éducation  n'est  pas  assez  intense  pour  que 
les  Vers  à  soie  ne  puissent  y  résister,  l'invasion  de  la 
muscardine  peut  être  déterminée  par  la  présence  dans 
l'atelier  des  propagules  du  Botrytis  tombant  sur  ces  Vers 
presque  malades,  et  préparés  ainsi  à  admettre  ce  fer- 
ment, qui  aurait  été  repoussé  et  serait  demeuré  inactif 
sur  d'autres  Vers  moins  prédisposés  à  la  maladie. 

Il  est  donc  bon  et  utile  de  chercher  à  détruire  ces 
propagules  du  Botrytis,  si  elles  peuvent,  dans  certains 
cas,  déterminer  l'invasion  de  la  muscardine,  et  les  fu- 
migations d'acide  sulfureux,  employées  de  tout  temps, 
les  lavages  au  sulfate  de  cuivre,  ceux  à  l'acide  sulfuri- 
que  étendu  d'eau,  proposés  par  M.  Raybaud-Lange,  et 
jusqu'à  l'emploi  du  feu,  cité  par  M.  de  Gasparin,  qui  Ta 
vu  appliquer  dans  une  pièce  voûtée  et  construite  en 
pierre,  me  paraissent  avantageux.  Mais  le  remède  véri- 
table, qui  est  en  même  temps  l'un  des  meilleurs  procé- 
dés pour  arriver  à  l'amélioration  des  races,  c'est,  en 
définitive,  l'application  faite  avec  discernement  des  lois 
de  l'hygiène  ;  c'est,  je  ne  saurais  trop  le  répéter,  une 
bonne  graine  bien  conservée  et  ensuite  bien  incubée, 
une  bonne  aération  des  ateliers,  une  grande  propreté 
et  une  nourriture  choisie  et  donnée  dans  des  conditions 
convenables. 


TRAVAUX    INÉDITS.  g$ 

Toul  cela  forme  le  fonds  des  prescriptions  que  donne 
la  veuve  Montsarrat  dons  son  imprimé  intitulé  :  Remède 
infaillible  contre  la  îiialadie  de  la  muscardine  des  Vers  à 
soie.  Tout  cela  est  excellent,  et  je  ne  suis  nullement 
étonné  des  bons  résultais  qu'elle  a  obtenus  et  qui  sont 
constatés  par  un  grand  nombre  de  certificats.  Il  est  évi- 
dent que  sa  fumigation,  qui  a  pour  base  l'acide  sulfu- 
reux, reconnu  efficace  pour  brûler  les  sporules  du  Bo- 
tnjtis,  détruit  déjà  cette  cause  secondaire  de  maladie. 
Mais,  ce  qui  lui  fait  surtout  obtenir  des  succès  plus 
certains,  c'est  qu'elle  recommande,  en  même  temps, 
des  soins  hygiéniques  qui  suffiraient  seuls  pour  préve- 
nir les  maladies;  c'est  qu'elle  veille  à  ce  que  cette  partie 
essentielle  de  ses  prescriptions  soit  exécutée,  ce  qui  est 
toujours  plus  difficile  à  obtenir  de  certains  éducateurs 
que  les  fumigations  et  même  les  autres  pratiques  indi- 
quées par  l'empirisme  et  l'ignorance.  Je  le  vois  tous 
les  ans  dans  le  Midi,  quand  je  recommande  aux  paysans, 
à  des  propriétaires  plus  avancés,  môme,  de  tenir  leurs 
Vers  à  soie  plus  proprement,  de  mieux  aérer  leurs  ate- 
liers, etc.  Je  suis  à  peine  écouté,  on  trouve  cela  trop 
simple;  on  me  demande  un  remède,  et  non  des  con- 
seils. Si  je  voulais  m'abaisser  à  les  tromper,  je  suis  cer- 
tain que  je  leur  vendrais  très-facilement  quelques  fla- 
cons d'eau  ou  de  poudre  avec  ce  titre  de  Remède  contre 
la  muscardine.  Je  ne  parviens  à  leur  faire  un  peu  obser- 
ver les  règles  de  l'hygiène  qu'en  commençant  par  pra- 
tiquer dans  leurs  ateliers  une  fumigation  préalable, 
dont  on  pourrait  très-souvent  se  passer,  et  en  leur 
déclarant  qu'elle  ne  produira  son  effet  que  combinée 
avec  les  moyens  hygiéniques.  De  cette  manière,  la  pra- 
tique accessoire  fait  accepter  et  passer  la  principale,  et 
c'est  ainsi  que  j'ai  obtenu,  dans  les  Basses-Alpes,  avec 
l'aide  de  M.  E.  Robert,  des  résultats  favorables  qui  se 
sont  étendus  de  proche  en  proche,  en  donnant  aux  édu- 
cateurs, et  à  leur  insu,  des  habitudes  de  propreté  et 


30        rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Janvier  1856.) 

d'aération  dans  leurs  magnaneries,  qui  ont  notablement 
diminué  parmi  eux  le  nombre  des  insuccès,  en  contri- 
buant efficacement  aussi  à  l'amélioration  des  races.  J'ai 
reconnu  encore,  par  ces  résultats,  obtenus  malheureu- 
sement sur  une  échelle  trop  restreinte,  que,  ainsi  que 
je  l'ai  dit  dans  la  Patrie,  à  la  fin  de  mon  second  article 
sur  les  soies  de  l'exposition  universelle  (12  novembre 
et  5  décembre  1855),  le  meilleur  remède  contre  les 
maladies  des  Vers  à  soie  et  la  terrible  muscardine  serait 
d'en  trouver  un  contre  l'ignorance  et  la  routine  de  beau- 
coup d'éducateurs. 

J'ai  toujours  désiré  d'être  mis  à  même  de  faire 
d'une  manière  plus  étendue  cette  utile  propagande,  qui 
aurait  pour  résultat,  dans  un  avenir  prochain,  un  ac- 
croissement notable  de  notre  production  en  soie.  J'au- 
rais voulu  arriver,  dans  nos  départements  essentielle- 
ment producteurs  de  la  soie,  et  en  propageant  une 
fumigation  simple  qui  détruit  les  sporules  de  Botrytis, 
aux  résultats  que  j'ai  obtenus  dans  les  Basses-Alpes,  et 
surtout  aux  environs  de  Sainte-Tulle,  grâce  à  l'appui  si 
désintéressé  de  M.  Eugène  Robert.  Il  ne  suffisait  pas  de 
publier  la  recette  de  la  fumigation,  car  on  l'aurait  em- 
ployée seule  et  sans  les  pratiques  hygiéniques,  et  l'on 
n'aurait  pas  obtenu  le  résultat  cherché,  ce  qui  m'aurait 
gravement  compromis.  Il  fallait  que  je  fusse  mis  à  même 
de  propager  aussi,  et  sous  la  protection  de  cette  fumi- 
gation, les  méthodes  rationnelles,  seules  efficaces  dans 
tous  les  cas. 

J'ai  montré  un  véritable  dévouement  à  la  séricicul- 
ture, en  demandant,  à  cet  effet,  un  appui  qui  n'a  pu 
m'être  accordé,  et  j'ai  dû  enfin,  depuis  plusieurs  années 
et  dans  l'intérêt  de  ma  dignité,  arrêter  mes  sollicita- 
tions et  me  borner  à  faire  le  bien  par  mes  seules  forces-, 
et  par  conséquent  dans  un  rayon  trop  restreint,  quand 
je  pouvais  me  rendre  utile  sur  une  grande  échelle.  Au- 
jourd'hui, en  voyant  ce  qui  arrive  à  la  veuve  Montsar- 


travaux  ixr.nrrs.  31 

rat,  j'ai  lieu  de  m'applaudir  de  n'avoir  point  cédé  aux 
personnes,  certainement  bienveillantes,  qui  me  conseil- 
laient de  faire  une  affaire  de  tout  cela,  de  prendre  un 
brevet  d'invention  pour  vendre  une  méthode  rationnelle 
d'éducation  des  Vers  ta  soie,  sous  le  couvert  de  ma 
fumigation,  dont  la  recette  est  depuis  cinq  ans  dans  un 
paquet  cacheté,  déposé  à  l'Académie  des  Sciences  le 
25  mai  1850. 

La  veuve  Montsarrat  a  eu  ce  courage.  Excitée  par 
une  récompense  que  la  Société  d'Agriculture  lui  avait 
accordée  en  1855,  sur  la  demande  de  mon  confrère, 
M.  Robinet,  que  j'avais  fortement  appuyé  alors .  cette 
femme,  qui  est  une  habile  magnanière,  a  abandonné 
ses  travaux  et  ses  affaires  pour  aller  propager  sa  mé- 
thode dans  plusieurs  départements.  Elle  a  essayé  de  la 
vendre,  ce  qui  ne  lui  a  pas  réussi,  et  elle  n'a  recueilli 
que  la  gêne  et  un  grand  nombre  de  certificats  de  pro- 
priétaires chez  qui  elle  a  appliqué  et  surveillé  sa  mé- 
thode, le  plus  souvent  gratuitement,  dans  l'espoir  de 
se  faire  connaître  et  de  retirer  enfin  un  fruit  plus  po- 
sitif de  sa  persévérance. 

Aujourd'hui,  arrivée  au  terme  de  ses  ressources, 
épuisée  par  des  sacrifices  faits  dans  l'espoir  d'obtenir 
un  prix  fondé  par  la  Société  d'Agriculture,  et  qui  ne 
pourra  pas  plus  être  gagné,  je  le  crains  bien,  que  celui 
qui  a  été  institué  pour  récompenser  l'auteur  d'un  remède 
contre  le  choléra,  et  surtout  contre  ïôklium,  cette  esti- 
mable femme,  soutenue  par  cet  espoir  décevant,  a  fait 
un  effort  suprême  pour  venir  à  Paris  avec  ses  nombreux 
certificats.  Si  elle  n'a  pas  gagné  le  prix,  puisqu'elle  n'a 
réellement  pas  trouvé  une  chose  qui  me  paraît  impos- 
sible, un  remède  contre  la  mascardine,  on  doit  recon- 
naître qu'elle  s'est  rendue  utile  à  l'industrie  de  la  soie, 
en  propageant,  parmi  les  petits  éducateurs  de  plusieurs 
départements,  à  l'occasion  de  sa  fumigation,  qui  peut 
rendre  des  services  dans  certains  cas,  de  bonnes  mé- 


32        uev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 

thodes  d'éducation  qui  ont  eu  souvent  des  résultats 
favorables.  Aussi  je  crois  que  si  cette  zélée  magna- 
nière  était  mise  en  position  de  continuer  la  propagande 
qu'elle  a  persévéré  à  faire  avec  ses  seules  ressources, 
depuis  trois  ans,  l'industrie  de  la  soie  en  retirerait  des 
avantages  réels.  En  aidant,  à  cet  effet,  une  intelligente 
ouvrière  qui,  tout  en  se  trompant  dans  sa  spéculation, 
a  cependant  rendu  un  service,  on  montrerait  aux  nom- 
breux petits  cultivateurs  qui  se  livrent  à  la  belle  indus- 
trie de  la  soie  dans  nos  plus  humbles  villages,  à  cette 
production  des  cocons  qui  est  l'obole  du  paysan,  qu'on 
a  la  volonté  de  venir  à  leur  aide  en  favorisant  le  progrès 
chez  eux,  même  quand  il  leur  vient  d'en  bas,  quand  il 
leur  est  apporté  par  d'honnêtes  et  laborieux  travailleurs 
que  j'ai  appris  à  connaître  et  à  estimer. 


II.    SOCIETES    SAVANTES. 

Académie  des  Sciences  de  Paris. 

Séance  du  7  Janvier  1856.  —  L'Académie  procède  à 
la  nomination  d'un  vice-président.  La  majorité  absolue 
des  suffrages  se  porte  sur  M.  I.  Geoffroy  Saint-Hilaire , 
qui  est  proclamé.  Il  prendra  la  présidence  en  1857. 

—  M.  Valenciennes  lit  une  Note  sur  les  œufs  à  plusieurs 
jaunes  contenus  dans  la  même  coque. 

Les  œufs  renfermant  deux  jaunes  sont  très-rares,  et 
ceux  à  trois  jaunes  le  sont  encore  plus.  M.  Valenciennes 
s'en  est  procuré  un,  et  il  le  fait  passer  sous  les  yeux  de 
l'Académie.  Après  quelques  considérations  sur  les  œufs 
de  Poules  à  deux  ou  trois  jaunes,  l'auteur  dit  qu'il  a  ob- 
servé cette  duplicité  de  jaunes  dans  les  œufs  de  divers 
autres  Oiseaux  et  de  plusieurs  Mollusques. 

A  la  suite  de  la  communication  faite  par  M  Becquerel 
d'un  nouveau  procédé  de  gravure  dit  hélioplastie,  par 
M.  Poitevin,  le  même  académicien  communique  des 
épreuves  sur  pierre  obtenues  par  M.  Poitevin,  d'après 


SOCIÉTÉS    SAVA.YIKS.  55 

des  photographies  faites  par  M.  Louis  Rousseau,  qui  a 
déjà  montré  plusieurs  fois  à  l'Académie  avec  quelle  per- 
sévérance il  cherche  à  appliquer  la  photographie  à  l'his- 
toire naturelle.  L'une  de  ces  deux  planches  représente 
le  Dohb  d'Algérie,  espèce  de  Fouetle-queuc  voisin  de 
YUromastix  sjnnipes,  si  ce  n'est  le  même;  l'autre  est  la 
reproduction  du  grand  et  beau  Stylaster,  rapporté  de 
Bourbon,  dès  1803,  par  Péron,  et  que  Lamarck  a  fait 
connaître  sous  le  nom  de  Oculina  flabeïïiformis. 

Séance  du\4t  Janvier.  —  Rien  sur  la  zoologie. 

Séance  du  21  Janvier.  —  M.  Texier  lit  une  Note  sur 
les  Moutons  de  Caramanie,  envoyés  à  la  Société  impériale 
d'Acclimatation  par  M.  le  maréchal  Vaillant. 

Le  nom  de  Caramanli,  donné  à  ces  Moutons,  indique 
qu'ils  sont  originaires  de  la  Caramanie.  Cette  province 
centrale  de  l'Asie  mineure  occupe  le  territoire  de  toute 
l'ancienne  Cappadoce;  elle  se  distingue  par  un  carac- 
tère complet  de  déboisement  :  ce  ne  sont,  du  nord  au 
sud,  que  de  vastes  steppes  parcourues  en  tous  sens  par 
les  tribus  de  Turcomans  nomades  qui  conduisent  d'in- 
nombrables troupeaux. 

Les  Moulons  de  cette  contrée  sont  remarquables  par 
une  particularité  qu'on  n'observe  pas  en  Europe.  Leur 
queue  forme  une  énorme  masse  de  graisse  qui  pèse  jus- 
qu'à cinq  ou  six  kilogrammes.  Cette  race  de  Moutons 
existe  dans  ce  pays  de  temps  immémorial,  car  elle  est 
citée  par  Hérodote,  livre  III,  113. 

La  laine  de  ces  Moutons  est  assez  grossière;  elle  ne 
sert  que  pour  la  fabrication  des  tapis  et  des  gros  vête- 
ments. Les  bergers  donnent  à  leurs  Moutons  une  grande 
quantité  de  sel. 

La  Société  régionale  d'Acclimatation  pour  la  zone  du 
nord-est  de  la  France  adresse  plusieurs  exemplaires 
d'un  opuscule  sur  les  noms  à  imposer  aux  animaux 
nouveaux  acclimatés  ou  supposés  acclimatables. 

Séance  du  28  Janvier.  —  Séance  publique. 
2e  série,  t.  vin.  Année  1856  5 


34  REV.    ET    MAC    DE  ZOOLOGIE.    (Janvier     1856.) 

III.    MÉLANGES   ET   NOUVELLES. 

Sur  l'animal  de  la  Pourpre  des  anciens. 

Sommaire.  —  MM.  le  docteur  Sacc  et  de  Saulcy.  —  Question  résolue  de- 
puis 1835.  — Pourpre  améthyste  et  pourpre  tyrienne.  —  Liqueur  pur- 
purique.  —  Ses  qualités  physiques  et  chimiques.  —  Oxyde  cyanique  et 
oxyde  purpurique.  —  Différences  des  produits  fournis  par  le  Murex 
trunculus  et  le  M.  brandaris.  —  Le  docteur  Bizio.  —  Les  recueils  scienti- 
fiques. —  La  pourpre  romaine  restituée  à  l'industrie.  —  Description 
anatomique.  —  Analyse  microscopique.  —  Vitruve.  —  Transmutation 
manifeste  à  l'observation.  —  Procédés  des  teinturiers  romains  révélés 
par  Pline.  —  Tibulle.  —  Expérience  fortuite^  —  Qualités  physiques  des 
couleurs  purpurines  signalées  par  Amati.  —  Épisode  d'industrie  scienti- 
fique. 

A  monsieur  le  rédacteur  en  chef  de  la  Revue  de  Zoologie. 

Paris,  8  janvier  1855. 
Monsieur, 

Je  lis  dans  la  Revue  de  Zoologie  (n°  11,  novembre 
4855)  l'analyse  de  deux  travaux  sur  la  Pourpre  des  an- 
ciens :  l'un  de  M.  le  docteur  Sacc,  intitulé  :  Esquisse  de 
r histoire  de  la  Pourpre  ;  l'autre  de  M.  Ernest  de  Saulcy, 
ayant  pour  titre  :  Note. à  propos  de  la  Pourpre. 

La  conclusion  du  travail  de  M.  le  docteur  Sacc  est 
que  la  pourpre  des  anciens  doit  être  un  produit  analo- 
gue ou  identique  à  celui  qu'on  obtient  avec  l'alloxane, 
qui  est  une  solution  d'acide  urique  dans  de  l'acide  ni- 
trique (2  d'acide  urique  et  8  d'acide  nitrique  produisent 
1  d'alloxane). 

Quant  à  M.  de  Saulcy,  il  raconte  qu'étant  en  rade  de 
Saint-Pierre,  à  la  Martinique,  en  1836,  il  prenait  sur  les 
roches  couvertes  par  la  lame  la  Pourpre  bicostale.  «  Dès 
que  ces  Mollusques  étaient  dans  ma  main,  dit-il,  ils 
suintaient  un  liquide  épais,  onctueux  et  opalin,  ce  qui 
me  le  fit  mettre  dans  les  poches  de  mon  caleçon  de 
bain,  qui  peu  a  peu  se  colora  en  pourpre  magnifique, 
identique  à  celle  de  la  murexide  (pourprate  d'ammo- 
niaque de  Prout);  cette  belle  couleur  s'effaça  bientôt 


MÉLANGES   ET    NOUVELLES.  35 

sous  l'influence  simultanée  de  l'eau  salée  et  d'une  tem- 
pérature élevée,  en  passant  au  brun,  que  rien  ne  put 
enlever. 

«  Les  anciens  tiraient  la  pourpre  de  la  Purpura  he- 
masîoma,  que  Pline  appelle  Buccinum,  et  surtout  du 
Murex  brandaris,  que  Pline  nomme  Purpura,  et  dont 
on  a  retrouvé  de  grands  amas  de  coquilles  près  des 
maisons  des  teinturiers  qu'on  a  découvertes  tant  à  Athè- 
nes qu'à  Pompeï.  » 

La  question  relative  à  l'animal  qui  fournissait  aux 
anciens  cette  couleur  si  précieuse  est  complètement  ré- 
solue depuis  l'année  1835.  Cette  découverte  (car  c'en 
est  une  en  présence  des  incertitudes  de  la  science  à  ce 
propos)  est  consignée  in  extenso  dans  la  collection  des 
Annales  des  Sciences  du  royaume  Lombard -Vénitien,  et 
notamment  dans  les  tomes  III,  V,  VI  et  XL 

C'est  au  Murex  trunculus  qu'il  faut  rapporter  la  pour- 
pre améthyste  de  Pline,  et  c'est  la  M.  Brandaris  qui 
fournit  la  pourpre  tyrienne  du  même  auteur.  Tous  les 
autres  coquillages  auxquels  on  en  a  assigné  la  produc- 
tion, tels  que  la  Janthine,  YArca,  les  Buccins,  etc.,  mé- 
ritent la  réprobation  dont  Pline  les  a  frappés  quand  il  a 
dit  :  Buccinum  per  se  damnatur  quoniam  fucum  remittit. 
La  liqueur  purpurigène  est  incolore  dans  l'animal  : 
exposée  à  l'air  et  à  la  lumière,  elle  passe  par  toutes  les 
nuances  du  vert  pour  se  fixer  à  la  couleur  pourpre,  fon- 
cée ou  améthyste,  quand  elle  provient  du  trunculus: 
claire,  rutilante  (tyrienne),  quand  c'est  le  Brandaris  qui 
la  fournit. 

Les  effets  produits  sur  cette  liqueur  par  la  lumière 
sont  dus  aux  rayons  lumineux,  et  pas  du  tout  aux  rayons 
calorifiques  ;  l'oxygène  de  l'air  se  combine  avec  elle  et 
en  fait  un  véritable  oxyde.  Cet  oxyde  résiste  aux  réactifs 
les  plus  énergiques,  aux  alcalis  caustiques,  comme  aux 
acides  les  plus  forts  :  il  n'est  point  altéré  par  les  solu- 
tions concentrées  de  soude  ou  de  potasse  en  ébullition, 


36        rev.  et  mac  de  zoologie.  {Janvier  1856.) 
ni  par  les  acides   sulfurique,   hydrochlorique,  acéti- 
que, etc.  Il  n'y  a  que  l'acide  nitrique  qui  la  détruise, 
comme  il  détruit  les  substances  organiques. 

La  liqueur  du  Murex  trunculus,  desséchée  et  dissoute 
dans  l'alcool,  se  sépare  en  deux  radicaux  :  1°  une  sub- 
stance azurée,  oxyde  cyanique,  très-analogue  au  bleu 
d'indigo;  2°  une  substance  d'un  rouge  ardent,  oxyde  pur- 
purïque,  lequel,  par  sa  nature  et  ses  propriétés,  ne  dif- 
fère en  rien  de  la  matière  cristalline  obtenue  par  Ber- 
zelius  en  chauffant,  dans  le  vide  le  rouge  d'indigo. 

La  liqueur  du  Murex  Brandaris  ne  donne  qu'un  seul 
principe,  un  seul  radical,  Y  oxyde  tyrien  (tyrien  parce 
que  c'est  bien  à  celle-là  que  s'appliquent  tout  ce  que  les 
auteurs  anciens,  Aristote,  Yitruve  et  Pline,  ont  dit  de 
la  pourpre  de  Tyr,  regardée  comme  la  plus  précieuse 
à  cause  de  son  éclat). 

Ainsi,  il  y  a  entre  la  pourpre  fournie  par  les  deux 
coquilles  deux  différences  capitales  :  1°  le  M.  trunculus 
donne  la  pourpre  foncée,  améthyste  ;  le  M.  Brandaris 
donne  la  pourpre  tyrienne  ;  2°  dans  le  M.  trunculus,  il  y 
a  deux  radicaux  ;  dans  le  M.  Brandaris.,  il  n'y  en  a 
qu'un. 

Voilà  des  résultats  scientifiques  précis  qui,  comme  je 
l'ai  dit  en  commençant,  remontent  à  l'année  1855.  Ils 
sont  dus  à  un  savant  vénitien,  aussi  modeste  qu'ingé- 
nieux et  habile,  au  docteur  Bizio,  qui,  toute  sa  vie, 
a  montré  plus  de  zèle  pour  l'exactitude  de  ses  décou- 
vertes que  d'ardeur  pour  recueillir  les  fruits  de  gloire 
qu'elles  doivent  mériter  à  son  nom  (1). 

(1)  Le  docteur  Bartolommeo  Bizio  esî  un  chimiste  des  plus  dis- 
tingués :  son  travail  sur  Y  Affinité  moléculaire  des  corps  a  démon- 
tré en  lui  un  esprit  philosophique  éminent  et  tout  à  fait  digne  d'un 
législateur  de  la  science.  Comme  écrivain,  il  est  un  de  ces  savants 
rares  qui  trouvent  le  moyen  de  rendre  leurs  idées  avec  clarté;  non 
pas  en  les  mettant,  comme  on  le  dit  vulgairement,  à  la  portée  des 
intelligences  diverses,  mais  en  élevant,  au  contraire,  l'intelligence 
de  ses  lecteurs  et  de  ses  auditeurs  à  la  hauteur  de  ses  conceptions. 


MÉLANGES    ET   NOUVELLES.  57 

On  se  demande  comment  il  est  possible  que  des  tra- 
vaux si  précis,  si  complets  sur  une  pareille  question, 
soient  restés  si  longtemps  et  si  complètement  ignorés, 
quoique  publiés  dans  le  premier  journal  scientifique  de 
l'Italie  septentrionale.  Il  faut  donc  croire  que  les  re- 
cueils scientifiques  ne  sont  pas  un  moyen  suffisant  de 
communication  entre  les  savants  des  divers  pays  (1), 

Outre  ses  Additions  au  spectacle  de  la  nature  et  ses  Mémoires  sur 
la  pourpre  des  anciens,  la  science  lui  doit  plusieurs  Mémoires  très- 
remarquables  sur  la  couleur  verte  des  Huîtres,  sur  les  carbonates 
de  soude  et  de  potasse  (Voyez  vol.  I  et  II  délie  Memorie  delV  imp. 
regio  Istitulo  veneto  di  Scienze,  Lettere  ed  Arti,  et  tome  XX1H 
délie  Mémoire  délia  Società  italiana  délie  Scienze  résidente  in  Mo- 
dem.) 

(1)  Ce  regret  est  exprimé  par  le  docteur  Bizio  dans  le  préambule 
de  ses  Recherches  sur  la  coloration  des  Huîtres,  et  il  en  demande 
la  raison  aux  trois  causes  suivantes  :  Sia,  dit-il,  per  la  condizione 
délia  lingua  nostra  poco  o  nulla  intesa  dagli  stranieri;  sia  perché 
al  di  fuoripoco  si  distendonoi  giornali  italiani;  sia  fmalmente 
ehe  forse  siani  venuti  presso  gli  stranieri  nella  sfavoreuole  opi- 
nione  di  contribuire  si  poco  al  verace  progresso  délia  scienza,  che 
non  metta  il  conto  di  leggerci. 

Quant  à  la  première  cause,  l'ignorance  de  la  langue  italienne, 
peu  de  savants  l'admettront,  attendu  que  tous  se  llattent  d'avoir 
appris  la  langue  latine,  et  partant  de  savoir  également  l'italien,  ce 
qui  pourrait  bien  être  une  erreur.  La  seconde  est  probable;  mais 
la  troisième  est  de  la  pure  et  très-naïve  modestie  :  le  docteur  Bizio 
ne  se  doute  pas  des  efforts  que  font  bien  des  savants,  même  des  plus 
illustres,  pour  faire  parler  d'eux  et  de  leurs  moindres  œuvres.  La 
renommée!  la  renommée!  c'est  la  déesse  que  tous  invoquent.  Si  la 
renommée  ne  parle  pas  pendant  la  vie,  ils  se  figurent  que  la  gloire 
leur  fera  défaut  après  la  mort. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  y  a  quiuze  ans  les  savants  italiens  avaient 
imaginé  un  moyen  de  se  mettre  en  rapport,  en  se  réunissant  tous 
les  ans  pendant  quelques  jours  dans  une  des  nombreuses  capitales 
de  la  Péninsule,  pour  conférer  de  science,  échanger  et  discuter 
des  idées,  constater  et  consacrer  des  progrès.  Il  y  eut  ainsi  neuf 
réunions  ou  congrès  véritablement  encyclopédiques.  Le  dernier  se 
tint  à  Venise,  au  mois  de  septembre  1847  :  j'eus  l'honneur  d'y  as- 
sister et  d'y  faire  deux  lectures;  l'Académie  des  Sciences  de  Paris 
y  était  représentée  par  M.  Balard.  Le  dixième  congrès  devait  se  tenir 


58        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.; 
peut-être  aussi  tous  les  hommes  d'étude  ne  sout-ils  pas 
également  attentifs  à  rechercher  les  précédents   des 
questions  qu'ils  se  prennent  à  examiner  pour  la  pre- 
mière fois. 

Les  travaux  de  M.  Bizio  sur  la  pourpre  sont  ce  qu'il 
y  a  de  plus  complet  au  point  de  vue  chimique.  En  sup- 
posant que  l'industrie  s'en  fût  emparée  quand  ils  ont 
été  mis  au  jour,  il  y  a  longtemps  que  la  pourpre  ro- 
maine serait  restituée  et  que  cette  couleur  magnifique 
fournirait  au  luxe  un  nouvel  et  très-riche  aliment.  Les 
Murex,  en  effet,  sont  très-abondants  dans  l'Adriatique 
ainsi  que  sur  les  côtes  de  la  Méditerranée,  et  rien  n'em- 
pêcherait qu'on  les  parquât  comme  les  Huîtres  et  qu'on 
soignât  leur  reproduction  sur  nos  côtes  s'il  y  avait  né- 
cessité. 

La  poche  de  la  liqueur  des  Murex  est  située  à  la  par- 
tie supérieure  du  corps  de  l'animal,  entre  les  organes 
de  la  tête  et  le  foie.  Dans  un  individu  que  j'avais 
rapporté  de  Venise,  conservé  dans  l'alcool,  et  que 
j'ai  examiné  avec  le  docteur  Gruby,  elle  avait  deux 
centimètres  de  longueur;  son  orifice  terminal,  un  cen- 
timètre et  demi.  Cette  poche  forme  un  cul-de-sac  ;  elle 
est  composée  de  quatre  couches  :  1°  à  l'intérieur,  une 
couche  d'épithélium  disposé  par  plaques  allongées  ; 
2°  une  couche  fibrillaire  composant  la  membrane  mu- 
queuse; 3°  une  couche  fibrillaire  entrecroisée  évidem- 
ment musculaire;  4°  enfin,  tout  à  fait  à  l'extérieur,  une 

à  Sienne,  en  l'année  4848;  mais  déjà,  à  Venise,  on  pressentait, 
pour  l'année  suivante,  des  motifs  de  réunion  moins  pacifiques.  En 
consultant  le  registre  des  admissions,  on  avait  même  fini  par  com- 
prendre que  tous  ceux  qui  s'étaient  rendus  à  ce  congrès  de  Venise 
n'avaient  pas  eu  pour  objet  de  conférer  de  science.  Les  événements 
qui  ont  suivi  ne  permettront  pas  de  longtemps  aux  savants  italiens 
de  retrouver  de  semblables  occasions  de  se  réunir.  C'est  un  mal- 
heur pour  la  science,  dont  les  progrès  sont  en  raison  directe  de  la 
facilité  des  communications  que  peuvent  avoir  entre  eux  ceux  qui 
la  cultivent. 


MÉLANGES    ET    NOUVELLES.  30 

couche  séreuse  faisant  partie  de  l'enveloppe  générale 
de  l'animal  dans  l'intérieur  de  la  coquille. 

Dans  cette  poche  sont  disposés  :  1°  à  droite,  les  arcs 
branchiaux,  dont  les  lames  forment  des  feuilles  élar- 
gies en  éventail;  2°  vers  la  partie  convexe  de  ces  arcs 
branchiaux,  un  organe  floconneux  visible  à  la  loupe, 
composé  de  cellules  hexagones  symétriques  remplies  de 
mucosité.  Cet  organe  floconneux  est  allongé;  il  est 
placé  sur  la  paroi  supérieure  de  la  poche,  selon  Taxe 
longitudinal  :  sa  longueur  est  de  6  à  8  millimètres;  sa 
largeur,  de  2  millimètres  environ.  La  mucosité  sécré- 
tée par  cet  organe  contient  des  cellules  d'épithélium, 
des  globules,  de  la  matière  colorante  ou  pigment,  et 
une  substance  homogène  incolore.  Examiné  au  micros- 
cope, le  liquide  extrait  de  la  poche  de  l'animal,  après 
quinze  jours  de  séjour  de  celui-ci  dans  l'alcool,  se  pré- 
sentait sous  les  apparences  suivantes  :  une  masse  trans- 
parente granulée,  composée  de  petits  flocons  [blanchâ- 
tres détachés  de  la  poche  même,  entremêlés  de  pigment 
pourpre  d'une  forme  anguleuse  et  irrégulière. 

J'avais  en  même  temps  rapporté  du  liquide  extrait 
des  poches  des  Murex  encore  vivants,  et  je  l'avais  mêlé 
avec  du  miel  pour  le  conserver,  selon  les  indications 
de  Vitruve.  Nous  l'examinâmes  aussi  au  microscope  : 
c'était  une  substance  amorphe,  transparente,  dans  la- 
quelle nageaient  des  cellules  ovales,  rondes,  ayant  une 
enveloppe  transparente  et  parsemée  de  petits  molécules 
blanchâtres.  Outre  ces  cellules,  il  y  avait  de  plus  des 
globules  anguleux,  blanchâtres.  Ce  sont  ces  cellules  et 
ces  globules  qui,  sous  l'influence  de  la  lumière,  chan- 
gent de  couleur  et  s'arrêtent  au  pourpre  en  passant  par 
les  diverses  nuances  de  vert.  On  voit  cette  transmuta- 
tion, sous  le  microscope,  se  produisant  d'une  manière 
insensible,  absolument  comme  on  voit  se  produire  les 
cristaux  d'une  dissolution  saline  soumis  au  même  mode 
d'observation. 


40        rev.  èt  mag.  de  zoologie.  [Janvier  1856.) 

En  présence  de  faits  aussi  précis  que  ceux  qui  sont 
fournis  par  le  savant  vénitien,  concernant  les  deux  Mu- 
rex, auxquels  on  doit  joindre,  d'après  Bizio  lui-même, 
le  Bnccinum  lapilhis  ;  en  présence  des  résultats  anato- 
miques  et  microscopiques  observés  par  le  docteur  Gruby 
et  par  moi,  il  n'est  pas  besoin  de  recourir  au  labora- 
toire pour  obtenir  la  véritable  pourpre. 

Il  ne  reste  plus  qu'à  déterminer  avec  précision  le 
moyen  de  l'appliquer  à  l'industrie.  Sous  ce  rapport, 
Pline  est  très-explicite;  il  fait  connaître  en  détail  les 
procédés  des  teinturiers  de  son  temps,  et  Ton  n'aurait, 
pour  ainsi  dire,  qu'à  les  imiter,  pour  obtenir  les  mêmes 
résultats  qu'eux,  c'est-à-dire  une  couleur  splendide  et 
douée  de  cette  morbidezza  tant  célébrée  qui  faisait  dire 
à  Tibulle  : 

Mollia  caris 

Vellera  det  succis  bis  madefacta  tyros. 

Le  fait  est  que  rien  n'est  plus  séduisant  et  plus  du- 
rable que  la  vraie  pourpre. 

Je  me  rappelle  qu'en  1845,  à  Venise,  M.  Bizio,  ré- 
pétant en  ma  présence,  pour  me  rendre  témoin-  des 
résultats,  ses  expériences  sur  la  liqueur  des  Murex,  je 
répandis  sur  une  chaussette  de  laine  un  peu  de  cette 
liqueur  sans  précaution  ni  préparation  aucune.  La  cou- 
leur dura  autant  que  la  chaussette,  et  les  blanchissages 
répétés  auxquels  celle-ci  fut  soumise  ne  l'altérèrent 
nullement  :  la  couleur  conserva  jusqu'à  la  fin  le  même 
brillant,  le  même  éclat,  et  surtout  ces  reflets  changeants 
qui  sont  le  caractère  distinctif  de  la  véritable  pourpre. 
1  colori  purpurei  non  erano  soltanto  cangianti  e  varii,  ma 
altresi  coruscanti  e  ardenti  quanto  i  colori  delV  iride  ce- 
leste,  délie  armi  brunite,  délie  plume  dei  colombi,  dei 
pavoni,  délia  fiamma  ardente,  délie  splendide  gemme,  délie 
stelle,  e  dello  stesso  fulgidissimo  sole;  le  quale  imagini 
sono  tutte  acconce  a  manifestarci  la  vive%za  ammirabile 
dei  colori  purpurei.  (Amati,  cité  par  Bizio.) 


MÉLANGES    ET   NOUVELLES.  41 

Je  viens  de  réparer,  au  profit  d'un  savant  italien,  un 
oubli  tout  à  fait  involontaire  de  la  science  française. 
Qu'il  me  soit  permis  de  dire  un  mot  d'une  question  qui 
me  concerne,  et  vis-à-vis  de  laquelle  je  me  trouve  dans 
un  cas  analogue. 

En  1835,  je  fis  des  études  microscopiques  et  des  ex- 
périences nombreuses  sur  la  constitution  physique  du 
lait.  Je  démontrai  qu'en  le  privant  des  cinq  sixièmes  de 
l'eau  qu'il  contient  on  pouvait  le  conserver  longtemps 
et  le  transporter  au  loin  ;  que,  pour  le  reproduire  avec 
toutes  ses  qualités,  il  suffisait  de  lui  restituer  l'eau  qu'on 
lui  avait  enlevée.  Je  présentai  un  Mémoire  et  du  lait 
ainsi  préparé  à  l'Académie  des  Sciences,  qui  nomma 
deux  commissaires,  MM.  Darcet  et  Turpin,  lesquels 
moururent  sans  avoir  fait  leur  rapport.  Un  ancien  phar- 
macien, M.Gallais,  m'avait  demandé  l'autorisation  d'ap- 
pliquer mes  idées  à  une  exploitation  en  grand  :  des 
expériences  furent  faites.  M.  Bouchardat,  pharmacien 
en  chef  de  l'Hôtel-Dieu,  demanda  que  la  lactoline  (c'est 
le  nom  que  j'avais  donné  au  produit)  entrât  dans  le  ser- 
vice alimentaire  des  hôpitaux  (Annales  d'hygiène,  juillet 
1857,  page  64).  Enfin,  M.  Orfila  consacrait  mon  pro- 
cédé dans  son  Traité  de  chimie.  Dans  l'intervalle,  M.  Gal- 
lais  mourait,  et  de  grands  intérêts  m'avaient  appelé 
dans  l'empire  d'Autriche.  Je  devais  croire  néanmoins 
que  le  mérite  de  la  découverte  relative  à  la  conserva- 
tion du  lait  par  Tévaporation  était  acquis  à  mes  travaux. 
Pas  du  tout  :  en  1849  (j'étais  absent  depuis  douze 
ans),  M.  P.  Moigno  vante  dans  la  Presse  un  procédé  de 
conservation  du  lait  par  M.  Martin  de  Lignac;  MM.  Du- 
perrey,  Balard  et  Payen  font  à  l'Académie  des  Sciences 
un  rapport  approbatif  sur  ce  procédé  de  M.  Martin  de 
Lignac.  Enfin,  dans  le  journal  la  Presse  du  samedi  soir, 
5  janvier  dernier,  M.  Louis  Figuier  vante,  comme  une 
des  merveilles  de  l'exposition  universelle,  et  comme 
ayant  sans  doute  été  l'objet  d'une  récompense,  le  même 


42  i'.ev.  et  mag.  de  zoologie.  {Janvier  1856.) 
procédé  du  même  M.  Martin  de  Lignac;  et  la  descrip- 
tion qu'il  en  donne,  savez-vous  où  elle  se  trouve  in  ex- 
tenso, presque  en  termes  identiques,  et  à  quelle  date? 
Dans  le  Dictionnaire  d'histoire  naturelle  publié  sous 
votre  direction,  monsieur  le  rédacteur,  à  l'article  nour- 
riture, tome  VI,  page  12o,  colonne  2;  Paris,  1838,  im- 
primerie de  Cosson. 

De  pareils  accidents  scientifiques  arrivant  en  France, 
et  à  un  Français,  me  semblent  bien  propres  à  consoler 
les  étrangers  des  oublis  momentanés  qu'on  peut  faire 
d'eux  dans  les  aréopages  scientifiques  ou  dans  les  co- 
mités d'industriels. 

Je  vous  prie,  monsieur  le  rédacteur,  d'agréer  l'ex- 
pression de  mes  sentiments  les  plus  distingués. 

G.  Grimaud  de  G  aux. 


Désirant  éviter,  autant  que  possible,  des  polémiques 
ayant  un  caractère  plus  ou  moins  personnel,  j'aurais 
voulu  refuser  à  M.  Brisout  de  Barneville  l'insertion  de 
la  réponse  qu'il  a  faite  à  M.  H.  Lucas  dans  le  numéro  de 
septembre  dernier;  mais,  comme  l'attaque  avait  été 
publiée,  j'ai  dû  admettre  la  défense,  en  annonçant  à 
M.  Brisout  que  cette  note  serait  la  dernière  que  j'ad- 
mettrais. 

M.  Lucas  a  cru  devoir  faire  de  nouvelles  observations 
que  j'ai  d'abord  refusé  d'insérer.  Cependant,  comme  il 
s'agit,  dans  ce  nouveau  travail,  d'un  fait  scientifique,  et 
que  M.  H.  Lucas  a  bien  voulu  s'en  rapporter  à  mon  juge- 
ment, en  déposant  chez  moi,  pour  que  je  puisse  les  exa- 
miner, les  Insectes  qui  font  l'objet  de  la  discussion, 
j'ai  pu  m'assurer  que  les  individus  de  YEremiaphila 
barbara,  que  M.  Brisout  regarde  comme  adultes,  ne 
sont  réellement  que  des  larves  plus  ou  moins  avancées 
dont  les  organes  générateurs  sont  encore  emmaillotés, 


MELANGES   ET    NOUVELLES.  45 

et  par  conséquent  impropres  à  l'acte  de  la  reproduction. 
Cet  examen,  fait  sur  tous  les  individus  qui  ont  servi  aux 
travaux  des  deux  adversaires,  m'a  convaincu  de  la  jus- 
tesse des  vues  de  M.  H.  Lucas;  les  raisonnements  à  l'aide 
desquels  il  les  appuie  me  semblent  donc  très-justes, 
comme  on  pourra  le  voir  par  les  extraits  de  son  travail 
que  je  vais  donner,  atin  d'en  finir  avec  cette  discus- 
sion. 

Ne  s'arrêtant  pas  à  la  persistance  avec  laquelle  M.  Bri- 
sout  continue  d'établir  des  espèces  avec  des  nymphes, 
mais  même  avec  de  simples  larves  d'espèces  déjà  con- 
nues, et  sans  répondre  de  nouveau  à  toutes  les  opinions 
émises  par  cet  entomologiste,  puisqu'il  les  a  réfutées 
dans  cette  Revue  (n°  de  janvier  1855)  (1),  M.  H.  Lucas  ne 
s'occupe  que  de  ce  qui  a  rapport  au  développement  des 
pièces  annexées  aux  organes  sexuels  comparées,  chez 
des  espèces,  à  l'état  de  larve,  de  nymphe  et  d'insecte  par- 
fait; car  tel  est  le  point  principal  de  la  dissidence,  et 
c'est  précisément  ce  que  M.  Brisout  a  encore  passé  sous 

(1)  Cependant,  il  y  a  un  passage  que  l'on  ne  peut  passer  sous 
silence,  et  qui  démontre  combien  est  grande  la  légèreté  avec  la- 
quelle cet  entomophile  fortifie  son  opinion;  ce  passage  le  voici  : 
«  Parmi  les  Erémiaphiles  qu'il  décrit,  dit  M.  Brisout  en  parlant  de 
M.  Lefebvre,  en  a-t-il  observé  une  seule  espèce  qui  eût  passé  suc- 
cessivement de  l'état  qu'il  considère  comme  nymphe  à  celui  qu'il 
regarde  comme  parfait  {non,  pas  une)?»  Eh  bien,  M.  Brisout  se 
trompe  étrangement,  en  avançant  une  semblable  assertion,  car  il  y 
en  a  une  :  qu'il  se  donne  la  peine  de  consulter  la  notice  de  M.  H.  Lu- 
cas sur  YEremiaphila  denticollis,  mais  surtout*  le  Handbuch  der 
Entomologie  de  M.  Burmeister,  il  verra  que  YEremiaphila  Typhon 
décrite  par  M.  Lefebvre  comme  étant  seulement  à  l'état  de  larve  ou 
de  nymphe  a  été  étudiée  par  cet  entomologiste  allemand,  qui  a  pu 
observer  les  divers  changements  de  peau  par  lesquels  cette  Eremia- 
phila  (E.  Ehrenbergii,  Burm.)  passe  avant  d'arriver  à  l'état  parfait; 
il  verra  aussi  ce  que  M.  Burmeister  pense  du  genre  Heleronytarsus 
de  M.  Lefebvre,  et  qui  n'est,  suivant  le  même  entomologiste  alle- 
mand, qu'une  larve  YEremiaphila  (Eremiaphila  Lefebvrsei,  Burm.). 


44  rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Janvier  1850.) 
silence.  D'après  M.  L.  Dufour,  les  Orthoptères  ne  sont 
point  susceptibles  d'une  érection  complète  du  pénis  par  le 
coït.  La  nature  a  remédié  à  ce  cas  d'impuissance  en  es- 
cortant la  verge  de  pièces  dures,  cornées,  mobiles  et  le 
plus  souvent  préhensives;  ces  pièces  sont  désignées  sous 
le  nom  d'armure  de  la  verge;  elles  sont  destinées  à  ac- 
crocher, à  fixer  les  parties  sexuelles  de  la  femelle,  et  à 
faciliter  l'introduction  du  pénis  dans  le  vagin. 

Voilà  quel  est  l'état  normal  et  quelles  sont,  après  leur 
développement,  les  fonctions  de  ces  pièces,  considérées 
chez  des  Orthoptères  à  l'état  parfait,  comme  cela  se  voit 
manifestement  chez  les  Eremiaphila  ayant  subi  leur  der- 
nier changement  de  peau,  par  exemple,  comme  dans 
les  Eremiaphila  Audouinii,  Cerisyi,  Zettersdettii,  Luxor, 
Bovxï,  Lefebvrœi,  Ehrenbergii  et  denticollis. 

Si  l'on  cherche,  ditM.  H.  Lucas,  à  comparer  ces  pièces 
annexées  aux  organes  sexuels  ainsi  développées  à  celles 
présentées  par  YEremiaphila  barbara,  on  voit  que  ces 
pièces,  indispensables  pour  l'acte  de  la  reproduction 
dans  cette  future  espèce,  sont  seulement  rudimentaires, 
atrophiées  pour  ainsi  dire,  qu'elles  ne  sont  pas  libres  et 
par  conséquent  iuaptes  à  accrocher,  à  fixer  les  organes 
sexuels  de  la  femelle,  et  impuissantes  aussi  à  faciliter 
l'introduction  du  pénis  dans  le  vagin. 

Dans  une  note  lue  à  la  Société  Entomologiquc  de 
France,  M.  H.  Lucas  a  démontré  combien  était  grand 
l'avantage  que  l'on  pouvait  tirer  des  pièces  annexées 
aux  organes  sexuels  chez  les  Orthoptères,  et  à  l'aide 
desquelles  il  est  possible  de  connaître  l'état  adulte  ou 
non  adulte  de  ces  curieux  insectes. 

En  août  1855,  M.  H.  Lucas  a  inséré  dans  notre  Revue 
une  lettre  dans  laquelle  il  a  fait  connaître  le  mâle  de  YE- 
remiaphila denticollis,  et  où  il  décrit  les  pièces  annexées 
aux  organes  sexuels  de  cette  espèce;  il  y  décrit  aussi 
les  mêmes  organes  observés  sur  une  larve,  et  il  fait  voir 


MÉLANGES    ET    NOUVELLES.  45 

toute  la  différence  qui  existe  entre  cet  appareil  sexuel 
et  celui  d'un  individu  à  l'état  parfait. 

M.  H.  Lucas  avait  lieu  d'espérer  que  ces  deux  notes, 
tout  à  fait  propres  à  élucider  la  question,  auraient  con- 
duit M.  Brisout  à  étudier  comparativement  les  organes 
sexuels  chez  des  Eremiaphila  à  l'état  de  larve,  de  nym- 
phe et  d'insecte  parfait;  mais  il  voit  que  cet  entomo- 
phile  n'a  pas  jugé  à  propos  de  faire  cette  étude  :  il  a 
mieux  aimé  nier  et  passer  sous  silence  les  travaux  faits 
par  ses  devanciers.  Cette  manière  de  trancher  la  diffi- 
culté est  facile;  mais  M.  H.  Lucas  fait  observer  que  nier 
sans  appuyer  ses  dénégations  de  faits  sérieux  ce  n'est  pas 
prouver.  Cet  oubli  volontaire  est  fâcheux,  car,  si  M.  Bri- 
sout avait  consi  Ité  ces  divers  travaux,  ses  recherches 
consciencieusement  faites  lui  auraient  évité  d'émettre 
une  opinion  qui  est  en  même  temps  contraire  aux  lois 
de  l'anatomie  et  de  la  physiologie,  et  que  M.  H.  Lucas  ne 
peut  désigner  que  sous  le  triple  nom  d'hérésie  anato- 
mico-physiologico-zoologique. 

En  effet,  puisque  les  pièces  annexées  aux  organes 
sexuels,  dans  Y  Eremiaphila  barbara,  sontrudimentaires, 
M.  H.  Lucas  demande  à  M.  Brisout  comment  il  comprend 
l'accouplement  de  cette  espèce,  comment  il  explique  le 
jeu  des  pièces  auxiliaires  qui  accompagnent  l'organe 
mâle,  et  par  quel  moyen  le  pénis  peut  pénétrer  dans 
l'organe  femelle,  puisque  les  pièces  qui  aident  cet  or- 
gane à  accomplir  la  copulation  sont  atrophiées,  soudées 
entre  elles?  Quant  à  M.  H.  Lucas,  il  avoue  qu'il  ne  s'ex- 
plique pas  cet  accouplement,  à  moins  que  Y  Eremiaphila 
barbara  ne  fasse  exception  aux  lois  anatomiques  et  phy- 
siologiques établies  jusqu'à  présent.  Cependant  M.  H. 
Lucas  ne  le  croit  pas;  aussi  persiste-t-il  à  dire  que 
Y  Eremiaphila  barbara  (1),  dont  les  organes  sexuels  ne 

(1)  Une  nouvelle  étude  de  Y  Eremiaphila  barbara  de  M.  Bri- 


46        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856.) 

sont  pas  assez  développés  pour  accomplir  l'acte  si  im- 
portant delà  reproduction,  n'est  qu'une  larve,  et  doit 
être  par  conséquent  rayée  du  catalogue  des  espèces. 

M.  Brisout  semble  être  sensible  au  reproche  que  M.  H. 
Lucas  lui  a  adressé  au  sujet  de  son  ex  Locusta  lineata, 
et,  pour  se  consoler  et  atténuer  en  même  temps  l'er- 
reur grave  d'avoir  établi  une  espèce  sur  un  Orthoptère 
seulement  arrivé  à  l'état  de  nymphe;  il  dit  :  «  Mais,  si 
je  me  suis  trompé  au  point  de  vue  spécifique,  il  n'en  a 
pas  été  de  même  quant  au  genre  auquel  j'ai  rapporté 
cet  Orthoptère,  contrairement  à  ce  que  dit  M.  H.  Lucas; 
car,  d'accord  avec  d'autres  entomologistes  (M.  Brisout  ne 
cite  pas  lesquels),  je  ne  considère  depuis  longtemps  les 
Conocephalus  que  comme  constituant  une  simple  division 
du  genre  LocMsfa.»  En  vérité,  il  faut  avouer,  dit  M.  H.Lu- 
cas, que  M.  Brisout  n'est  pas  heureux  dans  sa  manière 
de  concilier  les  choses;  car  où  est  Terreur?  ce  n'est  pas 
d'avoir  rapporté  une  espèce  à  un  genre  auquel  elle  n'ap- 
partient pas,  cela  peut  arriver  à  beaucoup  d'entomolo- 
gistes, mais,  ce  qui  est  plus  inconcevable,  c'est  d'avoir 
créé  volontairement  une  espèce  sur  un  Orthoptère  seu- 
lement arrivé  à  l'état  de  nymphe,  et  d'avoir  ainsi  com- 
pliqué la  synonymie,  qui  deviendra  inextricable  et  un 
véritable  chaos,  si  M.  Brisout  persiste  à  travailler  d'a- 
près la  même  manière  de  voir. 

M.  H.  Lucas  termine  cette  lettre  en  disant  que  le 
genre  Conocephalus  a  été  établi  par  Thunberg  et  adopté 
par  Latreillc,  Audinet-Serville,  Burmeister,  enfin  par 
les  maîtres  de  la  science.  A  l'exemple  de  ces  savants, 
de  l'avis  desquels  M.H.Lucas  se  range,  il  croit  que  cette 

sont,  faite  comparativement  avec  YEi'emiaphila  denticollis,  que 
M.  II.  Lucas  a  fait  connaître  dans  cette  Revue  (août,  1855,  p.  395), 
a  conduit  cet  entomologiste  à  regarder  la  première  comme  n'é- 
tant peut-être  que  l'état  de  larve  prête  à  se  changer  en  nymphe  de 
la  seconde. 


MÉ&AJffiEa  et  noiyklles.  .47 

coupe  générique  doit  être  conservée  dans  le  domaine  de 
la  science  (1),  cl  qu'il  doit  en  être  de  même  pour  le 
genre  Acinipe  de  M.  le  docteur  Rambur,  quoique  ce 
genre  soit  rapporté  par  M.  Brisout  à  celui  des  Acri- 
dium.  (G.  M.) 


Dîagnoses  d'espèces  nouvelles  qui  seront  décrites 
et  figurées  prochainement. 

Cardium  Loroisii,  Huppé.  —  Testa  subtrapezia,  turgida,  tenui, 
longitudinatiter  obsolète  sulcata;  luteo-aurantiaca;  umbonibus  tu- 
midis,  incurvis  lxvibus  violascentibus,  lunula  anoque  striis  minu- 
tissimh  eoncentricis  vix  impressis,  ano  corda to  elato  pallido  tribus 
sulcis  majorihus  cincto;  rima  crenulata  intùs  alba.  —  L.  62;  1.  65; 
épaiss.  55  mill.  —  llab    ? 

Pyrula  Penardi,  Monlrouzier.  —  Testa  ventricosa,  fleoidea,  am- 
pullacea,  tenui,  basi  slriata,  transversim  scabriuscula,  squnlide 
alba,  subumbilicata;  anfractibus  turgidis;  spira  exsertiuscula;  cauda 
brevi;  columella  excavata,  rellexa,  foliata.  Canali  subrostrato,  an- 
terius  reflexo;  apertura  ovalo-oblonga,  intus  alba,  basi  rosea.  — 
L.  60;  1.  43  mill.  —  llab.  Nouvelle-Calédonie. 

Lucanus  pentaphyllus,  Reiche.  —  Elongatus,  convexiusculus, 
fusco-piceus;  elytris,  mandibulisque  fusco-castaneis.  Caputnitidu- 
lum;  carina  frontali  parum  perspicua,  oecipitali  parum  elevata; 
mandibulis  capite  sesqui  longioribus,  rotundatim  curvalis;  gracili- 
bus,  apice  furcatis,  medio  unidentatis,  denticulisque  4-6  anté  mé- 
dium 1-2  pone  médium  tuberculiformibus,  obtusis,  haud  quadrato 
truncatis  instructis;  antennarum  capitulo  in  utroque  sexu  penta- 
phyllo.  Thorax  nitidulus,  transversus,  subquadratus,  angulo  late- 
rali  rotundato.  Scutellum,  elytra,  pectus,  abdomen,  pedesque  ut 
in  Luc.  Cervo.  —  Hab.  Gallia  meridionali  circà  Telonem  et  Portum 
veneris. 

Prionas  Lefebvrei,  de  Marseul.  —  Nigro  brunneus,  nitidulus, 
capite  sat  grosse  punctatus,  antennis  apice  rufescentibus,  protho- 
race  transverso,  antice  latiore  basi  marginato,  utrinque  subsinualo, 
lateribus  acute  bispinoso,  supra  lœvigato  pace  punctulato;  elytris 

(1)  Elle  a  été  conservée  aussi  par  M.  II.  Fischer,  dans  un  travail 
très-consciencieusement  fait,  ayant  pour  titre  :  Orthoptcra  euro- 
pœa,  p.  245(1855). 


48        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Janvier  1856,) 

convexis,  strigosulis  angulo  suturali  spinoso,  margine  inilexo  fer- 
rugineo.  —  L.  35;  èlytr.  23;  1.  9  mill.  —  Hab.  la  Syrie. 

Prionobius  cedri,  deMarseul.  —  Elongatus,  parum  convexus, 
brunneus  ;  fronte  varioloso  punctato,  inter  oculos  longitrorsum  sul- 
cato:  prothorace  brevi  transverso,  basi  apiceque  marginato,  supra 
grosse  et  inœqualiter  punctato,  in  metlio  spatio  lœvigato,  lateribus 
intlexis  arcualim  dilatatis  spinosis;  scutello  marginato,  basi  punc- 
tato; elytris  rugosis  apice  obtusis,  obsolète  4costalis;  pedibus  com- 
pressis,  inermibus,  tarsis  snbtus  canaliculatis.  —  L.  58;  élytr.  50; 
1.  15.  —  Hab.  la  Syrie. 

Xenodorum  Bonvoidoiri,  de  Marseul.  —  Nigrum,  ilavo-hirtum, 
apice  nigro  brunneis;  capiteprothoracequerugoso  punctatis,  hoc  5, 
tuberculis  lœvibus  (2,  3);  elytris  testaceis,  vitta  média  transversa, 
apiceque  nigris,  undique  at  parte  testacea  minus  dense  punctatis. 
—  L.  14;  élytr.  9;  1.  5  mill.  —  Trouvé  à  Paris,  et  provenant  pro- 
bablement des  bois  exotiques  de  l'exposition  universelle. 

Doreadion  Amorti,  de  Marseul.  —  Niger,  nitidus,  pube  grisea 
vestitus,  supra  parce  punctatus;  fronte  sulcata;  pronoto  utrinque 
obtuse  denlato;  elytris  tenuiter  costatis  oblongo  ovalibus,  apice  sin- 
gulatimrotundatis;  tibiis  apice  bispinosis,  intermediis  extus  obtuse 
dentatis,  fulvo-hirtis.  —  L.  13;  1.  4  1/2.  — Hab.  l'Espagne. 

Triammatus  Saundersii,  Chevrolat.  —  Alatus,  cinereus.  Elytris 
nigro-fïavoque  variegatis,  bnsi  tuberculatis.  Capite  thorace  pecto- 
reque  infrà  in  lateribus  albidis;  antennis  basi  cinereis,  articulis 
tribus  nodosis  apice  elongatis  nigris.  —  L.  32;  1.  11  mill.  —  Hab. 
Bornéo. 


TABLE  DES  MATIERES. 

H.  Aucapitaine.  —  Notice  sur  le  Mouflon  à  manchettes.  5 

J.-R.  Bourguignat.  —  Aménités  malacologiques.  7 

Marcel  de  Serres.  —  Note  sur  le  genre  Dreissena.  21 

GuIrin-Méneville.  —  Note  sur  la  Muscardine.  2f> 

Académie  des  Sciences  de  Paris.  52 

Mélanges  et  nouvelles.  54 


PARIS.  — TïP.  SIMON  RAÇ0\  KT  Ce,  RUE  D'ERFCJRTH,  1. 


DIX-NEUVIÈME    ANNÉE.  —  FÉVRIER    1856. 



I.  TRAVAUX  INÉDITS. 

Esquisse  sur  la  Mammalogie  du  continent  africain  ;  par 
M.  le  docteur  Pucheran.  (Voir  1855,  p.  209,  257,  303, 
449,  498  et  545.) 

Ce  n'est  point,  en  effet,  sur  le  continent  africain  seule- 
ment qu'existent  des  bassins,  des  zones  zoologiques  carac- 
térisés par  la  présence  de  types  spéciaux  :  l'Europe  en 
possède  de  semblables,  aussi  bien  que  le  continent  amé- 
ricain ;  et  de  là,  l'idée,  qui  a  germé  dans  l'esprit  de  certains 
observateurs  qui,  poussant  à  leurs  dernières  limites  ces 
divisions  zoologiques,  ont  cru  pouvoir  admettre  l'exis- 
tence d'autant  de  centres  de  création.  L'admission  de  ces 
divers  centres  a  été  incontestablement  basée  sur  la  pré- 
sence des  espèces,  par  conséquent  sur  la  dernière  synthèse, 
en  laquelle   se  résout  la   méthode  appliquée  aux  êtres 
organisés.  Les  genres,  les  tribus,  les  familles  et,  à  plus 
forte  raison,  les  ordres  offrent  une  limitation  trop  peu 
restreinte  pour  qu'on  ait  pu,  dans  cette  circonstance, 
appuyer  de  telles  idées  sur  leur  distribution  géographique. 
C'est  ainsi,  par  exemple,  que  Desmoulins,  comparant 
l'Hippopotame  du  Sénégal  à  celui  du  cap  de  Bonne - 
Espérance,  se  croit  en  droit  d'émettre  l'opinion  que  le 
Sénégal  et  le  cap  de  Bonne-Espérance  forment  chacun, 
de  leur  côté,    un  centre  particulier  de   création.  Plus 
récemment,  M.  Hombron  a  donné  plus  d'extension  à  cette 
idée,  qui  ne  peut  évidemment  soutenir  l'examen  lorsqu'on 
considère  soit  d'ensemble,  soit  en  détail  les  faits  sur  les- 
quels elle  s'appuie. 

2*  tBRiB.  t.  vin.  Aimée  1856.  4 


50       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

Examinons  d'abord,  en  premier  lieu,  le  point  de 
départ  d'une  semblable  conclusion.  Il  est,  évidemment, 
totalement  insuffisant,  car  il  se  borne  à  un  type  très-réduit, 
susceptible  de  ne  donner  qu'une  faible  idée  des  modi- 
fications organiques.  Nous  avons  vu  plus  haut  combien 
les  notions  que  fournit  une  base  semblable  sont  vrai- 
ment artificielles,  et  l'inconvénient  que  nous  avons  alors 
signalé  se  reproduit  ici;  car  elle  multiplie  les  faunes 
spéciales,  à  mesure  que  les  faits  deviennent  plus  nombreux. 
En  partant  de  cette  base,  nous  pourrions,  avec  autant 
de  chance  de  vérité,  faire,  en  suivant  les  indications 
données  par  M.  Brandt,  un  centre  de  création  de  la 
Sibérie  orientale.  En  nous  appuyant  sur  les  observations 
ornithologiques  de  M.  de  Lafresnaye  sur  les  Antilles, 
nous  pourrions  considérer  chacune  des  îles  de  cet 
archipel  comme  un  centre  de  création,  puisque  chacune 
a  ses  espèces  propres  (1).  Nous  en  pouvons  dire  autant 
des  Philippines,  des  Mariannes,  de  chacune  des  îles  de  la 
Polynésie.  Or  il  nous  semble  impossible  de  donner 
l'expression  du  vrai  en  suivant  une  telle  voie  ;  tout-  prin- 
cipe qui,  au  lieu  de  grouper  les  faits,  entraîne  à  leur 
division,  nous  paraît  ne  pas  être  autre  chose  qu'une 
cause  d'erreur,  lorsqu'il  est  appliqué. 

Aussi  ne  pensons-nous  pas  que  l'on  puisse  considérer 
comme  constituant  de  véritables  centres  de  création  les 
zones  zoologiques  qui,  dans  une  partie  soit  de  l'ancien, 
soit  du  nouveau  continent,  sont  caractérisées  par  une 
faune  spéciale.  Nous  avons  dit,  plus  haut,  combien  la  base 
d'énonciation  d'une  telle  opinion  est  restreinte  ;  serait- 
elle  même  plus  étendue,  elle  n'aurait  pas  une  valeur  de 
vérité  plus  absolue.  Car  il  existe  des  genres  plus  ou  moins 
cosmopolites;  la  même  observation  est  applicable  aux 
familles  et  aux  tribus.  Il  arrive,  dès  lors,  que  non-seule- 

(1)  Les  observations  de  M.  Schlégel  (loc.  cit.,  p.  226)  sur  les  Mam- 
mifères des  possessions  néerlandaises  méritent  aussi  d'être  citées  sous 
ce  point  de  vue. 

à 


TRAVAUX     INÉDITS.  51 

ment  il  existe  des  types  parallèles  entre  deux  faunes  très- 
différentes,  mais  quelquefois  des  types  de  transition.  Que 
ceux-ci  existent  entre  des  localités  qui  ne  sont  pas  géogra- 
phiquement  très- séparées,  il  n'y  a  là  rien  qui  soit  de  nature 
à  étonner  le  moins  du  monde,  car  il  n'est  aucun  zoolo- 
giste qui  ne  sache  que  la  faune  d'un  pays  est  déterminée 
d'une  manière  presque  nécessaire  par  sa  position  géogra- 
phique. Mais,  dans  certaines  circonstances,  restreintes, 
il  faut  l'avouer,  mais  ne  devant  point  cependant  être  re- 
léguées dans  l'oubli,  des  faits  de  nature  semblable  se 
manifestent  entre  des  faunes,  parfaitement  dissemblables 
sous  d'autres  points  de  vue.  Il  en  est  ainsi  parmi  les 
Marsupiaux,  du  genre  Didelphe,  dont  la  distribution 
géographique  sur  le  continent  américain  est  douée 
d'une  si  grande  extension,  et  qui  lie  entre  elles  la  faune  du 
nouveau  monde  et  celle  de  l'Australasie. 

Par  ce  mode  d'observation,  parles  conclusions  qui  s'en 
déduisent,  nous  ne  divisons  plus  les  faits,  nous  les  grou- 
pons, nous  en  formons  un  faisceau  plus  compacte.  En 
agissant  ainsi,  nous  pensons  être  plus  dans  le  vrai,  et 
nous  conformer  mieux  au  but  de  toute  généralisation, 
de  toute  fondation  de  lois  et  de  principes.  En  ne  déviant 
point  de  cette  voie,  il  nous  est  facile  d'établir,  sous  le 
point  de  vue  des  faunes,  que  tout  l'ancien  monde,  dans 
ses  trois  continents  et  dans  les  îles  qui  les  avoisinent ,  ne 
forme  véritablement  qu'un  seul  et  même  centre  dont  les 
divers  types  se  particularisent,  soit  spécifiquement,  soit 
génériquement,  dans  telle  partie  plutôt  que  dans  telle 
autre.  Entre  l'Europe,  l'Asie  et  l'Afrique,  il  y  a,  sous  le 
point  de  vue  de  leurs  animaux,  un  lien  d'union  très- 
intime,  et  qui  ne  permet  pas  de  les  séparer.  Dès  lors, 
dans  ^certaines  circonstances,  il  est  possible,  soit  avec  les 
types  seuls  de  ces  régions,  soit  à  l'aide  de  ceux  de 
l'archipel  Indien,  de  constituer  des  séries  qui  expriment, 
depuis  le  terme  le  plus  élevé  jusques  au  plus  dégradé, 
toutes  les  modifications  d'une  même  forme  animale.  Le 


32       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

fait,  ainsi  que  nous  l'avons  indiqué  plus  haut,  est  surtout 
saillant  pour  les  Singes  catarrhinins .  Il  est  tout  aussi 
facile  à  démontrer  pour  les  races  humaines;  depuis  le 
Pelage,  jusques  au  nègre,  l'ancien  monde  présente  les 
modifications  successives  du  développement  anthropo- 
logique. 

A  la  partie  austro-asiatique  de  l'ancien  monde,  nous 
pensons  que  l'on  doit  rallier,  comme  en  étant  une  dépen- 
dance, les  îles  de  l'archipel  Indien,  et  les  Moluques  d'une 
part,  le  Japon  d'autre  part.  La  première  de  ces  régions 
a,  par  ses  Mammifères,  des  rapports  encore  plus  intimes 
avec  la  presqu'île  de  Malacca,  qu'avec  les  régions  indiennes 
situées  en  deçà  du  Gange.  Quant  au  Japon,  nous  conjec- 
turons que  la  Chine  doit  renfermer,  en  grand  nombre,  les 
espèces  que  l'on  regarde  présentement  comme  lui 
appartenant  en  propre.  Dans  les  îles  d'Amboine,  Banda, 
Timor,  commence ,  par  la  présence  des  Couscous , 
pour  s'étendre  à  travers  la  Nouvelle-Guinée,  commence, 
disons-nous,  la  faune  mammalogique  plus  spécialement 
propre  à  la  Nouvelle-Hollande.  A  la  ïasmanie,  enfin,  se 
trouve  borné  dans  son  habitat  le  Thylacine  cynocéphale, 
de  sorte  que  toute  cette  zone  australasienne  se  trouve 
renfermer,  dans  un  plus  grand  état  d'extension  et  de  dé- 
veloppement, des  formes  mammalogiques,  fort  restreintes 
dans  les  pays  septentrionaux  dont  nous  avons,  plus  haut, 
donné  les  noms. 

La  Nouvelle-Hollande  et  Madagascar  sont  les  deux 
seules  parties  de  l'ancien  continent  particularisant  plus 
nettement  leurs  Mammifères.  Mais,  dans  l'une  comme  dans 
l'autre  de  ces  contrées,  nous  ne  voyons  pas  autre  chose 
qu'un  développement  plus  complet  et  plus  étendu  d'une 
forme  animale,  restreinte  et  arrêtée  dans  son  évolution 
en  d'autres  lieux.  Car,  dans  l'Inde  et  à  Java,  aussi  bien 
qu'en  Afrique,  nous  constatons  la  présence  de  Lémuriens. 
Ce  fait  n'est  pas  plus  insolite  que  celui  du  grand  nombre 
des  Campagnols  et  des  Loirs  en  Europe,  que  celui  du  grand 


TRAVAUX     INÉDITS.  53 

nombre  des  Antilopes  sur  le  continent  africain.  Toutes  les 
fois  que  des  espèces  d'un  genre  assez  riche  sous  ce  point  de 
vue  se  trouvent  plus  spécialement  bornées  à  une  zone  et  à 
une  région,  il  est  parfaitement  concevable  que  les  formes 
et  l'organisation  y  présentent  des  modifications  plus 
nombreuses  et  plus  variées.  Aussi  nous  semble-t-il  juste 
et  vrai  de  considérer  tout  l'ancien  monde  comme  ne 
formant  qu'une  seule  contrée  mammalogique,  qu'un 
centre  unique  de  création.  Dans  tout  ce  centre,  les  dif- 
férences de  formes  deviennent  de  plus  en  plus  saillantes 
à  mesure  que  Ton  s'avance  vers  le  sud,  et  ce  que  BufFon 
a  dit  des  animaux  des  parties  méridionales  de  l'ancien 
continent  comparés  à  ceux  du  nouveau,  nous  pouvons  le 
dire  des  régions  les  plus  australes  du  premier:  les  espèces 
communes  y  sont  inconnues.  • 

Le  fait  inverse  se  manifeste  dans  les  régions  boréales  : 
les  mêmes  types  ont  de  la  tendance  à  y  vivre  et  à  y  pro- 
pager. L'uniformité  spécifique  s'étend  alors  jusques  à  la 
partie  septentrionale  du  nouveau  continent.  Depuis 
Buffon,  renonciation  de  ce  principe  en  constitue  une 
véritable  démonstration.  Mais,  quoique  des  Mammifères 
d'espèce  semblable  ne  soient  pas  répandus  sur  toute 
l'Amérique  du  Nord ,  nous  pouvons  regarder  cette  der- 
nière région  comme  constituant  une  dépendance  de  la 
faune  européenne.  Ainsi,  les  espèces  des  genres  Ursus , 
Mustela,  Putorîus,  Luira,  Canis,  Felis,  Arvicola,  Castor, 
Mus,  Spermophiclus ,  Arctomys,  Sorex,  Cervus,  Ovissy 
trouvent,  en  maintes  circonstances,  dans  la  partie  située 
à  l'est  des  montagnes  rocheuses,  si  semblables  à  celles 
de  notre  Europe,  que  leur  distinction  a  besoin  d'être  ap- 
puyée sur  des  détails  souvent  minutieux.  Sous  ce  point 
de  vue,  dans  le  sens  de  la  longitude,  les  États-Unis  se 
trouvent  donc,  par  rapport  à  l'Europe,  dans  la  même  si- 
tuation que  la  partie  africaine  du  bassin  méditerranéen. 
La  similitude  se  continue  par  la  constatation  de  ce  fait  que, 
de  même  que,  dans  le  nord  de  l'Afrique,  des  espèces  et  des 


54       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

genres  africains  se  trouvent  mêlés  avec  des  espèces  et  des 
genres  européens,  de  même,  dans  le  nord  de  l'Amérique, 
en  même  temps  que  ces  derniers,»  existent  des  genres  et 
des  espèces  exclusivement  américains.  Quant  aux  con- 
trées situées  à  l'ouest  des  montagnes  rocheuses,  nous 
avons  si  souvent,  dans  le  cours  de  ce  travail,  cité  le  mé- 
moire de  M.  Brandt  sur  l'analogie  existant  entre  leurs 
animaux  et  ceux  de  la  partie  de  la  Sibérie  située  à  l'est 
du  Jenissée,  qu'il  nous  semble  inutile  d'insister  à  ce  sujet. 
Ajoutons  seulement  que  certaines  espèces  de  l'extrémité 
la  plus  boréale  ont  plus  de  tendance  à  se  répandre  sur  le 
versant  occidental  des  montagnes  rocheuses  que  sur  leur 
versant  oriental  :  le  voisinage  du  grand  Océan  con- 
tribue, sans  nul  doute,  dans  cette  circonstance,  à  abaisser 
la  température.  On  peut  facilement  constater  l'existence 
d'un  fait  analogue  dans  l'Amérique  méridionale,  pour  le 
versant  situé  à  l'ouest  des  Andes ,  dans  lequel  se  répan- 
dent, plus  aisément  que  dans  le  versant  oriental,  les  es- 
pèces originaires  de  zones  plus  septentrionales. 

Dans  cette  partie  du  nouveau  continent,  les  Mammi- 
fères présentent  des  formes  plus  spécialisées ,  plus  diffé- 
rentes de  celles  de  leurs  congénères  de  l'Amérique  du 
Nord.  Ces  particularités  se  manifestent  déjà  dès  les 
Primates ,  et  dès  les  Primates ,  nous  constatons  déjà 
ces  symptômes  de  dégradation  que  nous  présentent 
les  Didelphes  et  les  Edentés.  Le  continent  australasien 
seul  nous  offre  un  phénomène  semblable,  particulier, 
par  cela  même,  aux  zones  les  plus  australes  des  deux 
mondes.  Mais,  même  dans  les  Singes,  nous  voyons  des 
types  ayant,  sous  le  point  de  vue  de  leurs  formes 
générales,  leurs  analogues  dans  l'ancien  continent. 
C'est  un  point  de  contact,  un  rapport,  impossible  à  né- 
gliger et  à  mettre  dans  l'ombre,  dans  la  thèse  unitaire 
que  nous  soutenons.  Les  mêmes  faits  de  parallélisme 
s'observent  dans  d'autres  ordres,  quelquefois  même  dans 
les  espèces.  D'autres  fois,  les  genres  et  les  espèces  se  trou- 


TRAVAUX     INEDITS.  55 

vent  naturellement  intercalés  avec  des  types  propres  à 
l'ancien  monde,  à  la  mammalogie  duquel  ils  fournissent, 
par  cela  même,  les  termes  exigés  pour  la  classification  en 
série  continue.  L'Amérique  du  Sud  se  lie  donc  à  l'ancien 
monde  et  par  tous  ces  types  et  par  ceux  qui,  exclusive- 
ment américains,  se  trouvent,  dans  l'Amérique  du  Nord, 
mêlés  à  des  types  européens. 

Ce  sont  tous  ces  faits,  considérés  soit  isolément ,  soit 
d'ensemble,  qui  nous  ont  porté  à  émettre  une  opinion 
bien  différente  de]  celles  soutenues  par  les  hommes  de 
notre  époque  les  plus  éminents  en  zoologie.  Bien  loin  de 
multiplier  les  centres  de  création ,  les  faunes  mammalogi- 
ques,  ou  même  de  les  réduire  à  trois,  l'ancien  continent, 
la  partie  méridionale  du  nouveau  et  l'Australasie,  nous 
pensons  qu'il  n'y  a  qu'un  centre  unique  de  formation 
zoologique  d'où  les  espèces  se  sont  répandues  sur  la  sur- 
face du  globe  que  nous  habitons.  Les  familles  et  les 
tribus,  à  genres  cosmopolites  ou  à  peu  près,  nous  sem- 
blent attester  ce  mode  de  propagation.  Ce  qui  nous 
semble  le  prouver  encore,  c'est  que  dans  les  familles  et 
tribus  composées  de  genres  appartenant  à  deux  des  faunes 
que  nous  avons  citées  plus  haut ,  sinon  aux  trois,  tous  ces 
genres  ne  sont  point  isolés  comme  on  aurait  pu  le  croire 
d'après  la  thèse  opposée  à  celle  que  nous  soutenons.  Dans 
l'une  et  l'autre  théorie,  au  reste,  les  mêmes  difficultés 
subsistent  lorsqu'il  s'agit  d'expliquer  l'habitat  sinon  spé- 
cial, au  moins  plus  spécial  de  certains  types  dans  certaines 
régions,  aussi  bien  que  l'influence  de  cet  habitat  sur  les 
dégradations  des  formes  animales.  Mais  l'un  et  l'autre 
problème  dépendent  de  l'élucidation  de  la  grande  question 
relative  à  l'influence  des  agents  physiques  sur  l'organisa- 
tion, et,  ainsi  que  le  savent  tous  les  physiologistes,  c'est 
à  l'avenir  seulement  qu'il  est  réservé  de  dissiper  les  té- 
nèbres si  obscures  qui  sur  ce  sujet  nous  environnent  en- 
core de  toutes  parts. 


56      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

Catalogue  des  perroquets  de  la  collection  du  prince 
Masséna  d'Essling,  duc  de  Rivoli,  et  observations  sur 
quelques  espèces  nouvelles  ou  peu  connues  de  Psrr- 
tacidés;  par  M.  Charles  de  Souancé. 

Nje  voulant,  dans  cet  opuscule,  considérer  cet  ordre  d'Oiseaux 
que  sous  le  point  de  vue  spécifique,  nous  laisserons  de  côté  toute 
idée  de  classification  générale,  nous  bornant  à  suivre  celle  adoptée 
par  S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte  dans  son  Conspectus  psiltacorum 
(Rev.  zool.,  1854).  Nous  chercherons  à  exprimer  clairement  les  obser- 
vations que  nous  avons  pu  faire  en  comparant  les  espèces  entre  elles, 
à  bien  déterminer  les  caractères  distinctifs  des  oiseaux  nouveaux  ou 
peu  connus,  heureux  si  nous  pouvons  contribuer,  par  quelques  nou- 
veaux faits,  aux  progrès  de  l'Ornithologie. 

1.  Anodorhynchus  hyacinthinus  (Lath.).  Brésil. 

2.  Macrocercus  (cyanopsùta)  GLAUcus,Vieill.  Paraguay. 

3.  Macrocercus  (cyanopsitta)  Spixii,  (Wagl.).  Brésil. 

Mal  caractérisées,  les  trois  espèces  d'Aras  à  plumage  en- 
tièrement bleu  ont  été  souvent  confondues.  Cependant  la 
taille,  la  couleur  de  la  robe,  la  grosseur  du  bec  et  surtout 
la  forme  de  la  nudité  faciale,  suffisent  parfaitement  pour 
prévenir  le  retour  de  pareilles  erreurs.  Wagler  le  premier 
a  établi,  d'une  manière  tranchée,  leurs  caractères  distinc- 
tifs, et  les  figures  de  l'ouvrage  de  M.  Bourjot  sont  d'une 
exactitude  qui  ne  laisse  rien  à  désirer. 

Chez  l'Ara  hyacinthe,  la  peau  nue  de  la  face  est  peu 
développée  autour  de  l'œil,  et  forme,  à  la  base  de  la  man- 
dibule inférieure ,  une  bande  également  large  dans  toute 
son  étendue.  Le  plumage  est  d'un  bleu  pur  très-intense, 
le  bec  énorme.  L.  T.  93  cent. 

La  peau  nue  à  la  base  de  la  mandibule  inférieure  couvre, 
chez  l'Ara  glauque,  un  espace  beaucoup  moins  grand  que 
chez  l'Ara  hyacinthe  ;  très-étroite  sous  le  menton,  elle 
s'élargit  subitement  près  de  la  commissure  en  forme  de 
triangle  ;  la  nudité  de  l'orbite  est  aussi  plus  étendue,  sur- 


TRAVAUX   INÉDITS.  57 

tout  en  arrière.  Le  plumage  bleu  glauque  a  des  reflets 
noirâtres  sous  la  gorge.  L.  T.  72  cent. 

On  voit  dans  le  Musée  de  Paris  un  individu  qui  diffère 
de  l'oiseau  décrit  -par  Azara  par  sa  coloration ,  pres- 
que semblable  à  celle  de  l'Ara  hyacinthe  ;  mais ,  par  la 
nudité  faciale,  la  taille  et  la  grosseur  du  bec,  nous  croyons 
devoir  le  rapporter  à  l'Ara  glauque.  C'est  probablement 
un  individu  dans  cet  état  de  plumage  qui  a  servi  de  type 
à  Lear  dans  ses  Illustrations  of  Psittacidœ. 

L'Ara  de  Spix  s'éloigne  beaucoup  des  deux  espèces  pré- 
cédentes par  sa  taille  plus  petite  et  par  la  disposition  de 
la  nudité  de  la  face,  qui  est  beaucoup  plus  étendue,  et  con- 
formée comme  chez  l'Ara  tricolor.  Son  plumage  est  bleu 
glauque,  cendré  sur  les  joues.  L.  T.  65  cent. 

4.  Macrocercus  (ararauna)  ararauna  (Linn.). 

5.  Macrocercus  (aracanga)  aracanga  (Gmel.). 

6.  Macrocercus  [aracanga)  macao  (Linn.). 

7.  Macrocercus  (aracanga)  tricolor  (Bechst.). 

8.  Macrocercus  (aracanga)  ambiguus  (Bechst.).  Le  grand 
Ara  militaire,  le  Vaill. 

Le  petit  Ara  militaire  existe-t-il? 

9.  Macrocercus  (aracanga)  rubrigenys  (Lafr.).  Les  lo- 
rums  et  l'orbite  sont  seuls  dénudés,  les  joues  sont  emplu- 
mées  comme  chez  le  Psittacara  nobilis. 

10.  Rhynchopsitta  pachyrhyncha  (Sw.).  Mexique. 

11.  Sittace  maracana  (Vieill.);  Psittacus  Illigeri, 
Kuhl.  Brésil,  Bolivie. 

12.  Sittace  severa  (Linn.),  Ara  castaneifrons,  Lafr.  Un 
individu  de  la  collection  Masséna  est  remarquable  par 
l'absence  de  la  bande  frontale  brune  :  il  ressemble  à  l'Oi- 
seau figuré  par  le  Vaillant  (Perr.  I,  pi.  9).  Brésil. 

13.  Sittace  Primoli  (Bp.,  Comp.  rend.  Acad.  se, 
Paris,  1853,  II,  807)  ;  Ara  auritorques,  Mass.  et  de  S.  Rev. 
zoo).  1854,  71;  Sittace  chrysotorques,  Cabanis,  Cat.  du 
Musée  de  Berlin,  1854.  Bolivie. 

14.  Sittace  makawuanna  (Gmel.). 


58       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

15.  Psittacara  nobilis  (Linn.).  Brésil.  Mandibule  su- 
périeure blanche,  mandibule  inférieure  noire;  L.  T. 
35  cent.;  aile  20  cent.  L'orbite  et  les  lorums  sont 
presque  nus  ;  on  n'y  voit  que  quelques  poils  noirs  clair- 
semés. 

16.  Psittacara  Hahni,  nobis.  Plumage  entièrement 
d'un  beau  vert-pré  ;  sinciput  bleu  glauque  ;  épaules  et 
une  partie  des  couvertures  inférieures  de  l'aile  rouge 
écarlate  ;  rémiges  et  rectrices  en  dessous  vert  glacé  de  jaune  ; 
bec  et  pieds  noirs  ;  L.  T.  30  cent.;  aile  18  cent.  Colombie. 

Cet  oiseau,  fort  semblable  au  précédent,  n'en  diffère 
que  par  la  couleur  du  bec  et  par  une  taille  un  peu 
plus  petite.  Hahn,  dans  ses  Oiseaux  d'Asie,  d'Afrique  et 
d'Amérique,  en  donne  une  figure  sous  le  nom  de  Psittacus 
nobilis  (13e  livr.,  pi.  2). 

17.  Psittacara  acuticaudata  (Vieill.);  le  Maracana  à 
tête  bleue,  Âzara,  n°  278;  Psittacus  acuticaudatus,  Vieill. 
N.  Dict.  d'h.  n.  xxv,  369;  Blue  crowned  maccaw ,  Lath. 
Gen.  hist.  n,  113;  Conurus  acuticaudatus ,  Desmurs,  Icon. 
Orn.  pi.  31.  Vert;  front  et  dessus  de  la  tête  bleu  glauque; 
rectrices  rouge  de  sang  à  la  base  des  barbes  internes  ; 
les  rémiges  et  les  rectrices  en  dessous  d'un  vert  glacé  de 
jaune  ;  mandibule  supérieure blanche,mandibule  inférieure 
noire.  L.  T.  37  cent.;  aile  20  cent.  Paraguay,  Bolivie.  Par 
la  coloration  de  la  face  et  de  la  mandibule  inférieure,  il 
est  facile  de  distinguer  cet  oiseau  de  son  congénère  du 
Brésil  qui  avait  été  réuni  avec  lui. 

18.  Psittacara  hoemorrhoa  (Spix) ,  Sittace  acuticau- 
data, Wagl.  Abh.  akad.  Munchen,  1832,  662,  732;  Psit- 
tacara cœruleofrontatusy  Bourj.  Perr.  pi.  17;  Psittacus 
acuticaudatus,  Hahn,  Orn.  atl.  pi.  60.  Vert;  front  bleu 
glauque  ;  la  base  des  barbes  internes  des  rectrices  rouge 
sanguin  ;  bec  entièrement  blanc  jaunâtre  ;  ipieds  blanc 
sale.  L.  T.  37  cent.;  aile  19  cent.  Brésil.  Quelques  indi- 
vidus plus  jeunes  ont  le  dessus  de  la  tête  d'un  vert  glau- 
que, tirant  plutôt  sur  le  gris  que  sur  le  bleu. 


TRAVAUX    INÉDITS.  59 

19.  Psittacara  icterotis,  Mass.  et  de  S.  Rev.  zool. 
1854.  Nouvelle-Grenade. 

20.  Psittacara  guy anensis  (Briss.).  Les  plus  petites  des 
couvertures  inférieures  de  l'aile  sont  d'un  rouge  écarlate, 
les  plus  grandes  jaune  d'or  ;  les  rémiges  et  les  rectrices  en 
dessous  jaune  brunâtre.  L.  T.  37  cent.;  aile  18  cent. 
Brésil,  Guyane. 

21.  Psittacara  chloroptera,  nob.  Vert-pré  ;  les  plus 
petites  des  couvertures  inférieures  de  l'aile  rouge  écar- 
late ;  les  plus  grandes  ainsi  que  le  dessous  des  rémiges  et 
des  rectrices  vert-olive  ;  bec  blanc;  L.  T.  34  cent.;  aile 
17  cent.  Saint-Domingue. 

22.  Psittacara  euops  (Wagl.),  Evopsitta  evops,  Bp. 
L.  T.  28  cent.;  aile  14  cent.  Coloration  semblable  à  celle 
du  précédent ,  n'en  différant  que  par  une  taille  beaucoup 
plus  petite.  Habitat  inconnu. 

Répandu  dans  une  grande  partie  de  l'Amérique  tropi- 
cale, le  Psittacara  guyanensis  nous  offre,  suivant  son  ha- 
bitat, des  différences  constantes  de  taille  et  de  coloration. 
Dans  la  collection  Masséna,  nous  venons  d'en  étudier  trois 
variétés  ;  une  quatrième ,  des  Antilles ,  se  trouve  à  Paris 
dans  les  collections  du  Muséum  :  elle  y  a  été  rapportée 
par  Maugé  ,  probablement  de  Porto-Rico ,  où  ce  natura- 
liste a  résidé  pendant  longtemps. 

Psittacara  Maugei,  nob.  Un  peu  plus  grand  que  la 
P.  guyanensis,  s'en  distinguant  par  la  couleur  des  couver- 
tures inférieures  de  l'aile,  grandes  et  petites,  qui  sont 
toutes  d'un  beau  rouge  écarlate. 

23.  Psittacara  Wagleri  (Gr.);  Conurus  erythrochlorus, 
Hartl.  Rev.  zool.  1849,  274.  Le  sinciput  rouge ,  les  cou- 
vertures inférieures  de  l'aile  vertes.  Colombie. 

24.  Psittacara  mitrata  (Tschud.).  Plus  grand,  le  sin? 
ciput  et  la  région  périophthalmique  rouge  écarlate  ;  cou- 
vertures inférieures  de  l'aile  vertes. 

25.  Psittacara  erythrogenys,  Less.  Écho  du  monde 
savant  1844,  486;  Less.  Descr.  de  mamra.  et  d'ois.  1850, 


60        rev.  et  MAG.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

188;  Conurus  rubrilarvatus,  Mass.  et  de  S.  Rev.  zool. 
1854,  71.  La  tête  entière,  les  épaules  et  les  couvertures 
inférieures  de  l'aile  rouge  écarlate.  Guayaquil. 

26.  Cyanolyseos  patagonus  (Vieill.),  Chili. 

27.  Enicognathus  leptorhynchus  (King.)  ;  Arara  ery 
throfrons,  Less.  Rev.  zool.  1842,  135  ;  Stylorhynchus  ery- 
throfrons,  Less.  Écho  du  monde  savant,  1842,  211. 

28.  Nandayus  melanocephalus  (Vieill.). 

29.  Heliopsitta  guarouba  (Ruff.). 

30.  Conurus  jendaya  (Lin.);  Trichoglossus  (Psittacus) 
cruentus,  Less.  Descr.  de  mamm.  et  d'ois.  1850,  186.  Chez 
le  jeune  [Psittacus  auricapillus,  Licht.)  le  front  est  d'un 
rouge  orangé  très-vif;  en  vieillissant,  les  tons  rouges  dis- 
paraissent et  la  tête  devient  d'un  beau  jaune  d'or.  Très- 
voisin  du  Conurus  solstitialis,  il  est  impossible  de  les 
confondre  même  dans  leur  jeunesse,  les  couvertures  infé- 
rieures de  l'aile,  orangées  chez  le  C.  jendaya,  étant  jaune 
jonquille  chez  le  C.  solstitialis.  Rrésil. 

31.  Conurus  solstitialis  (Linn.).  Rrésil. 

32.  Conurus  carolinensis  (Catesby). 

33.  Conurus  pertinax  (Linn.).  Rrésil. 

34.  Conurus  ^eruginosus  (Lin.);  the  brown  throated 
parrakeet,  Edw.  R.  pi.  177;  Psittacus  œruginosus,  Linn.  î, 
142;  Psittaca  martinica,  Rriss.  Orn.  iv,  356;  la  perruche 
à  gorge  brune,  Ruff.  356;  Psittacus  plumbeus,  Gmel.  i, 
326;  la  femelle  de  la  perruche  à  front  jaune,  le  Vaill. 
Perr.  i,  pi.  35;  Conurus  chrysogenys,  Mass.  et  de  S.  Rev. 
zool.  1854,  72.  Nous  croyons  devoir  rapporter  à  l'oiseau 
adulte,  dont  nous  avons  donné  la  description  en  1854,  le 
Psittacus  œruginosus ,  auct.  que  M.  Gray  avait  regardé 
comme  un  des  synonymes  du  Ps.  cactorum.  Un  individu  de 
la  collection  du  prince  d'Essling  se  rapporte  parfaitement 
aux  descriptions  d'Edwards  et  de  Rrisson.  Par  ses  joues 
vertes,  le  Ps.  cactorum  s'éloigne  totalement  de  cette 
espèce. 

35.  Conurus   chrysophrys  ,  Sw.   Vert  gai  ;    front  et 


TRAVAUX     INÉDITS.  M 

sommet  de  la  tête  bleu  glauque  ;  une  ligne  suborbitale 
jaune  d'or  se  dirige  vers  la  région  auriculaire  ;  les  lorums, 
les  joues  et  la  poitrine  brun  terreux  ;  l'abdomen  jaune 
d'ocre  orangé  ;  les  rémiges  ont  les  barbes  externes  vertes 
à  la  base,  l'extrémité  et  les  barbes  internes  noirâtres, 
mais  la  partie  centrale  près  de  la  baguette  est  d'un  bleu 
glauque  ;  les  rectrices  vert  doré  en  dessous  ;  bec  couleur 
de  corne.  L.  T.  27  cent.;  aile  14  cent.  Colombie.  — Cet 
oiseau  a  beaucoup  de  rapports  avec  les  Conurus  œruginosus 
et  cactorurriy  mais  il  diffère  du  premier  par  le  jaune  d'ocre 
orangé  de  son  abdomen,  et  du  second  par  ses  joues  brunes 
et  la  ligne  jaune  suborbitale. 

36.  Conurus  cactorum  (Pr.  Max.),  aratinga  flaviventer, 
Spix,  Av.  Bras,  i,  33,  pi.  18.  Dessus  de  la  tête  vert  glau- 
que ;  tout  le  corps  en  dessus  et  les  joues  vert  gai  ;  les  ré- 
miges et  l'extrémité  des  rectrices  bleues  ;  la  gorge  et  la 
poitrine  brun  terreux;  abdomen  jaune  orangé;  bec  blanc. 
L.  T.  25  cent.;  aile  14  cent.  Brésil. 

37.  Conurus  nanus  (Vig.).  La  figure  de  Lear  est  fort 
exacte.  Latham,  dans  son  Synopsis,  a  mentionné  cet  oiseau 
comme  une  variété  du  Brown  throatedparrakeet.  Jamaïque. 

38.  Conurus  Weddellii  (Deville).  Bolivie. 

39.  Eupsittula  Petzii  (Leiblein),Hahn,Orn.  atl.  pi.  64; 
Âratinya  eburnirostrum,  Less.  Rev.  zool.  1842,210.  Mexi- 
que. 

40.  Eupsittula  aurea  (Liiin.).  Brésil. 

41.  Aratinga  cruentata  (Pr.  Max.).  Brésil. 

42.  Microsittace  smaragdina  (Gmel.).  Patagonie. 

43.  Microsittace  versicolor  (Gmel.).  Guyane.  Espèce 
bien  caractérisée  par  son  front  bleu,  sa  tête  d'un  noir  fu- 
ligineux ,  ses  épaules  écarlate  brillant  et  par  les  plumes 
écaillées  de  la  gorge.  Quelques  individus  qui  sont  in- 
diqués comme  de  la  même  localité  ont  les  plumes  écail- 
lées de  la  gorge  bordées  de  jaune  orangé.  [Psittacus 
squammosusy  Lath.).  Mais  nous  ne  trouvons  pas  ce  chan- 
gement de  coloration  assez  important  pour  faire  une  es- 


62       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

pèce  séparée  des  individus  qui  en  sont  ornés,  quoique 
nous  en  ayons  vu  deux  beaux  exemplaires,  l'un  dans  la 
collection  Masséna,  l'autre  au  Musée  de  Paris. 

44.  Microsittace  Luciani  (Deville).  Pérou.  Dessus  de 
la  tête  et  derrière  du  cou  noir  fuligineux;  un  demi-collier 
nuchal  et  quelques  plumes  du  front  bleu  glauque  ;  joues 
et  tour  des  yeux  rouge  brun  ;  région  auriculaire  gris  rous- 
sâtre  ;  les  plumes  de  la  gorge,  noires  au  centre,  sont  bor- 
dées de  blanchâtre  ;  celles  de  la  poitrine,  vertes,  terminées 
de  jaune  terne  ;  le  bas  du  dos ,  la  queue ,  en  dessus  et  en 
dessous,  ainsi  qu'une  large  tache  abdominale  rouge  brun  ; 
rémiges  bleu  glauque  ;  tout  le  reste  du  plumage  est  d'un 
vert  gai;  bec  et  pieds  noirs.  —  M.  Deville,  un  des  natu- 
ralistes attachés  à  l'expédition  de  M.  de  Castelnau,  que 
l'amour  de  la  science  a  entraîné  dans  un  second  et  fatal 
voyage,  a  donné  dans  la  Revue  zoologique  (1851)  une 
description  incomplète  de  cet  oiseau,  et  sans  M.  Pucheran, 
qui  a  eu  l'obligeance  de  nous  montrer  dans  les  collections 
du  Muséum  le  type  de  l'espèce,  il  nous  eût  été  impossible 
de  le  reconnaître.  Nous  avons  donc  pensé  qu'il  ne  serait 
pas  inutile  d'en  donner  une  nouvelle  description.  Nous 
ferons  observer  que  cette  espèce  est  fort  voisine  de  la  Mi- 
crosittace versicolor,  dont  elle  ne  diffère  que  par  l'absence 
de  rouge  aux  épaules. 

45.  Microsittace  leucotis  (Licht).  Brésil. 

46.  Microsittace  lepida  (111.  Wagl.).  Brésil.  Dessus  de 
la  tête  brun  fuligineux  ;  les  plumes  du  cou  de  la  même  cou 
leur,  mais  bordées  de  grisâtre;  les  joues  et  un  étroit  bandeau 
frontal  vert  glauque  ;  un  demi-collier  nuchal  bleuâtre  ;  le 
dos,  les  ailes  et  le  croupion  vert-pré  ;  l'aile  bâtarde  et  les 
rémiges  d'un  beau  bleu  ;  les  couvertures  inférieures  de 
l'aile  rouge  écarlate  ;  les  plumes  de  l'abdomen  vert  foncé 
et  terminées  de  bleu  glauque  ;  la  queue  rouge  foncé  ; 
L.  T.  24  cent.;  aile  13  cent. 

47.  Microsittace  vitt at a  (Shaw),  Brésil.  Bandeau  frontal 
rouge  pourpre  ;  dessus  de  la  tête  et  couvertures  inférieures 


TRAVAUX     INÉDITS.  63 

de  l'aile  d'un  beau  vert;  queue  en  dessus  vert  jaunâtre, 
en  dessous  rouge  brun.  Dans  les  individus  très-adultes,  la 
queue  est  quelquefois  terminée  en  dessus  de  rouge  brun 

48.  Microsittace  Devillei  (Mass.  et  de  S.).  Bolivie. 
Bien  caractérisée  par  les  couvertures  inférieures  de  l'aile, 
qui  sont  rouge  écarlate. 

49.  Microsittace  Molin^e  (Mass.  et  de  S.),  Conurus 
pyrrhurusf  Reich.?  Quoique  très-semblable  aux  deux  pré- 
cédents, il  s'en  distingue  par  sa  queue  rouge  en  dessus 
aussi  bien  qu'en  dessous.  Chez  les  individus  très-adultes, 
les  couvertures  inférieures  de  la  queue  sont  bleu  glauque. 
Bolivie,  Chili. 

50.  Microsittace  calliptera  (Mass.  et  de  S.J.Colombie. 

51.  Myiopsitta  murina  (Gmel.).  L.  T.  32  cent.;  aile 
15  cent.  République  Argentine. 

52.  Myiopsitta  calita  (Jard.  et  Selby).  Paraguay.  Cette 
race  occidentale  est  fort  semblable  à  la  M.  murina  qui  ne 
se  trouve  peut-être  que  dans  la  partie  Est  de  l'Amérique 
australe ,  mais  elle  est  d'une  taille  un  peu  plus  petite. 
L.  T.  28  cent.;  aile  14  cent.  Malgré  cette  légère  différence 
de  taille ,  nous  ne  nous  sommes  décidé  qu'avec  hésitation 
à  la  classer  comme  espèce  dans  ce  catalogue.  —  Nous 
avons  pu  étudier  au  Musée  de  Paris  une  troisième  race 
originaire  de  la  Banda  orientale.  Elle  est  de  la  taille 
de  la  M.  calita,  mais  elle  nous  présente  quelques  modi- 
fications dans  la  coloration  de  son  plumage.  Ce  peut-être 
la  Myiopsitta  murînoides,  Temm.,  citée  par  le  prince  Ch. 
Bonaparte  dans  son  Conspectus  psittacorum.  Le  front  est 
d'un  blanc  presque  pur;  la  poitrine,  d'un  gris  tendre  uni- 
forme, n'est  pas  rayée  de  plus  clair  comme  chez  les  deux 
autres  races  dont  nous  venons  de  parler  ;  enfin  l'abdomen 
est  d'un  jaune  plus  décidé,  bien  qu'il  y  ait  toujours  une 
légère  teinte  verte. 

53.  Myiopsitta  canicollis  (Wagl.).  Bolivie. 

54.  Myiopsitta  aurifrons  (Less.).  Pérou. 

Ici   vient  se  placer  une  espèce  nouvelle,  Myiopsitta 


64       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

Orbygnesiay  Bp.,  entièrement  verte  comme  la  M.  aurifrons, 
femelle ,  mais  plus  grande.  Bolivie. 

55.  TlRICA  BRASILIENSIS  (BrîSS.). 

56.  ïirica  xanthoptera  (  Spix  ) .  Brésil  et  Bolivie.  Les 
individus  de  la  Bolivie  sont  un  peu  plus  grands  que  ceux 
du  Brésil. 

57.  Tirica  virescens  (Gmel.). 

58.  Psittovius  Tovi  (Gmel.)  ;  Caica  chrysopogon,  Less. 
Rev.  zool.  1842,  210.  Brésil,  Colombie.  Couvertures  supé- 
rieures de  l' aile  brunes,couvertures  inférieures  jaune  citron  ; 
la  tache  du  menton  jaune  orangé.  Quelques  individus  de  la 
Colombie  sont  remarquables  par  la  petitesse  de  leur  bec. 
Est-ce  une  variété  constante  de  localité  ? 

59.  Psittovius  tuipara  (Marcgr.).  Brésil,  Guyane.  Une 
bande  frontale  (chez  les  individus  très -adultes),  dessous 
du  menton  et  un  miroir  sur  l'aile,  jaune  orangé;  cou- 
vertures inférieures  de  l'aile  vertes  ;  chez  les  jeunes,  la 
tache  du  menton  est  brune,  ou  d'un  orangé  sale,  et  la 
bande  du  front  n'est  pas  visible. 

(  La  suite  prochainement .  )  ' 


Neuvième  lettre  sur  l'Ornithologie  de  la  France  méri- 
dionale; par  le  docteur  J.  B.  Jaubert. 

Pyrrhula.  —  Ce  genre,  enrichi  par  Pol.  Roux  de  deux 
oiseaux  (P.  enucleator  et  P.  githaginea)  dont  la  présence 
chez  nous,  quelque  accidentelle  qu'on  puisse  la  croire, 
me  paraît  encore  très-problématique  ,  est  représenté  par 
trois  Bouvreuils ,  de  formes  et  de  mœurs  distinctes,  que 
je  ne  vois  cependant  aucun  avantage  à  séparer  ;  ce  sont  : 
P.  europœa,  P.  erythrina ,  P.  serinus  ;  ce  dernier  surtout 
ne  me  paraît  pas  plus  déplacé  à  côté  de  P.  europœa  que 
ne  l'est  en  réalité  X erythrina,  qui,  sous  une  robe  et  sous  un 
nom  d'emprunt,  passa  longtemps  pour  un  Gros-bec  ;  le  cas 
d'hybridation    rapporté   par  Vieillot   dévoile,  au  reste, 


TRAVAUX     INEDITS.  65 

toutes  les  affinités  du  Cini  et  du  Bouvreuil,  malgré  la  dif- 
férence de  leur  taille. 

P.  vulgaris.  —  Quoique  l'apparition  de  cet  oiseau  ne 
soit  pas  régulière  en  Provence ,  il  en  est  peu  qui  soient 
mieux  connus  de  nos  chasseurs  ;  c'est  sans  doute  à  la  ri- 
chesse de  son  manteau  qu'il  doit  cette  distinction,  ainsi 
que  son  joli  nom  local  de  Bellet.  C'est  en  novembre  qu'il 
arrive  ;  quelques  individus  restent  sédentaires  chez  nous 
tant  que  durent  les  grands  froids,  mais ,  aux  premières 
espérances  de  beaux  jours  ,  ils  ont  déjà  disparu.  Nous  fe- 
rons seulement  remarquer,  en  passant,  que  l'apparition 
de  cet  oiseau  pendant  les  grands  froids  de  l'hiver  ne  coïn- 
cide pas  avec  les  années  des  grandes  émigrations,  ce*  qui 
laisserait  supposer  avec  raison  que  ces  quelques  individus 
descendent  de  quelque  point  élevé  des  environs  ,  d'où  les 
chasse  la  neige.  Le  Bouvreuil,  est  en  effet,  sédentaire  dans 
nos  Alpes,  et  se  reproduit  non  loin  de  Barcelon nette; 
mais  M.  Caire,  à  qui  nous  devons  ces  renseignements, 
s'obstine  à  voir  dans  cet  oiseau  le  P.  coccinea  de  quelques 
auteurs.  Sans  me  prononcer  sur  la  question  de  savoir  s'il 
est  opportun  de  considérer  comme  espèce  ce  qui  pourrait 
tout  au  plus  passer  pour  une  race,  j'avouerai  qu'il  m'a  été 
impossible ,   malgré  tous  mes  efforts ,  de  constater  une 
taille  supérieure  chez  les  sujets  provenant  de  nos  Alpes. 
Tous  les  efforts  de  M.  Gerbe  lui-même  (Rev.  zool.,  1853, 
p.  550),  pour  trouver  un  caractère  spécifique  chez  cette 
prétendue  race,  n'ont  pu  m'ébranler;  car  je  ne  saurais 
accorder  plus  de  confiance  à  une  taille  qui  n'est  pas  con- 
stamment plus  forte  qu'à  l'existence  de  cette  tache  blanche 
sur  le  bord  interne  des  pennes  latérales,  caractère  qui 
distingue  simplement  les  vieux ,  comme  chez  le  Pinson  et 
le  Chardonneret.  Quelle  valeur  accorder  encore  aux  migra- 
tions partielles?  Combien  d'espèces  n'avons-nous  pas  chez 
lesquelles  les  vieux  et  jeunes  voyagent  isolément  ?  Et  cette 
différence  d'âge  n'explique-t-elle  pas,  chez  les  uns  et  chez 
les  autres,  des  allures  différentes? 

2»  sérib.  t.  vm.  Année  1856.  * 


6*6        rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Février  1856.) 

Pyrrhula  erythrina.  — J'ai  été  le  premier  à  établir,  par 
des  faits  nombreux ,  l'identité  de  la  Chlorospiza  incerta  et 
de  la  P.  erythrina.  J'ai  démontré,  en  effet,  que  cette  Chlo- 
rospiza, que  M.  Degland  avait  déjà  ramenée  au  genre 
Bouvreuil,  n'était,  dans  son  plumage  de  mâle  adulte ,  tel 
que  nous  le  connaissons,  qu'un  état  particulier,  obtenu 
en  captivité,  de  la  P.  erythrina;  que,  d'un  autre  côté,  la 
femelle  et  le  jeune  de  cette  espèce  ne  différaient  absolu- 
ment en  rien  des  Chlorospiza  incerta ,  femelles  et  jeunes 
qui  visitent  tous  les  ans  le  midi  de  la  France. 

Lorsqu'en  1853  je  publiai,  dans  la  Revue  zoologique, 
t.  V^  p.  109,  l'ensemble  des  observations  qui  m'avaient 
conduit  à  ce  rapprochement ,  je  faisais  appel  à  l'observa- 
tion future  pour  confirmer  ou  détruire  mon  assertion. 
L'identité  que  j'établissais  dès  cette  époque  n'a  pas  tardé 
à  être  reconnue  d'abord  par  M.  Degland,  ensuite  par 
M.  Ch.  Bonaparte,  et  par  tous  les  ornithologistes  qui  ont 
voulu  y  regarder. 

Ainsi  donc,  voilà  bien  une  espèce  de  moins,  n'en  dé- 
plaise à  quelques-uns  de  mes  amis...  Quant  aux  diverses 
livrées  de  l'oiseau,  nous  savions  parfaitement  que  ce 
n'était  pas  seulement  en  captivité  que  la  teinte  jaune  se 
produisait,  puisque  la  rencontre  d'une  coloration  inter- 
médiaire chez  un  sujet  de  ma  collection ,  tué  dans  les  en- 
virons de  Marseille,  fut  précisément  une  des  raisons  que 
j'apportai  à  l'appui  de  mon  opinion. 


AMÉN  [TES  M  AL  ÀCOLOGIQUES  ; 
par  M.  J.  R.  Bourguignat. 

§XL. 

BlTHINIA    PUTONIANA. 

Testa  minima,  ventricosa,  sat  solida,  laevi,  rubelia;  aufraclibus 
4  coaveus,  sutura  impressa  separatis  ;  penultimo  ventricoso  ;  aper- 


TRAVAUX    INÉDITS.  67 

tura  rotundata,  obliqua  ;  columella  arcuata  ;  peristomate  acuto,  iatus 
albido-incrassato  ;  marginibus  valido  callo  junctis. 

Coquille  petite,  ventrue,  assez  solide,  lisse,  et  d'une 
couleur  rougeàtre.  Quatre  tours  de  spire  convexes,  séparés 
par  une  suture  bien  marquée.  Avant-dernier  tour  très- 
ventru.  Ouverture  oblique,  arrondie,  présentant,  malgré 
tout,  un  petit  angle  à  son  sommet;  columelle  arquée. 
Péristome  aigu,  intérieurement  bordé  d'un  bourrelet 
blanc  ;  bords  marginaux  réunis  par  une  forte  callosité. 

H.,  2  millim.  —D.,  1  1/2  millim. 

Cette  espèce,  que  nous  dédions  au  savant  M.  Puton  de 
Remiremont ,  habite  les  eaux  des  environs  de  Sayda ,  en 
Syrie,  où  elle  a  été  découverte  par  le  docteur  (ïaillardot. 

§XLI. 

Glandina  Vescoi. 

Testa  oblonga,  lœvigata,  solidula,  Iucida,  subdiaphaua,  corneo- 
lutesceoti  ;  anfractibus  6  planiusculis;  supremis  regulariter  crescen- 
tibus;  penultimo  maxime  accrescentibus  ;  ultimo  longitudinis 
2/5œquante;  sutura  corneo-pallidiore,  superficiali-duplicata  ;  aper- 
lura  oblonga;  columella  recta,  intus  calloso-contorta,  ad  basin  attin- 
geute,  peristomate  acuto,  simplice;  marginedextroantrorsumarcuato  ; 
margioibus  callo  junctis. 

Coquille  oblongue,  lisse,  assez  solide,  brillante,  un  peu 
transparente,  et  d'une  couleur  jaune  cornée.  Six  tours  de 
spire  peu  convexes,  dont  les  quatre  premiers  s'accroissent 
régulièrement;  l'avant-dernier  tour  prend  subitement  un 
grand  développement.  Suture  superficielle,  d'une  teinte 
plus  pâle,  et  entourée  inférieurement  d'une  seconde  ligne 
imitant  une  rainure  suturale.  Ouverture  très-oblongue  ; 
columelle  droite  intérieurement  calleuse  et  contournée  ; 
péristome  simple  et  aigu  ;  bord  droit  arqué  en  avant , 
bords  marginaux  réunis  par  une  callosité. 

H.,  9  millim.  —  D.,  4  millim. 

Cette  espèce  habite  l'île  de  Malte,  où  elle  a  été  recueillie 
par  le  docteur  Eugène  Vesco,  auquel  nous  la  dédions. 


68        rkv.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

§  XLII. 
Des  Acéphales  fluviatiles  de  l'empire  ottoman. 

Sous  ce  titre,  nous  allons  réunir  tous  les  documents  que 
nous  connaissons  sur  les  Bivalves  qui  habitent  le  vaste 
empire  ottoman.  Nous  indiquerons  les  localités  précises 
où  chacune  d'elles  a  été  recueillie  jusqu'à  ce  jour,  en  ren- 
voyant ,  pour  les  espèces  déjà  publiées ,  aux  descriptions 
des  auteurs. 

Les  Bivalves  fluviatiles  de  l'empire  turc  appartiennent 
aux  six  genres  :  Pisidium,  Sphœrium,  Cyrena,  Anodonta, 
Unio  et  Dreissena. 

PISIDIUM. 

PlSIDIUM    CASERTANUM. 

Cardium  Casertanum,  Poli,  Test.  ut.  Siciliae,  etc.,  t.  I, 

p.  65,  tab.  xvi,  fig.  1.  1791. 
Pisidium  Casertanum,  Bour guignât,  Cat.  rais.  Moll.  d'Or., 
p.  80.  1853. 
Nous  connaissons  cette  espèce  de  l'île  de  Crète  (Raulin); 
de  Barrada,  M erdj-el-Akhdar,  près  de  Damas  (Gaillardot)  ; 
enfin  de  Roussou-Kesséré,  entre  Eidos  et  Andrinople  (Ray- 
mond). 

SPHŒRIUM. 

SpHjERIUM    lacustre. 

ïellina  lacustris,  Muller,  Verm.  Hist.,  II,  p.  204,  n°  388. 

1774. 
Sphœrium  lacustre,  Bourguignat,  Amén.  malac,  in  :  Rev. 
et  mag.  de  zool.,  ...  p.  345.  1853. 
M.  le  docteur  Raymond  a  rencontré  en  Bulgarie,  à 
Roussou-Kesséré,  entre  Eidos  et  Andrinople,  des  échan- 
tillons parfaitement  typiques  de  cette  espèce. 

Il  existe  à  Karabounar-Keui ,  entre  Eidos  et  Andrino- 
ple, une  Sphérie  de  la  taille  de  la  Rivicola,  ornée  de  cou- 


TRAVAUX    INÉDITS.  69 

leurs  plus  brillantes  et  à  test  plus  épais.  Cette  espèce, 
sans  doute  nouvelle,  a  été,  malheureusement,  égarée  par 
le  Dr  Raymond  pendant  son  retour  en  France  ;  aussi  n'in- 
diquons-nous cette  coquille  qu'à  titre  de  simple  renseigner 
ment. 

CYRENA. 

Cyrena  fluminalis. 

Tellina  fluminalis,  Mûller,  Verm.  Hist.,  II,  p.  205,  n°  390. 

1774. 
Tellina  fluviatilis,  Millier,  Verm.  Hist.,  II,  p.  205,  n°  392. 

1774. 
Cyrena  fluminalis,  Bourguignat,  Cat.  rais.  Moll.,  p.  79. 
1853. 
Habite,  en  Syrie,  le  lac  de  Tibériade,  le  Jourdain,  les 
environs  de  Tyr,  de  Jaffa  (de  Saulcy)  ;  les  eaux  de  l'ancien 
Léonthes,  dans  la  vallée  de  Bka,  entre  le  Liban  et  l'Anti- 
liban  (Mousson). 

Cyrena  crassula. 

Cyrena  crassula,  Mousson,  Coq.  terr.  fluv.  rapp.  Or.,  etc., 
p.  54,  fig.  12.  1854. 
Habite  les  environs  de  Jaffa  (Mousson,  Roth). 

ANODONTA. 
Anodonta  cygnea. 

Mytilus  cygneus,  Linnœus,  Syst.  nat.  (12e  éd.),  p.  1158, 

n°  257.  1767. 
Anodonta  cygnea,  Drapamaud,  Hist.  Moll.,  p.  134,  n°  2, 

tab.  xi,  fig.  6;  et  tab.  xn,  fig.  1. 

1805. 
Fossile  aux  environs  de  Jassy  (Drouët) . 

Anodonta  cellensis. 

Anodonta  cellensis,  C.  Pfeiffer,  Naturg.  Deutsch.  Land- 
und  sussw.  Moll.  (fasc.  1"),  p.  110, 


70       rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Février  1856.) 

tab.  vi ,  fig.  1 ,  1821  ;  et  (fasc.  2e) 
tab.  vi,  fig.  1-6.  1825. 
Se  rencontre  dans  les  cours  d'eau  de  la  Croatie  turque 
et  du  Monténégro  (Drouët). 

Anodonta  oblonga. 

Anodonta  oblonga,  Millet,  Desc,  in  :  Mém.  Soc.  agric. 
d'Angers,  tom.  I,  p.  242,  tab.  xii, 
fig.  1.  1833. 
Var.    An.    spreta ,    Ziégler,    in    Sched.    (  Mon.    H., 
Drouët). 

Cette  variété  a  été  recueillie,  par  le  Dr  Raymond,  à  Ka- 
rabounar-Keui,  en  Bulgarie,  entre  Eidos  et  Andrinople. 

Anodonta  anatina. 

Mytilus  anatinus,  Linnœus,  Syst.  nat.  (12e  éd.),  p.  1158. 

1767. 
Anodonta  anatina,  Lamarck,  An.  S.  V.,  t.  VI,  lr*  partie, 
p.  85,  n°  2.  1819. 
Dans  le  lac,  près  de  Varna  (Raymond). 

Anodonta  piscinalis. 

Anodonta  piscinalis,  Nilson ,  Moll.  Suec,  p.  116,  n*  3. 
1822. 
Cette  espèce,  qui  est  très-répandue  dans  l'empire  turc , 
offre  de  nombreuses  variétés  ;  ainsi  : 
1°  Varietas  A.  —  Pallida  et  glabra. 
Habite  le  Monténégro  (Mon.,  Drouët). 

2°  Varietas  B.  —  Minor  et  sulcata. 
Habite  le  Monténégro  (Drouët),  dans  le  lac  à  Varna 
(Raymond). 

3°  Varietas  C.  —  Major,  subrotundata. 
Habite  la  Croatie  turque  (Drouët). 

4°  Varietas  D.  —  Forma  mbnormalis. 
Habite  le  Monténégro  (Drouët)  et  Karabounar-Keui,  en 
Bulgarie,  entre  Eidos  et  Andrinople  (Raymond). 


TRAVAUX    INÉDITS.  71 

Anodonta  fiscata. 

Anodonta  fuscata,  Ziégler,  in  Sched.  et  Mus.  Vindob. 
(Mon.  H.,  Drouët). 
Habite  le  Monténégro  (Drouët). 

Anodonta  rostrata. 

Anodonta  rostrata,  Kokeil,  in  Rossmassler,  Iconogr.,  IV, 
p.  25,  tab.  xx ,  f.  284 ,  1836  ;  et  XI, 
p.  12,  tab.  liv,  f'.  737.  1842. 
Habite  le  Monténégro  (Drouët),  Karabounar-Keui,  en 
Bulgarie  (Raymond).      , 

UNIO. 

f.  Margaritana. 

Unio  Opperti. 

Testa  valde  inaequilaterali ,  supra  arcuata,  infra  fere  recta ,  anùce 
rotundata,  postice  maxime  dilatata  ac  subattenuato-oblonga  ;  com- 
planata,  crassissima,  opaca,  solida,  concentrice  striatula,  fuscocor- 
nea;  umbonibus  subprominulis,  anteriori  parte  dejectis,  decortica- 
tis;  natibus  acutis;  dentibus  :  cardinali  crasso,  trigonali,  alto  ; 
Jaterali  nullo. 

Coquille  très-inéquilatérale  ;  bord  cardinal  arqué  ;  bord 
palléal  presque  rectiligne  ;  partie  antérieure  arrondie  ; 
partie  postérieure  dilatée ,  oblongue  ;  valve  épaisse ,  opa- 
que, solide,  sillonnée  de  stries  concentriques  irrégulières 
dues  à  l'accroissement,  et  recouverte  d'un  épidémie  épais 
d'une  couleur  fauve  cornée.  Sommets  peu  saillants,  rejetés 
à  la  partie  antérieure;  nates  aiguës.  Charnière  excessive- 
ment forte,  très-épaisse,  offrant  simplement  une  dent  car- 
dinale très-élevée,  épaisse  et  de  forme  trigonale. 

Intérieur  de  la  valve  irisé  d'une  nacre  d'une  teinte 
orangée,  présentant,  à  la  lumière,  les  couleurs  les  plus 
jolies  et  les  plus  variées.  Ligament  épais  et  saillant. 

L.,  120  miltim.  —  H.,  80  millim.  m  Ép.,  40  millim. 

Cette  magnifique  espèce  a  été  recueillie,  par  M.  Jules 


72       rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Février  1856.) 

Oppert ,  sur  les  rives  de  l'Euphrate,  où  elle  se  trouve  en 
excessive  abondance  après  les  inondations. 

Malheureusement,  M.  J.  Oppert  n'ayant  rapporté  qu'une 
seule  valve  (la  gauche)  de  cette  intéressante  mulette,  nous 
avons  été  forcé  de  représenter,  dans  nos  planches,  l'inté- 
rieur de  la  valve  gauche  à  la  place  de  celui  de  la  valve 
droite. 

Unio  Euphraticus. 

Unio  Euphraticus,  Bourguignat ,  Test,  nov.,  p.  28,  1852; 
et  Cat.  rais.  Moll.,  p.  75,  pi.  îv,  f.  1- 
3.  1853. 
Habite  les  cours  d'eau  des  environs  de  Bagdad  (Olivier). 

Unio  Saulcyi. 

Unio  Saulcyi,  Bourguignat,  Test,  nov.,  p.  27,  1852;  et 
Cat.  rais.  Moll.,  p.  74,  pi.  ni,  f.  1-3. 
1853. 
Habite  les  ruisseaux  des  environs  de  Jaffa,  en  Syrie  (de 
Saulcy). 

Unio  Tripolitanus. 

Unio  Tripolitanus,  Bourguignat ,  Test,  nov.,  p.  28.  1852; 
et  Cat.  rais.  Moll.,  p.  75,  pi.  iv, 
f.  10-12.  1853. 
Habite  les  environs  de  Tripoli,  en  Syrie  (Olivier). 

Unio  Michonii. 

Unio  Michonii,  Bourguignat,  Test,  nov.,  p.  27,  1852  ;  et 
Cat.  rais.  Moll...,  p.  74,  pi.  m,  f.  10- 
12.  1853. 
Habite  les  ruisseaux  des  environs  de  Jaffa,  en  Syrie  (de 

Saulcy). 

Tt.  Mysca. 

Unio    Hueti. 

Unio  Hueti,  Bourguignat,  Amén.  nialac,  in  :  Rev.  et 
Mag.  zool.,  p.  332,  pi.  vm,  f.  1-4.  1855. 


TRAVAUX    INÉDITS.  73 

Habite  le  haut  Euphrate,  dans  le  pachalik  d'Erzeroum, 
en  Arménie  (Huet  du  Pavillon). 

Unio  Tigridis. 

Unio  Tigris,  Férussac,  MSS. 

Unio  Tigridis,  B our guignât ,  Test,  nov.,  p.  30,  1852;  et 
Cat.  rais.  Moll.,  p.  77,  pi.  iv,  f.  7-9. 
1853. 
Habite  les  cours  d'eau  des  environs  de  Bagdad  (Olivier) . 

Unio  Bagdadensis. 

Unio  Bagdensis,  Férussac,  MSS. 

Unio  Bagdadensis,  Bourguignat,  Test,  nov.,  p.  30,  1852; 

et  Cat.  rais.  Moll.,  p.  78,  pi.  iv,  f.  4- 

6.  1853. 
Habite  les  environs  de  Bagdad  (Olivier). 

Unio  Delesserti. 

Unio  Delesserti,  Bourguignat ,  Test,  nov.,  p.  29,  1852;  et 
Cat.  rais.  Moll.,  p.  77,  pi.  ni ,  f.  7-9, 
1853. 
Habite  les  environs  de  Jaffa,  en  Syrie  (de  Saulcy). 
M.  Both  (Spicileg.  Moll.  orient.,  in  :  Malak.  Blatter, 
p.  57, 1855)  indique  également  cette  espèce  de  la  rivière 
Awadsch,  près  de  cette  même  ville. 

Unio  rata  vus. 

Unio  batavus,  Nilsson,  Moll.  Suec...,  p.  112,  n°  8.  1822. 
Habite  dans  le  lac  près  de  Varna  (Raymond). 

Unio  Bruguierianus. 

Unio  orientalis,  Férussac,  MSS;  et  Bourguignat,  Test. 

nov.,  p.  29.  1852.   ' 
Unio  Bruguierianus,  Bourguignat,  Cat.  rais.  Moll.,  p.  78, 
pi.  h,  f.  54-58.1853. 
Habite  le  Simoïs  (Olivier),  les  cours  d'eau  des  environs 
de  Smyrne  (de  Saulcy),  enfin  Brousse  (Parreyss);  seule- 


74        rev.  et  mac  DE  zoologie.  (Février  1856.) 

ment  les  échantillons  de  cette  dernière  localité  constituent 
une  variété  à  forme  un  peu  plus  rétrécie  dans  le  sens  de 
la  hauteur. 

Unio  Vescoi. 

Testa  inaequilaterali,  ovato-elongata,  supra  subarcuata,  infra  recta, 
antice  posticeque  rotundata,  parum  ventricosa,  concentrice  striatula  ; 
epidermide  fusco-luteolo ,  postice  vk  viridi  radiatulo;  umborjibus 
prominulis,  recurvis,  margine  anteriori  approximatis  ;  àc3  oblique 
striis  rugoso-bivirgatis,  posticeque  in  angulo  acuto  junctis,  ornatis  ; 
dentibus  :  cardinali  compresso,  truncato,  productoque  ;  laterali  alto 
ac  elongato. 

Coquille  inéquilatérale,  ovale-allongée;  bord  cardinal 
arqué;  bord  palléal  rectiligne;  parties  antérieure  et  pos- 
térieure arrondies  ;  épiderme  d'un  brun  jaunâtre,  radié 
postérieurement  de  zones  verdâtres. 

Sommets  aigus,  recourbés,  fortement  sillonnés  de  la 
manière  la  plus  gracieuse  par  une  dizaine  de  stries  tuber- 
culeuses obliques,  dont  cinq  seulement  se  réunissent  à 
angle  aigu  avec  d'autres  stries  postérieures  plus  petites  et 
plus  délicates. 

Charnière  composée  d'une  dent  cardinale  comprimée  , 
forte,  tronquée  au  sommet,  et  d'une  dent  latérale  très- 
saillante  et  très-allongée. 

L.,  46  millim.  —  H.,  26  millim.  —  Ép.,  17  millim. 

Cette  curieuse  espèce,  que  nous  sommes  heureux  de 
dédier  à  M.  Eugène  Vesco,  chirurgien-major  de  la  marine 
impériale,  a  été  recueillie  par  ce  naturaliste  dans  le  Si- 
mois. 

Nous  venons  de  recevoir  de  notre  savant  ami  Henri 
Drouët,  de  Troyes ,  plusieurs  échantillons  de  cette  même 
Mulette,  sous  l'appellation  d'Unio  Turcicus  (Parreyss,  in 
Litt),  de  la  provenance  de  Brousse,  en  Anatolie.  Mais, 
comme  cette  dénomination  est  simplement  manuscrite, 
elle  ne  peut  avoir  aucune  valeur  scientifique.  Aussi  nous 
n'indiquons  ce  nouveau  nom  qu'à  titre  de  renseigne- 
ment. 


TRAVAUX    INÉDITS.  7. H 

L'Unio  Vescot  offre  de  nombreuses  ressemblances  avec 
notre  Unio  Bruguierianus ,  également  recueilli  dans  le 
Simoïs.  Mais  cette  dernière  espèce  se  distinguera  tou- 
jours de  la  Mulette  de  Vesco,  à  ses  sommets  entièrement 
lisses,  qui  ne  présentent  jamais  ces  sillons  si  gracieux  et 
si  symétriques  qui  caractérisent  cette  nouvelle  coquille. 

Unio  Schwerzenbachh,  Parreyss,  in  Litt. 

Testa  inaequilaterali,  ovata,  supra  subarcuata,  infra  recta,  antice 
posticeque  rotundata,  parum  ventricosa,  concentrice  striatula ,  epi- 
dermide  corneo-luteolo;  umbonibus  prominulis,  recurvis,  margine 
anteriori  approximatis;  ac,  oblique  striis  rugosis  ornatis;  dcntibus  : 
rardinali  compresso,  rotundato,  productoque  ;  laterali  alto  ac  elon- 
gato. 

Coquille  inéquilatérale,  ovale;  bord  cardinal  un  peu 
arqué  ;  bord  palléal  rectiligne  ;  parties  antérieure  et  pos- 
térieure arrondies;  épiderme  d'un  jaune  corné  ;  stries  con- 
centriques délicates.  Sommets  aigus,  recourbés,  fortement 
sillonnés  de  stries  tuberculeuses  qui  partent  de  la  partie 
antérieure  des  crochets  et  viennent  se  terminer  brusque- 
ment sur  l'arête  dorsale  postérieure  des  sommets.  Dent 
cardinale  comprimée,  saillante,  à  sommet  arrondi;  dent 
latérale  forte  et  très-allongée. 

L.,  35  à  40  millim.  — H.,  20  millim.  — Ép.,  13  millim. 

Cette  coquille  habite  les  cours  d'eau  des  environs  de 
Brousse,  en  Anatolie. 

Cette  Mulette ,  qui  offre  de  grands  rapports  avec  notre 
Unio  Vescoi,  se  distinguera  facilement  de  cette  dernière  à 
ses  sommets  qui  ne  possèdent  point  ces  deux  systèmes  de 
stries  tuberculeuses  se  réunissant  à  angle  aigu ,  mais  sim- 
plement des  stries  antérieures  qui  viennent  brusquement  se 
terminer  sur  l'arête  postérieure  dorsale. 

Unio  Moquinianus. 

Unio   Moquinianus,   Dupuy ,  Essai   moll.    Gers,   p.    80, 
f.  1-3.  1843. 


76       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

Cette  espèce,  que  MM.  Villa  et  Parreyss  ont  répandue 
dans  les  collections  sous  le  nom  de  Destructilis,  se  ren- 
contre dans  les  ruisseaux  du  Monténégro. 

Unio  decipiens. 

Unio  decipiens,  Ziégler,  in  Mus.  Vindob.  et  Parreyss  in 
Litt.  (Mon.  H.  Drouèt). 
Habite  le  fleuve  Czermovitza,  dans  le  Monténégro. 

Unio  decurvatus. 

Unio  decurvatus,  Rossmassler,  lconogr.  II,  p.  22,  f.  131, 
1835  ;  et  V  et  VI,  p.  21,  f.  339.  1837. 
Habite  le  Monténégro  (Drouët). 

Unio  Prusii. 

Testa  elongata,  supra  subrecta,  infra  subsinuata,  antice  rotundata, 
postice  subattenuato-rotundata  j  concentrice  striata;  postice  plicato- 
subundulata;  umbonibus  recurvis,  obtusis,  admarginem  anteriorem 
maxime  approximatis  ;  dentibus  :  cardinali  crasso,  alto,  truncato;  la- 
terali  elongato. 

Coquille  allongée  ;  bord  cardinal  presque  droit  ;  bord 
palléal  un  peu  sinueux;  antérieurement  arrondie,  posté- 
rieurement subattenuée;  test  sillonné  de  stries  concentri- 
ques et  orné  à  sa  partie  postérieure  de  larges  plis  peu 
sensibles  qui  lui  donnent  une  apparence  un  peu  ondulée. 
Sommets  recourbés,  obtus,  peu  saillants,  rejetés  à  sa 
partie  antérieure.  Charnière  composée  d'une  dent  cardi- 
nale très-épaisse,  très-forte,  presque  carrée,  et  d'une  la- 
melle latérale  allongée  et  de  faible  taille. 

L.,  65  millim.  —  H.,  32  millim.  —  Ép.,  22  millim. 

Cette  espèce,  que  nous  dédions  à  M.  Prus,  vice-consul 
français  à  Rhodes,  a  été  recueillie  à  l'état  fossile  dans  les 
terrains  modernes  de  cette  île. 

Unio  pictorum. 

Mya  pictorum,  Linnœus,  Syst.  nat.,  p.  671,  nô  19,  1760. 


TRAVAUX    INÉDITS.  77 

Unio  pictorum  (pars),  Draparnaud,  Tabl.  moll.,  p.  106. 
1801. 

Habite  dans  le  lac  de  Varna,  à  Serai -Karakeui  entre 
Eidos  et  Audrinople,  enfin  à  Tchourlou  (L.  Raymond). 

La  variété  de  cette  Mulette,  connue  sous  le  nom  d'Unio 
elongatulus  de  Mûhlferldt  (C.  Pfeiffer,  naturg.  2e  fasc, 
p.  35,  taf.  VIII,  f.  5-6.  1825),  a  été  recueillie  à  Andri- 
nople  dans  la  Maritza,  ainsi  que  dans  le  Baba-es-Kissi,  en 
Roumélie,  par  notre  ami  le  docteur  L.  Raymond.  Cette 
variété  se  trouve  parfaitement  typique  dans  ces  deux  lo- 
calités. 

Unio  terminams. 

Unio  terminalis,  Bourguignat,  Test,  nov.,  p.  31,  1852; 
et  Cat.  rais,   moll.,   p.  76,   pi.   III, 
f.  4-6.  1853. 
Habite  le  lac  de  Tibériade  (De  Saulcy). 

Unio  littoralis. 

Unio  littoralis,  Draparnaud,  Tabl.  moll.,  p.  107,  1801; 
et  Hist.  moll.  de  France,  p.  133,  tab.X, 
f.  20.  1805. 

Habite  la  Toudja,  près  d'Andrinople  (L.  Raymond). 

M.  Prus  a  encore  recueilli,  dans  l'île  de  Rhodes,  à 
l'état  fossile,  de  nombreux  échantillons  d'une  variété  de 
cette  Mulette,  que  M.  Jules  Bonhomme,  en  1840,  a  élevée 
à  tort  au  rang  d'espèce,  sous  le  nom  d'Unio  Barraudii 
(Not.  sur  les  moll.  biv.  de  Rodez,  in  Mém.  soc.  se.  de 
l'Aveyron,  tom.  II,  p.  430.  1840). 

DREISSENA. 
Dreissetya  fluviatilis. 

Mytilus  (polymorphus)  fluviatilis,  Pallas,  Voy.  en  Rus- 
sie, etc..  Append  , 


78       rev.  kt  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

p.  211,  1771;  et 
P  allas  [  même  ou- 
vrage, traduction  en 
français,  édit.  in-4), 
tom.I,p.740,  n°91, 
1788;  et  (même  ou- 
vrage, édit.  in-8) , 
vol.  VIII,  p.  210, 
n°  523.  1794. 
Dreissena  polymorpha,  Van  Beneden,  Mém.  sur  le  Dreis- 

sena.  In  Bul.  acad.  de  Bruxelles, 
tom.  I,  p.  105.  1834. 
Espèce  très-répandue  dans  le  Danube,  et  dans  le  lac 
d'Aumales,  près  de  Varna. 

Si  l'on  examine  maintenant  au  point  de  vue  de  leur 
répartition  géographique,  les  mollusques  que  nous  venons 
de  citer,  Ton  verra  : 

1°  Que  le  vaste  empire  ottoman  possède  deux  faunes 
spéciales  de  bivalves  :  la  faune  asiatique  et  la  faune  eu- 
ropéenne ; 

2°  Que  sur  les  32  coquilles  de  ce  catalogue ,  deux  seu- 
lement font  exception  à  cette  division ,  puisqu'elles  se  re- 
trouvent également  dans  la  Turquie  d'Europe  et  dans  la 
Turquie  d'Asie  ; 

3°  Que  si  les  genres  Anodonta,  Sphœrium,  Dreissena 
semblent  spéciaux  à  notre  continent,  le  genre  Cyrena  pa 
raît  l'être  à  la  Turquie  d'Asie  ; 

4°  Enfin,  que  le  genre  Unio  possède,  dans  la  faune 
asiatique,  sur  ses  quinze  représentants,  cinq  espèces  du 
groupe  des  Margaritanes.  Fait  important  à  constater. 

En  résumé,  si,  d'après  ce  que  nous  venons  d'énoncer, 
nous  distribuons  les  bivalves  turques  en  deux  séries  géo- 
graphiques, nous  obtenons  le  tableau  suivant  ; 


TRAVAUX    INÉDITS. 


79 


TURQUIE    D  KUROPK. 

Pisidiura  Casertanum. 
Sphaerium  lacustre. 
Anodonta  cygnea. 

—  cellensis. 

—  oblonga. 

—  anatioa. 

—  piscinalis. 

—  fuscata. 

—  rostrata. 
Unio  batavus. 

—  Mosquinianus. 

—  decipiens. 

—  decurvatus. 

—  pictorum. 

—  littoralis. 
Dreissena  fluviatilis. 


I  URQl'lh    D  ASIK. 

Pisidium  Casertanum. 
Cyreua  fluminalis. 

—     crassula. 
Unio  Opperti. 

—  Euphraticus. 

—  Saulcyi. 

—  Tripolitanus. 

—  Michonii. 

—  Hueti. 

—  Tigridis. 

—  Bagdadensis. 

—  Delesserti. 

—  Bruguierianus. 

—  Vescoi. 

—  Schwerzenbachii. 

—  Prusii. 

—  terminalis. 

—  littoralis. 


§  XLIII. 

Note  relative  à  l'histoire  du  Dreissena  fluviatilis. 

C'est  en  1769  que  P.  S.  Pallas,  à  peine  âgé  de  28  ans, 
découvrit,  dans  le  Volga  et  la  mer  Caspienne,  une  quantité 
considérable  de  petites  coquilles ,  qu'il  rangea  plus  tard 
dans  le  genre  MytUus.  Bien  qu'encore  peu  versé  dans 
l'étude  des  sciences  naturelles,  le  fait  d'un  mollusque  ha- 
bitant indifféremment  les  eaux  douces  ou  les  eaux  salées 
lui  parut  un  point  si  important,  que  malgré  les  ressem- 
blances qu'il  crut  reconnaître  entre  ces  petites  moules  de 
provenances  si  distinctes  ,  il  n'hésita  pas  à  les  séparer  en 
deux  variétés.  A  chacune  de  ces  variétés  il  attribua  un 
nom  différent  et  une  diagnose  spéciale*,  et  classa  le 
tout,  comme  cela  se  pratiquait  assez  communément  à  cette 
époque,  sous  l'appellation  triviale  de  Polymorphus. 

Voici,  du  reste,  les  descriptions  de  Pallas  : 

«  Mytilus  polymorphus,  marinus,  ad  summum  mole  nuclei  pruni, 
marino  eduli  oblongior;  valvulae  praesertim  versus  nates  magis  cari- 
ait;*, latere  incunibente  planiusculw  atque  eicolores,  superiore  vero 


80       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

parte  circulis  gryseo-fuscis,  undulisve  variae  ;  nates  acutissimœ,  sub- 
deflexae.  —  Fluviatilis,  saepe  quadruplo  major,  subfuscus,  latior; 
valvulis  exacte  semiovatis,  argute  carinatis,  latere  incumbente  plano- 
excavatis  :  natibus  acutis,  deorsum  inflexis,  cavum  commune  testa; 
versus  nates  obsolète  quinqueloculare,  dissepimentis  brevissimis.  » 

Il  résulte  de  cette  diagnose  : 

1°  Que  Pallas  a  voulu  distinguer,  d'une  manière  nette  et 
précise,  l'espèce  de  la  mer  Caspienne  de  celle  du  Volga, 
puisqu'à  la  première  il  lui  attribue  le  nom  de  marinus,  et 
à  la  seconde  celle  de  fluviatilis; 

2°  Que  le  vocable  polymorphus ,  qui  suit  le  nom  géné- 
rique Mytilus,  est  un  mot  trivial ,  qui  n'a  de  valeur 
qu'autant  que  les  deux  espèces  marinus  et  fluviatilis  se 
trouvent  réunies  ; 

3°  Que  si  l'on  sépare  le  marinus  du  fluviatilis  [comme 
cela  doit  être  (1)] ,  le  vocable  polymorphus  ne  peut  s'ap- 
pliquer ni  à  l'espèce  de  la  mer  Caspienne  ni  à  celle  du 
Volga  ;  bref,  que  ce  mot  doit  être  retranché  pour  toujours 
de  la  nomenclature  scientifique  ; 

4°  Que  si ,  au  pis  aller,  l'on  ne  veut  point  éliminer  le 
vocable  polymorphus  ,  cette  appellation  ne  peut  être  ap- 
pliquée au  fluviatilis ,  mais  bien  au  marinus ,  comme  es- 
pèce ayant  antériorité  de  description  sur  celle  de  fluvia- 
tilis, comme  l'on  peut  s'en  convaincre  par  la  citation  que 
nous  venons  d'emprunter  à  Pallas. 


Nouvelle  espèce  du  genre  Lucanus  par  M.  L.  Reiche. 

L'étude  des  insectes  du  groupe  des  Lucanides,  Coléop- 
tères de  la  famille  des  Pectinicornes,  est  hérissée  de  telles 
difficultés  par  les  modifications  extraordinaires  de  leurs 
organes,  que  l'observation  d'un  grand  nombre  d'indi- 
vidus de  chaque  espèce  peut  seule  apporter  quelque  lu- 
mière   sur  les  véritables  caractères    spécifiques.   Cette 

(1)  L'espèce  de  la  mer  Caspienne  décrite  par  Pallas  est  un  véri- 
table Mytile,  très-voisin  du  Mytilus  minimus  de  Poli.  (Test.  ut.  Sici- 
liœ,  t.  I,  p.  73.  1791.) 


TRAVAUX    INÉDITS.  81 

condition  indispensable  est  à  peu  près  obtenue,  à  Paris, 
par  les  richesses  en  espèces  et  en  individus  que  renfer- 
ment les  collections  diverses,  et  en  particulier  celles  de 
M.  le  marquis  de  la  Fertéet  de  M.  le  comte  de  M 

Dans  ces  deux  magnifiques  musées,  la  famille  des  Pecti- 
nicornes  est  représentée  par  un  nombre  d'espèces  qui 
n'est  pas  au-dessous  de  150  pour  M.  de  la  Ferté  et  de  190 

pour  M.  de  M ,  et  la  plupart  de  ces  espèces  par  un 

nombre  considérable  d'individus  offrant  toutes  les  modi- 
fications connues  de  taille  et  d'organes. 

La  division  générique  de  cette  famille,  qui,  jusqu'à 
présent,  repose  sur  les  travaux  .de  MM.  Hope  et  Bur- 
meister,  est  à  remanier  complètement  et  un  grand  nom- 
bre d'espèces  est  à  décrire.  M.  de  M et  M.  le  capitaine 

Parry,  de  Londres,  s'occupent  ensemble  de  ce  travail, 
qu'ils  ont  l'intention  de  rendre  aussi  complet  que  pos- 
sible en  figurant  les  sexes  de  toutes  les  espèces  avec  les 
modifications  observées  de  leurs  organes  ;  mais  ce  travail 
n'est  malheureusement  pas  près  de  paraître,  et  le  nom- 
bre des  espèces  nouvelles  s'accroît  si  rapidement,  qu'il 
sera  bientôt  en  majorité  dans  les  collections.  Il  n'est  donc 
pas  sans  intérêt  de  décrire  aujourd'hui  quelques-unes  de 
ces  formes  nouvelles,  et  c'est  à  ce  titre  que  j'adresse  à  la 
Revue  et  magasin  de  zoologie  la  description  d'une  es- 
pèce française  confondue,  jusqu'à  ce  jour,  avec  le  Luca- 
nus  Cervus  de  Linné.  J'ai  déjà  signalé  cette  espèce  dans 
les  Annales  de  la  Société  entomologique  (1853,  p.  71) 
sous  le  nom  de  Luc.  pentaphyllus.  Depuis  cette  époque, 
de  nouveaux  exemplaires  mâles  et  femelles  ayant  passé  sous 
mes  yeux ,  je  puis  déclarer  l'espèce  bien  fondée  par  une 
réunion  de  caractères  suffisamment  tranchés. 

Lucanus  pentaphyllus,  Reiche,  Ann.  soc.  ent.,  1853, 
p.  71. 

Mas.  :  Longit.  mandib.  excl.,  28-46  millim.  (12  1/2- 
20  1/2  lin.)  ;  latit.  mandib.  excl.,  12-19  millim.  (5  1/2- 
8  1/2  lin.)-—  Fœm.  :  Longit.  mandib.  excl.,  32-39  millim. 
2e  série,   t.  vui.  Année  1856.  6 


82       wev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

(14-17  1/2  lin.);  latit.  mandib.  excl.,  15-17  1/4  millim. 
(6  3/4-7  lin.). 

Elongatus,  convexiusculus,  fusco-piceus  ;  elytris  mandibulisque 
fusco-castaneis.  Caput  nitidulum;  carina  frontali  parum  perspicua, 
occipitali  parum  elevata  ;  mandibulis  capite  sesquilongioribus ,  ro- 
tundatim  curvatis,  gracilibus,  apice  fuscatis  medio  unidentatis,  den- 
ticulisque  4-6  ante  médium,  l-2pone  médium  tuberculiformibus, 
obtusis,  haud  quadrato  trunffatis  instructis  ;  antennarum  capitulo  in 
utroque  sexu  pentaphyllo.  Thorax  nitidulus ,  transversus,  subqua- 
dratus,  angulo  laterali  rolundato.  Scutellum,  elytra,  pectus,  abdo- 
men, pedesque  ut  in  Luc.  Cervo.  Hab.  Gallia  meridionali  circa  Telo- 
nem  et  portum  Veneris. 

D'après  la  diagnose  ci-dessus,  le  mâle  de  cette  espèce, 
à  l'état  de  développement  complet,  diffère  du  L.  Cervus 
par  sa  forme  plus  allongée,  sa  convexité  plus  faible,  le 
brillant  de  la  tête  et  du  corselet,  la  moindre  saillie  des 
carènes  frontale  et  occipitale,  la  gracilité  et  la  courbure 
plus  arrondie  des  mandibules  et  la  forme  tuberculée 
obtuse  et  non  carrée  de  leurs  dentelures,  les  cinq  articles 
flabellés  du  capitule  des  antennes  et  la  forme  plus  carrée 
du  corselet.  La  femelle  diffère  par  sa  forme  plus  allongée 
et  le  capitule  pentaphylle  de  son  antenne. 

Les  plus  grands  individus  mâles,  connus,  atteignent  à 
la  taille  des  plus  grands  Luc.  Cervus  de  la  variété  Capra, 
Linné,c' est-à-dire  46  millimètres, et  j'en  ai  souslesyeux  neuf 
exemplaires  présentant  toutes  les  décroissances  jusqu'à  la 
taille  de  ii8  millimètres.  A  mesure  que  la  taille  décroît, 
l'épistome,  de  conique  et  aigu  qu'il  est  à  l'état  normal,  se 
raccourcit,  s'arrondit,  etfinitpar  devenir  transversal  à  bord 
presque  droit;  les  mandibules,  d'abord  d'une  longueur 
égale  à  celle  de  la  tête  et  du  corselet  réunis,  finissent  par 
atteindre  à  peine  celle  de  la  tête  seule  ;  la  dent  inférieure 
de  leur  fourche  apicale  s'oblitère  peu  à  peu,  mais  sans 
jamais  disparaître  entièrement,  non  plus  que  la  dent  mé- 
diane ;  les  dentelures  intermédiaires  diminuent  en  nom- 
bre et  en  saillie,  et  finissent  par  s'effacer  complètement, 
mais  elles  conservent  jusqu'au  dernier  moment  leur  for- 


TRAVAUX    INÉDITS.  83 

me  arrondie  à  l'extrémité,  tandis  qu'elles  restent  toujours 
à  troncature  carrée  dans  le  L.  Cervus,  et  je  puis  ajouter 
dans  toutes  les  espèces  hexaphylles. 

Des  modifications  presque  exactement  semblables  se 
remarquent  dans  les  mandibules  décroissantes  et  dans 
répistonne  du  Luc.  Cervus.  Les  mandibules,  dans  les 
deux  espèces,  conservent  dans  leur  décroissance  la  même 
courbure;  plus  épaisses,  un  peu  anguleuses  et  décrivant 
presque  un  demi-hexagone  dans  le  L.  Cervusy  elles  sont 
plus  grêles  et  en  arc  de  cercle  presque  parfait  dans  le 
L.  pentaphyllus. 

Ces  .détails  comparatifs,  utiles  pour  la  distinction  des 
deux  espèces,  sont  devenus  indispensables  depuis  la  des- 
cription d'une  espèce  nouvelle  par  MM.  Mulsant  et 
Godart,  Luc.  Fabiani,  Ann.  de  la  Soc.  Linnéenne  de 
Lyon,  1855,  p.  250.  Cette  description  me  paraît  avoir  été 
faite  sur  un  mélange  d'individus  au  moindre  degré  de 
développement  des  Luc.  Cervus  et  Luc.  pentaphyllus. 
Les  principaux  caractères  signalés  par  les  savants  ento- 
mologistes lyonnais  :  êpistome  transverse, mandibules  courtes, 
non  fourchues,  bidentées  intérieurement,  sans  dentelures,  etc., 
ne  sont  que  des  dégénérescences  des  deux  espèces,  et  il 
est  probable  que  les  individus  qu'ils  signalent  à  antenne 
tétraphylle  sont  des  L.  Cervus,  et  que  ceux  à  antenne 
pentaphylle  sont  des  L.  pentaphyllus.  Cette  prétendue  es- 
pèce, fondée  sur  l'observation  d'organes  dégénérés,  doit 
donc  disparaître  de  la  nomenclature. 

J'ai  cru  devoir  conserver  à  mon  espèce  le  nom  sous 
lequel  je  l'avais  désignée  autrefois,  parce  que  ce  nom  si- 
gnale un  caractère  constant  jusqu'à  présent.  Je  ne  pré- 
tends pas  qu'on  ne  puisse  trouver  des  individus  tétra- 
phylles  ;  mais  en  trouvàt-on  ,  cette  exception  ne  vaudrait 
pas  contre  la  règle. 

Des  exemplaires  du  Luc.  Cervus  à  antennes  penta- 
phylles,  ou  bien  pentaphylle  d'un  côté  et  tétraphylle  de 
l'autre,  ont  passé  sous  mes  yeux  en  assez  grand  nombre; 


84       rev.  et  mâg.  de  zoologie.  [Février  1856.) 

ils  proviennent,  presque  tous,  du  midi  de  la  France  (1)  et 
appartiennent  au  commencement  de  dégénérescence  dont 
Linné  avait  fait  son  Luc.  Capra.  Ces  monstruosités  anten- 
naires  n'empêchent  pas  le  Luc.  Cervus  d'être  caractérisé 
normalement  par  la  division  en  quatre  feuillets  du  capi- 
tule des  antennes. 

Huit  exemplaires  mâles  du  Luc.  pentaphyllus  et  quatre 
femelles  me  sont  connus;  deux  mâles  et  une  femelle 
dans  ma  collection,  provenant  de  Port-Vendre;  trois 
mâles  et  deux  femelles  dans  la  collection  de  M.  de  M..., 
trouvés  par  M.  de  Cerisy  et  par  M.  Guérin-Méneville 
en  1853  à  Montrieux,  près  de  Toulon  ;  deux  mâles  dans 
la  collection  de  M.  de  la  Ferté,  indiqués  du  midi  de  la 
France;  un  mâle  dans  la  collection  de  M.  Boieldieu, 
indiqué  de  Nyons  (Drôme),  et  une  femelle  dans  celle 
de  M.  Guérin-Méneville,  venant  de  Montrieux. 


Coléoptères  nouveaux;  par  M.  A.  Chevrolat. 

Galba  fum: bris.  Inœqualis,  nigra,  ruge  et  dense  punctata  ;  capite 
profonde  canaliculato  ;  thorace  globoso,  inaequali,  tuberculis  duo- 
decim  transversim  rugosis  longitudine  sulcato  ;  elytris  quatuor  ma- 
culis  atro-holosericeis ,  duabus  oblique  flexuosis  ante  médium  et 
duabus  transversalibus  ante  apicem ,  in  sutura  acuminatis.  —  L., 
14  1/2;  1.,  6mill. 

D'un  noir  mat,  inégale  et  couverte  de  points  très-serrés 
etruguleux.  Tête  arrondie,  très-profondément  canaliculée 
en  avant  et  offrant  quatre  côtes  ou  carènes  obliques  ;  sillon 
prolongé  jusqu'au  front;  yeux  rougeâtres.  Corselet  globu- 
leux, inégal,  muni  d'une  douzaine  de  tubercules  oblongs 
et  ridés  en  travers  :  six  sont  presque  réunis  entre  eux  sur 
la  région  dorsale  (mais  les  deux  postérieurs  sont  les  plus 
élevés)  et  trois  sont  disposés  triangulairement  sur  chaque 
côté  (deux  en  dedans  et  un  en  dehors).  Le  bord  antérieur 

(1)  J'en  possède  cependant  un  bel  individu  provenant  de  la  collec- 
tion de  Kirby,  où  il  était  noté  comme  trouvé  dans  le  parc  de  Rich- 
mond ,  en  Angleterre. 


TRAVAUX     INEDITS.  8.S 

est  droit,  et  le  bord  postérieur  bicintré  et  tronqué  au 
milieu.  Écusson  arrondi.  Élytres  inégales,  marquées  de 
neuf  stries  profondes  et  de  plusieurs  dépressions  à  la  base, 
d'une  au-dessous  de  l'épaule  et  d'une  autre  flexueuse  sur 
le  côté,  vers  le  milieu.  Chaque  étui  ofFre  deux  taches  d'un 
noir  velouté  ;  la  première  est  obsolète  et  oblique  avant  le 
milieu,  et  la  seconde  transversale  et  située  avant  l'extré- 
mité. Suture  acuminée.  Tarses  grêles,  noirs,  à  lamelles 
jaunâtres. 

Elle  est  propre  à  l'île  de  Bornéo. 

Galba  albiventris.  Fusca,  obscura;  capite  (carinato)  antice,  tho- 
race  (postice  bituberculato)  iii  medio  et  lateribus,  corporeque  iufra 
albidis,  sericeis;  elytris  (basi  sulcatis,  apice  conjunctim  acuminatis) 
maculis  duabus  obsoletis  murino-llavidis  ultra  médium  sitis;  anteunis 
flabellatis,  nigris  ;  pedibus  cinereo-sericeis ,  tarsis  pallidis.  —  L., 
17;  1.,  6  1/2mill. 

D'un  fauve  verdâtre  en  dessus,  d'un  blanc  argenté  en 
dessous.  Tête  large,  arrondie,  fortement  carénée  au  mi- 
lieu; chaperon  large,  coupé  droit,  noir;  palpes  orangés; 
antennes  noires,  offrant  10  articles  rameux;  yeux  petits, 
arrondis,  rougeàtres;  un  sillon  est  situé  au-dessous  pour 
loger  le  premier  article  des  antennes.  Corselet  gibbeux , 
large ,  coupé  droit  et  en  cintre  en  avant ,  fortement  bi- 
sinué  et  tronqué  en  arrière,  muni,  sur  sa  partie  dorsale  et 
postérieure,  de  deux  tubercules,  lesquels  sont  transversa- 
lement déprimés  en  dehors  ;  marge  (largement)  et  le  milieu 
(  étroitement  )  blanchâtres  ;  sillon  longitudinal  entier. 
Écusson  grand,  en  carré  long,  arrondi  en  arrière.  Élytres 
un  peu  moins  larges  que  le  corselet,  rebordées  et  arron- 
dies sur  la  base ,  avancées  et  arrondies  sur  la  marge  au- 
dessous  de  l'épaule,  rétrécies  au  delà  et  subparallèles, 
quoiqu'un  peu  atténuées  sur  les  deux  tiers  postérieurs, 
acuminées  au  sommet  de  la  suture.  Le  dedans  de  la  base 
est  déprimé,  et  présente  3  à  4  sillons  et  côtes  raccourcis  • 
leur  surface  est  cotonneuse  et  d'un  fauve  obscur  qui,  vers 
les  deux  tiers  postérieurs  externes,  se  convertit,  de  chaque 


86       rev.  et  mag.  de  ZOOLOGIE.  (Février  1856.) 

côté,  en  une  tache  obsolète  d'un  jaune  soyeux;  l'extré- 
mité est  légèrement  dénudée  et  noire  pour  le  fond,  et 
offre  quatre  stries  ponctuées  réunies  par  deux.  Corps,  en 
dessous,  d'un  blanc  soyeux  argenté.  Pattes  cendrées  et 
également  soyeuses.  Tarses  grêles,  ferrugineux;  premier 
et  dernier  articles  minces  et  longs  ;  les  trois  intermédiaires 
sont  munis,  en  dessous,  de  longues  lamelles  étroites. 

Cette  rare  espèce,  qui  est  originaire  de  l'île  de  Java, 
m'a  été  gracieusement  offerte  par  M.  le  docteur  Horsfield, 
directeur  du  cabinet  zoologique  de  la  compagnie  des 
Indes  orientales  de  Londres. 

Galba  sericata.  Albo-flavo-brunneoque  sericea;  capite  (carinato); 
thorace  (tuberculis  sex  obscuris)  scutello ,  elytris  basi  (flavo-aureis 
cum  macula  laterali  et  transversali  fusca  aute  médium)  eorporeque 
infra  albido-sericeis  ;  antennis  nigris  ;  pedibus  cinereis,  tarsis  rufis. 
—  L.,  121/2;  1.,  4  mi  11.  1/2. 

Voisine  de  la  Galba  marmorata,  Guérin-Méneville.  D'un 
blanc  soyeux  argenté.  Tête  arrondie,  fortement  carénée; 
palpes  orangés;  antennes  noires;  yeux  d'un  brun  rougeâ- 
tre.  Corselet  convexe,  sinueusementéehancré  en  arrière  sur 
la  tête,  bicintré  et  tronqué  au  milieu  sur  la  base,  muni  de 
six  tubercules  obscurs  dont  les  deux  premiers  émettent  un 
trait  rectangulaire  longitudinal  et  transversal  en  dessous, 
les  deux  médiaux  sont  gibbeux  et  déprimés  extérieure- 
ment, et  enfin  les  deux  au-dessus  de  l'écusson  sont  allongés 
et  également  déprimés  sur  leurs  bords  en  dehors  ;  en  outre 
il  existe  une  petite  saillie  sur  le  côté  postérieur  en  regard 
de  l'épaule  ;  sillon  dorsal  entier.  Écusson  grand ,  arrondi 
en  arrière.  Élytres  un  peu  plus  étroites  que  le  corselet, 
arrondies  sur  la  base  (transversalement  déprimées  et  pré- 
sentant 5  stries  longitudinales),  avancées  et  arrondies  sur 
la  marge  antérieure,  sinueuses  et  acuminées  chacune  sur 
la  suture  ;  l'ensemble  de  leur  surface  est  d'un  jaune  soyeux 
doré  ;  une  tache  latérale  transverse  d'un  brun  châtain  est 
située  avant  le  milieu  ;  le  sommet  externe  est  noir  pour  le 
fond ,  et  reproduit  quatre  stries  ponctuées  réunies  entre 


TRAVAUX     INÉDITS.  87 

plies  par  deux.  Pattes  grises,  soyeuses.  Tarses  pâles. 
Elle  provient  de  l'île  de  Bornéo. 

ï.eproderà  umbriata.  Fusca ,  mandibulis  oculisque  nigris;  tho- 
race transversim  tristriato,  acute  spinoso;  scutello  transverso,  rotun- 
dato;  elytris  thorace  latioribus,  et  sesquitriplo  longioribus  ,  in  hu- 
mero  rectangulis  et  modice  luberculatis ,  ad  apicem  anguste  rotun- 
datis  singulo  coleoptero  cum  maculis  duabus  holosericeo-brunneis 
transversim  positis,  fere  triangularibus  intusque  flavo  marginatis.  — 
L.,  ;il;l.,  llmill. 

Voisine  de  la  Lep.  pleuricosta  de  Guérin-Méneville. 
Fauve.  Tête  coupée  droit  en  avant ,  un  peu  relevée  à  sa 
partie  inférieure,  inégale,  ponctuée,  longitudinalement 
sillonnée;  mandibules  larges,  d'un  noir  brillant;  yeux 
d'un  noir  terne;  antennes  de  la  longueur  du  corps  chez  la 
femelle.  Corselet  droit  en  avant,  un  peu  bisinué  à  la  base, 
avec  le  sommet  externe  avancé,  muni  de  trois  sillons 
transverses  dont  l'antérieur  est  profond  et  biarqué,  le  se- 
cond sinueux  et  le  troisième  beaucoup  plus  faible  ;  disque 
offrant  une  impression  orbiculaire,  et  émettant,  de  chaque 
côté,  un  trait  arqué  et  relevé.  Épine  latérale  robuste, 
aiguë,  noire  à  l'extrémité.  Écusson  arrondi,  transverse. 
Élytres  trois  fois  et  demie  aussi  longues  que  le  corselet , 
avancées  rectangulairement  sur  l'épaule  (laquelle  est 
marquée  en  dessus  de  petits  tubercules),  étroitement  ar- 
rondies et  subanguleuses  près  de  l'extrémité  de  la  suture  ; 
sur  chacune  deux  grandes  taches  d'un  brun  velouté,  trans- 
verses, presque  triangulaires,  appuyées  à  la  marge  et 
bordées  intérieurement  de  jaune  ;  entre  ces  deux  taches , 
on  voit  quelques  gouttelettes  jaunâtres.  Pygidium  conique 
et  largement  tronqué.  Jambes  intermédiaires  munies, 
aux  deux  tiers  externes,  d'un  éperon  échancré  à  sa  base, 
et  qui  est  frangé  de  soies  jaunâtres  jusqu'à  l'extrémité. 
Femelle. 
Elle  est  originaire  de  l'île  de  Bornéo. 

Lkprodkra  trimaculata.  Fusca,  oculis  nigricautibus;  capite  pa- 
rum  puuclato,  sat  profonde  sulcato;  thorace  iuaequali,  plicato,  acute 
puuctato,  sulcis  duobus  flexuosis  transversim  positis  in  lateribus  va- 


88        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

lidc  spinoso;  scutello  fere  rotundato  ;  elytris  rubricantibus,  punctu- 
latis  thorace  latioribus,  basi  sinuatis,  in  humero  rectangulis  et  mi- 
nute tuberculatis,  usque  ad  apicem  modice  attenuatis  et  in  extremitate 
obtuse  rotundatis,  tribus  maculis  holoscriceis  nigro-brunneis  :  una 
communi,  subcordiformi  infra  scutellum,  duabusque  margiualibus  ; 
anteriora  minuta  posteriora  trigona  et  magna.  —  L.,  25;  1.,  5  mill. 
— -Leprodera  3-maculata.  Dejean,  Cat.,  3e  éd.,  p.  368. 

Fauve.  Tête  allongée,  coupée  droit  en  avant,  quelques 
points  près  des  yeux  et  sur  le  sommet;  sillon  longitudinal 
assez  profond  ;  antennes  guère  plus  longues  que  le  corps. 
Corselet  aussi  haut  que  large,  fortement  crevassé  et  ridé, 
avec  des  points  assez  profonds;  bord  antérieur  coupé 
droit,  bord  postérieur  largement  cintré  sur  l'écusson, 
avec  l'angle  droit  et  rentrant  ;  il  offre  deux  sillons  transver- 
ses, profonds  et  flexueux,  et  dont  l'antérieur  rentre  sur  le 
dedans,  et  est  brièvement  coupé  droit  sur  le  milieu  du 
disque.  Écusson  arrondi.  Élytres  d'un  fauve  rougeâtre, 
si  nuées  sur  la  base,  avancées  rectangulairement  sur  l'é- 
paule (quelques  tubercules  en  dessus) ,  elles  vont  en  se  ré- 
trécissant insensiblement  jusqu'au  sommet  de  la  marge  , 
et  l'extrémité  est  brièvement  arrondie,  leur  surface  est 
finement  ponctuée  ;  chaque  étui  présente  trois  taches  d'un 
brun  soyeux  noirâtre  :  une  commune  subcordiforme  au- 
dessous  de  l'écusson  et  deux  marginales  ;  celle  antérieure 
est  petite ,  tandis  que  celle  au-dessous  est  grande ,  trian- 
gulaire et  située  au  delà  du  milieu.  Jambes  médianes  mu- 
nies extérieurement,  au  delà  des  deux  tiers  de  la  lon- 
gueur, d'une  dent  échancrée  couverte  de  poils  noirs. 

Le  comte  Dejean  avait  reçu  cette  espèce  de  M.  Leconte 
père  comme  étant  originaire  de  l'île  de  Java.  Elle  fait  ac- 
tuellement partie  de  ma  collection. 

Dorcadion  bithyniense.  Nigrum,  eapite  nitido,  inaequali,  vage  punc- 
tato,  ad  oculos  albo-marginato;  labro  clypeoque  angulosim  emargi- 
natis;  antenuis  nigris  (primo  articulo  rubro);  thorace  sat  crebre  et 
minute  punctato,  acute  spinoso;  elytris  versus  médium  ampliatis, 
basi  attenuatis,  holosericeis,  cum  margine,  sutura,  linea  média,  antice 
interrupta,  punctoque  infra  basiu  albissimis;  pedibus  rufis,  tarsis 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  89 

obscuris;  corpore  iufra  lanugine  leucophaea  iudulo.—  L.,  1 1  ;  1.  amp]., 
5  mill. 

Cette  espèce  ressemble,  pour  la  forme  et  les  couleurs, 
au  D.  scabricolle,  de  Daim.  D'un  noir  profond  et  luisant 
sur  la  tête  et  le  corselet ,  et  d'un  noir  velouté  sur  les  ély- 
tres.  Antennes  noires,  avec  le  premier  article  rougeâtre. 
Cuisses  et  jambes  rougeâtres.  Tarses  obscurs  ;  les  trois 
premiers  articles  des  quatre  pattes  antérieures  dilatés  et 
subtriangulaires.  Chaperon  et  lèvre  fortement  échancrés 
et  anguleusement  sur  la  dernière.  Tête  inégale,  chagrinée 
pour  le  fond,  vaguement  et  finement  ponctuée  ;  sillon  lon- 
gitudinal étroit.  Corselet  transverse  assez  densément  et 
profondément  ponctué  vers  les  côtés.  Épine  latérale  courte, 
aiguë.  Écusson  noir,  petit,  déprimé.  Élytres  élargies  vers 
le  milieu,  atténuées  à  la  base,  un  peu  moins  à  l'extrémité  : 
celle-ci  est  régulièrement  arrondie;  marge,  suture,  ligne 
numérale  interrompue  au-dessous  de  l'épaule  et  une  petite 
tache  basale,  toutes  d'un  blanc  de  lait.  Corps,  en  dessous, 
couvert  d'un  duvet  blanchâtre.  —  La  femelle  m'est  in- 
connue. 

Je  dois  ce  bel  insecte  à  la  générosité  de  M.  Ch.  Ott ,  de 
Strasbourg.  Il  est  originaire  des  environs  de  Brousse,  ville 
célèbre  par  la  résidence  de  l'émir  Abd-el-Kader  et  aussi 
par  les  récents  tremblements  de  terre,  qui  ont  complète- 
ment anéanti  cette  cité. 


II.     SOCIETES     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  4  février  1856.  —  M.  Serres  lit  une  Note 
sur  les  Touariks.  Le  savant  académicien  ayant  reçu  de 
M.  (iuyon  des  renseignements  intéressants  sur  ces  habi- 
tants du  Sahara,  en  conclut  que  les  Touariks  sont  un  ra- 
meau de  la  race  caucasique  qui  s'avance,  à  l'est  de  l'Afri- 
que ,  jusqu'aux  confins  de  l'Egypte.  Ils  se  croient  les 
habitants  les  plus  anciens  de  la  terre;  leur  langage  n'est 


90        rev.  et  mag.  de  zoologie  (Février  1856.) 

pas  arabe,  et  ils  affirment  qu'il  est  le  plus  ancien  dans  le 
monde. 

M.  Millet  présente  une  Note  sur  le  rempoissonnemcnt  des 
cours  d'eau. 

Dans  cette  note,  qui  résume  les  principaux  résultats 
que  l'auteur  a  obtenus  dans  la  gare  de  Choisy-le-Roi  par 
l'emploi  de  moyens  réellement  pratiques  destinés  à  as- 
surer l'empoissonnement  des  cours  d'eau ,  il  établit  que 
pendant  ces  trois  dernières  années ,  à  partir  du  mois 
d'avril  1852 ,  des  frayères  artificielles  ont  été  organisées 
et  placées  sous  la  surveillance  des  employés  de  la  gare. 
Tous  ces  appareils  ont  produit  des  quantités  considérables 
de  jeunes  poissons  qui  peuplent  aujourd'hui  la  gare,  et 
qui,  au  fur  et  à  mesure  de  leur  développement ,  se  répan- 
dent, dans  les  cantons  limitrophes,  sur  tout  le  cours  de 
la  Seine.  Ces  résultats  ont  produit  une  heureuse  impres- 
sion sur  les  riverains  pour  la  propagation  et  la  conserva- 
tion du  poisson,  et  sur  les  nombreux  visiteurs  qui  ont 
suivi  les  expériences  de  M.  Millet,  et  n'ont  pas  tardé  à  en 
appliquer  les  principes  sur  divers  points  de  la  France  et 
de  l'étranger. 

Pour  ne  laisser  subsister  aucun  doute  dans  l'esprit  des 
riverains,  même  des  plus  incrédules,  M.  Millet  a  eu  l'idée 
de  faire  éclore,  dans  la  gare,  des  œufs  de  Poisson  rouge 
ou  Cyprin  doré  de  la  Chine.  Dès  le  printemps  de  1855, 
cette  jolie  espèce  était  abondamment  répandue  dans  la 
gare  et  dans  la  Seine  à  plusieurs  kilomètres  de  distance. 
Antérieurement  à  cette  importation ,  l'inspecteur  de  la  na- 
vigation et  les  habitants  du  pays  n'avaient  pas  vu  ou  péché 
un  seul  Poisson  rouge. 

L'importance  des  résultats  obtenus  fixera,  dit  M.  Millet 
en  terminant ,  j'ose  l'espérer,  la  bienveillante  attention  de 
l'Académie,  et  pourra  peut-être  donner  une  nouvelle 
preuve  à  l'appui  de  l'opinion  que  j'ai  émise,  à  savoir  que 
la  pisciculture  pratique  était  facile  et  peu  coûteuse  sur  les 
cours  d'eau ,  et  que  leur  empoissonnement  pouvait  être 


SOCIÉTÉS    SAVANTES.  91 

opéré  sans  avoir  recours  à  des  établissements  spéciaux. 

MM.  Bourguignon  et  Delafond  adressent  un  travail  sur 
un  nouvel  acarus  du  cheval  pouvant  transmettre  la  gale  de 
re  solipède  à  l'homme. 

«  Jusqu'à  ce  jour,  il  était  permis  de  révoquer  en  doute 
les  cas  de  transmission  de  la  gale  du  cheval  à  l'homme, 
attendu  que  le  parasite  connu  de  la  gale  du  cheval  ne 
pouvait  vivre  sur  l'espèce  humaine,  et  que  les  auteurs  qui 
se  sont  prononcés  pour  l'affirmative  n'ont  jamais  démontré 
scientifiquement  que  la  maladie  transmise  fût  réellement 
due  à  la  présence  d'un  acare  provenant  du  cheval.  En 
partant  des  données  fournies  par  l'entomologie ,  on  était 
fondé  à  refuser  aux  parasites  connus  propres  aux  herbi- 
vores, et  au  cheval  en  particulier,  la  faculté  de  transmettre 
la  gale.  L'observation  vient  de  nous  permettre  de  re- 
monter des  effets  aux  causes  et  de  tout  expliquer. 

«  Le  cheval  peut  avoir  deux  espèces  de  gale  :  une  pre- 
mière, due  à  la  présence  du  parasite  acarien  propre  aux 
herbivores  et  connu  depuis  longtemps ,  qui  ne  saurait 
tracer  des  sillons,  vivre  sur  la  peau  de  l'homme  et  lui 
transmettre  la  contagion  ;  une  seconde,  due  à  la  présence 
d'un  acare  identique  à  celui  des  carnivores,  pouvant 
tracer  des  sillons,  transmettre  la  psore,  et  dont  personne 
na  soupçonné  l'existence  jusqu'à  ce  jour.  Cette  maladie 
transmissible  est  aussi  différente  dans  l'ensemble  de  ses 
symptômes  de  celle  qui  ne  peut  se  communiquer,  que  les 
parasites  qui  en  sont  la  cause  première  diffèrent  entre 
eux.  » 

M.  Wanner  présente  ,  comme  supplément  à  sa  précé- 
dente Note  sur  l'organe  pulmonaire  considéré  comme  pre- 
mier impubeur  du  sang,  les  résultats  de  deux  expériences 
qu'il  considère  comme  des  preuves  à  l'appui  de  la  théorie 
exposée  dans  cette  Note. 

«  Dans  la  première  expérience,  faite  sur  un  mouton,  on 
a  introduit  de  l'air  condensé  dans  les  deux  médiastins  de 
manière  à  neutraliser  les  mouvements  de  la  poitrine ,  et 


92        rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Février  1856.) 

l'on  a  ainsi  déterminé  en  dix  minutes  la  cessation  com- 
plète des  battements  du  cœur. 

«  Dans  la  seconde  expérience,  du  sang  de  bœuf  tiré 
instantanément  de  l'animal,  et  reçu,  afin  d'éviter  sa  coa- 
gulation ,  dans  un  vase  maintenu  à  une  température  de 
37  degrés  centigrades,  a  été  soumis  à  l'action  du  gaz 
acide  carbonique,  au  moyen  d'un  tube  de  verre  recourbé 
dont  un  bout  était  adapté  à  la  vessie  contenant  le  gaz ,  et 
l'autre  à  un  bouchon  de  liège  percé  et  avec  lequel  était 
bouchée  la  bouteille  contenant  le  sang  ;  le  liquide  sanguin 
est  devenu  de  couleur  rouge-brun  et  a  présenté  une  semi- 
coagulation. 

«  Je  conclus  du  fait  de  la  première  expérience,  com- 
parée à  la  possibilité  où  l'on  est  de  faire  circuler,  par  une 
respiration  artificielle,  dans  le  corps  d'un  animal  mort 
tout  récemment  le  sang  aussi  longtemps  qu'il  conserve  sa 
liquidité,  que  si  le  cœur  était  le  premier  impulseur  du 
mouvement  circulatoire,  ses  battements  devraient  se  pro- 
longer bien  au  delà  du  temps  marqué  dans  mon  expé- 
rience, car  MM.  Williams  et  Hope  ont  fait  durer,  comme 
on  le  sait,  une  circulation  artificielle  une  heure  vingt 
minutes  après  le  décès  constaté ,  et  auraient  pu  la  faire 
durer  plus  longtemps  encore. 

«  La  conséquence  de  la  seconde  expérience  ne  me 
semble  pas  moins  favorable  à  la  thèse  que  je  soutiens, 
puisqu'elle  semble  indiquer  que  la  mort  est  déterminée , 
dans  l'asphyxie ,  par  la  coagulation  du  sang  et  l'impossi- 
bilité de  la  circulation  par  suite  de  cette  coagulation.  » 

Séance  du  11  février.  —  M.  Élie  de  Beaumont  donne 
lecture  d'extraits  d'une  lettre  de  M.  Albert  Gaudry  con- 
tenant l'exposé  des  résultats  des  recherches  paléontologi- 
ques  qu'il  a  faites  à  Pikermi  (Attique).  M.  Gaudry  annonce 
qu'il  va  envoyer  cinquante  à  soixante  caisses  d'ossements 
fossiles  provenant  de  ses  explorations. 

Séance  du  18  février.  —  M.  [s.  Geoffroy  Saint-Hilaire , 
en  présentant  à  l'Académie,  au  nom  de  M.  Bekker,  de 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  93 

Darmstadt,  un  Mémoire,  écrit  en  allemand,  sur  l'ongle  de 
la  queue  du  Lion,  donne  une  idée  de  ce  travail,  qui  a  pour 
sujet  une  question,  sinon  importante,  du  moins  très-cu- 
rieuse. 

«  On  s'est  beaucoup  occupé,  dans  ces  dernières  an- 
nées, de  X  ongle  ou,  comme  on  l'a  appelé,  de  Y  aiguillon 
que  le  Lion  porte  à  l'extrémité  de  la  queue.  Cette  particu- 
larité de  son  organisation,  longtemps  ignorée  par  les  mo- 
dernes, était  bien  connue  des  anciens.  On  la  trouve  net- 
tement indiquée  par  Didyme  d'Alexandrie,  qui  vivait  sous 
Auguste;  et,  selon  plusieurs  auteurs,  Homère  lui-même 
l'aurait  connue,  ce  qui,  du  reste,  serait  peu  étonnant, 
puisqu'il  existait  encore  des  Lions  en  Grèce  au  temps 
d'Homère. 

«  Le  Mémoire  de  M.  Bekker  est  à  la  fois  un  travail 
d'érudition  et  d'observation  sur  ce  sujet.  On  y  trouve  ci- 
tés, chacun  dans  leur  langage,  et  traduits  en  allemand, 
les  passages  des  poètes  et  des  commentateurs  qui  parais- 
sent avoir  fait  allusion  à  l'existence  de  l'ongle  caudal  du 
Lion,  ou  qui  l'ont  mentionné  ,  depuis  Homère  jusqu'aux 
modernes.  M.  Bekker  a  également  résumé ,  en  y  ajoutant 
les  siennes,  les  observations  des  naturalistes,  particulière- 
ment de  Blumenbach. 

«  Dans  un  appendice ,  M.  Bekker  montre  que  l'exis- 
tence de  l'ongle  caudal  est  loin  d'être  un  caractère  propre 
au  Lion.  On  le  retrouve ,  parmi  les  Kangurous  notam- 
ment ,  chez  le  Macropus  unguifer,  qui  l'a  très-développé, 
et  chez  le  M.  frœnatus,  faits  signalés  depuis  plus  de  quinze 
ans  par  M.  Gould.  Il  existe  aussi,  selon  M.  Bekker,  chez 
plusieurs  Singes  et  chez  quelques  Mammifères,  parmi  les- 
quels l'Aurochs. 

«  L'auteur  a  figuré  l'ongle  caudal  du  Lion ,  celui  du 
Macropus  frœnatus  et  celui  du  Semnopithecus  melalophos. 

«  Le  même  Membre  fait  hommage,  au  nom  de  M.  P.  de 
Tchihatchef,  d'un  Mémoire  sur  la  Chèvre  d'Angora,  ses 
habitudes  et  son  habitat  en  Orient,  et  d'une  figure  gravée 


94        rev,  et  mag.  de  zoologie.  (Février  1856.) 

d'un  magnifique  individu  dé  cette  espèce  ,  que  l'auteur 
s'est  procuré  dans  l'Asie  Mineure,  et  dont  il  a  enrichi  le 
musée  impérial  de  Saint-Pétersbourg. 

«  Le  Mémoire  de  M.  de  Tchihatchef  a  été  rédigé  en  vue 
de  fournir  à  la  Société  impériale  d'acclimatation  les  moyens 
de  choisir,  pour  ses  troupeaux  de  Chèvres  d'Angora ,  les 
localités  les  plus  favorables.  C'est  d'après  les  indications 
de  M.  de  Tchihatchef  que  deux  de  ces  troupeaux  ont  été 
placés  dans  le  Cantal.  » 

M.  Marcel  de  Serres  présente  quelques  remarques  con- 
cernant un  nouveau  genre  d'Annélide  tubicolé  perforant 
qu'il  désigne  sous  le  nom  de  Stoa.  Il  caractérise  ce  genre 
par  la  phrase  suivante  : 

«  Tube  testacé,  contourné  en  spirale  orbiculaire  et  irré- 
gulière ;  d'une  forme  discoïde  renflée  et  convexe  ;  dernier 
tour  détaché  des  premiers  et  se  prolongeant  parfois  en  un 
tube  droit  ;  ouverture  ovalaire ,  terminée  par  un  opercule 
calcaire  conique  et  surchargé.  » 

Séance  du  25  février.  —  M.  Élie  de  Beaumont  lit  un  ex- 
trait d'une  lettre  de  M.  Ch.  T.  Jackson  sur  l'action  du 
chloroforme  sur  le  sang. 


III.  ANALYSES  D'OUVRAGES  NOUVEAUX. 

Bulletins  de  la  Société  impériale  des  naturalistes  de 
Moscou,  t.  XXVI  (1853). 

Nous  avons  donné  une  idée  des  excellents  travaux  de 
zoologie  publiés  par  cette  savante  Société  pendant  les  an- 
nées 1850,  51  et  52  (Revue  zool.,  1855,  p.  440);  voici  la 
table  des  mémoires  contenus  dans  le  volume  de  l'année 
1853,  que  nous  recevons  à  l'instant  : 

DasypodœRossicœ  in  districtu  Romen  gubernii  poltavici captae  ;  par 
J.  Behr,  avec  1  pi.,  I,  p.  69. 

Quelques  mots  sur  le  climat  et  la  faune  de  KamieniecPodolski, 
par  Balke,  I,  p.  410. 


ANALYSES    l)'OUVRAGES    NOUVEAUX.  95 

Sur  un  nouveau  genre  de  ver  aquatique  se  rapprochant  de  1  Au- 
guillula,  par  M.  Czernay,  I,  p.  205. 

Sur  la  mammalogie  et  l'ornithologie  de  la  Russie ,  par  Eversmann 
(avec  1  pi.),  H,  487. 

Révision  des  escargots  (hélices)  russes,  énumérés  par  J.  A.  Kry- 
nicki,  p.  08. 

Notice  sur  l'histoire  de  la  migration  des  oiseaux  en  Russie ,  p.  166. 

Sur  les  Poissons  fossiles  du  grès  ferrifère  de  Koursk ,  par  Kiprija- 
noff(avec2pl.),  p.  286. 

Notice  sur  les  dents  fossiles  d'un  nouveau  genre  de  Poissons,  par 
M.  Romanowsky,  p.  405. 

Supplément  à  la  faune  des  Coléoptères  des  colonies  russes  dans 
l'Amérique  septentrionale,  par  Mannerheim,  p.  95. 

Notice  sur  la  qualité  vésicatoire  de  quelques  Coléoptères,  etc.,  par 
Alex.  Becker,  de  Sarepta,  p.  452. 

Clymenarum  et  gonialilum  natura  notœque  primariap,  par  Sand- 
berger,  p.  299. 

Notice  sur  trois  Papillons  nocturnes  de  Java ,  par  Zeller,  II,  p.  502. 

Observations  sur  quelques  nouvelles  espèces  d'insectes,  par  Nie. 
Popoff,  I,  p.  101. 

Essai  sur  les  Cyclopides  de  Saint-Pétersbourg ,  par  M.  Sab.  Fischer 
(avec  2  pi.),  I,  p.  74. 

Cette  année  1853  a  été  désastreuse  pour  la  Société ,  car 
elle  a  perdu  son  fondateur,  le  célèbre  Fischer  de  Wald- 
heim ,  et  l'un  de  ses  membres  les  plus  distingués,  Tyzen- 
hauz. 

Une  séance  extraordinaire  a  été  tenue  le  20  octobre 
pour  entendre  les  discours  qui  ont  été  prononcés  sur  Fis- 
cher de  Waldheim  par  le  président  Nasimoff,  par  M.  Rouil- 
lier,  par  M.  Masloff,  par  M.  Pascault  et  par  M.  Liaskovsky. 
Ces  orateurs  ont  rappelé  à  la  Société  la  belle  vie  et  les 
nombreux  travaux  du  savant  qu'elle  vient  de  perdre. 

Il  a  été  décidé  à  l'unanimité  qu'un  monument  serait 
élevé  à  la  mémoire  de  Fischer  de  Waldheim.  Une  sous- 
cription a  été  ouverte  à  cet  effet  parmi  tous  les  amis  de 
l'histoire  naturelle. 

Dans  le  même  numéro,  la  Société  a  publié  une  notice 
sur  la  vie  et  les  ouvrages  du  comte  Constantin  Tyzenhauz. 
Nous  publierons  ce  travail,  avec  le  portrait  du  savant  dont 


96        rev.  etmag.  de  zoologie.  (Février  185G.) 

les  zoologistes  déplorent  la  mort,  dans  un  de  nos  pro- 
chains numéros. 


IV.  MÉLANGES  ET  NOUVELLES. 

M.  le  docteur  Pucheran  nous  prie  d'insérer  les  dia- 
gnoses  suivantes  : 

1°  Cercopiihecus  Erxlcbenii,  Dallbet,  Puch.  —  Subparvus,  cati 
domestici  raagnitudinis  :  olivaceo,  fulvo,  ferrugineo,  griseo  nigroque 
variegatus;  subtus  et  artuum  lateribus  internis  luteus  fundo  albido  ; 
caudx  parte  basali  infra  olivaceo  et  nigro  varia;  vittis  capitis  tribus, 
intermedia  cristam  efficiente,  regione  lumbo  sacrali,  caudae  parte 
supera  et  toto  apice,  artubusque  anticis  externe  nigris;  manibus 
omnibus  facie  qe  fuscis,  ore  carneo. 

De  l'Afrique  occidentale  (?).  —  Espèce  décrite  d'après 
une  jeune  femelle  qui  a  vécu  à  la  ménagerie  du  musée  de 
Paris. 

2°  Cynocephalus  Doguera,  Puch.  et  Sch.  —  Major  :  brunneo-oli- 
vaceus  ;  manibus  anticis  nigro  irroratis. 

Habite  l'Abyssinie. 


TABLE    DES   MATIERES. 

Pages. 

Pucheran.  —  Mammalogie  du  continent  africain.  49 

De  Souancé.  —  Catalogue  des  Perroquets.  56 

Jaubert.  —  Neuvième  Lettre  sur  l'Ornithologie.  64 

Bourguignat.  —  Aménités  malacologiques.  66 

Reiche.  —  Nouvelle  espèce  de  Lucanus.  80 

Cbevrolat.  —  Coléoptères  nouveaux.  84 

Académie  des  sciences.  89 

Analyses.  94 

Mélanges  et  nouvelles.  96 

PARIS.   —  IMJ».    DE    Mm"    Ve    BOUCHARD-HUZARD  ,    RUE    DE  L'ÉPERON,    5. 


DIX-NEUVIÈME    ANNÉE.  —    MARS    1856. 


I.  TRAVAUX  INEDITS. 

Dixième  lettre  sur  l'Ornithologie  de  la  France  méridio- 
nale; par  le  docteur  J.  B.  Jaubert. 

Pterocles.  —  P.  alchata.  Je  n'ai  rien  à  ajouter  à  l'his- 
toire de  cette  espèce,  type  aux  allures  excentriques  dont 
la  répartition  géographique  paraît  concorder  avec  l'exis- 
tence d'un  sol  aride  et  désert,  sinon  que  ses  mœurs  sau- 
vages et  peu  sociables  la  rendent  tous  les  jours  plus  rare 
en  Crau.  Les  facilités  de  communication  d'une  part,  la 
création  d'un  jardin  zoologique  de  l'autre,  semblent  con- 
courir puissamment  à  la  destruction  de  ces  oiseaux,  dont 
la  tête  est  aujourd'hui  mise  à  prix.  Il  en  sera  de  ceux-ci 
comme  de  tant  d'autres  espèces  que  le  voisinage  de 
l'homme  expulse  peu  à  peu  de  leurs  domaines  naturels. 

Je  crois  peu  aux  migrations  des  Gangas,  comme  fait 
normal...  La  présence  accidentelle  de  quelque  individu 
égaré  dans  le  voisinage  d'un  centre  d'élection  me  paraît 
seule  possible.  L'espèce  est  répandue  en  Espagne,  où  elle 
se  montre  dans  des  conditions  analogues  à  celles  de  la  Crau; 
elle  est  commune  en  Asie  et  en  Afrique,  mais  ne  s'est  ja- 
mais montrée  en  Sicile. 

Le  P.  arcnarius,  très-répandu  en  Asie,  l'est  également 
en  Algérie  ;  mais  si  les  assertions,  qui  font  de  cet  oiseau 
une  espèce  européenne,  ne  reposent  pas  sur  des  faits  plus 
certains  que  ceux  avancés  par  Temminck  ,  on  peut ,  dès 
aujourd'hui,  considérer  sa  naturalisation  comme  forte- 
2e  série,  t.  vin.  Année  1856.  7 


98  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.   (Uars  1856.) 

ment  compromise Personne  n'admettra,   d'ailleurs, 

que  ce  Ganga  puisse  habiter  les  Pyrénées;  quant  à  être 
commun  sur  le  marché  de  Madrid,  c'est  une  erreur  qu'il 
est  bon  de  relever  en  passant! Le  Ganga  cata  lui- 
même  est  rare  aux  environs  de  cette  ville. 

Tetrao  —  Une  autre  espèce  qui  se  perd  en  France 
est  le  T.  urogallus,  dont  on  voit  encore  quelques  indivi- 
dus dans  les  Pyrénées.  Si  l'espèce,  en  disparaissant,  y  était 
au  moins  remplacé  par  le  T.  médius!!!  Mais  non!  celui-ci 
est  évidemment  un  oiseau  du  nord  que  le  ciel  réserve  à 
des  estomacs  moscovites,  puisqu'on  le  dit  commun,  de- 
puis quelques  années,  sur  le  marché  de  St.-Pétersbourg(l). 


(1)  Si  c'est  à  un  hybride  que  nous  avons  affaire,  pourquoi  le  croise- 
ment entre  les  deux  espèces  types  ne  s'opère-t-il  pas  aussi  chez  nous, 
où  Tune  des  deux  est  incontestablement  fort  rare ,  condition  qui  me 
parait  toujours  très -favorable  à  la  production  des  hybrides?...  Cette 
question  restera  longtemps,  sans  doute,  sans  réponse.  On  trouve  ce- 
pendant à  ce  sujet,  dans  le  journal  de  Cabanis  (1854,  2e  cahier, 
p.  129),  quelques  raisons  assez  curieuses,  mais  complètement  contra- 
dictoires, que  donne  Gloger  pour  expliquer  le  phénomène.  Le  T.  mé- 
dius, nous  dit  l'auteur,  a  pour  père  T.  urogallus  et  pour  mère  T.  te- 
trix;  la  raison  en  est  qu'à  l'époque  des  amours,  à  la  suite  des  luttes 
acharnées  que  se  livrent  entre  eux  les  mâles  du  T.  urogallus,  les 
plus  faibles,  se  trouvant  expulsés  par  les  vainqueurs,  vont  se  réfugier 
chez  l'espèce  voisine,  où  leur  grande  taille  leur  permet  encore  de  ré- 
gner en  maîtres;  c'est  là  qu'usant  du  droit  du  plus  fort,  despotes  à 
leur  tour,  on  les  voit  s'emparer  des  plus  belles  femelles Mais  l'au- 
teur, oubliant  sans  doute  cette  petite  Odyssée,  nous  dit  plus  loin  que 
ces  relations  illicites  se  comprennent ,  car  elles  ont  lieu  entre  deux 
espèces  dont  le  mâle,  chez  l'une,  toujours  plus  grand  (T.  tetrix), 
s'accouple  avec  la  femelle  de  l'autre  (T.  urogallus),  qui,  plus  petite 
aussi,  se  rapproche  du  mâle  par  sa  taille...  Que  conclure  de  ces  con- 
tradictions?... C'est  que  l'espèce,  quelque  dures  que  soient  les  con- 
ditions que  lui  impose  la  nécessité,  cherche  sans  cesse  à  obéir  à  l'in- 
stinct que  lui  inspire  la  nature. 

Naumann  décrit  un  autre  hybride  entre  le  Tétras  Birkan  et  le 
T.  des  saules  (Naumann's  Vogel,  Bd.,  VI,  s.  333,  337),  dont  il  donne 
une  bonne  figure  sous  le  nom  de  Bastard  vom  Birkhahn  und  der 
Moorschnechenne...  C'est  un  beau  mâle,  à  queue  légèrement  four- 


TRAVAUX    INÉDITS.  99 

Les  T.  telrix  et  Lagopus  alpinm  sont  encore  assez  com- 
muns dans  le  haut  du  département  des  Basses-Alpes;  ce 
dernier  descend  quelquefois,  en  hiver,  jusque  dans  le  Var. 
M.  l'abbé  Caire  a  fait  connaître  dernièrement,  dans  un 
des  précédents  numéros  de  la  Revue  zoologique,  une  inté- 
ressante livrée  d'automne,  qui  n'est,  par  le  fait,  qu'une  li- 
vrée de  transition,  dont  la  raison  physiologique  est  dans 
le  soin  que  met  la  Providence  à  donner  à  chaque  animal 
une  robe  en  harmonie  avec  le  milieu  qu'il  habite. 

Bona-sia.  —  La  Gelinotte  ne  se  montre  jamais  sur  le 
marché  de  Marseille;  la  seule  conclusion  à  en  tirer,  c'est 
qu'elle  est  moins  notre  voisine  que  le  Birkan  et  le  Ptar- 
migan,  qui  abondent  dans  nos  Alpes.  Bouteille  nous  dit, 
au  reste,  que  l'espèce  a  notablement  diminué  dans  les 
montagnes  du  Dauphiné  ;  elle  est  encore  commune  dans 
les  Cévennes  et  sur  quelques  points  des  Pyrénées. 

Perdix.  —  Si  nous  consentons  à  signaler  la  Perdrix 
garnira  comme  se  montrant  quelquefois  en  Provence,  di- 
sons tout  de  suite  que  ce  n'est  que  d'une  manière  acci- 
dentelle. Je  n'en  connais,  pour  mon  compte,  qu'une  seule 
capture  faite,  il  y  a  environ  cinq  ans,  à  quelques  lieues  de 
Marseille.  Pol.  Roux  avait  représenté  cet  oiseau,  mais  sans 
aucune  explication,  ce  qui  laisse  cependant  supposer 
qu'il  l'avait  rencontré.  Nous  savons  que,  à  diverses  épo- 
ques, des  essais  d'acclimatation  furent  tentés  par  quelques 
grands  propriétaires  de  la  Crau  et  de  la  Camargue,  mais 
sans  aucune  espèce  de  succès;  ne  serait-ce  pas  au  dépla- 
cement ou  à  la  dispersion  de  quelques-uns  de  ces  oiseaux 
que  nous  pourrions  attribuer  nos  captures?...  Il  n'est  pas 
rare  aujourd'hui  de  rencontrer  la  Gambra  sur  nos  mar- 
chés, car  les  bateaux  à  vapeur  qui  font  le  service  d'Afrique 
nous  en  apportent,  en  hiver,  un  assez  grand  nombre; 
mais  ces  sujets,  entassés  pendant  plusieurs  jours  de  traver 

chue,  tapiré  de  blanc  et  de  noir,  d'où  vient  que  cet  hybride  ncst  pas 
aussi  fréquent  que  le  précédent?... 


100       rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Mars  1856!) 

sée,  sont  toujours  reconnaissables  à  leur  peu  de  fraîcheur. 

La  Perdrix  rouge,  que  l'on  considère  généralement 
comme  sédentaire,  exécute  cependant,  chez  nous,  des  mi- 
grations partielles  bien  connues  de  tous  nos  chasseurs.  En 
hiver,  et  principalement  à  l'époque  des  grands  froids,  ap- 
paraissent, en  effet,  des  bandes  de  Perdrix  rouges,  sur  des 
points  où  l'on  ne  rencontrait  plus  naguère  que  quelques 
rares  débris  de  ces  compagnies  sédentaires  que  l'on  pour- 
suivait depuis  l'automne.  Ces  oiseaux,  peut-être,  chassés 
des  montagnes  par  le  froid  ou  la  neige,  viennent  chez  nous 
chercher  leur  nourriture  et  concourent,  au  printemps,  à 
repeupler  nos  coteaux. 

La  Bartavelle,  au  contraire,  semble  ne  jamais  quitter  les 
régions  montagneuses;  elle  paraît,  d'après  les  auteurs, 
très-répandue  dans  tout  le  midi  de  l'Europe  ;  mais,  est-ce 
bien  notre  Bartavelle  que  l'on  rencontre  en  Grèce  et  dans 
les  villes  de  l'Archipel?... 

La  Perdix  Labatiei  de  Bouteille,  cette  voisine  avec  la- 
quelle il  ne  m'a  pas  encore  été  donné  de  faire  connais- 
sance, habiterait  aussi  l'Italie,  d'après  Ch.  Bonaparte.  La 
ville  de  Grenoble,  où  l'on  s'attendrait  naturellement  à 
trouver  toute  l'histoire  de  cet  oiseau,  n'en  présente  qu'une 
misérable  dépouille,  peu  faite,  il  faut  en  convenir,  pour 
satisfaire  la  curiosité  d'un  naturaliste  en  tournée.  Quoi 
qu'il  en  soit,  est-ce  un  hxjbride,  est-ce  une  espèce?...  Voici 
toujours  la  même  question,  c'est-à-dire  le  même  doute  ! 
Convenons,  cependant,  que,  si  nous  admettons  ici  Y  espèce, 
nous  n'aurons  pas  de  raisons  pour  ne  pas  en  faire  autant  à 
l'endroit  des  Tetrao  médius,  des  Perdix  montana,  de  ma 
Fuligula,  de  ma  Fringilla,  de  tous  ceux,  en  un  mot,  qui  se 

trouvent  dans  les  mêmes  conditions L'hésitation,  bien 

légitime  en  pareil  cas,  touche  à  des  questions  dont  la  so- 
lution se  fera  peut-être  longtemps  attendre.  Espérons,  ce- 
pendant, que  M.  Bouteille,  qui  seul  pourrait  nous  éclairer, 
ne  mettra  pas  douze  ans  encore  à  tenir  la  promesse  que 
nous  fit  son  livre. 


TRAVAUX     INÉDITS.  101 

La  Perdrix  grise,  à  petite  taille  (P.  damascena,  Lath.), 
est  un  oiseau  de  passage,  assez  rare  chez  nous  ;  mais  la 
Perdrix  grise  ordinaire,  qui  est  aussi  de  passage ,  y  est,  au 
contraire,  assez  commune.  Quant  à  la  P.  monlana ,  je  ne 
la  connais  pas  dans  le  midi  de  la  France. 

Turnix.  —  Le  Turnix  africanus,  dont  j'ai  signalé  quel- 
ques captures  dans  le  midi  de  la  France,  y  avait  été,  sans 
doute,  rencontré  parPol.  Roux,  qui  nous  donne  (Orn.  mé- 
rid.,  pi.  263  bis,  T.  andalusicus)  unebonne  figure  du  jeune, 
ce  qui  laisserait  supposer  l'existence  de  quelque  couvée  ac- 
complie dans  nos  contrées.  Je  ferai  seulement  remarquer 
que  j'ai  vu  cet  oiseau  tué  en  livrée  d'adulte;  j'ignore  seule- 
ment à  quelle  époque  de  l'année  M.  L.  Benoît  nous  signale 
l'espèce  sous  ses  deux  noms,  Andalusica  et  Gibraltarica, 
comme  sédentaire  en  Sicile.  Cet  oiseau  nous  vient  évidem- 
ment de  l'Algérie,  où  il  paraît  être  fort  commun.  Quelques 
individus,  observés  vivants,  nous  ont  montré  en  captivité 
toutes  les  allures  de  la  Caille,  avec  un  naturel  doux  et  ti- 
mide ;  leur  cri  seulement  est  tout  particulier,  c'est  un  son 
lugubre  et  profond  que  l'oiseau  fait  entendre  par  inter- 
valle ;  il  gonfle  alors  son  cou,  ramène  sa  tête  entre  les 
épaules  et  laisse  entendre,  à  la  manière  des  ventriloques, 
une  note  voilée  que  l'oreille  semble  percevoir  dans  le  loin- 
tain.—  Le  jardin  zoologique  de  Marseille  possède  en  ce 
moment  quelques  Turnix  vivants,  originaires  de  la  côte 
orientale  d'Afrique  ;  ils  sont  en  tout  semblables  à  ceux  de 
notre  Algérie,  mais  d'un  bon  tiers  plus  petits;  leurs  teintes 
m'ont  paru  généralement  plus  pâles. 

Porphyrio.  —  Presque  tous  les  Talèves  que  j'ai  vus  dans 
les  ménageries  ou  dans  nos  jardins  appartenaient  à  l'es- 
pèce à  dos  vert  [P.  smaragnotus,  Temm.).  D'où  vient  cette 
particularité,  alors  que  le  P.  veterum,  notre  voisin  de  Si- 
cile et  d'Algérie,  serait  bien  plus  facile  à  amener?...  L'un 
et  l'autre,  au  reste,  ont  été  tués  dans  les  environs  de  Mar- 
seille, avec  cette  différence  que  les  premiers  étaient  évi- 
demment des  oiseaux  de  basse-cour  ou  de  volière,  tandis 


102       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856) 

que  la  Poule  sultane,  nom  bien  connu  en  Camargue,  est 
un  de  ces  oiseaux  dont  nos  plus  vieux  chasseurs  comptent 
les  rares  captures.  J'ai  signalé  cet  oiseau  dans  Y  Ornitholo- 
gie du  Var  ;  Pol.  Roux,  Bouteille  et  Crespon  en  parlent 
aussi,  ce  qui  est  loin  de  prouver  que  l'espèce  soit  com- 
mune. 

Fulica.  —  La  Fulica  cristata,  que  nous  rencontrons 
quelquefois  sur  notre  marché,  où  les  Foulques  ordinaires 
ne  viennent  jamais  en  grand  nombre,  est  sans  doute  plus 
commune  que  nous  ne  le  supposons  parmi  ces  formidables 
bandes  qui  couvrent,  en  hiver,  la  plupart  de  nos  étangs  ; 
elle  se  trouve  dans  presque  toutes  les  collections;  M.  de 
Montvallon  en  possède  cinq  ou  six  individus  recueillis,  à 
diverses  époques,  sur  les  étangs  de  Berre  et  de  Mari- 
gnane. 

Parra  jtacana  et  Ardea  atricollis,  tués  à  quelques 
lieues  de  Draguignan,  seront  longtemps  encore  deux  énig- 
mes pour  nous.  Il  faut  avoir  vu  la  fraîcheur  irréprochable 
de  ces  deux  oiseaux,  chassés  à  quelques  années  d'inter- 
valle, dans  les  marais  qui  bordent  la  mer,  pour  ne  pas  se 
laisser  aller  complètement  à  l'idée  que  l'on  a  été  la  dupe 
de  quelque  évasion...  Le  Jacana,  blessé  à  l'aile,  fut  ap- 
porté vivant  à  M.  Jouffret,  qui  le  conserva  toute  une  jour- 
née, et  l'oiseau  mourut  sans  avoir  voulu  prendre  aucune 
nourriture.  Tout  commentaire  est,  au  reste,  superflu. 

Ons.  —  L'Outarde  canepetière  (O.  tetrax),  si  commune 
dans  le  nord  de  l'Afrique,  ne  nous  visite  qu'accidentelle- 
ment; je  pourrais  cependant  en  compter  plusieurs  cap- 
tures, mais  constamment  en  automne,  tandis  que  la  grande 
outarde  (O.  tarda),  qui,  d'ailleurs,  ne  se  montre  plus  chez 
nous  que  de  loin  en  loin,  apparaît  toujours  à  l'époque  des 
plus  grands  froids.  —  Une  bande  d'Outardes  canepetières 
aurait  été  vue  en  octobre  1855,  sur  les  hauteurs  qui  bor- 
dent la  Durance,  à  quelques  lieues  en  dessous  de  Ma- 
nosque,  sans  qu'il  ait  été  possible  de  les  tirer.  —  Une  par- 
ticularité anatomique  que  je  n'ai  vue  signalée  nulle  part 


TRAVAUX     INÉDITS.  103 

est  celle  que  présente  le  mâle  à  l'époque  des  amours  :  les 
organes  de  la  voix,  ou  plutôt  le  cou  en  entier  est  entouré 
d'une  épaisse  couche  de  tissu  cellulaire  d'une  consistance 
aqueuse,  qui  donne  à  cette  partie  de  l'animal  un  volume 
quelquefois  énorme  ;  cet  état  de  turgescence  paraît  ne  du- 
rer que  fort  peu  de  temps  et  précède  une  mue  partielle  qui 
commence  par  les  parures  du  cou. 

Rien  au  sujet  de  YHoubara  que  je  ne  connais  dans  au- 
cune collection,  comme  tuée  dans  le  midi  de  la  France. 
On  m'a  cependant  affirmé  qu'un  jeune,  ou  en  livrée  d'hi- 
ver, avait  été  pris  vivant  dans  les  environs  de  Nice  ; 
M.  Verany  pourrait  nous  renseigner  à  ce  sujet. 

Chettusia  gregaria.  — J'ai  dit,  en  1851,  tout  ce  que  je 
savais  sur  cet  oiseau,  dont  je  me  réserve  de  donner  bien- 
tôt et  la  description  et  la  figure.  Bouteille  le  signale  dans 
son  Ornithologie  du  Dauphiné. 

Cursorius  isabellinus.  —  Ce  joli  petit  oiseau  nous  vi- 
site quelquefois  en  automne  et  toujours  en  livrée  incom- 
plète. Une  particularité  à  noter,  c'est  que  les  quelques  in- 
dividus tués  dans  le  midi  de  la  France  l'ont  presque  tous 
été  sur  des  points  élevés  ou  dans  les  montagnes.  Aux  envi- 
rons de  Marseille,  c'est  sur  les  rochers  de  Notre-Dame-de- 
la-Garde  qu'ont  été  pris  les  deux  ou  trois  sujets  que  nous 
possédons,  et  dans  les  environs  de  Montpellier  ce  fut  au 
milieu  d'une  liasse  de  Turdus  torquatus  que  M.  Lunel 
rencontra  le  sien. 

Phalaropus.  —  P.  Roux,  Bouteille  et  Crespon  ont  déjà 
signalé,  comme  accidentelle,  la  présence,  chez  nous,  des 
Ph.  fulicarius  et  hyperboreus.  Vers  la  fin  de  l'hiver  1844 
ou  1845,  je  trouvai  sur  notre  marché  un  bel  individu  du 
Fulicarius,  en  livrée  de  jeune.  A  quelques  jours  de  là,  je 
rencontrai  chez  le  même  marchand  de  gibier  quatre  ou 
cinqPh.  hyperboreus,  en  livrée  d'hiveraussi,  ettousen très- 
mauvais  état.  Ne  connaissant  pas  alors  tout  le  prix  d'une 
pareille  capture,  je  me  contentai  de  prendre  le  moins  mau- 
vais, dont  je  tirai  un  assez  médiocre  parti;  depuis  lors,  je 


lOfc       REV.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

n'ai  plus  vu  ni   l'un  ni  l'autre  de  ces  deux   oiseaux. 
Gallinago.  —  Je  ne  connais  de  ce  genre  que  les  trois 
espèces  :   G.  major,  G.  scolopacinus  et  G.  gallinula.  Un 
mot  seulement  au  sujet  de  la  G.  Brehmi.  Ni  la  taille  plus 
forte,  ni  la  longueur  du  bec,  ni  la  coloration  des  pennes 
de  la  queue  ne  sont  des  caractères  constants  aux  yeux 
mêmes  des  autorités  qui  ont  établi  cette  espèce  ;  quant  au 
nombre  et  à  la  disposition  des  rectrices,  je  n'y  vois,  hélas  -? 
rien  de  plus!  Quelque  soin  que  j'aie  mis  à  étudier  les  bé- 
cassines qui  m'ont  passé  sous  les  yeux,  j'avoue  qu'il  m'a 
été  impossible  de  saisir  un  caractère  réellement  capable 
de  distinguer  cette  espèce.   Que  signifie  cette  dernière 
penne  faisant  saillie  sur  le  bord  de  la  queue  de  manière  à 
rompre  la  monotonie  de  la  ligne  courbe?  L'oiseau  aura 
seize  rectrices,  si  elle  existe;  il  n'en  aura  que  quatorze,  si 
celle-ci  manque;  et  elle  manque,  au  reste,  assez  souvent 
d'un  seul  côté.  Est-elle  un  apanage  de  l'oiseau  adulte? 
Cette  supposition  me  paraîtrait  assez  rationnelle,  mais  il  est 
bien  évident  que,  si  cette  plume  lui  fait  défaut,  la  queue 
se  trouvera  arrondie.  Or  j'ai  trouvé  des  bécassines  avec 
seize  plumes  à  la  queue  et  une  saillie  insignifiante  ;  d'autres, 
n'en  ayant  que  quatorze,  présentaient,  au  contraire,  une 
saillie  très-prononcée  des  deux  rectrices  externes  ;  enfin 
j'en  ai  rencontré  (Scol.  peregrina  et  Scol.  Delamotii)  qui 
n'en  avaient  que  douze.  La  seule  conclusion  que  je  me  sois 
permise  était  que  j'avais  affaire  à  divers  âges  et  à  divers 
états  de  mue.  Un  vol  plus  droit  et  l'absence,  en  partant, 
de  ce  petit  cri  bien  connu  auraient  pour  moi  plus  de  va- 
leur, si  les  indications  données  par  nos  chasseurs  de  Ca- 
margue, qui  sont  aussi  bons  juges  en  pareille  matière,  ne 
m'avaient  appris  que  ces  variations  dans  le  vol  et  le  cri  de 
ces  oiseaux  tenaient  simplement  à  des  conditions  atmos- 
phériques. Ces  conditions,  il  est  vrai,  ne  m'ont  pas  paru 
bien  nettement  arrêtées  dans  l'esprit  de  ces  braves  gens 
peu  habitués  aux  déductions  logiques  ;  mais  tant   est-il 
que  ce  fait  d'observation  pratique,  qui  demande  d'à- 


TRAVAUX     INÉDITS.  105 

bord  à  être  confirmé,  m'a  mis  en  profonde  considéra- 
tion  


Description  de  quelques  espèces  d'AMMOMTES  nouvelles 
des  terrains  jurassiques  et  crétacés;  par  M.  Alcide 

d'ORBIGNY. 

Depuis  la  publication  de  notre  Paléontologie  française 
relative  aux  céphalopodes  des  terrains  jurassiques  et  cré- 
tacés, nous  avons  déjà,  en  1850,  indiqué  un  nombre 
assez  considérable  d'ammonites  nouvelles,  dans  notre 
Prodrome  de  paléontologie  slratigraphique.  Nous  croyions, 
alors,  avoir  épuisé  le  nombre  des  espèces  de  ce  grand 
genpe,  mais  les  recherches  que  nous  n'avons  cessé  de 
faire,  sur  tous  les  points  de  la  France,  nous  ont  prouvé 
que  le  dernier  mot  est  loin  d'être  dit  sur  les  richesses 
paléontologiques  de  notre  belle  patrie.  C'est  en  attendant 
les  suppléments  de  notre  Paléontologie  française,  où  toutes 
ces  espèces  seront  figurées ,  que  nous  indiquons  aujour- 
d'hui, seulement  pour  prendre  date,  les  vingt-sept  ammo- 
nites qui  suivent. 

Espèce  de  l'étage  sinémurien  ou  lias  inférieur. 

1 .  A.  Duryancs.  —  Testa  compressa  ;  anfractibus  compressis,  late- 
ribus  convexiusculis  transversim  47-costatis;  costis  rectis,  angustatis, 
elevatis,  simplicibus,  externe  eVanesceutibus;  dorso  rotundato,  laevi- 
gato;  apertura  compressa. 

Cette  espèce,  voisine  de  VA.  tortilis,  s'en  distingue  par 
ses  côtes  droites,  par  ses  tours  plus  larges  et  croissant 
bien  plus  rapidement.  De  Torcenay  (Haute-Marne) ,  re- 
cueilli par  M.  Babeau  et  par  nous.  Rare.  Notre  collection. 

Kspèce  de  l'étage  toarcien  ou  lias  supérieur. 

2.  A.  Morei.  —  Testa  compressa;  anfractibus  compressis,  lateribus 
convexiusculis,  transversim  39-costatis;  costis  acutis,  flexuosis,  an- 


106         REV.  ET  MAG.  DE   ZOOLOGIE.    (Mars  1856.) 

gustatis,  simplicibus  ornatis;  externe  iucrassatis;  non  interruptis 
dorso  subangulato;  apertura  ovali,  compressa. 

Cette  espèce  se  distingue  de  toutes  les  autres  de  l'étage 
par  ses  côtes  simples  flexueuses,  épaissies  sur  le  dos. 
Elle  a  été  découverte  par  M.  Emile  de  More,  à  Serverette, 
près  de  Mende  (Lozère),  dans  l'étage  toarcien. 

Espèces  de  l'étage  bajocien  ou  de  l'oolithe  inférieure. 

3.  A.  Arcus.  —  Testa  compressa;  anfractibus  rotundato-depressis, 
augustatis  lateribus;  costis  24  externe  in  medio  incrassatis,  tubercu- 
latis,  externe  quadrifuscatis  in  dorso  rectis;  apertura  circulari. 

Cette  espèce  est  voisine  de  Y  À.  Humphriesianus,  mais 
elle  n'a  pas  de  changements  de  formes  déterminés  par 
l'âge,  et  est  toujours  à  tours  très-étroits.  Nous  l'avons  re- 
cueillie près  de  la  Motte-Saint-Heray  (Deux-Sèvres)  /  De 
notre  collection. 

4.  A.  Arinds.  —  Testa  compressa;  anfractibus  angustatis,  subqua- 
dratis,  lateribus  transversis  3i-costatis  ;  costis  acutis,  rectis,  simpli- 
cibus, externe  tuberculatis  in  dorsum  bifurcatis,  interruptis  ;  apertura 
subquadrangulari. 

Cette  espèce  rappelle  un  peu  Y  A.  interruptus,  mais  ses 
tours  sont  infiniment  plus  étroits,  et  les  tubercules  plus 
près  du  dos.  Nous  l'avons  rencontrée  à  la  Motte-Saint- 
Heray  (Deux-Sèvres).  De  notre  collection. 

5.  A.  Arge.  —  Testa  compressa;  anfractibus  angustatis  compres- 
siusculis,  lateribus  48-costatis;  costis  angustatis  obliqais,  externe 
bifurcatis  in  dorsum  interruptis  ;  apertura  compressa. 

Cette  espèce  rappelle  Y  A.  Martinsii  ;  cependant  elle 
s'en  distingue  par  ses  tours  étroits  et  ses  côtes  non  tri- 
furquées,  quelquefois  simples.  Nous  l'avons  recueillie  aux 
environs  de  la  Crèche  (Deux-Sèvres).  De  notre  collection. 

6.  A.  Arion.  —  Testa  compressa;  anfractibus  angustatis,  quadran- 
gularis,  depressis,  lateribus  31-costatis;  costis  rectis ,  obtusis  ex- 
terne tuberculatis,  in  dorsum  bifurcatis  contiuuis  ;  dorso  complanato  ; 
apertura  depressa,  quadraugulari 


TRAVAUX   INÉDITS.  107 

Celle  espèce  rappelle  un  peu  le  dos  de  VA.  Germaini, 
mais  elle  est  bien  plus  épaisse;  son  dos  est  plus  large  et 
les  côtes  du  dos  en  zigzags  réguliers.  Des  environs  de 
Bayeux  dans  la  couche  d'oolithe  ferrugineuse,  où  elle  est 
très- rare.  De  notre  collection. 

Espèce  de  l'étage  bathonien  ou  grande  oolithe. 

7.  A.  Asius.  —  Testa  compressa;  anfractibus  dilatatis  depressis  , 
lœvigatis,  ultimo  anfractu  externe  oblique  costulato  ;  dorso  rotundato, 
lœvigato;  apertura  oblonga  compressa. 

Cette  espèce,  que  nous  avons  figurée  pi.  152,  fig.  4,  et 
que  nous  avons  rapportée  à  tort  à  VA.  hertîcus,  est  bien 
une  espèce  spéciale  à  l'étage  bathonien  de  Ranville  (Cal- 
vados), où  nous  l'avons  recueillie.  De  notre  collection. 

espèce  de  l'étage  callovien  ou  oxfordien  supérieur. 

8.  A.  Aurelius.  —  Testa  compressa;  anfractibus  angustatis,  com- 
pressis,  quadraogularis,  lœvigatis,  externe  tuberculis  obliquis  orna- 
tis;  dorso  complanato  ;  apertura  compressa  oblonga,  autice  truncata. 

Cette  espèce  se  rapproche  un  peu  de  VA.  bipartilus, 
mais  elle  n'en  a  ni  la  carène  dorsale  ni  les  côtes  en  faux . 
Des  environs  de  Châtillon-sur-Seine  (Côte-d'Or).  Notre 
collection. 

Espèces  de  l'étage  oxfordien. 

9.  A,  Bathls.  —  Testa  compressa;  anfractibus  angustatis,  rotun- 
dato-quadratis,  transversim  30  costatis;  costis  elevatis,  redis,  externe 
iucrassato-tuberculatis;  dorso  in  medio  lajvigato  subsulcato;  aper- 
tura quadraugulari. 

Cette  espèce  ne  se  rapproche  d'aucune  autre  de  l'étage 
oxfordien.  De  la  Grimaudière  (Vienne),  de  Niort  (Deux- 
Sèvres),  dlgnol  (Cher).  De  notre  collection. 

10.  A.  Bianor.  —  Testa  compressa;  anfractibus  angustatis  rotuu- 
datis,  transversim  costulatis,  sulcis  excavatis  3  limbatis;  apertura 
compressa  ovali. 

Cette  espèce  est  très-remarquable  par  ses  trois  sillons 


108  REV.  ET  MAC  DE  ZOOLOGIE.  (Mars  1856.) 

transverses  bordés  d'un  bourrelet  saillant  de  chaque  côté. 
Nous  l'avons  recueillie  à  Ignol  (Cher),  où  elle  est  très-rare. 
Notre  collection. 

lt.  A.  Brutus.  —  Testa  compressa;  anfractibus  corapressis,  dila- 
tatis,  laevigatis,  interne  exteraeque  tuberculis  ornatis;  dorso  rotuu- 
dato  ;  apertura  ovali. 

Cette  espèce  avec  la  forme  des  ammonites,  à  dos  rond , 
a  des  tubercules  petits  et  serrés  sur  les  côtés.  Aux  envi- 
rons du  Braussel  (Var),  recueillie  par  M.  Toucas.  Notre 
collection. 

12.  A.  Camillus. —  Testa  compressa;  anfractibus  latis,  compressis, 
laevigatis;  dorso  rotundato ,  tuberculato ,  tuberculis  numerosis  ap- 
proximatis,  ornato  ;  apertura  ovali. 

Cette  espèce,  assez  voisine  de  VA.  Huerici,  s'en  dis- 
tingue par  les  petits  tubercules  du  dos.  Des  environs  de 
Niort  (Deux-Sèvres).  Notre  collection. 

Espèce  de  l'étage  kimmeridgien. 

13.  A.  Cephus.  —  Testa  compressa;  anfractibus  latis,  compressis, 
ltevigatis ,  dorso  subangulato  ;  apertura  compressa ,  sagittata ,  antice 
subacuminata. 

Cette  espèce  est  voisine  de  VA.  Cimodoce,  mais  les  tours 
sont  plus  enveloppants,  et  les  lobes  accessoires  sont  plus 
nombreux  aux  cloisons.  De  l'étage  kimmeridgien  du 
Havre  (Seine-Inférieure).  Collections  paléontologiques  du 
Muséum. 

Espèces  de  l'étage  urgonien  ou  néocomien  supérieur. 

14.  A.  Bargesii.  —  Testa  compressa  ;  anfractibus  dilatatis,  leevi- 
gatis  ;  umbilico  angustato ,  infundibuliformi  ;  apertura  ovali ,  com- 
pressa ;  septis  complicatis. 

Cette  espèce  rappelle,  par  son  ombilic  étroit,  VA.  Ro- 
nyanus,  mais  elle  est  lisse  et  ses  lobes  sont  tout  à  fait  dis- 
parates. De  l'étage  urgonien  des  environs  de  Roquefort 
(Var),  découverte  par  M.  l'abbé  Barges. 


TRAVAUX    INÉDITS.  109 

Espèce  de  l'étage  albien  ou  gault 

15.  A.  Morissei.— Testa  compressa;  anfractibus  latis,  compressis, 
lateribus  compressis,  intus  12  tuberculis  compressis,  ornatis,  externe 
costis  42  flexuosis  in  dorso  crenatis,  contimiis;  dorso  angulato  cre- 
nulato;  umbilico  augustato;  apertura  compressa,  oblooga,  antice  an- 
gulosa. 

Cette  espèce,  très-remarquable,  a  les  côtes  de  Y  A.  dena- 
rius,  mais  avec  le  dos  crénelé  et  anguleux.  Du  Havre 
(Seine-Inférieure).  De  notre  collection. 

Espèces  de  l'étage  cénomanien. 

16.  A.  Popelinianus.  —  Testa  compressa;  anfractibus  compressis, 
latis,  transversim  costulatis ,  umbilico  magno  ;  apertura  compressa 
ovali. 

Cette  espèce  rappelle  la  forme  de  Y  À.  Lewesiensis,  mais 
elle  en  diffère  par  les  côtes  nombreuses  de  ses  tours.  Des 
environs  de  Neuvy-sur-Loire  (Nièvre),  où  elle  a  été  re- 
cueillie par  M.  Popelin. 

17.  A.  Combksii.  —  Testa  discoidea,  globulosa  ;  anfractibus  de- 
pressis,  inflatis,  latis,  intus  6  tuberculatis,  externe  19-costatis;  costis 
latis  depressis  in  dorso  tuberculatis;  dorso  lato,  bituberculato,  in 
medio  depresso;  umbilico  augustato;  apertura  transversa  semilu- 
nari. 

Cette  espèce  rappelle  les  ornements  de  Y  À.  Flcuriunsis, 
mais  elle  est  infiniment  plus  renflée  et  a  l'ombilic  bien 
plus  étroit.  Nous  l'avons  recueillie  aux  environs  de  Fumel 
(Lot-et-Garonne)  ;  M.  l'abbé  Barges  Ta  aussi  rencontrée 
dans  la  commune  de  Roquefort  (Var).  De  notre  collection. 

18.  A.  Ciiloris.  —  Testa  discoidea,  inflata,  angustate  umbilicata  ; 
anfractibus  compressis,  convexis,  transversim  12-costatis;  costis  de- 
pressis, rectis  simplicibus  ornatis  ;  dorso  subangulato  ;  apertura  lata, 
antice  aDgulata. 

Cette  charmante  espèce,  par  ses  tours  embrassants,  ses 
côtes  simples  et  le  manque  de  tubercules,  se  distingue 
nettement  de  toutes  les  autres.  Elle  a  été  recueillie  en  1852, 


110        rev.  et  mag.  de  zoolooie.  (Mars  1856.) 

sur  le  territoire  de  la  commune  de  Roquefort  (Var),  par 
M.  l'abbé  Barges.  De  notre  collection. 

19.  A.  Clio.  —  Testa  compressa;  aufractibus  complanatis,  latis, 
laevigatis;  dorso  truncato  tricostato;  umbilico  angustato;  apertura 
compressa,  antice  truncata. 

Cette  espèce  a  laforme  de  VA.  Largillienianus,  cependant 
ses  tours  sont  lisses,  son  dos  plus  large  et  pourvu  de  trois 
carènes  très-prononcées.  Nous  l'avons  recueillie  sur  les 
bords  du  Lot,  près  de  Fumel  (Lot-et-Garonne),  où  elle 
est  rare.  De  notre  collection. 

20.  A.  Curius.  —  Testa  discoidea ,  clypeiformi  ;  aufractibus  latis, 
compressis,  laevigatis;  dorso  acuto,  cultrato  ;  umbilico  angustato; 
apertura  compressa,  sagittata. 

La  forme  comprimée  de  cette  espèce,  la  rapproche  de 
VA.  clypei forints,  mais  elle  est  plus  comprimée  et  bien 
plus  tranchante  sur  la  région  dorsale.  Du  port  des  Bar- 
ques (Charente-Inférieure).  De  notre  collection. 

Espèces  de  l'étage  turonien. 

21.  A.  Clito.  —  Testa  compressa;  aufractibus  latis,  laevigatis,  con- 
vexiusculis;  dorso  bicarinato,  in  medio  depresso;  apertura  elougata, 
compressa,  antice  truncata;  umbilico  angustato. 

Espèce  distincte  de  toutes  les  autres  par  son  ombilic 
étroit  et  son  dos  bicarénré.  De  la  Roche-Posay  (Vienne), 
recueillie  par  nous.  De  notre  collection. 

22.  A.  Clitus.  —  Testa  compressa  late  umbilicata  ;  anfractibus  de- 
pressis,  transversim  12~undato  costatis,  costls  latis  complanatis  ; 
flexuosis,  externe  incrassatis  ;  dorso  lato,  complanato,  lateribus  ca- 
rinato  ;  apertura  compressa,  antice  truncata. 

Cette  espèce  est  voisine  de  la  précédente,  mais  en  dif- 
fère par  son  large  ombilic  et  son  dos  bien  plus  large. 
De  Poncé  (Sarthe).  De  notre  collection. 

23.  A.  Circe.  —  Testa  incrassata,  late  umbilicata;  anfractibus  in- 
flatis,  latis,  larvigatis  interne  8-tuberculis  depressis  ornatis;  dorso 
convexo,  subcomplanato  ;  apertura  depressa,  lata,  antice  truncata. 

Cette  espèce  est  certainement  le  jeune  Age  de  ces  grosses 


TRAVAUX     INÉDITS.  111 

ammonites  de  près  d'un  mètre  de  diamètre,  qui  diffèrent 
des  A.  Lewesiensis  et  Peramplus,  par  leurs  tours  ronds 
renflés.  De  Poncé  (Sarthe),  et  de  Beaumont  (Vienne).  De 
notre  collection. 

24.  A.  Canthus.  —  Testa  depressa,  late  umbilicata  ;  anfractibus, 
lateribus  complanatis,  laevigatis,  dorso  carinato,  tuberculosis  serie- 
bus,  ornato;  apertura  quadrangulari,  antice  triangulata. 

De  Mont-Richard  (Loir-et-Cher),  notre  collection.  Elle 
est,  par  sa  forme,  voisine  de  VA  Papalis,  mais  s'en  distin- 
gue par  le  manque  de  côtes  et  de  tubercules  saillants 
latéraux. 

25.  A.  Cryseis.  —  Testa  compressa,  late  umbilicata;  anfractibus 
depressis,  inflatis,  lateribus  costis  inaequalibus,  rectis,  interne  incras- 
satis  ornatis;  dorso  lato  convexo,  laevigato;  apertura  depressa,  semi- 
lunari. 

Voisine  de  VA.  Circe ,  celle-ci  a  ses  tours  infiniment  plus 
étroits  et  les  ornements  très-différents.  De  Poncé  (Sarthe). 

Espèces  de  l'étage  sénonien  ou  craie  blanche. 

26.  A.  Donis.  — Testa circulari compressa clypeiformi;  anfractibus 
latis,  eompressis,  subcomplanatis;  transversim  undato-costatis  ;  costis 
depressis,  rectis  alternatis,  externe  inerassatis,  tuberculis  eompressis 
oruatis;  dorso  tricarinato,  acuto,  umbilico  angustato;  apertura  com- 
pressa, sagittata  antice  triangulata. 

Cette  espèce,  par  son  ensemble,  rappelle  TA.  varions, 
mais  en  diffère  par  les  côtes  non  tuberculeuses  sur  les 
côtés,  et  son  ombilic  infiniment  plus  étroit.  Sommet  des 
coteaux  des  environs  de  Fumel  (Lot-et-Garonne),  et  à 
Meyrols  (Dordogne).  De  notre  collection. 

27.  A.  Dirce.  —  Testa  compressa,  late  umbilicata;  anfractibus 
complanatis,  augustatis,  transversim  costatis;  costis  angustatis  ex- 
terne bifurcatis  arcuatis;  dorso  depresso  carinato;  apertura  oblonga 
compressa,  antice  truncata. 

Espèce  voisine  de  Y  A.  Bourgeoisianas,  mais  infiniment 
plus  comprimée  et  sans  tubercules  latéraux  et  au  dos.  De 
Villedieu  ^Sarthe).  De  notre  collection. 


112        REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  [Mars  1856.) 

Description  de  dix  coléoptères;  par  M.  James  Thomson. 

Ma  collection  de  coléoptères  a  été  presque  entièrement 
formée  par  le  démembrement  des  anciennes  grandes  col- 
lections de  Paris.  La  plupart  d'entre  elles  lui  ont  payé  un 
tribut,  soit  en  familles,  soit  en  groupes  partiels,  de  sorte 
que  je  suis  parvenu  à  réunir  en  une  seule  collection  plu- 
sieurs musées  d'insectes,  qui  pouvaient,  chacun,  prétendre 
au  premier  rang  dans  la  hiérarchie  entomologique.  Il  ré- 
sulte de  cet  état  de  choses  que  je  possède  un  nombre 
d'espèces  très-considérable  (1) ,  et  que  parmi  ces  espèces 
il  y  a  une  foule  de  types  nouveaux  portant,  le  plus  souvent, 
des  noms  sans  valeur.  Je  me  propose,  aujourd'hui,  défaire 
connaître  quelques-uns  de  ces  insectes,  choisis  au  hasard 
dans  les  volumes  de  ma  bibliothèque  de  coléoptères.  C'est 
le  commencement  d'un  petit  travail  auquel  devraient  se 
livrer  tous  les  amateurs  d'insectes  qui  possèdent  une 
grande  et  intéressante  collection. 

1.  Distipsidera  Mniszechii.  Nouvelle  Calédonie.  PI.  5, 
f.  1.  —  L'individu  que  je  possède  est,  je  crois,  le  seul 
qui  existe  dans  les  collections  (2).  Il  est  d'une  couleur 
brunâtre  en  dessus,  avec  huit  taches  blanches  latérales  sur 
les  élytres  et  d'un  vert  brillant  en  dessous.  J'ai  l'honneur 
de  dédier  cette  espèce  à  M.  le  comte  de  Mniszech. 

Tête  bronzée,  ponctuée,  front  protubérant;  chaperon 
bordé.  Labre  très-grand,  dentelé,  uni,  d'un  jaune  sale. 
Mandibules  noires.  Palpes  d'un  jaune  testacé;  antennes 

(1)  Mes  Carabiques  ont  absorbé  quatre  collections  et  comptent  près 
de  5,000  espèces.  J'ai  environ  1,400  espèces  de  Buprestes  sorties  de 
trois  collections  ;  Dejean  n'en  possédait  pas  500.  J'ai  plus  de  300  es- 
pèces de  Clérites.  J'ai  acquis  sk  collections  d'Hispides  pour  m'en 
former  une  de  400  espèces.  La  plupart  des  autres  familles  sont  sur 
le  même  pied  et  renferment  un  nombre  de  doubles  très-considérable. 

(2)  M.  Guérin-Méneville  vient  de  recevoir  un  second  individu  qui, 
avec  deux  autres  espèces ,  forme  un  genre  nouveau  qu'il  va  publier 
incessamment. 


TRAVAUX     INÉDITS.  113 

noires.  Corselet  bronzé,  ponctué,   renflé   au  milieu  des 
bords  latéraux  qui  portent  chacun  une  petite  épine.  Scu- 
tellum  bronzé.  Élytres  dépassant  de  beaucoup  le  corselet, 
brunes,  couvertes,  dans  leur  partie  antérieure,  d'une  sorte 
de  végétation  bronzée,  formée  par  de  gros  points  enfon- 
cés. La  suture  est  bordée.   On  observe  sur  chaque  élytre 
deux  carènes  longitudinales  et  trois  bandes  latérales,  dont 
une  numérale,  l'autre  médiane,  et  la  troisième  postérieure. 
La  première  enveloppe  l'épaule,  la  seconde  se  détache  du 
côté,  la  troisième  n'est  plus  qu'un  gros  point  rond.  Des- 
sous du  corps  uni,  d'un  beau  vert  métallique.  Les  pattes 
antérieures  ont  les  cuisses  noires.  Les  autres  pattes  sont 
d'un  testacé  roussâtre.  Tarses  noirs.  —  L.,20;  1.,  6  mill. 
Genre  erymanthus,  Klug.,  in  coll.  Dejean  (1).  Espèces 
publiées  jusqu'à  ce  jour  :  1.  Gemmatus,  Spin.  Cap.  — 
2.  Horridus,  West.  Cap.  — 3.  Variolatus,  de  Brème.  Sénég. 
J'en  fais  connaître  aujourd'hui  deux  espèces  nouvelles  : 
le  premier  est  l'insecte  le  plus  curieux  et  le  plus  extraor- 
dinaire de  la  famille  des  Clérites;  le  second  mérite  égale- 
ment de  fixer  l'attention. 
2.  Érymanlhus  Belzebuth.  Sénégambie.  —  PI.  5,  f.  2. 
Corps  légèrement  garni  de  poils. 
Tête  testacée,  avec  une  bosselure  noire  ponctuée  entre 
les  yeux;  chaperon  testacé.  Labre  brunâtre.  Mandibules 
noires  et  arquées.  Palpes  testacés.  Antennes  de  même 
couleur,  les  trois  derniers  articles  gris.  Corselet  d'un  tes- 
tacé roussâtre,  bosselé,  plus  long  que  large,  avec  une  fos- 
sette profonde,  noire  au  milieu,  entourée  de  dix  petites 
taches  noires,  deux  et  trois  de  chaque  côté.  Scutellum 
grand,  d'un  brun  foncé,  presque  noir.  Élytres  décrivant 
une  ellipse,  qui  atteint  son  maximum  de  largeur  vers  les 
trois  quarts   de   leur  longueur.  Le  disque  est  luisant  et 
d'un  testacé  roussâtre,  couvert  de  points  enfoncés  et  de 

(1)  Voir  la  description  de  ce  genre  dans  la  Monographie  des  Clé- 
rites  par  le  marquis  de  Spiuola  ,  vol.  XI,  p.  55. 

2e  skrik.  t.  vui.  Année  1856.  8 


114        rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Mars  1856.) 

tubercules,  dont  quatre  supérieurs  surmontés  d'une  petite 
touffe  de  poils  blonds  et  deux  inférieurs  suturaux  sans 
poils.  Les  élytres  offrent  deux  petites  taches  noires  humé- 
raies,  deux  grandes  taches  noires  transversales,  placées 
au-dessus  des  six  principaux  tubercules,  et  deux  petites 
touffes  suturales  de  poils  noirs  à  la  base.  Poitrine  de  la 
même  couleur  que  le  scutellum,  finement  ponctuée.  Seg- 
ments abdominaux  entiers,  moins  le  dernier,  qui  est  échan- 
cré;  ils  sont  recouverts  d'une  forte  pubescence  rousse 
qui  leur  donne  l'apparence  d'une  brosse.  Jambes  rous- 
ràtres,  avec  une  tache  noire  au  milieu  de  la  cuisse.  Les 
cuisses  des  jambes  antérieures  renflées.  Tarses  de  même 
couleur.  —  L.,  20  ;  1.,  de  4  à  6  mill. 

Cet  insecte  semble  être  voisin,  pour  la  forme,  de  YEry- 
manthushorridus.  VE.  gemmatus  se  rapproche  davantage 
de  ma  seconde  espèce. 

3.  Erymanthus  vesuvioides.  Grand  bassam.  —  PL  5,  f. 
3,4. 

Corps  légèrement  garni  de  poils. 

Tète  noire  avec  des  taches  testacées,  finement  ponctuée, 
avec  une  bosselure  noire,  qui  s'étend  depuis  les  yeux  jus- 
qu'à la  base  du  corselet.  Chaperon  et  labre  fauves.  Man- 
dibules noires.  Palpes  d'un  jaune  clair.  Antennes  testa- 
cées, aux  extrémités  brunâtres.  Corselet  d'un  testacé 
roussâtre  dans  sa  partie  antérieure,  noirâtre  dans  sa  par- 
tie postérieure ,  légèrement  ponctué ,  avec  une  fossette 
profonde,  noire  au  milieu  du  disque,  et  deux  points  noirs 
dans  les  angles  antérieurs.  Scutellum  petit,  brun.  Élytres 
décrivant  une  ellipse  plus  parfaite  que  dans  Y  Erymanthus 
Belzebuth  ;  elle  atteint  son  maximum  de  largeur  sur  les 
trois  quarts  de  la  longueur  des  premières,  qui  sont  lui- 
santes et  testacées  jusqu'à  la  naissance  de  l'ellipse,  et  en- 
suite noires  jusqu'à  leur  extrémité.  La  partie  anté-ellip- 
tique  est  couverte  de  points,  de  stries,  et  de  petits  tuber- 
cules. Elle  offre  deux  bosselures  brunes  à  la  base  des  ély- 
tres dans  les  angles  huméraux,  et  deux  renflements  tuber- 


TRAVAUX    INÉDITS.  115 

culeux  d'un  jaune  clair,  couronnés  d'une  petite  touffe  de 
poils  blanchâtres  située  à  l'extrémité  de  la  partie  testacée. 
La  partie  elliptique  et  noirâtre  des  élytres  présente  une 
surface  carbonisée,  sur  laquelle  s'élèvent  une  foule  de  bos- 
selures noires  et  trois  tubercules  principaux  sur  chaque 
élytre.  Ces  tubercules  sont  aussi  couronnés  d'une  petite 
touffe  de  poils  blanchâtres;  on  dirait  les  cratères  d'un 
volcan.  Dessous  du  corps  et  poitrine  entièrement  noirs  et 
glabres,  garnis  de  quelques  poils.  On  observe  quelques 
petites  taches  fauves  sur  les  côtés  des  segments  abdomi- 
naux. Cuisses  des  jambes  antérieures  renflées,  d'un  jaune 
testacé.  Pattes  intermédiaires  de  même  couleur.  Pattes 
postérieures  un  peu  plus  longues  que  les  autres  et  de  la 
même  couleur  que  l'abdomen  Tarses  bruns.  —  L.,  15; 
1.,  de4à6mill. 

Variation  A  (fig.  4).  La  partie  elliptique  des  élytres  est 
de  la  couleur  générale,  avec  quelques  traces  de  noir  vers 
l'extrémité  rappelant  la  coloration  de  l'espèce  typique. 
Les  jambes  postérieures  sont  tachetées  de  jaune. 

4.  Psiloptera  président.  Panama.  —  PI.  6,  fig.  1.  D'un 
vert  brillant  en  dessus  et  d'un  pourpre  en  dessous.  M.  de 
Mniszech  en  possède  un  exemplaire  de  petite  taille. 

Tête  d'un  vert  brillant,  fortement  granulée  et  creusée 
sur  le  front.  Labre  verdâtre,  finement  pointillé.  Mandi- 
bules noires  et  lisses.  Antennes  (mutilées)  ;  leur  base  est 
d'un  rouge  cuivreux.  Corselet  vert,  très-granuleux,  avec 
deux  points  enfoncés  aux  angles  postérieurs  et  un  point 
enfoncé  au  milieu  de  la  base.  Scutellum  vert  et  presque 
nul.  Élytres  dépassant  le  corselet,  fortement  striées  et 
ponctuées;  ces  stries  sont  traversées  par  une  multitude  de 
taches  assez  lisses  et  jaunâtres;  les  élytres  sont  légèrement 
dentées.  Segments  abdominaux  d'un  pourpre  tendre  au 
milieu,  et  pubescents  sur  les  côtés.  Pattes  de  même  cou- 
leur, pontuées.  Tarses  mutilés;  le  premier  article  est  vert, 
les  autres  paraissent  être  pourpres.  —  L.,  32  ;  1.,  13  mil!. 

5.  Conognatha  navarchis.   Tasmanie.  —  PI.  6,  fig.  2. 


116      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

Il  forme  probablement  un  nouveau  genre.  En  dessus,  d'un 
violet  brunâtre  avec  deux  bandes  transversales  sur  les  ély- 
tres;  en  dessous,  d'un  violet  brunâtre. 

Tête  cuivreuse.  Front  caréné.  Labre  d'un  jaune  pâle. 
Mandibules  noires.  Palpes  verts.  Antennes  bleues.  Corse- 
let cuivreux,  tçès-ponctué,  presque  aussi  large  que  la  base 
des  élytres.  Pas  de  scutellum.  Élytres  d'un  violet  brunâ- 
tre, ponctuées,  couvertes  de  stries  longitudinales  fort  sail- 
lantes à  la  base,  avec  deux  bandes  jaunes  transversales 
dont  la  dernière  n'atteint  point  la  suture,  échancrées, 
biépineuses  ;  les  épines  de  la  suture  sont  les  plus  grandes. 
Segments  abdominaux  d'un  violet  rougeâtre,  finement 
ponctués.  Pattes  de  même  couleur;  les  antérieures  ont  un 
reflet  vert  intérieurement.  Tarses  bruns. — L.,  16;l.,7mill. 

6.  Stigmodera  capucina.  Nouvelle  Hollande,  Morton 
Bay.  —  PL  6,  fig.  3. 

D'un  jaune  fauve  tacheté  de  noir  en  dessus ,  bleu  foncé 
en  dessous.  J'en  connais  un  second  individu  dans  la  col- 
lection de  M.  le  comte  de  Mniszech  ;  il  est  pareil  au  mien. 

Tête  d'un  jaune  fauve  avec  une  tache  noire  sur  le  front. 
Labre  brun.  Mandibules  et  palpes  noirs.  Antennes  d'un 
bleu  verdâtre,  très-fortes.  Corselet  et  poitrine  d'un  jaune 
fauve,  rond,  ponctué,  traversé  par  un  sillon  longitudinal 
noir,  ayant  un  point  noir  à  chaque  angle  antérieur,  et  un 
second  point  noir  plus  petit,  au-dessous  de  chaque  angle 
postérieur.  Élytres  d'un  jaune  fauve  jusqu'aux  trois  quarts 
de  leur  longueur,  où  commence  une  tache  noire  qui  re- 
monte en  diminuant  jusque  vers  le  milieu  de  la  suture,  et 
se  prolonge  jusqu'à  l'extrémité,  qui  est  échancrée.  Chaque 
élytre  présente  trois  carènes  longitudinales.  Segments 
abdominaux  finement  ponctués  et  d'un  bleu  foncé.  Les 
pattes  antérieures  ont  la  plus  grande  partie  des  cuisses 
d'un  jaune  fauve;  tibia,  pattes  intermédiaires  et  posté- 
rieures d'un  bleu  foncé.  Tarses  obscurs.  — L.,  19;  1., 
6  1/2mill. 

7.  Capnodis  Saroltœ.  Cap  de  Bonne-Espérance. — PI.  6, 


TRAVAUX   INÉDITS.  1  17 

fig.  4.  —  J'ai  vu  un  second  individu  de  cette  espèce  dans 
la  collection  de  M.  le  comte  de  Mniszech.  M.  Dupont 
l'avait  appelé  C.   Argus,  mais  ce  nom  n'a  pas  été  publié. 

Tête  brunâtre.  Front  recouvert  d'une  petite  végétation 
noire.  Organes  de  la  bouche  noirs.  Antennes  noires.  Cor- 
selet plus  large  au  milieu  que  le  corps,  d'un  brun  métal- 
lique, excavé  au  milieu,  possédant  deux  tubercules  brillants 
qui  bordent  cette  excavation.  Élytres  d'un  brun  métal- 
lique, couvertes  d'élévations  brillantes  qui  imitent  des 
yeux.  Dessous  du  corps  d'un  brun  métallique.  Les  seg- 
ments abdominaux  sont  fortement  ponctués.  Pattes  et 
tarses  de  même  couleur  ;  les  pattes  sont  fortement  ponc- 
tuées. —  L.,24;  1.,  9  1/2  mill. 

8.  Promecotheca  Trilbyi.  Chine.  —  PI.  5,  fig.  5.  —  Tête 
d'un  vert  métallique.  Labre  et  mandibules  noirs.  Palpes 
d'un  jaune  paille.  Antennes  de  dix  articles,  les  premiers 
noirs  et  lisses,  les  derniers  d'un  noir  mat.  Corselet  plus 
long  et  plus  cylindrique  que  celui  de  la  Promecotheca 
scorpio ,  d'un  vert  métallique ,  très-lisse ,  bordé  posté- 
rieurement. Scutellum  d'un  vert  métallique.  Élytres  plus 
larges  que  le  corselet,  d'un  rouge  sale,  couvertes  de  gros 
points  enfoncés.  Dessous  du  corps  d'un  vert  métallique. 
Pattes  de  même  couleur.  Tarses  noirs  et  forts.  —  L.,  12  ; 
1.,  4  mill. 

Promecotheca  scorpio.  Iles  Philippines.  —  PI.  5,  fig.  6. 
—  Tête  d'un  bleu  verdâtre.  Organes  de  la  bouche  d'un 
noir  brillant.  Antennes  de  dix  articles,  les  premiers  noirs 
et  lisses,  les  derniers  d'un  noir  mat.  Corselet  court,  d'un 
bleu  verdâtre,  très-lisse,  bordé  postérieurement.  Scutel- 
lum de  même  couleur.  Élytres  beaucoup  plus  larges  que 
le  corselet,  d'un  brun  clair,  striées,  et  fortement  ponc- 
tuées. Dessous  du  corps  d'un  bleu  verdâtre.  Pattes  de 
même  couleur.  Tarses  très-forts  et  noirs. — L.,  14  ;  L,  5  mill. 

Àlurnus  cupido.  Région  de  l'Amazone.  —  PI.  6,  fig.  5. 
— Tête  et  organes  de  la  bouche  noirs.  Antennes  noires  et 
glabres,  couvertes  de  petits  poils  très-fins.  Corselet  noir, 


118       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

glabre,  finement  ponctué,  beaucoup  plus  large  aux  an- 
gles postérieurs.  Élytres  d'un  jaune  clair,  comme  celle  de 
YAlurnus  d'Orlrignyi.  Les  deux  taches  des  élytres  sont 
noires  et  rondes.  Une  bande  noire  enveloppe  les  côtes  la- 
térales depuis  l'extrémité  des  élytres  jusqu'au  tiers  de 
leur  longueur.  Segments  abdominaux  glabres,  d'un  jaune 
de  paille.  Pattes  noires,  finement  ponctuées.  Tarses  noirs 
en  dessus  et  d'un  jaune  fauve  en  dessous.  —  L.,  20;  1., 
7  1/2  mill. 


Description  d'une  espèce  nouvelle  du  genre  Omtis  ,  Fa- 
bricius,  suivie  d'un  Catalogue  synoptique  des  espèces 
dé  ce  genre  qui  se  trouvent  en  Europe  et  sur  les  bords 
des  bassins  méditerranéens,  de  la  Méditerranée,  de 
l'Euxin  et  de  la  mer  Caspienne;  par  M.  L.  Reiche. 

Onitis  Osiridis.  Onit.  furcifero,  Rossi,  affinis.  In  mare,  supra  ni- 
gro-piceus  haud  nitidus  :  caput  transversum,  margine  subreflexum, 
rugoso  tuberculatum  ;  epistorao  late  nec  profonde  emarginato,.a  la- 
tere  rotundato;  fronte  mediocarina  brevissima,  transYersa,  instructo 
cirinaque  altéra,  continua,  inedio  parum  elevata  a  vertice  separato  ; 
lobis  ocularibus  carina  obliqua  utrinque  antice  Iimitatis.  Thorax 
transversus,  capite  plus  duplo  latior,  latitudine  quinta  parte  brevior, 
antice  late  nec  profunde  emarginatus;  augulis  obtusis;  postice  ro- 
tundatus,  marginatus,  margine  crenulatus  ;  disco  asperato-punctato, 
a  latere  dilatatim  rotundato,  utrinque,  in  dilatatione,  faveola  im- 
presso,  medio  linea  sublœvigata  ornato,  basi  medio  bifoveolato.  Scu- 
tellum  acutum,  sublaevigatum.  Elytra  thorace  angustiora,  deplanata, 
geminato-striata  ;  striis  sparse  subpunctatis  ;  interstitiis  asperato- 
subpunctatis,  quinto  et  septimo  costatim  elevatis,  nono  cariuato. 
Pygidium  paulo  couvexum ,  subrugosum.  Infra  nitidus.  Prothorax , 
postice,  medio  lobatus;  lobo  quadrato,  utrinque  tuberculatim  angu- 
lato,  medio  bifasciculato.  Sternum  laevigatum,  medio  carinula  fissa, 
brevi,  instructum  postice  medio  grosse  tuberculatum.  Abdomen  sub- 
punctatum.  Pedes  anteriores  elongati  ;  femoribus  integris,  haud 
èmarginatis,  spina  acuta,  perpendiculari,  apicali.  Alteraque  subtus, 
subbasali,  armatis;  tibiis  linearibus  subrectis,  intus  denticulatis, 
extus  quadridentatis.  Pedes  intermedii  posticique  ut  in  On.  furcifero. 

lu  fœmina.  Carina  occipitali,  medio,  in  tuberculo  acuto  elevata. 


TRAVAUX    INKDITS.  119 

Thorax  brevior,  longitudine  fere  duplo  latior.  Infra  prothorax  postice 
haud  lobatus.  Sternum  haud  tuberculatum.  Pedes  anteriores  brèves, 
incrassati.  —  L.,  16  (7  lia.);  I.  (thor.),  8  (3  1/2  lin.)  mill. 

Cette  espèce  prendra  place,  dans  la  nomenclature,  à  la 
suite  des  On.  Mœris ,  Pallas ,  et  Furcifer,  Rossi ,  dont  elle 
diffère,  au  premier  coup  d'œil,  par  sa  taille  plus  petite,  sa 
forme  plus  allongée  et  l'épine  terminale  implantée  à  angle 
droit  à  l'extrémité  de  la  cuisse.  Elle  appartient  à  ma  dou- 
zième division  des  espèces  de  ce  genre  ,  caractérisée  par 
le  bord  postérieur  du  corselet  arrondi  et  non  anguleux  au 
milieu,  et  par  le  développement  du  bord  postérieur  de  cet 
organe  en  dessous. 

La  confusion  qui  existe  dans  la  synonymie  des  espèces 
du  genre  Onitis ,  confusion  que  reconnaît  le  savant  auteur 
du  Gênera  des  Coléoptères  (M.  Lacordaire,  t.  III,  p.  105), 
m'a  porté  à  donner  ici  le  catalogue  synonymico-chrono- 
logique  de  toutes  les  espèces  décrites  d'Europe  et  des  bords 
de  la  Méditerranée,  de  l'Euxin  et  de  la  mer  Caspienne, 
que  ma  collection  possède  toutes,  et  que  j'ai  pu  étudier 
dans  tous  les  ouvrages  qui  en  ont  traité. 

Les  quatorze  espèces  qui  en  font  partie  se  divisent  na- 
turellement en  deux  sections,  dont  la  première  se  lie  au 
genre  Bubas  et  la  seconde  au  genre  Oniticellus . 

Section  A.  Corselet  anguleux  au  milieu  de  son  bord 
postérieur. 

a.   Corps  renflé. 

1.  O.  Olivieri  (1),  llliger,  Mag.,  11, 197  (1803).  —  Gall. 

merid.,  Hispania,  Algiria. 
Sphynx,  Oliv.,  Ent.,  1,  3,  135  (1789). 

2.  O.  Damœtas  (2),  Steven,  Mém.  de  la  Soc.  I.  de  Mos- 

(1)  Un  individu  de  cette  espèce  au  moindre  degré  de  développe- 
ment, et  trouvé  en  Espagne,  portait,  dans  la  collection  Dejean  et  dans 
son  Catalogue,  p.  159,  le  nom  d'O.  Damon. 

(2)  Germar  et  M.  Brullé  paraissent  n'avoir  pas  eu  connaissance  du 
travail  de  Steven  dans  les  Mémoires  de  Moscou. 


120       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

cou,  1,  163  (1806).  —  Rossia  merid.,  Graecia, 

Syria. 
■f  Damœtas,  Germar,  Sp.  nat.,  108  (1824). 
*  Steveni,  Brullé,  Exp.  de  Morée,  111,  170  (1832). 

3.  O.  Ezechias,  Reiche,  Ann.  de  la  Soc.  ent.  (1856).  — 

Syria,  .Egyptus. 

4.  O.Âm,  Oliv.,  Ent.,  1,  235  (1789).  —  Gall.  merid., 

Italie. 
Vandelli,  Fabr.,  Syst.  eleut.,  1,  28  (1801). 

5.  O.Numida,  Castelnau,  Hist.  nat.  d.  Ins.,   11,  90 

(1840). 
Strigatus  (Dej.) ,  Érichson  in  Wagner  Reise ,  170 
(1841),  Algiria. 

6.  O.  humerosus  (1),  Pallas,  Iter  in  Ross,  mer.,  appen- 

dix,  462  (1773). —  Ross,  merid.,  Syria,  Algiria. 
Menalcas,  Pallas,  Icônes,  1,  4  (1782). 
<?  Chevrolatii,  Lucas,  Exp.  se.  de  l'Alger.,  Zool., 

IIe  part.,  253  (1846). 

b.  Corps  déprimé. 

7.  O.  Inuusy  Fabr.,  Spec.  Ins.,  1,  15  (1781).  —  Graecia, 

Syria,  JEgyptus,  Algiria. 

8.  O.  unguiculatus,  Oliv.,  Ent.,  1,3,  1^7  (1789).  — 

iEgyptus. 

Section  B.  Corselet  arrondi  postérieurement,  corps 
déprimé. 

9.  O.  irroratus  (2),  Rossi,  Faun.  Etr.,  1,  7  (1790).  — 

Etruria,  Sicilia,  Sardinia,  Algiria. 

(  I  )  Quoique  Pallas  ait  lui-même  changé  ce  nom  d' Humerosus  en 
celui  de  Menalcas,  j'ai  cru  devoir  le  rétablir  pour  obéir  à  la  loi  d'an- 
tériorité. 

(2)  Cette  espèce  est  facile  à  reconnaître  aux  points  enfoncés  non  tu- 
berculeux de  ses  élytres  et  à  ses  cuisses  postérieures  dilatées,  apla- 
ties et  à  bord  supérieur  tranchant  dans  le  mâle. 


TRAVAUX   INÉDITS.  121 

10.  0.  ungaricm  (1),  Herbst,  Col.,  11,  230  (1789). 

Ctinias,  Fab.,  Ent.  syst.,  1,  19  (1792). 

ÀmyntaSy  Steven,  Mém.  de  Moscou,  1, 165  (1806). 

Melibœus ,  Mulst.,  Hist.  nat.  des  Lamellic.,  88 
(1842).  — Hungaria,  Rossia  mer.,  Syria,  Gra- 
cia, («allia  merid.,  Hispania. 

11.  O.  Pamphylus  (Dej.),  Menetriés,  Cat.  des  Ins.  de 

Lehman,  41  (1848),  Rossia  mer.  — Turcomania. 

12.  O.  Mœris,  Pallas,  Icon.,  1,  3  (1782).  —Ad  lit.  or. 

mar.  Caspic,  stepp.  Kirguis. 
?  Sophax  (2),  Fischer,  Bull.  Moscou  (1830). 

13.  O.  furcifer,  Rossi ,  Mant.  Ins.,  11,  7  (1794).  —  Etru- 

ria,  Sicilia,  Algiria. 

14.  O.  Osiridis,  Reiche,  Rev.  et  Mag.  de  Zool.,  1856.  — 

iEgyptus,  Arabia. 


Mémoire  sur  les  gale-insectes  de  l'Olivier,  du  Citronnier, 
de  l'Oranger,  du  Laurier-Rose,  et  sur  les  maladies  qu'ils 
y  occasionnent  dans  la  province  de  Nice  et  dans  le  dé- 
partement du  Var,  par  le  docteur  J.  B.  Rorineau-Des- 
voidy. 

Je  savais  que,  les  Oliviers  et  les  Citronniers  delà  France 
méridionale  sont,  depuis  un  certain  nombre  d'années,  in- 
festés de  maladies  que  les  efforts  de  l'intelligence  humaine 
n'ont  encore  pu  ni  surmonter  ni  même  arrêter.  Je  réso- 
lus donc  d'étudier  par  moi-même  ces  fléaux.  Mon  but  était 
d'en  rechercher  l'origine,  d'en  constater  les  causes  et  les 
ravages;  je  voulais  demander  à  l'histoire  de  ces  maladies 

(1)  Facile  à  distinguer  de  Ylrroratus  aux  points  tuberculeux  de 
set  élytres  et  aux  cuisses  postérieures  simples  dans  le  mâle.  —  J'ai 
dû  restituer  à  cette  espèce  le  nom  de  Herbst ,  que  Fabricius  avait  cru 
devoir  changer  sans  motif  apparent. 

(2)  Cette  synonymie  est  douteuse,  la  description  de  Fischer,  qui 
n'est  composée  que  de  deux  lignes  de  texte,  étant  tout  à  fait  insuffi- 
sante. 


122       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

déjà  naturalisées  dans  ces  provinces  l'histoire  probable 
des  maladies  nouvelles  ou  prétendues  nouvelles  qui  af- 
fligent en  ce  moment  nos  départements  du  centre  et  du 
nord. 

Je  me  rendis  donc  à  l'extrémité  alpine  la  plus  méridio- 
nale ,  je  franchis  même  la  frontière,  et  je  séjournai  deux 
mois  à  Nice,  où,  soit  par  l'inspection  quotidienne  des  lieux, 
soit  par  un  entretien  fréquent  avec  les  hommes  les  plus 
capables  de  la  contrée,  j'ai  pu  amasser  une  longue  suite 
de  matériaux  qui  m'ont  mis  à  même  de  rédiger  ce  mé- 
moire. 

Ce  travail  a  pour  objet  l'étude  des  insectes  qui  pro- 
duisent la  maladie  que  les  Italiens  ont  nommée  morfée 
(morfed),  et  qu'en  France  Turpin  a  désignée  sous  l'appel- 
lation de  fumagine  (fumago). 

Cette  maladie  mérite  notre  plus  sérieuse  attention,  tant 
sous  le  rapport  de  son  origine  que  sous  celui  de  ses  ra- 
vages. Elle  attaque  aujourd'hui  les  divers  arbres  que  la 
faveur  du  climat  permit  à  l'homme  d'implanter  dans  ces 
heureuses  contrées.  Cette  arboriculture,  si  précieuse  pour 
ses  produits,  n'est  pas  seulement  menacée,  son  existence 
est  fortement  compromise.  A  l'heure  qu'il  est,  plusieurs 
espèces  disparaissent  ou  tendent  à  disparaître  de  dessus 
le  sol  de  la  France.  On  ignore  où  ce  fléau  s'arrêtera  que 
déjà  d'autres  fléaux  encore  plus  redoutables  viennent  de 
s'ajouter  à  ceux  déjà  connus.  Jamais  occasion  ne  fut  plus 
pressante  pour  le  naturaliste  et  pour  le  cultivateur;  jamais 
plus  beau  et  plus  vaste  champ  d'étude  ne  fut  ouvert  à  leurs 
investigations. 

Un  homme  parti  de  Paris  pour  se  rendre  à  Nice  ren- 
contre les  Oliviers  aux  environs  d'Avignon.  Ces  nains 
parmi  leurs  frères  n'excitent  pas  grandement  son  atten- 
tion ;  il  sait  qu'il  est  à  l'extrême  limite  d'une  culture  nou- 
velle pour  ses  yeux;  il  pardonne  volontiers  aux  habitants 
de  cette  partie  de  la  Provence  de  ne  lui  montrer  que  des 
buissons  rabougris  au  lieu  des  beaux  arbres  qu'il  avait 


TRAVAUX   INÉDITS.  123 

rêvés,  ou  dont  il  avait  lu  la  description  dans  les  auteurs. 
A  mesure  qu'il  avance,  les  Oliviers  aussi  se  développent 
davantage.  A  Marseille,  il  commence  à  espérer  que  ces 
arbustes  deviendront  des  arbres.  A  Toulon,  à  Hyères,  il 
les  voit  prendre  encore  plus  d'accroissement  ;  enfin,  à 
Cannes,  à  Antibes,  il  les  trouve  sous  forme  de  futaies  qui, 
à  Nice  et  à  Menton,  atteindront  à  l'apogée  de  leur  éléva- 
tion et  de  leur  grosseur. 

Eh  bien,  que  ce  voyageur  suive  avec  attention  la  colo- 
ration de  ces  Oliviers,  il  les  verra  d'abord  d'un  vert  terne, 
qui  deviendra  plus  brun  à  mesure  qu'il  s'avancera  ;  il  finit 
par  les  trouver  noirâtres  et  presque  entièrement  noirs, 
surtout  aux  endroits  qui  leur  assurent  la  plus  luxuriante 
végétation.  A  Nice,  à  Menton,  il  rencontrera  de  vastes 
espaces  frappés  d'une  malédiction  qui  a  recouvert  le 
tronc,  les  branches,  les  feuilles,  les  fruits  d'un  affreux 
crêpe  noir,  annonce  d'une  immense  et  lugubre  désola- 
tion. Notre  voyageur  a  parcouru  les  diverses  contrées  où 
la  morfée  règne  avec  ses  divers  degrés  d'intensité.  Bien- 
tôt son  œil  quittera  ces  Oliviers,  frappés  d'une  si  hideuse 
lèpre;  il  cherchera  à  se  reposer  sur  le  feuillage  si  vert  et 
si  frais  du  Citronnier  et  de  l'Oranger;  il  demandera  une 
agréable  compensation  aux  fleurs  embaumées  et  aux  fruits 
d'or  qui  embellissent  ce  dernier  coin  du  jardin  des  Hes- 
pérides.  Déplorable  illusion  !  Ces  Orangers  et  ces  Citron- 
niers, d'un  effet  encore  plus  dégoûtant  que  l'arbre  qui 
produit  l'Olive,  lui  feront  prendre  en  horreur  ces  locali- 
tés, qu'il  s'empressera  de  quitter,  en  plaignant  les  malheu- 
reux colons  que  le  sort  attache  et  fixe  à  une  terre  pesti- 
férée. A  Villa-Franca,  le  délicieux  hameau  de  Beaulieu 
devrait  échanger  son  nom  contre  un  nom  plus  conforme 
à  son  infortune  actuelle.  C'est  là  et  à  Menton  que  la  mor- 
fée trône  en  souveraine.  Je  n'oublierai  jamais  cette  vallée 
si  fertile,  si  bien  cultivée,  où  depuis  quatorze  ans  le  fléau 
souille  toute  la  végétation  qui  l'environne,  imprègne  le  sol 
et  jusqu'à  la  roche  delà  teinte  funèbre  de  ses  sucs,  et  im- 


124       rev.  et  MAG.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

pose  à  tout  une  uniformité  de  deuil  qui  à  la  fois  attriste  la 
vue  et  assombrit  la  pensée. 

Cette  horreur  n'a  pas  toujours  existé  ;  elle  ne  daterait 
presque  que  de  nos  jours,  si  l'on  peut  s'en  rapporter  aux 
récits  qui  nous  ont  été  transmis. 

Le  mot  morfée  (morfea)  vient  d'un  mot  italien  qui 
exprime  une  affection  psorique  accompagnée  de  vésicules 
cutanées.  C'est  que  dès  l'origine  on  avait  signalé  le  corps 
ou  l'enveloppe  extérieure  du  kermès  fixé  aux  tiges  ma- 
lades. On  regarda  d'abord  ces  dépouilles  d'animaux 
comme  les  produits  de  la  maladie,  erreur  qui  ne  devait 
être  rectifiée  que  plus  tard. 

Il  paraît  certain  que  les  anciens  auteurs  n'ont  fait  au- 
cune mention  de  cette  maladie.  Loquez,  dans  sa  préface, 
a  écrit  :  «  Il  n'y  a  pas  longtemps  que  la  morfée  est  con- 
«  nue;  on  la  croit  originaire  de  Rome,  où  elle  se  déve- 
«  loppe  d'une  manière  extraordinaire  (1).  Ses  ravages  ne 
«  sont  pas  moins  surprenants  dans  le  royaume  de  Naples. 
«  De  Naples  et  de  Rome,  elle  s'est  propagée  dans  l'Italie. 
«  En  peu  de  temps,  les  beaux  jardins  de  San  Remo,  Bor- 
«  dighiera  et  Vintimille  ont  été  cruellement  défigurés.  En 
«  plusieurs  lieux,  la  morfée  a  fait  tant  de  ravages,  qu'on  a 
«  arraché  les  Citronniers  pour  y  planter  des  Oliviers. 

«  Il  n'y  a  pas  encore  un  siècle  qu'elle  s'est  manifestée 
«  dans  les  superbes  jardins  de  Menton  et  de  Monaco. 

« Après  la  révolution  de  France,  on  la  voit  pour  la 

«  première  fois  dans  les  jardins  de  Nice.  Elle  a  mainte- 
ce  nant  dépassé  son  territoire. 

«  A  Hyères ,  elle  ne  se  manifeste  que  le  long  des  murs 
«  des  jardins,  comme  il  arrive  dans  tous  les  pays  où  elle 
«  commence  à  se  montrer.  Jusqu'ici  on  la  regarde  d'un 
«  œil  d'indifférence,  mais  on  apprendra  bientôt  à  la  re- 
«  douter.  » 

(1)  Quelques  écrivains  ont  voulu  que  ce  fût  à  la  suite  de  la  pre- 
mière tentative  pour  détruire  les  marais  Pontins.  —  Quelle  fut  cette 
époque  ? 


TRAVAUX     INÉDITS.  125 

Si  mes  recherches  n'ont  pu  me  procurer  d'autres  ren- 
seignements sur  l'origine  vraie  de  cette  maladie,  nous 
avons  du  moins  l'époque  de  son  invasion  dans  la  contrée 
ligurienne. 

D'après  le  récit  de  Loquez,  cette  invasion,  parvenue  à 
San  Remo,  vint  bientôt  accabler  Menton,  d'où  elle  passa 
à  Nice,  à  Hyères.  Loquez  prédit  les  plus  grands  malheurs 
à  cette  dernière  ville ,  qui  semblait  alors  jouer  avec  un 
ennemi  dont  les  paisibles  débuts  n'offraient  rien  d'alar- 
mant. 

En  effet,  cette  maladie,  comme  honteuse  d'elle-même, 
cache  et  abrite  parfois  ses  premiers  commencements  der- 
rière l'épaisseur  des  murailles  ;  on  dirait  qu'elle  fuit  le 
grand  jour  et  qu'elle  redoute  la  lumière  du  soleil.  C'est 
d'abord  une  petite  couche  ou  croûte  noire,  qui  tapisse  in- 
sensiblement les  branches,  les  tiges  et  les  feuilles.  Le  cul- 
tivateur, qui  n'aperçoit  dans  sa  marche  que  des  progrès 
lents,  s'habitue  à  sa  présence,  il  la  regarde  d'abord  comme 
une  fille  de  l'air,  il  la  fait  naître  des  molles  vapeurs  du 
matin  ou  des  brouillards  de  la  saison  ;  l'hiver  enlèvera 
sans  doute  cette  nouvelle  arrivée,  mais  la  morfée  est  in- 
stallée. 

Dans  quelques  endroits,  on  l'a  vue  rester  à  l'état  d'en- 
fance, comme  si  elle  eût  craint  d'effrayer  trop  vite,  ou 
comme  si  elle  avait  besoin  de  ce  laps  de  temps  pour  gran- 
dir et  prendre  des  forces.  A  la  fin  de  chaque  année,  les 
tiges,  les  feuilles  et  même  les  fruits  des  Citronniers  mani- 
festaient l'empreinte  de  plus  en  plus  repoussante  de  sa 
présence.  On  brossait  alors  les  Citrons,  on  les  mettait 
dans  le  commerce,  on  éprouvait  quelque  déficit  sur  la 
quantité vCet  état  de  choses  était  encore  tolérable  pour  le 
producteur,  qui  s'en  reposait  sur  le  temps  pour  un  remède 
infaillible. 

Mais  la  morfée  n'avait  pas  toujours  cette  discrétion  et 
cette  patience.  On  l'a  vue  plus  d'une  fois  se  jeter  à  l'im- 
proviste  sur  le  jardin  le  plus  verdoyant,  le  plus  riche,  et 


126         REV.  ET   MAG.  DE  ZOOLOGIE.   [Mars  1856.) 

qui  faisait  le  plus  d'honneur  à  son  propriétaire.  En  quel- 
ques semaines,  tous  les  trésors  de  la  plus  splendide  végé- 
tation étaient  remplacés  par  des  objets  de  dégoût  et  d'hor- 
reur; un  vilain  masque  ou  plutôt  un  habillement  noir  dé- 
figurait tous  les  arbres,  tuait  les  jeunes  fruits,  salissait  et 
corrompait  les  plus  avancés.  C'est  que  la  morfée,  alimen- 
tée par  des  conditions  favorables,  venait  de  prendre  les 
plus  prompts  accroissements,  et  de  se  montrer  dans  toute 
la  gloire  de  son  hideux  cortège.  A  la  vue  de  la  marche 
toujours  plus  accablante  des  fléaux,  il  ne  reste  plus  an 
propriétaire  qu'à  courber  la  tête  avec  résignation  ;  car  le 
mal  est  sans  remède,  et  le  désastre  sera  complet.  Combien 
de  temps  la  maladie  sévira-t-elle  ?  nul  ne  le  sait.  Les  ha- 
bitants de  Beaulieu  attendent  depuis  quatorze  ans  une  ré- 
mission à  leur  ruine. 

Les  écrivains  de  ces  contrées  n'ont  pas  d'expressions 
trop  énergiques  ni  de  couleurs  trop  fortes  pour  nous  re- 
présenter ces  tristes  scènes.  Il  faut  bien  admettre  que  la 
maladie  reconnaît  une  origine  moderne,  car  les  auteurs 
de  l'anquité  ni  ceux  du  moyen  âge  n'eussent  pas  man- 
qué de  nous  en  transmettre  le  tableau  affligeant.  Loquez, 
dans  un  traité  spécial  publié  à  Nice  en  1806,  s'élève  à  une 
hauteur  de  langage  et  à  une  indignation  de  récit  que  les 
malheurs  de  sa  patrie  font  aisément  comprendre.  Mais 
Loquez  n'était  pas  versé  dans  les  sciences  naturelles,  et 
pourtant  il  ambitionnait  cette  gloire  ;  il  écrivit  comme  si 
aucun  observateur  ne  l'avait  précédé;  il  afFecta  de  pren- 
dre ses  travaux  pour  le  point  de  départ  de  la  science.  Ses 
longues  descriptions  et  ses  efforts  de  style  n'ajoutèrent 
rien  à  ce  que  Geoffroy ,  Réaumur  et  Linné  avaient  déjà 
publié  sur  la  cochenille  dit  serres.  Son  défaut  de  connais- 
sances entomologiques  le  rendit  coupable  d'une  grande 
bévue.  Il  prit  nominativement  le  Coccus  Adonidum  de 
Linné  pour  le  Kermès  Hesperidum  de  ce  grand  natura- 
liste. Les  auteurs  postérieurs  à  Loquez  n'ont  pas  manqué 
de  l'imiter  et  de  le  copier.  De  là  une  confusion  d'autant 


TRAVAUX   INÉDITS.  127 

plus  déplorable,  que  le  Citronnier  et  l'Oranger  ont  chacun 
leur  gallinsecte  propre;  confusion  que  la  simple  lec- 
ture du  texte  de  Geoffroy  et  de  Linné  eût  aisément  re- 
poussée. 

Mais  Loquez  me  paraît  le  premier  avoir  abordé  fran- 
chement la  question  de  la  moisissure  (c'est  son  expres- 
sion) qui  envahit  les  Orangers  et  leur  donne  un  aspect 
si  sombre.  Avant  lui,  on  avait  déjà  signalé  cette  teinte 
noire  qui  envahit  les  arbres  verts  cultivés  dans  les  serres 
du  midi.  Réaumur  en  avait  même  indiqué  l'origine.  Ber- 
nard l'avait  reconnue  sur  les  Oliviers  du  Var.  Son  histoire 
n'en  restait  pas  moins  à  faire. 

Laissons  parler  Loquez  (préface)  : 

«  Quand  on  a  bien  examiné  les  insectes,  on  n'a  pas  vu 
«  tout  ce  qu'il  y  a  d'important  dans  la  morfée.  Une  cou- 
ce  che  noirâtre,  peu  épaisse,  qui  tapisse  l'épiderme  des 
«  Orangers,  captive  et  fixe  l'attention  de  l'observateur. 
«  Aucun  naturaliste  n'en  avait  jamais  parlé  ;  on  la  regar- 
«  dait  comme  un  mystère  impénétrable  ;  on  lui  attribuait 
«  une  origine  fabuleuse  et  tout  à  fait  ridicule.  Il  me  fallut 
«  beaucoup  de  temps  avant  d'arracher  le  secret  à  la  na- 
«  ture. 

«  Enfin  le  jour  heureux  arriva,  où  je  pus  me  convaincre 
«  que  la  couche  noirâtre  n'était  pas  une  exsudation  coa- 
«  guléede  l'arbre,  comme  on  le  prétendait,  un  effet  natu- 
«  rel  de  la  rosée  l'influence  d'un  air  malfaisant;  mais  elle 
«  offrit  à  mes  regards  émerveillés  une  infinité  de  plantes 
«  microscopiques.  Une  seule  feuille  d'Oranger  contient 
«  une  forêt  de  cent  mille  de  ces  végétaux  sans  fléchir  sous 
«  le  poids,  et  les  nourrit  pendant  quelque  temps  sans  être 
«  épuisée. 

«  Ces  plantes  sont  des  moisissures  ;  on  leur  conservera 
«  ce  nom  dans  le  cours  de  cet  ouvrage  en  les  définissant 
«  mucor  minimus  niger  (préf.  jx).  » 

Loquez  assignait  deux  causes  à  cette  terrible  maladie 
des  Orangers  : 


128       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

1°  La  présence  et  la  trop  grande  multiplication  de  la 
Cochenille; 

2°  L'existence  d'une  moisissure  à  qui  il  impose  un  nom 
provisoire. 

Loquez  traite  fort  au  long  de  ces  deux  maladies  ou  de 
ces  deux  causes  de  maladies. 

(La  suite  prochainement.) 


II.     SOCIÉTÉS     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  3  mars  1856.  — M.  Moquin- Tandon  fait  hom- 
mage du  premier  volume  de  son  ouvrage  intitulé  :  Histoire 
naturelle  des  Mollusques  terrestres  et  fluviatiles  de  France. 

En  offrant  ce  volume,  le  savant  académicien  s'exprime 
ainsi  : 

«  Cet  ouvrage  a  été  commencé  en  1835,  à  l'époque  où 
j'étais  chargé  de  la  zoologie  et  de  l'anatomie  comparée  à 
la  faculté  des  sciences  de  Toulouse.  Interrompu  en  1837, 
repris  en  1845,  il  a  été  terminé  en  1854  ;  diverses  circon- 
stances en  avaient  retardé  l'impression. 

«  Ce  premier  volume  est  accompagné  de  vingt-sept 
planches  gravées  et  divisé  en  trois  livraisons.  Il  traite 
principalement  de  l'anatomie  et  de  la  physiologie  des 
Mollusques.  J'ai  disséqué  à  peu  près  tous  les  genres  ;  j'ai 
même  choisi  plusieurs  types  par  groupe  dans  les  genres 
importants.  J'ai  répété  et  varié  mes  dissections,  quand 
elles  ont  eu  pour  objet  des  espèces  très-petites  ou  des  or- 
ganes très-obscurs.  Les  Mollusques  sont  des  animaux  plus 
ou  moins  mous,  ainsi  que  leur  nom  l'indique,  parfois 
même  demi-gélatineux,  dont  l'anatomie  demande  beau- 
coup de  précautions  et  d'habitude,  surtout  lorsqu'on  dé- 
sire étudier  des  espèces  presque  microscopiques,  brunes 
ou  noirâtres  comme  le  Pupa  megacheilost  grisâtres  ou 
transparentes  comme  X Hélix  pulchella.  J'ai  dû  souvent 


SOCIÉTÉS  SAVANTES.  129 

employer  une  bonne  loupe  montée,  même  le  microscope, 
et  les  procédés  les  plus  délicats  de  la  zootomie.  Je  suis 
parvenu  ainsi  jusqu'à  isoler,  dessiner  et  décrire  les  organes 
digestifs,  nerveux  et  reproducteurs  du  Carychium  mini- 
mum. On  sait  que  ce  petit  animal ,  dans  sa  plus  grande 
extension,  présente  à  peine  trois  quarts  de  millimètre  de 
longueur. 

ce  J'ai  donné  une  attention  particulière  à  YAncylus  flu- 
viatilis,  gastéropode  très-difficile  à  disséquer,  mal  connu, 
mais  fort  curieux ,  qui  forme ,  pour  ainsi  dire,  le  passage 
entre  les  Céphalés  pulmonés  ou  terrestres  et  les  Céphalés 
branchifères  ou  aquatiques. 

«  J'ai  fait  connaître,  il  y  a  quelques  années,  l'organe  de 
l'olfaction  chez  les  Gastéropodes.  Cet  ouvrage  renferme 
un  résumé  complet  de  mes  recherches  sur  cet  appareil.  Il 
contient  aussi  une  détermination  exacte  et  rigoureuse  des 
éléments  reproducteurs,  si  compliqués,  des  Mollusques 
androgynes,  et  de  nouveaux  détails  sur  les  vésicules  mul- 
tifides  ou  non  multifides  des  Hélices,  sur  les  mâchoires  et 
la  langue  des  divers  genres,  sur  leur  organe  pulmonaire 
ou  branchial,  sur  le  sang  des  Planorbes  et  sur  d'autres 
points  intéressants  de  l'anatomie  ou  de  la  physiologie  des 
Mollusques  céphalés  ou  acéphales... 

«  J'ai  déjà  eu  l'honneur  d'appeler  l'attention  de  l'Aca- 
démie sur  l'existence  d'une  quatrième  paire  de  ganglions 
nerveux  dans  les  Acéphales  et  sur  celle  des  spermatophores 
dans  les  Gastéropodes.  On  trouvera  dans  le  présent  livre 
la  description  et  les  figures  de  ces  parties. 

«  Mes  essais  anatomiques  et  physiologiques  sont  accom- 
pagnés d'études  sur  les  œufs  et  sur  leur  embryogénie,  de 
recherches  sur  la  coquille  et  sur  sa  formation  ,  et  de  con- 
sidérations sur  la  reproduction  artificielle  des  cornes  ou 
des  lèvres,  du  mufle  ou  de  la  tête  tout  entière.  J'ai  traité 
aussi  des  anomalies  examinées  soit  dans  l'animal,  soit  dans 
son  enveloppe.  Enfin  j'ai  terminé  le  volume  par  des  ré- 
flexions philosophiques  sur  les  divers  degrés  d'importance 

2e  série,   t.  nu.  Aimée  1856.  9 


130        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

que  peuvent  offrir  les  organes  essentiels  à  la  taxonomie  , 
soit  pour  la  constitution  des  genres,  soit  pour  leur  dispo- 
sition naturelle  en  série  linéaire,  en  séries  paralléliques 
ou  en  tableau.  » 

M.  de  Tchihatcheff  adresse  des  Considérations  sur  les 
Poissons  du  Don ,  du  Dnèpre,  du  Dnestre ,  du  Boug  et  du 
Danube. 

Cet  intéressant  travail  présente  la  faune  ichthyologique 
des  fleuves  en  question ,  et  il  en  résulte  que  le  Don  pos- 
sède 34  espèces,  réparties  dans  19  genres;  le  Dnèpre, 
51  espèces  en  24  genres  ;  le  Boug ,  33  espèces  en  20  gen- 
res ;  le  Dnestre,  47  espèces  en  22  genres  ;  et  le  Danube, 
44  espèces  en  23  genres. 

M.  Pucheran  adresse  une  Note  sur  les  caractères  zoologi- 
ques de  quelques  espèces  de  Cétacés,  résumant  les  conclu- 
sions d'un  travail  qui  va  paraître  dans  cette  Revue. 

M.  Caraguel  adresse  ses  observations  sur  les  Travaux 
des  Araignées  en  rapport  avec  l'état  présent  ou  prochain  de 
V  atmosphère. 

L'auteur,  qui  ne  dit  pas  sur  quelle  espèce  ont  porté  ses 
observations ,  annonce  avoir  constaté  que  «  lorsqu'il  doit 
faire  de  la  pluie  et  du  vent ,  l'Araignée  raccourcit  beau- 
coup les  derniers  fils  auxquels  sa  toile  est  suspendue,  et  la 
laisse  dans  cet  état  tant  que  le  temps  reste  variable.  Si 
l'insecte  allonge  ses  fils,  ajoute  M.  Caraguel,  c'est  du  beau 
temps  qu'il  annonce,  et  l'on  peut  juger  de  sa  durée  d'après 
le  degré  de  longueur  de  ces  mêmes  fils.  Si  l'Araignée  reste 
inerte,  c'est  signe  de  pluie  ;  si ,  au  contraire,  elle  se  remet 
au  travail  pendant  la  pluie,  c'est  que  celle-ci  sera  de  peu 
de  durée.  » 

M.  Hesse  signale  une  erreur  qui  s'est  glissée  dans  l'ex- 
trait qu'on  a  donné,  au  Compte  rendu  de  la  séance  du 
26  novembre,  de  son  Mémoire  sur  les  Ancées. 

Il  avait  dit  en  parlant  de  ces  Crustacés  que  la  femelle 
n'est  pas  connue  ;  au  lieu  du  mot  femelle  on  a  écrit  par 
inadvertance  famille.  Cette  faute  typographique,  qui,  d'à- 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  131 

près  in  texture  de  la  phrase  entière,  ne  pouvait  guère  in- 
duire le  lecteur  en  erreur,  sera  signalée  dans  la  table  du 
volume  LXI  à  l'article  Errata. 

Séance  du  10  mars.  —  Rien  sur  la  zoologie. 

Séance  du  17  mars.  —  M.  Geoffroy-Sain t-Hilaire  donne 
lecture  du  passage  suivant  d'une  lettre  qui  lui  est  adressée 
de  Lisbonne  par  S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte. 

«  Quoique  j'aie  admis  bien  des  espèces  aux  dépens  du 
Tetrao  rufus,L.,  je  n'en  ai  cependant  pas  admis  assez.  En 
effet,  Perdix  grœca,  Brisson,  est  bien,  pour  la  description 
et  la  figure,  la  Bartavelle  du  Dauphiné,  Perdix  saxatilis, 
Meyer;  mais  la  vraie  Perdix  grœca  est  une  espèce  dis- 
tincte beaucoup  plus  semblable  à  la  Perdix  chukar  de 
l'Himalaya,  et  dont  probablement  Yallaica  ne  diffère  pas. 
La  principale  différence  entre  la  grœca  et  la  chukar  à 
bande  rousse  centrale  le  long  du  sommet  de  la  tête  con- 
siste en  ce  que  la  première  n'a  qu'une  simple  indication 
du  faisceau  de  plumes  auriculaires,  roux  pâle  dans  la 
chukar  et  roux  foncé  dans  la  sinaica.  De  toutes  les  espèces, 
la  vraie  Bartavelle  ou  saxatilis  seule  a  du  noir  entre  l'angle 
du  bec  et  les  narines.  En  outre,  si  l'on  compare  la  véritable 
grœca  à  la  saxatilis,  on  lui  trouve  les  moustaches  noires 
plus  prolongées,  le  bec  plus  long,  quoique  bien  moins  que 
dans  P.  sinaica;  la  gorge  roussâtre  (non  blanche)  et  l'es- 
pace de  la  gorge  circonscrit  par  le  collier  noir  moins 
étendu  et  terminé  en  pointe  ;  les  bandes  des  flancs  sont 
plus  étroites.  » 

«  M.  Duméril,  l'un  des  commissaires  désignés  pour  faire 
un  rapport  sur  une  Note  relative  au  développement  des  Pé- 
tromyzons,  adressée  de  Haie  par  M.  Max  Schultze,  et  qui 
a  été  insérée  en  entier  dans  le  n°  7  des  Comptes  rendus  de 
cette  année,  déclare  qu'il  n'a  pas  d'autres  renseignements 
sur  cette  question  délicate  d'anatomie,  qui  ne  pourrait 
élre  bien  appréciée  que  par  l'examen  des  pièces  ou  des 
dessins  reproduisant  les  faits  observés.  Néanmoins  il  croit 
devoir  appeler  l'attention  de  l'Académie  sur  l'importance 


132      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

de  ces  recherches.  Il  semblerait  en  résulter  que  les  œufs 
des  Lamproies  offriraient  certains  rapports,  quant  à  leur 
développement ,  avec  ceux  des  Batraciens ,  et  des  Gre- 
nouilles en  particulier,  par  le  mode  de  segmentation  de 
leur  vitellus.  Ils  sont ,  en  outre,  remarquables  par  leur 
chorion  ferme  et  mince,  rappelant  ce  que  M.  Vogt  a 
nommé  la  membrane  coquillière.  Enfin  l'évolution  du 
système  nerveux  présente  des  anomalies  indiquées  avec 
soin  par  l'auteur,  qui  paraît  avoir  apporté  une  grande 
patience  et  beaucoup  de  dextérité  dans  ses  observations. 
En  conséquence,  nous  proposons  à  l'Académie  de  l'en- 
gager à  les  faire  connaître  d'une  façon  plus  complète.  » 

S.  A.  le  prince  Charles  Bonaparte  présente  une  nouvelle 
publication  de  M.  Gray  et  s'exprime  ainsi  à  ce  sujet  : 

<(  Avant-hier  à  Londres,  où  je  me  trouvais  au  retour 
d'un  petit  voyage  en  Espagne  et  en  Portugal,  le  principal 
zoologiste  du  musée  britannique,  M.  le  docteur  Gray,  me 
chargeait  d'une  mission  que  je  m'empresse  de  remplir. 
C'est  avec  joie,  Messieurs,  que  je  vous  soumets  ce  nouveau 
travail  sur  les  Cheloniens  ,  parce  qu'il  est  un  vrai  modèle 
de  ce  que  devraient  être  les  catalogues  des  grands  musées, 
prenant  la  science  à  son  point  d'arrêt,  et  donnant  les 
figures  des  espèces  nouvelles,  douteuses  ou  mal  représen- 
tées. C'est,  en  un  mot,  un  ouvrage  digne  de  son  auteur, 
de  l'établissement  national  auquel  il  préside  pour  la  zoo- 
logie, et  surtout  des  administrateurs  ou  trustées  qui  le  sur- 
veillent. Ces  hommes  d'état  éclairés  et  au-dessus  des  basses 
intrigues  et  des  considérations  personnelles  savent ,  avec 
un  esprit  d'ordre  et  de  stricte  économie,  éviter  la  parci- 
monie, quand  il  s'agit  de  faire  avancer  la  science.  La 
publication  de  ce  beau  livre,  faite  par  ordre  de  ces  trus- 
tées, en  est  une  preuve  nouvelle,  et  le  monde  scientifique 
leur  en  doit  des  remercîments. 

«  Un  des  principaux  mérites  de  cet  ouvrage  est  d'avoir 
débrouillé  les  espèces  à  sternum  mobile  des  Emydiens. 
Du  fond  de  son  cabinet ,  M.  le  docteur  Gray  a  su  faire  ce 


SOCIÉTÉS  SAVANTES.  133 

que  nul  n'avait  fait  avant  lui ,  pas  même  les  naturalistes 
américains,  qui  ont  tous  les  jours  sous  les  yeux  des  cen- 
taines d'exemplaires  de  ces  Kinosternés.  Sans  doute  il  ne 
serait  pas  impossible  de  relever  quelques  inexactitudes 
dans  un  travail  de  si  longue  haleine.  Moi-même  peut-être 
aurais-je  de  petites  réclamations  de  priorité  à  faire  ;  mais 
ce  qui  est  important,  c'est  de  mieux  pondérer  la  réunion 
à  la  Clemmys  caspica,  Wagl.,  de  la  jolie  sigriz  ou  vulga- 
risy  espèce  occidentale  dont  deux  petits  exemplaires  vi- 
vants viennent  d'être  remis  par  moi  au  vivarium  du  mu- 
séum. Ces  charmants  petits  animaux  doivent  nous  être 
doublement  précieux  comme  présent  d'un  jeune  roi  natu- 
raliste qui,  après  s'être  si  bien  instruit  lui-même,  s'occupe, 
nuit  et  jour,  d'un  système  d'éducation  publique.  Protes- 
tons au  moins  contre  l'injuste  réunion  des  Testudo  grœca 
et  Chersus  mauritaniens,  en  dépit  des  excellentes  diagnoses 
qu'a  données  de  ces  deux  espèces  notre  savant  professeur 
Duméril.  Ce  que  je  soutiendrai  encore  de  toutes  mes  forces 
en  cette  occasion ,  malgré  tous  les  erpétologistes  anglais 
qui  l'appellent  Lutremys;  malgré,  je  suis  fâché  de  le  dire, 
les  erpétologistes  français,  qui  la  réunissent  aux  Cistudo, 
c'est  que  YEmys  europœa  doit  rester  le  type  du  genre 
Emys.  Et  cela  ne  fût-ce  que  pour  honorer  la  mémoire  de 
notre  illustre  Brongniart,  dont  l'important  travail  sur  la 
classification  des  Reptiles  a  fait  faire,  dans  son  temps,  un 
si  grand  pas  à  l'erpétologie.  » 

La  Société  impériale  zoologique  d'acclimatation  fait  hom- 
mage à  l'Académie  des  deux  premiers  volumes  du  Recueil 
qu'elle  publie,  et  exprime  le  désir  d'obtenir  pour  sa  bi- 
bliothèque, ouverte  à  tous  les  membres  de  la  Société, 
dont  le  nombre  est  déjà  de  plus  de  mille ,  un  exemplaire 
des  Comptes  rendus. 

M.  Charles  Marlins  adresse  un  travail  Sur  la  tempéra- 
ture moyenne  des  Oiseaux  palmipèdes  du  nord  de  l'Eu- 
rope. 

Séance  du  24  mars.  —  M.  P.  Gervais  adresse  des  Docu- 


134        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

ments  pour  servir  à  la  monographie  des  Chéiroptères  sud- 
américains. 

a  Le  mémoire  dont  j'ai  l'honneur  d'adresser  le  résumé 
à  l'Académie  a  pour  objet  principal  la  description  des 
nombreuses  espèces  de  chauves-souris  que  M.  Francis  de 
Castelnau  et  son  compagnon,  feu  M.  Emile  Deville,  ont 
recueillies  pendant  leur  longue  expédition  dans  l'Amé- 
rique du  Sud.  Mon  but,  en  le  rédigeant,  n'a  pas  été  de 
faire  une  monographie  définitive  des  Chéiroptères  qui  vi- 
vent dans  l'Amérique  méridionale,  mais  de  préparer  des 
documents  pour  cette  monographie,  en  réunissant  les 
nombreuses  observations  scientifiques  auxquelles  pouvait 
donner  lieu  l'étude  des  matériaux  mis  à  ma  disposition. 
Outre  les  chauves-souris  rapportées  par  MM.  de  Castel- 
nau et  Deville,  j'en  ai  décrit  quelques  autres  que  M.  de 
Castelnau  lui-même  a  plus  récemment  trouvées  aux  envi- 
rons de  Bahia,  ou  que  M.  Westphal  a  reçues  du  même  lieu. 
«  Pallas,  Et.  Geoffroy  Saint-Hilaire,  Frédéric  Cuvier  et 
de  Blainville  avaient  déjà  tiré  un  excellent  parti  des  ca- 
ractères que  fournit  le  système  dentaire  pour  la  détermi- 
nation spécifique  et  la  classification  des  Chéiroptères.  En 
poussant  plus  loin  cette  analyse,  commencée  par  Dau- 
benton,  j'ai  pu  obtenir  plusieurs  résultats  nouveaux  qui 
seront  à  la  fois  utiles  pour  l'ostéologie  et  pour  la  zoologie 
des  Chéiroptères.  Ces  résultats  permettront  aussi  d'arriver 
à  une  notion  des  chauves-souris  fossiles  en  Amérique  plus 
parfaite  que  celle  que  nous  possédons  encore. 

«  J'énumère  dans  mon  mémoire  une  soixantaine  d'es- 
pèces vivantes  qui  appartiennent  toutes  à  la  faune  de  l'A- 
mérique méridionale,  et  je  donne,  pour  la  plupart  d'entre 
elles,  des  descriptions  détaillées  ainsi  que  des  figures 
odontographiques.  Grâce  à  l'obligeance  de  M.  Isidore 
Geoffroy  Saint-Hilaire,  j'ai  pu  comparer  ces  espèces,  et 
plus  particulièrement  celles  que  je  crois  nouvelles,  aux 
types  en  partie  décrits  par  son  père  ou  par  lui ,  que  pos- 
sède la  collection  du  muséum  de  Paris. 


SOCIÉTÉS    SAVANTES.  135 

((  Tous  les  Chéiroptères  américains  appartiennent  aux 
deux  familles  des  Phyllostomidés  et  des  Vespertilionidés. 
On  n'a  encore  rapporté  de  ce  continent  aucune  espèce  de 
la  famille  des  Ptéropodidés  ou  Roussettes,  ni  de  celle  des 
Khinolophidés,  et  il  ne  paraît  pas  qu'il  y  en  existe.  Les 
Phyllostomidés  ou  les  chauves-souris  de  la  famille  des 
Sténodermes,  des  Phyllostomes  et  des  Vampyres,  sont  ex- 
clusivement propres  à  l'Amérique ,  et  nulle  part  ailleurs 
on  n'en  trouve  des  espèces.  Au  contraire,  les  Vespertilio- 
nidés sont  des  animaux  cosmopolites  ;  toutefois  leurs  es- 
pèces américaines  et,  dans  certains  cas,  les  genres  formés 
par  ces  espèces,  sont  différents  de  ceux  qui  vivent  sur  les 
autres  continents.  Il  en  est  cependant  qui  rentrent  dans 
des  genres  exropéens. 

<(  Je  ne  parlerai,  dans  cette  première  note,  que  des 
Phyllostomidés. 

«  Ces  chauves-souris ,  qu'on  a  aussi  nommées  Vampy- 
ridés,  peuvent  être  partagées  en  quatre  tribus  :  les  Des- 
modins,  les  Sténodermins,  les  Glossophagins  et  les  Vampy- 
rins. 

«  1.  On  ne  connaît  encore,  parmi  les  Desmodins,  que 
le  seul  genre  Desmodus ,  qui  est  si  remarquable  par  son 
système  dentaire.  Je  montre  que  dans  le  premier  âge  il  a 
deux  paires  d'incisives  supérieures,  comme  la  plupart  des 
autres  Phyllostomidés,  et  que  ces  dents  sont  alors  fort  dif- 
férentes, quant  à  la  forme,  de  la  paire  unique  qui  les  rem- 
placera. 

«  2.  Les  Sténodermins  sont  plus  nombreux,  et  l'on  en 
reconnaît  aisément  plusieurs  genres.  Ils  rappellent  plus 
ou  moins ,  par  la  forme  de  leurs  dents  et  par  la  brièveté 
de  leur  membrane  interfémorale,  le  Sténoderme  d'Ét. 
Geoffroy  Saint-Hilaire.  C'est  à  cette  tribu  qu'appartien- 
nent les  Phyllostomidés  frugivores.  Les  molaires  de  quel- 
ques-uns d'entre  eux  ressemblent,  par  les  tubercules 
émoussés  de  leur  couronne,  à  celles  de  certains  singes  ou 
même  des  kinkajous ,  qui  ont  un  régime  analogue.  Chez 


136       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

d'autres,  elles  ont  leur  bord  externe  très-relevé,  principa- 
lement les  antérieures.  Leur  nombre  varie  suivant  les  for- 
mules 7,  |  et  {,  caractères  qui,  joints  à  ceux  de  la  queue 
courte  ou  nulle  et  de  la  membrane  interfémorale,  rendent 
facile  la  distinction  des  genres  de  Sténodermins. 

«  J'ai  étudié  en  nature  six  de  ces  genres  :  les  Brachy- 
phijlla,  J.  E.  Gray;  les  Pteroderma,  P.  Gerv.  (établis  pour 
le  Phyllostoma  perspicillatum)  ;  les  Artibœus,  Leach;  les 
Derrnanura,  P.  Gerv.  (pour  le  Stenoderma  undatum , 
Blainv.);  les  Stenoderma,  Et.  Geoffr.,  et  les  Sturnira, 
Gray.  Ces  derniers  comprennent  les  espèces  qui  ont 
les  dents  les  plus  émoussées  (Phyllostoma  lilium,  Et. 
Geoff.,  etc.). 

«  3.  Les  Glossophagins,  qui  répondent  au  genre  Glos- 
sophaga  d'Ét.  Geoffroy,  ne  m'ont  fourni  qu'un  petit  nom- 
bre de  remarques  nouvelles.  C'est  après  avoir  exposé  leur 
classification  actuelle  que  j'ai  parlé  du  Phyllostoma  brevi- 
caudum,  espèce  dénommée  par  le  prince  de  Neuwied. 
Cette  espèce ,  dont  la  synonymie  maintenant  est  fort  em- 
brouillée, a  été  quelquefois  confondue  avec  les  Glosso- 
phages,  dont  elle  se  distingue  cependant  par  certains 
caractères  tirés  de  la  forme  du  crâne,  de  la  dentition,  etc., 
caractères  qui  la  rattachent  simultanément  aux  Sténoder- 
mins et  aux  Vampyrins.  Je  la  regarde  comme  devant  ser- 
vir de  type  à  un  genre  distinct  qui  pourra  prendre  le  nom 
d'Hemiderma. 

«  4.  La  quatrième  tribu  des  Phyllostomidés  est  celle  des 
Vampyrins,  qui  réunit  aussi  plusieurs  genres  et  particu- 
lièrement ceux  des  Vampyrus,  Leach,  et  des  Phyllostoma, 
tels  qu'ils  ont  dû  être  modifiés  par  suite  des  derniers  pro- 
grès de  la  science.  Plusieurs  autres  divisions,  de  valeur 
également  générique,  peuvent  y  être  pareillement  rappor- 
tées :  tels  sont  les  Lophostoma,  que  M.  d'Orbigny  et  moi 
avons  fait  connaître  ;  les  Macrophyllus,  genre  établi  par 
M.  Gray  pour  le  Phyllostoma  macrophyllum  du  prince  de 
Neuwied  ;  et  deux  autres  genres  encore ,  les  Tylostoma  et 


ANALYSES  d' OUVRAGES  NOUVEAUX.       137 

les  Schizostoma,  caractérisés  ici  pour  la  première  fois. 

«  Les  Tylostoma  comprendront  les  Phyllostoma  bidens, 
Spix,  et  Phyllostoma  crenulatum ,  Et.  Geoffr.,  qui  ont 
|  molaires  et  seulement  *  incisives. 

«  Les  Schizostoma  ont  £  molaires  et  f  incisives.  L'es- 
pèce sur  laquelle  j'établis  ce  genre  m'a  paru  nouvelle  ;  je 
lui  donne  le  nom  de  Schizostoma  minutum. 

«  5.  J'ai  rapproché  des  Vampyrins,  mais  sans  le  ranger 
définitivement  dans  la  même  tribu ,  un  autre  genre  nou- 
veau que  j'appelle  Spectrellum.  Je  l'établis  sur  une  chauve- 
souris  de  Bahia  qui  m'a  été  remise  par  M.  Westphal.  Sa 
formule  dentaire  est  la  suivante  :  |  incisives ,  f  canines , 
£  molaires  ;  sa  queue  est  longue  et  complète,  comme  celle 
des  Macrophylles  ;  mais  ses  trois  vertèbres  intermédiaires 
sont  beaucoup  plus  longues  et  beaucoup  plus  grêles  que 
les  autres  ;  ses  proportions  générales  rappellent  celles  des 
Vampyrins.  Toutefois  cette  chauve-souris  ,  qui  paraît  de- 
voir occuper  le  dernier  rang  parmi  les  Phyllostomidés, 
manque  de  la  feuille  nasale  qui  caractérise  les  autres  ani- 
maux de  cette  famille;  je  l'ai  décrite  sous  le  nom  de 
Spectrellum  macrurum.  » 

Séance  du  31  mars,  —  Rien  sur  la  zoologie. 


III.     ANALYSES     D'OUVRAGES     NOUVEAUX. 

Lettres  conchyliologiques,  par  M.  Henri  Drouet, 
n°5, 

à  M.  Guérin-Méneville. 

Au  matin  de  l'année  qui  s'ouvre,  que  n'ai-je,  mon  cher 
directeur,  quelque  heureuse  nouvelle  à  vous  apprendre  ? 
Pourquoi  fout-il ,  hélas  !  que  je  vous  mène  au  bord  d'une 

tombe  récemment  fermée! M.   Collard-des  Gherres, 

commissaire  impérial,  près  le  deuxième  conseil  de  guerre, 
chevalier  des  ordres  de  la  Légion  d'honneur ,  de  Saint- 


138       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

Ferdinand  d'Espagne  et  deLéopold  de  Belgique,  vient  de 
mourir  à  Brest,  le  16  décembre  dernier,  à  l'âge  de  64  ans. 
Chacun  regrettera  le  savant  et  consciencieux  auteur  du 
Catalogue  des  testacés  terrestres  et  fluviatiles  des  environs 
de  Brest  et  de  Quimper  (Act.  Soc.  Linn.  Bord,  iv,  1830). 
C'est  un  des  rares  opuscules  qui  peut  servir  de  modèle  du 
genre,  et  qui  se  place  de  pair  à  côté  des  publications  con- 
temporaines de  Millet,  de  Ch.  des  Moulins,  de  Grateloup. 
Personnellement,  je  perds  dans  M.  Collard  des  Cherres 
un  aimable  correspondant,  un  conseil  éclairé,  un  ami  dé- 
voué, et  je  ne  suis  pas  seul  à  déplorer  cette  perte  sen- 
sible. C'est  ainsi  que,  chaque  jour,  nos  rangs  s'éclaircissent 
et  présentent  des  vides  qui  ne  se  comblent  pas. 

Voici  quelques  opuscules  nouveaux  ou  de  date  assez  ré- 
cente : 

1°  Intorno  ail' Hélix  frigida.  Lettera  diretta  al  compila- 
tore  del  Giornale  di  Malacologia,  4  pages  in-8.  (Extrait  du 
Giornaledi Malacologia  de  Strobel,2e  ann.,  n°  7;  1854.) — 
De  cette  lettre  signée  Antonio-Villa,  il  résulte  :  que  l'Hé- 
lix frigida,  découverte  en  1831,  par  Jan,  sur  la  Grigna 
(Lombardie),  et  qu'on  n'avait  pas  vue  depuis,  a  été  re- 
trouvée en  grande  abondance,  par  le  savant  conchyliolo- 
gue  milanais,  dans  la  partie  septentrionale  de  cette  mon- 
tagne, vers  la  cime  du  Moncodin,  sur  les  rochers,  au  mi- 
lieu des  neiges  ;  que  c'est  une  espèce  distincte  de  YHel. 
Schmidtii,  Ziegl.  ;  que  c'est  elle,  et  non  cette  dernière,  qui 
doit  figurer  dans  le  Catalogue  des  mollusques  de  la  L<Jm- 
bardie;  et  enfin,  que  c'est  une  espèce  à  ajouter  à  la  Faune 
malacologique  de  la  province  de  Côme. 

2°  Notizie  intorno  al  génère  Melania,  memoria  malacolo- 
gicadei  fratelli  Villa.  Milano,  febbr.  1855;  10  pages  in-8. 
(Extrait  des  Actes  de  l'Acad.  phys.  mêd.  stat.  de  Milan; 
n°  2,  févr.  1855.)  —  Après  avoir  rappelé  que  le  genre 
Melania  a  été  créé  par  Lamarck  en  1822,  pour  des  Hélices 
de  Linné  et  des  Bulimes  de  Bruguière ,  étrangers  à  l'Eu- 
rope, MM.  Villa  frères  supposent  que  ce  furent  l'Illyrie, 


ANALYSES    D'OUVRAGES    NOUVEAUX.  139 

la  Croatie,  la  Dalmatie  et  la  Servie  qui  fournirent  les  pre- 
mières espèces  européennes  ;  plus  tard,  on  en  découvrit 
une  dans  le  nord  de  l'Italie.  Examinant  ensuite  leur  dis- 
tribution géographique  en  Europe,  ils  constatent  que  ce 
genre  est  exclu  des  contrées  septentrionales,  et  qu'il 
n'existe  ni  en  France,  ni  en  Allemagne,  ni  en  Espagne, 
ni  en  Sardaigne,  ni  en  Corse.  Suivant  eux,  il  n'existerait 
pas  non  plus  en  Sicile,  et  les  coquilles  attribuées  aux  Mé- 
lanies  par  Philippis ,  Aradas  et  Maggiore  appartien- 
draient, en  réalité,  à  des  genres  voisins.  Le  genre  Mélanie 
paraît  donc  habiter  de  préférence  l'Europe  oriento-méri- 
dionale.  MM.  Villa  annoncent  qu'ils  possèdent  actuelle- 
ment plus  de  quatre-vingts  espèces  de  Mélanies  proprement 
dites,  non  compris,  bien  entendu,  les  espèces  apparte- 
nant aux  genres  Melanopsis,  Pyrena,  Hydrocena,  Melara- 
pha  et  Lithoclypus,  qu'ils  considèrent  comme  distincts. 
A  ce  sujet,  ils  émettent  un  doute  au  sujet  de  la  Melania 
Seguriiy  de  Belgrade,  récemment  décrite,  par  M.  Bourgui- 
gnat,  dans  ses  Aménités  malacoloyiques.  Pour  eux  cette  co- 
quille n'est  rien  autre  chose  que  le  Lithoclypus  nalicoïdes , 
var.  maxima.  Ils  décrivent  deux  nouvelles  espèces  :  Mela- 
nia Turati  (hab.  la  Louisiane)  ;  M.  Osculati  (hab.  Quito). 
Enfin  ils  mentionnent  un  travail  récent  de  M.  Anthony, 
de  Cincinnati  {Descriptions  of  new  fluviatile  shells  of  the 
gênas  Melania  Lam.  from  the  western  States  of  North-Ame- 
rica),  paru  dans  les  Annales  du  lycée  d'Histoire  natu- 
relle de  New-York  (1854),  qui  comprend  la  description 
de  cinquante  espèces  de  Mélanies  des  États  de  l'Amérique 
du  nord.  A  ce  propos,  MM.  Villa  font  remarquer  que  les 
contrées  parcourues  par  M.  Anthony  leur  paraissent  ca- 
ractérisées par  le  genre  Melania,  comme  la  Dalmatie  l'est 
par  le  genre  Clausilia.  Suit  la  liste  nominale  des  cin- 
quante espèces  de  M.  Anthony.  C'est  là  un  beau  et  bon 
mémoire  malacologique,  dont  je  vous  recommande  la  lec- 
ture; il  vous  intéressera  au  plus  haut  point. 
Je  ne  veux  pas  vous  parier  des  frères  Villa  sans  vous 


140         REV.   ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Mars  1856.) 

rappeler  ici  deux  publications  antérieures  qui  leur  font 
honneur,  savoir  : 

Dispositio  systematica  conchyliarum  terrestrium  et  flu- 
viatilium  quœ  adservantur  in  collectione  fratrumA.  et  J.  B. 
Villa...  Mediolani,  1841  ;  in-8  de  64  pages. 

Catalogo  dei  molluschi  délia  Lombardia,  compilato  dei 
fratelli  À.  et  J.-B.  Villa...  Milano,  1844;  10  pages  in-8, 
plus  un  feuillet  supplémentaire  (décemb.  1853)  d'addi- 
tions et  de  corrections. 

Ces  deux  opuscules  sont  entre  les  mains  de  tous  les  ma- 
lacologistes,  et  ils  seront  désireux  de  posséder  les  plus  ré- 
cents dont  je  viens  de  vous  parler.  Ainsi  les  naturalistes 
du  nord  de  l'Italie  ne  restent  point  en  dehors  du  mouve- 
ment d'études  de  notre  époque,  et  les  noms  des  Villa,  des 
Spinelli,  des  Strobel,  des  Betta,  des  Porro,  de  Cristoforis, 
Jan,  Stabile,  Rezia  Amanzio,  Brunnati,  etc.,  figurent  ho- 
norablement à  la  suite  des  Olini ,  des  J.  Plancus ,  des 
Ginnani,  des  Gualtieri,  des  Spallanzani,  des  Mangili,  et 
autres  noms  célèbres.  Je  reprends  mes  analyses. 

3°  Tableau  statistique  et  géographique  du  nombre  d'es- 
pèces de  mollusques  terrestres  et  fluviatiles  observées,  soit  à 
l'état  vivant,  soit  à  l'état  fossile,  dans  les  différentes  régions 
et  contrées  (départements,  provinces,  bassins,  etc.)  de  la 
France  continentale  et  insulaire,  pour  servir  à  la  Faune  ma- 
lacologique  française  ,  disposé  selon  l'ordre  géographique 
par  M.  le  Dr  de  Grateloup  et  M.  le  prof.  V.  Raulin.  Bor- 
deaux, févr.  1855  ;  une  feuille  in-plano. 

4°  Deuxième  tableau  statistique  et  géographique  du  nom- 
bre  d'espèces  de  mollusques  terrestres  et  fluviatiles  vivants  et 
fossiles  de  la  France,  disposées  selon  les  régions  naturelles 
(zones  zoologiques)  et  distribuées  en  familles;  par  MM.  les 
docteurs  de  Grateloup  et  Victor  Raulin.  Bordeaux,  juin 
1855, 1  feuille  in-plano. 

Les  auteurs  de  ces  deux  tableaux  synoptiques  ont  eu 
pour  objet  principal  de  jeter  les  bases  d'une  géographie 
malacologique  de  la  France,  travail  que  personne  encore 


ANALYSES  D  OUVRAGES  NOUVEAUX.       141 

n'a  osé  aborder.  Nous  saurons  gré  à  M.  de  Grateloup  et  à 
M.  Raulin  des  plans  du  canevas  qu'ils  viennent  de  tracer, 
et  sur  lequel  il  ne  reste  plus  qu'à  remplir  les  interstices. 

Le  premier  tableau  a  pour  but  de  faire  apprécier  les 
éléments  et  les  conditions  d'existence  des  mollusques ,  les 
modifications  qu'ils  subissent  de  la  part  des  agents  exté- 
rieurs, celles  des  expositions  orographiques,  des  altitudes, 
de  la  température,  des  milieux,  de  la  nourriture,  de  la  vé- 
gétation, enfin  de  l'influence  qu'exerce  sur  eux  la  compo- 
sition minéralogique  du  sol,  toutes  choses  qu'il  faut  re- 
garder comme  de  la  plus  haute  importance  et  d'un  intérêt 
majeur,  surtout  dans  l'étude  des  mollusques.  Pour  cela,  ce 
tableau  est  divisé  en  vingt-cinq  colonnes,  comprenant  les 
régions  géographiques  naturelles  de  la  France  ;  les  dépar- 
tements, avec  leurs  chefs-lieux  et  les  provinces  anciennes 
dont  ils  font  partie ,  leur  aréa  en  hectares ,  leur  position 
astronomique,  les  régions  orographiques  qu'ils  compren- 
nent et  les  bassins  hydrographiques  dont  ils  font  partie , 
leurs  formations  géologiques,  leurs  régions  climatoriales, 
la  température  moyenne  de  l'année  pour  chacun  d'eux  , 
les  zones  zoologiques  et  botaniques  auxquelles  ils  appar- 
tiennent ,  l'indication  des  faunes  spéciales  malacologiques 
dont  ils  ont  été  l'objet ,  avec  les  noms  des  auteurs  et  la 
date  de  la  publication  ;  enfin  le  nombre  des  espèces  tant 
vivantes  que  fossiles  qui  y  ont  été  observées.  Une  dernière 
colonne  est  consacrée  à  des  réflexions  générales  indiquant 
le  but  que  se  sont  proposé  les  auteurs.  C'est  ainsi  que  le 
département  de  l'Aube,  pour  vous  fournir  un  exemple,  est 
rangé  par  eux  dans  la  France  centrale,  et  les  colonnes  affé- 
rentes indiquent  que  son  aréa  est  de  609,000  hectares  ; 
qu'il  est  situé  par  48°  18'  3"  de  latitude  et  1°  44'  41"  de 
longitude  orientale  ;  que  c'est  un  pays  de  plaines  avec 
110  mètres  d'élévation  à  son  chef-lieu  ;  qu'il  appartient  au 
bassin  de  la  Seine,  aux  terrains  crétacés,  jurassiques  et 
éocènes,  et  aux  climats  séquanien  et  vosgien  ;  que  la  tem- 
pérature moyenne  de  l'année  y  est  de  10°  95  ;  que,  comme 


142         HEV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.    [MaVS  1856.) 

faune  et  flore,  il  appartient  à  la  zone  parisienne  ;  enfin  on 
voit  que,  en  1851,  MM.  l\ay  et  Drouët  ont  publié  une 
faune  malacologique  de  l'Aube  comprenant,  au  total, 
cent  soixante-dix  espèces  vivantes.  11  en  résulte  que  les 
départements  qui  paraissent  être  le  plus  riches  en  espèces 
ou  mieux  explorés  sont  ceux  du  Nord,  des  Vosges,  de  la 
Vienne,  du  Rhône,  de  l'Isère,  de  l'Aube,  de  l'Hérault,  du 
Lot-et-Garonne,  de  la  Gironde,  des  Landes  et  du  Var. 

Le  second  tableau,  complément  du  premier,  présente 
la  classification  de  nos  mollusques  vivants  et  fossiles,  sui- 
vant les  familles  naturelles  admises  par  les  zoologistes.  Il 
est  divisé  en  trente-quatre  colonnes,  comprenant  renon- 
ciation des  régions  naturelles  en  zones  zoologiques,  les 
départements  et  les  chefs-lieux ,  les  altitudes  rninima  et 
maxima,  les  températures  isochimènes,  isothermes  et  iso- 
thères,  et  enfin  le  nombre  des  espèces  appartenant  à  cha- 
cune des  familles  naturelles  pour  chaque  faune  spéciale 
ou  départementale,  avec  le  total  de  ces  espèces.  Une  der- 
nière colonne  est  consacrée  aux  observations  générales 
exposant  les  vues  des  auteurs.  Exemple  :  le  département 
de  l'Aube ,  placé  ici  (avec  plus  de  justesse)  dans  la  région 
du  nord  et  dans  la  zone  parisienne,  a,  suivant  eux ,  pour 
altitude  minima  61  mètres,  pour  altitude  maxima  356  mè- 
tres; ses  températures  sont:  isochimène,  2°  9;  isotherme, 
10°  9;  isothère,  19°  4;  enfin  on  y  a  observé  12  Limaciens, 
76  Hélicéens,  3  Cyclostomiens,  1  Àuriculéen,  29  Limnéens, 
9  Paludinéens,  1  Néritéen,  1  Mytiléen,  24  Naïades,  14  Cy- 
cladéens;  ensemble,  170  espèces.  La  comparaison  de  ces 
différents  chiffres  fait  voir  que,  pour  chaque  faune  en  gé- 
néral, les  familles  les  plus  riches  en  espèces  sont  celles  des 
Hélicéens  et  des  Limnéens  ;  viennent  ensuite  les  Limaciens 
et  les  Na/iades. 

Je  suis  entré  dans  quelques  détails  à  propos  de  ces  deux 
tableaux,  parce  que  je  crois  qu'ils  feront  époque  dans 
l'histoire  de  notre  malacologie.  En  effet,  ils  jettent,  comme 
je  vous  le  disais,  les  bases  d'une  géographie  malacologiqm» 


ANALYSES    D'OUVRAGES    NOUVEAUX.  143 

de  la  France;  ils  en  sont  comme  le  point  de  départ.  Ren- 
dons grâce  aux  savants  qui  nous  ont  frayé  la  route  et  fa- 
cilité l'accès.  Marchons  sur  leurs  traces  en  les  prenant 
pour  guide;  le  premier  pas  est  fait,  c'est  toujours  le  plus 
difficile. 

5°  Distribution  géographique  de  la  famille  des  Limaciens  ; 
par  le  docteur  de  Grateloup.  Bordeaux,  1855,  30  pages 
in-8°.  —  Dans  un  court  avertissement ,  l'honorable  auteur 
annonce  qu'il  s'est  proposé  d'exposer  quelques  généralités 
zoologiques  et  géographiques  sur  l'ensemble  des  Lima- 
ciens, de  faire  un  recensement  général  des  espèces  con- 
nues et  de  les  distribuer  selon  les  régions  géographiques 
naturelles.  La  famille  des  Limaciens  se  compose  de  treize 
genres ,  savoir  :  Àrion ,  Limax ,  Testacella ,  Parmacella , 
Limacellus,  Vaginulus,  Onchidium,  Eumalus,  Plectropho- 
rus,  Tebennophorus ,  Gaeotis,  Meghimatium,  Veronicellus. 
Toutes  les  espèces  aujourd'hui  connues  sont  énumérées 
suivant  leur  distribution  géographique  dans  chaque  partie 
du  monde.  Un  résumé  numérique  clôt  cette  utile  et  sa- 
vante brochure,  à  laquelle  je  reprocherai  seulement  l'abus 
des  abréviations,  l'emploi  tantôt  du  français,  tantôt  du 
latin  ,  enfin  et  surtout  l'usage  de  noms  proposés ,  qui  ne 
tendraient  rien  moins  qu'à  bouleverser  la  nomenclature 
acquise. 

6°  Catalogue  des  Mollusques  terrestres  et  fluviatiles,  vi- 
vants et  fossiles  y  de  la  France  continentale  et  insulaire,  par 
ordre  alphabétique;  par  MM.  les  docteurs  de  Grateloup 
[pour  les  espèces  vivantes)  et  V.  Raulin  [pour  les  espèces  fos- 
siles). Bordeaux,  1855,  56  pages  in-8°.  —  Le  titre  de  cet 
ouvrage  nous  indique  suffisamment  que  ce  n'est  là  qu'un 
simple  catalogue  nominal  de  nos  Mollusques  vivants  et 
fossiles,  avec  l'indication  des  localités  principales.  Toutes 
les  espèces  bonnes  ou  mauvaises,  toutes  les  appellations 
régulières  ou  synonymiques  y  sont  alphabétiquement  con- 
signées. M.  de  Grateloup  décrit  comme  espèces  nouvelles  : 
Hélix  aquitanica  (suivant  moi  ce  n'est  que  Y  H.  fusca, 


144      rev.  et  màg.  de  zoologie.  (Mars  1856.) 

Mont.),  Hélix  burdigalensis  (pour  moi  variété  de  Y  H. 
variabilis,  Drap.),  Hélix  cestasiensis  (encore  une  variété 
de  Y  H.  variabilis).  Je  remarque,  parmi  les  Anodontes 
fossiles,  une  A.  Daubreana,  Schimp.,  du  bassin  alsacien, 
que  je  n'ai  pas  mentionnée  dans  mes  Études  sur  les  Ano- 
dontes. Ce  travail,  fruit  de  longues  et  patientes  recherches, 
est  le  précurseur  d'un  synopsis  méthodique  auquel  MM.  de 
Grateloup  et  Raulin  travaillent  actuellement ,  et  qu'ils  ne 
tarderont  pas  à  mettre  en  lumière. 

Mais  mon  rôle  de  nouvelliste  est  épuisé  ;  c'est  pourquoi 
je  clos  cette  lettre,  et  je  vous  prie,  avec  mes  sentiments 
habituels  de  parfaite  estime,  d'agréer  mes  vœux  de  bonne 
année. 


IV.  MÉLANGES  ET  NOUVELLES. 

M.  de  Souancé  nous  adresse  la  description  suivante 
d'une  nouvelle  espèce  de  Perroquet  : 

Myiopsitta  tigrina.  Vert,  plus  clair  en  dessous;  les  plu- 
mes du  cou,  du  dos,  des  flancs  terminées  par  une  bande 
noire,  qui  devient  beaucoup  plus  large  sur  les  couver- 
tures supérieures  de  la  queue  ;  les  épaules  noires  ;  les  rec- 
trices  médianes  noires,  les  latérales  vertes,  mais  noires  au 
centre  près  de  la  baguette  ;  bec  et  pieds  de  couleur  claire. 
—  L.  t.,  18  cent.  — Venezuela.  (Muséum  d'histoire  na- 
turelle de  Paris.) 


TABLE   DES   MATIERES. 

Pages. 

Jaubert.  —  Dixième  Lettre  sur  l'Ornithologie.  97 

D'Orbigny.  —  Ammonites  nouvelles.  105 

Thomson.  —  Description  de  dix  Coléoptères.  112 

Reiche.  —  Nouvelle  espèce  du  G.  Onitis.  118 

Robineau-Desvoidy.  —  Gale-Insectes  de  l'Olivier,  etc.  121 

Académie  des  sciences.  128 

Analyses.  13? 

Mélanges  et  nouvelles.  14* 


PARIS.   —  IMP.    DE    M""    Ve    BOUCHARD-HUZARD  ,    RUE    DE    L  EPERON,    J. 


DIX-NEUVIÈME    ANNÉE.  —  AVRIL    1856. 

I.  TRAVAUX  INÉDITS. 

Notices  mammalogiques,  par  M.  le  Dr  Pucheran, 

Les  diverses  déterminations  auxquelles  j'ai  été  obligé 
de  me  livrer,  dans  le  musée  de  Paris ,  depuis  que  je  suis 
attaché  aux  galeries  de  cet  établissement,  ont  nécessité 
de  ma  part  une  série  de  recherches  dont  les  résultats,  que 
je  désire  mettre  au  jour,  offriront,  je  l'espère,  pour  la 
science,  un  certain  degré  d'intérêt.  Quoique,  depuis  1846, 
mon  attention  ait  été  portée  d'une  manière  suivie  sur  les 
divers  types  ornithologiques  de  MM.  Cuvier,  Vieillot  et 
Lesson,  je  n'ai  point,  cependant,  délaissé  l'étude  des 
Mammifères,  puisqu'il  m'a  été  quelquefois  permis,  sous  le 
point  de  vue  de  la  synthèse,  d'arriver,  en  ce  qui  les  con- 
cerne, à  renonciation  de  quelques  principes  nouveaux  (1). 
En  outre,  j'ai  déjà  fait  connaître  en  1855  (2),  dans  une 
note  qui  traite  des  Carnassiers  et  à  laquelle  j'espère,  plus 
tard,  donner  plus  de  développement,  j'ai  déjà  fait  con- 

(1)  Voyez  nos  diverses  publications  et  nos  communications  à  l'Aca- 
démie des  sciences,  dont  voici  les  titres  : 

1.  Sur  les  caractères  zoologiques  des  M  armai  f ères  aquatiques. 
Revue  et  magasin  de  zoologie,  1851.  —  2.  Esquisse  sur  la  Mamma- 
logie  du  continent  Africain,  R^vue  et  magasin  de  zoologie,  1853  et 
1856.  —  3.  Sur  le  caractère  faunique  de  la  Nouvelle-Hollande , 
Comptes  rendus  de  l'Académie  des  sciences,  t.  XXXIX,  p.  <>3l.  — 
4.  Sur  le  caractère  faunique  de  Madagascar,  Comptes  rendus,  etc., 
t.  XL,  p.  192.  —  5.  Sur  l'Equateur  zoologique,  Revue  et  magasin  de 
zoologie,  1855. 

(2)  Revue  et  magasin  de  zoologie,  1855,  p.  392. 

2e  sÉaiB.  t.  viu.  Année  1856.  10 


146      rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Avril  1856.) 

naître  quelques-unes  de  mes  observations.  Le  même  re- 
cueil scientifique  contient  les  diagnoses  spécifiques  des 
Mammifères  nouveaux  que  notre  collection  nationale  a 
récemment  reçus  du  Gabon ,  région  du  globe  encore  si 
peu  connue,  et  dont  chaque  tentative  d'exploration  nous 
décèle,  en  Zoologie,  des  richesses  inattendues.  J'ajouterai, 
enfin,  que  je  n'ai  pas  non  plus  délaissé  l'étude  des  Prima- 
tes, ainsi  que  pourront  le  constater  les  Zoologistes  en  lisant 
notre  prochaine  notice  qui  leur  sera  consacrée;  mais,  en 
ce  moment,  c'est  des  Cétacés  que  nous  allons  nous  occuper. 
Comme  dans  nos  galeries  nous  n'avons  point,  pour  les 
étudier,  les  facilités  que  nous  présentent,  les  Phoques  ex- 
ceptés, les  Mammifères  des  autres  ordres,  nous  sommes 
obligés  de  ne  point  différer  l'exposition  des  diverses  ob- 
servations auxquelles  ils  ont  récemment  donné  lieu  de 
notre  part. 

1.  Cétacés. 

S'il  est  déjà  fort  difficile  de  bien  connaître  et  de  dis- 
tinguer, par  leurs  formes  extérieures  et  par  leur  mode 
de  coloration ,  les  divers  types  de  cet  ordre  qui  fréquen- 
tent les  mers  d'Europe ,  on  doit  regarder  comme  étant  à 
peu  près  insolubles  les  questions  de  cette  nature  relatives 
aux  espèces  des  autres  contrées  du  globe.  Il  nous  a  cepen- 
dant été  possible  ,  dans  la  détermination  que  nous  avons 
faite,  il  y  a  quelque  temps,  des  divers  individus  rapportés 
par  M.  Dussumier,  il  nous  a  été  possible,  disons-nous,  de 
saisir  certains  caractères  à  l'aide  desquels  les  Zoologistes 
pourront  dorénavant  mieux  fixer  les  diagnoses.  Pour  aider 
à  ce  perfectionnement  de  la  science,  nous  citerons,  indé- 
pendamment de  nos  propres  observations,  celles  initiale- 
ment faites  par  M.  Frédéric  Cuvier. 

La  première  espèce  dont  nous  ayons  à  nous  occuper  est 
le  Delphinus  pluiabcus,  Dussumier. 

«  L'individu  adulte,  dit  M.  Frédéric  Cuvier  (1),  avait 

(1)  Mammifères  de  la  Ménagerie  du  Muséum,  00-  livraison. 


TRAVAUX   INÉDITS.  147 

«  8  pieds  de  longueur  et  tous  les  caractères  des  Dauphins. 
((  Les  dents  étaient  au  nombre  de  trente-six  de  chaque 
«  côté  de  la  mâchoire  supérieure,  et  au  nombre  de  tien  tê- 
te deux  de  chaque  côté  de  l'inférieure.  Tout  son  corp6 
ee  avait  une  teinte  uniforme  d'un  gris  plombé ,  excepté 
«  l'extrémité  et  le  dessous  de  la  mâchoire  inférieure,  qui 
ce  sont  blanchâtres. 

«  La  hauteur  de  son  corps,  mesuré  en  avant  de  la  dor- 
«  sale,  est  contenue  six  fois  et  deux  tiers  dans  la  longueur 
ce  totale  ;  l'épaisseur  est  à  peine  plus  grande  que  la  hau- 
te teur  ;  la  distance  du  bout  du  museau  à  l'œil  fait  le 
«  sixième  de  la  longueur  totale  ;  le  front  s'élève,  sur  le 
«  bec ,  à  la  moitié  de  cette  distance ,  sous  un  angle  d'en- 
«  viron  45  degrés.  L'évent  est  médiocre,  placé  sur  le  crâne 
«  à  l'aplomb  de  l'œil ,  dont  le  diamètre  est  seulement  le 
«  quinzième  de  la  distance  au  bout  du  bec.  La  dorsale 
«  commence  au  tiers  du  corps;  elle  est  longue,  mais  peu 
ce  élevée ,  car  l'angle  que  forme  son  bord  antérieur  avec  la 
ce  ligne  du  profil  du  dos  n'a  pas  33  degrés;  le  bord  pos- 
ée térieur  est  faiblement  échancré  et  se  prolonge  assez  loin 
ee  sur  la  queue  ;  la  carène  qui  existe  sur  la  queue  est  assez 
ee  haute. 

ee  La  largeur  de  la  caudale  est  égale  au  quart  de  la  Ion- 
ee  gueur  du  corps.  La  hauteur  de  cette  nageoire  est,  à 
ee  peu  de  chose  près,  la  moitié  de  sa  largeur.  Les  deux 
ee  lobes  sont  séparés  l'un  de  l'autre  par  une  fente  peu 
«  profonde,  et  chacun  d'eux  est  peu  échancré. 

ee  La  pectorale,  attachée  à  peu  près  au  quart  de  la  lon- 
ee  gueur  totale,  n'en  a  pas  elle-même  le  septième  :  son 
ee  bord  postérieur  est  peu  échancré. 

te  II  paraît  que  les  jeunes  ont  les  parties  inférieures  du 
ee  corps  plus  pâles  que  les  supérieures  et  sont  blanchâ- 
ee  très  (1).  » 

(1)  L'adulte  et  le  jeune  sont  figurés  dans  la  Ménagerie  du  Muséum, 
livraison  57e,  septembre  1829.  iIS°  1,  le  jeune;  n°  3,  l'adulte.) 


148       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

Dans  son  travail  de  date  pins  récente  (1836)  sur  l'his- 
toire naturelle  des  Cétacés,  M.  F.  Cuvier  ne  donne  sur  ces 
types  aucun  détail  nouveau.  Rappelant  à  ce  sujet  l'opinion 
émise  par  M.  Georges  Cuvier,  et  si  généralement  adoptée 
par  les  modernes,  que  cette  espèce  ne  diffère  pas  du  Del- 
phinus  malayanus,  de  MM.  Lesson  et  Garnot,  il  ajoute 
seulement  que  leur  différence  ne  consiste  fjuère  que  dans  la 
carène  de  la  queue,  très-marquée  chez  la  première  et  feu  sen- 
sible chez  la  seconde  (1). 

Exposons  maintenant  le  résultat  de  nos  observations 
sur  ce  Dauphin ,  représenté ,  dans  le  Musée  de  Paris,  par 
les  mêmes  individus  décrits  par  M.  Frédéric  Cuvier.  L'au- 
thenticité de  ce  dernier  fait  ne  peut  être  mise  en  doute, 
car,  de  même  que  ceux  qui  vont  suivre,  ces  Cétacés  ont 
été  parfaitement  reconnus  par  M.  le  professeur  Geoffroy 
Saint-Hilaire,  par  l'artiste  qui  a  dessiné  les  figures  de 
l'ouvrage  de  M.  Frédéric  Cuvier  et  par  M.  le  professeur 
Valenciennes,  lequel  a  fourni  à  M.  Frédéric  Cuvier,  qui 
l'avoue  lui-même ,  les  descriptions  originales  que  nous 
avons  dû  transcrire. 

Or  dans  notre  individu  adulte,  malgré  son  état  de  des- 
siccation, se  trouvent  parfaitement  saisissables  les  carac- 
tères indiqués  par  M.  Frédéric  Cuvier  dans  la  figure  qu'il 
a  publiée,  et  dont  certains  ont  été  décrits  par  lui.  Ainsi  la 
nageoire  dorsale  est  peu  élevée  :  ses  dimensions,  dans  le  sens 
de  sa  plus  grande  hauteur,  dépassent  de  très-peu  15  cen- 
timètres. Elle  est,  de  même,  fort  peu  échancrée  en  arrière, 
et  la  carène,  qui  succède  à  son  bord  postérieur,  s'étend 
jusqu'à  15  centimètres  du  commencement  de  la  carène 
dorsale,  si  tant  est,  cependant,  qu'il  y  ait  interruption 
entre  ces  deux  crêtes  cutanées ,  interruption  qui  se  con- 
çoit parfaitement  bien  dans  notre  exemplaire  desséché, 
mais  qui,  à  l'état  de  vie  ou  quelques  heures  après  la  mort, 
est  peut-être  absente.  Cette  même  nageoire  est,  au  con- 

(1)  Frédéric  Cuvier,  Histoire  naturelle  des  Cétacés,  p.  152. 


TRAVAUX   INÉDITS.  149 

traire,  très-allongée  :  son  bord  libre  présente  42  centi- 
mètres 5  millimètres  d'étendue. 

La  nageoire  caudale  est  très-large,  soit  d'avant  en  ar- 
rière, soit  de  droite  à  gauche.  Dans  ce  dernier  sens,  son 
étendue,  mesurée  au-dessus  du  bord  libre,  atteint  près  de 
55  centimètres;  dans  le  premier  sens,  depuis  le  point  où 
elle  se  sépare  du  reste  du  corps  jusqu'à  la  pointe  supé- 
rieure de  l'échancrure  médiane,  elle  atteint  22  centimè- 
tres. Nous  ferons  observer,  en  outre,  que  nos  mesures 
d'avant  en  arrière  sont  prises  dans  l'endroit  le  plus  con- 
tracté. Or,  nonobstant  cette  circonstance  défavorable , 
il  n'en  est  pas  moins  vrai  que  nous  trouvons  exacte  l'as- 
sertion de  M.  Frédéric  Guvier,  que  la  hauteur  de  cette 
nageoire  est,  à  peu  de  chose  près,  la  moitié  de  sa  lar- 
geur. 

Les  pectorales  sont,  ainsi  que  la  caudale,  fort  étalées 
et  fort  larges  :  l'une  d'entre  elles,  au  niveau  de  l'éperon 
de  son  bord  interne,  présente,  de  dehors  en  dedans,  plus 
de  16  centimètres  d'étendue;  son  bord  externe  mesure 
près  de  35  centimètres. 

Voici  quelles  sont  les  autres  dimensions  : 

Longueur  totale  (de  l'extrémité  de  la  mâchoire  supé- 
rieure à  l'échancrure  médio-caudale ,  le  lien  passant  sur 

le  dos) 2m  36e  0m. 

i  à  la  dorsale 0    85  5 

Distance  de  l'ex-j  à  l'évent 0    38  3 

trémité  de  la  ma -/à  l'œil 0    37  8 

choire      supérieure]  au  point  de  séparation 

de  la  pectorale.    .     .     0    58  0 
[La  suite  au  prochain  numéro.) 


Onzième  lettre  sur  l'Ornithologie  de  la  France  méridio- 
nale; par  le  docteur  J.  B.  Jaubert. 

Calidris  arenaria.  — Le  Sanderling  nous  visite  irrégu- 
lièrement; nous  le  tuons  cependant  en  automne  et  au 


150         REV.   ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Avril  1856.) 

printemps,  ce  qui  m'a  permis  de  me  le  procurer  dans  ses 
diverses  livrées...  Verdot  le  rapporta  d'Egypte,  en  livrée 
d'hiver,  tué  dans  le  port  neuf  d'Alexandrie  le  28  novem- 
bre 1840,  avec  cette  simple  indication  suspendue  au  bec  : 
Iris  brun;  nourriture,  petits  vers  blancs. 

Tringa.  —  Une  particularité  à  signaler,  c'est  que  le 
T.  maritima,  qui  paraît  être  de  passage  régulier  dans  nos 
départements  du  Nord ,  ne  se  montre  pas  en  Provence. 
Pol.  Roux  l'avait  cependant  dessiné  (Orn.  Prov.,  pi.  284), 
mais  le  texte  nous  manque...  Grespon  même,  à  qui  on 
pourrait  souvent  faire  le  reproche  d'avoir  un  peu  trop 
suivi  ses  devanciers,  en  parle  comme  d'un  oiseau  qu'il 
rencontre  habituellement.  Pour  mon  compte,  je  déclare 
non-seulement  n'avoir  jamais  trouvé  cet  oiseau,  mais  en- 
core ne  l'avoir  vu  entre  les  mains  d'aucun  de  nos  collec- 
teurs. 

J'avoue  mon  ignorance  complète  des  trois  espèces 
T.  cinclus,  T.  Schinzii  et  T.  Bonapartii...  Si  je  m'étais 
borné  à  l'examen  de  nos  sujets  méridionaux ,  j'aurais  pu 
croire  que  nous  n'étions  visités  que  par  un  seul  de  ces 
oiseaux,  T.  cinclus,  par  exemple  ;  mais,  ayant  eu  sous  les 
yeux  les  divers  types,  ou  du  moins  prétendus  tels  par  les 
marchands  allemands,  il  ne  m'a  pas  été  possible  de  saisir, 
entre  tous  ces  individus,  la  moindre  différence  ;  aussi 
suis-je  sans  opinion  pour  le  moment  ! 

Limicola.  —  La  L.  pygmœa,  trouvée  depuis  quelques 
années  seulement  en  Provence ,  fut  signalée  d'abord  par 
Crespon,  qui  nous  donne  sur  cet  intéressant  oiseau  les 
seuls  renseignements  que  je  puisse  encore  transmettre  au- 
jourd'hui :  c'est  vers  le  milieu  du  mois  d'août  qu'il  nous 
arrive,  en  compagnie  du  Gocorli  ou  de  la  Brunette,  dont 
il  paraît  avoir  les  mœurs.  Quoique  toujours  rare ,  cet  oi- 
seau paraît  de  passage  régulier  ;  on  en  prend  toutes  les 
années  quelques-uns  dans  les  environs  de  Montpellier,  et 
leur  livrée  est  celle  des  jeunes. 

Ltmosa.  —  Le  petit  nombre  de  Barges  rousses  que  nous 


TRAVAUX    INÉDITS.  151 

rencontrons  ici  ne  nous  a  guère  permis  de  nous  former 
une  opinion  sur  le  compte  de  la  Barge  de  Meyer,  dont 
l'existence  paraît  fortement  contestée...  Cependant,  après 
avoir  passé  en  revue  celles  de  ma  collection  et  celles  que 
possède  la  ville,  j'ai  été  frappé  par  les  différences  que  pré- 
sente un  de  ces  oiseaux  tué  à  Montpellier,  sous  mes  yeux, 
en  compagnie  de  deux  ou  trois  autres  sujets  que  nous  ne 
pûmes  atteindre  :  c'est  une  livrée  d'hiver  assez  semblable 
à  la  livrée  ordinaire,  mais  s'en  distinguant  par  une  teinte 
plus  claire  du  cou,  avec  nombreuses  stries  allongées  ;  par 
la  coloration  plus  foncée  des  parties  supérieures  et  l'exis- 
tence de  larges  taches  en  V  sur  les  flancs  et  les  sous-cau- 
dalcs;  par  une  queue  brune  unicolore  en  dessus,  ne  pré- 
sentant qu'un  peu  de  blanc  vers  l'extrémité  des  rectrices, 
dont  les  deux  ou  trois  plus  externes  offrent  en  dessous 
quelques  traces  de  taches  blanches  le  long  des  barbules 
internes  ;  la  taille  de  l'oiseau  est  plus  forte,  son  bec  et  ses 
tarses  plus  longs.  On  sera  sans  doute  frappé  de  la  ressem- 
blance de  cette  description  avec  celle  de  Degland  [Lim. 
Meyeri,  femelle,  en  hiver,  t.  II,  p.  176)...  En  rejetant 
l'hypothèse  d'une  espèce  distincte,  ce  qui  ne  me  paraît  pas 
suffisamment  prouvé,  je  serais  désireux  de  savoir  de  quel 
titre  qualifier  cette  livrée...  Est-ce  un  oiseau  adulte?... 
D'où  vient ,  alors,  qu'il  ne  présente  jamais  dans  sa  livrée 
d'été  ni  cette  taille ,  ni  les  caractères  indiqués  plus 
haut? 

J'ai  parlé,  dans  un  précédent  travail,  d'une  Barge  te- 
rerk  (Lim.  rinerca)  tuée  près  de  Montpellier;  je  reviendrai 
bientôt  sur  ce  sujet  pour  en  donner  la  figure. 

NiTy,KNius.  —  Cette  livrée  de  Barge  me  rappelle  un 
Courlis  cendré  que  je  me  procurai ,  il  a  quelques  années, 
à  Hyères.  remarquable  surtout  par  sa  forte  taille.  C'était 
sans  doute  un  vieux  sujet  dont  le  bec  seul  mesure  0,18m  ; 
les  teintes  générales  de  l'oiseau  sont  d'un  blanc  légère- 
ment roussàtre,  présentant  sur  le  cou  et  le  haut  de  la  poi- 
trine des  stries  brunes  tellement  fines  qu'elles  sont  à  peine 


152      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

apparentes,  mais  qui  deviennent  plus  fortes  sur  les  flancs; 
le  bas  de  la  poitrine,  l'abdomen  et  les  sous-caudales  sont 
entièrement  blancs.  C'est  le  plus  bel  individu  que  j'aie 
jamais  vu  ;  sa  livrée,  un  peu  usée,  indique  un  oiseau  vers 
la  fin  de  l'été. 

Les  iV.  phœopus  et  N.  tenuirostris  nous  visitent  chaque 
année,  mais  en  petit  nombre,  ainsi  que  Y  Ibis  Falcinellus, 
que  nous  rencontrons  surtout  au  printemps. 

Egreita.  —  Les  E.  alba  et  E.  garzetta  sont  de  passage 
à  peu  près  régulier  :  la  première,  toujours  rare,  se  montre 
seulement  en  hiver;  la  seconde,  au  contraire,  plus  sou- 
vent  au  printemps,  et  même  en  été. 

G.  Cara,  dans  son  Ornithologie  sarde,  page  130,  donne, 
sous  le  nom  d'Ardeaegrettoides,  la  description  d'un  oiseau 
que  j'aurais  volontiers  attribué  au  Bubulcus,  si  l'auteur 
n'avait  énergiquement  protesté  contre  cette  pensée  en  me 
disant  que  Y  Egrettoïde  est  non-seulement  d'une  taille  plus 
forte,  mais  sa  robe  est  entièrement  blanche...  L'auteur 
compte  deux  captures  de  cet  oiseau,  toutes  deux  en  hiver, 
mesurant  25  pouces  7  lignes  :  «  Del  bianco  puro  dapper- 
«  tuto ,  non  csclusi  Ii  piumini  del  dorso ,  ed  il  mazzo  di 
«  piume  filamentose  del  basso  del  colio...  »  N'ayant  pas 
vu  ces  oiseaux,  je  n'ose  me  prononcer;  ne  serait-ce  pas 
E.  nivea,  Bp.  [A.  egretta,  Kùppel),  que  je  ne  connais  pas, 
et  que  l'on  dit  se  montrer  quelquefois  dans  nos  îles  de  la 
Méditerranée?... 


Catalogue  des  perroquets  de  la  collection  du  prince 
Masséna  d'Essling,  duc  de  Rivoli,  et  observations  sur 
quelques  espèces  nouvelles  ou  peu  connues  de  Psn- 
tacidés;  par  M.  Charles  de  Souancé.  (Voir  1856,  p.  56.) 

60.  Psittovius  jugularis  (Deville).  Bolivie.  Tache  du 
menton  jaune  orangé,  couvertures  supérieures  et  infé- 
rieures de  l'aile  vertes. 

61.  Brotogeris  pyrrhopterus  (Lath.)  ;  Conurus  griseo- 


TRAVAUX     INÉDITS.  153 

cephalus,  Less.  Tr.  d'orn.  214;  Conurus  grise ifrons,  Bourj. 
Perr.  pi.  86.  Amérique  méridionale. 

62.  Brotogkkis  n  i  (Gmel.). 

63.  Evopsitta  amazomna  (Desmurs).  Colombie. 

64.  Derotypus  accipitrinus  (Linn.).  Brésil. 

65.  Œnochrus  vinaceus  (Pr.  Max.).  Brésil. 

66.  Chrysotis  pulverulenta  (Gmel.). 

67.  Chrysotis  lelxocephala  (Linn.);  Pionus  vinacei- 
rollisy  Lan*. 

68.  Chrysotis  albifrons  (Sparrm.),  Mexique. 

69.  Chrysotis ocnROPTERA(Gmel.) ..Psittacus  amazonicus 
gutture  luleo,  Briss.  Orn.  IV,  287;  Psittacus  barbadensis, 
Briss.  Orn.  IV,  236;  the  barbadoes  parrot ,  Alb.  III , 
pi.  11;  Psittacus  ochropteras,  Gmel.  I,  341;  le  Perroquet 
à  épaulettes  jaunes,  mâle,  le  Vaill.  Perr.  II,  pi.  98  bis  ; 
Chrysotis  œanthoctphalus ,  S\v.  class.  of  B.  301;  Psittacus 
xanthops,  var.  A.  Wagl.  Abh.  ak.  munchen,  1832,  583, 
715.  Front  blanc  sale  ;  sommet  de  la  tête,  tour  des  yeux, 
joues,  épaules  et  cuisses  jaune  jonquille. 

70.  Chrysotis  xanthops  ,  Sw.  ;  Psittacus  xanthops  , 
Wagl.  Abhan.  akad.  munchen,  1832,  583,  715;  l'Amazone 
à  tète  jaune ,  le  Vaill.  Perr.  II ,  pi.  86.  Le  front  est  du 
même  jaune  que  le  reste  de  la  tête;  les  épaules  sont 
rouges,  et  quelquefois  variées  de  jaune  et  de  rouge.  Il 
ne  faut  pas  réunir  à  cette  espèce  le  P.  Xanthops,  Spix, 
qui  est  le  C.  hypochondriaca  (Licht.). 

71.  Chrysotis  festiya  (Linn.).  Brésil. 

72.  Chrysotis  chloronota,  nob.  D'un  vert  sale;  front 
et  lorums  rouge  vif;  plumes  du  sommet  de  la  tête  et  du 
menton  terminées  de  bleu;  première  rémige  noire;  l'aile 
bâtarde  et  les  barbes  internes  de  rémiges  primaires  bleu 
indigo  à  leur  base;  les  rémiges  secondaires  vertes  et  ter- 
minées de  bleu  ;  les  rémiges  primaires  et  secondaires, 
ainsi  que  les  scapulaires,  bordées  extérieurement  de  jau- 
nâtre pale;  les  rectrices,  à  l'exception  des  deux  médianes, 
rouge  de  sang  à  la  base,  la  plus  externe  bleue  extérieu- 


184       rev.  et  MACr.  M  zoologie.  (Avril  4856.) 

rement;  bec  noir,  piedsbruns.  L.  T.  37  cent.  ;  aile  21  cent. 
Habitat  inconnu.  Cet  oiseau  est  fort  semblable  au  C.  fes- 
tiva;  il  en  diffère  cependant  par  l'absence  de  rouge  sur 
le  croupion,  et  par  la  coloration  rouge  foncé  très-intense 
des  rectrices  à  leur  base,  coloration  qui  n'existe  pas 
habituellement  chez  le  C.  festiva,  ou  qui  ne  s'y  montre 
qu'à  l'état. rudimentaire. 

73.  Chrysotis  aïtreipalliata  (Less.)  ;  Chrysotis  flavi- 
nuchus,  Gould.  Acapulco. 

74.  Chrysotis  poecilorhyncha  (Shaw),  Brésil. 

75.  Chrysotis  ociirocepiiala  (Gmel.),  Brésil. 

76.  Chrysotis  amazonica  (Gmel.),  Brésil,  Guyane. 

77.  Chrysotis  Pretrei  (Temm). 

78.  Chrysotis  Dufresnianus  (Kuh) .  Front  rouge , 
lorums  jaunes,  joues  bleues. 

79.  Chrysotis  autumnalis  (Linn.).  Front  rouge,  joues 
jaune  nuancé  de  rouge  :  chez  les  individus  très-adultes,  les 
joues  sont  presque  entièrement  rouges,  et  il  ne  reste  de 
jaune  que  dans  la  région  suborbitale  et  auriculaire.  . 

80.  Chrysotis  diadema  (Spix).  Front  rouge,  ventre 
bleu  violacé  ;  occiput  vert  jaunâtre.  Brésil. 

81.  Chrysotis  coccineifrons  ,  nob.  Le  front,  le 
sommet  de  la  tête  et  les  lorums  rouge  écarlate;  une  bande 
sourcilière  qui  se  prolonge  derrière  l'œil  d'un  beau  bleu; 
toutes  les  parties  supérieures  vert  gai,  chaque  plume 
bordée  de  noir;  en  dessous  vert  jaunâtre  également  écail- 
lé de  noir  ;  la  première  rémige  noire  ;  les  autres,  égale- 
ment noires  à  l'extrémité  et  intérieurement,  ont  les  barbes 
externes  vertes  à  la  base  et  bleues  dans  leur  milieu  ;  les 
rémiges  secondaires  vertes  à  la  base,  bleues  à  l'extrémité 
avec  une  tache  médiane  rouge  ;  les  rectrices  vertes  termi- 
nées de  vert  jaunâtre,  la  plus  externe  bordée  de  violet;  bec 
blanc,  pieds  bruns.  L.  T.  35  cent.;  aile  22  cent.  Colombie? 

82.  Caica  melaxocephala  (Linn.),  Brésil. 

83.  Caica  leucogaster  (111.).  M.  de  Castelnau,  dans  la 
relation  de  son  voyage,  dit  que  cet  oiseau  se  trouve  sur 


TRAVAUX    INÉDITS.  15& 

la  rive  septentrionale  du  fleuve  des  Amazones,  tandis  que 
le  C.  melanoccphalus  serait  cantonné  sur  la  rive  opposée. 

8  V.   Caica  pileata  (Gmel.).  Brésil. 

85.   Caica  Barra kandi  (Kuhl).  Pérou. 

80.  Pionus  menstruis  (Linn.).  Brésil. 

87.  Pionus  purpureus  (Gmel.).  Guyane. 

88.  Pionus  chalcopterus  (Fras.).  Bogota. 

89.  Pionus  senilis  (Spix).  Brésil. 

90.  Pionus  seniloides  (Mass.  et  de  S).  Colombie. 

91.  Pionus  MaXimiliani  (Kuhl).  Psittacus  Maximiliani, 
Kuhl,  Consp.  72;  Psittacm  jlavirostris,  Spix,  Av.  Bras.  I4 
pi.  31,  f.  2  ;  Psittacus  flavirostris,  Pr.  Max.  Nat.  von  Bfaz. 
IV,  243;  Psittacus  flavirostris  vel  Maximiiiani,  Bourj. 
Perr.,  pi.  54  ;  Psittacus  cobaltinus,  Mass.  et  de  S.  Rev. 
zool.  1854,  74.  Quelques  plumes  rouges  sur  le  front,  celles 
de  la  tête,  des  joues,  de  la  poitrine  et  de  l'abdomen  vertes, 
bordées  largement  de  bleu  tendre;  les  cinq  rectrices  laté- 
rales sont  bleues  extérieurement  et  rouges  à  la  base  sur 
les  barbes  internes;  les  rectrices  médianes  vertes  et  termi- 
nées de  bleu  ;  en  dehors,  les  rectrices,  rouges  à  la  base,  sont 
d'un  bleu  glauque  dans  tout  le  reste  de  leur  longueur  ;  les 
couvertures  inférieures  de  la  queue  rouge  écarlate.  L.  T. 
'lï  cent.;  aile  18  cent.  Brésil. 

92.  Pionus  siy  (Azara  n°  287),  Pionus  Maœimiliani, 
Wagl.  Abhand.  ak.  munchen,  1832,  603,  710.  Vert  olive, 
chaque  plume  bordée  de  noirâtre,  finement  sur  le  corps, 
très-largement  sur  la  tète  ;  le  front  noir  bleu;  les  plumes 
du  milieu  de  la  poitrine  terminées  de  bleu  violet;  cou- 
vertures inférieures  delà  queue  rouge  écarlate;  en  dessus 
les  trois  rectrices  latérales  ont  leurs  barbes  externes 
bleu  foncé,  et  en  dessous  à  la  base  une  large  tache  cou- 
leur lie  de  vin.  L.  T.  33  cent.  ;  aile  20  cent.  Paraguay, 
Bolivie. 

93.  Pionus  sordidus  (Linn.)  ;  Pionus  corallinus,  Bp. 
Bev.  zool.  1854,  148,  155.  Sur  le  dessus  de  la  tèfe  chaque 
plume,  verte  au  centre,  est  bordée  <lc  bleu  sombre;  les  par- 


156       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

ties  supérieures  du  corps  vert  olive  foncé  ;  la  gorge  et  le 
haut  de  la  poitrine  d'un  bleu  céleste;  toutes  les  autres 
parties  inférieures  olive  rougeâtre  ;  les  rectrices  latérales 
en  dessus  bleues  extérieurement,  en  dessous  rouges  à  la 
base  ;  couvertures  inférieures  de  la  queue  rouge  écarlate  ; 
bec  rouge  ;  pieds  bruns.  L.  T.  28  cent.;  aile  20  cent.  Co- 
lombie. Un  autre  individu  que  nous  considérons  comme 
le  jeune  (?)  nous  a  présenté  quelques  différences.  Il  est, 
en  dessus  et  en  dessous,  d'un  vert  foncé,  sans  aucune  des 
teintes  olivâtres  de  l'oiseau  adulte  ;  le  bleu  de  la  gorge  est 
plus  foncé;  le  bec  est  d'un  rouge  plus  vif. 

94.  Graydidascalus  viridissimus  (Spix).  Brésil. 

95.  Pionopsitta  pileata  (Scop.).  Brésil. 

96.  ïriclaria  cyanogastra  (Vieill.).  Brésil. 

97.  Pyrrhulopsis  purpuratus  (Gmel.). 

98.  Pyrrhulopsis  Hueti  (Temm.). 

99.  Pyrrhulopsis  melanopterus  (Gmel.). 

100.  Pyrrhulopsis  surdus  (111.). 

101.  Pyrrhulopsis  melanotus  (Licht.). 

102.  Psittacula  passerina  (Linn.).  Vert  :  les  grandes 
couvertures  supérieures,  ainsi  que  les  couvertures  infé- 
rieures de  l'aile ,  le  bas  du  dos  et  le  croupion  d'un  beau 
bleu  d'outremer  ;  bec  couleur  de  corne  claire  ;  pieds  noi- 
râtres. L.  T.  13  cent.;  aile  9  cent.  Les  femelles  sont  en- 
tièrement vertes.  Brésil.  Var.  Un  jeune  mâle  est  remar- 
quable par  une  large  tache  jaune  abdominale. 

103.  Psittacula  guyanensis  (Sw.);  Psittacus  capensis, 
Lath.  Ind.  132;  Psittacula  guyanensis,  Sw.  Two  cent,  and 
a  quart.  320;  Psittacula  viridissima,  Lafr.  Rev.  zool. 
1848,  172.  Les  grandes  couvertures  de  l'aile  sont  d'un 
beau  bleu  turquoise  ;  les  couvertures  inférieures  de  l'aile 
bleu  indigo;  le  croupion  vert  malachite,  un  peu  teinté  de 
bleu  ;  le  bec  et  les  pieds  blanchâtres.  Les  femelles  ont  le 
front  vert  jaunâtre.  L.  T.  14  cent.;  aile  9  cent.  Para,  Oré- 
noque,  Guyane. 

104.  Psittacula  conspiçillata  ,  Lafr.    Plumage  vert 


TRAVAUX     INÉDITS.  157 

grisâtre.  Cette  espèce,  par  le  bleu  des  ailes  et  du  croupion, 
ressemble  à  la  P.  passerina,  mais  elle  s'en  distingue  par 
le  cercle  bleu  qui  entoure  l'œil  ;  le  bec  et  les  pattes  blan- 
châtres. L.  T.  13  cent.;  aile  8  cent.  Les  femelles  sont  en- 
tièrement vertes,  mais  on  ne  peut  les  confondre  avec 
celles  de  la  P.  passtrinà,  étant  d'une  autre  teinte,  et  la  co- 
lorisation  du  bec  et  des  pattes  étant  de  même  différente. 
Colombie. 

105.  Psittacula  coelestis,  Less.  Écho  du  M.  s.  1844. 
Vert  lavé  de  gris;  une  bande  postoculaire  bleu  de  ciel  ;,le 
croupion  et  une  bande  en  travers  de  l'aile  bleu  indigo  ; 
bec  et  pieds  blanchâtres.  L.  T.  13  cent.;  aile  8  cent. 
Guayaquil. 

106.  Psittacula  cyanopygia,  nob.  Diffère  de  la  P.  pas- 
serina par  une  taille  un  peu  plus  grande  et  par  le  bleu 
des  ailes  et  du  croupion,  bleu  turquoise  et  non  pas  bleu 
d'outremer;  bec  et  pieds  noirâtres.  L.  T.  15  cent.;  aile 
9  cent. 

107.  Paljîornis  Alexaindri  (Linn.), 

108.  Pal^eornis  torquatus  (Briss.).  Cette  espèce,  qui  se 
trouve  dans  une  grande  partie  des  régions  tropicales  de 
l'ancien  continent,  nous  offre,  suivant  son  habitat,  quel- 
ques modifications  très-peu  sensibles  que  quelques  natu- 
ralistes ont  cependant  jugées  assez  importantes  pour  en 
former  des  espèces  distinctes.  L'Inde,  le  Sénégal  etl'Abys- 
sinie  sont  également  habités  par  cet  oiseau,  et,  quoique 
nous  ayons  pu  en  examiner  un  grand  nombre,  nous  cher- 
chons encore  des  caractères  spécifiques  tranchés.  Les 
perruches  de  l'Inde  sont  généralement  plus  grosses  ,  leur 
bec  est  plus  fort  et  le  gris  du  derrière  de  la  tête  est  moins 
étendu  sur  la  nuque.  Celles  du  Sénégal,  plus  petites  que 
les  Asiatiques,  ont  la  queue  proportionnellement  plus 
longue,  ce  qui  les  fait  paraître  à  peu  près  de  la  même 
grandeur,  quoique  plus  élancées.  Quant  aux  oiseaux 
d'Abyssinie,  ils  sont  caractérisés  par  la  petitesse  de  leur 
bec  (Palœomis  parvirostris,  Bp.). 


£5$       rev.  et  mai;,  pv,  zoologie.  [Avril  1856.) 

109.  PalvEobms  bitorquatus  (Kuhl.).  Psittaca  borbo- 
nica  torquata,  Briss.  Orn.  iv,  328,  pi.  27,  f.  1  ;  Perruche 
à  collier  de  l'île  de  Bourbon,  Buff.  pi,  enl.  215;  Perruche 
à  double  collier,  le  Vaill.  Perr.  I ,  pi.  39  :  Psittacus 
Alexandrie  var.  Linn.  I,  142;  Psittacus  bicollarn>  Vieill. 
Enc.  meth.  III,  1385;  Palœomis  Layardi,  Blyth,  List  of 
the  birds  As.  soc.  341.  Les  perruches  à  collier  de  l'Inde, 
du  Sénégal  et  de  l'Abyssinie ,  comme  nous  venons  de  le 
voir,  sont  très-voisines  les  unes  des  autres  et  à  peine  sé- 
parées par  quelques  légères  différences;  il  n'en  est  pas  de 
même  de  la  race  confinée  aux  îles  Bourbon  et  Maurice, 
qui,  malgré  quelques  détails  communs,  peut  toujours  s'en 
distinguer.  Sa  coloration  générale,  d'un  vert  beaucoup 
plus  franc,  n'a  pas  la  teinte  jaunâtre  qu'on  observe  chez 
les  oiseaux  d'Asie  et  d'Afrique  ;  les  rectrices  en  dessus 
sont  entièrement  vertes  ,  en  dessous  jaune  terne.  Enfin  la 
forme  du  corps  est  épaisse  et  trapue,  au  lieu  d'être  élé- 
gante et  élancée.  Les  trois  individus  de  la  collection  Mas- 
séna  viennent  de  l'île  Maurice. 

110.  PaLjEORNIS   SCH1STICEPS,  HodgS. 

111.  Pal/Eornis  cyanocephaeus  (Linn.). 

112.  Paljeornis  columboides,  Vigors.  Front,  collier, 
couvertures  inférieures  de  l'aile  bleu  tendre  ;  scapulaires 
et  couvertures  supérieures  de  l'aile  vert  sombre  ;  poitrine 
et  abdomen  gris  perle  ;  croupion  bleu  glauque. 

(La  suite  prochainement.) 


Observations  sur  les  Oursins  perforants  de  Bretagne  ; 
par  Frédéric  Cailliaud,  directeur  -  conservateur  du 
musée  d'histoire  naturelle  de  Nantes,  etc.,  etc. 

Les  Echinus,  en  général,  ont  été,  depuis  longtemps,  un 
sujet  d'étude  approfondie  par  de  nombreux  auteurs.  M.  de 
Blainville  entre  autres  en  traite  longuement  (1).  En  1835, 

(1)  Dictionnaire  des  sciences  naturelles,  édit.  Lévreau ,  t.  XXXVII , 
p.  59;  t.  LX,  p.  178  à  213. 


TRAVAUX    INEDITS.  159 

M.  Charles  des  Moulins  a  donné  sur  ce  sujet  un  fort  bon 
travail.  MAL  Agassiz  et  Desor,  en  compulsant  les  travaux 
connus  et  les  nombreuses  collections  toujours  croissantes, 
et  en  élevant  aujourd'hui  le  nombre  de  ces  Echinides  à 
seize  cents  espèces,  ont  apporté  des  changements  notables 
dans  les  genres  par  un  travail  spécial  réellement  excep- 
tionnel. 

Aujourd'hui,  la  découverte  de  nos  Oursins  perforants 
en  Bretagne  nous  porte  à  reconnaître  de  nouveaux  faits 
auxquels  on  était  ioin  de  s'attendre,  et  qui  doivent  inté- 
resser vivement  la  science  au  point  de  vue  des  usages  de 
ces  animaux. 

Localités  reconnues. 

Dans  nos  recherches  de  mollusques  sur  le  plateau  du 
Four,  près  le  Groisic,  en  1850,  nous  avons  trouvé,  l'un 
après  l'autre,  cinqEchinus  miliaris parfaitement  incrustés 
dans  des  trous  circulaires  de  la  roche  (calcaire  dur  magné- 
sien et  quartzeux)  ;  les  ayant  retirés,  nous  avons  reconnu 
mieux  encore  ces  excavations,  que  nous  avons  enlevées 
avec  soin.  Elles  étaient  parfaitement  arrondies  et  de  la 
forme  de  ces  Radiaires  ;  il  y  en  avait  de  petits,  de  plus 
gros  ;  chacun  était  logé  dans  son  trou,  proportionné  à  son 
volume.  Nous  n'avons  pas  mis  en  doute  que  ces  Echinm 
eussent  bien  creusé  ces  excavations  ;  nous  avons  publié  ce 
fait  en  disant  qu'il  n'était  pas  unique ,  attendu  que  le  Mu- 
séum de  Paris  en  possédait  un  autre  exemple  (1).  Ces 

(1)  Ce  fait,  ainsi  que  nos  observations  sur  les  perforants,  a  été  pu- 
blié par  l'Institut  de  France  aux  Comptes  rendus  de  ses  séances 
(3  juillet  1851);  plus  tard,  dans  le  même  recueil,  les  2  octobre  1854  et 
19  novembre  1855,  MM.  Robert  et  Lory  ont  cité  les  Oursins  perfo- 
rants. M.  Valenciennes  en  a  fait  autant;  il  annonce  que  M.  de  Quatre- 
fage  a  vu  ces  Echinides  perforauts  dans  les  roches,  à  Guetary,  il  fait 
même  remarquer  que  le  Muséum  eu  possède  depuis  plus  de  viugt 
ans,  et  qu'on  les  montrait  dans  les  cours  même  du  temps  de  La- 
marck.  11  est  bien  étrauge,  toutefois,  que  ce  savant  auteur  lui-même 
n  ait  jamais  publié  ce  fait  si  étrauge  dans  aucun  de  ses  ouvrages  ; 


160       rev.  et  mag.  de  zooî.ogie.  {Avril  1856.) 

échantillons  ont  été  dernièrement  commentés  de  diverses 
manières  :  les  uns  prétendaient  démontrer  l'impossibilité, 
pour  ces  êtres  si  faibles  et  inoffensifs  en  apparence,  de 
creuser  ainsi  les  roches;  d'autres,  et  peut-être  le  plus 
petit  nombre,  pensaient,  comme  nous,  que  ces  Radiaires 
sont  de  véritables  perforants.  Nous  avions  connaissance 
que  le  dernier  échantillon  donné  au  Muséum  de  Paris 
provenait  des  cotes  du  Finistère.  Désireux  d'étudier  ce 
fait,  dans  un  voyage  que  nous  avons  fait  à  Brest  au  mois 
d'août  1855,  nous  avons  exploré  une  partie  de  ces  côtes 
et  nous  y  avons  trouvé,  sur  plusieurs  points,  nos  Echinus 
dans  les  roches,  et  plus  particulièrement  dans  une  riche 
localité  sur  laquelle  nous  nous  arrêterons  quelques  in- 
stants. 

A  2  kilomètres  à  l'est  de  Douarnenez,  sur  la  rive,  au 
lieu  nommé  Grabinek,  sur  un  terrain  de  transition 
moyenne  où  la  falaise,  coupée  verticalement,  présente 
une  suite  de  gneiss,  micaschiste  et  de  grauwakes,  au  pied 
desquels  s'élève  de  1  mètre,  plus  ou  moins,  un  banc  de 
grès  siluriens  et  ferrugineux  dans  lequel  nous  avons 
compté  vingt-trois  excavations  de  30  à  50  centimètres  de 
profondeur  environ.  Leur  grandeur  varie  beaucoup;  il  y 
en  a  de  toutes  les  proportions,  depuis  3  jusqu'à  16  et 
18  mètres  de  circonférence.  Ces  cavités  proviennent  d'an- 
ciennes exploitations  du  grès ,  lequel  est  beaucoup  em- 
ployé dans  les  arts.  Le  fond  de  ces  excavations,  générale- 
ment en  surfaces  planes,  est  entièrement  rempli  d' Echinus 
lividus  parfaitement  logés  dans  leurs  trous  ;  tous  ne  sont 


MM.  Valeuciennes  et  de  Quatrefage  n'en  fout  pas  plus  mention  dans 
leurs  nombreux  écrits.  Nous  avons  donc  la  priorité,  eu  ce  que  nous 
avons  imprimé  que  des  Echinus  perforaient  les  roches.  Il  est  de  fait 
que,  depuis  plus  de  vingt  ans  que  le  Muséum  de  Paris  possède  ces  cu- 
rieux échantillons,  on  n'avait  pas  encore  cherché  à  les  expliquer. 

Nous  verrons  que  MM.  Valenciennes  et  Robert  doivent  être  dans 
l'erreur  sur  les  moyens  de  perforation  qu'ils  assigueut  aujourd'hui  à 
ces  Échinides. 


TRAVAUX    INÉDITS.  161 

séparés  les  uns  des  autres  que  par  une  simple  cloison 
ménagée  par  eux  dans  le  grès,  encore  ces  séparations 
sont-elles  souvent  perforées  elles-mêmes  par  les  plus 
jeunes  individus,  qui  s'emparent  des  plus  petits  espaces, 
souvent  anguleux,  que  laisse  la  réunion  des  grands  trous 
d'Oursins  entre  eux.  Là  ces  petits  êtres,  gros  au  plus 
comme  un  petit  pois,  attaquent  la  roche,  s'y  fixent  et  pros- 
pèrent, creusant  leur  trou  auprès  de  leurs  générateurs, 
comme  le  démontrent  les  riches  échantillons,  contenant 
jusqu'à  cinquante  individus  petits  et  grands  réunis,  que 
nous  en  avons  rapportés.  Grandes  ont  été  notre  surprise 
et  notre  admiration,  lorsqu'à  notre  arrivée  nous  avons  vu 
deux  mille  de  ces  Echinus  réunis  habitant  leur  loge  au- 
près de  leurs  petits,  et  tapissant  toute  l'étendue  de  ces 
excavations  de  leurs  couleurs  variées  vert  ou  violet,  sous 
la  transparence  d'une  nappe  d'eau  limpide  !  Ici  encore, 
nous  disions  nous,  de  nouvelles  jouissances  sont  toujours 
réservées  à  celui  qui  étudie  la  nature  ! 

Durant  cinq  jours  consécutifs  nous  avons  visité  cette 
localité,  où  nous  avons  recueilli  de  magnifiques  échan- 
tillons. 

Sur  une  si  grande  quantité  de  ces  Radiaires,  serons- 
nous  assez  heureux,  nous  disions-nous,  pour  en  observer 
en  mouvement,  peut-être  même  en  travail  pour  creuser 
leur  demeure?  Nous  restions  l'œil  avide  et  attentif  de 
toute  part,  pour  épier  leur  moindre  mouvement  :  rien  ne 
se  faisait  reconnaître;  ils  persistaient  tous  dans  la  plus 
grande  immobilité.  Il  nous  eût  fallu  beaucoup  plus  de 
temps,  et  nous  avions  beaucoup  à  faire,  d'abord  pour  re- 
tirer l'eau  des  excavations  et,  munis  de  ciseaux  et  de  mar- 
teaux, pour  enlever  à  la  côte  et  ravir  à  la  mer  ces  riches 
témoignages  d'un  fait  aussi  curieux  que  nouveau.  Le 
temps  de  la  marée  basse  était  promptement  écoulé,  et 
chaque  jour  la  mer  montait  toujours  trop  vite  et  nous 
chassait. 

Ce  qui  ne  s'est  pas  présenté  alors  peut  arriver  plus 
2'  série,  t.  tiii.  Aimée  1856.  H 


162      rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Avril  1856.) 

tard ,  et  nous  ne  leur  avons  pas  fait  nos  adieux  pour  tou- 
jours. 

Ce  banc  de  grès  élevé  découvre  dans  presque  toutes  les 
marées,  mais  les  excavations  renfermant  les  Oursins  con- 
servent toujours  environ  de  15  à  40  centimètres  d'eau  ;  la 
mer  haute  les  recouvre  cependant  et  en  renouvelle  l'eau. 
Le  flux  et  le  reflux ,  dans  les  beaux  temps ,  doit  peu  trou- 
bler ces  Echinodermes  ;  mais ,  dans  les  tempêtes,  le  bri- 
sant des  vagues  sur  ces  écueils  démontre  assez  la  néces- 
sité où  ils  sont  de  se  creuser  des  trous  pour  s'y  fixer  et  s'y 
maintenir  contre  une  mer  agitée.  Ces  Oursins,  ainsi  ren- 
fermés et  logés  dans  leurs  trous ,  doivent  attendre  là  leur 
nourriture,  que  la  mer  leur  apporte,  et  qui  consiste  soit 
en  crustacés,  soit  en  mollusques;  on  les  dit  très-carnas- 
siers. 

Dans  nos  recherches  conchyliologiques  sur  la  mer  Rouge 
et  le  Bosphore,  en  Grèce,  sur  l'Adriatique  et  la  Méditer- 
ranée, nous  n'avons  jamais  observé  ce  fait,  si  singulier 
chez  ces  Echinus;  nous  dirons  même  qu'aucun  de  nos 
plus  grands  explorateurs  en  sciences  naturelles  n'en  avait 
jamais  fait  mention. 

Les  côtes  du  Finistère  et  celles  du  plateau  du  Four, 
nous  disions-nous,  seraient-elles  seules  dotées  de  ce  fait 
curieux?  Il  n'en  était  pas  ainsi,  car  à  notre  retour  sur  nos 
eôtes,  dans  la  même  commune  du  Croisic,  nous  l'avons 
constaté  une  seconde  fois  et  sur  un  grand  nombre  d'indi- 
vidus, non  dans  le  calcaire  ni  le  grès,  mais,  ce  qui  éton- 
nera plus  encore,  dans  le  granit  (1). 

L'apparition  que  nous  constatons  aujourd'hui  de  ces 
Radiaires  tellement  multipliés  dans  les  roches  est,  sans 
contredit,  plus  surprenante  encore  que  le  travail  des  Pho- 
lades,  car  il  s'agit  de  perforer  des  calcaires  et  des  grès 
quartzeux ,  des  granits  à  grains  fins  et  autres  à  gros  élé- 

(1)  Notre  compatriote  M.  Lory,  géologue  et  professeur  distingué  à 
Grenoble,  nous  cooduisit  d'abord  à  l'une  de  ces  localités,  non  loin  de 
notre  gisem  nt  de  Pholades,  que  nous  visitâmes  en  môme  temps. 


TRAVAUX   INÉDITS.  163 

ments  de  quartz  et  de  feldspath  ;  aussi  ceux  de  nos  au- 
teurs qui  s'étaient  d'abord  refusés  à  admettre  la  perfora- 
tion mécanique  des  Pholades  seront-ils  peut-être,  pour  la 
plupart,  plus  éloignés  encore  de  la  reconnaître  dans  ces 
Echinus.  Espérons  que,  s'il  a  fallu  cent  soixante-quatorze 
ans  pour  reconnaître  d'une  manière  évidente  et  prouver 
à  tous  l'exacte  vérité  dans  le  travail  des  Pholades,  il  né 
faudra  pas  un  aussi  long  temps  pour  en  finir  sur  la  nou- 
velle question  qui  vient  de  surgir  de  ces  Radiaires. 

L'année  dernière,  notre  bonne  fortune  nous  a  favorisés 
pour  en  finir  avec  les  Pholades  ;  nous  nous  proposons, 
l'été  prochain,  de  chercher  à  surprendre  également  ces 
Radiaires  dans  leur  perforation.  Mais,  avant  d'arriver  là, 
nous  ferons  connaître  les  faits  sur  lesquels  nous  avons 
formé  notre  conviction  pour  reconnaître,  chez  ces  Échi- 
nodermes,  un  véritable  travail  de  perforation  qui  ne  peut 
plus  être  considéré  comme  des  cas  isolés,  exceptionnels, 
ce  que  l'on  avait  cru  d'abord  ;  et  plus  aujourd'hui  nous 
étudions  ce  fait,  particulièrement  dans  ce  qui  concerne 
leurs  osselets  dentiformes ,  en  rapport  avec  les  pièces  os- 
seuses de  l'armature  buccale  de  ces  Oursins,  plus  nous  re- 
connaissons qu'ils  sont  doués  de  tout  le  nécessaire  pour 
creuser  les  roches.  Et  cependant  les  naturalistes  qui ,  de- 
puis des  siècles,  exploitent,  en  leurs  études,  les  faits  de  la 
nature  souvent  en  ses  plus  minutieux  détails,  n'en  avaient 
encore  rien  dit,  tant  il  est  vrai  que  non-seulement  la  vie, 
mais  encore  les  siècles  sont  insuffisants  pour  approfondir 
les  faits  souvent  même  les  plus  simples. 

Recherches  sur  la  manière  de  perforer. 

On  ne  dira  certainement  pas  que  ce  grès,  moins  encore 
le  granit ,  sont  perforés  par  des  sécrétions  acidulées  éma- 
nant de  ces  Radiaires,  comme  on  l'avait  prétendu  long- 
temps pour  les  Pholades  dans  les  divers  calcaires.  Quels 
sont  donc  ici  les  signes  apparents  d'un  travail  méca- 
nique? 


164      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

Beaucoup  de  surfaces  de  ces  trous  sont  assez  unies  et 
quelquefois  lisses,  surtout  lorsqu'elles  sont  très-anciennes, 
mais  étant  fraîchement  exploitées,  elles  sont  rugueuses  au 
point  de  nous  démontrer  qu'elles  sont  le  résultat  du  choc 
d'un  outil  qui  les  a  ainsi  laissées  raboteuses,  surtout  dans 
le  calcaire.  Si  l'acide  agissait  dans  cette  dernière  circon- 
stance, les  surfaces,  au  contraire,  seraient  lisses.  Ces  pre- 
mières observations  nous  démontrent  déjà  que,  dans  ces 
diverses  natures  de  roches,  ces  Échinodermes  agissent 
mécaniquement,  comme  le  font  les  Pholades  dans  tous 
les  corps  où  ils  se  renferment. 

Observons  ces  Oursins  dans  le  grès  ferrugineux  à  grain 
fin  et  dur,  surtout  lorsqu'il  a  été  retiré  de  l'eau  et  exposé 
à  l'air,  mais  en  faisant  remarquer  qu'il  n'en  est  plus  ainsi 
sous  une  influence  continuelle  d'immersion  par  l'eau  de 
mer  :  le  frottement  sur  la  surface  du  grès  d'un  poinçon  en 
ivoire,  comme  nous  l'avons  éprouvé,  suffit  pour  user  ou 
plutôt  désagréger  cette  roche.  Ici  plusieurs  faits  doivent 
être  développés. 

A  la  vue  de  ces  géodes,  profondes  jusqu'à  10  centi- 
mètres sur  24  de  circonférence,  plus  ou  moins  lisses  dans 
leurs  surfaces  et  de  la  plus  grande  régularité,  on  doit  re- 
chercher quel  est  le  contact  que  YEchinus  a  le  pouvoir  de 
mettre  en  œuvre  pour  agir  contre  la  roche  aussi  fortement, 
et  pour  y  opérer  des  surfaces  aussi  régulières  et  parfaite- 
ment arrondies  ;  c'est  le  contact  le  plus  étonnant ,  celui 
d'une  multitude  de  pointes  isolées  les  unes  des  autres ,  et 
qui  de  leur  sommet,  comme  des  pointes  d'épingles, 
devraient  tout  au  plus  tracer  des  égratignures  sur  la 
pierre. 

Mais  ensuite ,  ces  osselets  dentiformes ,  comment  agis- 
sent-ils? Grattent-ils  la  roche  en  ouvrant  et  fermant  leurs 
mâchoires? 

Quelle  est  la  pose  de  l'Oursin  ?  Sans  doute  la  plus  gé- 
nérale, nous  l'avons  observé,  et  la  plus  avantageuse,  c'est 
la  pose  horizontale  sur  la  roche  ;  mais  nous  avons  vu  aussi 


TRAVAUX    INÉDITS.  165 

que  les  parois  verticales  qui  contournent  les  excavations 
sont  souvent  tapissées  d'Oursins  .incrustés  dans  des  trous 
comme  les  premiers.  Cette  position  nous  démontre  ici  que 
YEchinus,  accolé  ainsi  à  la  roche  dans  ses  parties  perpen- 
diculaires, doit  nécessairement  s'y  attacher.  On  sait  que 
les  dix  bandelettes  ou  aires  ambulacraires  de  YEchinus, 
remplies  d'une  multitude  de  petits  trous  (pi.  vu,  fig.  1 
et  2)  donnent  passage  à  autant  de  tentacules  en  suçoirs 
ou  ventouses  pédicellées  qui ,  nous  le  pensons ,  doivent 
être  tout  d'abord  les  instruments  propres  à  ces  Échino- 
dermes  en  général  pour  porter  au  dehors  de  leur  coquille 
la  substance  sécrétante  et  confectionner  leurs  baguettes , 
mais  ceci  est  en  dehors  de  notre  sujet.  A  ces  tentacules 
simples  s'en  joignent  également  d'autres  terminés  en 
forme  de  tenailles  (suivant  Lamarck)  ;  tous,  au  besoin,  se 
prolongent  au  delà  des  baguettes  et  deviennent  le  point 
d'attache  au  moyen  duquel  l'Oursin  se  fixe  sur  la  pierre, 
sur  les  plantes  marines  et  ailleurs.  Nous  pensons,  surtout 
à  raison  de  s*a  faible  pesanteur,  que  YEchinus*  en  happant 
la  pierre  de  ses  nombreux  tentacules  en  suçoirs ,  s'en  fait 
un  appui  pour  manœuvrer  ses  osselets  dentiformes  ;  il  se 
fixe  donc  comme  nous  l'avons  vu  accolé  sur  tous  les  sens, 
même  tout  à  fait  suspendu  à  des  parties  de  roches  affec- 
tant des  voûtes,  dans  les  grandes  excavations  en  grès, 
mais  dans  cette  position  de  suspension  ils  ne  perforent 
pas.  En  marchant  avec  ses  pointes,  celles-ci  pourraient 
encore  contribuer  à  le  fixer  sur  des  parties  très-rugueuses 
des  roches  ;  mais  sur  les  surfaces  lisses,  comme  le  sont 
plus  généralement  ces  grès,  ce  sont  les  tentacules  qui  doi- 
vent agir. 

Des  Oursins  dans  le  granit. 

Maintenant,  nous  donnerons  quelques  détails  sur  le 
gisement  des  Oursins  dans  le  granit  de  nos  côtes  de  la 
Loire-Inférieure.  Ils  se  rencontrent  assez  élevés  sur  des 
éminences  de  granit,  dans  des  flaques  peu  volumineuses, 


166      rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Avril  1856.) 

profondes  de  quelques  centimètres  seulement,  mais  qui  ne 
vident  jamais  et  que  la  mer  renouvelle  à  chaque  marée. 
Elles  occupent  de  petits  espaces  assez  multipliés  cependant, 
et  dispersés  cà  et  là  sur  nos  côtes  où  le  granit  est  abon- 
dant, et  à  une  élévation  convenable.  Durant  nos  recher- 
ches successives  en  octobre  dernier,  nous  en  avons  trouvé 
de  nouvelles  localités  dans  les  environs  de  Piriac  ;  ils  sont 
bien  moins  abondants  que  dans  le  grès  des  côtes  du  Fi- 
nistère. On  est  réellement  surpris  de  les  voir  ici  incrustés 
dans  des  granits  dont  les  éléments  en  quartz  et  feldspath 
qui  doivent  être  désagrégés  sont  quelquefois  gros  comme 
des  petits  pois. 

Des  instruments  employés  pour  la  perforation. 

Nous  passons  maintenant  à  l'appareil  si  curieux  de  ces 
Echinus  dans  lequel  nous  devons  trouver  le  moteur  de 
leur  travail  pour  creuser  les  roches,  leur  armature  buccale, 
pourvue  de  nombreuses  pièces  osseuses  au§si  régulières 
entre  elles  que  si  elles  avaient  été  moulées  l'une  sur  l'au- 
tre (1).  Cette  charpente,  dirons-nous,  nommée  vulgaire- 
ment la  lanterne  d'Àristote  (pi.  vu,  fig.  1),  est  confection- 
née, dans  le  principe,  avec  quarante  pièces  osseuses, 
réduites  à  vingt  (plusieurs  étant  soudées)  dans  les  Echi- 
nus miliaris  ou  lividus  qui  nous  occupent,  et  forme  l'ap- 
pareil mandibulaire.  Dans  cet  appareil,  les  osselets  denti- 
formes,  qui  peuvent  tout  également  recevoir  la  dénomina- 
tion de  serres,  de  pics,  sont  au  nombre  de  cinq  et  con- 

(1)  Après  avoir  laissé  tremper  dans  l'eau  l'une  de  ces  mâchoires, 
toutes  les  pièces  s'étant  séparées  les  unes  des  autres  et  mélangées  au 
point  de  ne  plus  pouvoir  reconnaître  leur  véritable  contact  primitif, 
nous  les  avons  brass  es  pèle-môle,  pour  les  nettoyer,  avec  un  pinceau; 
reprenant  ensuite  les  d'n  principales  pièces  an  hasard,  l'une  après 
l'autre,  nous  les  avons  réunies,  avec  du  mastic,  eu  cinq  pièces,  ajou- 
tant à  chacune  d'elles,  da;!S  sa  coulisse,  son  osselet  dentiforme.  Prises 
au  hasard,  toutes  les  parties  se  sont  ajustées  dans  la  perfection. 


TRAVAUX  INÉDITS.  167 

stituent  les  uniques  instruments  de  ces  petits  êtres  pour 
creuser  des  excavations  si  surprenantes  dans  les  roche» 
diverses,  même  dans  le  granit,  où,  de  nos  jours,  le  génie 
de  l'homme  n'agit  qu'avec  la  force  de  l'outil  acéré.  Dans 
cet  assemblage  compliqué  pour  le  système  digestif,  les 
cinq  serres  sont  seules  formées  d'une  pâte  d'émail  blanc 
laiteux  particulier  beaucoup  plus  dur  que  les  autres  pièces 
dans  son  extrémité  qui  agit;  l'autre  extrémité,  incorporée 
dans  les  muscles,  est  tendre  et  formée  (sous  l'émail)  d'une 
substance  soyeuse  ayant  les  plus  grands  rapports  avec  cer- 
tain asbeste.  Ces  dents  sont  cylindriques  en  lignes  cour- 
bes, suivant  la  forme  conique  de  l'appareil  osseux  où  elles 
sont  enchâssées  et  mobiles,  dans  des  coulisses  qui  le» 
maintiennent  hermétiquement  incarcérées  (pi.  vu,  fig.  1, 
3,  4).  Elles  sont  longues  de  2  centimètres  et  pourvues  lon- 
gitudinalement  de  filets  de  la  plus  grande  finesse  qui  s'a- 
justent dans  leur  coulisse.  Ces  cinq  pics,  qui  agissent  encore 
comme  dents  masticatoires,  et  qui  plus  particulièrement 
nous  occupent,  sont  donc  les  instruments  d'exploitation  de 
YEchinus. 

En  ouvrant  la  mâchoire,  ces  cinq  pics  dentiformes  doi- 
vent, avec  l'élan  voulu,  frapper  la  pierre  plutôt  que  la 
gratter,  attendu  que,  dans  ce  dernier  cas,  sur  le  calcaire 
et  le  grès,  leurs  traces  seraient  restées  apparentes,  comme 
elles  le  sont  dans  les  trous  de  Pholades,  tandis  qu'au  con- 
traire nous  n'y  trouvons  que  des  piqûres.  Si  la  roche 
devient  plus  résistante,  l'Échinoderme  aurait  la  ressource, 
en  fermant  les  cinq  mandibules  de  sa  mâchoire,  de  réunir 
en  un  faisceau  pyramidal  ses  cinq  pics  tels  qu'on  les  ob- 
serve souvent.  Leurs  pointes  ainsi  soutenues  mutuelle- 
ment, pour  n'en  former  qu'une  seule,  doivent  agir  avec 
beaucoup  plus  de  force  dans  les  cas  difficiles. 

Nous  avons  fait  observer  que  ces  pics  dentiformes  affec- 
tent des  lignes  courbes  (pi.  \n,  fig.  3,  4);  ils  n'attaquent 
donc  pas  la  pierre  perpendiculairement,  comme  le  ferait 
une  barre  de  mine?  Non,  en  cette  circonstance,  la  nature 


168      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

fait  mieux  :  chaque  percussion  ou  impression  donnée  de  ces 
pics  courbes  chasse  de  côté  l'éclat  de  la  roche,  si  petit  qu'il 
soit,  et  le  moindre  élan  donné  à  ces  pointes  d'émail  doit 
ajouter  beaucoup  de  force  en  attaquant  la  pierre.  Leurs 
pointes,  déjà  livrées  au  travail ,  sont  formées  de  trois  bi- 
seaux qui  ne  sont  plus  coupés  dans  la  perfection  des  au- 
tres parties  de  leurs  pièces.  On  en  remarque  de  plus  forts 
d'un  côté  que  de  l'autre;  on  juge  enfin  que  ces  facettes 
ont  été  faites  après  coup,  et  cela  est  général  ;  elles  doivent 
être  renouvelées  souvent,  pour  former  de  nouvelles  poin- 
tes lorsque  les  précédentes  sont  usées  (1). 

En  considérant  l'exploitation  de  ces  roches  en  trous 
profonds  jusqu'à  10  centimètres  sur  24  de  circonférence 
creusés  par  cinq  dents  dont  chacune  est  grosse  comme 
une  forte  épingle  (2),  on  est  aussi  porté  à  reconnaître  que 
ces  pics  dentiformes  doivent  s'user  assez  promptement; 
et  comme  ils  diminuent  de  longueur,  la  nécessité  veut 
qu'ils  soient  prolongés  (comme  les  dents  chez  les  animaux 
rongeurs),  et  leur  appareil,  si  bien  combiné  pour  agir  à 
piquer  les  roches,  démontre  assez  clairement  qu'il  doit  en 
être  ainsi.  L'Oursin  prolonge  donc  ses  pics  indéfiniment, 
au  fur  et  à  mesure  qu'ils  se  raccourcissent  soit  par  l'action 
de  piquer  les  pierres,  soit  ensuite  pour  leur  façonner  de 
nouvelles  aspérités.  Ce  système,  habilement  combiné  en 
ce  qu'il  place  ces  pics  dans  des  coulisses  (que  nous  avons 
citées)  où  ils  sont  justement  enchâssés  à  leur  sortie,  d'où 
l'Oursin  fait  saillir  les  pointes  plus  ou  moins  longues, 
suivant  la  dureté  qu'il  doit  vaincre ,  et  (nous  le  répétons) 

(1  )  Le  troisième  biseau  est  sur  la  coulisse  en  dessous. 

(2)  Nous  attribuons  ces  grands  trous  à  la  nature  du  grès  dans  des 
parties  moins  dures,  mais  ils  sont  assez  rares.  Leur  grandeur  est 
généralement,  pour  les  Echinus  lividus  et  miliaris  adultes,  de  3  à 
4  centimètres  de  profondeur  sur  12  à  15  de  circonférence,  et  dans 
quelques  excavations  particulières,  les  Oursins  livides  n'ont  encore 
creusé  la  roche  que  moitié  de  cette  profondeur.  Nous  pensons  pou- 
voir, plus  tard,  juger  de  leurs  progrès  par  les  remarques  que  nous  y 
avons  laissées. 


TRAVAUX     INÉDITS.  169 

au  fur  et  à  mesure  que  ces  pics  s'usent,  YEchinus,  de  ses 
assemblages  musculaires  qui  s'y  rattachent,  les  pousse 
dans  leur  coulisse,  et,  par  une  nouvelle  sécrétion  calcaire, 
il  doit  les  prolonger  indéfiniment,  plus  ou  moins,  pour  les 
maintenir  à  leur  longueur  voulue,  suivant  la  diminution 
qu'ils  éprouvent  dans  l'action  de  leur  travail. 

Comment  YEchinus  fait-il  de  nouvelles  pointes  à  ses 
pics  dentiformes  lorsqu'elles  sont  tout  à  fait  usées? 

Nous  ne  pouvons  que  supposer  ici  un  procédé  très- 
plausible  cependant.  La  bouche  étant  fermée,  les  cinq 
pics  se  trouvent  réunis,  et,  dans  leur  état  d'usure,  ils  ne 
se  touchent  plus  l'un  à  l'autre  que  par  leurs  angles,  qui , 
étant  abattus,  forment  les  biseaux  et  rétablissent  les 
pointes.  Nous  faisons  observer  qu'il  leur  suffirait  donc  de 
les  frotter  l'une  contre  l'autre,  dans  leurs  parties  angu- 
leuses (les  seules  restées  en  contact),  avec  le  résidu  quart- 
zeux,  ce  véritable  émeri,  qu'ils  ont  désagrégé,  et  qui  se 
trouve  là  en  abondance  au  fond  de  leurs  trous,  et  alors 
leurs  pointes  seraient  rétablies  de  nouveau  en  les  affû- 
tant ainsi  l'une  contre  l'autre.  Ce  mouvement  montrerait 
encore  la  nécessité  des  dents  mobiles  dans  leur  coulisse. 
Nous  serions  porté  à  admettre  ce  moyen ,  attendu  encore 
que  les  biseaux,  en  se  frottant,  auraient  reçu  le  poli  par- 
ticulier que  l'on  y  remarque  sur  tous,  et  qu'ils  ne  l'auraient 
pas,  ce  poli,  s'il  était  dû  à  un  acide  qui  les  eût  formés  en 
rongeant  les  angles. 

M.  Charles  des  Moulins,  dans  son  judicieux  travail  sur 
les  Échinides,  en  décrivant  l'appareil  masticatoire,  fait 
remarquer  que  les  dents  y  sont  soudées  dans  les  uns,  et 
qu'elles  ne  le  sont  pas  dans  d'autres.  Nous  avons  reconnu 
l'exactitude  de  ce  fait,  mais  il  est  sans  importance  dans 
les  espèces  ;  l'appareil  est  exactement  le  même  dans  ces 
deux  catégories;  les  pics  dentiformes  aujourd'hui  soudés 
ont  été  mobiles  antérieurement  ;  ils  ont  joué  et  ont  été 
prolongés  dans  leur  coulisse  pour  creuser  les  roches 
comme  les  autres.  Ici  nous  devons  reconnaître  que  YEchi- 


170  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  [Avril  1856.) 

nus,  ayant  grandement  rempli  sa  tâche ,  creusé  sa  de- 
meure et  atteint  un  âge  avancé,  en  cet  état,  ses  dents 
masticatoires  ne  devant  plus  agir  comme  pics ,  il  devient 
inutile  à  l'Oursin  de  les  garder  mobiles  dans  les  coulisses  ; 
il  supprime  donc  l'usage  de  ses  pics  en  les  soudant  à  ses 
mandibules,  pour  n'en  plus  faire  usage  que  comme  de  dents 
masticatoires.  Elles  sont  faiblement  soudées.  Après  les 
avoir  laissées  tremper  dans  l'eau  chaude  et  en  appuyant 
fortement  l'extrémité  sur  une  table ,  nous  en  avons  des- 
soudé plusieurs  et  fait  mouvoir  dans  leur  coulisse,  comme 
elles  ont  «infailliblement  dû  agir  précédemment.  Nous 
avons  même  trouvé  des  pics  dentiformes  soudés  et  d'au- 
tres qui  ne  l'étaient  pas  dans  la  même  espèce  de  l'Oursin 
granuleux  de  notre  Océan  (1). 

Manière  d'opérer. 

Nous  avons  reconnu  les  instruments  des  Oursins,  mais 
comment  opèrent-ils?  Nous  savons  aussi  qu'ils  se  fixent 
sur  les  roches  au  secours  de  leurs  tentacules  en  suçoirs  ; 
la  coquille  y  est  donc  ainsi  attachée.  Leur  mâchoire,  nous 
le  savons,  est  pourvue  de  vingt  pièces  et  porte  ses  pics 
dentiformes,  lesquels  sont  enveloppés  d'un  système  ner- 
veux (2)  qui  rattache  toute  cette  armature  buccale  aux  au- 
ricules,  qui  sont  au  nombre  de  cinq  et  bordent  l'ouver- 
ture intérieure  de  la  coquille  (pi.  vu,  fig.  2);  celle-ci, 
fixée  sur  la  roche  avec  les  tentacules,  devient  un  puissant 
appui  que  YEchinus  met  en  opposition  à  cette  armature 
buccale  restée  mobile  et  armée  de  ses  pics.  A  l'aide  de  ces 

(1)  Sur  ce  stijet,  de  BlaiûYille,  moins  exact  que  M.  des  Moulins, 
n'a  vu  «  et  n'admet  que  des  dents  qu'il  dit  être  soudées,  dans  une 
«  assez  grande  partie  de  leur  longueur,  en  dedans  de  la  ligne  médiane 
«  de  chaque  mâchoire,  en  sorte  que  leur  mouvement  est  le  même. 
«  T.  XXX VII,  p.  65.  »  —  C'est  une  erreur  que  nous  venons  d'expli- 
quer. 

(2)  Ou  ne  peut  plus  douter  aujourd'hui  du  système  nerveux  déjà 
reconnu,  chez  ces  animaux,  par  Van-Bcnden,  puis  réfuté  à  tort  pour 
être  considéré  comme  des  tissus  fibreux. 


TRAVAUX    INÉDITS.  171 

assemblages  vient,  comme  nous  l'avons  fait  observer  plus 
haut,  un  puissant  système  musculaire  qui  les  entoure  et 
doit  les  faire  aller  et  venir  par  un  mouvement  de  haut  en 
bas,  frappant  comme  un  bélier,  aidé  du  poids  de  l'arma- 
ture (pi.  vu,  fig.  1)  ou  appuyant  par  percussion,  cà  et  là, 
les  pointes  de  ses  pics  sur  la  roche.  L'Oursin,  d'abord 
sans  lâcher  prise  à  la  pierre ,  peut  déjà ,  en  comptant  sur 
l'élasticité  de  ses  tentacules  comme    points  d'attache , 
avancer  et  reculer  sur  tous  les  sens  sa  coquille ,  ce  qui  lui 
permet  de  changer  de  place  le  contact  de  ses  coups,  de 
son  bélier  qui  bat  la  pierre,  puis  enfin  il  se  déplace,  et 
replace  plus  loin  ses  tentacules  pour  changer  encore  ses 
coups,  portant  son  travail  plus  écarté  encore  et  tout  au- 
tour de  son  trou  en  tournant  sur  lui-même,  marchant 
avec  ses  pointes,  où  l'usure  est  apparente. 

Il  pourrait  agir  différemment  encore,  en  fixant  son  ap- 
pareil à  sa  coquille  par  les  auricules  que  nous  y  avons 
indiqués,  pour  ne  rendre  de  mobiles  que  ses  pics,  qui  re- 
cevraient seuls  l'impulsion  motrice  en  jouant  dans  leurs 
rainures,  agissant  par  percussion,  poussés  vers  la  roche  et 
relevés  ensemble  ou  séparément  par  leur  système  muscu- 
laire. Le  premier  moyen,  agissant  avec  le  poids  et  la  puis- 
sance de  tout  l'appareil,  serait  préférable  en  ce  qu'il  offre 
beaucoup  plus  de  force. 

Pour  opérer  dans  le  granit ,  les  cinq  pics  dentiformes , 
réunis  en  un  seul,  comme  nous  l'avons  déjà  vu,  peuvent 
gratter  autour  des  grains  de  quartz  et  de  feldspath ,  en 
attaquant  ainsi  les  parties  fines  et  sableuses  qui  agglomè- 
rent la  roche.  Ici  encore  l'Oursin  n'use  pas,  il  démolit  le 
granit;  nous  supposons  même  que  ce  travail  doit  êîie 
moins  long  dans  ces  roches  granitiques,  susceptibles  ainsi 
de  se  désagréger,  que  dans  le  calcaire ,  qui  doit  être  plu- 
tôt usé  :  il  en  est  ainsi  pour  les  Pholades  avec  les  gneiss  (1). 

Oh  Ici  nous  croyons  devoir  relever  une  erreur  qui  nous  surprend 
de  la  part  d'un  professeur,  savant  académicien,  à  qui  nous  avions  re- 
mis nos  échantillons  de  Pholades  pour  le  Muséum  de  Paris.  En  le> 


172      rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Avril  1856.) 

Nous  avons  essayé  à  creuser  le  grès ,  avec  YEchinus  li- 
vidus,  sur  l'un  de  nos  échantillons  déjà  rempli  d'Oursins, 
et  que  nous  avions  laissé  tremper  dans  l'eau  durant  quel- 
ques jours.  D'abord  nous  avons  travaillé  en  prenant  les 
baguettes,  que  nous  avions  même  réunies  en  un  faisceau; 
leur  appui  mutuel  devait  leur  donner  plus  de  force  encore 
qu'elles  n'en  ont  isolées,  comme  elles  le  sont  par  leur  im- 
plantation sur  la  coquille  de  l'Oursin.  Travaillant  dans 
l'eau,  toutes  précautions  prises,  nous  ne  pouvions  que 
très-faiblement  attaquer  la  pierre  ;  les  baguettes  n'y  résis- 
tent pas,  la  nature  de  leur  calcaire  est  trop  tendre  ;  elles 
s'usent  avec  rapidité. 

Nous  avons  été  plus  heureux  avec  l'armature  buccale  : 
fixant  ses  pièces  entre  elles  avec  un  mastic ,  faisant  sortir 
les  pics  réunis  et  de  5  millimètres,  piquant  le  grès,  le  dé- 
sagrégeant, nous  y  avons  fait  un  trou  de  5  millimètres  de 
profondeur  sur  40  de  circonférence  parfaitement  analogue 
à  ceux  de  nos  Oursins,  et  cela  en  une  heure  de  travail. 
Nous  avions  sûrement  trop  accéléré  notre  opération,  en  y 
mettant  plus  de  force  que  n'aurait  dû  faire  YEchinus  lui- 
même;  aussi  avions-nous  grandement  usé  les  pointes  des 
pics,  mais  la  roche  l'était  aussi.  Obligés  de  mastiquer  les 
pics  dans  leurs  mandibules,  nos  coups  devenaient  trop 
résistants;  dans  les  Oursins,  au  contraire,  ces  pics,  en 
restant  mobiles,  ne  peuvent  pas  recevoir  un  choc  au-dessus 
de  leur  force  ;  en  cas  de  résistance,  ils  doivent  se  refouler 
clans  les  muscles  qui  les  font  agir,  et  qui  produisent  ici 
l'effet  d'un  ressort  à  boudin. 

citant  dernièrement  dans  les  Comptes  rendus  de  l'Institut  de  France, 
il  disait  que  nous  les  avions  trouvés  dans  le  granit.  Ces  Mollusques 
n'ont  jamais  été  rencontrés  dans  cette  roche,  c'est  dans  le  gneiss  sur- 
inicacé  que  nous  les  avons  trouvés. 

Les  divers  points  connus  épars  et  envahis  par  nos  Pholades  et  Our- 
sins perforants ,  sur  les  côtes  entre  Piriac  et  Saint-Nazaire  ,  ne  for- 
meraient pas,  tous  réunis,  un  quart  de  kilomètre;  c'est  donc  une  er- 
reur.de  dire  que  ces  roches  (qui  nous  seraient  restées  jusqu'à  présent 
inconnues}  sont  perforées  sur  une  étendue  de  plusieurs  kilomètres. 


TRAVAUX     INÉDITS.  173 

Sur  l'un  de  nos  échantillons  de  granit  à  gros  grains  im- 
bibé d'eau  et  déjà  habité  de  nos  Echinus,  avec  leur  appa- 
reil dentaire  de  cinq  pics  réunis ,  nous  avons  attaqué  la 
roche  en  suivant  les  contours  des  gros  fragments  de  quartz 
et  de  feldspath  qui  souvent,  en  se  détachant,  en  entraî- 
naient d'autres,  et  nous  démolissions  le  granit  avec  assez 
de  facilité  sans  beaucoup  altérer  les  pointes.  Ici  cette  opé- 
ration est  certainement  moins  longue  que  dans  le  grès,  et 
dans  le  grès  moins  longue  que  dans  le  calcaire  où  nous 
connaissons  ces  animaux.  Le  feldspath  s'altère  par  l'action 
saumàtre  de  la  mer,  chaque  partie  se  fendille  et  s'égrène  ; 
les  grains  quartzeux  résistant,  en  saillie,  tapissent,  pour 
la  plupart,  les  trous  des  Oursins  (1). 

Considérations  générales. 

Nous  avons  observé  de  très-jeunes  Oursins,  moins  gros 
qu'un  petit  pois,  auxquels  on  pourrait  attribuer  quinze  jours 
d'existence  ;  ils  ont  déjà  creusé  leur  trou  dans  le  grès  avec 
les  faibles  ressources  de  leur  jeune  âge.  D'autres  de  la 
grosseur  d'une  noisette  arrivent-ils  à  rencontrer  vacants 
des  trous  de  leur  générateur,  ne  seraient-ils  que  de  deux 

(1)  M.  Eugène  Robert  dit  qu'il  est  porté  à  croire  que  l'Oursin 
creuse  sa  demeure  au  moyen  de  ses  pointes  mobiles. 

M.  f  alenciennes  renferme  la  perforation  de  ces  Échinides  dans  son 
système  général  que  «  des  perforants  parviennent  à  faire  des  érosions 
«  profondes  avec  les  téguments  les  plus  mous,  les  moins  résistants  en 
«  apparence,  usant  la  roche  mécaniquement,  par  l'action  de  l'eau  de 
«  la  mer  et  le  simple  frottement  de  leur  pied  charnu  ou  de  leurs  ten- 
«  tacules  filiformes,  et  plus  mous  encore  que  la  masse  charnue  des 
«  mollusques.  »  Ici  donc  les  tentacules  ou  ventouses  pédicellées  de 
l'Oursin,  gros  comme  un  crin,  devraient  creuser  le  granit,  le  grès,  le 
calcaire.  Enfin,  M.  Valenciennes  n'ayant  pas  trouvé  l'acide  dans  les 
Mollusques  perforants,  il  admet  encore  que  ces  animaux  n'en  ont  pas 
besoin,  et  qu'ils  creusent  les  roches,  toujours  avec  son  moyen,  par 
le  simple  frottement  de  leur  pied  avec  l'eau  de  mer.  Ainsi  seraient 
donc  perforés  les  grès,  les  marbres  les  plus  compactes  et  certain  test 
de  diverses  coquilles  plus  dur  encore;  c'est  une  erreur  déjà  jugée  et 
reconnue  dans  notre  travail  général  sur  les  perforants. 


174       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

ou  trois  fois  leur  volume ,  ne  se  contentent  pas  d'habiter 
ainsi  ces  demeures,  trop  grandes  pour  y  trouver  la  sécu- 
rité voulue  à  leur  jeune  âge ,  quoiqu'il  la  leur  faudra  un 
peu  plus  tard,  par  suite  de  leur  accroissement;  ils  préfè- 
rent agir  précipitamment  dans  ces  mêmes  trous,  en  creuser 
d'autres  plus  petits  proportionnés  à  leur  volume.  Ces  faits, 
que  nous  remarquons  assez  souvent ,  ajoutent  encore  à  nos 
observations  comme  à  nos  expériences  pour  faire  recon- 
naître assez  de  promptitude  dans  ce  travail,  qui  doit  s'exé- 
cuter, par  conséquent,  avec  facilité. 

Nous  ne  prétendons  pas  que  des  trous  de  10  centimè- 
tres de  profondeur  ont  dû  être  creusés  par  le  seul  individu 
que  nous  y  trouvons  aujourd'hui  ;  ces  grandes  excavations 
surtout  peuvent  être  le  résultat  de  plusieurs  Echinus  qui 
se  seraient  succédé;  un  grand  nombre  de  générations 
sont  peut-être  déjà  venues  habiter  ces  deux  mille  trous 
creusés  par  Iqs  premiers,  et  nous  remarquons  que  ceux 
qui  leur  succèdent  ordinairement  ne  les  approfondissent 
pas  davantage  ;  ils  ne  veulent  que  s'y  loger,  et  la  même 
profondeur  leur  suffit.  Tous  les  trous  sont  occupés,  et  leur 
nombre  est  insuffisant  pour  contenir  les  Oursins  qui  se 
présentent  aux  alentours  et  ne  trouvent  plus  d'espaces  à 
pouvoir  creuser;  ceux-ci  s'attachent  provisoirement  sur 
les  parois  des  excavations  moins  garnies  d'Oursins, 'et  les 
parties  voûtées  où  nous  avons  déjà  dit  qu'ils  se  suspendent 
en  attendant  que  des  trous  deviennent  vacants  par  la  mort 
de  quelqu'un  des  leurs  pour  s'en  emparer. 

Sur  le  grès  comme  sur  le  granit ,  ces  nombreuses  géodes 
de  nos  Echinus  sont  généralement  enduites  d'expansions 
calcaires  appartenant  à  un  Nullipore  (1)  qui  vient  s'asso- 
cier aux  Oursins.  Presque  toutes  les  sommités  des  cloisons 
qui  les  séparent  en  sont  couvertes ,  mais  au  fond  de  leur 
demeure,  où  se  trouve  le  contact  de  la  bouche  de  YEchi- 

(1)  Suivant  M.  de  Blainville,  et  dont  ou  fait  maintenant  des  végé- 
taux, suivant  l'auteur  Decaisne. 


TRAVAUX    INÉDITS.  176 

nusy  le  Nullipore  ne  prospère  pas  ;  quelquefois  cependant, 
divers  trous  sont  tapissés  entièrement  par  ces  encroûte- 
ments calcaires,  par  des  vermilies  et  des  serpules.  Dans 
ces  cas  assez  rares,  nous  devons  reconnaître  que  ces  trous, 
d'abord  abandonnés  à  la  mort  des  Oursins,  avaient  été 
ensuite  envahis  par  ces  corps  étrangers. 

Le  silence  qui ,  jusqu'à  présent,  avait  été  gardé  sur  ce 
fait  si  étrange  a  fait  émettre  le  doute  par  un  savant  pro- 
fesseur que  nos  Oursins  de  Bretagne  pourraient  bien  être 
une  espèce  perforante  particulière  à  celle  de  la  Méditer- 
ranée (1).  D'après  l'examen  que  nous  avons  fait  de  ces 
derniers  et  autres  des  mers  étrangères  pour  le  mécanisme 
qui  les  rend  perforants ,  nous  y  avons  trouvé  le  même 
appareil,  les  mêmes  pics  dentiformes,  quelquefois  usés  et 
autrefois  intacts,  tous  propres  à  la  perforation,  et  devant 
alors  être  munis  du  même  système  nerveux  avec  lequel 
agissent,  sur  nos  côtes,  nos  Echinus  lividus  et  miliaris. 
Ces  Echinides  de  notre  collection,  au  nombre  de  quinze, 
par  nous  observés  sont  les  Echinus  esculentus,  lividus  et 
melo  y  de  la  Méditerranée  ;  Granularis,  de  l'Océan  ;  Fle- 
mengii,  elegans,  neglectus,  esculentus,  ces  derniers  de  Nor- 
vège, et  atratus,  de  l'île  Bourbon;  Heliocidaris  variola- 
ris,  Âstropyga  Desorii,  Diadema  Savignyi,  ceux-ci  de  la 
mer  Rouge;  Diadema  europœum,  de  Sicile;  Echinometra 
trigonaria  et  mamillata,  des  côtes  de  l'île  Maurice.  Nous 
ne  doutons  pas  que  les  quinze  espèces  ci-dessus  ne  soient 
perforantes,  comme  les  nôtres  en  Bretagne. 

Les  armatures  buccales  de  YAstropyga  Desorii  et  du 
Diadema  Savignyi  nous  ont  offert  quelques  différences 
sur  les  Echinus  proprement  dits.  Les  pics  dentiformes  des 
premiers  présentent  une  profonde  rainure  en  dessous,  et 
leurs  cinq  mandibules  se  terminent  chacune  intérieure- 
ment par  deux  pointes  isolées ,  ce  qui  détermine  ici  deux 
pièces  de  moins  que  dans  les  Echinus;  elles  sont  donc, 

(1)  Ou  s'occupe  même  de  lui  donuer  déjà  uu  mm. 


176      rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Avril  1856.) 

dans  le  principe,  construites  avec  trente  pièces  en  partie 
soudées,  et  réduites  à  vingt  pour  fonctionner. 

Les  armatures  buccales  des  treize  autres  espèces  ci- 
dessus  citées  fonctionnent,  comme  les  précédentes,  avec 
vingt  pièces  ;  mais  nous  avons  observé  que,  dans  le  prin- 
cipe, elles  sont  formées  de  quarante  parties,  dont  trente, 
accouplées  ou  soudées  ensemble ,  se  réduisent  à  dix  :  en 
plus  sont  les  cinq  osselets  où  s'établissent  les  articulations 
des  mandibules,  avec  les  cinq  pics  dentiformes,  ce  qui 
fait  les  vingt  pièces  agissantes  et  composant  la  curieuse 
charpente  buccale  de  ces  animaux. 

Nous  devons  être  étonnés  sans  doute  de  la  grande  con- 
formité qui  existe  dans  toutes  ces  parties  osseuses.  Com- 
ment procède  YEchinus  pour  confectionner  ce  grand 
nombre  de  pièces  détachées  et  simples  d'abord  en  elles- 
mêmes?  Il  les  rapproche  l'une  contre  l'autre,  laissant  un 
joint,  afin  de  permettre  l'augmentation  des  parties.  Sui- 
vant les  progrès  de  l'âge,  toutes  les  pièces  ainsi  réunies 
comme  par  une  soudure  se  doublent,  d'autres  se  quadru- 
plent et  deviennent  symétriques  dans  toutes  leurs  parties, 
au  point  (nous  l'avons  dit)  qu'on  les  croirait  moulées  les 
unes  sur  les  autres. 

Dans  les  appareils  dentaires  de  plusieurs  de  ces  grandes 
espèces,  nous  avons  démoli  leurs  quarante  pièces  primi- 
tives. 

Nous  sommes  étonnés  sans  doute  du  travail  de  l'appa- 
reil buccal  de  ces  animaux  ;  la  coque  qui  le  renferme  est 
peut-être  plus  surprenante  encore.  La  figure  que  nous  en 
donnons  est  divisée  en  trois  cent  dix  plaques  de  toutes 
grandeurs,  dont  l'ensemble  compose  sa  forme  sphérique. 
On  sait  qu'elles  sont  couvertes  de  tubercules  sur  lesquels 
sont  articulées  les  baguettes  ;  ces  trois  cent  dix  plaques, 
suffisamment  soudées  pour  envelopper  l'Échinide  et  por- 
ter ses  baguettes,  doivent  se  désunir  de  nouveau,  par 
sections,  à  diverses  périodes  de  la  vie  de  l'animal,  afin 
que  chacune  des  plaques  reçoive,  dans  sa  juste  propor- 


TRAVAUX    INÉDITS.  177 

tion,  l'accroissement  voulu  pour  arriver  à  la  même  forme 
sphérique  primitive,  augmentée  suivant  les  progrès  de 
l'âge  de  l'individu.  Les  baguettes  elles-mêmes  sont  admi- 
rablement linéolées  dans  nos  Lividus;  dans  d'autres,  on 
les  trouve  couvertes  d'aspérités  de  la  plus  grande  finesse. 
Dans  le  plus  gros  des  Échinides,  l'Oursin  Melon  de  la 
Méditerranée,  nous  avons  compté,  d'une  part,  onze  cents 
plaques,  et  dans  les  aires  ambulacraires,  dont  deux  trous 
représentent  chaque  plaque,  nous  trouvons  deux  mille 
cent  cinquante  pièces,  autant  qu'il  est  possible  d'être 
exact  dans  cette  énumération  difficile.  Le  test  de  cet 
Echinas  Melo  adulte,  d'un  diamètre  de  16  centimètres,  est 
donc  formé  de  trois  mille  deux  cent  cinquante  pièces.  Si, 
comme  on  le  pense,  tous  les  trous  des  aires  ambulacraires 
sont  occupés  par  des  filaments  charnus,  l'animal  doit  dé- 
velopper quatre  mille  trois  cents  tentacules.  Quel  beau 
travail  !  Nous  devons  dire  que  la  nature  n'a  rien  -fuit  d'aussi 
surprenant,  en  conchyliologie,  que  ce  que  nous  trouvons 
dans  la  famille  des  Échinides. 

Conclusions. 

D'après  les  faits,  les  observations  et  les  expériences  qui 
précèdent  (sur  lesquels  peut-être  on  contestera  encore, 
tant  ce  procédé  nouveau  paraît  être  étrange),  pour  nous 
notre  conviction  est  faite.  Nous  nous  dirons  encore  : 
S'il  n'était  pas  dans  la  nature  de  ces  êtres  de  creuser  des 
roches,  pourquoi  seraient-ils  ainsi  pourvus  et  outillés  de 
poinçons  en  émail  dont  les  sommités  s'usent,  puis  se  re- 
nouvellent, se  raccourcissent  dès  lors  et  doivent,  de  toute 
nécessité,  recevoir  le  prolongement  nécessaire  pour  con- 
server leur  longueur  voulue  tant  que  l'Oursin  travaille? 
Si  cet  appareil,  si  bien  combiné  pour  agir  sur  la  pierre, 
n'avait  pas  ce  but,  il  deviendrait  inutile  à  cette  tribu  de 
véritables  Echinus  qui  en  sont  pourvus;  ils  auraient  reçu 
de  simples  dents  fixes  et  ordinaires,  comme  tant  d'autres 
dans  cette  immense  famille,  comptant,  comme  nous  l'avons 
2e  série,  t.  vin.  Aimée  1856.  12 


178       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

dit,  en  vivants  et  fossiles,  seize  cents  espèces.  Comme 
exemple,  nous  citerons  particulièrement  le  genre  Clypéas- 
ter,  à  qui  tous  les  moyens  de  perforer  les  roches  sont  in- 
terdits. 

Maintenant,  nous  comme  tant  d'autres,  nous  avons  ob- 
servé, dans  différentes  mers,  des  Oursins  rejetés  cà  et  là 
et  retirés  de  leurs  gisements  primitifs  ;  souvent  ils  se  réfu- 
gient encore  dans  des  plantes  marines,  dans  des  éponges, 
des  creux  et  des  interstices  naturels  des  rochers;  mais 
leur  nature  d'habiter  les  roches,  peut-être  aussi  l'argile  et 
lespolypiers,  dans  des  mers  étrangères,  doit  être  reconnue 
aujourd'hui. 

Après  l'expérience  que  nous  venons  d'acquérir,  on 
trouvera  sans  doute,  dans  toutes  les  mers,  de  nombreux 
exemples  de  ces  perforants  ;  nous  engageons  les  explora- 
teurs en  conchyliologie  à  en  faire  la  recherche. 

Explication  de  la  planche  vu. 

Fig.  1,  première  section  de  la  coque  de  YEchinus.  livi- 
dus  dépourvu  de  ses  baguettes  et  de  son  animal ,  mon- 
trant son  appareil  osseux  en  place  et  sortant  de  sa  coque 
pour  piquer  la  pierre  ;  il  recouvre  trois  auricules.  Cette 
armature  buccale  montre  trois  de  ses  mandibules  pour- 
vues de  leurs  pics  dentiformes.  Les  cinq  extrémités  de  ces 
mêmes  pics  se  remarquent  dans  la  partie  supérieure  de 
l'appareil,  où  l'on  aperçoit  deux  des  cinq  anses  ou  leviers 
articulés  à  leur  extrémité,  au  centre  de  l'appareil,  lesquels 
se  rabattent  sur  les  cinq  osselets  où  s'attachent  les  articu- 
lations des  cinq  mandibules;  deux  extrémités  de  ces  osse- 
lets se  reconnaissent  à  leur  apparence  bulliforme.  A  l'in- 
térieur de  la  coque  on  a  indiqué  une  partie  des  aires  am- 
bulacraires  et  des  plaques,  lesquelles,  ajustées  l'une  contre 
l'autre,  forment  l'ensemble  sphérique  de  la  coque 

Fig.  2,  seconde  section  de  la  même  coque,  montrant 
à  l'intérieur  deux  de  ses  auricules,  ainsi  qu'une  partie  des 
aires  amhulacraires  et  des  plaques.  Dans  les  parties  supé- 


TRAVAUX     INÉDITS.  1 7!) 

rieures  de  ces  deux  sections  Hg.  1  et  2  formant  la  coque 
de  YEchinus,  l'ouverture  qui  se  remarque  est  celle  de 
l'anus. 

Fig.  3,  une  mandibule  (grossie)  d'où  ressort  de  sa  cou- 
lisse une  partie  de  son  pic  dentiforme;  sa  pointe  est 
grandement  usée. 

Fig.  4,  même  pic  dentiforme  retiré  de  sa  coulissé,  vu 
de  profil  et  montrant  sa  pointe  intacte. 


Description  de  quelques  Coléoptères  nouveaux  de  la 
faune  européenne;  par  M.  Léon  Fairmaire. 

Pyladus  nov.  gen.  (Scydmœnidae).  — Mandibulse  ffla- 
gnae,  falcatœ,  graciles;  maxillœ  obtusae,  ciliatae.  Palpi 
maxillares  triarticulati ,  articulis  ultimis  duobus  connatis 
clavam  ovatam  efficientibus.  Palpi  labiales  ,  triarticulati , 
graciles,  ultimo  longiore,  acuto,  2°  intus  bispinoso.  Gaput 
brève,  transversale,  oculis  minutissimis.  Antennae  medio 
epistomate  insertae,  11-articulatae,  subclavatae,  articulo 
1°  aliis  multo  longiore.  Prothorax  angustus,  fere  ovatus, 
basi  truncatus.  Elytra  connata ,  oblongo-ovata,  apice 
acuminato.  Femora  clavata  ;  tarsi  5-articulo.  -—  Genus  in 
hac  familia  insigne  et  primo  intuito  spurium. 

P.  Coquereli.  —  L.,  2  mill.  —  Totus  rufo  testaceus,  ni- 
tidus,  antennis,  palpis  pedibusque  pallidioribus  ;  elytris 
valde  punctato-lineatis;  sutura  elevata.  —  Un  seul  indi- 
vidu trouvé,  par  mon  ami  C.  Coquerel,  dans  la  baie  de 
Beikos  (Bosphore). 

Feronia  curtula.  —  L.,  15  à  18  mill.  —  Nigra,  nitida, 
oblonga,  prothorace  transverso,  basi  utrinque  profunde 
bi-impresso;  elytris  modice  punctato-striatis,  punctis  mi- 
nutis,  humeris  carinatis.  f  Elytris  opacis,  latioribus,  striis 
vix  impressis,  interstitiis  planis.  —  Alpes  maritimes, 
Apennins.  (V.  Cihiliani.) 

Amsotoma  dUtin<jutnda.  —  L.,  2  mill.  —  Ovalis,  rufo- 


180        REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  [Avril  1856.) 

testacea,  nitida,  sat  convexa,  antennarum  clava  obscura, 
prothorace  antice  leviter  angustato,  sat  dense  punctato, 
angulis  posticis  obtusis  ;  elytris  fortiter  punctato-sub- 
striatis.  <?  Femoribus  posticis  compressis,  latis,  intus  ad 
apicem  recte  angulatis,  sed  non  dentatis.  —  Paris,  bois 
de  Boulogne.  (C.  Brissout  de  Barneville.) 

Otiorhynchus  planidorsis.  —  L.,  12  mill.  —  Oblongus, 
antice  attenuatus,  niger,  sat  nitidus;  capite  punctato, 
summolsevi,  rostro leviter  tricarinato  ;  prothorace  oblongo, 
lateribus  antice  rotundato,  parum  dense  punctato  ;  elytris 
fere  ovatis,  dorso  planatis,  apice  obtuse  acuminatis,  te- 
nuiter  sed  dense  rugulosis,  fere  squamosis,  tenuiter  punc- 
tato-lineatis,  femoribus  clavatis,  subtus  angulatis.  —  H.- 
Pyrénées. (Pandelle,  Delarouzée.) 


Mémoire  sur  les  gale-insectes  de  l'Olivier,  du  Citronnier, 
de  l'Oranger,  du  Laurier-Rose,  et  sur  les  maladies  qu'ils 
y  occasionnent  dans  la  province  de  Nice  et  dans  le  dé- 
partement du  Var,  par  le  docteur  J.  B.  Robineau-Des- 
voidy.  (Voir  1856,  p.  121.) 

En  ce  qui  concerne  la  Cochenille  des  serres,  il  décrit 
l'œuf,  le  jeune  âge,  l'âge  adulte,  la  différence  des  sexes, 
le  mode  probable  d'accouplement.  Il  n'a  que  le  tort  de 
ne  pas  citer  les  auteurs  qui  lui  ont  fourni  les  matériaux 
et  les  renseignements  nécessaires  à  cette  exposition.  Son 
récit  n'est,  en  effet,  que  la  copie  plus  ou  moins  dissimulée 
du  texte  et  des  observations  de  Geoffroy  sur  le  même  in- 
secte. (Geoffroy,  t.  I,  page  512.) 

Loquez  passe  ensuite  à  l'étude  des  circonstances  qui  fa- 
vorisent le  développement  de  ces  animaux.  Il  établit  que 
la  cupidité  des  propriétaires,  dans  les  localités  où  la  con- 
stante douceur  de  la  température,  l'exposition  au  midi, 
l'excellence  et  la  profusion  des  engrais,  l'humidité  sta- 
gnante, la  fréquence  des  arrosements,  l'encombrement  des 


TRAVAUX   INÉDITS.  181 

plantes  et  des  espèces,  un  feuillage  touffu,  et  surtout  l'a- 
bri des  vents,  entretiennent  une  sève  presque  continuelle, 
est  sinon  l'origine  première,  du  moins  la  cause  perma- 
nente et  sans  cesse  active  d'un  fléau  qui  ne  connaîtra 
peut-être  pas  de  terme.  L'homme  a  voulu  doubler  et  tri- 
pler le  revenu  de  son  champ  ;  sur  le  même  sol  il  a  accu- 
mulé, entassé  et  étage  les  végétaux  les  plus  divers  ;  il  n'a 
fait,  dans  son  imprévoyance,  que  préparer  la  certitude  de 
sa  ruine.  Sous  des  ombrages  frais,  et  où  rien  ne  trouble 
sa  tranquillité,  la  Cochenille  naît,  croît  et  pullule  promp- 
tement  en  nombre  incalculable  ;  elle  retire  tous  les  avan- 
tages des  soins  que  l'homme  prodigue  à  ces  végétaux, 
mais  elle  n'y  répond  que  par  la  dévastation.  Le  Citronnier 
doit  à  la  continuité  de  sa  végétation  l'insigne  faveur  d'of- 
frir en  tout  temps  des  œufs,  des  enfants,  des  adultes  et 
des  cocons  sur  ses  feuilles.  L'arbre  n'a  de  vie  que  pour  la 
prospérité  de  cet  insecte,  qu'on  trouve  le  plus  souvent  sur 
la  face  inférieure  des  feuilles,  où  le  parenchyme  est  plus 
tendre  et  où  la  retraite  est  plus  assurée,  soit  contre  les  agi- 
tations de  l'air,  soit  contre  l'œil  des  ennemis. 

Loquez  entre  dans  les  plus  grands  détails  sur  les  tristes 
effets  que  ces  myriades  de  petits  animaux  font  subir  aux 
tiges  qu'ils  couvrent  de  cicatrices,  aux  feuilles  dont  ils 
absorbent  sans  cesse  les  liquides  vitaux ,  aux  fruits  qu'ils 
vicient  dans  l'essence  de  leurs  sucs,  qu'ils  empêchent  d'ar- 
river à  terme,  et  qu'ils  souillent  d'une  transsudation  im- 
pure. 11  montre  ces  délicieux  végétaux  perdant  leur  fraî- 
cheur et  leur  énergie  par  l'énorme  extravasion  des  li- 
quides qui  ne  portent  plus  aux  extrémités  la  source  de  la 
vie  et  de  la  fécondité.  A  Nice,  on  donne  le  nom  de  mélasse 
ou  de  miellot  à  cette  extravasion  et  déperdition  des  sucs 
nourriciers. 

L'auteur  donne  ensuite  les  conseils  qu'il  estime  les  plus 
sages  pour  faire  disparaître  ce  fléau,  ou  du  moins  pour 
en  atténuer  les  ravages.  Il  veut  que  les  essences  di- 
verses d'arbres  ne  soient  plus  si  rapprochées ,  si  ser- 


182       rev.  et  mac.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

rées,  afin  que  l'air  puisse  librement  circuler  entre  les 
plantes. 

Personne  n'a  suivi  ces  excellents  conseils  de  Loquez, 
qui  leur  attribuait  peut-être  trop  d'importance,  puisqu'il 
les  présentait  comme  infaillibles.  Le  désastre  atteignit  al- 
ternativement chaque  propriétaire. 

Loquez  arrive  enfin  à  l'histoire  de  la  moisissure,  qu'il 
prétend  avoir  suivie  dans  toutes  les  phases  de  son  existence . 
Selon  lui,  c'est  une  petite  plante  sans  feuilles,  sans  racines, 
et  qui  ne  pousse  qu'une  seule  tuje.  La  racine  y  serait  rem- 
placée par  une  espèce  de  mamelon  auquel  l'auteur  attribue 
un  rôle  trop  considérable. 

Chacune  de  ces  moisissures  naît  isolée,  mais  leur  mul- 
tiplication ne  tarde  pas  de  les  rapprocher.  «  Ces  diverses 
«  tiges  se  greffent  alors  entre  elles,  s'étendent  horizon- 
ce  talement,  et  finissent  par  établir  une  base  commune  ne 
«  formant  plus  qu'un  même  tout.  La  couleur  de  la  plante 
«  est  noire,  mais  à  un  microscope  elle  parait  d'un  vert 
«  foncé  approchant  de  celui  des  fucus. 

«...  Elle  est  terminée  par  un  fruit  globuleux,  semblable 
«  à  la  tête  d'un  champignon.  »  L'auteur  avoue  n'avoir  ja- 
mais pu  reconnaître  les  semences. 

Le  plus  souvent  cette  petite  plante  naît  à  la  face  supé^ 
rieure  des  feuilles,  d'où  elle  envahit  les  tiges,  les  branches 
et  le  tronc  de  l'arbre  ;  elle  les  garnit  entièrement,  les  cou- 
vre d'un  crêpe  ou  plutôt  d'un  linceul  funèbre;  elle  s'at- 
taque même  au  fruit,  qui  devient  pour  l'œil  un  sujet  de 
répulsion. 

L'accroissement  et  le  développement  de  cette  moisis- 
sure peuvent  affecter  une  marche  très-rapide  ;  malheur 
au  jardin  qui  devient  l'objet  de  sa  prédilection!  Elle  ar- 
rête la  transpiration,  elle  s'oppose  à  l'absorption  de  l'ar- 
bre, dont  elle  attire  à  elle  les  sucs  nourriciers.  Les  liquides 
intérieurs  sont  bientôt  viciés  ;  il  en  résulte  un  état  conti- 
nuel de  faiblesse  et  de  maladie.  Plusieurs  branches  se 
couvrent  de  curie,   de  cicatrices    gangreneuses,  se  des- 


TRAVAUX    INÉDITS.  183 

sèchent  et  périssent,  n'ayant  plus  la  force  de  produire  ni 
fruits  ni  feuilles. 

Cette  morfée  peut  occuper  la  surface  entière  d'un  jar- 
din sans  faire  grâce  à  aucun  Citronnier.  Bien  plus,  elle  se 
jette  sur  les  arbres  et  les  plantes  herbacées  du  voisi- 
nage. 

Elle  reconnaît  les  mêmes  causes  d'accroissement  et  de 
multiplication  que  la  Cochenille  du  Citronnier  :  elle  fleurit 
et  elle  règne  sous  l'influence  des  mêmes  conditions;  aussi 
Loquez  ne  propose-t-il  guère  que  les  mêmes  remèdes  ou 
expédients  contre  ses  ravages,  remèdes  et  expédients  dont 
l'infaillibilité  a  reçu  un  si  cruel  démenti. 

Cet  auteur  admet  donc  deux  causes  qui  agissent  simul- 
tanément dans  la  maladie  du  Citronnier  ;  Tune  est  d'ori- 
gine végétale  et  l'autre  d'origine  animale.  Il  les  regarde 
comme  essentiellement  distinctes ,  quoique  agissant  de 
concert  et  sous  l'empire  des  mêmes  influences  ;  il  ne  s'in- 
quiète pas  si  l'une  de  ces  causes  est  génératrice  de  l'au- 
tre. Il  a  pu ,  il  a  dû  nécessairement  se  poser  cette  ques- 
tion, mais  affecte  à  cet  égard  un  silence  obstiné  que  les 
écrits  de  ses  prédécesseurs  auraient  pu  l'engager  à 
rompre. 

Je  me  suis  quelque  peu  étendu  sur  l'ouvrage  de  cet  ha- 
bitant de  Nice,  parce  que  le  premier  il  a  observé  et  dé- 
crit la  moisissure  comme  une  véritable  maladie  du  Citron- 
nier, parce  qu'il  nous  a  probablement  dissimulé  une  partie 
de  la  vérité  au  sujet  des  Gale-Insectes  qu'il  avait  sous  les 
yeux,  et  parce  qu'il  nous  fournit  les  renseignements  dési- 
rables sur  l'apparition  de  la  morfée  dans  les  jardins  de 
Menton.  Il  a  fort  bien  constaté  que  la  Cochenille  qu'il  a 
étudiée  vit  sur  toutes  les  races  de  la  famille  des  Orangers, 
et  principalement  sur  les  espèces  des  genres  Citronnier  et 
Limonier.  Il  nous  donne  ainsi  un  point  de  départ  que 
nous  ne  devons  pas  négliger,  sans  toutefois  lui  attribuer 
trop  d'importance.  11  n'a  rien  ajouté  à  ce  (pie  Geoffroy  et 
Linné  nous  avaient  transmis  sur  le  Coccus  Adunidum,  qui, 


18  V       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

suivant  le  premier  de  ces  naturalistes,  provenait  du  Séné- 
gal, des  Antilles,  et  était  devenu  très-commun  dans  les 
serres  du  Jardin  du  roi.  Linné  avait  imprimé  [Faun, 
Suce. y  I,  n°  1169)  Pediculum  Adonidum  :  habitat  in  Âme- 
rica  et  Africa,  non  in  Europa  calidiore.  «  Le  Pou  des  Ado- 
«  nides  ou  des  serres  :  il  habite  dans  l'Amérique,  dans 
«  l'Afrique  ;  il  ne  vit  pas  dans  les  contrées  les  plus  chaudes 
«  de  l'Europe.  »  C'était  donc  un  animal  étranger  rapporté 
des  pays  lointains,  et  qui  s'était  acclimaté  dans  les  serres 
chaudes  de  l'Europe.  Je  n'insisterai  pas  sur  l'erreur  qui 
fit  prendre  à  Loquez  le  Coccus  Adonidum  pour  le  Kermès 
Hesperidum.  Il  lui  eût  suffi  de  lire  la  phrase  brève  et  tout 
à  fait  caractéristique  de  Geoffroy  pour  éviter  cette  mé- 
prise. La  Cochenille  des  serres  :  Coccus  Adonidum;  corpore 
roseo-farinaceo,  alis  setisque  niveis.  Geoff.,  t.  I,  p.  512. 
D'ailleurs,  il  ne  lui  était  plus  permis  de  confondre  une 
Cochenille  avec  un  Kermès. 

Je  poursuis  l'histoire  de  l'étude  de  la  morfée  sur  les 
arbres  de  la  famille  des  Orangers. 

En  1818,  Risso,  membre  correspondant  de  l'Institut  de 
France  et  compatriote  de  Loquez ,  s'exprimait  en  ces 
termes  (Histoire  des  Orangers ,  t.  I ,  p.  150)  :  «  Le  plus 
«  grand  fléau  de  l'Oranger,  et  en  particulier  du  Limonier, 
«  est  une  espèce  de  Gale-Insecte  que  j'ai  fait  connaître 
«  dans  le  temps  sous  le  nom  de  Dematium  monophyllum  , 
«  qui  attaque  indifféremment  les  tiges,  les  feuilles  et  les 
(c  fruits.  Cette  plante  ressemble  à  une  poussière  noire 
«  dont  les  particules  réunies  s'étendent  horizontalement, 
<(  et  forment  une  espèce  de  couche  très-mince  qui  finit 
«  par  couvrir  l'arbre  entier.  De  cette  croûte  on  voit  s'é- 
«  lever  perpendiculairement  un  nombre  infini  de  petits 
a  filets  ou  tiges  de  1/2  millimètre  de  hauteur,  portant 
«  chacun  à  son  sommet  une  petite  coiffe  arrondie,  noi- 
«  ràtre,  renfermant  une  poussièe  séminifère.  Cette  crypto- 
ce  game ,  quoique  peu  adhérente  sur  les  parois  de  l'Oran- 
«  ger,  s'y  multiplie  avec  une  rapidité  immense,  surtout 


TRAVAUX    INÉDITS.  185 

«  dans  les  jardins  où  l'ombre  et  l'humidité  favorisent  sa 
«  propagation.  » 

La  moisissure  observée  et  décrite  primitivement  par 
Loquez  se  trouve  ici  classée  par  un  homme  de  science  ; 
elle  porte  un  nom  spécifique. 

Du  reste,  Risso  ne  fait  aucune  mention  de  la  coïncidence 
du  Dematium  avec  la  Cochenille  et  le  Kermès;  pour  lui,  la 
morfée  semble  ne  reconnaître  d'autre  origine  qu'elle-même. 

En  1833,  ïurpin,  depuis  membre  de  l'Académie  des 
sciences,  lut  un  Mémoire  sur  la  nosologie  végétale.  Ce  mé- 
moire parut  accompagné  de  figures  qui,  dans  le  texte, 
donnaient  le  dessin  et  l'explication  de  la  morfée  ;  car  elles 
représentent  «  ces  crasses  noires  ou  enduits  qui  ont  été 
«  regardés  par  des  cultivateurs  comme  une  simple  mal- 
«  propreté,  et  qui  sont  toujours  le  résultat  ou  l'agglomé- 
«  ration  d'un  grand  nombre  d'êtres  organisés.  Je  citerai, 
«  par  exemple,  la  crasse  noire  qui  recouvre  quelquefois 
«  les  jeunes  tiges,  les  feuilles  et  les  fruits  des  Orangers  et 
«  des  Citronniers,  dont  j'ai  fait  l'analyse  microscopique.  » 
(T.  VI,  Mémoires  de  l'Académie  des  sciences,  section  des 
savants  étrangers,  1835.) 

Turpin  explique  comment  cette  crasse  noire  n'est  qu'une 
immense  réunion  des  membres  d'une  production  confer- 
voïde.  Dans  d'excellentes  figures,  il  représente  une  quan- 
tité innombrable  «  d'individus  filamenteux,  tubuleux,  ar- 
«  ticulés  ou  cloisonnés,  rameux,  confervoïdes,  comme  mo- 
«  niliformes,  transparents,  verdâtres,  traçants,  formant, 
«  en  s'enchevôtrant ,  une  sorte  de  lacis  que  les  botanistes 
«  ont  appelé  le  thallus  ou  croûte ,  mais  qu'ils  ont  eu  tort 
«  d'individualiser,  parce  qu'en  réalité  ce  thalle  est  une 
«  forêt  microscopique  composée  d'un  nombre  prodigieux 
a  d'individus  distincts. 

«  Ces  tigellules,  d'abord  très-fines,  sont  droites  et  in- 
«  colores;  leurs  articles,  en  se  gonflant,  les  rendent  plus 
«  moniliformes. 

«  Sur  ces  tigellules  développées,  et  du  sommet  latéral  do 


186       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

((  l'un  de  ces  articles,  naissent  les  petits  rameaux  de  con- 
«  tinuité  ou  les  appareils  reproducteurs,  les  fruits,  c'est- 
((  à-dire  le  péricarpe  et  les  graines  qui  commencent  par 
«  un  globule  vasculaire,  et  qui  s'étendent  ensuite  en  un 
«  tube  corniforme  légèrement  arqué,  et  terminé  en  pointe 
((  arrondie ,  strié  ou  ridé  longitudinalement ,  quelquefois 
«  rameux,  couleur  de  suie,  plus  transparent,  verdàtre  au 
«  sommet,  lequel  s'ouvre  en  petits  lobes  pour  laisser 
ce  échapper  les  innombrables  corps  reproducteurs  sphé- 
«  riques  et  incolores  que  ces  péricarpes  tuberculeux 
«  contiennent.  Ces  corps  reproducteurs,  nés,  par  exten- 
«  sion,  du  tube  péricarpien,  présentent,  sous  le  micro- 
ce  scope,  un  mouvement  de  grouillement  dont  j'ignore  la 
«  cause.  » 

Cette  description ,  faite  par  un  homme  qui  avait  une 
grande  habitude  du  microscope,  nous  place  un  peu  loin 
de  la  petite  moisissure  de  Loquez  et  du  Dematiun  mono- 
fhyllum  de  Risso.  Turpin ,  qui  ignorait  les  travaux  de  ses 
prédécesseurs,  s'adresse  à  Persoon  pour  la  classification 
de  cette  substance  prétendue  nouvelle.  Persoon  la  nomma 
fumago,  que  Turpin  traduisit  par  le  mot  français  fuma- 
gine.  Il  décrivit  le  F.  Citri  et  le  F.  Persicœt  parce  qu'il 
les  avait  étudiés  sur  ces  deux  arbres. 

A  l'exemple  de  Risso,  cet  auteur  ne  reconnut  aucun 
Gale-Insecte  comme  auteur  présumable  de  cette  maladie, 
qu'il  paraît  croire  spéciale;  mais  le  nom  proposé  par 
Turpin  exprime  mieux  la  nature  de  la  maladie  que  celui 
de  morfée,  imposé  par  les  Italiens  d'après  une  donnée 
fausse. 

N'ayant  pas,  dans  ce  mémoire,  à  m'occuper  de  la  nature 
même  de  ce  végétal  parasite,  j'abandonne  aux  botanistes 
le  soin  de  s'entendre  sur  sa  dénomination  et  de  s'assurer 
si  c'est  une  conferve  ou  un  champignon ,  question  que  je 
pourrai  traiter  dans  d'autres  temps. 

Le  point  essentiel,  fondamental,  consiste  maintenant 
dans  la  solution  de  ce  problème  : 


TRAVAUX     INÉDITS.  187 

La  morfée  est-elle  une  maladie  spéciale,  primitive? 

Si  mous  consultons  le  témoignage  des  auteurs  cités,  nous 
voyons  que  Loquez  place  la  moisissure  sur  la  même  ligne 
que  la  Cochenille  de  l'Oranger  :  il  les  considère  l'une  et 
l'autre  comme  deux  causes  distinctes  et  indépendantes; 
avant  tout,  il  se  garde  de  prononcer  sur  leur  antériorité 
réciproque. 

Risso,  à  l'article  de  la  morfée  de  l'Olivier,  s'exprime  en 
termes  positifs  et  qui  ne  laissent  aucun  doute  sur  son 
opinion.  Il  adopte  «  l'hypothèse  émise  par  de  Candolle, 
«  qui  suppose  que  cette  parasite  s'introduit  sur  les  arbres 
<(  par  les  racines  avec  la  sève,  comme  j'ai  eu  occasion  de 
«  m'en  convaincre  plusieurs  fois  sur  des  sujets  isolés  et 
«  hors  de  toute  communication  avec  des  arbres  infestés 
((  de  la  même  maladie.  »  (Risso,  Hist.  nat.  de  l'Europe 
mérid.,  t.  II,  p.  38.) 

A  n'en  juger  que  par  le  texte,  Turpin  la  reconnaissait 
également  pour  une  affection  primitive. 

C'est  encore  l'opinion  d'un  grand  nombre  d'Italiens 
instruits  et  expérimentés.  Comment  en  serait-il  autre- 
ment? Ces  hommes  voient  chaque  jour  et  à  chaque  instant 
la  morfée  naître,  croître  et  pulluler  sous  leurs  yeux;  ils 
la  voient  se  jeter  sur  les  fruits,  sur  les  feuilles,  sur  les 
tiges,  sur  les  branches,  sur  le  tronc,  sur  le  bois  découvert, 
sur  le  collet,  sur  les  racines,  sur  les  cicatrices  des  arbres  ; 
ils  ia  voient  n'épargnant  aucun  sujet  sur  de  vastes  éten  - 
dues  de  territoire;  ils  ont  dû  naturellement  l'admettre  à  la 
fois  et  comme  cause  de  la  maladie  et  comme  la  maladie 
elle-même.  La  narration  de  Risso  qui  avait  infesté  des 
portions  saines  venait  grandement  en  aide  à  cette  théorie, 
qui  semblait  reposer  sur  des  bases  solides. 

La  première  fois  que  j'observai  la  morfée  sur  les  Oli- 
viers et  les  Citronniers  de  Villafranca,  je  ne  fus  point  sur- 
pris à  son  aspect;  je  la  connaissais  déjà  de  vue,  les  arbres 
de  Paris  me  Pavaient  révolue  depuis  longtemps.  .Je  savais 
que  les  feuilles  du  Tilleul  infestées  par  le  puceron  présen- 


188        rev.  et  mag.  de  zoologie. -[Avril  1856.) 

tent  souvent  ce  phénomène,  et  que  la  fumagine  qui  se 
développe  par  plaques  successives  sur  ces  feuilles  est  sem- 
blable à  celle  que  j'avais  rencontrée,  près  de  nos  serres, 
sur  les  feuilles  du  Citronnier,  de  l'Oranger.  Maintenant  il 
m'était  donné  de  les  voir  dans  un  climat  plus  chaud. 
(La  suite  au  prochain  numéro.) 


II.     SOCIÉTÉS    SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  7  avril  1856.  —  M.  a" Hombres-Firmas  adresse 
un  travail  zoologique  et  géologique  ayant  pour  titre  : 
Observations  sur  le  Pecten  glaber. 

Les  conchyliologistes,  dit  l'auteur,  comptent  une  cen- 
taine d'espèces  du  genre  Pecten  dans  les  mers  d'Europe. 
Il  ne  s'agit,  dans  cette  notice,  que  d'une  seule  espèce,  le 
Pecten  glaber,  que  je  confondrai  ici,  comme  les  pêcheurs, 
avec  le  Pecten  jacobœus  et  d'autres  peignes  bruns,  vivant 
en  grande  quantité  dans  les  étangs  auprès  de  Cette.  C'est 
la  conservation  de  ces  coquillages  et  la  localité  où  je  les 
ai  rencontrés  qui  me  les  ont  fait  remarquer  :  ils  ne  sont 
point  fossiles,  mais  leurs  valves,  toutes  séparées,  sont  dis- 
séminées dans  une  terre  labourable  au  quartier  du  Colom- 
bier, au  bord  du  chemin  de  fer  de  la  Grand'Combe,  à 
2  kilomètres  au  nord  d'Alais. 

M.  Pomel  adresse  des  Notes  sur  la  mammalogie  de  l'Al- 
gérie. Il  s'étonne  que  l'histoire  mammalogique  du  nord  de 
l'Afrique  soit  si  peu  connue,  et  donne  les  renseignements 
qu'il  a  pu  recueillir  à  ce  sujet  dans  la  province  d'Oran. 

Parmi  les  espèces  qu'il  cite,  il  y  en  a  cinq  qu'il  semble 
regarder  comme  nouvelles  et  qu'il  décrit  ainsi  : 

«  Rongeurs.  —  Myoxus  munbyanus.  Pelage  d'un  brun 
un  peu  ardoisé  en  dessus,  légèrement  teint  de  roux  sur 
la  tête  et  mêlé  de  blanc  derrière  les  oreilles  ;  partie  infé- 
rieure du  corps  et  pieds  blanchâtres  ;  orbites  teints  d'une 
tache  noire  qui  remonte  jusqu'au  vertex  et  s'élargit  sous 


SOCIETES   SAVANTES.  189 

l'oreille,  devant  laquelle  elle  encadre  une  petite  tache 
blanchâtre;  queue  distique  à  la  moitié  terminale,  brune 
dessus  et  noircissant  vers  le  bout,  qui  se  termine  de  blanc. 
Le  corps  a  0m,085;  la  queue,  0m,075.  Se  fait  un  nid  d'her- 
bes et  de  bourre  de  palmier  darts  les  genêts  épineux. 

«  Mus  aleœandrinus,  Geoff.  Pelage  d'un  brun  roux  en 
dessus,  formé  de  trois  sortes  de  poils  :  les  uns  longs, 
roides,  ciliant  tout  le  dessus  du  corps  et  surtout  la  croupe  ; 
les  autres  fins,  doux,  formant  le  fond  du  pelage  ;  d'autres 
enfin  de  même  longueur,  plats,  forts  et  piquants;  partie 
inférieure  blanchâtre;  oreilles  presque  nues,  brunes; 
queue  écailleuse  avec  des  anneaux  de  poils  roides.  Le  corps 
mesure  0m,2;  la  queue,  0«>,2.  Il  se  tient  dans  les  maisons. 

«  Mus  algirus.  Pelage  d'un  gris  brunâtre,  teint  de  jaune 
ou  de  roussâtre,  mêlé  de  quelques  longs  cils  noirs  ;  par- 
ties inférieures  du  corps,  face  interne  des  membres  et 
pieds  blanchâtres;  parfois  une  tache  rousse  à  la  poitrine; 
talon  brun  ;  oreilles  presque  rondes,  courtes,  avec  une 
petite  touffe  devant  le  méat;  une  tache  blanchâtre  der- 
rière l'oreille  ;  queue  grise  dessous,  brunissante  de  plus 
en  plus  vers  le  bout.  Le  corps  mesure  0m,075  ;  la  queue, 
0m,060.  Habite  des  terriers  dans  les  cultures  et  les  brous- 
sailles ;  quelquefois  entre  dans  les  maisons  des  campagnes. 

«  Gerbillus  Sellysii.  Pelage  doux,  luisant,  d'un  brun 
clair,  lavé  de  fauve,  plus  foncé  sur  la  tête  et  la  croupe, 
plus  roux  sur  les  flancs  ;  parties  inférieures  d'un  blanc  pur 
remontant  un  peu  sur  les  flancs,  à  la  face  antérieure  de 
la  jambe  et  extérieure  du  coude,  et  paraissant  un  peu  sur 
les  côtés  de  la  face  jusqu'aux  vibrisses  ;  partie  inférieure 
de  la  jambe  brune;  une  large  tache  orbitale  très-pâle, 
plus  marquée  devant  l'oreille  ;  queue  de  la  couleur  du  dos, 
ciliée  à  son  tiers  postérieur  de  longs  poils  bruns  qui  for- 
ment une  touffe  peu  fournie.  Habite  des  terriers  au  fond 
desquels  il  se  l'ait  un  nid  d'herbes  sèches  et  d'où  il  sort  à 
certaines  heures  du  jour  pour  prendre  le  soleil. 

«  Lepus  mediterraneus.  Le  lièvre  d'Algérie  paraît  être 


190       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Avril  1856.) 

de  cette  espèce  ;  je  l'ai  rencontré  sur  des  hauteurs  de  plus 
de  1,500  mètres. 

Séance  du  14  avril  1856.  —  Rien  sur  la  zoologie. 

Séance  du  21  avril  1856.  —  M.  Eudes  Dedong  champs 
fait  hommage  à  l'Académie  d'un  opuscule  qu'il  vient  de 
publier  sous  le  titre  de  :  «  Description  d'un  nouveau  genre 
de  coquilles  bivalves  fossiles  (Eligmus),  provenant  de  la 
grande  oolithe  du  département  du  Calvados.  » 

M.  A.  Raimondi  adresse  un  Mémoire  sur  le  huano  des 
îles  de  Chincha  et  les  oiseaux  qui  le  produisent. 

M.  Raimondi  établit  que  le  huano  ou  guano,  dont  il  y 
a  des  couches  de  plus  de  30  mètres  d'épaisseur,  ne  peut 
être  considéré  comme  un  coprolithe  ou  excrément  fossile 
d'animaux  antédiluviens,  comme  l'ont  pensé  MM.  Girardin 
et  Ridard,  et  il  conclut  des  faits  qu'il  expose  dans  ce  mé- 
moire «  que  le  problème  de  l'origine  du  huano  est  ré- 
solu: que  ce  n'est  pas  un  coprolithe,  mais  bien  une  ma- 
tière dont  la  formation  appartient  à  l'époque  actuelle.  » 

Quant  aux  oiseaux  qui  produisent  le  huano ,  voici 
1'énumération  des  espèces  qu'il  a  observées  pendant  son 
séjour  sur  les  îles  de  Chincha  : 

JHoms  vulgnires. 

Pelecanus  lhajus  (Molina) A  Icalraz. 

Carbo  Gaimardii  (Lesson) Palo  de  mar. 

Carbo  albigula  (Braudt) Cuervo  de  mar. 

Sula  variegata  (Tschudi) Piquero. 

Plolus  anhinga  (Lin.) Zamargullon  chorcado. 

Rhyncops  nigra  (Lin) Arador  ou  Pico-tijera. 

Larus  modeslus  (Tschudi) Gaviota. 

Spheniscus  Humboldtii  (Meyen) . .  Pajaro  niîlo. 

Puffinuria  Garnolii  (Lesson). . . .  Poloyunco. 

Slerna  inca  (Lesson) Zarcillo. 

Toutes  ces  espèces  d'oiseaux  ne  vivent  pas  constam- 
ment sur  les  îles  de  Chincha  :  quelques-unes  viennent  seu- 
lement à  l'époque  de  la  ponte.  Parmi  les  sédentaires,  le 
Pelecanus  thajus ,  la  Sula  variegata,  le  Larus  modestus,  le 
Spheniscus  Humboldtii  et   la   Puffinuria   Garnotii    sont 


ANALYSES  D' OUVRAGES  NOUVEAUX.       191 

celles  qui  abondent  davantage.  Ces  oiseaux  se  réunissent, 
chaque  espèce  séparément  :  ainsi,  dans  1  île  dite  du  nord, 
la  partie  nord  est  habitée  par  les  Pclecanus ,  la  partie  est 
parles  Larus,  la  partie  ouest  par  les  Sula  et  la  partie 
sud  par  les  Puffinuria. 

M.  Butin,  médecin  en  chef  des  Invalides  ,  envoie  plu- 
sieurs nids  d'hirondelle  salangane,  recueillis  il  y  a  cinq  ans 
dans  une  grotte  des  environs  de  Java,  par  le  voyageur  qui 
lui  en  a  fait  don.  M.  Hutin  a  pensé  qu'à  raison  des  com- 
munications qui  ont  été  faites  récemment  à  l'Académie 
touchant  la  composition  de  ces  nids  il  pourrait  y  avoir 
quelque  intérêt  pour  la  science  à  faire  examiner  ceux  qu'il 
offre  aujourd'hui,  et  qui  sont  dans  un  parfait  état  de  con- 
servation. 

«  Les  habitants  du  pays,  dit  M.  Hutin ,  pensent  géné- 
ralement que  les  Salanganes  composent  ces  nids  avec  du 
frai  de  poisson ,  et  que  l'opinion  des  personnes  qui  en 
regardent  la  matière  comme  le  produit  d'une  sécrétion 
particulière  à  ces  petits  oiseaux  est  due  à  ce  que  l'on  voit 
des  fils  de  cette  substance  visqueuse  pendre  souvent  de 
leurs  becs  à  l'époque  où  ils  la  ramassent  pour  s'en  servir. 
Il  paraît  que  chaque  nid  reçoit  habituellement  deux  œufs 
seulement.  » 

M.  Wanner  envoie  une  Note  ayant  pour  titre  :  «  De  la 
capillarité,  théorie  de  la  circulation  sanguine,  »  note  qui 
fait  suite  à  celle  que  l'auteur  avait  présentée  dans  la 
séance  du  31  décembre  dernier. 


III    ANALYSES  D'OUVRAGES  NOUVEAUX. 

Bulletins  de  la  Société  impériale  des  naturalistes  de 
Moscou,  t.  XXVII,  année  1854.  (Voir  notre  n°  2, 
p.  94.) 

Mémoire  sur  la  famille  des  Carabiques,  4e  partie,  par 
M.  le  baron  Chaudoir,  I,  p.  453. 


192      rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Avril  1856.) 

Liste  des  Lépidoptères  des  gouvernements  de  Kharkov, 
Poltava  et  Ekaterinoslav ,  par  Czernay,  1,  p.  212. 

Suppléments  à  la  Lépidoptérologie  de  la  Russie  et 
description  de  quelques  autres  insectes,  par  M.  Evers- 
mann  (avec  1  planche),  II,  p.  174. 

Traité  sur  quelques  Daphnies  nouvelles  ou  peu  con- 
nues, par  M.  Seb.  Fischer  (avec  planche),  I,  p.  423. 

Larus  columbinus,  espèce  nouvelle  habitant  les  parages 
de  la  mer  Caspienne ,  par  M.  Golowatschow  (avec  1  plan- 
che), I,p.  423. 

Loi  nouvelle  de  la  génération  ascendante,  facultative  et 
contingente  des  Infusoires,  par  M.  Gros,  II,  p.  267. 

Sur  YAspius  owsianska  de  Czernay,  par  M.  Maslowski, 
I,  p.  442. 

Essai  sur  l'Ornithologie  du  sud  de  la  Russie,  par 
M.  Radde,  H,  131. 

Répartition  des  taches  blanches  sur  les  animaux  do- 
mestiques, par  M.  Rouillier,  II,  p.  459. 

Notices  lépidoptérologiques  faites  en  Sicile  par  M..Zel- 
ler,  II,  p.  3. 


TABLE   DES   MATIERES. 

Payes. 

PircHKiuN.  —  Notices  mammalogiques.  145 

Jaubert.  —  Onzième  Lettre  sur  l'Ornithologie.  149 

De  Souancé.  —  Catalogue  des  Perroquets.  152 

Cailliaud  (Frédéric).  —  Oursins  perforants  de  Bretagne.  158 

Fairmaire  (Léon).  —  Description  de  Coléoptères  nouveaux.  179 

Robineau-Desvoidy.  —  Gale-Insectes  de  l'Olivier,  etc.  180 

Académie  des  sciences.  188 

Analyses.  191 

PARIS.  —  IMP.   DE   Mme   Ve   BOUCHARD -HCZARD  ,    RUE   DE   l/ÉPERON  ,   5. 


DIX-NJGUVIÈME    ANNÉE.  —  MAI    1856. 


I.  TRAVAUX  INEDITS. 


De  la  dentition  des  Cétacés,  et  de  la  place  qu'occupent 
les  fanons  dans  la  bouche  des  Baleines  ;  par  le  Dr  L.  F. 
K.mmanuel  Rousseau,  membre  de  la  Légion  d'honneur, 
chef  des  travaux  anatomiques  au  Muséum,  sous  les  pro- 
fesseurs G.  Cuvier,  de  Blainvilleet  Duvernoy. 

Dans  notre  anatomie  comparée  du  système  dentaire, 
chez  l'homme  et  chez  les  principaux  animaux,  publiée  en 
1827,  non  plus  que  dans  le  supplément  à  cet  ouvrage, 
donné  en  1839,  nous  n'avons  parlé  de  la  dentition  chez 
les  Cétacés. 

Une  circonstance  fortuite  nous  porte  à  combler  cette 
lacune. 

Notre  œuvre,  qui  n'a  point  pour  objet  les  questions 
zoologiques,  traitera  presque  exclusivement  de  la  denti- 
tion   des   principales    espèces  de  mammifères  marins. 
Nous  serons  souvent  obligé  d'être  le  copiste  des  savants 
auteurs  qui  nous  ont  devancé,  et  pour  lesquels  notre  vé- 
nération est  profonde  ;  nous  imiterons,  dans  la  faible  me- 
sure de  nos  forces,  les  nobles  efforts  qu'ils  ont  faits  pour 
rendre  saisissable  à  tous  la  marche  régulière  de  la  na- 
ture. Suivant  le  chemin  qui  nous  est  tracé,  et  nous  ap- 
puyant sur  des  faits  plutôt  que  sur  des  théories  parfois 
trompeuses,  nous  nous  efforcerons  de  trouver  et  de  dé- 
montrer la  vérité. 
Georges  Cuvier  divise  les  Cétacés  en  deux  familles  : 
La  première  se  compose  des  Cétacés  herbivores  ; 
2e  sÉRiB.  t.  vui.  Aimée  1856.  13 

I 


194  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.   (Mai  1856.) 

La  deuxième,  des  Cétacés  ordinaires  connus  principa- 
lement sous  le  nom  de  Souffleurs. 

Les  herbivores  comprennent  les  Lamantins,  les  Du- 
gongs, les  Stellères. 

Les  Dauphins,  les  Delphinaptères,  les  Hypéroodons, 
les  Narvals,  les  Cachalots  et  les  Baleines  composent  la 
deuxième  famille. 

C'est  dans  cet  ordre  que  nous  procéderons. 

Les  Lamantins  (Manatus) . 

Les  deux  ou  trois  espèces  dont  ce  genre  se  compose 
ne  paraissent  guère  différer  entre  elles  que  par  leur  sys- 
tème de  dentition,  la  dimension  et  la  structure  de  quelques 
os  de  la  tête,  et  par  quelques  modifications  du  type  com- 
mun dans  les  organes  du  mouvement. 

Ainsi  le  nombre  des  dents  est  bien  plus  considérable 
chez  le  Lamantin  que  chez  les  autres  animaux  de  la  même 
famille. 

Vingt  molaires,  dix  par  chaque  côté,  existent  à  l'une  et 
l'autre  mâchoire. 

Toutes  les  molaires  supérieures  sont  implantées  par 
trois  racines,  absolument  comme  les  grosses  molaires  de 
l'homme  ;  ces  racines  sont  divergentes  et  correspondent  : 
l'une  à  la  partie  interne,  les  deux  autres  à  la  partie  externe 
du  bord  alvéolaire  (voir  la  pi.  vu). 

A  la  mâchoire  inférieure,  les  dents  n'ont  que  deux  ra- 
cines simples  d'abord,  s' élargissant  pour  se  bifurquer  à 
leur  extrémité  et  implantées  d'avant  en  arrière  sur  une 
même  ligne. 

Les  molaires  du  Lamantin  sont  constamment  à  collines 
transverses  et  à  racines  distinctes  de  leur  couronne  qui  est 
de  forme  carrée  avec  collet  très-prononcé.  Les  couron- 
nes sont  recouvertes  d'une  épaisse  couche  d'émail  légère- 
ment strié  de  petites  lignes  comme  chez  quelques  rumi- 
nants. Chaque  plateau  de  couronne  présente,  à  sa  partie 
triturante,  un  large  sillon,  dont  les  parois  élevées  sont  fes- 


TRAVAUX    INKDITS.  195 

tonnées  de  trois  tubercules;  dédit  autres  sillons,  bien  moins 
prononcés  (]ue  celui  du  milieu,  existent  en  avant  et  en 
arrière  sur  chaque  dent. 

De  la  première  molaire  antérieure  jusqu'à  la  plus  re- 
culée en  arrière,  il  y  a  augmentation  graduelle  de  dia- 
mètre. 

Indépendamment  de  celles  qui  sont  apparentes,  deux 
ou  trois  dents,  à  chaque  côté  de  l'une  et  l'autre  mâchoire, 
sont  constamment  renfermées  dans  une  espèce  de  tube 
osseux  qui  fait  saillie  à  la  partie  postérieure  des  alvéoles 
dentaires. 

Les  molaires  du  Lamantin  pourraient,  sauf  la  première, 
qui  n'offre  aucune  similitude  avec  celle  du  Tapir,  chez 
qui  elle  est  bien  plus  développée  et  plus  grosse,  être  com- 
parées à  celles  de  cet  animal. 

S'atrophiant  par  les  racines,  absolument  comme  les 
dents  caduques,  ou  molaires  de  lait  humaines,  les  molaires 
du  Lamantin  montrent,  à  mesure  qu'elles  s'usent  par 
l'acte  de  la  mastication,  deux  lignes  bordées  d'émail, 
lignes  qui  s'élargissent  jusqu'à  ce  qu'elles  arrivent  à  se 
confondre  en  une  surface  aussi  étendue  que  la  dent  elle- 
même,  qui  alors  est  complètement  usée  et  prête  à  tomber. 

La  molaire  qui  tombe  n'est  pas  remplacée,  celle  qui 
suit  deviendra  première,  et  a  son  tour  tombera  par  usure 
sans  être  remplacée  non  plus.  Il  en  est  de  même  poul- 
ies suivantes,  ce  qui  en  fait  varier  le  nombre,  et  constitue 
une  dentition  successive,  dont  nous  n'avons  jamais  trouvé 
la  limite,  malgré  l'état  de  vieillesse  et  le  grand  nombre  de 
têtes  que  nous  avons  été  à  même  de  visiter.  A  tous  les 
âges,  nous  avons  toujours  trouvé  deux  et,  le  plus  souvent 
trois  dents  en  germe  à  la  partie  postérieure  de  l'extré- 
mité de  la  ligne  dentaire. 

Les  incisives  du  Lamantin  ne  sont  que  rudinientaires, 
elles  s'absorbent  très-promptement,  il  est  rare  d'en  trou- 
ver trace.  J'ai  cependant  rencontré,  chez  un  jeune  sujet, 
deux  petites  incisives  dans  les  alvéoles  très-peu  profonds 


196        REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  (Mai  1856.) 

de  l'intermaxillaire,  et  constaté,  une  autre  fois,  la  pré- 
sence de  six  de  ces  mêmes  dents  incisives  sous  une  plaque 
cartilagineuse  qui  recouvre  la  symphyse  de  la  mâchoire 
inférieure  ;  ces  incisives  avaient  2  à  3  millimètres  de  lon- 
gueur sur  moins  d'un  millimètre  de  grosseur. 

L'empreinte  d'une  série  d'alvéoles  se  rencontre  con- 
stamment sous  la  plaque  cartilagineuse  sus-indiquée;  les 
dents  s'y  voient  rarement. 

Les  intermaxillaires  ne  sont  pas,  chez  le  Lamantin, 
courbés  de  haut  en  bas  comme  chez  le  Dugong.  Les 
symphyses  des  deux  mâchoires  se  soudent  de  fort  bonne 
heure. 

La  structure  intime  des  dents  coupées  longitudinale- 
ment  et  horizontalement,  et  vues  au  microscope,  ne  dif- 
fère pas  de  celle  des  dents  humaines,  la  composition  chi- 
mique en  est  la  même. 

Mesures  comparatives  de  la  longueur  de  la  tête,  chez  le  La- 
mantin, à  partir  de  la  partie  la  plus  saillante  du  condyle 
de  l'occipital  au  bout  du  museau  (os  incisif.) 

Très -jeune  sujet  de  l'Amérique  méridio- 
nale  20  cent. 

Lamantin  adulte  du  même  pays.  .  .  30  cent.  5  mill. 
Lamantin  très-adulte  du  Sénégal.     .     .  31  cent. 

Distance  de  la  dent  molaire  antérieure  au  bout  du  museau. 

Lamantin  très-jeune  de  l'Amérique  mé- 
ridionale   7  cent. 

Lamantin  adulte  du  même  pays.     .     .  13  cent.  3  mill. 

Lamantin  très-vieux  du  Sénégal.     .     .  10  cent.  7  mill. 

Distance  de  la  molaire  antérieure  à  la  partie  la  plus  sail- 
lante de  la  symphyse  de  la  mâchoire  inférieure. 

Très-jeune  sujet  de  l'Amérique  méridio- 
nale  5  cent.  3  mill. 


TRAVAUX   INEDITS.  197 

Lamantin  adulte  du  môme  pays.  ...  8  cent.  2  mill. 
Lamantin  âgé  du  Sénégal 7  cent.  5  mill. 

II  va  sans  dire  que  ces  proportions  ne  doivent  être 
considérées  que  comme  approximatives,  et  peuvent  varier 
suivant  l'âge,  le  sexe,  etc.,  etc. 

Notre  intention  n'est  pas  de  nous  occuper  des  animaux 
antédiluviens,  mais  il  n'est  pas  inopportun  de  citer  quel- 
ques observations  recueillies  sur  une  pièce  fossile  dont  le 
Muséum  est  redevable  à  M.  P.  Gervais,  professeur  à  la 
faculté  des  sciences  de  Montpellier. 

Ce  précieux  sujet,  qui  est  un  crâne  presque  complet  de 
Lamantin  fossile,  présente,  ce  qui  n'existe  pas  chez  les 
Lamantins  vivants  et  adultes,  deux  grosses  incisives  co- 
niques, terminées  par  une  pointe  mousse  et  émaillée. 

Légèrement  annelées,  ces  incisives,  qui  ont  2  centimè- 
tres de  grosseur  au  sortir  des  alvéoles,  se  projettent  au 
dehors  sur  une  longueur  de  4  centimètres. 

Cinq  molaires  seulement,  en  toutsemblables,  au  dévelop- 
pement près,  à  celles  des  Lamantins  vivants  qui  les  ont 
beaucoup  moins  grosses,  existent  à  chaque  côté  des  mâ- 
choires de  cette  tête  fossile. 

La  distance  de  la  molaire  antérieure  à  la  partie  de  l'o- 
rifice de  l'alvéole  de  la  dent  incisive  est  de  15  centimètres 
4  millimètres. 

Georges  Cuvier,  cet  immortel  savant,  qui  à  la  page 
26G  et  suivantes  de  son  5e  volume  (Recherches  sur  les  os- 
sements fossiles,  édition  de  1823)  parle  du  Lamantin,  n'en 
a  possédé  que  quelques  fragments  incomplets.  De  quel 
prix  n'eussent  pas  été  pour  lui,  s'il  avait  été  assez  heureux 
pour  les  voir  réunis  de  son  vivant,  tous  ces  trésors  décou- 
verts, depuis  qu'il  n'est  plus,  par  les  éminents  savants  aux- 
quels ses  impérissables  écrits  ont  inspiré  le  goût  des  at- 
trayantes recherches  de  tant  d'objets  précieux  enfouis 
dans  les  profondeurs  de  la  terre. 

Grâce  à  lui,  qui  en  fut  le  créateur,  grâce  au  gouverne- 
ment,  qui   vient  d'en  consacrer  l'importance  par  une 


198  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE,  (Mai  1856.) 

chaire  spéciale,  c  haut  enseignement  de  la  paléontologie 
ne  peut  que  marcher  de  progrès  en  progrès,  et  la  lumière 
se  fera  sur  des  mystères  jusqu'ici  demeurés  impénétrables. 

Les  Dugongs  (Haticore  dugong). 

Les  connexions  des  os  de  la  face,  leur  coupe  générale 
sont  à  peu  près  les  mêmes  dans  le  Dugong  que  dans  le 
Lamantin j  et  pour  changer  en  Dugong  une  tête  de  Laman- 
tin il  suffirait  de  renfler  et  d'allonger  les  intermaxillaires, 
d'y  placer  les  défenses,  et  de  courber  vers  le  bas  la  sym- 
physe de  la  mâchoire  inférieure*  pour  la  conformer  à  l'in- 
flexion de  la  supérieure. 

La  mâchoire  supérieure  est  coudée  de  haut  en  bas,  à 
peu  près  dans  son  milieu,  et  forme  un  angle  presque 
droit*  dont  la  branche  ascendante  se  place  au  devant  de 
la  mâchoire  inférieure;  L'angle  de  celle-ci  lui  oppose  une 
surface  aplatie  qui  descend  dans  une  direction  très-peu 
oblique,  et  fait  un  angle  obtus  semblable  au  précédent, 
avec  le  bord  alvéolaire  des  branches.  Les  deux  pièces  qui 
la  forment  ne  se  soudent  jamais  complètement  et  restent 
séparées  par  une  suture  symphysaire. 

Lô  système  dentaire  du  Dugong  est  tout  particulier. 

Quatre  incisives  superposées,  ou  deux  pour  chaque  os, 
existent  à  la  mâchoire  supérieure  chez  les  jeunes  sujets. 

L'incisive  supérieure,  dite  de  lait  ou  caduque,  est  co- 
nique à  ses  deux  extrémités  ;  le  cône  antérieur,  recouvert 
d'émail,  est  plus  arrondi  que  l'autre,  qui  se  termine  en 
pointe  assez  aiguë.  Cette  dent,  grosse  comme  une  forte 
plume  de  corbeau,  a  33  millimètres  environ  de  longueur. 

L'incisive  permanente,  arrivée  à  son  état  complet  de 
développement,  mesure  17  centimètres  de  longueur  sur 
1  à  3  centimètres  d'épaisseur;  elle  est  très -légèrement 
cannelée  et  en  tout  recouverte  d'émail. 

La  substance  éburnée  est  très-dense,  et  la  dent  casse 
facilement,  si  par  exemple  on  la  laisse  tomber  sur  un 
corps  dur. 


TRAVAUX   INEDITS.  199 

Vues  sur  nue  tête  entière,  les  deux  incisives  affectent, 
par  leur  divergence,  une  forme  triangulaire,  l'écartement, 
qui  n'est  que  de  î)  millimètres  à  la  sortie  des  alvéoles,  al- 
lant croissant  jusqu'à  l'extrémité  des  dents  où  j'ai  mesuré 
V5  millimètres  pris  en  dedans. 

Les  incisives  de  la  mâchoire  inférieure  sont  au  nom- 
bre de  huit,  quatre  pour  chaque  côté:  elles  sont  symétri- 
quement superposées  et  renfermées  dans  des  alvéoles  très- 
peu  profonds.  Ces  dents  de  forme  conique,  grosses  de 
3  à  4  millimètres  et  longues  de  15  à  20  millimètres,  ne 
prennent  jamais  plus  de  développement;  elles  ne  sont  pas 
ostensibles  du  vivant  de  l'animal,  s'absorbent  prompte- 
ment  dans  le  jeune  âge,  et  gisent,  sous  une  plaque  carti- 
lagineuse qui  existe  à  la  face  antérieure  et  tronquée  du 
maxillaire  inférieur. 

Les  molaires  ont,  dans  le  jeune  âge,  un  aspect  tubercu- 
leux qu'elles  perdent  bientôt,  s'usant  rapidement  ;  elles  ne 
présentent  plus  alors  qu'un  plan  uniforme,  bordé  d'émail 
dans  tout  son  contour.  Vient  ensuite  la  substance  éburnée 
qui  occupe  la  plus  grande  partie  de  la  dent,  au  centre  de 
laquelle  s'aperçoit  une  sorte  d'osteïde,  plus  compacte  que 
l'ivoire,  d'une  couleur  plus  foncée,  et  qui  peut  se  compa- 
rer à  la  fève  ou  cornet  des  chevaux  hors  d'âge. 

Toutes  les  molaires  sont  à  peu  près  de  même  grosseur 
et  de  même  forme  cylindrique,  sauf  la  dernière,  qui  est 
plus  grande,  plus  forte,  plus  aplatie  et  de  forme  didyme 
(voir  fig.  8). 

Elles  n'ont  jamais  qu'une  racine  ouverte,  contenant  la 
pulpe  productrice  et  ne  cessent,  en  raison  de  cette  non- 
oblitération  expliquée  dans  mon  système  dentaire,  de 
croître  tant  qu'elles  sont  nécessaires  à  l'animal. 

Dans  les  très-vieux  sujets,  l'extrémité  radiculaire  est 
tronquée  et  pleine. 

Stellkre  {Stellerus}. 
Ilytina  borealit. 
Point  de  dents  implantées,  mais  une  plaque  molaire  de 


200  REV.  ET  MAC.  DE  ZOOLOGIE.   [Mai  1856.) 

chaque  côté  des  mâchoires,  attachée  non  par  des  racines, 
mais  par  une  infinité  de  vaisseaux  et  de  nerfs  (comme  les 
dents  cornées  del'Ornithorhynque);  surface  inégale  et  creu- 
sée de  canaux  tortueux  qui  présentent  des  espèces  de 
chevrons. 

Fréd.  Cuvier,  dans  l'histoire  naturelle  des  Cétacés, 
donne,  à  la  page  48,  une  traduction  du  mémoire  de  Stel- 
ler;  nous  la  citerons  sans  retranchement. 

«  La  mastication  a  lieu  autrement  que  dans  tous  les  au- 
«  très  animaux,  non  par  des  dents  dont  ces  animaux  sont 
a  dépourvus,  mais  par  deux  os  considérables  blancs,  es- 
«  pèces  de  masses  dentaires,  dont  l'une  adhère  au  palais, 
((  et  l'autre,  opposée  à  la  précédente,  est  attachée  à  la  ma- 
te choire  inférieure. 

«  L'insertion  même  de  ces  os  est  insolite  et  ne  peut 
«  s'exprimer  par  aucun  nom.  On  ne  peut  dire  que  ce  soit 
«  une  gomphose,  car  ces  os  ne  sont  pas  implantés  dans 
«  les  maxillaires,  mais  ils  adhèrent  par  des  pores  et  des 
«  papilles  nombreuses,  correspondant  à  d'autres  papilles 
«  et  à  d'autres  pores  semblables  que  présentent  le  palais 
«  et  la  mâchoire  inférieure.  En  outre,  cet  os  dentaire  se 
«  fixe,  en  avant,  dans  la  membrane  papillaire  de  la  lèvre 
«.  supérieure  interne,  sur  les  côtés,  dans  les  stries  osseuses, 
«  en  arrière,  par  une  double  apophyse  au  palais  et  au 
a  maxillaire  inférieur,  de  manière  à  être  solidement  af- 
«  fermi. 

«  Ces  os  molaires  sont  percés,  à  leur  face  adhérente,  de 
«  beaucoup  de  petites  ouvertures,  comme  un  réseau  ou 
«  une  éponge  ;  c'est  par  là  que  pénètrent  les  artères  et  les 
«  nerfs,  comme  dans  les  dents  des  autres  animaux.  La 
«  face  libre  est  lisse,  et  marquée  de  beaucoup  de  sillons 
((  tortueux,  ondulés,  séparés  par  autant  d'éminences,  les- 
«  quelles  sont  reçues  dans  les  sillons  de  la  dent  opposée, 
«  de  manière  que,  dans  la  mastication,  les  fucus  sont 
«  broyés  comme  par  une  meule.  » 

Nous  citerons  encore  textuellement  le  passage  ci-après, 
extrait  du  Bulletin  scientifique,  publié  par  l'Académie 


TRAVAUX   INÉDITS.  201 

impériale  de  Saint-Pétersbourg  et  rédigé  par  le  secrétaire 
perpétuel  de  cette  Académie,  à  la  page  355  du  tome  Ier 
pour  1838.  Son  auteur,  M.  Van  K.  E.  V.  Raer  s'exprime 
ainsi  : 

«  Enfin  M.  l'amiral  Wranger,  dernier  gouverneur  de 
«  nos  colonies,  après  y  avoir  résidé  six  ans,  et  M.  Khleb- 
«  nokor,  qui  les  habita  trente  ans,  m'ont  assuré  que,  d'a- 
«  près  les  demandes  de  mon  collègue  Brandt  et  de  moi, 
<(  ils  avaient  fait  tous  leurs  efforts  pour  obtenir  des  ren- 
te seignements  sur  l'animal  perdu,  sans  y  réussir. 

«  Dès  à  présent,  nul  doute  que  l'espèce  soit  anéantie. 
«  On  voit,  par  cette  esquisse  historique,  que  la  Rytina  n'a 
«  subsisté  que  vingt-sept  ans,  à  dater  de  l'époque  où  les 
«  Européens  en  firent  la  connaissance.  Steller,  par  la 
«  description  qu'il  en  a  donnée  et  qu'on  vient  de  tra- 
ce duire  en  français  après  un  siècle  entier,  s'est  érigé  un 
«  monument  d'autant  plus  durable  que  personne  ne  peut 
«  vérifier  ni  poursuivre  ses  observations.  C'est  lui  aussi 
«  qui,  sans  le  vouloir,  a  contribué  à  la  destruction  de  Tes- 
te pèce,  en  excitant  l'avidité  des  aventuriers. 

«  Il  ne  reste,  pour  seule  preuve  de  l'existence  de  la  Ry- 
«  tina,  que  la  description  de  ce  naturaliste,  une  figure 
«  assez  défectueuse  laissée  par  Pallas  et  publiée  dans  les 
<(  Icônes  ad  zoograph.,  fasc.  II,  et  une  plaque  dentaire  qui 
«  fait  partie  de  la  collection  académique.  M.  Brandt  a 
«  donné  une  description  très-détaillée  de  cette  plaque 
«  dentaire  dans  nos  mémoires.  » 

Il  résulterait  des  observations  de  M.  Brandt,  qui  se 
trouvait  à  portée  d'étudier  de  nouveau  les  dents  du  Stellère 
conservées  dans  les  collections  de  l'Académie  des  sciences 
de  Saint-Pétersbourg,  que  ces  dents  sont  entièrement  de 
nature  cornée,  qu'elles  se  composent  des  fibres,  aggluti- 
nées les  unes  aux  autres,  qui  rappellent  tout  cà  fait  celles 
qui  forment  les  fanons  de  Baleine,  et  que  ces  fibres,  vues 
au  microscope,  présentent  des  tubes,  comme  le  font  la  plu- 
part des  poils.  Cette  nature  cornée  des  dents  du  Slellère, 


202  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Mai  1856.) 

qui  semblait  devoir  conduire  M.  Brandt  à  les  considérer 
comme  étrangères  au  système  dentaire  et  analogues  aux 
poils,  ne  l'a  cependant  pas  empêché  d'adopter  l'idée  que 
chaque  maxillaire  est  garni  d'une  semblable  dent. 

N'ayant  pas  été  à  même  de  voir  un  fragment  de  Stellère, 
j'ai  dû  me  borner  à  rapporter  ce  que  les  différents  auteurs 
ont  dit  sur  cet  animal,  qui  ne  se  trouve  pas  dans  nos  col- 
lections et  qui  paraît  perdu  pour  la  science. 

CÉTACÉS  PISCIVORES. 

LES   DAUPHINS. 

Se  distinguent  des  précédentes  par  l'appareil  singulier 
qui  leur  a  valu  le  nom  commun  de  Souffleurs. 

Les  Dauphins  constituent,  dans  l'ordre  des  Cétacés,  un 
groupe  naturel. 

Ils  ont  des  dents  aux  deux  mâchoires,  et  parfois  n'en 
ont  qu'à  l'une  ou  à  l'autre  ;  toutes  affectent  la  même  forme  : 
elles  sont  coniques  et  un  peu  crochues.  Lorsque  la  série 
est  nombreuse,  les  dents  antérieures  et  postérieures  sont 
plus  petites  que  celles  du  milieu.  Aucunes  n'ont  de  racines 
multiples;  la  pulpe  qui  remplit  la  dent  par  l'ouverture 
libre  qui  existe  à  sa  base  ne  détermine  cependant  pas  sa 
croissance  constante,  elle  finit  par  s'absorber,  et  alors  un 
autre  phénomène  se  produit.  Le  travail  de  l'ossification 
se  continue  dans  les  alvéoles,  et  comme  les  dents  ne  sont 
point  opposées  l'une  à  l'autre,  comme  aucune  force  ne  les 
maintient  à  la  place  qu'elles  occupent,  elles  en  sont  bien- 
tôt chassées  et  disparaissent  tout  à  fait. 

Ainsi  s'explique  le  nombre  très-variable  de  dents  que 
l'on  trouve  chez  les  Dauphins  d'une  même  espèce,  et  à 
plus  forte  raison  chez  ceux  d'espèces  différentes.  La  forme 
seule  des  têtes  de  ces  animaux  a,  conséquemment,  servi 
à  établir  leurs  caractères  génériques. 

Les  Dauphins  paraissent  ne  pouvoir  faire  usage  de  leurs 
dents  que  pour  saisir  et  retenir  leur  proie.  La  forme  et  les 


TRAVAUX    INKDITS.  203 

rapports  de  ces  productions  organiques  s'opposent  à  ce 
qu'elles  soient  des  instruments  de  mastication,  et  la  priva- 
lion  de  toute  glande  saiivaire  achève  de  montrer  que  ces 
animaux  n'éprouvent  point  la  nécessité  de  broyer  les  ali- 
ments et  de  les  réduire  en  pâte  avant  de  les  avaler.  En 
effet,  les  animaux  dont  ils  se  nourrissent  ont  toujours  été 
trouvés  entiers  dans  leur  estomac  lorsque  l'action  de  la 
digestion  ne  les  avait  point  encore  altérés. 

Les  seuls  genres  Dauphin  et  Marsouin  sont  formés  de 
plusieurs  espèces  bien  connues,  aussi  sont-ce  les  seuls 
qu'on  puisse  regarder  comme  à  peu  près  définitivement 
caractérisés,  non  pas  que  les  caractères  génériques  soient 
identiques  chez  toutes  les  espèces.  On  trouve  des  Dau- 
phins dont  le  museau  est  tout  d'une  venue  avec  le  crâne, 
et  qui  ne  présentent  pas  la  dépression  du  bas  du  front  qui 
caractérise  le  Dauphin  commun,  par  exemple;  et  chez  les 
Marsouins  la  sphéricité  de  la  tête  a  plusieurs  degrés,  et  il 
en  est  qui  ont  des  dents  coniques  (fig.  1)  tandis  que  d'au- 
tres les  ont  comprimées  (fig.  3).  Or  il  pourrait  arriver 
que  quelque  jour  ces  espèces  présentassent,  dans  ces  ca- 
ractères ou  dans  d'autres  qui  s'y  ajouteraient,  des  motifs 
suffisants  pour  qu'on  en  formât  des  groupes  distincts.  Ce 
sont  des  questions  qui,  avec  bien  d'autres,  sont  réservées 
aux  solutions  de  l'avenir. 

Dans  le  Dauphin  ordinaire  (  Delphinus  delphis),  les 
dents  sont  arquées,  pointues,  coniques  (fig.  1,  tiers  de 
grandeur),  et  chaque  côté  de  la  mâchoire  est  armé  de 
quarante-deux  à  quarante-sept  dents  grêles.  Ce  nombre 
paraît  varier  suivant  l'âge  ou  le  sexe. 

Dans  le  Marsouin  commun  (Delphinus  phocœna)  il  y  a, 
de  chaque  côté  de  la  mâchoire  intérieure,  de  vingt-deux 
à  vingt-sept  dents  petites  et  minces;  leur  couronne  tran- 
chante, arrondie  et  aplatie  en  forme  d'incisive  (fig.  3, 
moitié  grandeur). 

Elles  diffèrent  donc  beaucoup  de  celles  du  véritable 
Dauphin  qui  viennent  d'être  décrites.  Nous  devons,  sur  la 


20fc  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Mai  1856.) 

composition  intime  du  tissu  des  dents  du  Dauphin  ordi- 
naire, une  charmante  figure  et  une  très-bonne  description 
au  célèbre  anatomiste  A.  Retzius,  professeur,  à  Stock- 
holm. 

L'analyse  chimique  des  dents  du  Dauphin  commun 
donnée  dans  l'Odontographie  de  Richard  Owen  est  la  sui- 
vante : 

Ivoire.      Cément. 

1*  Phosphate  de  chaux  avec  une  trace  de  fluate  de 

chaux 66.37  69.42 

2°  Carbonate  de  chaux 1.84  1.79 

3°  Phosphate  de  magnésie 1.36  1.47 

4°  Sels.    .     .* 0.99  0.93 

5°  Chondrine 28.62  25.73 

6*  Graisse 0.82  0.66 

100.00    100.00 

Dauphin  du  Gange  (Delph.  gangeticus). 

La  tête  de  ce  Dauphin  est  arrondie  et  terminée  par  un 
bec  très-effilé;  ses  dents,  coniques  et  pointues,  comme 
celles  de  tous  les  Dauphins,  ne  se  font  remarquer  que  par 
le  grand  élargissement  et  la  forme  irrégulière  de  leurs  ra- 
cines, dont  quelques-unes  sont,  de  plus,  fort  aplaties  sur 
les  côtés  (fig.  2,  un  peu  moins  de  moitié  de  grandeur  na- 
turelle). On  compte  cent  vingt  dents  quand  elles  sont  au 
grand  complet,  c'est-à-dire  trente  pour  chaque  coté  des 
mâchoires. 

Delphinaptères. 

Les  Delphinaptères  diffèrent  des  Marsouins  seulement 
en  ce  qu'ils  n'ont  pas  de  nageoire  dorsale;  la  tête  est  ob- 
tuse, le  museau  court  et  conique  ou  terminé  en  bec  al- 
longé ;  le  nombre  des  dents  est  très-variable. 

Le  Delphinaptère  Béluga  (Delph.  Leucas)  a  trente-quatre 
dents,  dix-huit  supérieures  et  seize  inférieures  ;  ces  dents, 
comme  toutes  les  autres,  ont  la  forme  de  cônes,  mais  le 


TRAVAUX   INÉDITS.  205 

plus  souvent  elles  sont  obtuses,  sans  doute  par  l'effet  de 
l'usure. 

Parfois  la  mâchoire  supérieure  offre  pour  l'un  de  ses 
côtés  neuf  dents  épaisses  et  arrondies,  tandis  qu'il  n'en 
existe  que  six  à  chaque  côté  de  la  mâchoire  inférieure. 

Les  dents  supérieures  sont  petites,  émoussées  à  leur 
sommet ,  éloignées  les  unes  des  autres ,  inégales ,  et  d'au- 
tant plus  courtes  qu'elles  sont  plus  près  du  museau. 

Les  inférieures  sont  un  peu  moins  obtuses  et  légère- 
ment recourbées. 

Les  dents  supérieures  tombent  d'assez  bonne  heure ,  et 
voilà  pourquoi  certains  auteurs  ont  considéré  le  Béluga 
comme  un  petit  Cachalot  blanc. 

Le  Senedctte  (Delph.  Senedetta),  comme  le  Béluga, 
compte  à  la  mâchoire  supérieure  dix-huit  dents  aiguës  et 
seize  à  la  mâchoire  inférieure. 

Les  Hypéroodons. 

La  tête  de  l'Hypéroodon  sort  tout  à  fait  des  formes  pro- 
pres au  genre  Dauphin  et  mériterait  de  faire  placer  l'ani- 
mal dans  un  genre  particulier. 

Les  maxillaires,  pointus  en  avant,  élargis  vers  la  base 
du  museau,  élèvent  de  chacune  de  leurs  bords  latéraux  une 
grande  crête  verticale,  arrondie  dans  le  haut,  descendant 
obliquement  en  avant  et  plus  rapidement  en  arrière,  où 
elle  retombe  à  peu  près  au-dessus  de  l'apophyse  post-or- 
bitaire.  Plus  en  arrière  encore,  ce  maxillaire,  continuant 
de  couvrir  le  frontal,  remonte  verticalement  avec  lui  et 
avec  l'occipital,  pour  former  à  l'arrière  de  la  tête  une  crête 
occipitale  transverse,  très-élevée  et  très-épaisse.  En  sorte 
que  sur  la  tête  de  cet  animal  il  y  a  trois  de  ces  grandes 
crêtes  :  la  crête  occipitale  en  arrière,  et  les  deux  crêtes 
maxillaires  sur  les  côtés,  qui  sont  séparées  de  la  première 
par  une  large  et  profonde  échancrure.  Elles  le  sont  l'une 
de  l'autre  par  toute  la  largeur  de  la  tète,  car  elles  ne  se 
rapprochent  point  au-dessus  et  ne  forment  point  de  voûte 


20G  KEV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Mai  1856.) 

comme  dans  le  Dauphin  du  Gange,  mais  simplement  des 
espèces  de  murs  latéraux. 

Les  intermaxillaires,  placés  comme  à  l'ordinaire,  remon- 
tent avec  les  maxillaires  jusqu'aux  narines,  et  passent  à 
côté  d'elles,  s'élèvent  au-dessus,  de  sorte  qu'ils  prennent 
aussi  part  à  la  formation  de  la  crête  postérieure  élevée  sur 
l'occiput.  Les  deux  os  du  nez,  fort  inégaux,  ainsi  que  les 
narines,  sont  placés  à  la  face  antérieure  de  cette  crête  oc- 
cipitale et  s'élèvent  jusqu'à  son  sommet. 

Du  reste,  les  connexions  des  os  sont  à  peu  près  les 
mêmes  que  dans  les  Dauphins. 

En  dessous,  le  palais  est  un  peu  en  carène,  ce  qui  pour- 
rait indiquer  un  rapprochement  avec  les  Baleines.  Le  pa- 
lais est  garni  de  petites  pointes  dures  et  aiguës  de  plus  de 
2  millimètres  d'élévation  ;  ce  sont  ces  pointes  ou  tuber- 
cules qui  ont  servi  au  célèbre  Lacépède  pour  caractériser 
génériquement  cette  espèce  sous  le  nom  d'Hypéroodon. 

Les  deux  branches  qui  composent  la  mâchoire  infé- 
rieure ont  peu  d'ouverture,  et  se  réunissent  par  une  très- 
grande  surface. 

Il  y  a  deux  trous  mentonniers,  le  canal  dentaire  est  fort 
ample;  il  n'y  a  qu'un  rudiment  d'apophyse  coronoïde. 

Des  dents  coniques  et  pointues,  au  nombre  de  deux  et 
peut-être  plus,  se  voient  à  l'extrémité  de  la  mâchoire 
inférieure.  Ghemnitz,  qui  a  décrit  plusieurs  Cétacés,  n'a 
trouvé  qu'une  des  deux  dents  de  la  mâchoire  inférieure. 

Le  Narval  (Monodon  Monoceros). 

Assez  semblable,  pour  la  forme  et  la  structure,  au  Glo- 
biceps,  au  Béluga,  le  Narval  est  aux  Dauphins  à  peu  près 
ce  que  sont  les  Dugongs  aux  Lamantins. 

Il  en  diffère  en  ce  qu'il  est  privé  de  mâchelières  et  ré- 
duit à  deux  défenses  dirigées  en  avant  et  implantées  pa- 
rallèlement l'une  à  l'autre  dans  des  alvéoles  particuliers 
communs  au  maxillaire  et  à  l'intermaxillaire. 


TRAVAUX    INÉDITS.  ^   207 

Ces  dents,  qui  servent  à  l'animal  d'arme  offensive  ou  dé- 
fensive, étant  complètement  étrangères  aux  fonctions  dt 
la  mastication  cl  de  la  nutrition,  ne  doivent  sans  doute 
pas  occuper,  dans  l'ordre  de  la  dépendance  des  organes, 
un  rang  aussi  élevé  que  les  dents  des  autres  mammifères. 
Quoi  qu'il  en  soit,  ces  armes  très-puissantes  sont  des  cô- 
nes souvent  de  plus  de  2  mètres  de  long,  sillonnés  en  spi- 
rale de  droite  à  gauche. 

Il  est  extrêmement  rare  de  voir  les  deux  dents  du  Nar- 
val se  développer  à  la  fois;  une  seule,  ordinairement, 
prend  toute  sa  croissance,  et  la  capsule  productrice,  qui 
pénètre  jusqu'à  son  extrémité,  est  toujours  libre  à  sa  base. 
L'autre  défense  reste  à  l'état  rudimentaire,  parce  que  la 
capsule,  s'oblitérant  petit  à  petit,  est  détruite  bientôt  après 
la  naissance  de  l'animal  ;  aussi  voit-on  cette  défense  dé- 
croître graduellement  dans  son  alvéole,  à  mesure  que  la 
capsule  décroît  elle-même,  et  se  terminer  en  pointe. 

L'alvéole  qui  se  ferme  à  son  orifice  ne  contient  plus 
alors  qu'une  baguette  dentaire  avortée,  qui  n'est  plus  con- 
tournée en  vis,  et  dont  le  n°  5  de  notre  planche  donne 
au  sixième  de  son  développement  la  figure  prise  sur  un 
exemple  que  j'ai  pu  me  procurer.  La  torsion  et  l'ouver- 
ture radiculaire  de  cette  dent  avortée  sont  représentées 
sous  le  n°  6  de  notre  planche. 

Il  y  a  des  collections  qui  possèdent  des  têtes  de  Narvals 
avec  les  deux  défenses  entières  et  d'une  longueur  de  plus 
de  2  mètres,  mais  ces  exemples  sont  très-rares,  et  le  Mu- 
séum de  Paris,  quoique  très-riche  en  ostéologie,  n'en  a  pas 
de  semblables. 

C'est  le  maxillaire  gauche  qui  est  le  plus  ordinairement 
pourvu  de  la  défense,  tandis  qu'elle  avorte  au  côté  droit. 

Le  tissu  de  la  défense  de  Narval  se  rapproche  beaucoup 
de  celui  de  l'ivoire;  il  est  relativement  plus  compacte,  plus 
pesant  et  susceptible  d'un  plus  beau  poli.  On  y  rencontre, 
parfois,  des  osselets  dentaires  d'une  densité  plus  grande 
encore  que  celle  de  la  dent  même. 


208  REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  (Mai  1856.) 

La  mâchoire  inférieure,  semblable  à  celle  du  Dauphin, 
en  diffère  seulement  par  l'absence  totale  de  bord  alvéo- 
laire et,  conséquemment,  par  la  privation  absolue  desdents. 
(La  suite  au  prochain  numéro.) 


Catalogue  des  perroquets  de  la  collection  du  prince 
Masséna  d'Essling,  duc  de  Rivoli,  et  observations  sur 
quelques  espèces  nouvelles  ou  peu  connues  de  Psit- 
tacidés;  par  M.  Charles  de  Souancé.  (Voir  1856,  p.  56 

et  152.) 

113.  Palœornis  Calthrapœ,  Layard,  Journ.  as.  Soc. 
Beng.  1849,  800;  Palœornis  Calthrapœ,  Blyth,  Journ.  as. 
soc.  Beng.  1850,  234;  Palœornis  Gironieri,  V err.  Rev. 
zool.  1853,  195;  Palœornis  Calthrapœ,  Layard,  Ann.  and 
mag.  nat.  hist.  1854,  263.  Front  et  collier  vert  éme- 
raude  ;  parties  inférieures  du  corps,  couvertures  supé- 
rieures et  inférieures  de  l'aile  ainsi  [que  les  scapulaires 
d'un  vert  tendre  ;  épaules  et  croupion  d'un  bleu  violet 
nuancé  de  gris ,  rectrices  en  dessus  bleu  violet  intense. 
Ceylan. 

114.  Belurus  malaccensis  (Gmel.);  Psittacus  barbatu- 
latus ,  Bechst.;  Conurus  erythrogenys  ,  Less.  Tr.  d'orn.    * 

115.  Belurus  pondicerianus  (Gmel.)  ;  Palœornis  bor- 
neusy  Wagl.;  Palœornis  melanorhynchus,  Wagl.;  Palœornis 
Derbyanus,  Fras.  Proc.  zool.  soc.  1850,  245,  pi.  25. 
Après  de  nombreuses  hésitations  nous  avons  été  amené  à 
adopter  l'opinion  émise  par  M.  Blyth,  qui  pense  que  sous 
trois  ou  quatre  noms  différents  on  a  décrit  des  variétés 
d'âge  ou  de  sexe  d'une  seule  et  même  espèce.  Mais  nous 
n'avons  pu  partager  sa  manière  de  voir  sur  le  B.  modestus 
et  sur  le  B.  barbatus,  que  nous  considérons  comme  bien 
caractérisés.  Nous  croyons  donc  faire  une  chose  utile  en 
donnant  ici  les  autres  espèces  du  groupe  avec  quelques 
synonymes  et  une  courte  description. 


TRAVAUX     JNKDITS.  209 

Belurus  barratus  (Gmel.)  ;  Palœornis  barbatus,  Wagl. 
Palœornis  erylhrogenys,  Blyth?  Palœornis  erythrogenys, 
Fras.  Proc.  zool.  soc.  1850,  245,  pi.  26?  Palœornis  Lu- 
ciani y  Verr.  Hev.  zool.  1850,  pi.  13?  D'une  taille  plus 
forte  que  le  B.  malaccensis ,  cet  oiseau  a  les  lorums  et  les 
joues  rouge  foncé  ;  cette  teinte  ne  s'étend  pas  sur  le  der- 
rière du  cou,  qui  est  rose  pourpré  ou  jaune  paille  ou  blan- 
châtre ;  la  queue  n'est  bleue  que  dans  sa  moitié  apicale. 
Nous  ne  le  connaissons  que  par  les  descriptions  et  les 
figures,  et  ce  n'est  qu'avec  doute  que  nous  avons  rassemblé 
tous  ces  synonymes.  M.  Blyth,  le  seul  qui  indique  sa 
patrie,  dit  qu'il  habite  les  îles  Nicobar,  ce  qui  explique 
parfaitement  la  rareté  de  ce  perroquet  dans  nos  collec- 
tions. 

Le  Belurus  caniceps  (Blyth),  habite  aussi  les  îles  Ni- 
cobar; il  est  d'une  beaucoup  plus  forte  taille  que  le  B. 
pondiccrianits,  avec  lequel  il  paraît  avoir  une  grande  res- 
semblance. 

Le  Belurus  modestus  (Fras.  zool.  typ.)  dontles  collection  s 
du  Muséum  renferment  deux  beaux  individus  rapportés 
de  Chine  (?)  par  M.  de  Montigny.  Front  vert,  sommet  de 
la  tète  marron,  joues  couleur  de  chair;  le  bec  rougeàtre 
à  la  base,  noir  à  l'extrémité,  semblerait  indiquer  un  jeune 
oiseau.  Bemarquons,  en  passant,  la  coloration  brune  du 
sommet  de  la  tête,  ce  qui  exclut  toute  idée  de  réunion 
avec  le  B.  pondicerianus. 

110.  Tanygnathus  macrorhynchus  (Linn.).  Bec  énor- 
me, rouge;  couvertures  supérieures  des  ailes  variées  de 
noir  et  de  jaune;  les  plumes  du  haut  du  dos  bordées  de 
bleu  clair;  nuque  et  épaules  bleu  turquoise.  L.  T.  42  cent.; 
aile  24  cent.  Nouvelle-Guinée. 

117.  Tanygnatiius  marginatus  (Gmel.).  Bec  rouge; 
occiput  et  croupion  bleu  céleste;  couvertures  supérieures 
des  ailes  largement  bordées  de  jaune  d'or.  L.T.  35  cent.; 
aile  19  cent.  Philippines. 

118.  Tanygnathus  Mulleri  (Temm.) .  Bec  rouge;  plu- 
2e  série,  t.  vm.  Année  185G.  14 


210  REV.  ET  MAC  DE  zoologie.  [Mai  1856.) 

mage  vert,  énieraude  sur  la  tête,  jaunâtre  entre  les  épaules 
et  sur  les  parties  inférieures,  plus  foncé  sur  les  ailes  et  la 
queue;  les  plumes  des  épaules  largement  bordées  de  bleu 
vif  ;  les  couvertures  des  ailes  finement  marginées  de  vert 
jaunâtre  ;  le  croupion  bleu  tendre  ;  les  rectrices,  terminées 
de  vert  jaunâtre,  sont  jaunes  en  dessous  comme  dans 
les  espèces  précédentes.  L.  T.  38  cent.  ;  aile  21  cent. 
Gélèbes. 

119.  Tanygnathls  sumatranus  (Kuffles),  Linn.  Trans. 
XIII,  281  ;  Blyth,  Journ.  as.  Soc.  Beng.  1850,  235.  La  tête 
est  d'un  vert  nuancé  de  bleu,  principalement  sur  le  front 
et  les  joues;  la  nuque  et  la  poitrine  vert  jaunâtre; 
l'abdomen  de  la  même  couleur,  mais  avec  une  légère 
teinte  bleue  ;  les  plumes  des  épaules  et  du  haut  du  dos 
vertes,  largement  bordées  de  bleu  ;  les  plumes  des  ailes  vert- 
pré  avec  un  liséré  vert  jaunâtre  ;  le  croupion  bleu  turquoise  ; 
les  rectrices  en  dessus  vert-pré  avec  l'extrémité  jaunâ- 
tre, en  dessous  jaune  doré;  bec  couleur  de  chair  sur  le 
vivant,  blanc  sur  l'empaillé;  pieds  bruns.  L.  T.  36'cent.  ; 
aile  22  cent.  —  M.  Blyth,  dans  le  Journal  de  la  Société 
asiatique  du  Bengale,  dit  que  la  femelle  a  le  bec  couleur 
de  chair,  le  mâle,  au  contraire,  l'aurait  rouge  comme  dans 
les  autres  espèces  ;  au  reste,  il  est  facile  de  le  distinguer, 
car,  seul  avec  le  T.  rnacrorhynchus,  il  a  les  plumes  de  la 
partie  supérieure  du  dos  écaillées  de  bleu. 

120.  PsirriNus  malaccensis  (Latk.). 

Ici  vient  se  placer  le  magnifique  oiseau  appelé  par 
M.  tiray  Coracopsis pcrsonata  ;  l'individu  unique,  je  crois, 
qui  a  servi  de  type  à  la  description  et  à  la  figure  des  Pro- 
ceedings  de  la  Société  zoologique  de  Londres,  se  trouve 
aujourd'hui  dans  la  collection  du  jardin  zoologique  d'An- 
vers qui  l'avait  acheté  vivant  après  la  mort  de  lord  Derby. 

121.  Aprosmictus  erythropterus  (Lath.).  Plalycercus 
[Psittacus)  mclnnoiusy  Less.  Descr.  de  mamm.  et  d'ois. 
1850,  184.  xUistralie.  Il  ne  faut  pas  confondre  avec  la  fe- 
melle   de  cette  espèce    rAprotmidus   imlncratm,  Wagl. 


TRAVAUX     INKD1TS.  211 

(Quoy  et  Gaimard,  Voy.  de  l'Uranie,  pi.  27),  de  Timor,  qui 
s'en  distingue  seulement  par  les  plumes  du  dos  qui  sont 
bordées  de  bleu. 

122.  Aprosmictus  scapulatus  (Bechst).  Australie. 
Depuis  que  le  prince  Ch.  Bonaparte  a  publié  dans  la 

Revue  zoologique  son  Conspcctus  psittacorum ,  nous  avons 
eu  connaissance  de  deux  nouvelles  espèces  décrites  par 
M.  Peale,  naturaliste  attaché  à  l'expédition  mêricaine  qui, 
en  même  temps  que  celles  envoyées  par  la  France  et 
l'Angleterre  sous  les  ordres  de  MM.  d'Urville  et  Ross, 
découvrait  des  terres  nouvelles  au  milieu  de  l'Océan  du 
pôle  sud.  Ces  deux  espèces  viennent  de  l'archipel  Viti,  et 
elles  sont  remarquables  par  l'éclat  de  leur  plumage.  Ce 
sont  Y  Aprosmictus  splendens,  Peale,  United-States  exyl. 
Exp.f  VIII,  127,  pi.  34,  f.  1,2,  et  l' Aprosmictus  atrogularis, 
Peale,  pi.  35. 

123.  PURI>UREICEPIÎALUS  PILEATU5  (VigOrs). 

124.  Barnardius  typicus,  Bp.  Psittacm  Barnadi,  auel. 

125.  Barnardius  zonarius  (Shaw).  Platycercus  JSaueri, 
Gould. 

1 26.  Barnardius  semuorquatus  (Quoy  et  Gaim.) ,  Platy- 
cercus zonariuSy  Gould. 

127.  Platycercus  Pennantii  (Lath.). 

128.  Platycercus  adelaidi^e,  Gould.  Très-voisin  du 
Platycerque  de  Pennant,  le  Platycerque  d'Adélaïde  s'en 
éloigne  par  les  parties  rouges  de  son  plumage,  qui  ont 
une  nuance  jaunâtre  et  ne  sont  jamais  aussi  franchement 
colorées.  Dans  les  individus  très-adultes,  le  rouge  orangé 
qui  borde  les  plumes  du  dos  s'affaiblit  tellement,  qu'il 
devient  jaune  pâle  et  que  les  tons  rouges  disparaissent 
presque  totalement.  M.  Gould,  dans  son  ouvrage  sur  les 
Oiseaux  d'Australie,  en  figure  un  qui  se  rapproche  beau- 
coup du  Platycercus  jlaveolus,  ne  conservant  de  rouge  que 
sur  le  milieu  de  la  poitrine  et  de  l'abdomen. 

129.  Platycercus  flaveolus,  Gould. 

130.  Platycercus  palliceps,  Vig.  Var.  Le  dos  est  près- 


212  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  [Mai  1856.) 

que  entièrement  jaune  citron,  cinq  ou  six  plumes  seule- 
ment ayant  conservé  du  noir  dans  leur  centre;  les  parties 
inférieures  sont  jaune  paille,  faiblement  nuancé  de  bleu 
pâle  entre  les  cuisses  et  sur  les  flancs. 

131.  Platycercus  eximius  (Shaw). 

132.  Platycercus  icterotis  (Temm.). 

133.  Platycercus  caledonicus  (Gmel.). 

134.  Barrabandius  rosaceus  (Vig.). 

135.  Barrabandius  melanurus  (Vig.). 

136.  GYANORAMPHUsPACiFicus(Forst.);  Conurusphaeton, 
Desmurs.  Rev.  zool.  1845,  449;  Platycercus  phaeton, 
Desmurs,  Icon.  Orn.  pi.  16.  Vert  olivâtre  en  dessus, 
grisâtre  en  dessous;  front  noit  velouté  ;  lorums,  plumes 
auriculaires  et  croupion  rouge  brun  ;  rémiges  bleues  ;  rec- 
trices  vert  glauque  en  dessus,  grises  en  dessous  ;  mandi- 
bule supérieure  plombée;  pieds  noirs.  L.  T.  27  cent.; 
aile  16  cent.  Habitat  Taïti. 

137.  Cyanoramphus  Novjs-Zelandle  (Sparrm.).  Mus. 
Caris,  pi.  28;  Psittacus  paci ficus,  auct.  Vert-pré  en  dessus 
et  en  dessous  ;  le  front  et  le  sommet  de  la  tête,  les  plumes 
auriculaires  et  une  tache  de  chaque  côté  du  croupion 
rouge  écarlate  ;  les  rémiges  extérieurement  bleu  d'outre- 
mer ;  les  ailes  en  dessous  gris  noirâtre,  traversées  par  une 
bande  jaune  paille  dans  leur  milieu  ;  les  rectrices  vertes 
en  dessus,  gris  verdâtre  en  dessous.  L.  T.  28  cent.  ; 
aile  14  cent.  Nouvelle-Zélande. 

Il  faut  mentionner  ici  deux  individus  qui  se  trouvent, 
l'un,  dans  la  collection  Masséna,  et  l'autre  dans  le  Musée 
de  Paris  ;  ils  ne  diffèrent  de  l'oiseau  de  la  Nouvelle-Zé- 
lande que  par  une  taille  moindre  et  un  bec  infiniment 
plus  petit,  toute  proportion  gardée  ;  la  tache  rouge  des 
plumes  auriculaires  est  aussi  moins  allongée.  L.  T. 
23  cent.;  aile  12.  cent.  Iles  Auckland. 

Un  autre  individu  du  Musée  de  Paris,  indiqué  comme 
de  la  Nouvelle-Guinée  (?),  se  sépare  du  vrai  C.  Novœ-Ze- 


TRAVAUX  INÉDITS.  213 

landiœ  par  l'absence  de  la  bande  jaune  qui  traverse  en 
dessous  le  milieu  de  l'aile. 

138.  Cyanoramphus  erythrotis  (Wagl.)  ;  Platycercus 
paci ficus,  Vig.  zool.  journ.  1825,  pi.  suppl.  1  ;  Platycercus 
paci ficus,  Bourj.  Perr.,  pi.  36.  Semblable  au  C.  Novœ-Ze~ 
landiœ,  mais  d'un  vert  plus  jaunâtre,  et  les  rémiges  rous- 
satres  à  leur  extrémité,  ainsi  que  le  fait  voir  la  figure  de 
M.  Bourjot.  L.  T.  32  cent.  ;  aile  16  cent.  Iles  Macquarie. 

139.  Gyanoramphus  auriceps  (Kuhl.).  Nouvelle-Zé- 
lande. 

Ici  se  termine  la  liste  des  espèces  de  ce  petit  groupe  que 
possède  la  collection  Masséna,  et  le  muséum  d'histoire  na- 
turelle de  Paris  n'en  compte  pas  un  plus  grand  nombre.  En 
considérant  l'habitat  du  genre  Cyanoramphus,  nous  voyons 
que  les  oiseaux  qui  le  composent  vivent  dans  une  grande 
partie  des  archipels  froids  au  sud  de  la  Nouvelle-Zélande. 
Ils  diffèrent  très-peu,  mais  nous  offrent  cependant  quel- 
ques légères  modifications  dans  leur  taille  ou  leur  plu- 
mage ,  modifications  assez  peu  sensibles  pour  qu'on  les 
ait  souvent  confondus  en  une  seule  et  même  espèce.  Une 
dernière  observation  nous  reste  à  faire  sur  une  des  deux 
espèces  qui  manquent  aux  deux  collections  que  nous 
avons  pu  examiner  [C.  ulietanus,  Lath.;  C.  unicolor,  Vig.). 
M.  Bourjot,  dans  son  ouvrage,  dit,  après  avoir  vu  le  type 
du  C.  unicolor  à  Londres,  que  cet  oiseau  est  d'un  vert 
cuivreux  et  qu'un  bandeau  pourpre  foncé  s'étend  de  la 
base  du  bec  jusqu'au  derrière  de  l'oreille.  Cette  descrip- 
tion ne  concorde  nullement  en  cela  avec  celle  de  Vigors  ni 
avec  la  figure  de  Lear.  Serait-ce  un  jeune  C.  pacificus  Y 

140.  Psephotus  mlxticolor  (Brown). 

141.  Psephotus  pulcherrimus,  Gould. 

142.  Psephotus  hoematonotus  ,  Gould. 

143.  Psephotus  hoematog aster,  Gould. 

144.  Nymphicus  nov.«-hollandijE  (Gmel.). 

145.  Euphema  pulchella  (Shaw).  M.  Gould,  dans  son 
ouvrage  sur  les  Oiseaux  d'Australie,  «lit  que  le  mâle  et  la 


â!4        rev.  et  Mag.  de  hoologik.  [Mai  1856.) 

femelle  sont  entièrement  semblables.  Mais  nous  avons  pu 
nous  assurer  que  la  femelle  diffère  du  mâle  par  l'absence 
de  la  tache  rouge  des  ailes',  par  le  bleu  de  ta  face  beau- 
coup plus  pâle,  et  par  le  dessous  du  corps  vert  jaunâtre 
au  lieu  d'être  jaune  (le  Vaill.,  pi.  68). 

146.  ElJPHEMA  CHRYSOSTOMA  (Kuhl.). 

147.  EïJPHEMA  ELEGANS,  Gould. 

148.  Euphema  chrysogastra  (Lath.  Ind.  97).  Orange 
beiliedParroi,  Lath.,  Syn.  suppl.  i,  62;  Euphema  aurantia, 
Gould.  Impossible  de  méconnaître  cet  oiseau,  qui  se  dis- 
tingue d'une  manière  si  tranchée  de  ses  congénères  par 
la  tache  orangée  de  son  abdomen. 

149.  ElPHEMA  PETROPHILA,  Gould. 

150.  Euphema  splendida,  Gould. 

151.  Melopsittacus  undulatus  (Shaw).  La  perruche 
ondulée  est  certainement  un  des  plus  jolis  oiseaux  d'agré- 
ment que  nous  puissions  conserver  dans  nos  volières.  Son 
plumage  est  d'une  nuance  si  tendre,  son  chant,  quoique 
faible,  est  si  doux,  ses  mœurs  sont  si  curieuses  à  étudier, 
enfin  ce  gracieux  oiseau  se  reproduit  avec  une  telle  faci- 
lité, que  probablement,  dans  un  temps  peu  éloigné,  il  sera, 
comme  le  serin,  l'hôte  habituel  de  nos  demeures.  Un  fait 
assez  intéressant  que  l'étude  de  ces  oiseaux  nous  a  fait 
connaître,  c'est  que  dans  la  tribu  des  Platycercinés  les 
Perroquets  sont  doués  d'une  voix  agréable,  que  quelques- 
uns  même,  comme  le  Nymphints  Novœ-Hollandiœ,  s'élè- 
vent, par  la  mélodie  de  leur  chant,  au  rang  le  plus  dis- 
tingué parmi  les  oiseaux  qui  charment  nos  oreilles.  La 
Perruche  de  Pennant  a  un  sifflement  doux,  sorte  de  chant 
d'appel  qui,  quoique  peu  varié,  ne  manque  pas  d'agré- 
ment. En  un  mot,  cette  famille  semble  faire  une  excep- 
tion à  la  mauvaise  réputation  des  Perroquets  comme  oi- 
seaux tapageurs  et  à  voix  discordante. 

Le  mâle  diffère  de  la  femelle  par  la  cire  du  bec,  qui  est 
bleue  chez  lui,  tandis  qu'elle  est  blanche  chez  sa  com- 
pagne ("' est  à  celle-ci  que  sont  dévolus  les  travaux  néces- 


TRAVAUX    INÉDITS.  215 

sa  ires  pour  creuser  un  tronc  d'arbre,  et  le  rendre  propre 
à  l'aire  un  asile  où  elle  puisse  vaquer  aux  soins  de  la  ma- 
ternité. Seule  elle  travaille;  son  mâle,  perché  sur  une 
branche  voisine,  l'encourage  en  lui  sifflant  ses  plus  jolis 
airs  ;  mais,  lorsque  l'incubation  est  commencée,  il  prend 
sa  part  des  fatigues,  il  vient  la  visiter,  l'encourager  et  lui 
donner  à  manger  ;  lorsque  les  petits  sont  éclos,  c'est  en- 
core lui  qui  prend  le  soin  de  toute  la  petite  famille;  on  le 
voit  sans  cesse  occupé  à  dégorger  de  la  nourriture  dans 
le  bec  de  la  mère,  qui  à  son  tour  en  fait  une  distribution 
équitable.  Cinquante  jours  après  la  ponte  du  premier  œuf 
a  lieu  la  sortie  d'un  jeune,  et  les  autres  quittent  ensuite  le 
nid  à  un  ou  deux  jours  d'intervalle.  Pendant  quelque 
temps  encore  le  père  prend  soin  des  jeunes  oiseaux,  puis 
il  les  abandonne  pour  se  livrer  à  l'éducation  d'une  nou- 
velle famille.  Les  jeunes,  au  sortir  du  nid,  ne  diffèrent 
des  parents  que  par  l'absence  du  jaune  sur  le  front, 
qui  est  rayé  comme  le  sommet  de  la  tête.  Ces  oiseaux 
sont  d'une  très-grande  fécondité  :  j'ai  vu  une  paire  faire 
quatre  pontes  consécutives,  et  élever  les  petits,  dont 
le  nombre  varie  de  deux  à  six  par  couvée.  La  Perruche 
ondulée  n'est  pas  la  seule  espèce  de  perroquet  qui  repro- 
duise dans  les  volières.  Depuis  quelques  années  nous 
avons  vu  les  Nympkicus  Novœ  -  HoUandiœ  ,  Palœornh 
cyanoccphalus ,  Euphema  pulchella  ,  Euphcma  eleqins , 
Platycereus  eœimius,  les  Aras  et  diverses  espèces  d'Aras 
élever  leur  famille  en  captivité. 

152.  Pezopoius  formosus  (Lath.). 

153.  PsiTTAcrs  HKvniAcus,  Linn.  Sénégal. 

15r.  Psittacis  Timneh,  Fras.  Le  Vaill.  Perr.,  pi.  102, 
du  (iabon.  Cette  espèce  nous  paraît  bien  distincte  <lu 
P.  crythacus.  Son  plumage  est  partout  d'une  teinte  plus 
foncée;  ses  lectrices,  brun  chocolat,  sont  plus  aiguës  ;  enfin 
le  bec  n'est  pas  entièrement  noir,  il  est,  sur  son  culmen, 
couleur  de  corne  claire;  sa  taille  aussi  est  moindre.  Depuis 
quelques  années  cette  espèce  nous  arrive  fréquemment 


210  REV.  ET  MAG.  DE   ZOOLOGIE.    [Mat  1856.) 

vivante;  j'en  ai  conservé  pendant  trois  ou  quatre  ans  sans 
Yoir  aucun  changement  dans  le  plumage. 

155.  Poeocephalus  Levaillantii  (Lath.). 

156.  Poeocephalus  magnirostris  (Bp.).  Comptes  rend. 
Ac.  se.  de  Paris,  1850,  XXX,  137  ;  Psittacus pachyrhynchus, 
Hartl.  Abhand  aus  dem  geb.  der  nat.  Hamb.  1852,  47; 
Journ.  fur  Orn.  1854,  194.  Facile  à  distinguer  du  précé- 
dent par  la  grosseur  de  son  bec  et  par  la  coloration  des 
plumes  de  la  tête,  du  cou  et  du  haut  de  la  poitrine,  qui 
sont  d'un  gris  argentin  très-brillant.  L'individu  très-adulte 
de  la  collection,  acheté  vivant  au  Havre,  est  remarquable 
par  le  rouge  vif  du  sommet  de  la  tête  et  la  teinte  vineuse 
de  ses  joues. 

157.  Poeocephalus  Gulielmi  (Jard.  contr.  of  orn.  1849, 
pi.  28);  Hartl.  Journ.  fur  Orn.  1854,  194.  Belle  espèce 
avec  le  front  et  les  épaules  jaune  orangé  ;  le  bec  noir. 
L.  T.  28  cent.;  aile  20  cent.  Congo. 

De  même  que  le  P.  Levaillantii  a  un  analogue  à  gros 
bec  dans  le  P.  magnirostrwy  de  même  le  P.  Gulielmi  nous 
en  a  offert  un  dans  une  espèce  nouvelle  du  musée  de  Pa- 
ris qui  habite  le  Gabon. 

158.  Poeocephalus  aubryanus,  nob.  Toutes  les  plu- 
mes du  corps,  noires  au  centre,  sont  bordées  de  vert,  très- 
largement  sur  le  ventre,  très-finement  sur  les  parties 
supérieures;  le  front,  les  épaules  et  les  cuisses  jaune 
orangé;  mandibule  supérieure  blanche;  mandibule  infé- 
rieure noire;  pieds  noirs.  L.  T.  36  cent.;  aile  22  cent. 

Le  plumage  de  cet  oiseau  est  fort  semblable  à  celui  du 
P.  Gulielmi;  cependant  sa  coloration  générale  est  plus 
foncée,  sa  taille  est  beaucoup  plus  grande,  et  son  bec 
bicolore  le  distingue  de  toutes  les  autres  espèces  du 
genre. 

159.  Poeocephalus  setnegalensis  (Briss.). 

160.  Poeocephalus  Meyeri  (Rupp.). 

161.  Poeocephalus  Ruppellii  (Gr.),  Proc,  1848,  125, 
pi.  v;  Strickl.,  Contr.  Orn.,  1852,  156;  Hartl.,  Journ.  fur 


TRAVAUX   INEDITS.  217 

Orn.,  1854,  194.  Cette  espèce  est  fort  remarquablement 
ornée  par  le  bleu  d'outre-mer  qui  revêt  le  croupion  et  le 
bas-ventre  du  maie.  La  figure  des  Proceedings  où  l'oiseau 
est  privé  de  cette  riche  parure  devrait,  ce  nous  semble, 
se  rapporter  au  jeune  plutôt  qu'à  la  femelle,  qui,  comme 
chez  les  autres  espèces  du  groupe ,  doit  très-peu  différer 
du  mâle.  Dans  la  collection  Masséna,  nous  avons  deux 
oiseaux  à  dos  bleu  ,  dont  l'un  qui ,  sans  aucun  doute ,  est 
un  mâle ,  a  la  culotte  d'un  outremer  très-intense ,  tandis 
que  l'autre,  un  peu  moins  fort,  est  d'un  bleu  beaucoup 
plus  pâle.  En  raisonnant  par  analogie,  ne  devrions-nous 
pas  penser  que,  dans  cette  espèce,  la  femelle  est  semblable 
au  mâle,  mais  moins  vivement  colorée,  comme  chez  le 
P.  senegalemis? 

162.  Cyclopsitta  loxia  (Cuvier). 

163.  Agapornis  taranta  (Stanley). 

164.  Agapornis  pullaria  (Lin.). 

165.  Agapornis  roseicollis  (Vieill.). 

166.  Poliopsitta  cana  (Gmel.). 

167.  Geoffroyus  personatus  (Shaw). 

L'histoire  des  Perroquets  de  ce  groupe  est  fort  difficile; 
les  mâles  étant  différents  des  jeunes  et  des  femelles,  on 
est  souvent  embarrassé  pour  les  déterminer  sûrement; 
nous  croyons  donc  devoir  passer  en  revue  avec  un  soin 
minutieux  les  oiseaux  qui  se  trouvent  dans  le  Musée  de 
Paris. 

Au  Geoffroyus  personatus  nous  rapportons,  sans  aucune 
espèce  de  doute,  des  oiseaux  à  tête  verte,  avec  les  plumes 
auriculaires,  les  joues  et  les  lorums  lavés  de  brun  ;  mais 
nous  hésitons  beaucoup  plus  pour  le  Psittacus  fuscica- 
pillus,  Vieillot,  dont  on  a  conservé  le  type,  qui  est  le 
même  oiseau  dont  Kuhl  a  fait  le  Psittacus  spadiceocepha- 
lus.  Cet  oiseau  a  les  couvertures  inférieures  de  l'aile  d'un 
bleu  un  peu  moins  tendre  et  la  tête  brun  marron,  avec  une 
tache  de  cette  couleur  sur  les  épaules.  Il  vient  de  Java , 
tandis  que  les  autres  viennent  de  Timor  et  d'Amboine; 


218  REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  (Mai  1856.) 

nous  nous  abstiendrons  de  formuler  une  opinion  à  son 
égard  jusqu'à  ce  que  de  nouvelles  observations  nous  enga- 
gent à  le  réunir  ou  à  le  séparer  définitivement  du  G.  fer- 
sonatus. 

Il  n'en  est  pas  de  même  du  Perroquet  à  tête  brune  figuré 
dans  l'atlas  du  Voyage  au  pôle  sud,  et  dont  M.  Pucheran 
a  donné  une  description  si  exacte;  nous  pensons,  comme 
le  prince  Ch.  Bonaparte,  que  c'est  une  espèce  distincie, 
bien  caractérisée  par  la  tache  brune  du  croupion  ;  nous 
lui  conserverons  donc  le  nom  que  cet  illustre  ornitholo- 
giste lui  a  donné  dans  ses  manuscrits,  Geoffroijus  Pucke- 
rani,  Bp.  Nouvelle-Guinée,  Moluques. 

Le  Geoffroy  us  cyanicollis  (Muller),  dont  il  existe  deux 
beaux  individus  de  Célèbes,  a  le  menton  et  la  tête  brun 
olive,  mais  celle-ci ,  sur  le  sommet ,  est  nuancée  de  bleu  ; 
un  collier  nuchal  bleu  azur;  les  couvertures  inférieures 
de  l'aile  et  les  flancs  bleus;  bec  et  pieds  de  couleur  som- 
bre. Cette  description  concorde  parfaitement  avec  celle 
de  S.  Muller  dans  son  grand  ouvrage  sur  les  possessions 
néerlandaises;  mais  le  prince  Ch.  Bonaparte  pense  que 
ce  ne  sont  que  des  femelles,  le  mâle  ayant  les  joues  rouges, 
ainsi  qu'il  le  dit  dans  les  comptes  rendus  de  l'Académie  et 
dans  son  Conspectus. 

Le  Geoffroijus  heteroclitus  (Hombr.  et  Jacq.)  des  îles  Sa- 
lomon,  à  l'état  adulte,  a  la  tête  jaune  paille,  mais  sa  pré- 
tendue femelle,  dont  M.  Pucheran  a  fait  son  Pionus  cya- 
niceps,  nous  paraît  être  un  jeune  n'ayant  pas  encore  re- 
vêtu la  livrée  de  l'adulte  ;  quelques  plumes  sur  les  joues 
qui  commencent  à  se  colorer  en  jaune'nous  semblent  con- 
firmer cette  opinion. 

168.  Psittacodis  magnus  (Gmel.).  Nous  ne  connaissons 
pas  les  P.  intermedius  et  Westermani,  Bp.  Ce  dernier  ne 
nous  paraît  pas  différer  du  Psittacut  orientalis ,  auct.  Eus 
orientalis,  Gr. 

169.  Eclectis  grandis  (Gmel.).  Bouge  pourpre  :  un 
tuilier  nuchal,  la  poitrine,  l'abdomen  et  les  couvertures 


TRAVAUX    INÉDITS.  219 

inférieures  de  l'aile  violets;  les  épaules  bleu  cobalt;  l'ex- 
trémité des  reetriees  jaune  d'or;  iris  jaune;  bec  noiv.  L. 
T.  43  cent.;  aile  25  cent. 

170.  Vaaaa  rus  puniceus  (Gmel.).  Semblable  au  précé- 
dent, mais  plus  petit  et  la  queue  unicolore.  L.  T.  37  cent.; 
aile  22  cent. 

171.  Imxkcu  s  L1NX.EI  (Wagl.),  Erlectua  puniceus,  Bp. 
Un  cercle  autour  de  l'œil ,  le  collier,  la  poitrine,  l'abdomen 
et  les  couvertures  inférieures  de  l'aile  bleu  d'outremer; 
queue  unicolore.  L.  T.  43  cent.;  aile  26  cent.  L'iris  est 
jaune  comme  chez  les  autres,  mais  la  pupille  est  crénelée 
sur  ses  bords.  Nous  avons  eu  ces  trois  espèces  vivantes , 
et  la  structure  bizarre  de  l'œil  de  YE.  Linnœi  nous  avait 
frappé  tout  d'abord.  Depuis  cette  époque,  nous  avons  eu 
occasion  de  vérifier  de  nouveau  ce  fait  dans  les  jardins 
zoologiques  de  Bruxelles  et  d'Anvers. 


S  2. 

Avant  de  commencer  l'étude  du  genre  Loriculus ,  nous 
allons  en  donner  le  tableau,  et  ensuite  nous  examinerons 
méthodiquement  toutes  les  espèces  : 

if  1.  Vernalis. 
Matai       )  2.  Indicus. 
petU-     '    3.  Puniculus. 
(  4.  Apicalis. 
11       .  j  5.  Philippensis. 
(  6.  Reguîus. 

7.  Galgulus. 

8.  Stigmatus. 

9.  Bonapartii. 

.  Habitant  le  conti- 


bec     noir! 


petit.    . 
allongé . 

172.  Loriculus  vernalis  (Sparm. 
nent  de  l'Inde  et  ne  différant  du  L.  indicus  que  par  l'ab- 
M'inc  de  rouge  sur  le  front. 

173.  Loriculus  indicus  (Bris.);  the  smallest  green  and 
rctl  Indian  Paroquet,  Kdw.  pi.  (>  ;  Ptitlactuasiaficuii,  Lalh., 
Psttlacus  indicus,  Kuhl.;  Psittacula  mmor,  WagL;  Psiita- 


220        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mai  1856.) 

cula  philippensiSyBouY).  Perr.,  pi.  89  (fig.  sup.)  ;  Loriculus 
asiaticusy  Blyth,  Journ.  as.  Soc.  Beng.  1849,  801  ;  1850, 
236.  Sous  les  noms  de  P.  indicus ,  asiaticus  et  minor  plu- 
sieurs espèces  ont  été  confondues ,  faute  des  descriptions 
exactes  et  détaillées  qui  étaient  nécessaires  pour  des  oi- 
seaux aussi  voisins  et  ne  différant  que  par  des  détails 
peu  sensibles.  Dans  la  collection  du  prince  d'Essling  et 
dans  le  Musée  de  Paris,  nous  en  avons  pu  étudier  deux 
races  bien  distinctes  que  nous  ne  pouvons  rapporter  avec 
certitude  à  aucune  des  descriptions  précitées  :  nous  allons 
en  donner  la  diagnose,  et  ensuite  nons  signalerons  les  dif- 
férences par  lesquelles  ces  oiseaux  paraissent  s'éloigner 
de  ceux  qui  ont  dû  servir  de  type  aux  auteurs. 

A.  Mâle.  La  tête  entière  rouge  écarlate  lavé  de  jaune 
sur  la  nuque  ;  les  plumes  du  dos  sont  vertes  avec  un  peu 
de  jaune  à  leur  extrémité,  ce  qui  leur  donne  des  reflets 
dorés  ;  les  joues  et  la  gorge  lavées  de  bleu  ;  croupion 
rouge;  bec  rouge;  pieds  couleur  de  chair.  Femelle.  En- 
tièrement verte  avec  le  sommet  de  la  tête  bleuâtre.  L'ha- 
bitat de  cette  espèce  est  incertain.  Ceux  de  la  collection 
Masséna  sont  indiqués  par  les  marchands  qui  les  ont 
fournis  comme  venant  des  Philippines.  Ceux  du  Muséum 
ne  nous  donnent  pas  plus  de  certitude  sur  leur  patrie,  car 
les  uns  sont  étiquetés  comme  venant  des  Philippines  et  les 
autres  du  continent  indien. 

174.  B.  Mâle.  Coloration  semblable  à  celle  du  précédent, 
mais  d'un  vert  un  peu  foncé  ;  l'extrémité  des  rectrices  est 
colorée  de  bleu  indigo.  Les  femelles  sont  entièrement 
vertes  avec  le  sommet  de  la  tête  et  la  gorge  bleuâtres  : 
l'extrémité  des  rectrices  bleue.  Cette  espèce  vient  de  l'île 
de  Mindanao,  et  nous  lui  donnerons  le  nom  de  Loriculus 
apicalis. 

Ces  oiseaux  se  distinguent  parfaitement  du  Loriculus 
philippensis  par  leur  bec,  qui  n'est  pas  allongé  outre  me- 
sure, et  par  le  rouge  de  la  tête,  qui  n'est  pas  disposé  de 
même  ;  l'extrémité  bleue   des  rectrices   de  l'oiseau  de 


TRAVAUX   INÉDITS.  221 

Mindanao  ne  permet  pas  de  le  réunir  avec  l'oiseau  A. 
Maintenant,  en  étudiant  les  descriptions  des  auteurs 
cités,  nous  voyons  que  l'oiseau  d'Edwards  n'a  pas  les  joues 
ni  l'extrémité  des  rectrices  bleues;  du  reste,  le  rouge  de  la 
tête  est  semblablement  placé.  Gmelin  et  Latham  ont 
donné  un  nom  à  l'oiseau  d'Edwards;  Kuhl  le  premier  dit 
que  la  femelle  a  le  sommet  de  la  tête  bleu;  Wagler  ne 
nous  apprend  rien  de  nouveau  ;  la  figure  de  l'ouvrage  de 
M.  Bourjot  est  excellente,  mais,  comme  on  ne  voit  pas  les 
rectrices  et  que  la  description  n'en  parle  pas,  il  est  impos- 
sible de  savoir  quel  est  l'oiseau  qui  lui  a  servi  de  type. 
Enfin  M.  Blyth  nous  parle  de  ces  oiseaux  dans  le  Journal 
de  la  Société  asiatique,  et  l'Ornithologiste  indien  doit  être 
étudié  avec  attention  ,  quand  il  s'agit  des  oiseaux  qui  vi- 
vent sous  ses  yeux.  Il  cite  un  oiseau  de  Ceylan  qui,  comme 
l'individu  figuré  par  Edwards,  n'a  pas  de  bleu  aux  joues, 
mais  a  le  rouge  de  la  tête  placé  comme  chez  nos  oiseaux. 
Il  ajoute  encore  que  cet  oiseau  de  Ceylan  diffère  de  celui 
de  l'Inde  {L.  vemalis)  par  le  rouge  de  la  tête,  que  ce  der- 
nier ne  prend  jamais.  Enfin  il  mentionne. le  dessin  d'un 
oiseau  de  la  Chine  méridionale  qui  aurait  tout  le  dessus 
de  la  tête  rouge  foncé  (Loriculus puniculus ,  Bp.).  D'après 
tout  cela,  il  nous  paraît  évident  que  quatre  espèces  doi- 
vent être  formées  avec  tous  ces  oiseaux.  1°  L.  indiens, 
Ceylan.  Dessus  de  la  tête  rouge  orangé;  joues,  gorge,  rec- 
trices vertes.  2°  L.  ?  habitat?  Dessus  de  la  tête  rouge 
orangé,  joues  et  gorge  bleuâtres,  rectrices  vertes.  3°  L. 
apicalis,  nobis.  Mindanao.  Dessus  de  la  tête  rouge  orangé; 
joues  et  gorge  bleuâtres,  extrémité  des  rectrices  bleu 
foncé.  4°  L.  puniculus,  Bp.  Chine  méridionale.  Dessus  de 
la  tête  rouge  foncé. 

175.  Loriculus  philippensis  (Briss.);  Psittacula  philip- 
pènsis,  Briss.  Orn.  IV,  392,  pi.  30,  f.  1  (excellente  des- 
cription) ;  Perruche  mâle  des  Philippines,  Buffon,  PI.  enl. 
520,  f.  1  (figure  exacte),  f.  2  (mauvaise)  ;  Psittacus  phi- 
lippensis, Kuhl,  Consp.  p.  64  ;  Psittacula  Culacissi,  Wagl.; 


222        rev.  et  mag.  ue  zoologie.  {Mai  1856.) 

PsiilucuLa  rubrifrons,  Lear,  111.  of  Psitt,  pi.  41  (b.  f.  de  la 
fem.),  Pslttacula  rubrifrons,  Bourj.  Perr.,  pi.  87  ;  Psittacula 
philippensis,  Bourj.  Perr.,  pi.  89  (fig.  inf.).  Le  bec  de 
forme  très-allongée,  rouge.  Plumage  vert-pré  en  dessus, 
jaunâtre  en  dessous  ;  le  front,  une  tache  sur  la  poitrine 
de  forme  allongée ,  ainsi  que  le  croupion  rouge  écar- 
late;  sur  la  nuque  une  tache  jaune  safran,  les  rémiges  et 
les  rectrices  bleu  glauque  en  dessous  ;  pieds  couleur  de 
chair.  Chez  l'oiseau  considéré  par  les  auteurs  comme  fe- 
melle, la  tache  rouge  de  la  poitrine  n'existe  plus ,  les  lo- 
rums  et  les  joues  sont  d'un  beau  bleu.  C'est  l'oiseau  re- 
présenté avec  tant  d'exactitude  par  Lear  sous  le  nom  de 
P.  rubrifrons.  Habite  l'île  de  Luçon. 

176.  Loriculus  regulus,  nob.  Plumage  d'un  vert  gai; 
sinciput  rouge  écarlate  ;  vertex  jaune  d'or  ;  une  tache  nu- 
chale  jaune  safran  ;  sous  la  gorge,  une  tache  coupée  car- 
rément, ne  se  terminant  pas  en  pointe  comme  chez  le 
L.  philippensis  ,  rouge  écarlate;  le  croupion  de  la  même 
couleur  ;  bec  très-allongé,  rouge  ;  pieds  couleur  de  chair. 
Habitat  inconnu.  Ce!  oiseau  ne  se  distingue  du  L.  philip- 
pensis que  par  la  belle  tache  jaune  d'or  du  sommet  de  la 
lête  et  par  la  forme  tout  à  fait  différente  du  plastron 
rouge  de  la  poitrine. 

177.  Loriculus  galgulus  (Lin.). 

178.  Loriculus  stigmatus  (Mull.).  Vert;  dos  vert  doré  ; 
front,  menton  et  bord  de  l'aile  rouge  écarlate;  croupion 
rouge  sombre  ;  bec  noir;  les  pieds  paraissent  avoir  été 
couleur  de  chair. 

Dans  les  collections  du  Muséum,  on  voit  trois  oiseaux  de 
l'archipel  Solo  dont  nous  n'avons  trouvé  de  description 
dans  aucun  ouvrage.  Ces  oiseaux  ont  été  rapportés  par 
les  naturalistes  du  voyage  au  pôle  sud,  qui  probablement 
les  ont  confondus  avec  une  des  espèces  du  groupe,  car 
ils  les  ont  complètement  négligés.  Nous  dédions  cette  es- 
pèce au  prince  Charles  Bonaparte. 

Loriculus  Bonapartei,  nob.  Vert  ;  tout  le  dessus  de  la 


TRAVAUX     INÉDITS.  •        223 

téta  rouge  écarlato  sur  le  front,  passant  à  l'orangé  sur 
l'occiput;  oroupiou  rouge;  chez  le  mâle,  une  tache  rouge 
allongée,  comme  chez  le  Philippensis,  couvre  une  grande 
partie  de  la  poitrine;  chez  la  femelle,  ce  plastron  n'existe 
pas  ,  mais  elle  a  les  lorums  et  les  joues  bleus  ;  le  bec  très- 
allongé,  mais  noir.  Cet  oiseau,  ainsi  qu'on  peut  le  voir, 
a  le  rouge  de  la  tète  disposé  comme  chez  le  L.  indicus; 
par  la  tache  rouge  de  la  poitrine  du  mâle  et  la  coloration 
bleue  des  lorums  et  des  joues  de  la  femelle,  il  ressemble 
au  /..  philippensis,  mais  il  s'éloigne  de  ces  deux  espèces 
par  son  bec  noir. 

§3. 

179.  Coracopsis  niger  (Linn.). 

180.  Coracopsis  vasa  (Shaw). 

181.  Nestor  hypopolius  (Forst.)  ;  Psittacus  australis, 
Shaw;  Psittacus  meridionalis ,  Gmel.;  Nestor  Novœ-Ze- 
landiœ,  Less. 

182.  Nestor  Esslingii,  nob.  Le  Nestor  dont  nous  allons 
donner  la  description  est,  sans  contredit,  l'oiseau  le  plus 
remarquable  de  la  collection  Masséna.  Intermédiaire 
entre  le  N.  hypopolius  et  le  JV.  productus,  ce  magnifique 
Perroquet  réunit,  dans  son  plumage,  des  détails  caracté- 
ristiques de  ces  deux  espèces. 

Coloration  générale  semblable  à  celle  du  N.  hypopolius  : 
tout  le  dessus  de  la  tête  gris  blanchâtre  :  les  plumes  auri- 
culaires jaune  orangé  très-vif,  les  joues  rouge  orangé  ;  les 
plumes  de  la  poitrine  gris  cendré,  mais  largement  bor- 
dées de  brun;  une  large  ceinture  d'un  blanc  jaunâtre 
règne  sur  le  milieu  du  ventre;  le  bas-ventre,  les  cuisses  et 
les  couvertures  de  la  queue  rouge  brun  ;  bec  et  pieds  de 
couleur  sombre.  L.  T.  50  cent.;  aile  30  cent.  Nouvelle- 
Zélande  ?  Un  autre  individu ,  jeune,  ressemble  tout  à  fait 
au  jeune  de  l'espèce  ordinaire,  mais  il  offre  quelques  plu- 
mes blanches  sur  l'abdomen,  ce  qui  indique  clairement 
qu'il  appartient  à  cette  espèce. 


224  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  [Mai  1856.) 

En  comparant  cette  espèce  avec  ses  deux  congénères 
plus  anciennement  connus ,  nous  voyons  qu'il  diffère  du 
N.  hypopolius,  dont,  au  reste,  il  est  fort  voisin,  par  la  co- 
loration plus  vive  de  ses  joues  et  par  sa  ceinture  blanche. 
Nous  signalerons,  dans  le  N.  productus  ,  un  fait  analogue 
à  celui  que  nous  avons  déjà  remarqué  dans  les  Loriculus 
philippensis,  L.  Regulus,  L.  Bonapartei,  c'est-à-dire  le 
prolongement  excessif  de  la  mandibule  supérieure,  qui 
rappelle  ce  que  l'on  voit  parmi  les  espèces  américaines, 
chez  V  Enicognathus  leptorhynchus,  et  pour  les  Cacatoès,  dans 
le  genre  Licmetis.  Ici  rien  de  pareil  n'a  lieu  :  le  bec  est  en- 
tièrement semblable  à  celui  du  N.  hypopolius.  M.  Gould, 
dans  ses  Oiseaux  de  l'Australie,  figure  un  jeune  N.  pro- 
ductus, qui  par  sa  poitrine  grise  semblerait  avoir  quelques 
rapports  avec  cette  espèce  et  qui  s'en  éloigne  beaucoup 
cependant  par  sa  tête  brune  et  la  forme  de  son  bec. 
Nous  caractérisons  donc  les  trois  espèces  de  Nestor  de 
la  manière  suivante  :  1°  N.  hypopolius.  Bec  grand  et  fort  ; 
dessus  de  la  tête  blanc  grisâtre  ;  plumes  auriculaires  et 
joues  faiblement  nuancées  de  jaune  et  de  rouge.  2°  N.  Ess- 
lingii.  Bec  grand  et  fort  ;  sommet  de  la  tête  blanc  grisâ- 
tre ;  plumes  auriculaires  et  joues  très-vivement  colorées 
de  jaune  et  de  rouge  orangé;  poitrine  gris  brun,  une 
large  ceinture  blanc  jaunâtre  sur  l'abdomen.  3°  N.  pro- 
ductus. Bec  très-allongé  et  grêle;  sommet  de  la  tête 
brun  ;  les  joues  d'un  jaune  nuancé  de  rouge  ;  la  gorge,  la 
poitrine  et  les  couvertures  inférieures  des  ailes  jaune 
paille.  Ile  Philips.  Le  jeune  a  la  poitrine  brune. 

183.  Eolophus  roseus  (Vieill.). 

184.  Eolophus  Philippinarum  (Gmel.).  Dans  cette  es- 
pèce, ainsi  que  chez  le  Plyctolophus  salphureus,  dont  nous 
avons  pu  observer  un  assez  grand  nombre  dans  nos  vo- 
lières et  dans  divers  jardins  zoologiques,  les  sexes  se  dis- 
tinguent par  la  couleur  de  l'iris ,  qui  est  rouge  chez  les 
mâles  et  noir  chez  les  femelles. 

185.  Cacatua  cristata  (Linn.). 


TRAVAUX     INÉDITS.  225 

186.  CaCATUA  MALACCENSIS  (Gmel.). 

187.  Plyctolophis  Leadbeateri  (Vig.). 

188.  Plyctolophus  sulphureus  (Gmel.). 

189.  Plyctolophus  galeiutus  (Lath.). 

190.  Plyctolophus  citrinocristatus,  Fras. 

191.  Licmetis  tenuirostris  (Kuhl.).  L.  T.  43  cent.; 
aile  28  cent. 

192.  Licmetis  pastinator,  Gould.  L.  T.  50  cent.;  aile 
32  cent. 

193.  Callocephalon  galeatum  (Lath.). 

194.  Calyptorhynchus  funereus  (Shaw). 

195.  Calyptorhynchus  Baudinii,  Vig. 

196.  Calyptorhynchus  Cookii  (Temm.). 

197.  Calyptorhynchus  Banksii  (Lath.).  L.  T.  67  cent.; 
aile  45  cent. 

198.  Calyptorhynchus  naso,  Gould.  M.  Gould  compte 
trois  espèces  de  Calyptorhynques,  à  coloration  semblable, 
qui  vivent  sur  le  continent  australien  :  le  C.  Banksii,  de  la 
Nouvelle-Galles  du  sud,  le  C.  macrorhynchus,  de  l'Aus- 
tralie septentrionale,  et  le  C.  naso,  de  la  rivière  des  Cy- 
gnes. Malgré  le  grand  nombre  d'individus  de  Port-Es- 
sington  que  nous  avons  vus,  les  caractères  qui  séparent 
cette  espèce  du  C.  Banksii  nous  ont  paru  si  peu  distincts, 
que  nous  ne  pouvons  affirmer  son  existence  comme  espèce. 
Peut-être  les  oiseaux  que  nous  avons  vus  portaient-ils  sur 
leurs  étiquettes  de  fausses  indications  de  localité,  et  pour- 
rons-nous un  de  ces  jours,  voir  un  C.  macrorhynchus  bien 
caractérisé.  Quant  à  la  troisième  espèce,  le  C.  naso,  il  est 
assez  facile  à  reconnaître  par  sa  huppe  moins  allongée 
et  par  sa  taille  plus  petite.  L.  T.  60  cent.;  aile  40  cent. 
Son  bec  est  aussi  plus  fort  proportionnellement. 

199.  Lorius  garrulus  (Linn.). 

200.  Lorius  domicella  (Linn.). 

201.  Lorius  tricolor  (Steph.).  Couvertures  inférieures 
de  l'aile  rouges. 

202.  Lorius  cyanauchen  (Mull.  et  Schl.)  ;  Lorius  su- 
2e  bûrib.  t.  nu.  Année  1856.  15 


226  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.    (Mai  1856.) 

pcrbus,  Fras.  Zool.  typ.  Semblable  au  L.  tricolor,  mais 
plus  grand ,  avec  les  couvertures  inférieures  de  l'aile 
bleues. 

203.  Eos  rubra  (Gmel.)* 

204.  Eos  ixdica  (GmeL). 

205.  Eos*  Bornea  (Less.).  Psittacus  reticulatus,  Mull.  et 
Schl.;  Eos  cyanostriata,  Gr. 

206.  Chalcopsitta  rubiglnosa,  Bp. 

207.  Lathamus  discolor  (Shaw). 

208.  ïrichoglossus  multicolor  (Gmel.). 

209.  ÏRICHOGLOSS US  RUBRH ORQUES,  (Vig.). 

210.  Trichoglossus  chlorolepidotus  (Kuhl). 

211.  PsiTTEUTELES  VERSICOLOR  (Vig.). 

212.  Glossopsitta  pusilla  (Shaw). 

213.  Glossopsitta  australis  (Lath.). 

214.  Glossopsitta  porphyrocephala  (Diet). 

215.  CORIPHILUS  FRINGILLACEUS  (Gmel.). 

216.  Coriphilus  GoLPiLii  (Homb.  et  Jacq.). 

217.  Coriphilus  taitianus  (Gmel.).  Dans  le  musée  de 
Paris,  il  y  en  a  un  jeune  (Psittacus  cyaneus,  Sparrm.)  qui 
•e  distingue  de  l'adulte  par  la  gorge,  qui  est  toute  bleue. 

218.  Strigops  habroptilus,  Gray. 


AMÉNITÉS     MALACOLOGIQUES  ; 
par  M.  J.  R.  Bourguignat. 

§  XLIV. 

Supplément  au  catalogue  des  bivalves  de  l'empire 
Ottoman. 

Depuis  notre  dernière  publication,  en  date  du  mois  de 
février  1856,  nos  documents  sur  les  Acéphales  de  l'empire 
Ottoman  se  sont  augmentés  de  quelques  faits  nouveaux, 
fort  intéressants  au  point  de  vue  malacologique.  Ces  do- 
cuments nous  ont  été  fournis  par  notre  ami  Félicien  de 


TRAVAUX    INÉDITS.  227 

Saulcy,  qui,  à  peine  de  retour  de  son  second  voyage  en 
Palestine,  |  bien  voulu  nous  confier  la  riche  collection 
qu'il  a  recueillie  dans  ce  pays. 

Les  espèces  nouvelles  que  nous  ajoutons  à  notre  catalo- 
gue des  bivalves  ottomans  sont  au  nombre  de  trois. 

Unio  Grelloisianus. 

Testa  parvula,  tumida,  antice  rotundata,  postice  rostrato-oblonga, 
supra  pauhilum  arcuata,  infra  recta  ;  yix  striis  inerementi  concentrée 
ornata  ;  luteolo-fulva  ;  natibus  acutis,  recurvis,  antice  dejectis;  om- 
bonibus  promiucntibus,  lamelloso-rugosis;  dentibus  :  cardinali  alto, 
trigouali  ;  laterali  elongato,  productoque. 

Coquille  de  faible  taille,  renflée,  arrondie  antérieure- 
ment, allongée  à  sa  partie  postérieure,  un  peu  arquée  à 
son  bord  cardinal,  etrectiligne  à  son  bord  palléal.  Valves 
recouvertes  d'un  épiderme  d'un  jaune  fauve,  plus  foncé  à 
ses  bords  marginaux,  et  ornées  de  faibles  stries  con- 
centriques dues  à  l'accoissemeni;  crochets  aigus,  recour- 
bés et  rejetés  à  la  partie  antérieure  ;  umbones  proémi- 
nents, renflés,  ornés  de  rugosités  disposées  en  lamelles 
un  peu  parallèles;  charnière  composée  d'une  forte  dent 
cardinale  de  forme  trigonale,  et  d'une  dent  latérale  assez 
élevée  et  allongée. 

Long.,  30  mill.  —  Haut.,  18  mill.  —  Épaiss.,  15  mill. 

Cette  espèce  habite  le  Jourdain,  où  elle  a  été  recueillie 
par  notre  ami  Félicien  de  Saulcy,  au  mois  de  février  der- 
nier. 

Nous  dédions  cette  mulette  au  docteur  Eugène  Grellois, 
médecin  principal  des  armées  d'Orient,  qui  s'occupe,  en  ce 
moment,  avec  tout  le  zèle  qui  caractérise  un  véritable  con- 
chyliologue,  de  la  recherche  des  mollusques  dans  les  en- 
virons de  Constantinople. 

Unio  ltjnulifer. 

Testa  tumida  prœsertim  ad  umbones,  antice  rotundata,  jwslie* 
elongata,  supra  recurva,  infra  recta,  yel  medio  arcuata  ;  striis  iocre- 


228        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mai  1856.) 

menti  concentrice  ornata,  lutcolo-nigrescente.  Natibus  acutissimis, 
antice  dejectis,  ac  recurvis  in  depressione  lunulari  profonde  incisa  ; 
umbonibus  valde  prominentibus,  irregulariter  tuberculis  ac  lamel- 
loso-rugosis  ornatis;  dentibus  :  cardinali  crasso,  trigonali  produc- 
toque  ;  laterali  crasso,  alto,  elongato. 

Coquille  renflée,  surtout  à  la  partie  des  nates,  antérieu- 
rement arrondie,  postérieurement  allongée  ;  bord  cardi- 
nal recourbé  ;  bord  palléal  rectiligne  quoiqu'un  peu  con- 
cave vers  son  milieu;  valves  d'un  jaune  noirâtre,  sillon- 
nées de  stries  concentriques  dues  à  l'accroissement  du 
test. 

Nates  très-aigus,  recourbés  sur  une  dépression  lunu- 
laire  très -profonde;  umbones  très-proéminents,  ornés  de 
petits  tubercules  et  de  rugosités  lamelliformes  assez  peu 
symétriques. 

Charnière  assez  forte,  composée  d'une  dent  cardinale 
épaisse,  élevée,  trigonale,  et  d'une  lamelle  latérale,  éga- 
lement épaisse,  qui  se  prolonge  sur  toute  la  longueur  du 
corselet. 

Long.,  50  mill.  —  Haut.,  32  mill.  —  Épaiss.,  23  mill. 

Habite  le  Jourdain.  (Félicien  de  Saulcy.) 

Cette  mulette  se  distingue  facilement  de  toutes  ses  con- 
génères par  cette  dépression  antérieure  située  immédia- 
tement au-dessous  des  nates,  qui  simule,  au  dernier  point, 
la  lunule  de  Vénus. 

Unio  Jordanicus. 

Testa  elongata,  crassa,  tumida,  antice  rotundata,  postice  rostrato- 
elongata,  supra  paululum  arcuata,  infra  recta,  striis  incrementi 
concentrice  ornata,  luteola,  vel  ad  margines  luteo-nigrescente  ;  nati- 
bus acutis,  recurvis,  antice  dejectis;  umbonibus  prominentibus,  ir- 
regulariter  lamelloso-rugosis  ornatis  ;  dentibus  :  cardinali  crasso , 
elato,  trigonali,  vel  ad  summum  truncato-denticulato  ;  laterali  alto, 
crasso,  elongato. 

Coquille  allongée,  épaisse,  renflée,  antérieurement  ar- 
rondie, postérieurement  allongée  en  forme  de  bec  ;  bord 
cardinal  un  peu  arqué  ;   bord  palléal  rectiligne.  Valves 


TRAVAUX     INÉDITS.  229 

sillonnées  de  stries  concentriques  dues  à  l'accroissement 
du  test.  Épidémie  jaunâtre,  offrant,  vers  ses  bords  margi- 
naux, une  teinte  plus  foncée  d'un  jaune  noirâtre.  Nates 
aigus,  recourbés  et  rejetés  en  avant;  umbones  proémi- 
nents, ornés  de  fortes  lamelles  tuberculeuses.  Charnière 
puissante,  composée  d'une  dent  cardinale  épaisse,  élevée, 
de  forme  trigonale,  quelquefois  tronquée  à  son  sommet,  et 
présentant  alors  de  petites  denticulations.  Lamelle  forte  et 
très-allongée. 

Long.,  60  mill.  — Haut.,  35  mill.  — Épaiss.,  22  mill. 

Cette  mulette  a  été  recueillie  dans  le  Jourdain,  où  elle 
est  très-abondante.  (Félicien  de  Saulcy.) 

L'Unio  Jordaniens  ne  peut  être  confondu  qu'avec  notre 
Unio  Tigridis  de  l'Euphrate.  Mais  l'on  distinguera  facile- 
ment le  Jordaniens  de  cette  dernière  espèce  à  ses  valves 
beaucoup  plus  épaisses,  à  sa  charnière  plus  forte,  surtout 
à  ses  umbones  ornés  de  rugosités  très-saillantes,  caractère 
que  ne  possède  point  le  Tigridis,  qui  offre  des  umbones 
parfaitement  lisses. 

§XLV. 

Recensement  des  Physes  du  continent  africain. 

Les  Physes  du  continent  africain  sont  au  nombre  de 
vingt-cinq. 

Nous  allons  les  passer  en  revue  en  donnant  la  diagnose 
de  chacune  d'elles,  en  exceptant  toutefois  celles  des  Physa 
acutat  subopaca  et  eontorta,  qui  sont  connues  de  tous  les 
naturalistes,  puisque  ces  coquilles  vivent  communément 
en  Europe. 

Nous  suivrons  simplement ,  dans  ce  recensement ,  un 
ordre  géographique,  en  présentant  d'abord  les  espè- 
ces du  nord  de  l'Afrique,  qui  ont  été  recueillies  depuis 
l'Egypte  jusqu'aux  Canaries,  sur  une  surface  de  200  lieues 
de  large  ;  ensuite  nous  terminerons  par  celles  qui  ont  été 


REV.  ET  MAC  DE  ZOOLOGIE.  (Mai  1856.) 

trouvées  depuis  le  Sénégal  jusqu'au  cap  de  Bonne-Espé- 
rance. 

Les  Physes  appartenant  à  la  faune  méditerranéenne 
ou  du  nord  de  l'Afrique  sont  les  suivantes  : 

Physa  Saulcyi. 

Testa  magna,  umbilicata,  ovata,  solida,  cornea,  irregulariter  mal- 
Jeato-striata;  apice  obtuso,  elegantissimecostulâto;  spirabrevissima, 
maxime  contorta;  anfractibus  4  1/2,  sutura  profunda  sicut  canalicu- 
lata  âeparatis;  ultimo  maximo,  supra  iufraque  prope  aperturam  di- 
latato;  apertura  oblonga;  margine  acuto,  simplici  et  per  lamellam 
in  pariete  aperturali  dejectam  continuo;  margine  columellari  in  um- 
bilico  dejecto. 

Coquille  de  forte  taille,  ombiliquée,  ovale,  solide,  cor- 
née et  irrégulièrement  striée,  tout  en  présentant  çà  et  là 
plusieurs  méplats ,  imitant  les  traces  que  laissent  sur  le 
fer  battu  les  coups  de  marteau.  Spire  très-courte,  très- 
contournée,  à  sommet  obtus  et  très-élégamment  costulé. 
Quatre  tours  et  demi,  profondément  séparés  par  une  su- 
ture canaliculée.  Dernier  tour  très-grand,  dilaté  surtout 
vers  l'ouverture  à  sa  partie  inférieure  et  supérieure.  Ou- 
verture oblongue  ;  péristome  simple  et  aigu,  dont  les  bords 
sont  réunis  par  une  callosité  assez  forte  réfléchie  sur  l'om- 
bilic. 

Long.,  15  mill.  —  Diam.>  12  mill. — Haut,  de  l'ouvert., 
12  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  7  mill. 

Cette  magnifique  espèce,  que  nous  dédions  à  notre  ami 
Félicien  de  Saulcy,  a  été  recueillie  par  lui,  au  mois  de 
janvier  1856,  dans  un  canal  voisin  d'Alexandrie ,  en 
Egypte. 

Physa  Hemprichii. 

Isidora  Hemprichii,  Ehrenber<j,  Symb.  phys.  Moll.  1831. 

Testa  ovata,  umbilicata,  transverse  subtiliter  striata,  fusca  ;  an- 
fractibus i;  apertnra  ovata;  margine  deflexo,  hinc  apertura  angus- 
tiore. 


TRAVAUX     INÉDITS.  231 

Long.,  9  mill.  —Haut,  de  l'ouvert.,  5  mill.  —  Larg.  de 
l'ouvert.,  2 1/2  mill. 

Habite  aux  environs  du  Caire  à  Bulak,  et  les  cours  d'eau 
qui  séparent  Rosette  d'Alexandrie. 

Cette  espèce  vit  sur  les  plantes  lacustres. 

Physa  Brocchii. 

Isidora  Brocchii,   Ehrenberg,  Symb.  phys.   Moll.,  1831. 
Physa   contorta    (pars),  Morelet ,  Cat.   Moll.  Algérie,   in 
Journ.  de  conch.,  p.  295.  1853. 

Testa  coutorto-ovata,  perforata,  fusco-cornea,  levi,  vel  minutis- 
sime  striatula  ,  apice  acuta;  spira  brevi  ;  aofractibus  4  ad  4  1/2  ven- 
tricosis;  apcrtura  ovata;  columella  recta;  margine  simplice,  acuto, 
iu  columella  relleio. 

Long.,  8  mill.  —  Diam.,  7  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
G  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  3  mill. 

Cette  Physe  est  très-commune  dans  tout  le  nord  de  l'A- 
frique; nous  la  connaissons  d'Alexandrie,  du  Caire,  etc., 
en  Egypte,  et  d'un  grand  nombre  de  ruisseaux  de  la  pro- 
vince d'Alger. 

PrfYSA  CONTORTA. 

Physa  contorta,    Michaud,  Desc.  coq.  vit.  in  Act.  Soc. 

Linn.  Bordeaux,  III,  p.  268,  nu  10.  1829. 
Physa  contorta  (altéra  pars),  Morelet,  Cat.  Moll.  Algérie^ 

in  Journ.  de  conch.,  p.  295.  1853. 

Habite  en  Egypte  dans  les  cours  d'eau  des  environs  d'A- 
lexandrie ,  et  en  Algérie  dans  les  environs  d'Alger  et  de 
Bone. 

PlIVSA  TRI  NC ATA. 

Physa  truncata,  Férussac,  mss. 

Testa  ovalo-vontricosa,  rimata,  maxime  contorta,  levi,  vel  aryutis- 
sime  obscureque  striatula,  fuWo-coruea ;  spira  breviâsima ,  sieut 


232         ItEV.  ET  MAC.  DE  ZOOLOGIE.   [Mai  1856.) 

truncata;  anfractibus  4  ventricoso-conve\is,  sutura  profunda  sepa- 
ratis  ;  ultimo  maximo,  vcntricoso;  apertura  ovato-oblonga  ;  margiue 
siraplici,  acuto,  in  columella  recta  deflexo. 

Coquille  ovale,  ventrue,  très-contournée,  offrant  une 
fente  ombilicale.  Test  lisse  ou  à  prime  strié,  d'une  cou- 
leur fauve  cornée.  Spire  très-courte,  comme  tronquée,  à 
sommet  obtus.  Quatre  tours  despire  très-convexes,- sé- 
parés par  une  suture  très-profonde..  Dernier  tour  ventru 
et  très-développé.  Ouverture  ovale-oblongue,  à  bord  sim- 
ple aigu,  se  réfléchissant  seulement  sur  la  columelle  qui 
est  droite. 

Long.,  7  mill.  —  Diam.,  5  mill.. —  Haut,  de  l'ouvert., 
5  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  2  1/2  mill. 

Cette  espèce,  qui  se  rencontre  aux  environs  de  Beyrouth, 
en  Syrie,  a  été  recueillie  en  Egypte  dans  les  environs  du 
Caire,  par  M.  Gory. 

Ehrenberg  a  confondu  cette  Physe'avec  sa  Brocchii,  et, 
depuis  lui,  tous  les  auteurs  ont  imité  son  exemple. 

On  distinguera  toujours  la  truncata  deda  Brocchii,  à 
sa  spire  beaucoup  plus  courte,  à  ^e's  tours  plus  contour- 
nés, plus  ventrus,  et  surtout  à  sa-suturn  qui  est  très-pro- 
fonde, ce  qui  rend  la  partie  supérieure  des  tours  de  spire 
comme  plate  ;  en  un  mot,  la  suture  de  la  Physa  truncata 
est  à  celle  de  la  Brocchii  ce  que  la  suture  de  la  Vivipara 
vulgaris  de  Dupuy  (1)  est  à  celle  (5e  la  Vivipara  fasciata  de 
Dupuy  (2). 

Physa  Guerinii. 
*   .* 

Physa  Guerinii,  Millre,  Descript:  de  quelq.  coq.  nouv, 
in  Revue  zool.,  p.  68.  1841. 

Testa  perforata,  ovato-oblooga,  ventricosa,  diaphana,  albido-viri- 
desoenti,  levi  ad  apicem,  paululum  rugosa  in  ultimo  aufractu;  spira 


(1)  Nerita  vivipara,  Mûller,  Verra.  Hist.,  II,  p.  182,  n«  270,  1774. 

(2)  Nerita  fasciata,  Miiller,  Verra.  Hist.,  II,  p.  182,  n°  369,  1774. 


TRAVAUX     INKDITS.  233 

breviuscula;  apice  obtuso;  anfractibus  5  convexis;  ultimo  3/1  longi- 
tudinis  aequante  ;  apertura  ovata,  obliqua;  coluraella  flexuosa;  labro 
tenui,  valde  arcuato. 

Long.,  12  millim. 

Nous  ne  connaissons  point  la  localité  de  cette  espèce  : 
Mitlre  l'indique  du  Levant,  sans  préciser  le  pays;  nous 
croyons  qu'elle  doit  provenir  de  l'Egypte. 

Physa  Raymondiana. 

Testa  ovato-fusiformi,  rimata,  zonulis  luteolis  ac  albidis  transverse 
ornata,  elegantissime  striata  ;  spira  sat  elongata,  apice  obtusiusculo  ; 
anfractibus  5,  sat  regulariter  cresceutibus,  sutura  profunda  separa- 
tis;  ultimo  paululum  dimidiam  lougitudiuis  superanLe  ;  apertura 
ovato-obloaga,  margine  simplici,  acuto,  continuo  in  columella  recta 
reflexo. 

Coquille  ovale-allongée,  offrant  une  fente  ombilicale  et 
ornée,  transversalement,  de  petites  zones  d'une  teinte  jau- 
nâtre ou  blanchâtre,  qui  s'alternent  d'une  façon  régu- 
lière. Test  sillonné,  de  la  manière  la  plus  gracieuse,  de  stries 
fines  et  délicates,  dont  une,  de  plus  forte  taille,  vient  sy- 
métriquement, de  distance  en  distancé,  rompre  l'unifor- 
mité de  cette  surface.  Spire  assez  allongée,  à  sommet  un 
peu  obtus  ;  cinq  tours  s' accroissant  avec  assez  de  régula- 
rité et  séparés  par  une  suture  nette  et  bien  marquée.  Der- 
nier tour  surpassant  un  peu  la  moitié  de  la  hauteur  totale. 
Ouverture  ovale -oblongue  ,  à  bords  simples,  aigus  et 
réunis  par  une  callosité  qui  se  trouve  réfléchie  sur  la  co- 
lumelle,  qui  est  droite. 

Long.,  9  mill.  — Diam.,  5  mill.  — Haut,  de  l'ouvert., 
5  mill.  1/2.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  3  mill. 

Cette  espèce  habite,  en  Algérie,  les  eaux  des  environs 
de  Bone  (Brondel),  et  d'Alger  (Verreaux). 

Physa  acuta. 

Physa  acuta,  Draparnaud,  Hist.  Moll.,  p.  55,  pi.  m,  f.  10- 
11.  1805. 


234  REV.  ET  MAC  DE  zoologie.  (Mai  1856.) 

Le  type  est  très-rare  en  Afrique  ;  nous  le  connaissons 
seulement  d'une  ou  deux  localités  des  environs  d'Alger. 

Physa  subopaca. 

Physa  subopaca,  Lamarck,  An.  s.  vert.,  tom.  VI,  2°  part., 
p.  157.  1822. 

Cette  espèce,  que  la  plupart  des  auteurs  considèrent 
comme  une  simple  variété  de  Yacuta,  est  très-commune 
dans  tout  le  nord  de  l'Afrique. 

Nous  la  connaissons  d'Alexandrie  et  du  Caire,  en 
Egypte,  des  environs  de  Mascara  (Morelet),  de  Bone  et  de 
Mostaghanem  (Brondel),  en  Algérie. 

On  la  rencontre  encore  dans  toutes  les  îles  Canaries,  où 
elle  est  très-commune,  surtout  au  milieu  des  mares  voisi- 
nes de  la  Santa-Crux,  à  Ténériffe  (Webb  et  Berthelot, 
Aie.  d'Orbigny). 

Physa  Brondelii. 

Testa  ovata,  imperforata,  pelhicida,  suceinea,  elegantissime  ârgu- 
tissimeque  striata,  prœsertim  ad  suturam  ;  spira  brevissima,  apice  ob- 
tusiusculo;  anfractibus  4,  sutura  canaliculata  separatis;  apertura 
piriformi;  columella  contorta  ac  sicut  truucata;  margine  acuto, 
simplice,  coutinuo  ac  ad  coluraellam  adspresso. 

Coquille  ovale,  imperforée,  transparente,  fragile,  d'une 
couleur  ambrée  et  très-élégamment  ornée  de  petites  stries, 
surtout  vers  la  suture.  Spire  très-courte,  à  sommet  obtus, 
quatre  tours  séparés  par  une  suture  canaliculée.  Ouver- 
ture piriforme ,  à  bords  aigus,  simples,  réunis  par  une 
callosité  qui  recouvre  la  columelle.  Celle-ci  est  fortement 
contournée,  comme  tronquée,  et  n'atteint  point  la  base 
de  l'ouverture. 

Long.,  7  mill.  —  Diam.,  5  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
6  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  3  mill. 

Cette  nouvelle  espèce,  que  nous  dédions  à  l'infatigable 
chercheur  M.  Brondel,  a  été  recueillie,  par  lui,  aux  en- 
virons de  Bone,  en  Algérie. 


TRAVAUX   TNÉDITS.  235 

Physa  Canariensis. 

Physa  fontinalis  (1),  Webb  et  Berthelot,  Syn.  Moll.,  n°  2, 

1833. 
Physa  fontinalis,  Alcide  d'Orbigny,  Moll.  Canaries,  p.  75, 

1839. 

Bien  que  cette  espèce  soit  décrite  d'une  manière  trop 
succincte  dans  les  ouvrages  que  nous  venons  de  citer, 
nous  croyons,  d'après  les  quelques  caractères  indiqués  par 
ces  auteurs,  que  cette  Physe  doit  constituer  une  espèce 
distincte  de  la  fontinalis. 

Cette  coquille  possède  un  test  bien  plus  épais,  et  offre 
une  surface  ornée  de  stries  fines  et  régulières,  ce  qui  n'a 
jamais  lieu  chez  la  fontinalis,  qui  a,  au  contraire,  un  test 
parfaitement  lisse. 

La  Physa  Canariensis  habite  communément  dans  tous 
les  cours  d'eau  des  Canaries. 

i 
Physa  Forskalii. 

Isidora  Forskalii,  Ehrenberg,  Symb.  phys.  Moll.,  1831. 

Testa  fusiformi,  oblonga,  subumbilicata ,  levissime  transverse 
gtriata;  anfractibus  3  1/2;  apertura  elongata,  angusta,  simplici. 

Long.,  5  mill. — Diam.,  2  mill.  1/4. — Haut,  de  l'ouvert., 
2  mill.  1/4.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  1  mill. 

Cette  espèce  habite  les  eaux  des  environs  de  Damiette, 
en  Egypte. 

Physa  'lamellosa. 

Isidora  lamellosa,  Roth,  Spicil.  Moll.  orient,  in  Malak. 
blatter,  p.  49,  pi.  2,  f.  14-15.  1855. 

Testa  fusiformi,  elougata,  rimata,  tenui,  vitrina,  saepius  nigro  in- 
(1)  Non  Physa  (Bulla)  fontinalis,  Linnœus. 


236         REV.  ET  MAC  DE  zoologie.  [Mai  1856.) 

dumento  opaca  ;  spira  obtusa  ;  anfractibus  5  convertis,  prope  angulum 
sutura?  unicarinatis,  crebris  lamellis  axi  parallelis  elegaoter  costu- 
latis;  apertura  ovali,  ferc  intégra,  marginibus  modo  connexis  modo 
disjunctis,  vix  incrassatis. 

Long.,  7  mill.  —  Diam.,  2  mill.  1/2.  —  Haut,  de  l'ou- 
vert., 3  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  2  mill. 

Cette  charmante  espèce  habite  le  Nil  (Roth.).  Nous  l'a- 
vons reçue  dernièrement  des  environs  du  Caire  (Gory). 

Les  Physes  de  la  faune  africaine  proprement  dite  sont 
les  suivantes  : 

Physa  diaphana. 

Physa  diaphana,  Krauss,  die  Sudafrick.  Moll...,  p.  84, 
tab.  v,  f.  ii,  1848. 

Testa  parva,  rimata,  nitida,  diaphana,  subhyalina,  subtilissime 
striata  ;  spira  brevi,  conica ,  apice  acutiuscula  ;  anfractibus  4  1/2 
convexiusculis  ;  ultimo  ventricoso,  2/3  longitudinis  œquante  ;  sutura 
mediocri;  apertura  ovata;  peristomate  simplicc,  sublabiato,  margi- 
nibus callo  tenui  junctis;  columella  simplice;  margine  subreflexo, 
perforationem  semitegente. 

Long.,  6  mill.  —  Diam.,  4  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
4  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  2  1/2  mill. 
Habite  le  pays  de  Natal,  dans  la  vallée  d'Umgani. 

Physa  tropica. 

Physa  tropica,  Krauss,  die  Sûdaf.  Moll.,  p.  84,  tab.  v, 
f.  12,  1848. 

Testa  perforata,  ventricoso-ovata,  solidiuscula,  pellucida,  albido- 
cornea,  striata;  spira  conica,  acutiuscula;  anfractibus  5  convexis, 
ultimo  inflato,  2/3  longitudinis  subœquaute  ;  sutura  profunda  ;  aper- 
tura ovata;  peristomate  simplice,  marginibus  callo  albo  distincto 
junctis  ;  columella  simplice,  albida,  rectiuscula  ;  margine  dilatato, 
reflexo,  umbilicum  subtegente. 

Long.,  16  mill. —  Diam.,  10  mill. — Haut,  de  l'ouvert., 
10  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  6  1/2  mill. 
Habite  le  pays  de  Natal,  dans  la  rivière  de  Lepenula. 


TRAVAUX   INÉDITS.  237 

M.  Ed.  Verreaux  a  recueilli  cette  même  espèce  au  cap 
de  Bonne-Espérance,  dans  la  rivière  le  Slang-Kop. 

Phvsa  Verre auxii. 

Testa  auguste  perforata,  elongato-veutricosa,  pellucida,  diaphana, 
elegantissime  striata,  pra;scrtim  ad  suturam,  coruea;  apice  acuto  ; 
anfractibus  6  couvetis,  regulariter  crescentibus,  sutura  profonde 
separatis  ;  ultimo  dimidiam  longitudinis  paululum  superante  ;  aper- 
tura  oblonga;  peristomate  siraplice,  acuto,  recto,  solum  in  columella 
recta  deflexo;  marginibus  tenui  callo  junctis. 

Coquille  étroitement  perforée ,  allongée,  renflée,  dia- 
phane, d'une  couleur  cornée,  très-élégamment  striée^sur- 
tout  vers  la  suture.  Sommet  aigu.  Six  tours  de  spire  con- 
vexes, s' accroissant  régulièrement  et  séparés  par  une  su- 
ture profonde.  Dernier  tour  surpassant  un  peu  la  moitié 
de  la  hauteur  totale.  Ouverture  oblongue,  à  péristome 
simple,  aigu,  droit,  se  réfléchissant  seulement  sur  la  co- 
lumelle,  qui  est  droite  ;  bords  marginaux  réunis  par  une 
faible  callosité. 

Long.,  14  mill.  —  Diam.,  9  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
9  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  4  mill. 

Habite  l'Olifante-rivière,  et  la  Kynsna,  au  cap  de  Bonne- 
Espérance  (Ed.  Verreaux). 

Cette  espèce  ne  peut  être  confondue  qu'avec  la  Physa 
tropica,  mais  on  la  séparera  de  cette  coquille,  à  sa  spire 
plus  allongée,  moins  obèse,  à  son  sommet  aigu,  à  ses 
tours  de  spire  moins  ventrus,  à  son  ouverture  plus  oblon- 
gue, etc. 

Physa  Nataleinsis. 

Physa  Natalensis,  Krauss,  die  Sùdaf.  Moll.,  p.  84,  tab.  v, 
f.  10,  1848. 

Testa  subrimata,  ovata,  teuui,  pellucida,  nitida,  pallide  vel  flavido- 
cornea,  striata;  spira  brevi  ;  anfractibus  4  celeriter  crescentibus, 
venlricosis;  ultimo  inflato ,  3/4-5/6  longitudinis  arquante;  sutura 
profunda;  aperturaoblongo-ovata;  peristomate  arcuato  ;  margiuibus 


238         REV.  ET  MAG,  X)E  zoologie.  {Mai  1856.) 

callo  teuuissimo  junctis;  columella  rectiuscula,  subplicata,  margine 
reflexo,  appresso,  perforatiouem  subtegeute. 

Long.,  12  mill.  —  Diam.,  9  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
10  mill.  1/2.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  5  mill. 

Habite  les  étangs  du  pays  de  Natal,  et  le  cap  de  Bonne- 
Espérance  (Verreaux). 

Physa  cyrtonota. 

Testa  perforata ,  ventroso-ovata ,  diaphana  ,  solidiuscula ,  luteolo- 
nigrescentc,  elegantissime  striata;  apice  acuto;  spira  pyramidali, 
debili;  ultimo  anfractu  ventrieoso,  maximo;  anfractibus  5  convexis, 
irrcgulariter  cresccntibus,  sutura  profonde  separatis;  apertura  ovato- 
rotirndata;  peristomate  acuto,  recto,  simplice,  solum  in  columella 
recta  reflexo  ;  marginibus  callo  junctis. 

Coquille  perforée,  ovale,  ventrue,  diaphane,  assez  so- 
lide, très-élégamment  striée,  et  d'une  couleur  jaunâtre 
tirant  sur  le  noir.  Sommet  aigu,  à  spire  fusiforme,  de  fai- 
ble taille,  en  comparaison  du  dernier  tour  qui  est  très- 
grand,  fortement  contourné,  très-renflé  et  comme  bossu. 
Cinq  tours  convexes,  ne  s' accroissant  pas  régulièrement 
et  séparés  par  une  suture  profonde.  Ouverture  ovale-ar- 
rondie,  à  péristome  simple,  aigu,  droit,  seulement  réflé- 
chi sur  la  columelle,  qui  est  droite.  Bords  marginaux  réu- 
nis par  une  callosité  assez  forte. 

Long.,  15  mill. —  Diam.,  11  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
8  mill.  1/2.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  6  mil. 

Habite  le  cap  de  Bonne-Espérance,  daivs  l'Olifante-ri- 
vière  (Ed.  Verreaux). 

Physa  Senegalensis. 

Le  Bulin,  Adanson,  Hist.  nat.  du  Sénégal.  Coq.,  p.  5, 

pi.  1,  fig.  1.  1757. 
Bulinus  Senegalensis,  0.  Millier  (teste,  Beck,  Ind.  Moll., 

p.  118.  1837). 

Testa  parya,  ovato-elongata,  imperforata,  fragili,  nitida,  pellucida, 


TRAVAUX  INÉDITS.  239 

fulva  ac  sœpe  ad  apcrturam  maculis  uigris  punctata,  clegantissime 
slriato-costulata;  spira  sat  clongata,  apice  acuto;  anfractibus  4  1/2 
veotricosis,  ac  sutura  profunda  separatis  ;  ultirao  dimidiain  longitu  • 
dinis  aequanle;  apertura  piriformi  ;  margine  simplici,  acuto,  non 
continuo. 

Coquille  de  faible  taille ,  imperforée ,  ovale-allongée, 
fragile,  brillante,  transparente,  de  couleur  fauve,  et  offrant 
assez  souvent  des  taches  noirâtres  vers  l'ouverture.  Test 
sillonné,  de  la  façon  la  plus  élégante,  de  petites  côtes  fines 
et  très-serrées.  Spire  assez  allongée,  à  sommet  aigu.  Qua- 
tre tours  et  demi  très-renflés  et  séparés  par  une  suture 
très-profonde.  Dernier  tour  égalant  la  moitié  de  la  hau- 
teur totale.  Ouverture  piriforme  à  bords  simples,  aigus 
et  non  continus. 

Long.,  4  mill.  —  Diam.,  2  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
2  mill.  — Larg.  de  l'ouvert.,  1  mill. 

Cette  espèce,  qui  est  très-voisine  de  la  Physa  lamelllosa 
de  Roth,  a  été  recueillie  au  Sénégal  par  Adanson,  dans  les 
marais  et  les  étangs  de  Podor,  où  elle  est  très-commune. 

Physa  Schmidtii. 

Bulinus  Schmidtii,  Dunker,  Ind.  Moll.  Guineam...,  p.  9, 
tab.  ii,  f.  7-8.  1853. 

Testa  elongata,  nitida,  diaphana,  pallide  cornea;  spira  exserta, 
acuta;  anfractibus  4-5  tumidis,  teuerrime  striatis,  sutura  profunda 
separatis;  superioribus  costulatis;  apertura  oblique  ovata;  colu- 
mella  subreflexa. 

Long.,  11  mill. —  Diam.,  4  mill.  1/2.  —  Haut,  de  l'ou- 
vert., 6  mill.  — Larg.  de  l'ouvert.,  3  mill. 

Habite  avec  la  Physa  scalaris,  dans  les  marais  du  Ben- 
guela. 

Physa  scalaris. 

Physa  scalaris,  Dunker,  in  :  zeitschr.  fur  Malak.,  p.  164. 
1845. 


240  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Mai  1856.) 

Bulinus  scalaris,  Dunker,  Ind.  Moll.  Guineam...,  p.  8, 
tab.  ii,  f.  5-6.  1853. 

Testa  subturrito-elongata,  teuuissima,  pallide  corriea,  nitida,  dia- 
phana,  subhyalina  ;  spira  exserta  ;  aofractibus  5  ad  G  convexis,  sub- 
tilissime  striatis,  sutura  profunda  disjunetis;  ultiuio  dimidiam  lon- 
gitudinis  paululum  majore;  apertura  oblique  ovata  ad  marginem 
eoluraellarem  subrefleva,  ita  ut  fissura  umbilicaris  appareat. 

Long.,  14  mill.  —  Diam.,  6  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
7  mill.  1/2.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  3  mill. 
Habite  dans  les  lacs  du  Benguela. 

Physa  Fischeriana. 

Physa  Fischeriana,  Bourguignat,  Aménités  malac.  in  Re- 
vue et  Mag.  de  zool.,  p.  18,  pi.  2,  f.  1-3  (1),  1856  (et 
tirage  à  part),  146,  pi.  xi,  fig.  1-3.  1856. 

Habite  l'Abyssinie. 

Physa  Ludoviciana. 

Physa  Ludoviciana,  i[/ù£re,  Descript.  dequelq.  coq.  nouv., 
in  Revue  de  zool.,  p.  48.  1841. 

Testa  oblougo-turrita,  subperforata,  tenuissima,  squalide  vires- 
ccute,  longitudinaliter  striata;  spira  exserta,  apiceobtuso,  quasi 
truucato;  anfractibus  5  convexis;  ultimo  longiore;  apertura  ovato- 
oblonga,  columella  uniplieata,  peristomate  simplici,  acuto,  rubro; 
margine  cincto. 

Long.,  18  mill. 

Habite  dans  le  bassin  des  sangsues,  à  l'hôpital  de  Saint- 
Louis,  au  Sénégal  (Mittre). 

Physa  Wahlbergi. 

Physa  Wahlbergi,  Krauss,  die sùdaf.  Moll...,  p.  84,  tab.  v, 
f.  13.  1848. 


(1)  Figure  très-mauvaise,  que  cous  avons  fait  recommencer  pour 
nos  tirages  à  part. 


TRAVAUX    INÉDITS.  241 

Testa  rlongato-turrita,  lenui,  pellucida,  pallide  cornea,  striata; 
spira  clongata,  acuta;  anfractibus  7  conveviusculis;  superioribus 
carinal is,  costulato-striatis ; ultimo convcxo,  2/5 longitudinis  œquante  ; 
sutura  profunda;  apertura  oblongo-ovata,  fundo  alba,  peristomate 
simplice;  columella  subarcuata,  subplicata;  margine  brevi,  rellexo. 

Long.,  14  mill.  —  Diam.,  5  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
5  mill.  — Larg.  de  l'ouvert.,  2  mill.  1/2. 

Cette  espèce  a  été  recueillie  dans  le  fleuve  Limpôpo,  au 
pays  de  Natal. 

Enfin,  pour  compléter  l'histoire  des  Physes  africaines, 
nous  allons  mentionner  une  espèce  pour  laquelle  Krauss 
a  crée  un  genre  nouveau  sous  le  nom  de  Physopsis. 

Ce  genre,  caractérisé  par  sa  colunfielle  plissée  et  tron- 
quée à  la  base,  est  au  genre  Physa  ce  que  les  Chilina 
sont  aux  Limnaea. 

On  ne  connaît ,  jusqu'à  présent ,  qu'une  seule  espèce 
de  Physopsis,  qui  est  la  : 

Physopsis  Africana. 

Physopsis  africana,  Krauss,  die  sûdafrik.  Moll.,  p.  85, 
tab.  v,  f.  14.  1848. 

Testa  ventricoso-ovata,  nitida,  subpellucida,  livida,  subtilissime 
striata;  spira  brevi;  anfractibus  5  convexiusculis;  ultimo  ventricoso, 
2/3  lougitudinis  superante  ;  sutura  mediocri  ;  apertura  oblongo- 
ovata  ;  peristomate  simplice. 

Long.,  13  mill.  —  Diam.,  9  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
9  mill.  — Larg.  de  l'ouvert.,  5  mill. 
Habite  le  port  de  Natal. 

S  XLVI. 

Descriptions  de  deux  Bithimes  nouvelles,  suivies  du  ca- 
talogue des  Péristomacés  des  régions  oriento-médi- 
terranéennes. 

Bithima  Verre  a  uxi  an  a. 

Testa  rimato-perforata,  obeso-ventricosa,  solida,  elegauter  stria- 
2e  série,  t.  vin.  Aunée  1856.  16 


242         REV.  ET  MAC»  DE  zoologie.  (Mai  1856.) 

tula,  lutcolo-fuha,  vel  nigrescente;  apice  obtuso;  anfractibus  4  1/2 
convexis,  sutura  profuude  separatis;  ultimo  dimidiani  Iongitudinis 
arquante;  apertura  rotundato-oblonga  ;  peristomate  acuto,  simplice, 
recto,  solum  adcolumellam  reflcKo;  margiuibus  callo  junctis. 

Coquille  perforée,  obèse,  ventrue,  solide,  élégamment 
striée  d'une  couleur  fauve -jaunâtre.  Sommet  obtus. 
Quatre  tours  et  demi  convexes,  nettement  séparés  par  la 
suture.  Dernier  tour  égalant  la  moitié  de  la  hauteur  totale. 
Ouverture  ovale-arrondie,  à  péristome  simple,  droit,  seu- 
lement réfléchi  sur  la  columelle.  Bords  marginaux  réunis 
par  une  callosité  assez  forte. 

Long.,  11  mill.  —  Diam.,  7  mill. 

Cette  Bithinie  habite  le  Nil ,  en  Egypte  ;  elle  nous  a  été 
communiquée  par  M.  Edouard  Verreaux,  auquel  nous 
nous  empressons  de  la  dédier. 

Cette  espèce  ne  peut  être  confondue  qu'avec  la  Bithinia 
CyclostomoidcSy  de  Kuster. 

On  distinguera  la  Verreauociana  de  cette  dernière  co- 
quille, à  ses  tours  de  spire  moins  élancés,  plus  obèses ,  à 
son  sommet  obtus,  à  sa  perforation  ombilicale  plus  consi- 
dérable, à  son  dernier  tour  plus  ventru,  égalant  la  moitié 
de  la  hauteur  totale,  à  sa  spire  moins  turriculée,  etc. 

Bithinia  Hebraica. 

Testa  rimata,  oblongo-ventricosa,  lœvi,  luteolo-viridesceute  ;  apice 
obtusissimo;  anfractibus  4  convevis,  sutura  maxime  impressa,  sepa- 
ratis;  ultimo  ventricosa  dimidiam  Iongitudinis  œquaiite;  apertura 
piriformi.vix  obliqua,  peristomate  acuto,  simplice,  recto,  non  soluto. 

Coquille  oblongue,  ventrue,  lisse,  d'une  teinte  jaune- 
verdâtre,  et  offrant  une  petite  fente  ombilicale  peu  sensi- 
ble. Sommet  très -obtus;  quatre  tours  de  spire  très-con- 
vexes, séparés  par  une  suture  fortement  marquée.  Dernier 
tour  de  spire  égalant  la  moitié  de  la  hauteur  totale.  Ou- 
verture piri forme  à  peine  oblique,  à  péristome  continu, 
simple,  droit  et  aigu. 

Haut.,  4  mill.  —  Diam.,  2  mill. 

Habite  les  eaux  des  environs  de  Sayda  (Gaillardotj. 


% 

TRAVAUX    INKMTS.  343 

Depuis  quelque  temps  le  nombre  des  espèces  de  la  fa- 
mille de  Péristomacés  s'est  tellement  accru  dans  les  régions 
oriento-méditerranéennes,  que  nous  croyons  utile  de  don- 
ner ici,  comme  simple  mémento,  la  liste  de  toutes  ces  co- 
quilles publiées  par  les  auteurs. 

Nous  n'indiquerons  que  les  espèces  de  la  partie  asiati- 
que de  l'empire  ottoman,  en  y  comprenant  celles  de  l'E- 
gypte, qui  s'y  rattachent  sous  tous  les  rapports  géographi- 
ques et  zoologiques. 

Les  mollusques  de  la  famille  des  Péristomacés,  connus 
jusqu'à  ce  jour,  appartiennent  aux  genres  Vivipara  (1)  et 
Bithinia,  et  sont  au  nombre  de  dix-huit. 

Voici  leurs  appellations  scientifiques,  et  la  localité 
exacte  où  chacune  d'elles  a  été  rencontrée. 

V  I VIPARA  MAMILLATA. 

Paludina  mamillata,  Kiister,  Gonch.  cab.  Palud.,  p.  9, 
taf.  2,  f.  1-5.  1852. 
Habite  le  Monténégro  et  les  environs  de  Se u tari. 

Vivipara  unicolor. 

Cyclostoma  unicolor,  Olivier>\oy.  de  l'emp.  ott.,  tom.  H, 

p.  39,  tab.  xxxi,  f.  9,  A.  B.  1801. 
Paludina  unicolor,  Deshayes,  Encycl.  méth.  vers.,  tom.  111, 

p:  698,  n°  4.  1832. 

Se  rencontre  communément  dans  toute  l'Egypte. 

Kiister,  dans  sa  Monographie  des  Paludines  (in  Chemn. 
(nov.  éd.),  Conch.  cab.,  p.  21.  1852),  rapporte  à  tort,  à 
cette  espèce,  la  Paludina  semicarinata,  de  Brard  (in  Journ. 
de  phys.,  f.  4-5.  Juin,  1811),  qui  est  une  coquille  fossile 
des  environs  de  Paris,  pariaiteflaent  distincte  de  celle-ci. 

Bithinia  badiella. 
Paludina  badiella,  Parreyss  (texte  Charpentier),  in  Kw- 

(1)  Nous  adoptons  le  pepM  Vivipara  ù  Ja  place  de  celui  (4c  Pa4udiua, 
parce  qu'il  est  antérieur  à  ce  dernier. 


244  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Mat  1856.) 

ter,  Conch.  cab.  Palud.,  p.  62,  tab.  xi,  f.  25-28. 

1853. 
—    —    Mousson,  Coq.  terr.  et  fluv.  d'Orient,  p.  49. 1854. 
Habite  les  cours  d'eau  des  environs  de  Beirouth,  en 
Syrie.  Se  rencontre  également  aux  environs  de  Damas  et 
au  Liban,  aux  alentours  du  Deïr-el-Kamr.  (Bellardi.) 

BlTHINIA  BULIMOIDES  (1). 

Cyclostoma  Bulimoides,  Olivier,  Voy.  au  Levant, tab.  xxxi, 

f.  6.  1801. 
Paludina  Bulimoides  (2),  Deshayes,   in  Lam.  an.  s.  v. 

(2e  édit.),  tom.  VIII,  p.  517,  n°  9.  1838. 
Cyclostoma  Gaillardotii, /?owr#*a#wa£,  Am.  malac.  in  Rev. 
et  Mag.  de  zool.,  p.  335,  pi.  vin,  f.  5-7  (tirage  à 
part),  p.  104,  pi.  vu,  f.  5-7.  1854. 

Cette  Bithinie  habite  le  Nil,  ainsi  que  tous  les  cours 
d'eau  de  l'Egypte  et  de  la  Nubie. 

L'année  dernière,  nous  fiant  à  de  fausses  indications  et 
n'ayant  en  notre  pouvoir  que  des  échantillons  sans  .oper- 
cules, nous  avons  commis  la  faute  d'ériger  cette  même  co- 
quille en  espèce  nouvelle,  sous  le  nom  de  Cyclostoma  Gail- 
lardotii. 

Depuis  cette  époque,  de  nouvelles  études  nous  ont  tait 
reconnaître  notre  erreur  ;  nous  nous  empressons  de  la  rec- 
tifier en  ce  moment. 

Cette  Bithinie,  que  nous  appelions  à  tort  Cyclost.  Gail- 
lardotiiy  habite  les  cours  d'eau  des  environs  de  Sayda,  en 
Syrie,  et  doit  former  une  variété  plus  grande  et  plus  ven- 
true du  véritable  Bulimoides. 

BlTHINIA  ByzANTHINA. 

Paludina  Byzanthina,  Parreyss,  in  litt.  (texte  Charpen- 

(1)  Non  Bithinia  Bulimoidea  des  auteurs  français. 

(2)  Non  Paludina  Bulimoides  de  Ziegler,  nec  Paludina  Bulimoidea 
de  Miehaud. 


TRAVAUX   INÉDITS.  245 

tier),  in  Kuster,  Conch.   cab.  Pal.,  p.  61,taf.  il, 

f.  19-20.  1853. 
—    —    Mousson,  Coq.  terr.  et  fluv...  d'Orient,  p.  27. 

1853. 
Habite  Brousse,  en  Anatolie ,  ainsi  que  les  sources  de 
Bonnhar-Backy,  au  fond  du  golfe  de  Smyrne.  (Bellardi.) 

BiTHINIA  CYCLOSTOMOIDES. 

Paludina  Bulimoides  (1),  Ziegler  (texte  Charpentier). 
Paludina  Cyclostomoides,  Kuster,  in  Conch.  cab.  g.  Pal., 
p.  32,  taf.7,f.  6-10.  1852. 

Habite  l'Egypte. 

BlTHINIA  EL  ATA. 

Paludina  elata,  Parreyss,  in  litt.  (texte  Charpentier),  in 
Kuster,  Conch.  cab.  Pal.,  p.  59,  taf.  Il,  f.  11-12. 
1853. 
Habite  les  eaux  de  Mossoul. 

BlTHINIA  GaILLARDOTII. 

Bithinia  Gaillardotii,  B our guignât,  Amèn.  Malac,  in  Rev. 
et  Mag.  de  zool.,  pi.  xv,  fig.  10-11.  1855,  et  pag.  19. 
1856.  ( Tirage  à  part ),  pag.  147,  pi.  vin,  fig.  10-11. 
1856. 
Habite  les  environs  de  Sayda,  en  Syrie. 

Bithinia  Goryi. 

Paludina  decipiens,  Férussac ,  in   litt,  et  in  Mus.  Par. 

Kuster,  in  Conch.-cab.,  p.   35,   tab.  vu,  f.  27-29. 

1852. 
Bithinia  decipiens,  Roth,  Spicil.  Moll.  Orient,  in  Malak. 

Blatter,  p.  51,  1855. 

Se  rencontre  dans  le  Nil  et  tous  les  cours  d'eau  qui  en 
dérivent. 

(1)  Non  Paludiua    Bulimoides  de  Deshayes  .   nec  paludina  Buli- 
moidea  de  Michaud. 


:H6  REV.  ET  MAG,  DE  ZOLOGIE.   (i/m  1856.) 

Nous  changeons  le  nom  de  cette  espèce,  parce  qu'il 
existe  déjà  une  autre  coquille  toute  différente,  à  laquelle 
M.  Millet  d'Angers  a  attribué  l'appellation  de  decipiens. 
{Millet,  in  Mag.  de  zool.  pi.  63,  f.  2.  1842,  et,  in  Mém. 
Soc.  agric.  d'Angers,  p.  123,  pi.  1,  f.  2.  1844.) 

Nous  attribuons  à  l'espèce  égyptienne  le  nom  d'un  na- 
turaliste distingué  ,  M.  Gory  ,  en  souvenir  de  l'aimable 
complaisance  qu'il  a  mise  à  nous  communiquer  ses  mol- 
lusques d'Egypte. 

ËlTHIMA    HaWADIERIANA. 

Bithinia   Hawadieriana,   Bourguignat,    Cat.   rais.  Moll. 
d'Orient,  p.  63,  pi.  n,  f.  46-47.  1853. 
Habite  le  Bahr-el-Houlé,  en  Syrie. 

Bithinia  lactea. 

Paludina  lactea,  Parreyss,  in  litt.  in  Kiïster,  Conch.  cab. 
Palud.,  p.  50,  taf.  10,  fl  5-6.  1853. 
Habite  les  environs  de  Mossoul. 

Bithinia  longiscata. 

Bithinia  longiscata,  Bourguignat,  Ann.  Malac.  in  Rev.  et 
Mag.  de  zool.,  pi.  15,  f!  12-13.  1855,  et  p.  20.  1856 
(tirage  à  part),  pag.  148,  pi.  8,  fig.  12-13.  1856. 
Les  environs  de  Sayda,  en  Syrie. 

Bithinia  Moquiniana. 

Bithinia  Moquiniana,  Bourguignat.  Amén.  Malac.  in  Rev. 
et  Mag.  de  zool.,  pi.  15,  fig.  14-15.  1855,  et  pag.  21. 
1856  (tirage  à  part),  p.  148,  pi.  8,  fig.  14-15.  1856. 
Les  environs  de  Sayda,  en  Syrie. 

BlTHIMA  NaTOLICA. 

Paludina  Natolica,  Charpentier,  in  litt.  in  Kilster,  Conch. 
cab.,  p.  60,  taf.  n,  f.  f.  15-16.  1853. 
Habite  les  eaux  de  Brousse,  en  Anatolie. 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  247 

BlTHINIA  PUTONIANA. 

Bithinia  Putoniana,  Bourguignat.  Amén.  Malac.  in  Rev. 
et  Mag.  dezool.,  p.  GG.  183G  (tirage  à  part),  p.  149, 
])].  15,  fig.  5-6.  1856. 
Sayda,  en  Syrie. 

BlTHIMA    RUBENS. 

Paludina  rubens,  Mcnke,  Syn.  Moll...,  p.  134.  1830. 
Paludina  ferruginea,  Jan  et  Crittoforw,  Cat.,  p.  5.  1832. 
Paludina  rubens  Philippi,  Enum.  Moll.  Siciliae,  tom.  1, 

p.  148,  pi.  ix,  f.  4.  1836. 
Bithinia  rubens,  Bourguignat,  Cat.  rais.   Moll.  d'Orient, 

p.  62. 1853. 
Cette  espèce,  découverte  en  Sicile,  a  été  rencontrée  de- 
puis en  Algérie,  en  Grèce,  etc.  En  Syrie  elle  habite  le 
Bahr-el-Houlé,  les  environs  de  Baalbeck  (deSaulcy),  Sayda 
(Gailîardot),  les  environs  de  Damas  (de  Saulcy,  et  Gail- 
lardot). 

Bithinia  Saulcyi. 

Bithinia  Saulcyi,  Bourguignat ,  Cat.  rais.  Moll.  d'Orient, 
p.  63,  pi.  ii,  fig.  43-45.  1853. 
Habite  les  flaques  d'eaux  des  environs  de  Baalbeck,  en 
Syrie. 

Bithinia  Senaariensis. 

Paludina  Senaariensis,  Parreyss,  in  litt.  in  Kiister,  Conch. 
cab.,  p.  14,  taf.  9,  f.  10-11.  1852. 

Habite    le    Sennaar,  en  Afrique,  ainsi  que   la   haute 
Egypte, 


II.     SOCIETES     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  28  décembre  1856.  —  S.  A.  le  prince  Ch.  Bo- 
naparte donne  lecture  d'un  travail  sur  des  Jïtpèces  non- 


2i8  REV.  ET  MACr.  DE  zoologie.  [Mai  1856.) 

velles  d'Oiseaux  d'Asie  et  d'Amérique,  suivi  de  Tableaux  pa- 
ralléliques  des  Pélagiens  ou  Gaviœ. 

Dans  ce  travail,  le  savant  prince  fait  connaître  plusieurs 
espèces  découvertes  à  Caracas  et  en  Palestine.  Ce  sont  : 

Une  Tourterelle  qui  vient  enrichir,  comme  troisième 
espèce,  le  genre  Peristera  des  Zénaidiens. 

«  Notre  jolie  Tourterelle  ne  différant  que  par  la  poitrine 
de  celle  dédiée  par  Temminck  à  notre  grand  zoologiste 
Geoffroy  Saint-Hilaire,  nous  nous  félicitons  de  pouvoir 
l'intituler  Peristera  wndetoura,  SimillimaP.  Geoffroy i, 
sed  pectore  purpureo-castanco ,  en  l'honneur  de  sa  veuve, 
Mrae  Pauline  Mondétour,  dont  les  vertus  et  le  noble  carac- 
tère digne  des  anciens  temps  sont  à  la  hauteur  de  la  gloire 
scientifique  de  son  mari. 

«  M.  Lefèvre,  l'habile  taxidermiste,  d'après  lequel  a  été 
nommée,  en  Allemagne,  la  Sida  qui  porte  ce  nom,  m'a 
communiqué,  pour  en  avoir  les  déterminations,  une  petite 
collection  d'animaux  recueillis  en  Palestine  par  M.  le  duc 
Vallombrosa.  Malgré  les  croisades  et  les  pèlerinages  des 
chrétiens ,  la  zoologie  de  la  terre  sainte  ne  nous  est  pas 
mieux  connue  que  celle  de  la  Mecque.  Je  n'en  veux  d'au- 
tre preuve  que  cette  collection.  Parmi  des Sciurus  syriacus, 
âesÂmmoperdix  Heyi  tués  dans  les  jardins  mêmes  de  Damas, 
avec  des  Gavia  brunneiceps,  des  Ceryle  rudis,  etc.,  j'ai,  à 
mon  grand  étonnement,  trouvé  plusieurs  espèces  appar- 
tenant à  des  genres  réputés  étrangers  à  ces  climats,  et 
dont  trois  ou  quatre  paraissent  même  nouvelles  pour  la 
science.  Ce  sont  : 

«  1.  Un  Souimanga  très-brillant  des  plaines  de  Jéricho, 
que  je  nommerai  Cynnyris  osea,  Bp.  Viridi-smaragdina , 
in  fronte,  in  pectore,  et  in  uropygio  cœrulans  ;  subtus  fuli- 
ginosa  penicillis  utrinque  duobus,  primo  rubro,  altero  flavo. 

«  2.  JJn  Crateropus  ckahjbeus,  Bp.,  des  bords  du  lac  de 
Tibériade ,  près  de  Nazareth  :  d'un  gris  pâle  d'acier, 
sans  aucune  teinte  rousse  ou  verdâtre  comme  dans  le  Cr. 
acaciœ  et  le  Cr.  squamiceps  :  blanc  roussâtre  en  dessous, 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  249 

les  plumes  de  la  tête  écaillées,  brunes  au  milieu,  lisérées 
de  blanchâtre,  comme  dans  ce  dernier. 

«  3.  Un  Ixos  ou  Pycnonotus ,  différent  du  véritable  ni- 
gricans  venant  d' Afrique ,  mais  peut-être  identique  avec 
le  xanthopygios,  Ehrenberg,  d'Arabie,  qu'on  lui  rapporte 
ordinairement  comme  synonyme.  Une  petite  monographie 
de  ces  Iœodës  si  semblables  serait  indispensable  pour  bien 
faire  distinguer  surtout  les  espèces  qui  se  représentent  ré- 
ciproquement en  Asie,  en  Afrique  et  dans  les  îles  Malai- 
sicnnes.  La  nôtre,  commune  dans  les  jardins  de  Jaffa,  où 
son  chant  harmonieux  l'a  fait  croire  aussi  le  Boulboul,  est 
remarquable  par  ce  qui  suit  :  le  noir  de  sa  tête,  qui 
s'étend  sur  la  gorge,  est  très-bien  défini,  quoique  peu  pro- 
longé supérieurement,  et  tranche  avec  le  gris  uniforme  de 
la  nuque,  de  la  poitrine  et  des  flancs,  qui  ne  tend  ni  au 
roux,  ni  au  noirâtre,  ni  au  blanchâtre,  comme  dans  les 
espèces  voisines.  Le  sous-queue  est  d'un  beau  jaune-serin. 
Si,  contre  notre  attente,  cet  Ixos  différait  du  xanthopy- 
gios, que  nous  ne  possédons  pas  d'Arabie,  on  pourrait  le 
nommer  Ixos  Vallomhrosœ,  du  nom  du  noble  personnage 
auquel  la  science  en  serait  redevable. 

«  Ixos  cinereus,  subtus  albo-griseus,  crisso  jlavissimo  : 
pileo,  genis  gulaque  nigerrimis,  cauda  nigricante  obsolète 
fasciolata,  apice  grisescente. 

«  4.  Une  Saxicola  typique  tuée  sur  la  montagne  de  la 
Quarantaine,  près  Jéricho.  Elle  est  remarquable  par  son 
sous-queue  couleur  de  cannelle. 

«  Nigra;  pileo,  lergo  latissime,  pectore,  abdomine,  remi- 
gibusquc  interne  albis;  crisso  cinnamomeo  :  cauda  albu, 
apicem  versus,  in  rectricibus  mediis  a  medio,  nigris. 

«  5.  Un  petit  Saxicolien,  également  des  plaines  de  Jé- 
richo, le  plus  délicatement  formé  de  tous,  à  bec  qui  serait 
grêle  même  parmi  les  Sylviens,  dont  il  se  rapproche  con- 
sidérablement. Je  le  publierai  comme  type  du  genre  Ckr- 
gdmii/A,  dont  fera  partie,  à  cause  de  ses  tarses,  Sylvia 
lypura,  Ehr.,  sinon  Saxicola  melanura,  ROpp.,  qui  lui 


250  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Mai  1856.) 

ressemble  tant.  Dès  à  présent ,  je  lui  donne  le  nom  spé- 
cifique d'ÀSTHENiA.  Cinerea  ;  subtus  albida  :  cauda  cum 
tectricibus  super ioribus  nigerrimis  :  rostro  a  basi  gracili,  ex 
toto  nigerrimo. 

«  Les  trois  Roitelets  si  semblables,  deux  d'Europe,  un 
de  l'Amérique  septentrionale,  ne  sont  pas  les  seuls  que 
comprenne  ce  petit  genre  restreint.  Outre  le  R.  made- 
rensis  que  décrit  M.  Harcourt  dans  les  Proceedings  de  la 
Société  zoologique  de  Londres  pour  1854,  outre  le  R.  ja- 
ponicus,  si  difficile  à  distinguer  du  R.  cristatus  d'Europe, 
il  s'en  trouve  une  cinquième  espèce  dans  l'Amérique  du 
Sud.  Et  comme  si  ce  fait  seul  ne  renversait  pas  assez  les 
idées  préconçues  sur  ce  genre,  le  nouveau  Regulus,  que 
nous  nommons,  d'après  Gould,  R.  surinamensis,  de  la 
localité  où  il  a  été  recueilli ,  ressemble  encore  plus  aux 
espèces  d'Europe  qu'à  celles  de  l'Amérique  septentrionale, 
dont  il  n'a  pas  la  queue  allongée. 

«  Cauda  brevicula  :  fronte  concolore.  Simillimus  cristato 
Europae,  nec  satrapae  Americae  borealis. 

«  Les  monts  Himalaya  nourrissent  aussi  une  nouvelle 
espèce  que  Gould  va  nous  figurer,  dans  ses  Rirds  of  Âsia, 
sous  le  nom  de  Reg.  himalayensis . 

«  Similis  cristato,  sed  major,  rostro  longiore  et  crista  ci- 
trina  vix  aurantiaca,  super  ciliis  nigris  latissimis.  » 

A  la  suite  de  ces  documents,  le  prince  a  donné  une 
série  de  tableaux  comparatifs  et  paralléliques  des  ordres 
des  Pélagiens  (G avise)  et  des  Ptiloptères.  «  De  leur  étude 
approfondie  résultera  une  foule  de  faits  nouveaux  relatifs 
à  la  classification,  à  la  nomenclature,  à  la  synonymie  et 
aux  divers  rapports  des  espèces.  On  y  verra,  par  exemple, 
combien  est  peu  fondée  l'audacieuse  assimilation  que  vou- 
drait faire  M.  Bruch  de  mon  Procellarus  neglectus  avec 
Rlasipus  Heermanni!  On  y  verra  comme  quoi  le  genre 
Thalassites,  Sw.,  qui  peut,  d'ailleurs,  être  restreint  à  une 
soûle  espèce,  comme  étendu  à  tous  les  grands  Sternum  à 
gros  bec  courbé,  doit  plutôt  être  rapporté  au  genre  Sylo- 


SOCIÉTÉS    SAVANTES.  251 

chelidon  qu'à  Phœlum,  puisque  son  type  est  Th.  melanotis, 
Sw.;  on  y  verra  surtout  que  les  Grèbes  d'Amérique  font 
subir  un  nouvel  éehec  à  la  fameuse  théorie  suivant  laquelle 
tout  être  vivant  se  rapetisse  et  dégénère  en  Amérique.  En 
tout  cas,  pas  plus  que  le  Grèbe  joue-gris ,  ce  n'est  certes  ni 
l'Homme  ni  le  Héron.  » 

M.  Magne  présente  un  Mémoire  ayant  pour  titre  :  De  la 
description  et  de  l'amélioration  des  principales  races  fran- 
çaises de  l'espèce  bovine. 

Ce  remarquable  travail,  dont  l'auteur  n'a  donné  qu'un 
très-court  résumé  dans  les  Comptes  rendus  de  l'Académie, 
mérite  toute  l'attention  des  agriculteurs  et  des  zootech- 
nistes,  car  il  est  dû  à  la  longue  expérience  de  l'un  des 
hommes  les  plus  compétents  dans  ces  matières. 

M.  Duméril  donne  une  idée  d'un  beau  mémoire  de  son 
fils,  publié  dans  les  Archives  du  Muséum,  t.  VIII,  et  ayant 
pour  titre  :  Description  des  Reptiles  nouveaux  ou  imparfai- 
tement connus  du  Muséum  d'histoire  naturelle  de  Paris,  et 
remarques  sur  la  classification  et  les  caractères  de  ces  ani- 
maux; par  M.  Auguste  Duméril. 

«  Ce  mémoire  est  consacré  à  l'examen  des  trois  familles 
des  Geckos,  des  Varans  et  des  Iguanes.  Ces  publications 
serviront  de  Suppléments  à  V Erpétologie  générale,  ouvrage 
que  j'ai  achevé  de  faire  paraître  avec  la  collaboration  de 
mon  fils,  après  l'avoir  longtemps  préparé  avec  l'aide  de 
G.  Bibron,  si  prématurément  arrêté  dans  sa  carrière. 

«  Ce  travail  contient  une  analyse,  faite  avec  soin,  des 
nouveaux  systèmes  de  classification  dont  l'introduction 
dans  la  science  remonte  à  une  époque  ultérieure  à  celle  de 
la  publication  des  divers  volumes  de  notre  Erpétologie 
générale. 

ce  II  résulte  de  la  révision  des  trois  familles  de  Sauriens 
étudiés  dans  ce  Mémoire,  que  le  Musée  de  Paris  renferme 
actuellement  parmi  les  Geckos,  les  Varans  et  les  Iguanes, 
cinquante-quatre  espèces  nouvelles  et  non  mentionnées 
dans  les  IIIe  et  IVe  volumes  de  mon   Erpétologie,  et  dans 


252  REV.  ET  MAG.  DE   ZOOLOGIE.  [Mai  1856.) 

ce  nombre  il  y  en  a  vingt-cinq  que  mon  fils  a  fait  con- 
naître pour  la  première  fois,  parce  qu'elles  n'avaient  été 
indiquées  par  aucun  zoologiste.  Parmi  ces  dernières,  il 
s'en  trouve  quatre  qui,  n'ayant  pu  être  rapportées  à  aucun 
des  genres  déjà  établis,  ont  dû  prendre  rang  sous  des 
noms  génériques  nouveaux. 

«  Si  à  ces  cinquante-quatre  espèces  on  en  joint  vingt- 
trois  autres  peu  connues,  dont  sept  jusqu'alors  inédites  et 
comprises  parmi  les  Tortues,  les  Caméléons  et  les  Croco- 
diles, étudiées  dans  le  Mémoire  auquel  celui-ci  fait  suite, 
il  résulte  de  ce  relevé  que  pour  la  portion,  encore  peu 
considérable,  de  la  classe  des  Reptiles  passée  en  revue 
dans  les  deux  premiers  suppléments,  soixante-dix-sept 
espèces  y  sont  décrites.  En  outre,  sur  les  dix-sept  plan- 
ches qui  les  accompagnent ,  on  trouve  un  grand  nombre 
de  figures  qui  représentent  soit  les  animaux  entiers,  soit 
des  détails  importants  sur  les  caractères  zoologiques  les 
plus  essentiels  qu'il  était  nécessaire  de  développer.  » 

M.  Paul  Gervais  adresse  une  Notice  sur  trois  espèces  de 
Dauphins  qui  vivent  dans  les  régions  du  haut  Amazone. 

Dans  ce  travail,  M.  Gervais  annonce  la  description  de 
deux  espèces  nouvelles  [Delphinus  pallidus  et  Delphinus 
fluviatilis)  qui,  avec  le  Delphinus  Geoffrensis  (Inia  boli- 
viensisy  d'Orb.,  Delphinus  amazonicus,  Spix  et  Martius), 
forment  trois  espèces  des  fleuves  de  l'Amérique. 

M.  Strauss-Durckeim  adresse  une  Note  intitulée  :  Pro- 
priétés des  solutions  aqueuses  saturées  de  zinc  pour  la  con- 
servation des  substances  animales. 

«  J'ai  l'honneur  de  mettre  sous  les  yeux  de  l'Académie 
une  tête  de  Roussette,  poisson  de  la  famille  des  Squales, 
conservée  depuis  seize  ans  dans  un  liquide  conservateur 
que  j'ai  fait  connaître  pour  la  première  fois  comme  anti- 
putride dans  mon  Traité  pratique  d'Anatomie  compara- 
tive publié  en  1842.  Cette  liqueur  est  composée  de  14  par- 
ties de  sulfate  de  zinc  dissoutes  dans  10  parties  d'eau  (sa- 
turée) . 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  253 

«  On  peut  voir  par  cette  préparation  que  le  corps  des 
animaux  vertébrés  se  conserve  si  bien  dans  ce  liquide, 
que  ce  poisson  présente,  en  apparence,  toutes  les  qualités 
d'un  animal  frais,  et  cela  jusqu'à  son  odeur  de  marée 
fraîche.  Pour  mieux  reconnaître  la  propriété  conserva- 
trice de  cette  solution,  j'ai  laissé  pendant  les  seize  années 
cette  tête  de  poisson  dans  un  bocal  ouvert  à  l'air  libre,  en 
y  remplaçant  de  trois  en  trois  mois  à  peu  près  le  liquide 
évaporé  par  de  l'eau  ordinaire  que  j'y  versais.  Je  vais 
maintenant  soumettre  cette  préparation  à  la  dessiccation 
pour  la  momifier,  convaincu. qu'elle  se  conservera  indéfi- 
niment dans  cet  état. 

«  Je  pense  que  cette  communication  peut  avoir  quelque 
intérêt  pour  l'Académie  ;  cette  liqueur  pouvant  servir, 
d'une  part,  à  la  momification  des  corps,  en  l'injectant 
dans  les  artères.  » 

Séance  du  5  mai  1856.  —  S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte 
lit  des  Observations  sur  la  zoologie  géographique  de  l'Afri- 
que, et  description  d'un  nouveau  genre  et  de  nouvelles  espèces 
d'oiseaux. 

Après  avoir  rappelé  une  communication  qu'il  a  faite  à 
l'Association  britannique  tenue  à  Glascow  en  1855,  le 
prince  relève  quelques  inexactitudes  qui  se  sont  glissées 
dans  le  compte  rendu  de  cette  séance,  puis  il  fait  connaître 
une  nouvelle  forme  d'oiseaux  intermédiaire  aux  Turdides, 
aux  Lanides  et  aux  Muscicapides ,  auxquels  elle  appartient 
probablement,  malgré  son  aspect  robuste  et  son  bec  si 
peu  déprimé. 

«  Genre  Moquinus,  Bp.  —  Rostrum  brève,  robustum, 
rectum,  acutum,  basi  dilatatum;  maxilla  incurva;  mandi- 
bula  naviculare  apice  subrecurva  :  nares  magnœ,  elongatœ, 
perviœ,  basi  plumulis  dense  tectœ.  Pedes  longùsimi,  robusti, 
scutellati;  digiti  larso  triplo  breviores,  internus  omnium 
brevissimus,  liberus;  ungues  falculœ  acutissimœ,  poslicus 
robustior.  Alœ  longiculœ,  amplissimœ,  rotundatœ;  remigum 
prima  decimam  œquans,  secunda  longitudine  sextam  vix 


254  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Mat  185G.) 

superarts;  ter lia ,  quarta  et  quinta  omnium  brevùsimœ. 
Cauda  brevis,  angusta,  rectricibus  duodecim  mollibus, 
strictis. 

«  Nous  nommons  l'espèce  typique,  et  jusqu'à  présent 
la  seule  connue  du  genre, 

«  Moquinus  tandonus,  Bp.  —  Cinereo-ardesiacus  ;  pileo, 
genis,  altSy  scutopectorali,  roslro,  pedibusque  nigris;  lunula 
f'rontali,  collare  cervicale  interrupto,  gula,  jugulo,  linea 
mediana  secus  abdomen,  ventre,  crisso,  macula  hinc  inde 
scapulari,  speculo  alari,  remigum  primariarum  basi,  secun- 
dariarum  apicibus,  caudaquç  albis  :  rectricibus  mcdiis  ma- 
cula piriformi  elongata  nigra. 

«  Des  côtes  d'Afrique. 

«  Callyrhynchus  masescs,  Bp.  —  Majusculus  ;  cinereo- 
virescens  ;  subtus  albidus  ;  gula  pectoreque  nigris,  maculis 
binii  jugularibus  albis  :  speculo  alari  albo  :  cauda  ex  toto 
cincrea  :  rostro,  subtus  prœsertim,  albicante.  » 

Séance  du  12  mai  1856.  —  S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte 
présente  ses  Tableaux  paralléliques  de  l'ordre  des  Galli- 
nacés. 

Voici  comment  s'exprime  le  prince  zoologiste  avant  de 
donner  ces  remarquables  tableaux,  qui  sont  la  substance 
de  tout  un  ouvrage  : 

«  Poursuivant  mes  études  sur  les  classifications  parallé- 
liques, j'en  suis  venu  à  devoir  appliquer  aux  Précoces, 
qui  constituent  la  seconde  sous-classe  des  Oiseaux,  ies 
mêmes  principes  à  l'aide  desquels  j'ai  divisé  les  Altkices, 
dont  est  formée  la  première. 

«  Je  donne  ici  les  tableaux  systématiques  du  neuvième 
ordre,  de  l'ordre  entier  des  Gallinacés,  c'est-à-dire  celui 
de  la  tribu  des  Passer igalles,  et  ceux  des  trois  cohortes 
des  vrais  Gallinacés,  dont  la  dernière  est  de  beaucoup  la 
plus  nombreuse.  On  sait  que  cet  ordre,  que  je  n'élève  dans 
sa  série  qu'au  niveau  de  celui  des  Pigeons ,  l'un  des  der- 
niers de  ma  première  sous-classe,  n'en  commence  pas 
moins  la  seconde,  dans  laquelle  il  est  suivi  par  l'ordre  des 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  255 

Echassiers,  qui  correspond  à  celui  des  //rrw/es,  par  l'ordre 
dos  Palmipcrivs,  correspondant  aux  Gacies,  et  par  les  lin- 
dipennes,  qui  terminent  la  classe  des  Oiseaux,  correspon- 
dant aux  Impennes,  les  derniers  aussi  de  leur  série. 

«  Par  une  curieuse  coïncidence,  que  je  constate  avec 
bonheur  pour  la  première  fois,  il  se  trouve  que  tous  les 
Oiseaux  désignés  par  les  chasseurs  et  les  gastronomes  sous 
le  nom  de  gibier,  appartiennent  à  la  seconde  sous-classe 
des  PrjEcocks,  qu'Us  constituent  même  en  entier,  tandis 
que  la  première,  celle  des  Altrices,  n'en  contient  pas  un 
seul. 

«  La  synonymie  de  mes  tableaux  pourra,  cette  fois, 
offrir  un  intérêt  spécial,  attendu  que  M.  Pucheran  a  bien 
voulu  s'en  rapporter  à  moi  pour  l'indication  des  types  de 
notre  Musée  qu'il  lui  restait  à  faire  connaître,  comme  il 
l'a  déclaré  lorsqu'il  a  clos  sa  publication  si  appréciée  en 
Allemagne  et  partout  où  l'on  travaille  sérieusement.  Je 
n'ai  accepté  cette  espèce  d'héritage  que  sous  bénéfice  d'in- 
ventaire, c'est-à-dire  que  j'ai  puisé  largement  dans  ses 
notes  et  me  suis  éclairé  de  son  expérience. 

«  Deux  des  espèces  nouvelles  énumérées  dans  mon  se- 
cond tableau  méritent  d'être  caractérisées  dès  à  présent  ; 
les  autres  le  seront  dans  la  dernière  partie  du  Conspectus, 
dont  l'impression  se  continue  à  Leyde. 

«  1.  Pipile  argyrotis ,  Bp. ,  de  Caracas,  semblable  à 
P.  marail,  mais  la  face  encadrée  de  blanc  mat,  plus  étendu 
et  plus  brillant  sur  la  région  des  oreilles. 

«  2.  Ortalida  Montagnii,  Bp.,  de  la  Nouvelle-Grenade, 
semblable,  pour  la  taille  et  pour  la  couleur,  à  Chamœpetes 
Goudoti,  mais  à  poitrine  d'un  gris  légèrement  olivâtre, 
avec  les  plumes  bordées  de  blanc,  comme  dans  les  vraies 
Pénélopes  :  le  croupion  largement  lavé  de  roux.  » 

Séance  du  19  mai  1856.  —  M.  Rouget  présente  un  Mé- 
moire ayant  pour  titre  :  Recherches  anatomiqnes  et  physio- 
logiques sur  les  appareils  érectiles;  appareil  de  V adaptation 
de  l'œil  chez  les  oiseaux,  les  principaux  mammifères  et 
l'homme. 


256  REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  (Mai  1856.) 

M.  de  Quatrefages  communique,  à  cette  occasion,  des 
remarques  sur  certaines  dispositions  de  l'appareil  de  la 
vision  chez  les  Insectes. 

M.  le  Coat  de  Saint-Haouen,  qui,  en  novembre  1847, 
s'était  mis  à  la  disposition  de  l'Académie  pour  les  recher- 
ches scientifiques  qu'elle  jugerait  utile  de  faire  faire  dans 
le  Maroc,  annonce  l'envoi  prochain  d'une  liste  des  oiseaux 
du  nord  de  l'Afrique  qu'il  lui  sera  possible  de  se  procurer 
et  une  collection  presque  complète  d'œufs  de  ces  oiseaux. 
Aujourd'hui  il  envoie  un  poisson  appartenant  à  l'ordre 
des  Plectognathes,  qu'il  s'est  procuré  à  Tanger. 

Séance  du  26  mai  1856.  —  M.  Duméril  informe  l'Aca- 
démie que  le  poisson  rapporté  de  Tanger  par  M.  le  Coat, 
et  présenté,  dans  la  séance  du  19,  à  l'Académie,  qui  l'avait 
renvoyé  à  son  examen,  est  VEphippium  maculatum,  Bibr., 
espèce  fort  rare,  dont  le  Muséum  ne  possède  qu'un  seul 
individu  rapporté  de  Gorée. 


M.  Ch.  de  Souancé  a  fait  don  au  Journal  d'une  des  deux 
feuilles  de  son  Mémoire  sur  les  Perroquets. 

M.  James  Thomson  a  également  donné  les  deux  belles 
planches  5  et  6  qui  accompagnent  son  Mémoire  dans  le 
n°  3. 


TABLE   DES  MATIERES. 

Pages. 

E.  Rousseau.  —  Dentition  des  Cétacés.  193 

De  Souancé.  —  Catalogue  des  Perroquets.  208 

BouR(iuiGNAT.  —  Aménités  malacologiques.  226 

Académie  des  sciences.  247 


PARIS.  —  IMP.   DE   Mmu   Ve   BOUCUAUD-HUZAKD  ,    RUE  DE   L,'ÉPER0N,   5. 


DIX-NEUVIÈME     ANNiE.   —  JUIN    1856. 


I.  TRAVAUX  IXEDITS. 

De  la  dentition  des  Cétacés,  et  de  la  place  qu'occupent 
les  fanons  dans  la  bouche  des  Baleines;  par  le  Dr  L.  F. 
Emmanuel  Rousseau,  membre  de  la  Légion  d'honneur, 
chef  des  travaux  anatomicjues  au  Muséum,  sous  les  pro- 
fesseurs G.  Cuvier,  de  Blainville  et  Duvernoy.  (Voir 
1856,  p.  193.) 

Le  Cachalot  (Physeter). 

Les  Cachalots  n'ont  de  ressemblance  avec  les  Baleines 
que  par  les  proportions  et  le  volume  ;  ils  s'éloignent  beau- 
coup plus  des  Dauphins  que  les  Narvals  par  les  formes  de 
la  tête,  mais  ils  s'en  rapprochent  davantage  par  les  dents, 
étant,  comme  eux,  pourvus  de  mâchelières  coniques. 

La  tête  des  Cachalots  présente  des  formes  plus  bizarres 
encore  que  celles  de  la  Baleine.  Les  yeux  les  plus  exercés 
à  découvrir  les  rapports  ostéologiques  ne  sont  plus  ici 
que  des  guides  mal  assurés.  L'ordre  des  positions  est  to- 
talement interverti,  et  cette  énorme  masse,  évasée  dans 
sa  partie  postérieure,  ressemble  bien  plutôt  au  siège  de 
nos  anciens  cabriolets  ou  à  une  sorte  de  char  antique 
qu'à  la  tête  d'un  Mammifère. 

Rien,  en  effet,  ne  paraît  retracer  ici  l'image  d'une 
boîte  destinée  à  renfermer  le  cerveau  ;  on  cherche  en  vain 
les  analogues  des  orbites  ou  des  os  de  la  face.  Où  devaient 
être  placés  les  yeux?  ou  est  l'analogue  du  nez?  C'est  ce 
qu'au  premier  abord  il  est  difficile  de  déterminer. 
2e  série,  t.  rui.  Aimée  1856.  17 


258       rev.  et  mag.  de  zoologie.   [Juin  1856.) 

Les  os  maxillaires  supérieurs  ont  leur  bord  alvéolaire 
relevé  en  forme  de  coquille.  Leur  longueur  est  considé- 
rable ;  leur  diamètre  transversal  ne  diffère  point  sensible- 
ment de  celui  du  frontal  lorsqu'ils  sont  réunis,  et  présente 
un  grand  contraste  avec  l'ouverture  de  la  mâchoire  infé- 
rieure, cause  de  la  grande  disproportion  qui  existe  entre 
la  largeur  du  mufle  et  celle  de  la  gueule. 

Les  os  incisifs  ont  leur  extrémité  antérieure  fort  aiguë  ; 
leur  extrémité  postérieure  est  généralement  déformée,  en 
raison  de  la  manière  irrégulière  dont  s'ouvrent  les  fosses 
nasales. 

La  mâchoire  inférieure  a  deux  branches  qui  la  consti- 
tuent; elles  sont  très-écartées  entre  les  condyles,  mais  se 
réunissent  déjà  vers  la  cinquième  dent.  Il  en  résulte  que 
la  symphyse  du  menton  a  une  très-large  surface  et,  par 
conséquent ,  plus  de  solidité  que  dans  aucun  autre  genre 
de  Cétacés  ;  cette  symphyse,  du  reste,  ne  paraît  jamais  se 
souder. 

L'angle  que  forment,  par  leur  réunion,  les  deux  pièces 
qui  composent  la  mâchoire  inférieure  est  très- allongé , 
tandis  que  dans  les  Baleines  il  est  obtus  et  forme  l'extré- 
mité d'un  ovale. 

Les  alvéoles  sont  d'autant  plus  profonds  qu'on  les  exa- 
mine plus  près  du  bout  du  museau  :  cette  disposition  est 
une  suite  de  la  manière  dont  s'opère  l'évolution  des  dents. 

Le  eondyle  est  plat  et  arrondi  ;  il  termine  verticalement 
le  bout  de  chaque  branche,  qui  paraît  comme  tronqué. 

L'ouverture  du  canal  dentaire  est  extrêmement  ample , 
surtout  à  l'endroit  de  l'insertion  des  muscles  temporaux 
et  masséters. 

La  capacité  du  canal  elle-même  est  énorme. 

Il  n'y  a  point  de  branches  montantes. 

On  ne  voit  également  aucune  trace  d'apophyse  coro- 
noïde . 

Il  est  difficile  d'élever  des  doutes  sur  la  présence  des 
dents  aux  mâchoires  supérieures  des  Cachalots  :  ces  dents 


TRAVAUX   INÉDITS.  259 

ont  été  vues  et  décrites  par  un  naturaliste  habile,  Othon 
Kabricius,  et  par  un  observateur  intelligent,  l'abbé  Lecoz. 
Andersen  parle  aussi  de  ces  dents. 

Elles  sont  toutes  rudimentaires,  cachées  dans  les  gen- 
cives, et  d'une  parfaite  inutilité  pour  l'animal.  Les  seule* 
dents  dont  il  puisse  faire  usage  sont  à  la  mâchoire  infé- 
rieure, et  elles  lui  servent  plus  à  saisir  et  à  retenir  sa  proie 
qu'à  diviser  ou  à  broyer  ses  aliments. 

Ces  dents,  en  effet ,  sont  coniques  ou  ovoïdes,  et,  au  lieu 
de  dents  opposées  à  l'autre  mâchoire,  elles  n'y  rencon- 
trent que  des  cavités  où  elles  se  logent  lorsque  la  bouche 
se  ferme.  C'est  dans  le  jeune  âge  qu'elles  présentent  la 
forme  conique  ;  alors  elles  sont  un  peu  courbées  en  ar- 
rière dès  leur  partie  inférieure,  et  elles  sont  sans  racines, 
c'est-à-dire  que  le  bulbe  dentaire,  logé  à  leur  base,  con- 
tinue à  être  actif  et  à  produire  la  matière  dont  elles  se 
composent. 

Il  est  probable  que  ces  dents  jeunes  sont  remplacées  par 
d'autres  qui,  vraisemblablement,  le  sont  elles-mêmes  à 
leur  tour,  et  chaque  dent  nouvelle  paraît  prendre  de 
l'épaisseur  et  s'éloigner  de  la  forme  conique  pour  re- 
vêtir enfin  cette  forme  ovoïde  que  toutes  les  vieilles  dents 
présentent,  et  qui  est  toujours  accompagnée  d'une  ra- 
cine, parce  qu'alors,  sans  doute,  le  bulbe  dentaire,  ne 
devant  plus  produire  de  dents  nouvelles,  s'est  oblitéré 
(voir  la  fig.  4  de  notre  planche ,  au  neuvième  de  gran- 
deur). 

Bien  que  se  redressant  avec  l'âge,  ces  dents  conservent 
cependant  toujours  un  peu  de  courbure  d'avant  en  arrière. 

Le  nombre  des  dents,  chez  le  Cachalot,  n'est  pas  tou- 
jours le  même  ;  il  varie,  suivant  les  auteurs,  entre  vingt- 
trois  à  trente  pour  chaque  côté.  G.  Cuvier  le  fixe  de  vingt 
à  vingt-deux,  à  droite  comme  à  gauche. 

Le  Muséum  de  Paris  possède  un  squelette  de  Cachalot 
macrocéphale ,  la  seule  espèce  bien  connue ,  sur  lequel 
nous  avons  compté  cinquante-quatre  dents  en  tout,  vingt- 


260  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Juin  1856.) 

sept  sur  chaque  maxillaire  inférieur.  Ces  dents,  de  forme 
ovoïde,  se  recourbent  en  dedans  de  la  mâchoire  ;  les  cinq 
ou  six  premières  et  les  cinq  ou  six  dernières  sont  un  peu 
plus  petites  que  les  autres,  mais  toutes  ont  la  même  figure. 
La  racine,  dans  l'alvéole,  est  de  la  même  forme  générale 
que  la  couronne  de  la  dent,  dont  le  tissu  est  compacte,  de 
la  couleur  et  de  la  dureté  de  l'ivoire  à  l'extérieur,  mais 
plus  gris  et  plus  tendre  à  l'intérieur.  Leur  partie  moyenne 
contient  des  grains  ronds  à  couches  concentriques,  et  leur 
substance  osseuse  (osselets  dentaires,  page  257  de  mon  Syst. 
dentaire),  appelée  ostéo-dentine  par  M.  Richard  Owen, 
qui  l'a  représentée  à  la  planche  lxxxix  de  son  Odonto- 
graphie, est  homogène  et  fort  dure. 

La  même  planche  d'Owen  donne  la  figure  réduite  d'une 
mâchoire  inférieure  de  Cachalot  (Phywter  macrocephalus), 
une  dent  de  grandeur  naturelle  coupée  en  deux  dans  sa 
longueur  et  montrant  le  cément ,  la  dendine ,  l'ostéoden- 
tine,  une  dent  de  la  mâchoire  supérieure  également 
grande  comme  nature.  (Voir  Id.) 

M.  le  professeur  Eschricht,  de  Copenhague,  a  donné 
également  une  planche  très-belle  sur  la  structure  intime 
et  microscopique  des  dents  du  Cachalot. 
(La  suite  au  prochain  numéro.) 


Description  d'une  espèce  nouvelle  de  Veuve  ;  par 
MM.  Verreaux. 

Vidua  hypocherina,  /.  et  Ed.  Verr.,  pi.  16. 

V.  nigra,  viridi-splendens  :  plumis  uropygialibus  elongatis,  seto- 
sis,  niveis;  alis  bruaneo-nigris,  priniariis  rectricibusque  albo-  margi  - 
natis;  rostre  flavido;  pedibus  bruuneis. 

Plumage  noir  à  reflets  verts,  comme  dans  Yffypochera 
nitens.  Une  touffe  de  longues  plumes  blanches  et  soyeuses 
de  chaque  côté  du  croupion.  Ailes  brun  noirâtre,  les  se- 
condaires les  plus  rapprochées  du  corps  de  5  millimètres 


TRAVAUX     INÉDITS.  261 

seulement  plus  courtes  que  les  autres;  les  primaires  fine- 
ment lisérées  de  blanc  à  partir  de  leur  base ,  le  reste  de 
brun  clair  ;  des  franges  blanches  plus  larges  sur  la  ma- 
jeure partie  des  secondaires ,  les  dernières  exceptées , 
toutes  les  couvertures  alaires  inférieures,  ainsi  que  la 
majeure  partie  des  rémiges,  en  dessous,  d'un  blanc  pur, 
l'extrémité  grisâtre.  Rectrices  lisérées,  sur  toutes  les  faces, 
de  blanc  pur,  et  de  brun  clair  sur  les  latérales,  les  quatre 
médianes  exceptées,  qui  sont  d'un  noir  parfait;  elles  sont 
seules  terminées  en  pointe,  comme  dans  la  Vidua  princi- 
palis.  Cuisses  mélangées  de  blanc  à  leur  origine.  Bec  co- 
nique, comme  dans  cette  dernière;  long  de  7  mill.  à 
partir  de  l'angle  et  de  8  mill.  à  partir  du  front,  où  il  en- 
taille les  plumes  de  cette  partie;  de  couleur  jaunâtre, 
avec  une  teinte  brunâtre  sur  les  bords,  vers  le  bout  et  sur 
le  milieu  de  la  mandibule  inférieure. 

Longueur  totale  de  la  peau ,  les  quatre  rectrices  mé- 
dianes exceptées 11  cent.    »  mill. 

Ailes  longues  de 6  5 

Queue  longue  de 4  4 

Les  quatre  rectrices  médianes.  .     .     16  0 

Tarses 0  16 

De  couleur  brun  clair,  ainsi  que  les  doigts  et  les  ongles  ; 
les  latéraux  d'égale  longueur  et  le  médian  le  plus  long  ; 
ongles  assez  longs  et  peu  courbés. 

Cette  description  a  été  prise  sur  un  sujet  mâle  adulte  et 
en  plumage  de  noces  parfait. 

Déjà  depuis  plus  de  trente  ans  nous  avions  deviné  cette 
espèce,  qui  rappelle,  à  s'y  méprendre,  YHypocera  nitens, 
sauf  la  conformation  du  bec,  la  queue  et  le  blanc  indiqué 
ci-dessus. 

Nos  prévisions  d'alors  étaient  donc  bien  fondées  lors- 
que nous  pensions  que  ce  petit  genre  devait  être  mis  im- 
médiatement à  la  suite  des  Veuves,  comme  l'a  fait  depuis 
le  prince  Charles  Bonaparte  dans  son  Conspectus  avium,  à 
la  page  350. 


262       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

Seulement  nous  penserions  qu'il  serait  plus  naturel  de 
voir  le  genre  Astrild  le  suivre  à  son  tour,  car  les  détails 
de  mœurs  que  nous  possédons  et  que  nous  avons  recueillis 
nous-même  nous  donnent  le  droit  de  donner  ici  cette 
opinion. 

Cette  intéressante  espèce  habite  la  côte  occidentale  de 
l'Afrique,  d'où  ont  été  rapportés  les  deux  seuls  sujets  que 
nous  connaissions,  lesquels  ont  été  offerts,  en  1852,  au 
Muséum  de  Paris  par  M.  Guislain,  capitaine  de  vaisseau. 

Le  second,  qui  possède  un  plumage  de  transition,  res- 
semblait, quant  à  la  coloration  principale ,  au  même  âge 
que  dans  YHypochera  nitens;  même  gris  roussâtre  et  blan- 
châtre ,  mais  toujours  le  blanc  indiqué  ci-dessus,  plus  les 
quatre  rectrices  médianes  allongées,  quoique  plus  courtes 
que  dans  le  précédent. 


Douzième  lettre  sur  l'Ornithologie  de  la  France  méridio- 
nale ;  par  le  docteur  J.  B.  Jaubert. 

Nycticorax  griseus  est  certainement  de  tous  les  Hé- 
rons le  plus  commun  dans  le  midi  de  la  France»  au  pas- 
sage du  printemps!  M.  Degland  (Orn.  europ.,  t.  II »  p.  150) 
signale ,  mais  avec  un  point  de  doute  ,  comme  livrée  de 
noces,  deux  Bihoreaux  tués  près  de  Dieppe ,  dans  un  état 
remarquable  par  la  coloration  jaune  des  tarses  et  de 
toutes  les  parties  qui,  d'ordinaire,  sont  blanches  chez  cet 
oiseau  adulte.  Je  puis  certifier  que  cette  particularité,  qui 
se  perd  après  quelques  mois  de  préparation ,  n'est  pas  con- 
stante chez  le  Bihoreau  au  printemps;  elle  est  seulement 
plus  commune  à  cette  époque.  Ayant  eu  entre  les  mains 
un  nombre  considérable  de  ces  oiseaux  ,  il  m'a  été  facile 
d'observer  que  les  plus  gras  étaient  ceux  qui  présentaient 
les  teintes  les  plus  jaunes  ;  cette  coïncidence  expliquait 
naturellement  la  chose*  et  n'y  faisait  voir  qu'un  phéno- 
mène de  nutrition  ou  d'endosmose,  à  cette  époque  de 
l'année  où  règne,  chez  l'animal,  une  activité  vitale  plus 


TRAVAUX     INÉDITS.  263 

grande ,  une  espèce  de  turgescence  donnant  à  toutes  les 
fonctions  cette  force  particulière  qui  prélude  à  l'acte  de 
la  reproduction...  Le  tissu  cellulaire  qui  tapisse  la  peau 
de  ces  oiseaux  est,  en  effet,  d'un  beau  jaune  !...  La  graisse 
du  Flamant  ou  des  Mouettes  est ,  au  contraire ,  rouge 
orangé;  aussi  voyons-nous  les  plus  belles  teintes  roses 
imbiber  au  printemps  la  livrée  de  ces  espèces...  Le  phé- 
nomène est  le  même  dans  l'un  et  l'autre  cas,  et  peut  s'ap- 
pliquer à  bien  d'autres  encore. 

Ciconia.  —  Tandis  que  la  Cigogne  blanche  se  montre 
fréquemment,  en  automne,  dans  les  localités  maréca- 
geuses, la  C.  noire  semble  se  plaire  à  suivre  plutôt  les 
montagnes  boisées...  Cette  différence  de  mœurs  fait  que 
nous  rencontrons  assez  souvent  la  dernière  dans  le  bassin 
même  de  Marseille,  tandis  que  l'autre  ne  s'y  arrête  pas; 
ce  sera,  par  conséquent,  le  contraire  dans  la  basse  Ca- 
margue, où  Ion  rencontre  aussi ,  mais  plus  rarement ,  la 
Spatule  en  livrée  d'hiver  et  le  Flamant,  qui  n'est  plus  au- 
jourd'hui qu'un  oiseau  de  passage,  grâce  aux  poursuites 
dont  il  a  été  l'objet,  dans  ces  derniers  temps,  de  la  part 
de  quelques  naturalistes  marchands  d'œufs. 

Cycnus.  —  Nous  possédons  certainement  ici  les  diverses 
espèces  de  Cygnes  que  l'on  observe  dans  le  nord  de  la 
France  ;  seulement  le  nombre  en  est  peut-être  moins 
grand,  et  les  captures  infiniment  plus  rares;  c'est  ce  qui 
fait  que  ces  oiseaux  sont  moins  connus  chez  nous.  Tout  le 
monde  sait  cependant  qu'on  en  voit  de  loin  en  loin  sur 
nos  cours  d'eau  ou  dans  les  airs,  mais  ces  sujets  tombent 
rarement  entre  les  mains  des  zoologistes. 

Anser.  —  Les  Oies  sont  partout,  chez  nous,  des  oiseaux 
de  passage;  c'est  en  Camargue  seulement  que  quelques 
espèces  vivent  sédentaires  pendant  une  partie  de  l'hiver. 
Leur  nombre  paraît  être  d'autant  plus  grand  que  les  froids 
ont  été  plus  précoces...  Il  y  a  quelques  années,  en  1852 
je  crois,  un  navire  chargé  de  blé  vint  échouer  sur  les 
bancs  de  sable  qui  bordent  la  mer  vers  l'embouchure  du 


2Z'  I\ZY    7,1  MA".  ??.  ZOOLOGIE.    (.//.'/.'?  183G.) 

Rhône,  et  la  cargaison  fut  perdue  ;  les  chasseurs  du  pays 
attribuèrent  à  cet  événement  le  nombre  considérable 
d'Otes  fermières  qu'on  remarqua  cette  année-là,  et  m'affir- 
mèrent qu'il  en  était  ainsi  toutes  les  fois  qu'un  pareil  nau- 
frage venait  assurer  à  ces  animaux  une  alimentation  de 
leur  goût...  Je  livre  cette  histoire  pour  ce  qu'elle  vaut! 
Un  fait  à  noter,  cependant,  c'est  que,  même  en  Camargue, 
où  la  nature  des  lieux  parait  partout  la  même,  une  espèce 
se  trouvera  très-abondamment  sur  un  point  et  ne  se  mon- 
trera pas  ailleurs,  tandis  que  d'autres  points  seront  occu- 
pés par  une  autre  espèce.  Cette  remarque  ne  peut  guère 
concerner,  au  reste,  qu'Ans  cinerœus  et  Ans.  arvensis,  les 
deux  seules  qui  nous  visitent  d'une  manière  régulière. 

Ans.  albifrons.  Sans  être  rare,  vient  peu  sur  nos  mar- 
chés; elle  s'y  montre  plutôt  en  livrée  de  jeune  âge,  c'est- 
à-dire  avec  absence  de  taches  noires  sur  les  parties  infé- 
rieures... Ans.  leucopsis  et  A.  Brenla  figurent  dans  tous  les 
travaux  ornithologiques  du  midi  de  la  France,  sans  qu'au- 
cun des  auteurs  nous  ait  dit  s'il  se  les  était  souvent  pro- 
curés ;  je  ne  les  connais,  au  reste,  dans  aucune  de-  nos 
collections,  pas  plus  que  Chenalopeœ  œgyptiaca  de  P.  Roux  ! 
Il  est,  cependant,  incontestable  que  des  oiseaux  qui  se 
montrent  en  grand  nombre  quelquefois  dans  le  nord  de 
la  France,  doivent  aussi  se  rencontrer  chez  nous  :  leur 
rareté  tient,  sans  doute,  à  ce  que,  par  la  nature  des  lieux 
qu'ils  habitent  et  la  difficulté  des  communications,  ces 
oiseaux  sont  moins  chassés  en  Provence  que  partout  ail- 
leurs... Aussi  la  plupart  de  ces  espèces  ne  nous  sont-elles 
connues  que  par  l'intermédiaire  des  naturalistes  du,Nord, 

Je  dois  à  l'obligeance  de  M.  de  Selys-Longchamps  quel- 
ques précieuses  indications  sur  la  diagnose  de  nos  Oies  à 
plumage  gris.  Je  demanderai  à  M.  de  Selys-Longchamps 
la  permission  de  les  mettre  ici  sous  les  yeux  du  lecteur,  à 
qui  elles  pourront  être  aussi  utiles  qu'elles  me  l'ont  été,  à 
moi,  pour  marcher  à  travers  les  obstacles  de  la  syno- 
nymie : 


TRAVAUX   INÉDITS.  265 

«  1°  Ans.  cinereus  (A.  Férus)  :  pieds  couleur  de  chair  ; 
«  tour  du  bec  sans  cercle  blanc  ou  avec  cercle  blanc  ru- 
er dimentaire  ;  bec  jaune  à  onglet  blanc  ;  poitrine  peu  ou 
«  pas  tachée  de  noir. 

«  2°  Ans.  arvensis,  Naum.  (Oie  sauvage  ordinaire)  :  le 
«  bec  un  peu  déprimé,  orange,  et  noir  aux  deux  bouts; 
«  pieds  orange.  C'est  Anser  segetum,  Temminck,  Ch.  Bp. 

«  3°  Ans.  segetum,  Naum.  (nec.  auct.)  :  plus  petite;  bec 
«  très-court,  noir,  avec  un  cercle  orangé.  —  Rapportée  à 
«  tort  à  Brachyrhynchos  par  Ch.  Bonaparte  ;  —  elle  en  dif- 
«  fère  par  les  pieds  orangés  comme  Arvensis. 

«  4°  Ans.  albifrons,  Gmel.  —  Pieds  orange;  bec  fort, 
«  corné,  à  onglet  blanc  ;  front  blanc  presque  jusqu'au  ni- 
«  veau  des  yeux  ;  poitrine  fortement  barrée  de  noir. 

«  5°  Ans.  minutus,  Naum.  (Brevirostris,  Thien.)  :  plus 
a  petite  ;  bec  plus  court  que  chez  Albifrons,  petit;  le  jaune 
«  blanc  du  front  remontant  jusqu'au  milieu  de  la  tête;  le 
«  reste  semblable  à  la  précédente...  Sa  taille  est  à  peu 
«  près  celle  d'un  Tadorne. 

«  Il  reste  trois  énigmes  :  1°  Ans.  inter  médius,  Naum., 
«  Bruch.,  Bp...,  qui  différerait  d' Albifrons  par  du  noir  au 
«  bec...  Je  ne  la  connais  pas.  2°  Ans.  brachyrhynchus, 
«  Bâillon  (Phœnicupus,  Barttlett),  qui  aurait  les  pieds  rouges 
«  ou  roses,  et  serait,  du  reste,  semblable  à  Segetum, 
«  Naum  (nec  Temminck),  d'après  un  type  de  M.  Ba  lion 
«  que,  desséché,  je  ne  puis  séparer  de  cette  espèce.  3°  Ans. 
«  pullipes,  nobis,  race  singulière,  domestique  ici,  et  que 
«  je  n'ai  pas  encore  vue  sauvage  :  elle  diffère  fort  (ïAlbi- 
«  frons  et  minutus  par  les  pieds  couleur  de  chair  ;  le  blanc 
«  du  front,  qui  fait  largement  le  tour  du  bec,  et  absence 
«  de  noir  à  la  poitrine;  enfin  le  cri  est  tout  différent... 
«  Elle  diffère  de  Cinereus  par  le  front  largement  blanc  et 
«  la  taille  moindre,  par  un  bec  moins  haut...  Si  c'était 
«  une  race  hybride  de  Cinereus  et  Albifrons,  il  y  aurait  à 
«  noter  qu'elle  est  féconde!...  » 

An  as.  —  Crespon  nous  apprend  que  le  Tadorne  se  re- 


266         REV.  ET  MAC  DE  ZOOLOGIE.    (Juin  1856.) 

produit  régulièrement  dans  notre  basse  Camargue. . .  J'igno- 
rais la  chose!  Mais  je  savais  que  l'oiseau,  quoique  rare, 
s'y  montrait  chaque  année.  Nous  l'avons  fréquemment 
reçu  d'Egypte  -et  d'Abyssinie,  où  il  paraît  être  assez  com- 
mun en  hiver. 

Querquedula.  —  Q.  cingustirostris ,  si  commune  sur 
quelques  points  de  l'Algérie,  le  serait  beaucoup  moins  en 
Sardaigne,  quoique  G.  Cara  pense  qu'elle  y  soit  séden- 
taire :  il  en  serait  de  cet  oiseau,  dans  cette  île,  comme  du 
Tadorne  chez  nous,  où  quelques  couples  isolés  viennent 
se  reproduire  tous  les  ans...  La  Q.  angustirostris  ne  s'est 
jamais  fait  tuer,  que  je  sache,  dans  le  midi  de  la  France. 

Fuligula.  —  Je  ne  connais  qu'une  seule  capture  de  la 
F.  glacialis;  c'est  un  jeune  sujet  tué  par  M.  Besson  dans 
les  marais  d'Hyères  pendant  l'hiver  de  1845...  Crespon 
paraît  croire  à  des  visites  plus  fréquentes. 

F.  marila  est  très-rare  sur  le  marché  de  Marseille  ;  je  ne 
l'y  ai  vue  qu'une  fois  ou  deux...  G.  Cara  la  dit,  accidentel- 
lement de  passage,  en  Sardaigne. 

F.  rufina  est  à  peu  près  dans  le  même  cas  ;  j'en  con- 
nais cependant  cinq  ou  six  captures,  mais  nous  devons 
convenir  que  c'est  un  oiseau  qui  passe  moins  facilement 
inaperçu. 

F.  mollissima  est  une  de  ces  espèces  que  l'on  ne  voit 
qu'accidentellement  en  France,  et  que  tous  nos  auteurs 
signalent...  Je  ne  l'ai  jamais  rencontrée,  pas  plus  que 
F.  nigra,  qui  ne  se  montre  ni  en  Sardaigne  ni  en  Sicile. 
—  En  revanche,  F.  fusca  apparaît  quelquefois  sur  nos 
marchés  en  hiver. 

J'ai  encore  à  signaler  une  capture  de  ma  F.  interniedia, 
qui,  évidemment,  ne  demande  qu'à  être  distinguée . . .  Cette 
fois  encore,  c'est  un  beau  mâle,  d'une  taille  plus  forte, 
égalant  presque  celle  du  Milouin. 

M.  Degland  nous  apprend  (Orn.  eur.,  t.  II,  p.  477)  que 
M.  Bouteille  aurait  acheté  en  janvier  1846,  sur  le  marché 
de  Grenoble,  quatre  F.  mena  (Erismatura  leucocephala, 


TRAVAUX   INMTS.  267 

Bp.)...  Crespon  en  parle  comme  d'un  oiseau  dont  il  n'est 
pas  sûr...  Cara  l'a  trouvée  en  Sardaigne,  où  il  la  croit  sé- 
dentaire... L'espèce  n'est  plus  rare  en  Espagne,  elle  est 
déjà  commune  en  Sicile.  » 

Je  joins  ici  un  tableau  nominatjf,  dans  lequel  j'inscris 
chaque  espèce  au  rang  que  lui  impose  la  fréquence  ou  la 
rareté  de  ses  apparitions  dans  le  Midi.  Il  est  inutile  de 
dire  qu'un  pareil  cadre  n'a  rien  d'absolu,  et  que  le  rang 
que  j'assigne  aujourd'hui  à  telle  espèce  pourra,  demain,  se 
trouver  interverti  par  quelque  cause  fortuite. 


1.  A 

.  boschas. 

11.  A.  nyroca. 

2. 

cristata. 

12. 

intermedia. 

3. 

ferina. 

13. 

fusca. 

4. 

crecca. 

14. 

rufina. 

5. 

Pénélope. 

15. 

marila. 

6. 

querquedtila. 

16. 

tadorna. 

7. 

acuta. 

17. 

nigra. 

8. 

clypeata. 

18. 

mollissima. 

9. 

strepera. 

19. 

leucocephala. 

10. 

clangula. 

20. 

glacialis. 

Mergus.  —  Le  M.  marganser,  assez  rare  en  Provence, 
s'y  montre  quelquefois  en  mars  ou  avril ,  tandis  que  le 
M.  serrator,  très-abondant  en  hiver  sur  tous  nos  étangs,  a 
déjà  disparu  à  cette  époque.  —  Le  M.  albellus,  que  nous 
possédons  assez  souvent  jeune,  a  été  trouvé  quelquefois, 
en  hiver,  dans  sa  belle  livrée. 

Pelecanus.  —  Il  est  bien  possible,  dirai -je  comme 
M.  Crespon,  que  ce  pélican  (Pel.  onocrotalus)  arrive  acci- 
dentellement dans  notre  golfe,  mais  nous  ne  l'avons  vu 
que  dans  les  planches  de  Pol.  Roux.  M.  L.  Benoit,  beau- 
coup mieux  placé  que  nous,  nous  dit  (Orn.  sicil.,  p.  190) 
ne  l'avoir  rencontré  que  deux  fois  près  de  Messine. 
(La  suite  prochainement.) 


268         REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  {Juin  1856.) 

AMÉNITÉS    MÀLACOLOGIQUES  ; 
par  M.  J.  R.  Bourguignat. 

§  XL VII. 

Hélix  graphicotera. 

Testa  umbilicata,  depresso-globosa,  argute  confertimque  oblique 
sculptura,  ac  elegantissime  minutiin  decussata,  albido-fusca,  ac 
cingulo-albo,  vineo-margiiiato  obscure,  ornata  ;  spira  convexa,  ob- 
tusa  ;  anfractibus  6  1/2  coavexiusculis  ,  regulariter  crescentibus  ; 
umbilico  angusto,  pervio;  apertura  lunato-circulari,  peristomate 
albo-labiato,  acuto,  vix  reflexiusculo  ;  margine  superiore  ad  insertio- 
nem  subilo  deflexo;  margine  columellari  dilatato,  protraeto  ;  margi- 
nibus  approximatis. 

Coquille  ombiliquée,  globuleuse-déprimée,  sillonnée  de 
stries  obliques,  fines  et  très-serrées,  et  décussée  de  la 
manière  la  plus  élégante,  ce  qui  la  rend  rude  au  toucher. 
Test  d'un  blanc  fauve,  orné  d'une  bande  blanchâtre,  en- 
tourée de  zones  d'un  brun  vineux.  Spire  convexe,  obtuse. 
Six  tours  et  demi  un  peu  convexes  et  s' accroissant  avec 
une  grande  régularité.  Ombilic  très-étroit,  et  laissant, 
malgré  tout,  apercevoir  le  sommet  de  la  spire.  Ouverture 
échancrée,  circulaire,  à  péristome  aigu,  intérieurement 
bordé  de  blanc,  et  à  peine  réfléchi.  Bord  supérieur  des- 
cendant subitement,  en  se  prolongeant  sur  l' avant-der- 
nier tour;  bord  columellaire  dilaté  et  réfléchi. 

Haut.,  10  mill.  —  Diam.,  15  mill. 

Cette  belle  espèce  a  été  recueillie  par  M.  Eugène  Vesco, 
dans  l'île  de  Milo,  où  elle  vit  en  communauté  avec  l' Hélix 
pelltta  de  Férussac. 

§  XLVIII. 

Des  Zonites  de  la  section  des  Crystallines  . 

Le  groupe  des  Crystallines  est,  sans  contredit,  l'un  des 
moins  étudiés  du  genre  Zonites.  Plusieurs  auteurs,  cepen- 


TRAVAUX   INÉDITS.  269 

dant,  ont  déjà  appelé  l'attention  des  naturalistes  sur  ces 
petites  coquilles,  notamment  M.  Terver  de  Lyon  (in  :  Jour- 
nal de  Conch.,  p.  178. 1850).  Mais  les  observations  de  ce 
savant  sont  passées  inaperçues,  et  n'ont  point  éveillé  chez 
les  conchyliologues  le  désir  d'approfondir  un  peu  ces  pe- 
tites espèces,  si  brillantes,  si  mignonnes,  et  auxquelles, 
avec  raison,  l'on  a  donné  le  nom  de  Crystallines. 

C'est  pour  réparer  cet  oubli  des  travaux  de  M.  Terver, 
que  nous  allons  présenter  ici  le  résultat  de  nos  observa- 
tions sur  les  coquilles  de  cette  section,  que  nous  portons 
maintenant  au  nombre  de  huit  espèces,  savoir  : 

1°  Le  Zonites  (Hélix)  Hydatinus  de  Rossmassler, 

2°  —        eudedalœus, 

3°  —        pseudohydatinus, 

4°  —        latebricola, 

5°  —        (Hélix)  crystallinus  de  Millier, 

6°  —        subterraneus, 

7°  —        Botterii, 

8°  —        (Hélix)  diaphanus  de  Stûder. 

Zonites  hydatinus. 

Hélix  Diaphana  (1),  Még.  von  Miihlferldt  (teste  Rossmass- 
ler). 
Helicella  Diaphana,  Beck,  Ind.  Moll.,  p.  7.  1837. 
Hélix  Hydatina  (2),  Rossmassler,  Iconogr.,  vin,  p.  36, 

f.  529.  1838. 
Zonites  Hydatinus,  Bourguignat,  Cat.  rais.  Moll.,  p.  10. 
1853. 
Coquille  perforée,  laissant  voir,  malgré  tout,  l'avant-der- 
nier tour.  —  Cinq  à  six  tours  de  spire  légèrement  con- 
vexes, s'accroissant  avec  régularité  et  séparés  par  une 
suture  un  peu  marginée.  —  Ouverture  déprimée,  oblique, 
lunaire,  à  péristome  simple.  Bord  supérieur  un  peu  arqué; 
bord  columellaire  à  peine  réfléchi. 

(1)  Non  Hélix  Diaphana,  Studer,  Lamarck,  Krynicki,  Lea,  Villa. 

(2)  Non  Hélix  Hydatina,  Dupuy,  Terver,  etc. 


270       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

Habite  l'île  de  Corfou  (Ziegler) .  —  Smyrne ,  d'après 
Koth.  (Dissert.,  p.  15.  1839.) 

M.  de  Saulcy  l'a  rencontrée  aux  environs  d'Athènes, 
ainsi  que  Roth  (Spicil.  Moll,  in  :  Malak  Blatter,  p.  22. 
1855). 

ZONITES  EUDEDALiEUS 

Testa  angustissirae  perfora  ta,  depressa,  subcyaueo-albida,  pellu- 
cida,  vix  subiente  striatula;  anfractibus  6  regulariter  crescentibus, 
oonvexiusculis,  sutura  impressa  srparatis;  ultimo  infra  subplanu- 
lato  ;  apertura  oblique  luuari  ;  peristomate  recto ,  acuto ,  sirapliee  ; 
margine  collumellari  dilatato,  ac  iu  perforatioue  reflexo. 

Coquille  très-étroitement  perforée,  déprimée,  transpa- 
rente, brillante,  d'une  couleur  d'un  blanc  bleuâtre  un  peu 
sale,  et  laissant  apercevoir  à  peine  de  faibles  stries  au 
foyer  du  microscope.  Six  tours  de  spire  un  peu  convexes, 
s' accroissant  avec  régularité,  et  nettement  séparés  par  la 
suture.  Dernier  tour  un  peu  aplati  en  dessous.  Ouverture 
oblique,  lunaire,  à  péristome  droit,  simple  et  aigu.  Bord 
columellaire  réfléchi,  se  prolongeant  au  tour  de  la  perfora- 
tion. 

Diam.,  7  mill.  —  Haut.,  4  mill. 

Cette  espèce,  que  nous  avions  confondue  autrefois  avec 
le  véritable  Hydatinus,  a  été  rapportée  par  M.  F.  de 
Saulcy,  de  Pygalia-Bassa,  en  Grèce. 

Ce  Zonite  diffère  de  X  Hydatinus  par  sa  perforation 
excessivement  étroite,  par  sa  suture,  et  surtout  par  son 
bord  columellaire ,  qui  est  réfléchi  et  qui  se  prolonge  en 
suivant  le  contour  de  la  perforation. 

ZONITES  PSEUDOHVDAT1NUS. 

Hélix  Hydatina  (  1  )  Philippi,  Enum.  Moll.  Sic,  tom.  II, 
p.  108.  1844. 

(1)  Non  Hélix  Hydatina,  Rossmassler,  Roth,  Bourguiguat. 


TRAVAUX    INÉDITS.  271 

Hélix  Hydatina,  Dupuy,  Hist.  Moll.  France,*p.  240,  pi.  xi, 

hg."5  (janv.).  1849. 
Zonites  Oystallinus,  var.  B.  Hydatinus,  Moquin-Tandon , 
Hist.  Moll.  France,  tom.  II,  p.  89.  1853. 

Malgré  l'opinion  de  M.  l'abbé  Dupuy,  nous  n'admettons 
point  l'espèce  qu'il  a  désignée  sous  le  nom  d'Hélix  Hyda- 
tina, comme  identique  à  XHijdatina  de  Rossmassler,  mais 
nous  la  distinguons  sous  un  nom  spécial,  celui  de  Pseudo- 
hydatinus. 

Pour  nous,  qui  avons  eu  entre  les  mains  des  échantil- 
lons du  véritable  Hydatinus,  nous  avons  reconnu,  et  voici 
déjà  près  de  trois  ans  de  cela  (voir  Bourguignat,  Cat.  rais. 
Moll.  d'Orient,  p.  10.  1853),  que  l'espèce  de  notre  pays 
ne  pouvait  être  assimilée  à  celle  décrite  par  le  savant  pro- 
fesseur de  Tharand. 

Voici  les  différences  qui  existent  entre  le  Pseudohyda- 
tinus  et  Y  Hydatinus.  Le  Pseudohydatinus  est  toujours  beau- 
coup plus  petit  ;  il  possède  des  tours  de  spire  moins  glo- 
buleux, une  suture  non  marginée,  une  ouverture  moins 
oblique,  plus  resserrée,  et  dont  le  bord  supérieur  n'est 
point  arqué ,  enfin  une  perforation  ombilicale  plus 
étroite,  etc. 

Le  Pseudohydatinus  se  rapproche  encore  du  Crystalli- 
nus ,  mais  on  le  séparera  facilement  de  cette  dernière  es- 
pèce à  sa  taille  plus  considérable,  à  son  ouverture  plus 
oblique,  plus  oblongue  et  moins  resserrée,  à  ses  tours  de 
spire  s' accroissant  avec  plus  de  rapidité,  etc. 

Cette  espèce  a  été  indiquée  sous  le  nom  d'Hélix  crys- 
tallina  ou  d' Hydatina,  dans  les  localités  suivantes  : 

Environs  de  Naples  (Hélix  Hydatina,  Philippi,  Enum. 
Moll.  Sic,  p.  108.  1844).  —  Dans  les  Apennins  [Villa, 
Disp.  System.  Conch.,  p.  17.  1841).  —  Dans  le  Portugal 
[Terver,  in  Journ.  de  Conch.,  p.  178.  1850),  —  et  Arthur 
Morellet  (Hélix  crystallina,  var.  major. —  De  la  Serra  da  Ar- 
rabida).Desc.  Moll. Port.,  p. 55. 1845. — Dans  les  environs 
de  Fernex  (Dumont  et  MçrtUlçt).  —  Enfin,  en  France, 


272       rev.  et  màg.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

dans  les  alluvions  de  la  Garonne,  près  de  Toulouse  (Du- 
puy,  Partiot,  Moquin-Tandon).  —  Au  mont  Pilât,  près  de 
Lyon  [Moquin-Tandon,  Hist.  Moll.  France,  tom.  II,  p.  90. 
1855).  —  Dans  les  terrains  d'alluvions  des  environs  de 
Lyon  (Terver,  in  :  Journ.  deConch.,  p.  178.  1850). — En- 
virons de  Montpellier  (d'après  H.  Drouet,  Énum.  Moll. 
terr.  et  fluv.  France  cont.,  p.  42.  1855.  Extrait  Mém.  Soc. 
roy.  de  Liège,  tom.  X.  1855). 

ZONITES  LATEBBICOLA. 

Testa  auguste  umbilicata,  compressa,  albidissima,  diaphana,  p^l- 
lucida,  levi,  vel  sublente  argutissime  elegaotissimeque  striatula; 
anfractibus  5  subplanulatis,regulariter  crescentibus,  sutura  impre.sa 
separatis;  ultimo  obsolète  obseureque  carinato,  supra  subplanulato, 
infra  cotivexo,  apertura  obliqua,  oblougo-Iunari;  peristomate  recto, 
acuto,  simplice;  margiue  columellari  paululum  reflexo. 

Coquille  étroitement  perforée ,  laissant ,  cependant , 
apercevoir  un  peu  l'avant-dernier  tour ,  comprimée,  très- 
blanche,  pellucide,  transparente,  lisse  ou  paraissant  or- 
née, vue  au  foyer  d'un  microscope,  de  stries  excessivement 
fines.  Cinq  tours  de  spire  presque  plans  ,  s' accroissant 
régulièrement  et  séparés  par  une  suture  assez  bien  mar- 
quée. Dernier  tour  de  spire  offrant  une  apparence  de  ca- 
rène obsolète,  due  à  la  compression  de  la  coquille ,  de 
sorte  qu'il  est  presque  plan  en  dessus  et  convexe  en  des- 
sous. Ouverture  oblique,  oblongue,  lunaire,  fortement 
échancrée,  à  péristome  droit,  simple  et  aigu.  Bord  colu- 
mellaire  un  peu  réfléchi. 

Haut.,  2  mill.  1/4.  —  Diam.,  5  mill. 

Cette  espèce  a  été  trouvée  en  compagnie  des  Cœcilia- 
nella  tumulorum  et  subsaxana,  dans  des  urnes  lacryma- 
toires  provenant  des  tombeaux  des  anciens  habitants  de 
Mégare,  en  Grèce  (Alb.  Gaudry). 

Cette  coquille  ne  peut  être  confondue  qu'avec  le  Zonites 
crystalhnus,  mais  on  le  distinguera  de  ce  dernier  à  sa  taille 
plus  grande,  à  sa  forme  comprimée,  à  son  dernier  tour  de 


TRAVAUX    INÉDITS.  273 

spire,  offrant  une  obscure  carène,  à  son  ouverture  plus 
oblique,  plus  oblongue  et  moins  arrondie,  etc. 


ZONITES  CRYSTALLINUS. 

Hélix  crystallina  (1),  Militer,  Verra.  Hist.  n,  p.  23,  n°  223. 

1774. 
Hélix  pellucida  (2),  Pennant,  Brit.  zool.  iv,  p.  138.  1777. 
Hélix  eburnea,  Hartmann,  in  :  Neue  alpina  1,  p.  234. 

1821. 
Hélix  cristallina  (Helicella),  Férussac,  Tabl.  syst.,  n°  223. 

1822. 
Zonites  crystallinus,  Leach,  Brit.  Moll.,  p.  105  (teste  Tur- 

ton,  1831). 
Hélix  vitrea  (3),  Brown,  Desc.  New.  Shells,  in  :  Edinb. 

Journ.  i,  p.  12,  pi.  1,  f.  12-14.  1827. 
Discus  crystallinus,   Fitzinger,   syst.    Verzeichn,  p.  99. 

1833. 
Helicella  crystallina,  Beck,  Ind.  Moll.,  p.  7.  1837. 
Polita  crystallina,  Held,  in  :  Isis,  p.  916.  1837. 
Zonites  cristallina,  Leach,  Moll.,  p.  105.  1820  (teste  Gray, 

ïurton,  Man.,  p.  176.  1840.) 

Cette  espèce,  connue  de  tous  les  conchyliologues,  se 
rencontre  dans  toute  l'Europe,  ainsi  qu'en  Algérie  (Arth. 
Morelet). 

Bien  que  constant  dans  ses  caractères  généraux,  ce  Zo- 
nite  offre,  toutefois,  quelques  variations  importantes,  qui, 
du  reste,  ont  déjà  été  constatées  par  M.  Foudras,  de  Lyon. 
(Voyez  Terrer,  observ.  quelques  Moll.,  in  :  Journ.  de 
Conch.,  p.  178.  1850.) 

D'après  les  observations  de  MM.  Foudras  et  Terver,  le 


(1)  Nou  Hélix  crystallina,  Dillwyn. 

(2)  Non  Heliv  pellucida,  Adams.  —  Gould. 
(3^  Non  Hélix  vitrea,  Férussac.  —  Born. 

2e  série,  t.  nu.  Année  1850.  18 


£74  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Juin  1856.) 

Zonites  crystallinus  présenterait  ordinairement  les  trois 
variétés  suivantes  : 

1°  Coq.  à  péristome  simple  et  à  ombilic  étroit  ou  à  peine 
visible. 

2°  Coq.  à  péristome  simple  et  à  ombilic  très-ouvert. 

3°  Coq.  à  péristome  bordé  et  à  ombilic  très-ouvert. 

Ces  deux  premières  variétés,  que  nous  avons  reconnues 
nous- même  parmi  les  nombreux  échantillons  de  notre 
collection,  forment,  selon  nous,  ce  qu'on  est  convenu 
d'appeler  Zonites  crystallinus.  Car  nous  n'avons  pu  trou- 
ver de  point  de  démarcation  entre  les  individus  à  ombi- 
lic très  ouvert  avec  ceux  à  ombilic  très-étroit.  En  un  mot, 
l'évasement  de  l'ombilic  ne  peut  servir,  chez  cette  espèce, 
de  signe  caractéristique  constant. 

Nous  en  dirons  autant  du  péristome.  Nous  avons  con- 
staté nombre  d'échantillons  présentant  un  péristome  sim- 
ple ou  bordé,  et  cela  sur  des  individus  à  ombilic  très-ou- 
vert ou  très- étroit. 

Nous  ferons,  du  reste ,  remarquer  que  Draparnaud  lui- 
même  (Hist.  Moll.,p.  118.  1805),  dans  sa  Description  du 
Zonites  (Hélix)  crystallinus,  dit  que  cette  espèce  a  un  pé- 
ristome bordé  ou  non  bordé,  et  que,  même  dans  les  plan- 
ches qui  accompagnent  son  ouvrage  (pi.  vm,  fig.  18-20), 
l'on  trouve,  sous  l'appellation  d'Hélix  crystallina,  var.  B, 
la  représentation  d'un  échantillon  offrant  un  péristome 
bordé  et  un  ombilic  très -ouvert.  Caractères  fournis  par 
MM.  Fondras  et  Terver,  à  leur  troisième  variété. 

Or,  sslon  nous,  d'après  nos  observations,  nous  consi- 
dérons toutes  ces  variations  comme  devant  rentrer  dans 
le  type  de  l'espèce. 

Enfin  ajoutons  que  nous  n'avons  pu  trouver ,  parmi  nos 
échantillons,  qu'une  seule  variété,  que  nous  croyons  de- 
voir élever  au  fang  d'espèce,  sous  le  nom  de  Subterra- 
neus ,  parce  que,  outre  son  péristome  bordé  et  son  ombi- 
lic très-ouvert  (caractères  de  la  3e  variété  de  MM.  Fou- 
dras  et  ïerver) ,  nos  individus  possèdent  une  spire  à  tours 


TRAVAUX    INÉDITS.  275 

f  rès-renflés,  et  une  ouverture  parfaitement  arrondie  et  non 
oblongue-ovalaire. 

ZONITES  SUBTERRANEUS. 

Testa  miiiima,  latc  umbilicata,  supra  complanata,  albida,  dia- 
phana,  crystallina,  laevi,  vel  sublontead  suturam  elcgantissime  Stria- 
tula  ;  aufractibus  5  convexis,  profunda  sutura  separatis;  ultimo  pau- 
lulum  majore,  rotundato,  infra  uou  compresso;  apertura  lunari- 
rotuudata  ;  peristoraate  acuto,  iutus  albido-incrassato. 

Coquille  très-petite,  largement  ombiliquée,  aplatie  en 
dessus,  diaphane,  blanchâtre,  lisse,  ou  laissant  aperce- 
voir, à  la  loupe,  de  petites  striations  très-élégantes  vers  la 
suture.  Cinq  tours  de  spire  convexes,  s' accroissant  avec 
régularité  et  profondément  séparés  les  uns  des  autres  par 
la  suture.  Dernier  tour  ventru,  arrondi  et  non  comprimé 
inférieurement  ;  ouverture  fortement  échancrée,  ronde,  à 
péristome  simple,  mais  intérieurement  bordé. 

Haut.,  1  mill.  1/2.  —  Diam.,  3  mill. 

Cette  nouvelle  espèce  provient  du  département  de 
l'Aube,  où  elle  vit  dans  la  forêt  d'Orient,  dans  les  envi- 
rons de  Vendeuvre-sur-Barse  et  de  Troyes. 

Ce  Zonites  subterraneus,  que  nous  avions  confondu  jus- 
qu'à présent  avec  le  Crystallinus,  diffère  de  cette  dernière 
coquille 

1°  Par  son  ombilic  très-ouvert  ; 

2°  Par  son  péristome  bordé  ; 

3°  Surtout  par  ses  tours  de  spire  renflés ,  arrondis  et  non 
aplatis  inférieurement; 

4°  Par  son  ouverture  fortement  échancrée  et  parfaitement 
ronde\ 

5°  Par  sa  taille  plus  petite,  sa  spire  aplatie  en  dessus, 
sa  suture  plus  profonde,  etc.. 

Xomtes  Bottkrii. 
Hélix  Botterii,  Parreyss,  in  Coll.  cl.  Philippi  (teste,  L. 


276       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

Pfeijfer,  Mon.  Hel.  viv.  supplém.,  t.  III,  p.  66. 1853). 

Cette  nouvelle  espèce,  indiquée  par  L.  Pfeiffer,  diffère 
duZonites  crystallinus  par  son  ombilic  plus  ouvert. 

Ce  Zonite  habite  l'île  de  Lésine,  D'après  Roth  (Spicil. 
Moll.  in  Malak.,  Blatter,  p.  22.  1855),  cette  coquille  se 
rencontrerait  également  aux  environs  d'Athènes. 

Voici  ce  que  dit,  à  ce  sujet,  ce  savant  auteur  :  «  Obve- 
nerunt  aliae...,  umbilico  magno  pervio  praeditae,  quas  ad 
Helicem  crystallinam  (Mùll.)  collocarem  ,  si  non  umbilici 
amplitudo  obstaret.  Mentionem  facit  cl.  Pfeifferus  varieta- 
tis  cujusdam  paulo  apertius  umbilicatae,  cui  Parreyssim 
nomen  Hel.  Botterii  imposuit.  »  Et  il  ajoute  que  ces  échan- 
tillons ont  2  à  2  millimètres  1/3  de  diamètre  sur  1  milli- 
mètre de  hauteur  ;  enfin  que  la  coquille  ne  possède  que 
quatre  tours  et  demi  de  spire ,  ce  qui  constituerait  une 
nouvelle  différence  avec  le  Cnjstallinus,  qui  offre,  au  con- 
traire, cinq  à  six  tours  de  spire. 

Ce  Zonites  Botterii  doit  également  se  distinguer  de  no- 
tre Subterraneus  par  son  ouverture  moins  arrondie,  et  par 
son  péristome  simple,  aigu  et  non  bordé. 

Zonites  diaphanus. 

Hélix  Diaphana  (1),  Sluder,  Kurz.  Verzeichn.,  p.  86. 1829. 
Hélix  Hyalina  (2),  (Helicella),  Férussac,  ïabl.  syst.,  p.  45. 

n°  224.  1822. 
Vitrea  Diaphana,  Fitzinger,  Syst.  Verzeichn.,  p.  99. 1833. 
Helicella  Diaphana,  Beck,  Ind.  Moll.,  p.  7,  1837. 
Polita  Hyalina,  Held,  in  :  Isis,  p.  916.  1837. 
Zonites  Diaphanus,  Moquin-Tandon,  Hist.  Moll.  France, 
tom.  II  (4e  livr.),  p.  90,  pi.  ix,  f.  30  à  32.  1855. 
Coquille  presque  entièrement  déprimée  en  dessus,  im- 

(1)  Non  Hélix  diaphana,  M.  V.  Muhlferldt,  Lamarck,  Krynicki , 
Lea,  Villa. 
(2J  Non  Hélix  Hyalina,  le  Guillou,  Adams. 


TRAVAUX     INÉDITS.  277 

perforée  et  à  peine  munie  d'une  dépression  ombilicale  à  la 
place  de  l'ombilic.  Ouverture  très  -resserrée ,  demi-ovale 
et  fortement  échancrée  par  l'avant-dernier  tour.  Cinq  à  six 
tours  de  spire,  serrés  les  uns  contre  les  autres  et  séparés 
par  une  suture  superficielle. 

Comme  on  le  voit  par  ces  caractères  ,  cette  espèce  se 
distingue  du  Crystallinus  par  son  manque  d'ombilic,  par 
son  ouverture  plus  rétrécie,  par  sa  suture  superficielle,  etc. 

Ce  Zonite  est  généralement  assez  rare  dans  les  contrées 
qu'il  habite  On  l'a  rencontré,  jusqu'à  ce  jour,  en  Allema- 
gne, en  Suède,  en  Suisse,  en  Italie ,  en  France  et  en  An- 
gleterre. 

Nous  croyons  que  l'on  doit  retrancher  des  synonymies 
de  ce  mollusque  celles  indiquées  par  L.  Pfeiffer,  dans  sa 
Monographie  des  Hélices  vivantes  (tom.  1er,  p.  59.  1848), 
sous  les  mots  suivants  : 

Hélix  contorta,  Held,  in  :  Isis,  p.  304.  1837. 

—    —    Krynicki,  in  :  Bull.  soc.  Moscou,  tom.  ix,  p.  168. 

1837. 
Et  Polita  contorta,  Held,  in  :  Isis,  p.  916.  1837. 

Ce  mollusque,  en  effet,  désigné  sous  le  nom  de  Con- 
torta ,  est  une  espèce  du  Caucase  dont  les  caractères  spé- 
cifiques ne  peuvent  se  rapporter  à  celle-ci. 

M.  Moquin-Tandon  a  eu  raison  d'adopter  le  vocable 
Diaphanus,  à  la  place  de  celui  proposé  par  Férussac,  en 
1822,  sous  l'appellation  d'Hyalinus,  puisque  cette  déno- 
mination ne  se  trouve  suivie  d'aucuns  caractères  spécifi- 
ques, et  que  c'est  Rossmassler  seul  qui  a  consacré  ce  nom 
en  1838,  en  donnant  la  description  de  cette  espèce. 

Or  Studer,  dès  1829,  avait  publié  la  diagnose  de  cette 
même  coquille  sous  le  vocable  Diaphanus. 


MÉiMoiRE  sur  les  gale-insectes  de  l'Olivier,  du  Citronnier, 
de  l'Oranger,  du  Laurier-Hose,  et  sur  les  maladies  qu'ils 


278        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

y  occasionnent  dans  la  province  de  Nice  et  dans  le  dé- 
partement du  Var,  par  le  docteur  J.  B.  Rorineau-Des- 
voidy.  (Voir  1856,  p.  121, 180.) 

La  lecture  de  Geoffroy  m'avait  initié  aux  mœurs  de  la 
Cochenille  des  serres,  qui  vit  principalement  sur  le  Citron- 
nier. A  Menton,  à  Beaulieu,  les  Citronniers  sont  couverts 
des  cocons  de  cet  animal.  Je  déchire  le  tissu  de  ces  cocons, 
il  en  sort  des  milliers  de  petits  attendant  les  rayons  du 
premier  soleil  pour  commencer  leur  existence  de  destruc- 
tion. Je  retrouve  une  multitude  de  ces  mêmes  petits  et 
bon  nombre  de  mères  sur  les  feuilles  et  sur  les  branches  ; 
l'ennemi  est  reconnu.  Il  ne  me  reste  plus  de  doute  ;  le 
Citronnier  doit  sa  maladie  à  la  présence  continuelle  et  à 
la  vie  non  interrompue  de  ces  Cochenilles  sur  un  arbre 
dont  la  végétation  ne  se  repose  presque  pas.  Sous  le  ciel 
du  Midi  je  retrouve  les  faits  observés  dans  les  serres  du 
Nord-  La  fumagine  de  ïurpin  est  la  véritable  morfée  de 
Loquez  et  de  Risso ,  seulement  elle  opère  sur  des  espaces 
plus  considérables ,  ainsi  que  sur  des  végétaux  plus  nom- 
breux et  doués  d'une  plus  grande  énergie  vitale.  Ici  la 
maladie  provient  de  ces  myriades  de  Cochenilles,  dont  les 
piqûres  incessantes  privent  l'arbre  de  ses  sucs  nourriciers, 
l'énervent,  le  rendent  presque  stérile,  le  font  tomber  dans 
la  langueur  et  le  marasme.  Au  milieu  de  ces  accidents,  la 
moisissure  de  Loquez,  la  morfée,  puisqu'il  faut  l'appeler 
par  son  nom,  survient,  amenant  de  nouveaux  désordres  et 
entretenant  les  anciens  ;  elle  prend  possession  entière  de 
l'arbre  et  expulse  souvent  les  premiers  propriétaires,  qui 
ne  trouvent  bientôt  plus  des  sucs  suffisants  et  convenables 
à  leur  appétit.  Durant  mon  séjour  dans  la  province  de 
Nice,  j'ai  observé  avec  soin  les  frêles  et  les  nouvelles 
pousses  du  Citronnier  ;  toutes  étaient  déjà  occupées  par 
de  jeunes  Cochenilles.  Ainsi  l'arbre  n'éprouve  point  de 
trêve;  il  est  attaqué  à  chaque  effort  de  végétation. 

Maintenant  il  est  facile  de  concevoir  pourquoi  la  morfée 


TRAVAUX     INÉDITS.  279 

fleurit  surtout  dans  les  localités  où  la  Cochenille  aime  à 
pulluler;  c'est  qu'il  faut  une  sève  luxuriante  pour  l'exces- 
sive multiplication  de  l'insecte;  c'est  que  cette  môme  sève, 
ainsi  viciée,  fournit  encore  à  la  morfée  là  plus  favorable 
condition  de  triomphe. 

Pour  moi ,  l'existence  de  la  morféé  sur  le  Citronnier  est 
due  à  l'existence  antérieure  et  aux  ravages  du  Cocctjs  àdo- 
nidum.  On  peut,  chaque  jour,  vérifier  ce  fait  daris  les 
serres. 

Mais  la  morfée  n'est  pas  exclusivement  propre  aux  con- 
trées méridionales  ;  nous  pouvons  la  rericontrer  sut1  plu- 
sieurs végétaux  du  Nord. 

Elle  ne  reconnaît  pas  non  plus  pour  origine  unique  la 
piqûre  des  seuls  Gale -Insectes.  Tout  insecte  phytophage 
de  l'ordre  des  hémiptères,  et  principalement  le  puceron , 
peut  la  faire  éclore,  ainsi  qu'il  est  aisé  de  s'en  assurer  par 
des  exemples  sans  nombre. 

Les  arbres  non  plus  n'ont  pas  seuls  le  privilège  d'être 
infestés  par  ce  fléau,  que  j'ai  rencontré  sur  une  foule  de 
plantes  herbacées  qui  toutes  avaient  été  cruellement  mal- 
traitées par  des  hôtes  antérieurs. 

Partout  et  toujours  nous  trouvons  l'apparition  de  la 
morfée  subordonnée  à  celle  d'un  insecte.  Elle  ne  se  mani- 
feste d'abord  que  sur  des  végétaux  déjà  viciés,  sur  des 
tissus  déjà  en  souffrance;  elle  n'est  donc  qu'un  épiphéno- 
mène  dans  la  série  des  accidents  qui  accompagnent  et 
suivent  les  incalculables  piqûres  des  animaux  qui  le  pré- 
cèdent. 

L'honorable  et  excellent  M.  Roubandi,  de  Nice,  dit 
avoir  plusieurs  fois  procuré  cette  affection  à  des  branches 
saines  d'Olivier  qu'il  avait  séquestrées  et  mises  en  contact 
avec  l'insecte. 

Quant  à  la  rapidité,  parfois  prodigieuse,  de  son  déve- 
loppement, quant  à  l'intensité  de  son  action,  on  ne  sau- 
rait les  expliquer  que  par  l'étude  des  milieux  où  elles  se 
font  sentir. 


280  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.   [Juin  1856.) 

On  ne  saurait  rien  préjuger  sur  la  durée  de  ce  fléau  ;  on 
m'a  fait  voir  des  jardins  de  Citronniers  malades  depuis 
plusieurs  années.  Parfois  la  morfée  disparaît  insensible- 
ment, et  les  Citronniers  reviennent  peu  à  peu  à  la  santé  ; 
d'autres  fois  elle  s'éloigne  d'une  manière  assez  brusque, 
pour  se  jeter  sur  quelque  localité  plus  ou  moins  éloignée; 
mais  elle  aura  laissé  partout  les  traces  irrécusables  de  son 
séjour. 

Quand  elle  a  comme  imprégné  toute  sa  substance  et 
tous  les  tissus  d'un  arbre,  on  ne  peut  nier  que  la  morfée 
devient  une  maladie  véritable,  la  maladie  principale,  et 
qui  finit  par  jouer  le  rôle  le  plus  important.  Cet  arbre  n'a 
plus  besoin,  désormais,  de  la  piqûre  des  insectes  pour 
produire  des  feuilles  et  des  tiges  infestées.  La  morfée  suf- 
fit. Comme  elle  n'a  point  quitté  les  parties  malades  depuis 
longtemps,  et  comme  elle  s'est  presque  identifiée  avec  le 
végétal ,  on  conçoit  aisément  que  tout  produit  de  la 
végétation  est  condamné  à  l'avance,  et  que  les  nouvelles 
tiges  et  les  nouvelles  feuilles  subiront,  dès  leur  apparition, 
le  sort  de  celles  qui  les  précédèrent.  Il  importe  de  ne 
point  perdre  de  vue  cette  considération,  lorsqu'on  veut 
apprécier  rigoureusement  la  marche  des  phénomènes. 

La  morfée  se  substitue  donc  à  la  cause  première  de  la 
maladie;  elle  survit  aux  causes  qui  l'ont  produite,  et, 
dans  l'influence  de  conditions  favorables,  on  la  voit  attein- 
dre au  rang  et  au  titre  d'affection  prédominante;  sous  ce 
rapport,  elle  est  comparable  aux  affections  psoriques  qui 
affligent  le  tissu  cutané  des  animaux.  C'est  pour  n'avoir 
pas  tenu  compte  de  ce  rôle  nouveau  que  les  auteurs  qui 
ont  écrit  sur  elle  ont  été  portés  à  lui  attribuer  une  ori- 
gine spéciale,  et  une  souveraine  importance  que  réelle- 
ment elle  ne  possède  pas. 

Comme  je  l'ai  déjà  avancé,  la  morfée  appartient  aux 
végétaux  du  nord  comme  à  ceux  du  midi  de  la  France. 
Dans  le  nord,  elle  ne  jouit  que  d'une  courte  existence  sur 
les  feuilles  caduques  de  nos  végétaux.  Nous  n'y  reconnais- 


TRAVAUX   INÉDITS.  281 

sons  de  continuité  que  sur  les  arbustes  cultivés  dans  les 
serres.  Il  n'en  est  pas  de  même  dans  le  département  du 
Var  et  dans  la  province  de  Nice,  où  la  température  a  per- 
mis l'acclimatation  de  plusieurs  arbres  à  feuilles  persis- 
tantes. Sous  l'influence  d'une  vie  presque  toujours  en  ac- 
tion, la  morfée,  une  fois  installée,. y  trouve  des  aliments 
continuels  pour  sa  conservation  et  sa  propagation.  Comme 
elle  peut  fournir  une  carrière  de  plusieurs  années,  elle 
s'accumule  sans  cesse  sur  les  arbres,  et  finit  par  les  cou- 
vrir en  totalité  des  vêtements  hideux  qui  la  signalent  et 
l'annoncent  au  loin. 

Quels  remèdes  employer  contre  un  fléau  qui  dévaste  et 
couvre  des  jardins,  des  champs,  des  plaines,  des  vallées  et 
des  provinces  entières?  Les  efforts  de  l'homme  sont  vains 
devant  cette  immensité  du  mal.  A  l'exemple  des  cultiva- 
teurs de  Nice,  ne  reste-t-il  donc  plus  qu'à  s'écrier  :  «  Le 
«  ciel  le  veut!  »  Un  d'entre  eux  m'apostropha  ainsi  : 
«  Monsieur,  nos  Citronniers  et  nos  Orangers  étaient  ma- 
«  lades;  la  maladie  vient  d'attaquer  nos  Vignes  et  nos 
«  Pommes  de  terre;  il  ne  nous  reste  donc  plus  qu'à  mou- 
«  rir  de  faim  !  »  Plusieurs  m'ont  répété  :  «  Nous  touchons 
«  aux  temps  prédits  par  les  Livres  saints  :  Dieu  va  livrer 
«  les  nations  en  proie  à  toutes  les  espèces  de  famines  ;  la 
«  fin  du  monde  est  proche!  » 

La  résignation  devient,  en  effet,  le  seul  refuge  du  pro- 
priétaire et  du  cultivateur;  lorsque  la  morfée  les  oppresse, 
il  ne  leur  reste  plus  qu'à  arracher  leurs  arbres,  à  complé- 
ter leur  ruine  de  leurs  propres  mains,  ou  à  attendre  un 
avenir  incertain  et  peut-être  fort  éloigné.  A  Beaulieu,  sur 
la  paroisse  de  Villafranca,  on  ne  récolte  plus  d'Olives  de- 
puis quatorze  ans.  Bien  plus,  et  on  ne  saurait  se  le  dissi- 
muler, le  fléau,  depuis  l'époque  de  son  invasion,  gagne 
en  étendue  et  en  intensité.  Chaque  année,  il  avance  de 
quelques  pas;  chaque  année  ses  coups  sont  plus  sûrs,  plus 
cruels,  et  son  action  plus  désastreuse. 

Les  jardiniers  du  Nord  sont  plus  heureux.  Le  mal  est 


282        REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  (Juin  1856.) 

rarement  assez  intense  pour  amener  la  complète  destruc- 
tion des  arbustes  de  leurs  serres  ;  de  plus,  il  leur  est  loi- 
sible, vers  la  fin  de  l'hiver,  de  brosser,  de  racler,  d'émon- 
der  les  feuilles  et  les  tiges  de  leurs  Orangers,  occupées 
par  la  Cochenille  ou  par  le  Kermès.  Cette  opération,  con- 
tinuée quelque  temps  avec  persévérance,  met  bientôt  ces 
arbres  à  l'abri  de  tout  péril. 

Dans  ce  récit  court  et  rapide,  j'ai  exposé  l'origine  et  la 
marche  de  la  morfée  ;  je  l'ai  surtout  étudiée  dans  ses  rap- 
ports avec  le  Coccus  Adonidum,  ou  la  cochenille  qui  vit  plus 
particulièrement  sur  les  arbres  des  genres  Limonier,  Ci- 
tronnier, Cédratier  et  Pimplemousier,  soit  qu'elle  en  digère 
mieux  les  sucs,  soit  parce  que  leurs  écorces  sont  plus  ten- 
dres. Menton  avec  Beaulieu,  où  ces  mêmes  arbres  sont 
cultivés  de  préférence,  est  la  localité  que  cet  insecte  aime 
de  prédilection.  Là  est  le  vrai  théâtre  de  son  triomphe. 
On  le  rencontre  aussi,  mais  moins  abondant,  sur  les  Ci- 
tronniers de  Nice  et  sur  ceux  d'Hyères. 

Ce  même  insecte  a  pareillement  envahi  les  Orangers  et 
même  l'Olivier,  auxquels  il  ne  paraît  pas  avoir  encore  ap- 
porté de  grands  préjudices. 

Dans  le  Nord,  il  s'est  jeté  sur  la  Vigne.  Je  l'ai  rencon- 
tré, l'an  passé,  sur  une  treille  du  jardin  de*s  Plantes,  à  Pa- 
ris. Enfin  j'ai  vu,  à  Auxerre,  une  autre  treille  où,  par  sa 
trop  grande  multiplication,  il  avait  occasionné  la  plupart 
des  accidents  produits  par  ce  qu'on  nomme  la  maladie  de 
la  vigne. 

Sur  le  Kermès  hesperidum,  Linn. 
Coccus  Hesperidum,  Linri.,  faun.  suec,  n°  722. 

Geoffroy,  tom.  I,  pag.  515,  n°2,  le  Kermès  des  Oran- 
gers. 

Cet  insecte,  abondant  sur  la  famille  des  Orangers,  n'a 
pas  manqué  d'observateurs  dans  le  siècle  dernier.  LaHire, 
Sedilleau,   Réaumur  et  plusieurs   autres   en  ont  donné 


TRAVAUX     INÉDITS.  283 

l'histoire,  et  l'ont  souvent  désigné  sous  le  nom  de  Pou  ou 
Punaise  de  V Oranger. 

La  plupart  des  écrivains  s'accordent  à  dire  que  son  ex- 
cessive multiplication  amène  de  graves  désordres  sur  l'ar- 
bre qui  en  est  infesté.  A  son  occasion,  Réaumur  a  signalé, 
mais  non  reconnu  la  morfée,  lorsque,  traitant  de  ces  in- 
sectes dans  le  Pêcher,  il  dit  :  «  Les  feuilles  et  les  fruits 
«  qui  sont  au-dessous  des  branches  trop  peuplées  de  Gale- 
ce  Insectes  sont  quelquefois  salis  et  noirs  par  l'eau  qui, 
«  après  avoir  lavé  les  insectes,  tombe  sur  ces  feuilles  et 
«  ces  fruits.  » 

Quant  à  ce  qui  concerne  l'origine  de  cette  espèce, 
Geoffroy  se  contente  d  écrire  qu'elle  habite  dans  les  serres. 

Linné  la  place  également  parmi  les  Coccus  des  serres 
chaudes  :  il  la  fait  vivre  sur  les  arbres  verts  de  serres,  tels 
que  le  Citronnier,  le  Laurier,  le  Quassia  :  «  Habitat  in  dr- 
a  boribus  semper  virentibut  hybernaculis,  ut  Citri,  Lauri, 
«  Quassiœ.  »  Dans  un  autre  endroit  {System,  naturœ),  il 
est  plus  explicite,  ainsi  que  nous  l'avons  déjà  exposé  : 
«  Coccus  Besperidum  :  habitat  in  Americœ,  Africœ,  non  in 
«  Europœ  calidioribus  arboribus.  »  «  La  Corhentlle  des  Oran- 
«  gers  habite  l'Amérique,  l'Afrique;  on  ne  la  trouve  point 
«  sur  les  arbres  des  contrées  les  plus  chaudes  de  l'Eu- 
«  rope.  »  Il  ne  lui  reconnaissait  donc  pas  une  origine  eu- 
ropéenne. 

A  Nice  et  dans  la  France  méridionale,  on  la  rencontre 
sur  tous  les  Orangers  et  souvent  sur  les  Citronniers,  les 
Lauriers  et  le  Nérium.  Etle  cause  de  grands  ravages  sur  les 
Orangers,  et  elle  y  amène  fréquemment  la  mort  du  Lau- 
rier-Rose. 

La  morfée  accompagne  et  suit  toujours  la  présence  de 
cet  insecte,  moins  désastreux  que  le  Coccus  Adonidum. 
C'est  de  la  morfée,  par  les  piqûres  de  ces  insectes,  que 
parle  Loquez,  lorsqu'il  écrit  que  cette  maladie  commence 
à  s'introduire  dans  les  jardins  de  Nice  et  d'Hyères. 


284.       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

Sur  le  Kermès  olea,  Bern. 

Bernard,  Recueil  de  l'Académie  de  Marseille,  1782. 
Olivier,  Encyclop.  méthodiq. 

En  1782,  l'Académie  de  Marseille  couronna  le  Mémoire 
de  Bernard  sur  l'Olivier.  Bernard  fut  directeur  adjoint 
de  l'observatoire  de  la  marine  de  Marseille,  et  correspon- 
dant de  l'Académie  des  sciences  de  Paris. 

Il  fit  connaître  le  Kermès  de  l'Olivier  et  celui  du  Figuier. 

«  J'ai  observé,  dit-il  (page  108),  sur  toute  la  côte,  de- 
«  puis  Marseille  jusqu'à  Antibes,  des  Kermès  sur  les  Oli- 
«  viers.  Dans  plusieurs  localités,  cet  insecte  était  tellement 
«  multiplié,  que  beaucoup  de  particuliers  avaient  été  dans 
«  le  cas  de  couper  les  grosses  branches  de  leurs  Oliviers 
«  et  avaient  entièrement  renouvelé  leurs  arbres.  » 

Tel  est  le  premier  signalement  de  cet  insecte  qui,  de 
nos  jours,  joue  un  des  rôles  les  plus  considérables  dans 
les  maladies  des  arbres  à  feuilles  persistantes  du  midi  de 
la  France  et  du  nord  de  l'Italie. 

Bernard  décrit  cet  insecte,  et  nous  apprend  ce  qu'une 
observation  longue  et  attentive  lui  a  enseigné  sur  ses 
mœurs.  Il  a  constaté  que  la  femelle  pouvait  pondre  jus- 
qu'à deux  mille  œufs. 

ce  Les  Kermès  qui  naissent  sur  les  arbres  qui  se  dépouil- 
le lent  de  leurs  feuilles  ont  une  vie  relative  à  l'état  de 
«  leurs  arbres.  Mais  l'Olivier,  étant  presque  toujours  en 
«  sève,  le  Kermès,  qui  lui  est  particulier,  s'y  peut  renou- 
«  vêler  dans  toutes  les  saisons.  On  en  trouve  avec  des 
«  œufs  pendant  tout  l'été...  Il  m'a  paru  que  le  Kermès  ne 
«  nuisait  pas  autant  à  la  durée  de  l'Olivier  qu'à  celle  du 
«  Figuier;  mais  l'effet  est  presque  toujours  le  même  pour 
«  le  propriétaire  :  dès  qu'il  n'a  point  de  fruits,  c'est  comme 
«  s'il  n'avait  pas  d'arbres.  » 
[ta  suite  prochainement.) 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  285 

II.     SOCIÉTÉS    SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  Qjuin  1856.  —  M.  Serres  lit  une  Note  sur  les 
développements  primitifs,  la  formation  de  l'œuf,  la  vésicule 
ovigène  et  germinative ,  la  condition  primordiale  de  la  du- 
plicité monstrueuse.  Nous  nous  bornerons  à  citer  les  con- 
clusions de  cet  intéressant  travail  :  «  1°  L'œuf  pst  le  pro- 
duit de  la  vésicule  ovigène  (vésicule  de  Graaffj  ;  2°  la 
vésicule  germinative  est  la  première  partie  de  l'œuf  qui  se 
développe;  3°  autour  de  la  vésicule  germinative  appa- 
raissent, en  premier  lieu,  le  nuculus  prolifère,  et  en  se- 
cond lieu  le  vitellus  et  la  membrane  propre  ;  4°  chez  les 
vertébrés,  l'œuf  se  détache  de  la  vésicule  ovigène,  et  il  se 
développe,  ainsi  que  l'embryon,  en  dehors  de  l'influence 
de  cette  vésicule  ;  chez  les  invertébrés,  au  contraire,  la 
vésicule  ovigène  reste  inhérente  à  l'œuf,  et  elle  prend 
part  à  son  développement,  ainsi  qu'à  celui  de  l'embryon; 
5°  de  la  présence  ou  de  l'absence  de  la  vésicule  ovigène, 
dans  la  composition  de  l'œuf  des  deux  embranchements 
du  règne  animal,  résultent  des  différences  notables  dans 
leur  embryogénie  comparée  ;  6°  la  vésicule  germinative 
est,  chez  les  vertébrés ,  l'élément  fondamental  de  l'œuf  et 
le  radical  de  leur  embryon  ;  le  nuculus  prolifère  et  le  vi- 
tellus sont  les  satellites  de  cette  vésicule  primordiale  ; 
7°  de  l'unité  ordinaire  de  la  vésicule  germinative  dans  la 
vésicule  ovigène  résultent  l'unité  du  jaune  et  l'unité  de 
l'embryon;  de  la  pluralité  des  vésicules  germinatives  dans 
l'intérieur  d'une  même  vésicule  ovigène  résulte,  à  son 
tour,  la  pluralité  des  cumulus  et  des  vitellus  ;  il  y  a  tou- 
jours autant  de  vitellus  et  de  cumulus  qu'il  y  a  de  vési- 
cules germinatives  ;  8°  qu'il  y  ait  une  ou  plusieurs  vési- 
cules germinatives  dans  la  même  vésicule  ovigène,  les 
développements  de  l'œuf  et  de  l'embryon  s'opèrent  tou- 
jours de  la  même  manière  et  d'après  les  mêmes  règles  ; 


286       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

seulement,  dans  les  cas  de  pluralité  d'ovules  dans  une  vé- 
sicule ovigène  unique,  l'étroitesse  du  champ  des  dévelop- 
pements fait  que  les  ovules  s'associent  pour  accomplir 
leurs  évolutions;  9°  enfin,  dans  ces  derniers  cas  encore,  la 
condition  primordiale  de  l'association  des  ovules  et  des 
embryons  a  lieu  tantôt  par  la  réunion  homaeozygique  de 
deux  vitellus,  tantôt  par  celle  des  deux  allantoïdes,  selon 
que  la  réunion  s'opère  par  le  plan  supérieur  au  dia- 
phragme, ou  qu'elle  s'effectue  par  le  plan  inférieur  à  cette 
cloison.  » 

M.  Duméril  fait  hommage  à  l'Académie  d'un  volume 
in -4°  de  plus  de  500  pages  ayant  pour  titre  Ichthyologie 
analytique.  Il  saisit  cette  occasion  pour  présenter  quel- 
ques observations  générales  sur  la  marche  qui  lui  paraît 
la  plus  convenable  à  suivre  dans  l'étude  de  l'histoire  na- 
turelle, et  donne  ensuite  un  aperçu  de  son  livre ,  dont  le 
principal  but  est  de  rendre  plus  faciles  la  connaissance  et 
la  distinction  des  poissons,  à  l'aide  de  tableaux  synopti- 
ques qui  font  parvenir  à  la  détermination  des  genres. 

M.  Valencienms  fait  la  description,  sous  le  nom  de 
Félin  Tulliana,  d'une  nouvelle  espèce  de  Panthère  tuée,  par 
M.  Tchihatcheff,  à  Ninfi,  village  situé  à  8  lieues  est  de 
Sraynie. 

Cette  espèce,  dont  la  taille  égale  celle  de  nos  plus 
grandes  Panthères  africaines,  a  le  pelage  cendré  ou  gris 
légèrement  roussâtre,  peu  chargé  de  taches  en  larges  roses 
ou  cercles  mal  fermés  sur  les  flancs  :  sur  les  épaules  et  sur 
les  cuisses,  ces  taches  sont  un  peu  plus  petites  ;  à  partir  du 
poignet  ou  du  tarse,  elles  deviennent  de  gros  points 
noirs  que  Von  retrouve  sur  la  tète  et  un  peu  sur  le  cou. 
Les  taches  ou  roses  arrondies  se  continuent  sur  le  dos  de 
la  queue.  Celle-ci,  très-caractéristique,  est  plus  longue 
que  le  corps  entier  de  l'animal  ;  le  poil  fin  qui  la  recouvre 
s'allonge  de  plus  en  plus  à  mesure  qu'il  s'approche  de 
l'extrémité,  de  sorte  que  le  dernier  tiers  de  la  queue  de 
cette  Panthère  est  plus  gros  ou  plus  touffu  que  la  racine  ; 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  287 

c'est  précisément  le  contraire  de  ce  qui  existe  chez  toutes 
les  autres  Panthères  indiennes  ou  africaines.  La  distance 
du  bout  du  nez  à  sa  racine  est  aussi  plus  longue.  Cet  en- 
semble de  caractères  paraît  suffisant  à  M.  Valencicnnes 
pour  faire  distinguer  cette  espèce  de  toutes  ses  congé- 
nères. 

M.  E.  Gintrao  présente  une  Note  sur  un  monstre  enencé- 
phalien  qui,  pour  lui,  constitue  un  genre  nouveau  de 
monstruosité  auquel  il  donne  le  nom  de  Pleur  encéphale. 

M.  Jobard,  de  Bruxelles,  rappelle,  à  l'occasion  d'une 
communication  récente  de  M.  Rouget  sur  Y  appareil  d'adap- 
tation de  l'œil  des  vertébrés ,  qu'il  a  lui-même,  dans  une 
note  lue  à  l'Académie  le  18  juin  1855,  fait  pressentir  la 
nécessité  d'appareils  servant  à  produire  ce  qu'il  désignait 
sous  le  nom  de  la  mise  au  point  de  l'œil.  M.  Jobard  soup- 
çonne que  l'œil  est  muni  de  divers  appareils  qui  le  ren- 
dent propre  à  la  vision  distincte  de  loin  comme  de  près; 
depuis  longtemps  même  il  a  émis  l'idée  que  les  muscles 
moteurs  de  l'œil  pouvaient  contribuer  à  produire  cet 
effet,  n'ayant  pas  seulement  pour  fonction  de  changer  la 
direction  de  l'organe,  mais  agissant  aussi  de  manière  à  le 
modifier  dans  sa  forme. 

Séance  du  9  juin  1856.  —  M.  Serres  lit  un  Mémoire  sur 
l'ordre  de  format  on  de  la  vésicule  ovigème  et  de  la  vésicule 
germinative,  et  sur  l'étiologie  de  la  duplicité  monstrueuse. 
Dans  ce  nouveau  travail,  le  savant  anatomiste  développe 
plus  amplement  quelques-unes  des  propositions  qu'il  avait 
"mises  dans  la  séance  précédente  et  arrive  aux  mêmes 
conclusions. 

M.  de  Quatrefages  présente,^ui  nom  de  M.  Jacquart,  un 
Mémoire  sur  l'appareil  circulatoire  sanguin  chez  le  serpent 
V  g  thon. 

M.  Schulize,  en  faisant  hommage  à  l'Académie  de  deux 
opuscules  qu'il  a  publiés  sur  les  monstres  doubles,  présente 
un  petit  résumé  de  l'ensemble  <!es  recherches  qu'il  a  laites 
à  ce  sujet.  L'auteur  se  prononce  pour  une  opinion  analo- 


288        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

gue  à  celle  qu'a  émise  M.  Coste  dans  les  séances  de  mars 
et  avril  1855,  que  les  monstres  doubles  «  naissent,  par  une 
différenciation  primitive  et  simultanée ,  dans  des  œufs 
dont  le  vitellus  contient  deux  vésicules  germinatives  »  ou 
deux  foyers  d'action.  Les  faits  embryologiques  dissipent, 
pour  lui,  tous  les  doutes  qui  pourraient  rester  à  ce  sujet. 

Séance  du  16  juin  1856.  —  M.  Emm.  Rousseau  présente 
un  Mémoire  sur  la  dentition  des  Cétacés. 

Une  partie  de  ce  travail  est  relative  à  la  Baleine  franche 
et  à  la  position  qu'occupent  les  fanons  dans  la  bouche  de 
ces  Cétacés. 

M.  Waller  adresse  une  Note  relative  à  Y  élude  de  l'œil 
sur  le  vivant.  En  produisant  Yeaophthalmose  artificielle  du 
globe  de  l'œil  d'un  Lapin,  d'un  Cochon  d'Inde  ou  d'un 
Surmulot,  ce  que  l'on  obtient  en  écartant  fortement  les 
paupières,  on  peut,  selon  l'auteur,  observer  les  images 
des  objets  lumineux  qui  se  forment  sur  le  fond  du  globe 
oculaire,  et  examiner,  dans  les  vaisseaux  de  l'iris,  des 
corps  et  des  procès  ciliaires,  et,  dans  la  choroïde,  la  cir- 
culation du  sang  sous  le  microscope. 

MM.  Guérin  et  Eug.  Robert,  en  adressant  un  exem- 
plaire d'un  ouvrage  qu'ils  ont  publié  en  commun  sous  le 
titre  de  «  Guide  de  l1  éleveur  de  vers  à  soie,  »  appellent  l'at- 
tention de  l'Académie  sur  les  efforts  qu'ils  n'ont  cessé  de 
faire  dépuis  plusieurs  années  pour  répandre  parmi  les 
petits  éducateurs  les  connaissances  qui  doivent  rendre 
plus  profitable  pour  eux  ce  genre  d'industrie. 

«  C'est  dans  ce  but,  disent-ils,  que  nous  avons  publié 
un  journal  dont  le  prix  fut  accessible  au  moindre  paysan, 
et  la  même  idée  a  présidé  ^  la  fixation  du  prix  du  Ther- 
momètre-guide des  magnaniers ,  qui  deviendra  ainsi, 
nous  l'espérons,  un  instrument  populaire.  Ayant  remarqué 
surtout  que  les  gens  des  campagnes  attachaient  peu  d'im- 
portance à  un  changement  de  température  de  deux  ou 
trois  degrés,  parce  que  dans  les  thermomètres  ordinaires 
chaque  degré  est  à  peine  visible,  nous  avons  imaginé  d'en 


ANALYSES  d' OUVRAGES  NOUVEAUX.       289 

faire  construire  un  spécialement  destiné  aux  petits  édu- 
cateurs, et  ne  marquant  que  les  températures  qu'ils  ont 
besoin  de  connaître  pour  conduire  sûrement  leurs  vers  à 
soie,  ce  qui  a  permis  d'avoir  des  degrés  de  près  de  1  cen- 
timètre de  longueur.  Avec  ce  petit  livre  et  ce  thermo- 
mètre, tout  agriculteur,  dans  quelque  condition  qu'il  se 
trouve,  pourra  conduire  une  éducation  de  vers  à  soie  et 
la  mener  à  bien,  s'il  suit  les  conseils  qui  lui  sont  donnés, 
et  s'il  imite  ainsi  la  pratique  simple  et  facile  au  moyen  de 
laquelle  nous  faisons  constamment  réussir  les  éducations 
chez  les  agriculteurs  que  nous  pouvons  visiter.  » 

Séance  du  23  juin  1856.  —  M.  Henry  Muller  adresse 
une  réclamation  de  priorité  à  l'occasion  de  la  communica- 
tion de  M.  Rouget  sur  l'appareil  d'adaptation  de  l'œil. 

Il  résulte  de  cette  réclamation  que  le  muscle  ciliaire 
annulaire,  qui  se  montre  au  niveau  du  bord  adhérent  des 
procès  ciliaires,  en  dedans  des  faisceaux  du  muscle  ciliaire 
radié,  muscle  ciliaire  annulaire  qui  paraît  jouer  un  grand 
rôle  dans  le  mécanisme  de  l'adaptation  de  l'œil,  aurait 
été  découvert  par  M.  Henry  Muller  en  1855,  et  aurait  été 
communiqué  par  lui ,  en  novembre  dernier,  à  la  Société 
physico-médicale  de  Wurzbourg. 


III.  ANALYSES  D'OUVRAGES  NOUVEAUX. 

Collection  iconographique  des  Animaux  utiles  et  d'agré- 
ment, Mammifères,  Oiseaux,  Poissons,  Insectes,  pou- 
vant servir  d'atlas  au  Bulletin  de  la  Société  impériale 
d'acclimatation  et  à  l'ouvrage  de  M.  Isidore  Geoffroy 
Saint-Hilaire  sur  l'acclimatation  des  animaux.  Dédiée  à 
la  Société  impériale  d'acclimatation,  par  M.  Werner, 
chevalier  de  la  Légion  d'honneur,  peintre  au  Muséum 
d'histoire  naturelle,  ln-fol.  Chez  l'auteur,  rue  des  Bou- 
langers-Saint-Victor, 17. 

Le  nom  de  l'auteur  de  ce  bel  ouvrage  le  recommande 
2e  sérib.  t.  via.  Année  1836.  19 


290        rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

suffisamment,  car  il  appartient  à  l'un  de  nos  premiers 
peintres  de  zoologie,  dont  les  ouvrages  sont  partout  con- 
nus, estimés  et  admirés.  M.  Werner  a  eu  une  heureuse 
idée  en  entreprenant  de  donner  aux  nombreux  membres 
de  la  Société  d'acclimatation  le  portrait  des  animaux 
qu'elle  introduit  ou  qu'elle  tente  d'introduire  dans  des 
pays  où  ils  peuvent  rendre  des  services.  Au  moyen  de 
cette  fidèle  et  élégante  représentation ,  chacun  peut  se 
faire  une  idée  exacte  de  l'intérêt  des  tentatives  faites  dans 
divers  lieux,  et  l'on  comprendra  mieux  les  notices  et  mé- 
moires qui  paraissent  dans  nos  Bulletins. 

L'ouvrage  de  M.  Werner  sera  composé  de  40  planches 
coloriées  et  divisé  en  10  livraisons  du  prix  de  4  fr.  50  c, 
et  ce  prix  est  réduit  à  3  fr.  50  c.  pour  les  membres  de  la 
Société  d'acclimatation.  Trois  livraisons  sont  en  vente; 
elles  contiennent  la  représentation  fidèle  et  élégante  de 
l'Alpaca,  de  la  Chèvre  d'Angora,  du  Hocco,  du  Silure 
d'Europe,  du  Yack,  du  Casoar,  de  la  Perruche  ondulée , 
du  Ver  à  soie  du  Ricin ,  du  grand  Kanguroo,  du  Chin- 
chilla, du  Colin  huppé  et  du  Ver  à  soie  du  chêne.     (G.-M.) 


The  Butterflies  ,  etc.  —  Les  Papillons  de  la  Grande- 
Bretagne  avec  leurs  transformations,  dessinés  et  décrits 
par  J.  O.  Westwood.  1  vol.  grand  in-8,  Londres,  1855. 

Notre  infatigable  ami  vient  encore  de  contribuer  au 
progrès  de  l'entomologie,  qui  lui  en  doit  déjà  tant,  en 
publiant,  sous  la  forme  la  plus  séduisante,  un  de  ces  ex- 
cellents ouvrages  auxquels  il  a,  depuis  longtemps,  accou- 
tumé le  public.  Tout  en  donnant  un  délicieux  album  des 
Papillons  de  l'Angleterre ,  il  a  pensé  à  la  partie  sérieuse 
de  son  sujet,  et  l'on  retrouve  dans  ce  joli  livre,  qui  est 
plus  spécialement  adressé  aux  gens  du  monde ,  le  cachet 
du  vrai  savant  à  chaque  page  et  sur  chaque  planche. 

Dans  une  introduction  de  36  pages  qui  est  un  véritable 
modèle,  M.  Westwood  a  résumé  tout  ce  que  l'on  sait  sur 


ANALYSES    d'OIVRACES    NOUVEAUX.  291 

l'organisation  et  la  physiologie  des  Lépidoptères,  en  don- 
nant deux  planches  de  ces  détails  anatomiques  qu'il  sait 
si  bien  reproduire.  Le  reste  du  livre  offre  la  description  de 
toutes  les  espèces,  des  détails  précieux  sur  leurs  mœurs  à 
l'état  de  larves  et  d'insectes  parfaits,  sur  les  divers  pays 
qu'elles  habitent  et  sur  le  tort  que  leurs  larves  font  à 
l'agriculture.  Ce  qui  donne  surtout  à  ce  livre  un  caractère 
nouveau  et  un  grand  intérêt,  c'est  que  M.  Westwood  a 
toujours  représenté,  avec  chaque  Papillon,  la  chrysalide, 
la  chenille  et  la  plante  sur  laquelle  elle  vit.         (G. -M.) 


Proceedings,  etc.  —  Procès-verbaux  de  la  Société  zoolo- 
gique de  Londres,  années  1853  et  1854. 

Nous  recevons  aujourd'hui  seulement  ces  deux  années 
des  Proceedings,  et  nous  ne  savons  si  elles  ont  paru  en 
temps  utile.  Cependant  il  est  plus  que  probable  qu'elles 
ont  été  en  retard  de  plus  d'une  année,  puisque  nous 
n'avons  pas  reçu  le  volume  de  1855.  Ce  retard  dans  une 
publication  de  cette  importance  est  une  chose  fâcheuse  et 
peut  faire  naître  de  graves  discussions  de  priorité,  en  per- 
mettant à  des  zoologistes  de  considérer  comme  nouvelles 
et  de  publier  ainsi  des  espèces  décrites  depuis  plus  d'un 
an  dans  ces  procès-verbaux,  qui  ne  parviennent  au  public 
savant  que  longtemps  après.  Pourquoi  la  Société  zoolo- 
gique de  Londres  ne  publierait-elle  pas  ses  procès-ver- 
baux mensuellement,  comme  l'Académie  des  sciences 
publie  ses  comptes  rendus? 

Quoi  qu'il  en  soit,  les  deux  volumes  que  nous  avons 
sous  les  yeux  sont  magnifiques;  ils  contiennent  de  nom- 
breux documents  et  de  très-belles  planches ,  et  il  est  im- 
possible qu'un  zoologiste  se  tienne  au  courant  des  nom- 
breux et  utiles  travaux  qui  se  font  en  Angleterre  sans 
posséder  cet  important  recueil.  (G. -M.) 


292        REV.  ET  MAC  DE  zoologie.  (Juin  1856.) 

IV.  MÉLANGES  ET  NOUVELLES. 

Résumé  de  l'allocution  du  prince  Ch.  Bonaparte   au 
Congrès  des  Ornithologistes,  à  Cothen. 

Considérations  sur  l'espèce. 

L'arbitraire  et  l'anarchie  sont  les  pires  des  conditions, 
et  sont  particulièrement  insupportables  en  fait  de  science. 

C'est  sous  un  tel  régime,  cependant,  que  se  trouve 
placé  le  plus  beau  domaine  de  l'histoire  naturelle,  car 
c'est  arbitrairement  et  anarchiquement,  on  peut  le  dire 
avec  assurance,  qu'ont  été  établies  la  plupart  des  espèces 
modernes,  qui,  suivant  le  caprice  du  fondateur,  prennent 
indifféremment  les  noms  d'espèce,  race  ou  variété.  Cet 
état  de  choses  doit  cesser. 

Ce  n'est,  à  proprement  parler,  que  depuis  Linné  que  la 
détermination  des  espèces  vivantes  telle  que  nous  la  pour- 
suivons de  nos  jours  a  pris  des  principes  solides.  Celle  des 
différents  types  des  espèces  perdues  formera  pour  la.  pos- 
térité le  principal  titre  de  gloire  de  l'immortel  Cuvier. 
C'est  à  la  comparaison  de  ces  deux  catégories  d'espèces, 
et  pour  ainsi  dire  à  la  vérification  de  leur  filiation,  que 
vient  de  se  vouer,  en  Amérique,  un  des  plus  grands  zoo- 
logistes de  notre  temps,  Agassiz. 

Mais ,  avant  tout ,  qu'est-ce  que  l'espèce  ?  ou ,  pour 
parler  plus  explicitement  encore,  faut-il  admettre  la  fixité 
de  l'espèce  ou  sa  variabilité?  Telles  sont  les  questions 
préalables ,  et  sur  lesquelles  il  est  indispensable  de  s'en- 
tendre d'abord  clairement.  Soutenir  absolument  l'hypo- 
thèse de  la  fixité  n'est  rien  moins  que  soutenir  une  thèse 
absurde,  et  qui  l'est  tellement  que  son  absurdité  saute  aux 
yeux  des  hommes  les  moins  versés  dans  la  science  ;  et, 
d'autre  part,  soutenir  sans  réserve,  sans  l'expliquer  ni  la 
circonscrire,  celle  de  la  variabilité,  ce  serait  entraîner  la 
science  dans  un  chaos  où  nulle  méthode  ne  pourrait  plus 
pénétrer. 


MÉLANGES    ET    NOUVELLES.  293 

Proclamons  donc  avec  un  des  plus  lucides  esprits  de 
notre  siècle,  avec  le  professeur  Isidore  Geoffroy  Saint- 
Hilaire,  que  «  les  caractères  des  espèces  ne  sont  ni  abso- 
lument fixes  ni  surtout  indéfiniment  variables.  Ils  sont 
fixes  pour  chaque  espèce ,  tant  qu'elle  se  perpétue  au 
milieu  des  mêmes  circonstances  ;  ils  se  modifient  si  les 
circonstances  ambiantes  viennent  à  changer.  » 

Les  circonstances  étant  permanentes,  les  espèces  le 
sont  aussi.  L'influence  conservatrice  agit  seule  avec  toute 
la  plénitude  de  ses  forces. 

L'influence  modificatrice  ne  peut  lutter  contre  elle 
qu'en  faisant  changer  à  l'espèce  de  monde  ambiant. 

De  là  les  limites  bien  étroites  des  variations  observées 
chez  les  animaux  sauvages. 

De  là  aussi  l'extrême  variabilité  des  animaux  domesti- 
ques. Les  races,  pour  la  plupart  géographiques,  se  recon- 
naissent à  des  modifications  qui  sont  plus  ou  moins  tran- 
sitoires, comme  les  circonstances  qui  les  ont  produites,  et 
qui  sont  ordinairement  l'expansion  graduelle,  conséquence 
de  la  multiplication  des  individus,  ainsi  que  les  différences 
plus  ou  moins  notables  d'habitat,  de  climat,  de  régime  et 
même  d'habitudes.  Mais  ces  races ,  quelque  tranchées 
qu'elles  puissent  paraître,  cessent  d'exister  avec  les  cir- 
constances qui  les  ont  produites ,  ou  du  moins  ne  subsis- 
tent pas  longtemps  après  cette  cessation. 

Leur  existence  temporaire  ne  peut  être  mieux  comparée 
qu'à  celle  des  hybrides,  qui,  bien  que  féconds,  ne  se  re- 
produisent pas  régulièrement  ou  s'éteignent ,  en  retour- 
nant à  l'une  des  espèces  dont  ils  proviennent  par  l'effet 
des  croisements  répétés.  Les  passages  entre  les  différentes 
races  et  leurs  types  sont  les  meilleures  preuves  que  nous 
puissions  fournir  pour  abolir  les  fausses  espèces  et  les  re- 
léguer parmi  les  races,  dont  le  vrai  zoologiste  ne  doit 
pourtant  pas  s'occuper  avec  moins  d'ardeur. 

Si  nos  assertions  avaient  besoin  de  preuves,  les  ani- 
maux domestiques  qui,  en  redevenant  sauvages,  revien- 


294        REV.  ET  MAC  DE  zoologie.  (Juin  1856.) 

nent  au  type  primitif  dont  ils  s'étaient  écartés  par  des 
différences  tellement  grandes  que,  dans  l'état  de  nature, 
elles  seraient  génériques,  nous  en  fourniraient  de  solen- 
nelles et  d'irrécusables. 

Et  après  ces  exemples  que  nous  avons  journellement 
sous  les  yeux,  et  qui  sont  si  éclatants  qu'il  faudrait  être 
aveugle  pour  ne  les  point  voir,  qui  pourrait  douter  de  la 
filiation  des  espèces  qui  ont  dû  évidemment  se  modifier  à 
travers  les  siècles  et  les  cataclysmes  de  notre  globe  ?  La 
fixité  absolue,  nous  le  répétons,  est  absurde,  et  ce  n'est 
qu'en  élevant  l'absurdité  à  la  seconde  puissance  que  les 
anthropologistes  qui  la  soutiennent  peuvent,  dans  leur 
inconséquence,  s'accorder  cependant  avec  nous  sur  l'unité 
d'origine  des  diverses  races  humaines  !  Opposera-t-on  à 
notre  doctrine  palpable  de  la  variabilité  limitée  celle  des 
créations  successives  et  celle  dite  de  transition  ?  Mais  les 
anciens  animaux  perdus  dont  nous  voyons  de  tous  côtés 
les  analogues  seraient-ils  donc  tous  morts  sans  postérité? 
Nous  le  proclamons  avec  pleine  conviction,  les  Crocodiles, 
les  Éléphants,  les  Rhinocéros  antédiluviens  sont  les  an- 
cêtres de  ceux  qui  se  propagent  à  notre  époque,  et  il  serait 
impossible  à  leur  postérité  de  subsister  sans  les  modifica- 
tions variées  qu'a  dû  subir  l'organisation  primitive  con- 
formément aux  circonstances,  qui  sont  devenues,  relative- 
ment à  cette  postérité ,  une  seconde  nature.  Et  je  dis 
modifications  variées,  parce  qu'il  est  évident  que  le  nom- 
bre des  espèces  tend  continuellement  à  s'accroître,  loin  de 
diminuer. 

C'est  pourquoi,  dans  l'ordre  actuel  des  choses,  nous  trou- 
vons excellente  la  définition  de  l'espèce  donnée  par  le 
professeur  Isidore  Geoffroy  Saint-Hilaire  :  «  L'espèce  est 
une  collection  ou  une  suite  d'individus  caractérisés  par  un 
ensemble  de  traits  distinctifs  dont  la  transmission  est  na- 
turelle ,  régulière  et  indéfinie  dans  l'ordre  actuel  des 
choses.  »  Et  nous  la  répétons  ici  dans  l'espoir  que,  sanc- 
tionnée par  la  haute  autorité  du  Congrès  des  Ornitholo- 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  295 

gistes  allemands,  elle  pourra,  du  moins,  servir  de  guide 
pour  conduire  à  l'adoption  des  bonnes  espèces  d'Oiseaux 
et  à  l'expulsion  des  mauvaises  du  catalogue  de  la  science. 


COCONS  ANDRÉ- JE  AN  ET  BRONSKI. 

Dans  un  compte  rendu  de  la  partie  séricicole  de  l'Ex- 
position universelle ,  qui  va  paraître  dans  «n  beau  livre 
actuellement  sous  presse  et  ayant  pour  titre ,  le  travail 
universel,  Revue  complète  des  OEuvres  de  l'art  et  de  Vin- 
dustrie  exposées  à  Paris  en  1855,  j'ai  étudié  la  question  de 
la  fameuse  race  de  cocons  blancs,  connue  sous  le  nom  de 
Race  André- Jean  et  Rronski.  Cette  question  intéressant  au 
plus  haut  degré  tous  les  éducateurs  de  vers  à  soie ,  je  crois 
bien  faire  en  donnant  le  fragment  inédit  suivant  de  ce 
compte  rendu. 

«  Depuis  longtemps  on  voit,  aux  expositions  agricoles 
et  industrielles,  de  gros  cocons  blancs  et  des  échantillons 
de  soies  d'un  blanc  merveilleux,  artistement  arrangés  sur 
papier  bleu  ,  relevés  de  manière  à  faire  mieux  jouer  la  lu- 
mière, ce  que  l'on  ne  peut  faire  quand  on  expose  sérieu- 
sement des  flottes  de  fabriques,  comme  le  font  nos  grands 
fileurs  et  comme  on  en  voyait,  entre  autres,  à  l'Exposition 
universelle  de  1855,  dans  la  vitrine  de  M.  Jean  Menet, 
d'Annonay.  Ces  gros  cocons  et  ces  brillantes  soies  d'un 
blanc  éclatant  figuraient  encore  à  l'Exposition  univer- 
selle de  Paris;  seulement  il  y  avait  une  vitrine  présentée 
au  nom  de  M.  Bronski,  comme  les  années  précédentes,  et 
une  autre,  sous  le  nom  de  M.  André-Jean. 

«  Tous  les  sériciculteurs  savent  que,  depuis  longtemps, 
M.  Bronski  a  proposé  au  gouvernement  de  lui  vendre  cette 
race  avec  le  secret  des  procédés  à  l'aide  desquels  il  dit 
l'avoir  créée.  A  diverses  reprises,  cette  question  a  été  exa- 
minée par  des  commissions  nommées  à  cet  effet  par  le  mi- 
nistre de  l'agriculture;  mais,  comme  M.  Bronski  ne  vou- 
lait céder  sa  race  qu'après  avoir  reçu  la  somme  considé- 


296  REV.  ET   MACx.  DE  ZOLOGIE.    (Juin  1856.) 

rable  qu'ii  demandait  en  échange,  rien  n'a  pu  être  con- 
clu, et  le  mystère  le  plus  profond  a  continué  de  régner  sur 
cette  affaire. 

«  Plusieurs  fois  des  sériciculteurs  et  des  fileurs  d'é- 
lite avaient  soutenu  que  nous  possédons  une  race  qui 
donne  des  soies  aussi  blanches,  et  que  si  les  jolies  petites 
flottes  de  grèges  exposées  par  M.  Bronski  flattent  plus  l'œil, 
paraissent  plus  blanches,  cela  ne  tient  qu'à  la  manière 
dont  elles  sont  filées  et  surtout  exposées.  Des  choix  rigou- 
reux de  nos  plus  beaux  cocons  sinas,  élevés  à  Annonay  et  à 
Bourg-Argental,  filés  sans  que  l'on  ait  étouffé  les  chrysa- 
lides, immédiatement  après  la  terminaison  du  cocon  et 
presque  dans  l'eau  froide,  ce  qui  maintenait  l'eau  très- 
propre  en  l'empêchant  de  dissoudre  la  matière  colorante 
des  chrysalides ,  avaient  produit  des  fils  d'un  aussi  beau 
blanc,  surtout  quand  on  avait  eu  soin  de  donner  peu  de 
croisure  aux  brins,  ce  qui  leur  donne  plus  de  lustre,  et  de 
mettre  un  peu  d'azur  dans  l'eau. 

«  Cependant  rien  ne  transpirait  du  fameux  secret,  et 
beaucoup  de  personnes,  surtout  celles  qui  sont  plus  ou 
moins  étrangères  à  la  grande  pratique  de  l'industrie  séri- 
cicole,  croyant  que  la  blancheur  est  tout  dans  les  qualités 
de  la  soie,  demandaient  que  le  secret  fût  acheté  par  le 
gouvernement  et  livré  au  public. 

«  C'est  à  la  suite  d'une  rupture  entre  MM.  Bronski  et 
André-Jean,  qui  revendiquent  chacun  la  propriété  de  cette 
race,  que  ce  long  silence  a  été  rompu.  Un  jugement  du 
tribunal  de  première  instance  de  Bordeaux,  du  14  février 
1855,  ayant  établi  que  «  la  race  de  vers  à  soie  connue  sous 
«  le  nom  de  race  Bronski  est  la  propriété  commune  du 
«  sieur  Bronski  et  des  sieur  et  dame  André-Jean ,  »  ces 
derniers  ont  cru  pouvoir  disposer  de  leur  part  de  pro- 
priété, et  ils  ont  confié  le  fameux  secret  à  une  commission 
de  la  Société  d'encouragement.  Le  rapporteur  a  certifié 
l'excellence  du  secret  en  ces  termes  consignés  au  Moni- 
teur du  2  octobre  1855  :  «  Nous  pouvons  dire,  sans  man- 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  297 

((  quer  à  la  discrétion  qui  nous  est  imposée,  que  le  système 
«  de  M.  et  M»0  André-Jean  (pourquoi  pas  etBronski?)re- 
«  pose  sur  une  loi  naturelle,  qu'il  satisfait  la  raison  et 
«  qu'il  est  en  harmonie  avec  les  justes  exigences  des  con- 
«  naissances  positives.  » 

«  Ma  curiosité  de  magnanier  avait  été  éveillée  par 
tous  ces  débats,  et  le  28  juin  1855 ,  ayant  appris  que 
M.  et  Mme  André-Jean  faisaient  une  éducation  de  ces  vers 
à  soie  à  NeuiJly,  aux  frais  de  la  Société  d'encouragement, 
je  m'y  rendis  pour  essayer  de  la  voir.  Après  quelques  hé- 
sitations de  M.  André-Jean,  je  fus  admis  à  visiter  la  ma- 
gnanerie, qui  me  parut  parfaitement  conduite,  bien  disposée 
et  aérée;  j'y  trouvai  de  très-beaux  vers  à  soie,  convenable- 
ment espacés  dans  un  local  où  l'on  aurait  pu  en  élever  une 
plus  grande  quantité,  ce  qui  est  une  excellente  condition  hy- 
giénique, dontje  recommande  l'emploi,  chaqueannée,  ànos 
élèves,  et  dont  nous  nous  trouvons  si  bien,  M.  E.  Robert 
et  moi,  pour  la  confection  de  la  graine  subventionnée 
par  le  gouvernement.  Je  pus  causer  assez  longtemps  avec 
M.  et  Mme  André-Jean,  que  je  reconnus  très-forts  dans  la 
pratique  de  l'élève  des  vers  à  soie,  très-habiles  magna- 
niers,  et  je  sortis  de  cette  conférence,  persuadé,  plus  que 
jamais,  qu'ils  étaient  arrivés  à  obtenir  ces  cocons  d'une 
forme  semblable  et  d'un  blanc  uniforme  en  appliquant 
aux  générations  successives  de  quelque  variété  de  nos  fa- 
meux sinas  de  l'Ardèche  un  système  rigoureux  de  sélec- 
tion à  toutes  les  époques  de  l'éducation,  combiné  avec 
l'observation  judicieuse  des  lois  de  l'hygiène,  dans  de  pe- 
tites éducations  recevant,  chaque  année,  des  soins  bien 
entendus  et  exceptionnels. 

«  D'après  tout  ce  que  m'a  dit  Mme  André-Jean,  écrivais- 
«  je  en  sortant  de  cette  visite,  et  à  travers  les  mots  de  croi- 
«  sements,  etc.,  je  vois  que,  chaque  année,  elle  éloigne  les 
«  cocons  à  forme  cintrée  ressemblant  aux  races  d'Anno- 
«  nay  et  sina,  et  qu'elle  ne  garde  que  ceux  qui  ont  la  forme 
«  ovalaire-oblongue  de  cette  variété.  Déplus,  elle  tient  ses 


298  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Juin  1856.) 

«  vers  clair-semés,  sur  un  seul  rang  de  tables;  elle  prend 
«  pour  graine  les  cocons  les  premiers  faits,  ceux  qui  sont  le 
«  plus  haut  sur  les  bruyères.  En  un  mot,  c'est  évidemment 
«  par  de  bons  soins,  par  une  éducation  intelligente  qu'elle 
«  est  arrivée  à  avoir  cette  bonne  et  belle  race.  Elle  ne  fait 
«  que  de  petites  éducations  d'une  once,  ce  qui  est  une  ga- 
«  rantie  de  succès.  Peut-être  doit-elle  la  forme  de  ses  co- 
«  cons  à  quelque  hasard ,  qui  aura  permis  de  choisir  cette 
«  forme  dans  quelque  éducation  de  sinas  d'Annonay  ou  de 
«  cocons  d'Orient.  Ce  qu'il  y  a  de  curieux,  c'est  que  les 
«  cocons  d'un  exposant  de  Bordeaux  ont  presque  une 
«  forme  semblable  et  sont  de  la  même  grosseur.  Y  aurait- 
«  il  là  une  influence  prolongée  du  pays?  La  localité  au- 
«  rait-elle  la  faculté  de  grossir  les  cocons,  comme  nous 
«  l'avons  observé  à  Sainte-Tulle?  » 

«  Depuis  cette  époque,  les  choses  ont  bien  marché,  et, 
comme  M.  et  Mme  André-Jean  ont  pris  un  brevet  d'inven- 
tion (1),  l'on  a  pu  divulguer  les  secrets  de  leur  procédé. 
Comprenant  bien  que  l'on  ne  pouvait  donner  sérieuse- 
ment pour  un  secret ,  pour  quelque  chose  de  nouveau  les 
bons  soins  prodigués,  chaque  année,  aux  vers  à  soie  d'une 
petite  éducation;  craignant,  peut-être  avec  raison,  qu'on 
ne  leur  tienne  pas  compte  de  ces  bonnes  pratiques,  si 
simples  et  si  connues  de  tout  le  monde,  s'ils  n'y  ajoutaient 
pas  une  sorte  d'ornement,  quelque  chose  d'inattendu,  de 
différent  de  ce  qui  a  été  fait  et  écrit  jusqu'ici  sur  les  vers 
à  soie,  ils  ont  trouvé  l'interdiction  du  mariage  entre  frères 
et  sœurs,  au  moyen  de  la  séparation  des  sexes  opérée  par 
la  pesée  des  cocons,  et  ils  ont  présenté  cette  pratique 
comme  étant  la  pierre  angulaire  de  leur  édifice,  comme  la 
base  du  secret  gardé  depuis  si  longtemps,  dont  on  a  de- 
mandé quelques  centaines  de  mille  francs  au  gouverne- 
ment, et  qui  devient  enfin  aujourd'hui  l'objet  d'un  brevet 
d'invention. 

{1}  Brevet  n°  25,348  au  nom  du  sieur  Atxliv,  carte  n°  4,737. 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  299 

«  S'il  n'y  a  que  cela,  je  garantis  que  M.  et  Mme  André- 
Jean  auraient  très-bien  pu  s'épargner  cette  dépense,  car 
le  choix  des  sexes  par  la  pesée  des  cocons,  qu'ils  pres- 
crivent comme  le  moyen  principal  d'arriver  à  empêcher 
les  mariages  entre  frères  et  sœurs,  est  une  pratique  em- 
ployée de  tout  temps  dans  quelques  petites  éducations, 
quand  on  se  borne  à  faire  une  très-faible  quantité  de 
graine  pour  des  expériences,  mais  elle  est  impossible 
dans  la  grande  pratique  (1).  Quant  à  l'interdiction  du 
mariage  entre  frères  et  sœurs,  c'est  une  chose  au  moins 
inutile,  puisqu'il  n'est  nullement  démontré  que  les  enfants 
de  frères  et  sœurs,  dans  les  insectes,  soient  des  produits 
dégénérés,  quand  les  reproducteurs  ont  été  choisis  dans 
un  bon  état  de  santé  et  de  développement.  Dans  tous  les 
cas,  fût-il  démontré  même  que  cette  pratique  est  avanta- 
geuse (2),  il  serait  impossible  de  l'employer  en  grande 
culture  et  en  opérant  sur  des  quantités  un  peu  considé- 
rables, puisqu'elle  est  subordonnée  à  cette  autre  pratique 
non  moins  impossible  en  grand,  la  pesée  des  cocons,  pour 
distinguer  et  séparer  les  sexes  de  deux  familles,  afin  de  ne 
marier  les  mâles  de  l'une  qu'aux  femelles  de  l'autre. 

Suivant  le  brevet  (qui  porte  le  n°  25,348,  sous  le  nom 
de  Jean),  le  fonds  du  procédé  consiste  à  empêcher  la  con- 
sanguinité. On  fait  quatre  lots  d'une  graine  quelconque  et 
on  les  élève  séparément  sous  les  nos  1,  2,  3  et  4.  Après 
avoir  suivi  les  prescriptions  connues  de  tous  les  bons 
éducateurs,  on  sépare,  par  la  pesée  des  cocons,  les  mâles  des 


(1)  «  Quelques  éducateurs  proposent  de  faire  ce  choix  par  la  ba- 
lance, etc ;  mais,  quelque  excellent  que  soit  ce  procédé,  il  est  si 

minutieux,  que  je  n'ai  garde  de  le  proposer  à  ceux  qui  opèrent  eu 
grand.  »  (Méthode  Freyssinet,  etc.,  Nimes,  1847,  p.  20  et  27.) 

(2)  Quoiqu'il  n'y  ait  aucun  rapport  à  établir  entre  les  vers  à  soie 
et  l'espèce  humaiue,  on  sait  que  la  race  juive,  par  exemple,  doit  son 
homogénéité  et  la  conservatiou  de  ses  caractères  typiques  à  ce  que 
ses  membres  se  marient  entre  eux.  Les  races  les  plus  dégénérées  sont 
celles  qui  résultent  des  mélanges  et  des  croisements. 


300  REV.   ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.   (Juin  1856.) 

femelles  dans  chaque  lot,  et  l'on  marie  les  mâles  du  n°  1 
avec  les  femelles  du  n°  2,  et  ceux  du  n°  3  avec  celles  du 
n°4. 

L'année  suivante,  on  élève  encore  séparément  en  quatre 
lots  les  graines  provenant  des  deux  familles,  on  marie  de 
la  même  manière,  et  ce  n'est  qu'après  trois  ou  quatre 
ans  que  l'on  se  borne  à  marier  les  mâles  des  nos  1  et  2  avec 
les  femelles  des  n08  3  et  4,  etc.,  etc. 

Voilà,  autant  que  j'ai  pu  m'en  faire  une  idée,  à  la  lec- 
ture du  mémoire  annexé  au  brevet,  toute  l'économie  du 
secret.  Il  faudrait  recourir  à  des  légistes,  pour  connaître 
quel  peut  être  le  degré  de  parenté  de  ces  vers  à  soie,  après 
ces  diverses  générations,  et  pour  savoir  si  l'on  arrive  ainsi 
à  empêcher  la  consanguinité.  Après  y  avoir  sérieusement  ré- 
fléchi, j'avoue  queje  ne  suis  pas  persuadé  queM.  etMm0 An- 
dré-Jean parviennent  ainsi  à  prévenir  tout  mariage  entre 
frère  et  sœur,  et  qu'ils  ne  doivent  pas  en  être  bien  sûrs 
eux-mêmes.  Du  reste,  dans  les  millions  de  versa  soie  d'une 
grande  éducation  de  20  à  30  onces  (chaque  once  de  graine 
contient  environ  35,000  œufs),  ce  serait  pjutôt  miracle 
que  le  frère  et  la  sœur  pussent  se  retrouver  pour  se  ma- 
rier, et  il  est  certain  que  cela  ne  doit  arriver  que  très-ra- 
rement dans  la  pratique  ordinaire. 

«  Du  reste,  si  cette  interdiction  du  mariage  des  parents 
entre  eux  était  réellement  la  condition  de  l'amélioration 
des  races  chez  les  insectes,  pourquoi  aurions-nous,  M.  E, 
Robert  et  moi,  si  bien  amélioré  la  race  de  Sainte -Tulle 
sans  y  recourir?  Si  elle  a  pour  résultat  de  grossir  les  in- 
dividus et  leurs  cocons,  ce  qui  est  aussi  grossir  le  brin,  on 
doit  la  repousser,  car,  pour  les  vers  à  soie,  grossir  les  co- 
cons n'est  pas  améliorer,  c'est  plutôt  nuire  à  la  qualité  des 
soies. 

(c  En  définitive,  je  soutiens  que  les  autres  procédés  réel- 
lement employés  par  MM.  André -Jean  et  Bronski  sont 
excellents,  puisqu'ils  sont  appuyés  sur  les  meilleurs  prin- 
cipes de  l'hygiène  des  vers  à  soie  et  recommandés  par 


MÉLANGES    ET    NOUVELLES.  301 

tous  les  éducateurs  sérieux,  et  entre  autres  MM.  Freyssi- 
net  (1),  Robinet,  d'Arbalestier ,  Buisson  de  Grenoble, 
Magretti,  Balsamo-Crivelli ,  Gavazzi,  Grassi,  Bassi  de  Mi- 
lan, etc.,  etc.,  qui  ont  fait  et  font  encore  d'excellentes 
graines.  Nous  les  employons,  depuis  plus  de  dix  ans,  pour 
l'amélioration  des  races;  nous  les  enseignons  publique- 
ment chaque  année,  M.  E.  Robert  et  moi,  à  Sainte-Tulle, 
et  je  n'hésite  pas  à  les  approuver  et  à  dire  qu'il  est  bon  et 
utile  d'encourager  ceux  qui  les  mettent  en  pratique.  Si, 
comme  la  veuve  Montsarrat  l'a  tenté  pour  la  muscar- 
dine  (2),  M.  et  Mme  André-Jean  ont  voulu  essayer  de  faire 
adopter  des  procédés  rationnels  et  connus,  en  les  mettant 
sous  le  couvert  d'une  prescription  dont  l'utilité  est  au 
moins  douteuse,  s  il  leur  a  paru  nécessaire  de  tenter  de 
gagner  ainsi  les  personnes  étrangères  à  la  grande  pratique, 
on  ne  doit  pas  moins  leur  savoir  gré  d'être  venus,  une  fois 
de  plus,  recommander  des  procédés  de  sélection  que  nous 
employons  chaque  année,  qui  sont  connus  de  tout  le  monde 
et  dont  l'adoption  générale  aurait  une  grande  influence 
sur  l'avenir  de  la  sériciculture. 
«  Avec  ces  cocons  blancs,  MM.  André-Jean  et  Bronski 


(1)  Méthode  Freyssinet  ou  V  Art  d'obtenir  les  œufs  de  ver  à  soie 
au  plus  haut  point  de  perfection  et  de  les  faire  éclore  de  la  ma- 
nière la  plus  convenable.  —  Brochure  in-8,  Nîmes,  1847.  «  Je  pu- 
blie ma  belle  découverte;  je  vous  livre  un  secret  qui ,  sagement  ex- 
ploité, augmentera  d'un  ciuqu  ème  au  moins  le  produit  annuel  de  vos 
récoltes  sérigènes.  Et  je  pouvais  re  gardrr  pour  ma  famille,  ce  pré- 
cieux secret! »  C'est  de  cette  manière  ridicule  que  commence 

cette  brochure,  dans  laquelle  l'auteur  divulgue  aussi  un  secret  gardé 
pendant  plusieurs  années,  et  qui  consiste  également  dans  1  emploi  de 
pratiques  basées  sur  la  connaissance  de  l'hygiène  des  vers  à  soie. 

(2)  La  veuve  Montsarrat  recommande  contre  la  muscardine  l'emploi 
d'excellents  moyens  hygiéniques  dont  les  effets  sont  certains ,  et  elle 
y  ajoute  un  secret,  une  fumigation  très-connue  et  presque  toujours 
inutile.  C'est  aussi  ce  que  l'on  peut  appeler  Vornemenl  de  ses  recom- 
mandations hygiéniques ,  qui  sont  excellentes.  (Voir  Revue  et  ma- 
gasin de  zoologie,  1856,  p.  26.) 


30*2  REV.  ET  MACr.  DE   ZOOLOGIE.  {Juin  1856.) 

avaient  exposé  d'énormes  cocons  jaunes,  qu'on  m'a  assurés 
provenir  de  Beyrouth,  et  dont  on  voyait  les  pareils  dans 
l'exposition  turque.  Il  n'est  pas  besoin  d'ajouter  que  l'in- 
troduction de  cocons  aussi  gros  et  d'un  fil  aussi  grossier 
serait  un  très-grand  malheur  pour  notre  sériciculture.  Tous 
les  hommes  réellement  du  métier,  Français  et  Italiens,  sa- 
vent que  ces  gigantesques  cocons  ne  donnent  que  des  soies 
du  dernier  ordre;  les  Italiens  les  appellent  même  galetone, 
terme  de  mépris  pour  désigner  la  plus  mauvaise  qualité 
de  cette  marchandise.  On  sait  aussi  que  la  mauvaise  répu- 
tation des  soies  de  Provence  n'est  due  qu'à  la  grosseur 
des  cocons  récoltés  dans  cette  région,  et  que  nous  n'avons 
pu  parvenir  à  enlever  aux  soies  de  Sainte-Tulle  cette  fâ- 
cheuse réputation  qu'en  répandant,  parmi  les  cultivateurs 
des  environs,  des  races  à  plus  petite  cocons. 

«  Gomme  il  est  certain  que  ces  défauts  des  gros  cocons 
sont  communs  aux  jaunes  et  aux  blancs,  il  faudrait,  pour 
recommander  la  grosse  race  blanche  de  MM.  André- Jean 
et  Bronski,  que  l'on  eût  apprécié  sérieusement  et  prati- 
quement les  qualités  réelles  de  la  soie  qu'ils  produisent, 
ce  qui  n'a  pas  été  fait  que  je  sache.  En  effet,  la  petite  édu- 
cation réussie  à  Neuilly  peut  avoir  produit  beaucoup  d'ef- 
fet sur  des  personnes  qui  n'ont  jamais  élevé  des  vers  à  soie 
en  grand  ;  mais  elle  ne  prouve  que  l'habileté  des  éduca- 
teurs et  n'a  pas  plus  de  valeur  agricole  que  celle  qui  a  été 
faite,  en  même  temps  et  dans  Paris  même  (rue  royale  Saint- 
Honoré,  n°  79),  par  M.  Lacour,  de  l'Ardèche  (1),  laquelle 
a  été  admirablement  réussie  et  a  donné  aussi  beaucoup 
de  beaux  cocons.  Ni  l'une  ni  l'autre  de  ces  éducations 
ne  peut  être  considérée  comme  constituant  une  expérience 
sérieuse,  et,  s'il  y  a  lieu  d'être  satisfait  de  ces  exhibitions, 


(l)  M.  Lacour  n'a  pas  connu  le  concours  ouvert  par  la  Société  d'en- 
couragement. Il  est  probable  que  sou  éducation  à  Paris  lui  aurait 
douué  aussi  des  droits  à  une  partie  du  prix  de  3,000  fr.  qui  a  été  dé- 
cerné à  M.  et  Mme  André-Jean. 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  303 

c'est  de  celle  qui  ^montré  au  public  étonné  de  la  capitale 
un  superbe  échantillon  de  la  belle  race  française  à  cocons 
jaunes,  constituant  réellement  notre  grande  production 
en  soie,  plutôt  que  celle  des  gros  cocons  blancs,  montrée 
à  des  commissaires  et  à  des  curieux  surpris,  car  on  sait 
que  la  soie  blanche  n'entre  que  pour  6  à  8,000  kilogram- 
mes dans  notre  consommation,  quand  nous  employons 
près  de  trois  millions  de  kilogrammes  de  soie  jaune. 

(Guérin-Méneville.) 


MM.  les  officiers  de  la  marine  impériale  ne  laissent 
échapper  aucune  occasion  de  rendre  des  services  à  la 
science  lorsque  leur  devoir  les  conduit  dans  des  pays 
encore  peu  connus,  et  l'on  peut  dire  que  l'agriculture  et 
l'histoire  naturelle  pure  et  appliquée  leur  doivent  de  nom- 
breuses et  intéressantes  découvertes. 

Dernièrement  encore,  j'avais  l'honneur  d'offrir  à  la 
Société  impériale  d'acclimatation,  de  la  part  de  M.  Victor 
Aguillon,  enseigne  de  vaisseau,  qui  vient  de  faire  une 
longue  station  dans  les  mers  du  sud  ,  des  échantillons  et 
des  graines  de  plusieurs  végétaux  utiles  qu'il  avait  re- 
cueillis au  Pérou,  au  Chili  et  dans  les  îles  de  l'Océanie, 
graines  que  la  Société  s'est  empressée  de  distribuer  à  ceux 
de  ses  membres  qui  sont  le  mieux  placés  pour  essayer 
l'introduction  des  espèces  auxquelles  elles  appartiennent. 
Dans  une  des  dernières  séances  de  la  Société  entomolo- 
gique  de  France,  j'ai  mis  sous  les  yeux  de  mes  confrères 
plusieurs  Insectes  très-remarquables  et  entièrement  nou- 
veaux découverts  par  M.  V.  Aguillon  à  la  Nouvelle-Calé- 
donie, et  l'on  a  admiré  surtout  un  nouveau  genre  de 
Cicindélètes  composé  de  trois  espèces  inédites,  un  magni- 
fique Prionien  de  grande  taille  formant  aussi  un  genre* 
nouveau,  et  beaucoup  d'autres  espèces  également  nou- 
velles que  je  décrirai,  dans  un  prochain  numéro,  sous  les 


304       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juin  1856.) 

noms  de  Calosome  d'Aguillon,  Lema  subdéprimée,  Passale 
d'Aguillon,  etc.,  etc. 

En  marchant  ainsi  sur  les  traces  des  Durville,  des 
Quoy  et  Gaymard,  des  Reynaud  et  de  tant  d'autres  illus- 
tres marins  qui  ont  rendu  de  si  nombreux  services  à  la 
science,  nos  jeunes  officiers  actuels  méritent  assurément, 
comme  leurs  aînés,  toute  la  reconnaissance  des  savants  et 
du  pays,  et  l'on  ne  saurait  trop  les  encourager  à  suivre 
cette  voie  si  utile.  (G. -M.) 


AVIS. 

Les  n08  8  à  15  inclusivement  ont  été  réservés  pour 
les  planches  qui  doivent  accompagner  le  Mémoire  de 
M.  Bourguignat  ;  ces  planches  ne  pouvant  paraître  toutes 
à  la  fois,  nous  donnons  aujourd'hui  la  planche  16. 

M.  Bourguignat  fait  don  au  Journal  de  6  planches  sur 
8,  qui  paraîtront  avec  son  Mémoire. 


TABLE   DES  MATIERES. 

Pages. 

E.  Rousseau,  -j-  Dentition  des  Cétacés.  257 

Verreaux.  —  Description  d'un  nouveau  genre  de  Veuve.  2ii0 

Jaubert.  —  Douzième  Lettre  sur  l'Ornithologie.  262 

Bourguignat.  —  Aménités  malacologiques.  268 

Robineau-Desvoidy.  —  Gale-Insectes  de  l'Olivier,  etc.  277 

Académie  des  sciences.  285 

Analyses.  289 

Mélanges  et  nouvelles.  292 


PARIS.  —  IMP.    DE   Mme  Ve  BOUCHARD -HOZARD  ,    RUE   DE   i/ÉPERON,   5. 


DIX-NEUVIÈME    ANNÉE.  —   JUILLET    1856. 


I.  TRAVAUX  INEDITS. 

De  la  dentition  des  Cétacés,  et  de  la  place  qu'occupent 
les  fanons  dans  la  bouche  des  Baleines;  par  le  Dr  L.  F. 
Emmanuel  Rousseau,  membre  de  la  Légion  d'honneur, 
chef  des  travaux  anatomiques  au  Muséum,  sous  les  pro- 
fesseurs G.  Cuvier,  de  Blainville  et  Duvernoy.  (Voir 
1856,  p.  193,  257.) 

Baleine  (Balœna). 

Le  but  principal  de  notre  mémoire  étant  de  déterminer 
la  position  qu'occupent  les  fanons ,  nous  terminerons  nos 
observations  par  la  Baleine,  négligeant  de  parler  de  quel- 
ques autres  Cétacés  encore  dont  la  dentition,  intéressante 
sans  doute,  nous  entraînerait,  si  nous  entreprenions  de  la 
décrire,  hors  des  limites  du  cadre  que  nous  nous  sommes 
tracé. 

Les  Baleines  méritent ,  sans  contredit,  le  premier  rang 
dans  la  classe  des  Cétacés  ;  elles  égalent  les  Cachalots  pour 
la  taille  et  pour  la  grandeur  proportionnelle  de  la  tête , 
quoique  celle-ci  ne  soit  pas  si  renflée  en  avant.  Les  Cé- 
tacés qu'on  réunit  sous  le  nom  commun  de  Baleines  se 
distinguent  de  tous  les  autres  en  ce  qu'ils  n'ont  point  de 
dents  apparentes,  mais  bien  renfermées  dans  les  maxil- 
laires, où  elles  sont  absorbées  de  très-bonne  heure.  (Fig.  B 
de  notre  planche.) 

Le  crâne  des  Baleines  en  rend  l'étude  fort  embarras- 
sante :  la  charpente  osseuse  de  la  tête  paraît  ici,  en  effet, 

2«  biatiB.  t.  vm.  Aimée  185G.  20 


306      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

au  premier  abord,  se  refuser  à  toute  analogie;  mais,  en 
examinant  les  os  dans  les  jeunes  sujets  et  avant  l'oblitéra- 
tion des  sutures,  on  voit  que  leur  nombre  est  à  peu  près 
le  même  que  celui  qu'on  observe  dans  la  tête  des  mammi- 
fères terrestres. 

Pierre  Camper  en  a  donné  de  très-bonnes  figures  dans 
ses  Observations  anatomiques  des  Cétacés,  et  G.  Cuvier 
dans  la  première  partie  du  tome  V  de  ses  Recherches  sur 
les  ossements  fossiles  ;  aussi  passerons-nous  outre  en  nous 
bornant  à  la  planche  que  nous  donnons,  et  qui  représente 
une  tête  osseuse  avec  les  fanons  en  place.  Nous  nous  con- 
tenterons de  dire  que  les  maxillaires  supérieurs  varient 
de  forme  et  de  dimension  à  mesure  que  les  fanons  se  dé- 
veloppent. Ces  os  remontent  de  manière  à  couvrir  toute 
la  partie  du  frontal  qui  forme  la  voûte  de  l'orbite,  mais 
eux-mêmes  n'entrent  pas  dans  cette  cavité. 

Les  os  intermaxillaires  forment  deux  bandes  parallèles 
qui  s'écartent  vers  l'ouverture  des  fosses  nasales,  pour 
envelopper  les  os  du  nez  près  de  leur  jonction  au  frontal. 
Vus  de  profil,  ils  paraissent  parallèles  aux  os  maxillaires  et 
forment  une  portion  d'arc  qui  se  prolonge  au  devant  des 
fanons. 

Les  deux  pièces  qui  forment  la  mâchoire  inférieure  res- 
tent constamment  séparées.  Vues  par  dessous ,  dans  leur 
position  naturelle,  elles  représentent  la  plus  grande  partie 
d'une  ellipse  fort  ouverte  et  qui  a  communément  de  6  à 
9  mètres  d'étendue.  Considérées  dans  une  position  hori- 
zontale et  de  profil,  elles  figurent  les  cordes  de  l'arc  formé 
par  la  courbure  de  la  mâchoire  supérieure. 

Elles  ont  la  forme  d'un  cylindre  aplati  par  le  côté  inté- 
rieur et  terminé  par  un  bord  aigu  ;  elles  ne  présentent 
aucune  armure.  Le  bord  alvéolaire  n'existe  point  ;  l'angle 
formé  par  la  réunion  des  deux  branches  est  obtus  et  ar- 
rondi. 

Il  n'y  a  point  de  branches  montant  verticalement. 

Le  canal  dentaire  est  très-ample  ;  les  trous  mentonniers, 


travaux  méniTs.  307 

au  nombre  de  cinq  et  quelquefois  de  six,  sont  ouverts 
dans  le  bord  supérieur.  Le  diamètre  de  ces  trous  indique 
assez  le  volume  considérable  des  rameaux  du  nerf  maxil- 
laire inférieur. 

L'apophyse  coronoïde  a  fort  peu  d'étendue;  elle  est 
très-rapprochée  du  condyle,  au  point  que  l'on  peut  à  peine 
concevoir  la  force  énorme  que  les  releveurs  doivent  em- 
ployer pour  mouvoir  l'extrémité  d'un  levier  aussi  long  et 
aussi  lourd. 

Le  condyle  est  plat  et  arrondi. 

La  découverte  des  dents  non  apparentes  de  la  Baleine 
est  due  à  Etienne  Geoffroy  Saint-Hilaire,  l'une  des  gloires 
du  Muséum  et  professeur  dans  cet  établissement  national. 
Je  citerai  textuellement  ce  que  cet  homme  justement  cé- 
lèbre a  publié  sur  ce  sujet  dans  les  Annales  du  Muséum, 
t.  X,  p.  364,  année  1807,  sous  ce  titre  : 

«  Considérations  sur  les  pièces  de  la  tête  osseuse  des  ani- 
maux vertébrés,  et  particulièrement  sur  celles  du  crâne  des 
oiseaux. 

«  Le  n°  29  de  la  pi.  xxvn  est  la  fig.  de  la  mâchoire  in- 
férieure d'une  Autruche  nouvellement  éclose  :  je  l'ai  des- 
sinée sous  un  point  de  vue  physiologique.  Cette  mâchoire 
ressemble  beaucoup  à  celle  de  la  Baleine  franche  ;  j'ai 
découvert  que  les  maxillaires  inférieurs  de  celle-ci ,  qui 
forment,  dans  l'adulte,  des  os  très-solides  et  sans  cellules  à 
l'intérieur,  sont,  dans  le  fœtus,  composés  de  deux  lames 
inclinées  l'une  sur  l'autre  et  soudées  ensemble  par  un  de 
leurs  bords  :  ils  rappellent  assez  bien ,  en  cet  état,  l'idée 
d'une  gouttière.  J'ai  trouvé,  de  plus,  que  tout  le  dedans 
de  cette  sorte  de  gouttière  est ,  dans  le  fœtus  de  Baleine , 
tapissé  par  des  téguments  semblables  aux  gencives  des 
Mammifères,  et  que  ces  téguments  sont  fournis  de  vais- 
seaux et  de  nerfs.  Je  n'aurais  pas  cité  ces  faits  si  je  n'avais, 
en  outre,  manifestement  observé,  dans  les  gencives,  des 
germes  de  dents  qui  m'ont  paru  distribués  comme  les 
dents  elles-mêmes  des  Cachalots.  (Le  fœtus  dont  j'ai  exa- 


308       REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  {Juillet  1856.) 

miné  le  crâne  n'est  point  celui  d'un  Cachalot,  mais  appar- 
tient très-certainement  à  la  Baleine  franche  ;  je  n'ai  point 
fait  de  méprise  à  cet  égard.)  On  sait  cependant  que  les 
Baleines  adultes  n'ont  point  de  dents  :  il  faut  alors  que 
l'ossification  trop  rapide  des  os  maxillaires  nuise  au  déve- 
loppement de  ces  germes,  et  que  toute  la  partie  des  maxil- 
laires, creusée  en  gouttière,  se  remplisse  avec  le  temps, 
puisqu'il  n'y  a  que  ce  moyen  d'expliquer  la  disparition 
des  germes  des  dents.  J'ai  rapporté  cette  observation, 
pour  donner  une  nouvelle  preuve  de  la  tendance  de  la 
nature  à  faire  reparaître  partout  les  mêmes  organes,  et 
pour  faire  voir  que ,  si  quelques-uns  de  ceux  qui  appar- 
tiennent à  des  classes  manquent  quelquefois  dans  certaines 
espèces,  on  en  doit  chercher  la  cause  dans  le  développe- 
ment excessif  d'organes  contigus  ou  voisins.  Cet  aperçu 
ne  serait-il  pas  applicable  aux  oiseaux  eux-mêmes,  en 
tant  qu'ils  manquent  de  dents?  Ce  qu'il  y  a  de  vrai  à  cet 
égard,  c'est  que  la  mâchoire  inférieure  d'une  jeune  Au- 
truche est  en  tout  conformée  comme  celle  des  fœtus  de 
Baleine,  sauf  qu'on  n'y  voit  pas  de  germes  de  dents  ;'mais 
du  moins  la  gouttière  qui  règne  le  long  de  ses  branches 
se  remplit  de  même  par  un  dépôt  de  matière  osseuse,  ce 
qui  me  paraît  prouvé ,  puisqu'on  n'aperçoit  plus  de 
trace  de  ce  sillon  dans  l'os  maxillaire  d'une  Autruche 
adulte.  » 

Après  Etienne  Geoffroy  Saint-Hilaire,  la  présence  des 
germes  de  dents  a  été  constatée  dans  la  Baleine  ;  un  pro- 
fesseur de  Copenhague,  M.  Eschricht,  en  a  compté  102  à 
la  mâchoire  supérieure  et  80  dans  la  mâchoire  inférieure 
d'un  sujet  de  l'espèce  Longimana  (voir  les  Transactions 
de  la  Société  royale  des  sciences  naturelles  et  mathémati- 
ques du  Danemark,  1845). 

DES  FANONS. 

La  formation  des  fanons  est  un  phénomène  extrême- 


TRAVAUX     INÉDITS.  309 

mertt  curieux  ;  elle  ressemble,  sous  certains  rapports,  à 
celle  des  poils,  des  cornes,  des  ergots,  etc.,  etc. 

Mais  ces  parties  ont,  en  outre,  un  mode  d'accroisse- 
ment et  de  destruction  également  remarquable. 

Comme  les  poils,  les  fanons  sont  creux  à  leur  base; 
c'est  dans  ce  creux  que  s'introduit  une  sorte  de  bulbe 
(fig.  C)  riche  en  vaisseaux,  analogue  à  celui  des  dents, 
qui  nous  paraît  avoir  pour  fonction  particulière  de  pro- 
duire les  crins  qui  composent  le  fanon  (voir  les  divisions 
du  bulbe  à  la  fig.  C). 

Si  vous  coupez  de  ce  bulbe  une  petite  rondelle  mince  et 
que  vous  la  soumettiez  au  microscope,  vous  apercevrez 
les  ouvertures  d'une  multitude  de  tubes  qui  sont  autant 
de  germes  de  menus  filets  destinés  à  s'agglutiner  pour 
former  un  faisceau  d'une  sorte  de  crin  renfermé  dans  un 
même  fourreau. 

J'ai  fait  dessiner,  fig.  D,  une  fraction  desséchée  de  la 
muqueuse  bulbifère  qui  encroûte  et  tapisse  la  face  infé- 
rieure des  maxillaires  supérieurs. 

Des  séries  d'ouvertures  régulièrement  placées  par  lignes 
et  qui  sont  autant  d'origines  de  bulbes  donneront  des 
lames  aux  fanons  (fig.  E).  J'en  représente  deux  en  état  de 
croissance  (fig.  F),  et  la  réunion  en  place  de  la  totalité  se 
voit  au  dessin  donné  sous  fig.  A  du  squelette  de  tête  re- 
présenté sur  notre  planche. 

Une  bande  de  10  à  12  centimètres  de  largeur  sur  2  à 
3  millimètres  d'épaisseur  borde,  pour  ainsi  dire,  toute  la 
ligne  maxillaire  à  la  partie  où  viennent  s'insérer  les  fanons. 

D'un  tissu  corné,  mais  beaucoup  moins  dense  que  celui 
des  fanons,  cette  bande  est  lisse  comme  eux  à  sa  partie 
externe  et  feuilletée  à  sa  partie  interne. 

Ce  feuilletage  est  d'autant  plus  appréciable  que  la  por- 
tion observée  aura  été  plus  ou  moins  longtemps  exposée 
aux  alternatives  d'humidité  et  d'insolation,  comme  cela 
se  remarque  sur  le  sabot  pourri  du  cheval  et  autres  sub- 
stances cornées  soumises  à  pareil  examen. 


310      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

Chaque  fanon  est  espacé  de  son  congénère  d'environ 
5  millimètres. 

Les  lignes  transversales  qu'on  remarque  sur  les  fanons 
de  notre  figure  A  indiquent  leur  croissance  graduelle  et 
régulière,  et  le  temps  qu'ils  ont  mis  à  se  former  sous  la 
bande  dont  il  a  été  parlé  et  qui  unit  si  intimement  les 
lames  qu'on  est  obligé  d'employer  la  force  pour  les  sé- 
parer. 

Le  chevelu  des  lames  ou  planches  de  fanons  occupe  la 
partie  interne  de  l'antre  guttural  :  au  côté  opposé,  elles 
sont  à  bord  simple  et  lisse. 

Les  fanons  s'usent  continuellement  et  se  renouvellent 
dans  la  même  proportion,  tenant  compte,  néanmoins, 
que  cet  accroissement  suit  le  développement  de  croissance 
de  l'animal. 

Le  nombre  composant  les  deux  séries  de  lames  de  fa- 
nons, chez  une  Baleine,  peut  être  évalué  à  plus  de  mille  ; 
elles  sont  rangées  symétriquement  les  unes  à  côté  des 
autres,  d'avant  en  arrière,  sur  toute  l'étendue  du  maxil- 
laire, plus  développées,  graduellement,  depuis  la  partie 
antérieure  du  museau  jusqu'au  milieu  de  la  mâchoire,  et 
décroissant  graduellement  aussi  depuis  ce  point  jusqu'à 
l'entrée  de  l'œsophage,  où  elles  s'imbriquent  plus  intime- 
ment les  unes  sur  les  autres. 

Ces  lames  agissent  et  se  couchent  au  gré  de  l'animal , 
en  façon  de  jalousie  modifiée  à  son  usage. 

Il  me  paraît  hors  de  doute  ,  eu  égard  à  la  disposition 
physiologique  de  cet  appareil  particulier,  que,  si  quelque 
lame  de  fanon  venait,  par  aventure,  enjamber  par-dessus 
la  mâchoire  inférieure,  bien  plus  large,  comme  on  le  sait, 
que  la  supérieure,  il  y  aurait  pour  l'animal  impossibilité 
de  fermer  la  bouche,  et,  si  l'obstacle  restait  perma- 
nent, la  mort  devrait  indubitablement  s'ensuivre,  après 
même  avoir  comprimé  les  nerfs  mentonniers  préalable- 
ment. 

Nous  devons  à  de  Lalande,  mon  regrettable  ami ,  trois 


TRAVAUX    INEDITS.  311 

squelettes  de  Baleines  provenant  du  cap  de  Bonne-Espé- 
rance et  rapportées  par  lui  en  1820. 

G.  Cuvier  les  ht  monter  en  1822  et  prit  lui-même  part 
à  ce  travail  ;  elles  ornent  depuis  ce  temps  la  riche  collec- 
tion formée  par  lui  et  par  mon  père  sous  sa  direction. 
Comme  cela  devait  être,  Cuvier  plaça  les  fanons  en  dedans 
de  la  mâchoire  inférieure;  M.  de  Blainville,  son  succes- 
seur et  trop  souvent  son  critique,  n'y  trouva  rien  à  changer. 

Le  cabinet  possède  aussi  le  squelette  d'une  Baleine  à 
bec  [Balœna  rostrata)  provenant  d'un  échange  fait  avec  le 
musée  de  Berghen  (Norwége). 

Les  fanons  n'ont  pas  été  détachés  de  ce  sujet,  ils  adhè- 
rent naturellement  aux  maxillaires  supérieurs  ;  leurs  pro- 
portions sont  donc  véritablement  gardées.  De  l'examen  de 
cette  pièce  résulte  l'impossibilité  absolue  que  ces  fanons 
puissent  jamais  passer  au  dehors  de  la  mâchoire  infé- 
rieure. 

Il  aurait  semblé,  d'après  ces  exemples,  que  le  fait  était 
acquis  à  la  science,  et  que  le  nouveau  sujet  de  la  même 
famille,  qu'on  a  exposé  dès  juin  1855  à  la  curiosité  pu- 
blique, dût  être  disposé  de  la  même  manière.  Il  n'en  a 
point  été  ainsi  néanmoins,  et  j'ai  fait  de  vains  efforts  pour 
que  l'on  rectifiât  une  erreur  trop  grossière  pour  devoir  se 
perpétuer  dans  un  établissement  aussi  haut  placé  dans 
l'estime  générale  que  le  Muséum  de  Paris. 

Malgré  mes  protestations  appuyées  de  la  communica- 
tion des  passages  consignés  dans  les  auteurs  les  plus  émi- 
nents,  et  les  lettres  émanant  d'hommes  pratiques  auxquels 
je  m'étais  adressé  pour  ne  plus  conserver  aucune  espèce 
de  doute  ,  il  ne  m'a  pas  été  possible  d'obtenir  un  chan- 
gement dont  la  raison  fait  une  nécessité  ;  force  m'est  donc, 
à  mon  grand  regret,  de  recourir  à  la  publicité  et  de  dé- 
cliner une  solidarité  qu'il  m'est  impossible  d'accepter 
aujourd'hui  après  plus  de  vingt-cinq  années  d'exercice 
dans  l'emploi  de  chef  des  travaux  anatomiques. 
(La  suite  au  prochain  numéro.) 


312      rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Juillet  1856.) 

Note  historique  sur  I'Aye-Aye,  à  l'occasion  de  la  figure 
d'un  jeune  individu  (pi.  17). 

La  Revue  et  magasin  de  zoologie,  qui  a  déjà  publié,  en 
septembre  1855,  p.  436  et  suivantes,  la  note  de  M.  Lié- 
nard,  de  l'île  Maurice,  sur  cet  animal  remarquable,  qu'il 
a  possédé  vivant  pendant  assez  longtemps,  se  félicite  de 
pouvoir,  grâce  à  la  bienveillance  de  ce  vénérable  savant , 
publier  la  première  figure,  d'après  le  vivant ,  de  l'un  des 
plus  singuliers  quadrupèdes  qui  existent. 

Nous  pensons  que  nos  lecteurs  trouveront  ici  avec  in- 
térêt un  résumé  historique  des  principales  opinions  scien- 
tifiques successivement  émises  sur  l'Aye-Aye,  dont  la 
place  dans  la  classification  n'est  pas  encore  fixée,  d'un 
accord  commun,  par  les  zoologistes.  Pour  la  plupart,  c'est 
un  quadrumane  ou  primate  ;  mais  pour  quelques-uns,  c'est 
encore,  comme  pour  tous  autrefois,  un  rongeur. 

La  découverte  de  l'Aye-Aye  a  été  faite ,  à  Madagascar, 
par  le  célèbre  voyageur  Sonnerat,  qui  eut  la  bonne  for- 
tune de  se  procurer,  dans  la  partie  occidentale  de  cette 
île,  deux  individus  de  cette  espèce  tenant,  dit-il,  «  du 
Maki ,  de  l'Écureuil  et  du  Singe.  » 

C'est  d'après  un  de  ces  individus,  donné  à  Buffon  par 
Sonnerat,  et  décrit  et  figuré,  en  1789,  dans  le  septième 
volume  (posthume)  des  Suppléments  de  V Histoire  naturelle, 
que  tous  les  zoologistes  ont ,  jusqu'à  ces  derniers  temps , 
fait  l'histoire  de  l'Aye-Aye;  car  cet  individu,  encore  au- 
jourd'hui conservé  dans  les  galeries  du  Muséum  d'histoire 
naturelle,  a  été,  pendant  plus  d'un  demi-siècle,  le  seul 
connu  en  Europe.  Un  second,  jeune  encore,  se  voit  depuis 
peu  à  côté  de  lui  dans  les  galeries  du  Muséum,  qui  l'a 
reçu  de  M.  de  Lastelle,  et  ces  deux  sujets  sont  encore  les 
seuls  qui  existent  en  Europe. 

Buffon  ayant,  comme  il  le  dit,  «  examiné  de  près  la 
dépouille  de  l'Aye-Aye,  fut  conduit  à  penser  que  cet  animal 
tenait  à  la  fois  du  Tarsier  et  des  Écureuils,  mais  plus  de 


TRAVAUX     INÉDITS.  313 

ces  deux  genres  que  des  deux  autres.  »  D'après  ces  indi- 
cations do  Buffon,  le  compilateur  Gmelin,  qui  n'avait 
jamais  vu  l'Aye-Aye,  le  plaça  dans  le  genre  Sciurus  sous 
le  nom  de  Sciurus  madagascariensis ,  très-généralement 
adopté  par  les  zoologistes  de  cette  époque.  Schreber, 
toutefois ,  crut  dès  lors  devoir  placer  l'Aye-Aye  parmi  les 
Primates  sous  le  nom  de  Lemur  psilodactylus,  et  il  a  ainsi 
le  premier  honneur  de  la  détermination  de  ces  rapports 
de  l'Aye-Aye  avec  les  Primates,  qui  ont  été  depuis  si  bien 
mis  en  lumière  par  les  zoologistes  français. 

Cependant  il  était  clair  que  l'Aye-Aye  n'est  ni  un  Écu- 
reuil ni  un  Maki,  mais  qu'il  doit  constituer  un  genre  dis- 
tinct. C'est  Geoffroy  Saint- Hilaire  qui  a  le  premier,  en 
1794,  établi  ce  genre  dans  un  mémoire  qui  a  un  grand 
intérêt  historique  ;  car  il  est  le  début  dans  les  sciences  de 
cet  illustre  zoologiste.  Geoffroy  Saint-Hilaire,  alors  âgé  de 
vingt-deux  ans  et  déjà  professeur  au  Muséum,  voulut,  dans 
son  respect  et  sa  reconnaissance  pour  son  vénérable 
maître  et  collègue  Daubenton ,  lui  dédier  les  prémices  de 
ses  travaux  scientifiques,  et  donna  au  nouveau  genre  le 
nom  de  Daubentonia  (voy.  la  Décade  philosophique ,  n°  28). 
Ce  nom  n'a  pas  prévalu  dans  la  science,  car  il  n'était  pas 
alors  d'usage  de  tirer  les  noms  de  genre  des  noms  d'hommes, 
même  des  noms  les  plus  illustres,  et  Geoffroy  Saint-Hilaire 
crut  devoir,  quelques  années  plus  tard,  adopter  le  nom 
générique  de  Chciromijs,  proposé  par  Cuvier  dans  les  ta- 
bleaux de  ses  Leçons  d'anatomie  comparée. 

Cheiromys  madagascariensis  est  donc  le  nom  générale- 
ment admis  pour  le  singulier  quadrupède  de  Sonnerai. 
Cuvier,  comme  Geoffroy  Saint-Hilaire,  continua  à  placer, 
d'après  Gmelin ,  l'Aye-Aye  parmi  les  Rongeurs,  et  il  en 
fut  de  même  de  tous  les  zoologistes  jusqu'à  Blainville,  en 
1816,  dans  un  mémoire  dont  les  résultats  seulement  furent 
alors  connus,  mais  que  l'auteur  a  inséré  depuis  in  extenso, 
avec  des  additions,  dans  le  troisième  fascicule  de  son 
Ostéographie. 


314       REV.  ET  MAC.  DE  zoologie.  (Juillet  1856.) 

Parmi  les  caractères  qui  rapprochent  l'Aye-Aye  des 
quadrumanes,  il  suffit  de  rappeler  la  conformation  de  sa 
tête,  la  disposition  des  apophyses  post-orbitaires  du  jugal 
et  du  frontal  qui  se  joignent,  comme  chez  les  Makis,  pour 
encadrer  l'œil  en  avant,  et  surtout  la  conformation  des 
extrémités,  dont  les  postérieures  ont  le  pouce  opposable  et 
très-développé.  Ce  sont  là  manifestement  des  caractères 
très-prononcés  de  Primate ,  mais  unis  à  un  véritable  sys- 
tème dentaire  de  Rongeur. 

Aussi  les  auteurs  qui  accordent  la  prééminence  aux  ca- 
ractères dentaires  ont  continué  à  faire  de  l'Aye-Aye  un 
Rongeur;  au  contraire,  ceux  qui  placent  au  premier  rang 
les  caractères  tirés  des  organes  de  la  vie  de  relation,  par- 
ticulièrement de  ceux  de  la  locomotion,  ont  admis  l'opi- 
nion de  Rlainville,  et,  comme  cette  seconde  base  de  clas- 
sification est  aujourd'hui  la  plus  généralement  admise, 
cette  dernière  opinion  a,  par  là  même,  prévalu  dans  la 
science,  tellement  que  nous  ne  saurions  ici  énumérer  tous 
les  auteurs  qui  la  partagent.  Qu'il  nous  suffise  de  men- 
tionner Desmarest,  qui  a  adopté  les  vues  de  Rlainville 
presque  au  moment  même  où  elles  venaient  d'être  pu- 
bliées ;  Etienne  Geoffroy  Saint-Hilaire,  qui,  dans  ses  der- 
niers cours  au  Muséum ,  leur  a  donné  son  assentiment  ; 
et,  parmi  les  zoologistes  actuels,  le  prince  Ch.  Ronaparte 
et  M.  Isidore  Geoffroy  Saint-Hilaire,  qui  ont,  l'un  et 
l'autre,  considéré  l'Aye-Aye  comme  constituant  à  lui  seul, 
dans  l'ordre  des  Primates,  une  famille  distincte,  celle  des 
Cheiromyidœ. 

La  figure  que  nous  publions,  en  faisant  connaître  les 
véritables  formes  de  l'Aye-Aye,  contribuera,  nous  l'espé- 
rons, à  fixer  les  incertitudes  qui  peuvent  encore  exister, 
même  après  ces  travaux,  sur  la  classification  naturelle  de 
ce  Mammifère.  (G.-M.) 


TRAVAUX   INÉDITS.  315 

Notices  mammalogiques  ,  par  M.  le  Dr  Pucheran. 
[Voir  1856,  p.  145  (1).] 

Notre  jeune  individu  mesure  seulement  1  mètre  15  cen- 
timètres 1/2  ;  mais  il  présente,  malgré  cette  diminution  de 
taille,  les  caractères  généraux  propres  à  l'adulte.  Ainsi 
la  nageoire  dorsale  est  peu  élevée,  mais,  en  revanche, 
fort  allongée.  Elle  se  prolonge,  en  arrière,  par  une  crête 
sur  la  ligne  médio-dorsale ,  et  cette  crête  est  séparée  par 
un  certain  intervalle  de  celle  qui  vient  occuper  supérieu- 
rement la  nageoire  caudale.  Ce  dernier  appendice  est , 
comme  chez  l'adulte,  bien  développé,  soit  d'avant  en  ar- 
rière, soit  de  droite  à  gauche.  La  seule  différence  qui 
existe  entre  ces  deux  exemplaires  consiste  en  ceci ,  que 
l'échancrure  du  bord  inférieur  est  plus  saillante  et  plus 
bifide  que  chez  l'adulte,  différence  déjà  fort  saisissable 
dans  les  figures  données  par  M.  Frédéric  Cuvier.  Les  pec- 
torales sont  fort  étalées  aussi.  Toutes  les  dissemblances 
entre  l'adulte  et  le  jeune  se  bornent,  en  définitive,  à  celle 
que  nous  avons  signalée  plus  haut  dans  la  forme  de  la 
caudale,  et  à  celle  que  M.  Frédéric  Cuvier  a  déjà  fait  con- 
naître relativement  au  mode  de  coloration  des  parties  in- 
férieures. L'avenir  nous  apprendra,  il  faut  l'espérer,  si 
elles  sont  de  nature  spécifique. 

Les  têtes  osseuses  des  deux  individus  dont  il  vient  d'être 
question  existent  dans  les  Galeries  d'Anatomie  com  - 
parée  du  Musée  de  Paris.  M.  Gray  (2)  a  parlé  de  l'une  et 
de  l'autre  ;  mais,  puisque  l'occasion  s'en  présente,  je  crois 

(1)  On  a  oublié,  à  la  page  149,  deux  mesures  que  nous  rétablissons 
ici  : 

Distance  du  point  le  plus  postérieur  du  bord  libre  de  la  dorsale  à 

l'échancrure  inédio-caudale  (directement  prise).  .     .     .     1Œ  12<=  0m 

Longueur  du  bec 0m  18e  2B 

(2)  Voy.  d'Erebus  et  Terror,  Mamm.,  p.  43,  et,  plus  récemment, 
Catalogue  of  Ihe  spécimens  of  the  Mammalia  in  Ihe  British  Mu- 
séum, part.  1,  Cetacea,  p.  128. 


316     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  4856.) 

nécessaire  de  les  comparer  aux  crânes  du  Delphinus  del- 
phis.  Je  prends  pour  terme  de  comparaison,  en  ce  qui 
concerne  cette  dernière  espèce,  une  tête  envoyée  de  la 
Rochelle  par  M.  d'Orbigny  père  en  1822 ,  et  dont  la  dé- 
termination ne  me  semble  pouvoir  donner  lieu  à  aucune 
contestation. 

Or,  en  mettant  en  présence  la  tête  du  Delphinus  plum- 
beus  et  celle  du  Delphinus  delphis,  je  trouve  la  première 
plus  allongée,  et  cet  allongement  est  produit  par  une  plus 
grande  dimension  dans  ce  sens,  non-seulement  de  la  partie 
rostrale,  mais  encore  de  la  partie  encéphalique.  Dans  la 
moitié  antérieure  du  bec,  il  existe  plus  de  compression  et 
d'élévation,  ce  qui  est  principalement  dû  à  la  disposition 
plus  verticale  des  maxillaires.  Les  intermaxillaires,  à  ce  ni- 
veau, sont  plus  aplatis  ;  il  en  résulte  que,  tandis  que,  dans 
le  Delphinus  delphis,  il  existe,  en  avant,  une  fente  médiane 
très-évidente,  cette  fente  n'a  une  largeur  comparable, 
dans  le  Delphinus  plumbeus,  que  tout  à  fait  en  avant,  dans 
un  très-petit  espace.  A  la  base  du  bec,  au  contraire,  ces 
mêmes  intermaxillaires  deviennent  plus  aplatis,  tandis 
qu'ils  sont  élevés  et  voûtés  chez  le  Delphinus  delphis.  Dans 
cette  dernière  région,  par  conséquent,  l'espace  transversal 
est  moins  grand  dans  l'espèce  de  nos  côtes  que  dans  celle 
du  Malabar.  A  ce  niveau  également,  ce  dernier  nous 
présente,  d'une  manière  très-évidente,  la  fente  médiane 
que  le  premier  nous  a  offerte  dans  un  état  de  largeur  com- 
parable, à  son  tiers  antérieur  :  ajoutons  enfin  que,  dans 
cette  même  région,  les  maxillaires  sont  presque  sur  le 
même  plan  que  les  intermaxillaires ,  tandis  que  chez  le 
D.  delphis,  ces  derniers  forment  une  convexité  fort  saisis- 
sable  au-dessus  des  premiers. 

En  dessous,  dans  la  région  palatine,  se  manifestent  des 
différences  tout  aussi  saillantes.  Dans  le  Delphinus  plum- 
beus,  cette  région  est  plus  large  en  arrière,  plus  pointue 
en  avant  et  presque  uniformément  aplatie  à  partir  des 
arrière-narines;  elle  est  dépourvue  des  enfoncements  et 


TRAVAUX     INÉDITS.  347 

de  la  convexité  si  caractéristiques  du  Delphinus  delphis. 
Sous  ce  point  de  vue,  le  Delphinus  plumbeus  ressemble  donc 
au  Delphinus  dubius;  mais,  chez  ce  dernier,  la  pointe  du 
bec,  en  dessous,  est  plus  étalée  encore  transversalement 
que  chez  le  Delphinus  delphis ,  qui ,  à  son  tour,  se  trouve 
présenter  moins  d'étroitesse  à  ce  niveau  que  le  Delphinus 
plumbeus.  Ajoutons  que  l'enveloppe  osseuse  des  arrière- 
narines  est  plus  développée  ,  soit  d'arrière  en  avant ,  soit 
de  droite  à  gauche,  que  dans  le  Delphinus  delphis. 

La  mâchoire  inférieure  est  plus  forte  chez  le  Delphinus 
plumbeus  :  sa  symphyse  est  plus  allongée  et  offre,  d'avant 
en  arrière,  plus  de  1  décimètre  d'étendue  (1).  Les  dents, 
plus  fortes,  plus  espacées,  sont,  en  haut,  au  nombre  de 
36-37;  en  bas,  j'en  compte  33  d'un  côté,  34  de  l'autre  (2). 

Dans  la  partie  encéphalique ,  les  différences  sont  tout 
aussi  tranchées.  Ainsi  l'espace  triangulaire  situé  en  avant 
de  l'enveloppe  osseuse  des  évents  est  plus  développé,  et 
tout  ce  qui  se  trouve  à  droite  et  à  gauche  des  bords  os- 
seux des  narines  est  plus  large,  plus  étalé,  moins  concave. 
Les  os  nasaux  sont  de  forme  triangulaire  et  non  ellipti- 
ques ;  la  pointe  du  triangle  est  en  arrière.  La  ligne  formée 
par  la  crête  occipitale  est  plus  horizontale,  moins  arrondie 
de  droite  à  gauche  ;  la  fosse  temporale  est  beaucoup  plus 
large.  Toute  la  partie  du  crâne  étendue  du  trou  occipital 
à  la  crête  ainsi  nommée  est ,  au  contraire  ,  plus  voûtée, 
plus  convexe. 

Cette  tête  osseuse,  de  la  crête  occipitale  au  bout  du 
maxillaire  supérieur,  mesure  49  centimètres  en  longueur 
directe,  et  près  de  12  centimètres  du  trou  occipital  à  la 
crête. 

(1)  M.  Gray  (Catal.,  etc.,  p.  128)  donne  à  cette  symphyse  5  pouces 
1/2  de  longueur. 

(2)  La  formule  dentaire  est  HZjt,  suivant  M.  Frédéric  Cuvier 
(Ménagerie  du  Muséum,  livraison  60e,  et  Hist.  nat.  des  Cétacés, 
p.  152).  M.  Cuvier  (Règne  animal,  2e  édit.,  I,  p.  228)  dit  que  cette 
espèce  est  armée  partout  de  trente-sept  dents.  M.  Gray  (loco  cilalo) 
donne  les  nombres  \jZH- 


318      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

Dans  notre  crâne  de  jeune,  qui  ne  présente  pas  38  cen- 
timètres en  étendue  longitudinale,  de  l'extrémité  supé- 
rieure du  trou  occipital  au  bout  du  maxillaire  supérieur, 
les  caractères  généraux  propres  à  la  tête  de  l'adulte  sont 
déjà  bien  manifestes.  Il  en  est  ainsi  de  l'aplatissement  du 
museau  à  sa  base,  de  sa  forme  effilée  à  son  extrémité,  et  des 
dispositions  que  nous  avons  dites  être  spéciales  aux  maxil- 
laires et  aux  intermaxillaires ,  dans  ces  diverses  régions. 
La  symphyse  du  maxillaire  inférieur  est  déjà  plus  éten- 
due (1)  qu'elle  ne  l'est  chez  la  tête  de  Dauphin  vulgaire 
des  côtes  de  France,  que  nous  avons  déjà  comparée  à  la 
tête  du  Dauphin  plombé  adulte.  Dans  cet  exemplaire,  qui 
nous  présente  ses  dents  encore  renfermées  dans  les  gen- 
cives, j'en  compte,  à  la  mâchoire  inférieure,  38-34 ,  à  la 
supérieure  37-35  (2).  Quoique  plus  serrées  que  chez 
l'adulte,  elles  sont  déjà  conformées  de  même  (3). 

Dans  la  portion  crânienne  proprement  dite,  la  région 
qui  borde,  à  droite  et  à  gauche,  les  évents  est  déjà  bien 
étalée  et  moins  concave  que  chez  le  Belphinus  delphis  ;  la 
fosse  temporale  est  presque  aussi  étendue  que  dans'  ce 
dernier;  enfin,  comme  chez  le  Delphinus  plumbeus  adulte, 
la  région  palatine ,  sensiblement  aplatie ,  est  large  en  ar- 
rière, étroite  en  avant. 

Telles  sont  les  diverses  observations  qu'il  nous  a  été 
donné  de  faire  récemment  sur  les  exemplaires  de  Delphinus 
plumbeus  rapportés,  il  y  a  déjà  plus  de  vingt-cinq  ans,  au 
Musée  de  Paris,  par  M.  Dussumier.  Mais,  quoique  certains 
des  caractères  que  nous  venons  de  constater  de  nouveau 
eussent  été  déjà  signalés  dès  cette  époque,  ce  type  spéci- 
fique n'a  pu  obtenir  droit  de  domicile  dans  le  Systema 
naturœ.    Dès   1829,  M.  Frédéric  Cuvier  annonçait  que 

(1)  M.  Gray  {loco  cilalo)  donne  à  cette  symphyse  2  pouces  1/2  de 
long. 

(2)  M.  Gray,  loc.  cit.,  ib.,  en  a  seulement  compté  trente-six  à  la 
mâchoire  supérieure. 

(3)  M.  Gray,  loc.  cil ,  ib.,  a  fait  également  la  même  observation. 


TRAVAUX    INÉDITS.  319 

M.  Georges  Cuvier  soupçonnait  que  cette  espèce  ne  diffé- 
rait pas  du  Delphinus  malayanus  de  MM.  Lesson  et  Garnot. 
Dans  la  deuxième  édition  du  Règne  animal,  M.  Cuvier  (1) 
a  de  nouveau  émis  le  môme  soupçon.  En  183G,  dans  son 
Histoire  naturelle  des  Cétacés  (2),  M.  Frédéric  Cuvier, 
rappelant  cette  opinion  de  son  illustre  frère ,  ajoute  sim- 
plement que  la  différence  entre  les  deux  espèces  ne  consiste 
guère  que  dans  la  carène  de  la  queue ,  très-marquée  chez  le 
Dauphin  malais  et  peu  sensible  chez  le  Dauphin  plombé.  De 
nos  jours,  ce  soupçon  de  M.  Cuvier  est  à  peu  près  devenu 
un  fait  démontré  pour  les  Zoologistes,  ainsi  qu'on  peut 
s'en  convaincre  en  consultant  les  publications  récentes  de 
MM.  Schlégel  (3)  et  Gray  (4).  Nous  croyons  même  que, 
sauf  M.  Kapp  (5)  et  M.  Lesson  (6),  dans  un  des  derniers 
écrits  sortis  de  sa  plume,  tous  les  Mammalogistes  ont,  sans 
hésitation  aucune,  admis  cette  fusion  des  deux  espèces; 
quant  à  nous,  elles  nous  paraissent  tout  à  fait  distinctes. 

Pour  établir  ce  fait,  nous  sommes  évidemment  obligé 
de  recourir  à  Ja  description  initiale  donnée  par  MM.  Lesson 
et  Garnot,  car  nous  ne  sachions  pas  qu'un  seul  Musée 
d'Europe  possède  une  peau  de  Delphinus  malayanus 
adulte.  M.  Schlégel  n'a  eu,  en  effet,  à  sa  disposition  qu'un 
jeune  sujet  et  des  têtes  osseuses.  Or,  voici  ce  que  MM.  Les- 
son et  Garnot  disent  de  l'adulte  : 

«  Ce  Dauphin  avait  5  pieds  11  pouces  de  longueur  to- 
«  taie,  et  d'épaisseur,  vis-à-vis  les  nageoires,  15  pouces. 
«  La  hauteur  de  la  dorsale,  placée  au  milieu  du  corps  et 
«  échancrée  au  sommet,  était  de  8  pouces  ;  la  longueur  de 


(1)  Vol.  I,  p.  288,  note  1. 

(2)  P.  152. 

(3)  Abhandlungen  ans  dem  Gebiele  der  Zoologie  und  Verglei- 
chendcn  Analomie,  Heft  1. 

(4)  Loc.  cil. 

(5)  Wilhelm  Rapp,  Die  Cetaceen  Zoologisch  Anatomisch  darges- 
lellt,  p.  32. 

\6)  Nouveau  tableau  du  règne  animal,  Mammifères,  18i2. 


320      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

«  la  pectorale ,  de  13  pouces.  La  tête  était  longue  de 
«  16  pouces  sur  10  de  largeur.  La  nageoire  de  la  queue 
«  avait  23  pouces  ;  la  largeur  de  la  queue  à  sa  base  était 
«  de  5  pouces.  Une  forte  carène,  comme  celle  de  certains 
«  Scombres,  occupait  les  parties  latérales  et  postérieures  du 
ce  corps.  L'évent,  en  croissant,  était  placé  un  peu  en  ar- 
ec rière  des  yeux,  qui  étaient  très-petits.  La  tête,  grosse  et 
«  arrondie  ,  très-convexe  sur  le  front,  qui  s'abaisse  subi- 
te tement ,  présentait ,  à  la  base  du  museau,  une  forte  rai- 
«  nure.  Celui-ci ,  mince  et  allongé,  garni  de  dents  nom- 
ce  breuses,  offrait  plus  de  longueur  dans  la  mâchoire  infé- 
c<  rieure.  La  couleur  de  ce  Dauphin  était  uniformément 
ce  cendrée  (1).  » 

Or,  en  comparant  ces  dimensions  à  celles  de  notre 
exemplaire  adulte,  il  devient,  de  prime  abord,  tout  à  fait 
évident  que  le  Delphinus  malayanus  est  doué  d'une  taille 
inférieure  à  celle  du  Delphinus  plumbeus .  M.  Frédéric  Cu- 
vier  donne,  en  effet,  à  ce  dernier  8  pieds  de  longueur. 
Nous-même  avons  mesuré  plus  de  2  mètres,  par  consé- 
quent plus  de  6  pieds.  Voici  déjà  une  différence;  mais  ce 
qui  sépare  encore  plus  nettement  les  deux  espèces ,  c'est 
l'élévation  de  la  dorsale  dans  l'espèce  des  voyageurs  de  la 
Coquille.  MM.  Lesson  et  Garnot  lui  donnent  une  élévation 
de  S  pouces;  or  notre  exemplaire  adulte  n'atteint  pas  ces 
dimensions  dans  cet  appendice ,  quoique  étant ,  cepen- 
dant, de  taille  plus  forte.  En  second  lieu,  le  grand  allon- 
gement, d'avant  en  arrière,  de  cette  même  nageoire, 
n'existe  point  dans  le  D.  malayanus.  Si  l'on  compare  les 
deux  figures,  l'on  constate  de  suite  cette  double  différence, 
d'importance  majeure,  car  ce  caractère,  dépendant  de  la 
forme  générale  de  l'espèce,  est  moins  variable  que  les  indi- 
cations fournies  par  la  coloration,  et  se  retrouve  chez  notre 
jeune  du  musée  de  Paris.  M.  Schlégel,  qui ,  à  son  tour,  a 

{!)  Zoologie  de  la  Coquille,  texte,  vol.  I,  p.  184. 


TRAVAUX     INÉDITS.  321 

eu  occasion  d'examiner  un  jeune  D.  malayanus,  assure  (1) 
qu'il  s'accorde  en  tout  avec  l'individu  figuré  par  M.  Les- 
son,  sauf  en  ce  qui  concerne  le  museau,  plus  court  que  chez 
l'adulte.  Cette  assertion  de  M.  Schlégel  indique  suffisam- 
ment que  la  nageoire  dorsale  chez  le  jeune  est  conformée 
comme  chez  l'adulte.  La  différence  que  nous  signalons  de 
ce  côté  entre  D.  plumbeus  et  D.  malayanus  est  donc  réelle, 
et  nous  conseillons  aux  Zoologistes  qui  pourront  se 
trouver  dans  des  conditions  favorables  pour  l'étude  de  ce 
dernier  type  de  porter  leur  attention  sur  ce  caractère, 
dans  le  but  de  déterminer  son  degré  de  constance  ou  de 
variabilité. 

Du  côté  du  crâne,  voici  les  observations,  de  nature  en- 
core différentielle,  qu'il  nous  a  été  permis  de  faire.  Nous 
ne  connaissons  point  celui  du  Delphinus  malayanus ,  mais 
voici  la  description  qui  en  est  donnée  par  M.  Schlégel  (1)  : 

«  Le  crâne  de  cette  espèce  ressemble ,  quant  à  ce  qui 
«  concerne  la  partie  de  la  tête ,  à  celui  du  Dauphin  vul- 
«  gaire  ;  la  partie  du  museau,  au  contraire,  est  plus  large 
«  à  la  racine,  plus  étroite  au  milieu,  et  enfin,  dans  toute 
«  sa  longueur,  effilée  suivant  une  forme  plus  conique.  La 
«  saillie  que  forment  les  palatins  est  plus  large,  et  ils 
«  manquent  des  deux  profondes  rigoles  latérales  de  la 
«  face  inférieure  de  la  mâchoire  supérieure ,  qui  sont  si 
«  caractéristiques  du  Dauphin  vulgaire.  La  mâchoire  infé- 
«  rieure,  enfin,  est  un  peu  plus  faible,  et  sa  symphyse  un 
«  peu  plus  longue. 

»«  Les  dents  sont  un  peu  plus  fortes  et  ne  sont  pas  aussi 
«  étroitement  rapprochées  que  chez  le  Dauphin  commun  ; 
«  c'est  aussi  pour  cela  que  leur  nombre  est  seulement  de 
ce  trente-six  à  quarante  (1).  » 

(La  suite  au  prochain  numéro.) 


(1)  Schlégel,  Abhandlungcn,  etc.,  p.  22.  Dans  la  partie  Mamma- 
logique  du  Voyage  au  pôle  sud,  nous  avons  indiqué  d'une  manière 
erronée  (p.  41)  le  uorabre  des  dents  dans  le  crâne  de  D.  malayanus 
2e  skrib.  t.  vin.  Année  1856.  21 


322     rev.  et  màg.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

Treizième  lettre  sur  l'Ornithologie  de  la  France  méridio- 
nale; par  le  docteur  J.  B.  Jaurert. 

Phalacrocorax.  —  Au  sujet  de  ce  genre,  M.  Crespon 
aurait  hardiment  pu  enrichir  son  livre  d'une  bonne  es- 
pèce qui  se  rencontre  non-seulement  sur  tout  notre  lit- 
toral, mais  encore  dans  nos  étangs ,  celui  de  Berre  par 
exemple;  je  veux  parler  du  Ph.  graculus,  ou,  si  l'on  aime 
mieux,  Desmarestii,  en  tant  que  celui-ci  n'aura  pas  d'autre 
caractère  distinctif  qu'un  bec  plus  effilé...  Mais  n'est-ce  pas 
lui  que  nous  retrouvons  sous  le  nom  de  C.  leucogaster, 
Cara  (Orn.  sarda,  1842,  p.  199)?...  Voici  la  description 
qu'en  donne  l'auteur;  je  prends  dans  le  texte  :  «  Becco 
«  affilata,  sottile,  l'apertura  longitudinale  del  medessimo 
«  e  di  tre  pallici  e  nove  linee,  molto  più  longo délia  testa; 
«  coda  lunga;  composta  di  dodici  penne;  tutte  le  parti 
«  superiori,  cioè  testa,  collo  a  grappone,  sono  d'un  bruno 
«  leggiermente  tinto  di  verdastro  cangiante;  le  penne 
«  délie  copritrici  alare  e  del  dorso  sono  orlate  d'una 
«  frangia  biancastra,  e  lustra  ;  remigi  d'un  nero  opaco  ; 
«  coda  dello  stesso  colore,  ma  bordata,  tanto  nelle  barbe 
«  esterne  che  interne ,  d'un  bianco  sparco  ;  tutte  le  parti 
«  inferiori  d'un  bianco  puro,  eccetto  le  parti  esterne  délie 
«  coscie,  che  sono  sfumate  de  bruno  nerognolo  ;  la  parte 
«  superiore  del  becco  bruna ,  l'inferiore  gialliccia  ;  la 
«  piccola  borsa  gutturale  dello  stesso  colore  ;  piedi  d'un 
«  giallo  smorto  ;  tarso  e  parti  inferiori  délia  ditta  nere  ; 
a  iride  constantemente  bianca.  La  lunghezza  totale  cioè 
«  délia  punta  del  becco  sino  aU'estremita  délia  coda , 
«  due  piedi  e  quatro  pollici.  J.  Giovani  di  questa  specie 
«  sono  d'un  nericcio  verdastro  nella  parte  superiore  del 


figuré  par  M.  Schlégel.  Toute  notre  erreur  doit  être  attribuée  à  cette 
circonstance,  que  nous  avons  négligé,  avant  notre  travail,  de  consulter 
l'explication  des  planches  qui  est  eu  tête  de  cette  première  livraison 
des  Mémoires  de  l'illustre  Zoologiste  du  Musée  de  Leyde. 


TRAVAUX    INÉDITS.  323 

«  corpo,  l'inferiore  brima  macchiata  di  biancho,  l'iride 
a  bruna.  » 

L'auteur  ajoute,  dans  une  de  ses  lettres ,  qu'une  autre 
particularité  qui  distingue  cet  oiseau ,  c'est  qu'il  ne  pré- 
sente aucun  indice  de  cette  odeur  repoussante  que  l'on 
rencontre  chez  les  autres  Cormorans,  tant  vivants  que 
morts.  Il  l'attribue  à  des  différences  de  mœurs,  et  à  ce 
qu'il  habite  la  pleine  mer  au  lieu  d'être  dans  les  étangs... 
Les  chasses  aux  Colombes  que  l'on  fait  aujourd'hui  dans 
les  localités  où  cet  oiseau  vivait  sédentaire  l'auraient  éloi- 
gné, de  sorte  qu'il  est  très-difficile  de  se  le  procurer. 

Devant  les  assertions  de  l'auteur  il  nous  reste  peu  à 
dire  ;  je  ne  puis  croire  cependant  à  la  constance  de  cette 
livrée  blanche  en  dessous,  qui,  chez  les  congénères  de  ce 
Cormoran,  fut  toujours  l'apanage  des  jeunes.  Si  le  fait  est 
bien  observé ,  comme  tout  porte  à  le  croire ,  on  pourrait 
encore  admettre  que  ce  n'est  qu'au  bout  de  deux  ou  trois 
ans  que  l'oiseau  prend  sa  robe  d'adulte Nous  connais- 
sons, au  reste,  très-bien  cet  oiseau,  dont  divers  individus 
nous  ont  été  apportés  des  côtes  d'Afrique,  ou  bien  avaient 
été  capturés  dans  le  trajet  et  en  pleine  mer.  Ce  sont  là 
des  questions  à  étudier  encore,  car  nous  savons  que  ces 
Cormorans  varient  beaucoup,  et  que  le  Ph.  carbo  lui- 
même  n'en  est  pas  exempt. 

Le  Ph.  pygmœus  n'a  jamais  été  rencontré,  que  je  sache, 
dans  nos  parages. 

Sula.  —  Le  Fou  de  Bassan  s'égare  quelquefois  dans  la 

Méditerranée;  P.  Roux  et  Crespon  l'ont  signalé J'ai 

eu  le  plaisir,  il  y  a  quelques  années ,  de  voir  un  de  ces 
oiseaux  dans  la  rade  de  Marseille  sans  avoir  pu  le 
tirer  ;  c'était  un  adulte  qui ,  pendant  plusieurs  heures , 
fut  observé  parcourant  l'espace  qui  sépare  les  îles  de  la 
côte.  Son  vol  était  rapide,  soutenu  et  presque  toujours  en 
ligne  droite  ;  l'oiseau  avait  plutôt  l'air  d'explorer  les  lieux 
que  d'y  chercher  sa  nourriture 

Sterna.  —  Les  Hirondelles  de  mer  apparaissent,  chez 


324      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

nous,  au  printemps  ;  on  ne  rencontre  guère,  en  hiver, 
que  quelques  rares  individus  de  la  Pierre-Garin  mêlés  aux 
Mouettes  qui  fréquentent  nos  étangs.  Les  espèces  les  plus 
répandues  en  avril  et  mai  sont  les  St.  nigra ,  St.  minuta  , 
St.  hirundo  et  St.  cantiaca ,  qui  nichent  communément 
en  Camargue.  Les  St.  caspia  et  St.  hybrida,  beaucoup 
plus  rares  que  les  précédentes,  s'y  reproduisent  aussi, 
mais  accidentellement  ;  enfin  les  Leucoptera ,  Paradisea  et 
Anglica  s'y  montrent  quelquefois  de  passage. 

L'ornithologie  du  Dauphiné  ne  signale  que  deux  Ster- 
nes, St.  nigra  et  St.  hirundo. . .  Crespon  donne  toutes  les 
espèces  signalées  plus  haut,  sauf  St.  anglica,  que  je  me 
suis  souvent  procurée  chez  M.  Besson,  à  Hyères...  Mais 
ce  qui  aurait  lieu  de  nous  étonner,  c'est  que  quatre  de  nos 
espèces  manquent  en  Sicile,  ou  du  moins  n'y  ont  point 
été  trouvées  par  M.  L.  Benoît,  ce  sont  St.  caspia,  paradi- 
sea, hybrida  et  minuta.  Quant  à  Pol.  Boux,  dont  l'ouvrage 
est  évidemment  inachevé,  il  ne  cite  que  la  Caugeck  sous 
le  nom  de  St.  Boysii. 

Une  Hirondelle  manque  évidemment  à  notre  catalogue, 
c'est  la  St.  affnis,  qui  des  côtes  de  l'Algérie,  où  elle  paraît 
commune,  doit  bien  s'avancer  quelquefois  jusque  chez 
nous  ;  personne  encore  ne  l'a  signalée. 

Parmi  ces  espèces  qui  fréquentent  nos  climats,  il  en  est 
une  dont  la  description  offre,  dans  le  livre  de  M.  De- 
gland,  quelques  lacunes  que  je  suis  heureux  de  pouvoir 
combler  à  l'aide  d'indications  fournies  par  quelques  peaux 
égyptiennes  :  je  veux  parler  de  la  Leucoptère  (dont  la  livrée 
de  printemps  seule  parait  bien  connue),  charmante  petite 
espèce  qui  présente,  avec  la  Nigra,  la  plus  grande  ana- 
logie. 

Les  jeunes,  en  hiver,  seraient  difficiles  à  distinguer  s'ils 
n'étaient  reconnaissables  à  leur  bec  ,  toujours  plus  court 
et  plus  fort  que  celui  de  Y  Épouvantait  :  le  front ,  le  dessus 
de  la  tête,  les  côtés  du  cou  et  toutes  les  parties  inférieures 
sont  d'un  blanc  pur  ;  l'occiput ,  le  derrière  du  cou  et  le 


TRAVAUX   INÉDITS.  325 

haut  du  dos  brun  noirâtre,  avec  la  bordure  des  plumes 
blanche;  le  manteau  gris  roussâtre;  la  queue,  peu  four- 
chue, est  d'un  blanc  gris,  avec  les  couvertures  supérieures 
et  inférieures  blanches;  l'aile,  d'un  brun  cendré,  ne  pré- 
sente pas  de  blanc. 

L'adulte,  en  hiver,  est  l'analogue  du  même  âge  chez  la 
Nigra  :  le  dos  gris  noir  ;  la  queue  blanche;  le  front ,  le 
devant  et  les  côtés  du  cou  blancs  ;  la  région  parotique  , 
l'occiput  et  le  derrière  du  cou,  comme  chez  le  jeune, 
noir  pointillé  de  blanc...;  la  poitrine  et  l'abdomen  noirs, 
avec  quelques  plumes  blanches;  les  ailes  comme  au  prin- 
temps, c'est-à-dire  avec  le  pommeau  et  le  bord  libre  d'un 
blanc  pur,  qui  se  fond  avec  les  teintes  gris  brun  des  cou- 
vertures et  des  rémiges. 

Au  printemps ,  l'oiseau,  pour  prendre  sa  livrée  noire, 
passe,  comme  l'espèce  correspondante,  par  toutes  les 
livrées  bariolées  de  blanc  et  de  noir  que  tout  le  monde 
connaît. 

Cette  Sterne  se  montre  en  petit  nombre,  dans  le  midi  de 
la  France,  vers  la  fin  d'avril,  et  s'avance  bien  avant  dans 
les  terres...  Un  individu  fut  tué  il  y  a  quelques  années, 
par  M.  Doublier,  sous  les  murs  de  Draguignan,  où,  depuis 
plusieurs  heures,  elle  faisait  des  évolutions  à  la  manière 
des  Hirondelles,  au  milieu  d'une  prairie  sur  laquelle  elle 
paraissait  chercher  sa  nourriture ,  ce  qui  confirmerait  les 
observations  de  Verdot,  qui  aurait  trouvé»  dans  leur  tube 
digestif,  des  insectes  terrestres,  tels  que  Sauterelles  et  Hy- 
ménoptères. 

Larus.  —  Les  Mouettes  sont  assez  communes  sur  nos 
eûtes,  et  se  montrent  plus  particulièrement,  dans  le  voisi- 
nage de  nos  ports,  depuis  le  mois  de  septembre  jusqu'à  la 
fin  d'avril,  époque  où  elles  nous  quittent  pour  aller  se 
reproduire...  C'est  à  peine  si,  en  été,  nous  apercevons  de 
loin  en  loin  quelques  gros  Goélands  traversant  à  tire  d'aile 
notre  rade.  C'est  le  L.  argentatus  qui  niche  sur  nos  petites 
îles Deux  autres  espèces  se  montrent  encore  séden- 


326      rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Juillet  1856.) 

taires  en  Provence  ;  ce  sont  L.  ridibundus  et  L.  Lambrus- 
chinii,  que  l'on  ne  rencontre  guère  que  dans  la  basse  Ca- 
margue, et  toujours  en  petit  nombre...  Crespon  signale  le 
L.  argentatus  comme  plus  abondant  au  printemps  qu'en 
toute  autre  saison  ;  c'est  précisément  à  l'époque  où  il  nous 
a  déjà  quittés  pour  se  rendre  en  Camargue  et  sur  les  lon- 
gues plages  arides  du  Languedoc...  Aux  espèces  que  cite 
cet  auteur  je  joindrai  la  Melanocephalus ,  si  commune  en 
hiver  dans  les  environs  de  Marseille  et  la  dernière  qui 
nous  quitte  au  printemps  ;  YAudouinii ,  qui ,  abondante 
sur  toutes  les  côtes  et  tous  les  lacs  de  l'Algérie,  visite 
communément  la  Corse  et  la  Sardaigne,  d'où  quelques 
individus  s'avancent  quelquefois  en  hiver  jusque  chez 
nous;  et  enfin  le  L.  glaucus,  dont  je  connais  une  seule 
capture,  près  d'Adge. 

Les  Mouettes  observées  en  Provence  viennent,  par  rang 
de  rareté 9  s'inscrire  dans  l'ordre  suivant  : 

Larus  ridibundus. 


argentatus. 

melanocephalus. 

tridactylus. 

marinus. 

canus. 


Larus  fuscus. 
minutus. 
Lambruschinii. 
Audouinii. 
glaucus. 


Je  ne  parlerai  pas  de  L.  atricilla,  qui,  tué  en  Sicile,  en 
Italie  et  jusqu'en  Sardaigne,  n'a  point  encore  été  observé 
chez  nous.  Quant  à  la  Capistratus,  ou  je  ne  la  connais 
pas,  ou  je  dois  avouer  qu'il  m'a  été  impossible  de  la  dis- 
tinguer, comme  espèce  ,  de  la  Ridibundus,  ni  à  l'aide  des 
sujets  provenant  d'Egypte  et  de  Tunis,  ni  avec  ceux  que 
nous  rencontrons  ici.  Parmi  ces  derniers,  je  puis  montrer, 
chez  un  adulte,  un  bec  tellement  petit  qu'il  laisse  bien  en 
arrière  tout  ce  que  j'ai  pu  voir  de  plus  exigu  chez  les  in- 
dividus exotiques!  Cet  oiseau  peut-il  constituer  une  race 
locale?...  Je  ne  le  pense  pas;  car,  en  Egypte,  en  Algérie 
et  dans  toute  la  Méditerranée,  on  trouve  tous  les  passages, 


TRAVAUX    INKD1TS.  .')27 

depuis  le  bec  le  plus  fort  jusqu'au  plus  grêle Notons, 

en  passant,  que  cette  particularité,  commune  à  presque 
toutes  les  Mouettes,  est  encore  très-sensible  chez  la  Mcla- 
noccphalus. 

{La  suite  prochainement.) 


AMÉNITÉS    M  ALACOLOGIQUES  ; 
par  M.  J.  R.  Bourguignat. 

§  XLIX. 
Des  Férussacies  algériennes. 

Les  naturalistes,  comme  toujours,  ont  émis  sur  les 
Fcrussacia  les  opinions  les  plus  diverses.  Les  uns  les 
ont  classées  parmi  les  Bulimes ,  les  Agathines  ou  les 
(ihmdines  (1);  les  autres  les  ont  distribuées  dans  ces 
mêmes  genres,  seulement  dans  des  sections  particulières  ; 
d'autres,  enfin,  ont  établi  pour  elles  des  genres  spéciaux. 
En  un  mot ,  on  a  eu  sur  la  classification  de  ces  coquilles 
les  idées  les  plus  diverses,  les  Qpinions  les  plus  disparates. 

Pour  nous,  qui  ne  voulons  simplement,  dans  cet  arti- 
cle, que  faire  connaître  les  Férussacies  de  l'Algérie,  nous 
ne  discuterons  point  ces  opinions  ;  mais  nous  dirons  seu- 
lement que,  d'après  les  recherches  scientifiques  auxquelles 
nous  venons  de  nous  livrer,  ces  mollusques  doivent  con- 
stituer un  genre  à  part  voisin  des  véritables  Agathines  et 
Caecilianelles  ;  enfin ,  que  le  seul  vocable  générique  à 
adopter  est  celui  que  Risso  créa,  en  1826,  sous  le  vocable 
Fcrussacia  (2). 

di  Nous -môme,  nous  avons  décrit  dernièrement  une  Fcrussacia 
sous  l'appellation  générique  de  Glandina. 

{2)  Uist.  nat.  Kurop.  mérid.,  t.  IV,  p.  80,  lig.  27.  1826.  (Non  Fe- 
russacia,  Lenfroy,  1828;  —  nec  Ferussina,  Grateloup,  1S27.) 

Risso  a  encore  établi  Joe.  cit.,  p.  79  et  81)  les  genres  Cochlicnpa 


328     rev.  et  mag.  de  zoologie.   (Juillet  1856.) 

Les  Férussacies  de  l'Algérie  ont  été  encore  bien  peu 
étudiées  jusqu'à  ce  jour  ;  il  n'y  a  guère  que  notre  savant 
ami  M.  Arthur  Morelet  qui  ait  examiné  avec  soin  ce  petit 
groupe  de  coquilles. 

Quant  à  nous,  si  nous  pouvons  présenter  en  ce  moment 
un  travail  plus  complet,  c'est  grâce  à  la  gracieuse  obli- 
geance de  M.  Brondel,  qui  a  bien  voulu  mettre  à  notre 
disposition  les  espèces  de  sa  riche  collection. 

Ferussacia  procerula. 

Glandina  procerula,  Morelet,  Test.  nov.  Alger.,  in  Journ. 
de  conch.,  p.  357,  tab.  ix,  f.  12.  1851. 

Testa  fusiformi-elongata,  obesa,  solidula,  laevigata,  vel  substriata, 
nitida,  fulva  ;  spira  elongato-conica  ;  apice  obtusiusculo  ;  anfractibus 
7  vix  convexiusculis;  sutura  corneo-pallidiore,  superfiriali-duplicata, 
separatis;  supremis  regulariter  crescentibus  ;  quintano  paululum 
celeriter  accrescente ;  ultimo  dimidiam  longitudinis  non  aequante, 
apertura  oblouga,  peristomate  acuto,  simplice ,  recto;  columella 
recta,  contorta,  bicallosa,  vixtruncata;  margine  externe- vix  arcuato; 
marginibus  callo  junctis. 

Coquille  obèse,  fusiforme,  allongée,  solide,  lisse  ou  à 
peine  striée,  brillante,  d'une  couleur  fauve.  Spire  conique, 
allongée,  à  sommet  un  peu  obtus.  Sept  tours  de  spire  un 
peu  convexes,  séparés  par  une  suture  superficielle  d'une 
teinte  plus  pâle,  et  entourée  inférieurement  d'une  seconde 
ligne  imitant  une  rainure  suturale.  Les  premiers  tours  de 
spire  s'accroissent  avec  régularité;  ce  n'est  qu'au  cin- 


et  Vedantius.  —  Le  premier  a  pour  type  ÏHeliœ  subcylindrica  de 
Linnaeus;  le  second,  la  Ferussacia  folliculus  à  l'état  non  adulte. 

Observation.  —  Le  genre  Cochlicopa  de  Risso  ,  quoique  antérieur 
à  celui  de  Ferussacia ,  ne  peut  être  adopté,  parce  qu'il  formerait 
double  emploi  avec  celui  de  Cochlicopa  de  Férussac.  Cette  appella- 
tion générique  doit,  en  effet,  remplacer  désormais  celle  de  Priamus, 
créée  par  Beck,  en  1837,  pour  des  coquilles  marines  classées  à  tort 
parmi  les  Agathines. 


TRAVAUX    INÉDITS.  329 

quième  tour  que  la  spire  commence  à  prendre  plus  de 
développement;  le  dernier  tour  n'égale  jamais  la  moitié 
de  la  hauteur  totale.  Ouverture  oblongue,  fortement 
échancrée,  à  péristome  simple,  droit  et  aigu.  Columelle 
droite,  à  peine  tronquée,  offrant  deux  petites  inflexions 
tuberculeuses  dues  à  sa  contorsion.  Bord  externe  à  peine 
arqué.  Bords  marginaux  réunis  par  une  callosité. 

Long.,  13  mill.  —  Diam.,  5  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
6  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  3  mill. 

Habite,  en  Algérie,  les  environs  de  la  Calle.  (Morelet, 
Brondel.) 

L'honorable  M.  A.  Morelet  (Note  sur  la  Gl.  procerula,  in 
Journ.  de  Conch.,  p.  274,  sept.  1852)  dit  qu'il  a  reconnu, 
chez  la  procerula,  une  petite  lamelle  aperturale  située  sur 
la  convexité  de  l'avant-dernier  tour.  Nous  avons  examiné 
avec  le  plus  grand  soin  toutes  nos  procerula,  et  nous  de- 
vons avouer  que  nous  n'avons  rien  découvert,  si  ce  n'est 
une  petite  inflexion  à  peine  sensible  et  qui  ne  mérite  pas 
la  peine  d'être  mentionnée.  —  Le  gavant  Arthur  Morelet 
n'aurait-il  point  confondu,  dans  son  procerula,  deux  es- 
pèces distinctes,  c'est-à-dire  son  procerula  et  notre  eremio- 
phila  ? 

Ferussacia  eremiophila. 

Testa  fusiforrai-eloDgata,  solidula,  lœvigata,  vel  substriata,  nitide 
corneo-lutescente;  spira  elongato-conica,  apice  obtusiusculo;  anfrac- 
tibus  7  convexiusculis,  sutura  corneo-pallidiore,  marginata,  separa- 
tis,  regularitcr  crescentibus  ;  ultirao  diniidiam  longitudinis  non 
aequantc  ;  apertura  oblonga,  in  ruedio  ventre  penultimi  unicallosa  ; 
pcrislomate  recto,  acuto,  simplice;  columella  recta  vix  contorta  ac 
callosa;  margine  externo  vix  arcuato;  marginibus  callo  sat  valido 
junctis. 

Coquille  tusiforme,  allongée,  solide,  lisse  ou  à  peine 
striée,  brillante,  d'une  couleur  cornée  jaunâtre.  Spire 
allongée,  conique,  à  sommet  un  peu  obtus.  Sept  tours  un 
peu  convexes,  s'accroissant  régulièrement,  et  séparés  par 
une  suture  marginée  d'une  teinte  cornée  plus  pâle.  Der- 


330      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

nier  tour  n'égalant  jamais  la  moitié  de  la  hauteur  totale. 
Ouverture  oblongue ,  à  péristome  simple ,  droit ,  aigu ,  et 
offrant  sur  la  convexité  de  l'avant- dernier  tour  une  callo- 
sité blanchâtre,  profondément  enfoncée.  Columelle  droite, 
à  peine  contournée,  non  tronquée  et  munie  seulement,  à 
sa  partie  supérieure,  d'une  petite  inflexion  tuberculeuse 
due  à  sa  contorsion.  Bord  externe  à  peine  arqué.  Bords 
marginaux  réunis  par  une  callosité  assez  forte. 

Long.,  13  mill.  —  Diam.,  4  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
5  1/4  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  3  mill. 

Cette  espèce  habite  les  environs  de  Constantine,  de 
Bône,  en  Algérie.  —  Assez:  rare.  (L.  Raymond,  Brondel.) 

La  Ferussacia  eremiophila  ne  peut  être  confondue  qu'avec 
la  procerula  de  notre  savant  ami  M.  Arthur  Morelet. 

On  distinguera  Yeremiophila  de  la  procerula  à  sa  spire 
plus  allongée  et  moins  obèse;  à  ses  tours,  qui  s'accroissent 
régulièrement,  ce  qui  n'a  jamais  lieu  chez  la  procerula;  à 
son  ouverture,  munie  d'une  forte  dent  blanchâtre  analogue 
à  celle  que  l'on  remarque  chez  la  tamellifera;  à  sa  colu- 
melle très-peu  contournée  et  ne  possédant  qu'une  seule  in- 
flexion supérieure  tuberculeuse,  tandis  que  la  procerula  en 
possède  deux,  ce  qui  rend  la  columelle  de  cette  espèce  un 
peu  tronquée  à  la  base. 


Ferussacia  lamellifera. 

Glandina  lamellifera,  Morelet,  Test.  nov.  Alger.,  in  Journ. 
de  Conch.,  p.  358,  pi.  ix,  f.  13.  1851. 

Testa  fusiformi-elongata,  solidula,  laevigata,  pellucida,  corneo- 
lutesceote;  spira  elongato-couica  ;  apice  acutiusculo;  anfractibus 
7  convexiusculis,  sulura  corneo-pallidiore,  obscure  superficiali-dupli- 
cata,  separatis  ;  supremis  lente  ac  regulariter  crescentibus,  quintano 
paululum  magis  accresceute,  ultimo  dimidiam  longitudinis  non 
œquante;  apertura  oblonga,  in  médit  penultimi  veutre  albido-uni- 
callosa  ;  peristomate  recto,  acuto,  simplice  ;  coluraella  contorta  bi- 


TRAVAUX   INÉDITS.  331 

callosa  ac  ad  basim  sicut  truncata  ;  margine  externo  sat  arcuato  ; 
marginibus  valido  callo  junctis. 

Coquille  fusiforme,  allongée,  solide,  lisse,  pellucide, 
d'une  couleur  cornée  jaunâtre.  Spire  allongée,  conique,  à 
sommet  un  peu  aigu.  Sept  tours  à  peine  convexes,  séparés 
par  une  suture  superficielle,  munie  inférieurement  d'une 
ligne  peu  visible  imitant  une  rainure  suturale.  Les  pre- 
miers tours  croissent  lentement  et  avec  régularité;  ce 
n'est  qu'au  cinquième  tour  que  la  spire  commence  à 
prendre  plus  de  développement.  Le  dernier  tour  n'égale 
jamais  la  moitié  de  la  hauteur  totale.  Ouverture  oblongue, 
offrant,  sur  la  convexité  de  l'avant-dernier  tour,  une  cal- 
losité blanchâtre,  saillante  et  fortement  enfoncée.  Péri- 
stome  simple,  droit  et  aigu.  Columelle  droite,  contournée, 
offrant  deux  inflexions  tuberculeuses  assez  fortes ,  surtout 
celle  qui  est  supérieure.  Bord  externe  assez  arqué.  Bords 
marginaux  réunis  par  une  callosité  assez  épaisse. 

Long.,  13  mill.  —  Diam.,  4  mill.  1/2.  —  Haut,  de  l'ou- 
vert., 6  mill;  —  Larg.  de  l'ouvert.,  3  mill. 

Habite  communément  aux  environs  de  Bône  (Morelet , 
Brondel),  de  Constantine  (L.  Raymond). 

Ferussacia  sciaphila. 

Testa  fusiformi,  nitidissima,  pellucida,  levigata,  succineo-auran- 
tia  ;  spira  conica,  attenuata  ;  apice  acuto  ;  anfractibus  7  planiusculis, 
sutura  corneo-pallidiore,  superh'ciali-duplicala,  separatis;  supremis 
parvulis,  lente  crescentibus  ;  quintano  sinistre  convexo  ac  subito 
mavime  accrescente;  ultimo  dimidiam  longitudinis  non  aequante; 
apertura  oblonga,  in  ventre  penultimi  albido -callosa  ;  peristomate 
acuto,  simplice,  recto  ;  columella  recta,  contorta  ac  bicallosa ,  mar- 
ginc  externo  maxime  arcuata  ;  marginibus  callo  sat  valido  junctis. 

Coquille  fusiforme,  polie,  lisse,  transparente,  et  offrant 
une  surface  ornée  d'une  teinte  orangée  des  plus  brillantes. 
Spire  atténuée,  en  forme  de  cône,  à  sommet  aigu.  Tours 
au  nombre  de  sept,  presque  plans,  séparés  par  une  su- 
ture superficielle  entourée  d'une  seconde  rainure  suturale 


332       REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  (Juillet  1856.) 

inférieure.  Les  quatre  premiers  tours  sont  petits  et  s'ac- 
croissent avec  beaucoup  de  régularité  ;  mais,  au  cinquième 
tour,  la  spire  prend  un  tel  développement  que  la  suture, 
en  descendant  trop  bas ,  donne  à  ce  tour  une  apparence 
convexe  toute  particulière.  Le  dernier  tour  n'égale  jamais 
la  moitié  de  la  hauteur  totale.  Ouverture  oblongue,  of- 
frant, sur  la  convexité  de  l' avant-dernier  tour,  une  callo- 
sité blanchâtre,  saillante  et  fortement  enfoncée.  Péristome 
simple,  droit  et  aigu.  Columelle  droite,  tordue  et  présen- 
tant, pour  ce  motif,  deux  petites  inflexions  tuberculeuses 
semblables  à  celles  que  l'on  remarque  sur  la  columelle  du 
lamellifera.  Bord  extrême  fortement  arqué.  Bords  margi- 
naux réunis  par  une  callosité  assez  saillante. 

Long.,  11  mill.  —  Diam.,  4  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
5  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  2  mill. 

Habite  les  environs  de  Bône,  en  Algérie  (Brondel). 

Cette  espèce  ne  peut  être  confondue,  à  cause  de  son 
ouverture,  qu'avec  la  Ferussacia  lamellifera;  mais  on  l'en 
distinguera  facilement  à  sa  taille  plus  grêle,  plus  élancée  ; 
à  sa  spire  atténuée,  plus  courte  ;  à  son  test  plus  poli ,  plus 
brillant,  orné  d'une  riche  teinte  orangée,  mais  surtout  à 
ses  tours  de  spire,  qui  n'offrent  dans  leur  développement 
aucune  régularité  ;  enfin  à  son  bord  externe  plus  arqué. 

Ferussacia  ennychia. 

Testa  gracili,  eylindracea,  pellucida;  diaphana,  laevigata,  polita, 
nitidissime  fulvo-luteola  ;  spira  attenuata,  conica;  apice  acuto;  an- 
fractibus  6  planatis,  sutura  cornco-pallidiore,  superficiali-duplicata, 
separatis;  supremis  minutis,  lente  ac  regulariter  crescentibus;  tertio 
maxime  subito  accrescente,  ac  sinistre  gibboso  ;  ultimo  dimidiam 
longitudinis  non  «3quante  ;  apertura  ovato-oblonga  ;  peristomate  sim- 
plice,  acuto,  recto;  columella  recta,  vu  contorta  ac  ilexuosa;  mar- 
gine  externo  paululum  arcuato  ;  marginibus  tcuui  callo  juuctis. 

Coquille  grêle,  cylindracée,  transparente,  diaphane, 
lisse,  polie,  d'une  couleur  fauve  jaunâtre  très-brillante. 
Spire  atténuée,  conique,  à  sommet  aigu.  Six  tours  plans, 


TRAVAUX     INÉDITS.  333 

séparés  par  une  suture  superficielle  d'une  teinte  plus  pâle, 
'entourée  d'une  seconde  ligne  suturale.  Premiers  tours 
petits,  s'accroissant  avec  régularité  ;  ce  n'est  qu'à  partir 
du  troisième  tour  que  la  spire  prend  subitement  un  déve- 
loppement excessif,  ce  qui  donne  à  ce  tour  une  apparence 
gibbeuse  très-prononcée.  Dernier  tour  n'égalant  jamais  la 
moitié  de  la  hauteur  totale.  Ouverture  ovale,  allongée,  à 
péristome  simple,  droit  et  tranchant.  Columelle  droite, 
peu  contournée  et  à  peine  flexueuse.  Bord  externe  un  peu 
arqué.  Bords  marginaux  réunis  par  une  faible  callosité. 

Long.,  9  mill.  — Diam.,  3  mill.  — Haut,  de  l'ouvert., 
4  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  2  mill. 

Habite  les  environs  de  Bône,  en  Algérie  (Brondel). 

La  Ferussacia  ennychia  ne  peut  être  confondue  qu'avec 
la  sciaphila;  mais  on  distinguera  cette  espèce  de  cette 
dernière  à  sa  taille  plus  petite,  plus  grêle,  plus  cylindri- 
que, etc.;  à  son  sommet  plus  atténué,  plus  aigu;  surtout 
à  son  ouverture  plus  ovale ,  qui  ne  possède  aucune  denti- 
culation  ;  à  sa  columelle  non  flexueuse  et  à  peine  con- 
tournée, etc. 

Ferussacia   Vescoi. 

Glandina  Vescoi,  Bourguignat,  Amén.  malac,  in  Rev.  et 
Mag.  de  zool.,  p.  67,  1856;  et  (tirage  à  part),  p.  150, 
§  XLI,pl.  xv,  f.  2-4.  1856. 

Cette  espèce ,  que  nous  venons  de  décrire  au  commen- 
cement de  cette  année,  a  toujours  été  confondue  avec  la 
folliculus,  et  cela  bien  à  tort. 

La  Ferussacia  (Hélix)  folliculus  de  Gronovius  (Zooph., 
fasc.  3,  p.  296,  t.  XIX,  f.  15,  16.  1781)  est  une  espèce  qui 
habite  le  nord  de  l'Espagne  et  de  l'Italie  et  le  midi  de  la 
France;  nous  ne  la  connaissons  point  de  Sicile  ni  d'Algé- 
rie, où  elle  se  trouve  remplacée  par  la  Vescoi. 

M.  l'abbé  Dupuy  (Hist.  Moll.  France,  p.  333,  tab.  xv, 
f.  10,  déc.  1850)  a  donné  une  fort  bonne  description  et 
une  figure  très  exacte  de  la  folliculus.  Aussi  renvoyons- 


334       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Mille t  1856.) 

nous  les  conchyliologues  à  l'ouvrage  de  cet  honorable  au- 
teur pour  en  connaître  les  caractères  spécifiques. 

Quant  à  notre  espèce  Vescoi,  que  nous  avons  séparée  de 
cette  coquille,  on  l'en  distinguera  à  son  sommet  plus  ob- 
tus; à  sa  spire  s'accroissant  d'abord  régulièrement,  puis 
prenant,  à  partir  du  troisième  tour,  un  développement 
plus  grand  ;  à  sa  suture  superficielle  nettement  entourée 
d'une  seconde  rainure  suturale  ;  à  sa  columelle  plus  forte, 
plus  tordue,  et  offrant  intérieurement  une  inflexion  tu- 
berculeuse plus  saillante,  etc. 

La  Ferussacia  Vescoi  peut  encore  être  rapprochée  de 
Yennychia;  mais  on  l'en  séparera  à  son  sommet  obtus,  et 
non  atténué  et  aigu  ;  à  la  spire  obèse-allongée  et  non  cylin- 
dracée  ;  à  son  bord  externe  plus  arqué  ;  à  ses  tours  plus 
convexes ,  et  surtout  à  sa  spire  ,  qui ,  tout  en  n'étant  pas 
régulière,  n'offre  point  le  développement  insolite  de  celle 
de  Yennijchia. 

La  Ferussacia  Vescoi,  que  nous  connaissons  de  Malte, 
de  Sicile  et  d'Italie,  habite,  en  Algérie,  les  environs  d'Al- 
ger, de  Mostaghanem  (Brondel),  d'Oran,  de  Mazagran,  de 
Tlemcen,  de  Constantine,  etc.. 

Ferussacia  Forresii. 

Achatima  nitidissima  (1),  Forbes,  in  :  Jard.  ann.,  t.  II, 

p.  253,  tab.  xii,  f.  2.  1838. 
Glandina  nitidissima,   Kiister,  Conch.  cab.  (2e  édit.  ), 

G.  Gland,  pi.  xvm,  f.  20-21. 
Achatina  nitidissima,  L,  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  t.  II, 

p.  284.  1848. 
Glandina  nitidissima,  Morelet,  Cat.  Moll.  Alg.,  in  Journ. 

de  Conch.,  p.  292.  1853. 

Cette  Férussacie  doit  être  une  espèce  très-rare,  car, 

(1)  Non  Achatiua  {Bulimus)  nitidissima,  de  Krynicki,  in  Bull.  Soc. 
Moscou,  t.  VI,  p.  420,  1833;  et  de  /,.  Pfeiffer,  Syrab.,  t.  II,  p.  134, 
1842,  qui  est  une  espèce  différente. 


TRAVAUX    INEDITS.  335 

sauf  Forbes,  qui  en  a  fait  la  découverte,  il  n'existe  pas, 
que  nous  ne  sachions,  une  seule  personne  qui,  depuis,  ait 
pu  la  rencontrer.  Nous-mème,  nous  ne  l'avons  jamais 

vue(l). 

Kùster,  qui  a  dû  la  recevoir  de  Forbes ,  a  donné ,  dans 
la  seconde  édition  de  Chemnitz,  une  représentation  assez 
mauvaise  de  cette  espèce.  Malgré  tout,  cela  est  heureux, 
car,  si  nous  avions  été  obligé  de  nous  baser  sur  la  misé- 
rable description  et  sur  la  pitoyable  figure  fournies  par 
l'auteur  anglais,  nous  aurions  été  assez  embarrassé. 

Voici,  d'après  la  figure  du  savant  Kûster,  les  caractères 
que  l'on  peut  attribuer  à  cette  coquille  : 

Testa  parvula,  cylindracea,pellucida,  laevissima,  nitidissima,  cor- 
neo-lutesccnte;  apice  obtuso;  anfractibus  5  convexiusculis,  satregu- 
lariter  cresccntibus,  sutura  superflciali  separatis  ;  ultimo  dimidiara 
lougitudinis  non  œquaute  ;  apertura  oblonga;  peristomate  acuto, 
recto,  simplice;  columella  recta,  vix  contorta;  marginibus  callo 
junrtis. 

Coquille  petite,  cylindracée,  très-lisse,  brillante,  trans- 
parente, polie,  d'un  jaune  corné.  Sommet  obtus.  Cinq 
tours  de  spire  un  peu  convexes,  s'accroissant  assez  régu- 
lièrement, séparés  par  une  suture  peu  sensible  ;  dernier 
tour  n'égalant  point  la  moitié  de  la  hauteur.  Ouverture 
oblongue,  à  péristome  simple,  droit  et  aigu.  Columelle 
droite,  à  peine  contournée  et  de  faible  taille.  Bords  mar- 
ginaux réunis  par  une  callosité. 

Long.,  8  mill.  — piam.,  4  mill. 

Malgré  ces  caractères  un  peu  vagues  que  nous  venons 
de  donner,  il  est  permis,  avec  eux,  de  distinguer  désor- 
mais cette  espèce  de  celles  qui  lui  sont  voisines,  telles  que, 
par  exemple,  la  Vescoi  et  la  debilù. 

On  séparera  la  Ferussacîa  Forbesii  de  la  Vescoi  à  sa  co- 
lumelle plus  faible,  moins  contournée;  à  sa  suture,  qui 

[i)  L.  Pfeiffcr  et  Arth.  Morelet  ne  connaissent  également  pas  cette 
espèce;  ils  l'ont  citée  d'après  Forbe#. 


336       rev.  et  mag.  de  zologie.  (Juillet  1856.) 

est  simple  ;  à  ses  tours  de  spire ,  qui  s'accroissent  assez 
régulièrement,  ce  qui  n'a  jamais  lieu  chez  la  Vescoi. 

On  distinguera  la  Forbesii  de  la  debilis  à  son  sommet 
obtus  et  non  aigu  ;  à  sa  suture,  qui  est  simple  ;  à  son  der- 
nier tour,  moins  dilaté;  à  l'accroissement  de  sa  spire,  qui 
est  plus  régulière  ;  à  son  ouverture,  moins  oblongue,  etc. 

Cette  Ferussacia,  que  nous  dédions  à  son  inventeur  sous 
l'appellation  de  Forbesii ,  a  été  trouvée  dans  les  environs 
d'Alger. 

Nous  avons  été  obligé  de  changer  le  nom  de  nitidissima 
imposé  à  cette  coquille,  parce  que  Krynicki,  en  1833, 
avait  déjà  attribué  cette  même  dénomination  à  une  espèce 
de  la  Crimée  toute  différente  de  celle-ci. 

Ferussacia  derilis. 

Glandina  debilis,  Morelet,  in  Journ.  de  Conch.,  p.  416, 
tab.  xii,  f.  6  (1).  1852. 

Testa  parvula,  subfusiformi,  diaphana,  polita,  laevi,  nitidissime 
corneo-fulva  ;  spira  brevi,  attenuata;  apice  acuto;  anfractibus  6  con- 
vexiusculis,  sutura  superficiali-duplicata,  separatis;  ultimo  dirai - 
diam  longitudinis,  œquante  vel  paululum  superaote;  apertura  piri- 
formi;  peristomate  acuto,  simplice,  recto;  columella  brevi,  vix 
contorta,  ad  basim  non  attingente  ,  margine  externo  sat  arcuata  ; 
marginibus  tenui  callo  junctis. 

Coquille  de  faible  taille,  subfusiforme,  diaphane,  polie, 
lisse ,  brillante  (2) ,  d'une  couleur  fauve  cornée.  Spire 
courte,  atténuée,  à  sommet  aigu.  Six  tours  de  spire  un 
peu  convexes,  séparés  par  une  suture  superficielle,  en- 
tourée d'une  seconde  rainure  suturale.  Les  trois  premiers 
tours  croissent  lentement  et  avec  régularité  ;  ce  n'est  qu'au 
troisième  tour  que  la  spire  commence  à  prendre  un  déve- 
loppement plus  grand,  développement  qui  devient  très- 

(1)  Fig.  pessima. 

(2)  M.  Morelet  (loc.  sup.  cit.)  dit  que  cette  espèce  a  un  test  duoe 
couleur  d'un  fauve  terne. 


TRAVAUX     INÉDITS.  337 

considérable  à  l' avant-dernier  tour;  quant  au  dernier,  il 
égale  ou  même  surpasse  un  peu  la  moitié  de  la  hauteur 
totale.  Ouverture  piriforme,  à  péristome  simple,  droit  et 
aigu.  Columelle  droite,  courte,  à  peine  contournée  et 
n'atteignant  point  la  base  de  l'ouverture.  Bord  externe 
assez  arqué.  Bords  marginaux  réunis  par  une  faible  cal- 
losité. 

Long.,  7  mill.  —  Diam.,  3  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
3  1/2  à  4  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  2  mill. 

Espèce  rare.  —  Habite  les  environs  de  Philippeville 
(Morelet),  les  environs  d'Hippone  (Brondel). 

La  debilis  ne  peut  être  rapprochée  que  de  la  Vescoi. 

On  séparera  la  debilis  de  la  Vescoi  à  sa  taille  plus  petite  ; 
à  son  sommet  aigu  et  non  obtus;  à  ses  tours  de  spire,  qui 
s'accroissent  avec  plus  de  régularité  ;  à  sa  columelle , 
moins  forte ,  moins  contournée  ;  à  son  dernier  tour,  plus 
dilaté,  etc. 

Ferussacia  scaptoria. 

Testa  parvula,  fragillima,  diaphana,  polita,  laevi,  pallide  eornea  ; 
spira  brevi;  apice  acuto;  anfractibus  6  vix  convexiusculis,  sutura 
supcrficiali-duplicata  separatis;  ultimo  dimidiam  lon^itudinis  supe- 
rante;  apertura  elongato-piriformi ,  peristomate  simplice ,  acuto, 
recto;  coluniella  recta,  vix  contorta,  ad  basim  aperturœ  non  attiu- 
gente,  margine  exteruo  vix  arcuata;  marginibus  teuuissimo  callo 
juuctis. 

Coquille  très-petite,  d'une  extrême  fragilité,  diaphane, 
lisse ,  polie ,  d'une  couleur  cornée  terne.  Spire  courte ,  à 
sommet  aigu.  Six  tours  à  peine  convexes,  séparés  par  une 
suture  superficielle,  entourée  d'une  seconde  rainure  sutu- 
rais. Ouverture  piriforme,  très-allongée,  à  péristome 
simple,  aigu,  droit,  très-fragile.  Columelle  de  faible  taille, 
à  peine  contournée  et  n'atteignant  point  la  base  de  l'ou- 
verture. Bord  externe  à  peine  arqué.  Bords  marginaux 
réunis  par  une  callosité  à  peine  visible. 

Long.,  G  mill. — Diam.,  2  mill.  1/2.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
3  mill.  1/2.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  2  mill. 

2e  skrib.  t.  vhi.  Année  1856.  22 


338       rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

Gette  espèce  habite  les  environs  de  Constantine  (Ray- 
mond, Brondel). 

La  Ferussacia  scaptobia  ne  peut  être  confondue  qu'avec 
la  debilis. 

On  distinguera  notre  scaptobia  de  la  debilis  à  sa  taille 
plus  petite  ;  à  son  test  plus  fragile,  moins  brillant  ;  à  sa 
spire  plus  courte ,  à  son  ouverture  plus  allongée ,  à  ses 
tours  de  spire  moins  convexes,  etc. 

Ferussacia  Terverii. 

Achatina  folliculus  (  pars  ) ,  Michaud  ,  Cat.  test.  d'Alg. 

(Extr.  des  Mém.  Soc.  Hist.  nat.  de  Strasbourg,  t.  Ier), 

p.  9.  1830. 
—    —    (variété),  Terver,  Cat.  Moll.  du  nord  de  l'Afrique, 

p.  31,  pi.  iv,  f.  16-17.  1839. 

Les  conchyliologues  ne  sont  point  d'accord  sur  l'appel- 
lation à  attribuer  à  cette  espèce. 

Michaud  la  considère  comme  une  variété  singulière  de 
la  folliculus. 

Terver  (tout  en  la  faisant  figurer  sous  le  nom  d'Ach ut. 
folliculus,  variété)  dit  qu'elle  diffère  entièrement  de  cette 
coquille,  mais  qu'elle  se  rapporte  parfaitement  à  X Acha- 
tina vitrea  de  Webb. 

L.  Pfeiffer,  de  son  côté  (Mon.  Hel.  viv.,  t.  II,  p.  274. 
1848),  la  place  avec  un  point  de  doute  parmi  les  synony- 
mes de  la  Cœcilianella  [Achatina)  Hohenwarti ,  de  Hoss- 
massler. 

Pour  nous,  nous  pensons  que  cette  coquille  n'est  ni  une 
folliculus,  ni  une  vitrea,  et  encore  moins  une  Hohenwarti, 
mais  bien  une  espèce  distincte. 

Testa  parvula,  cylindracea,  nitidissima,  diaphana,  polita,  pallide 
cornca;  apice  obtusiusculo  ;  anfractibus  6  convexiusculis,  sutura  sat 
impressa  separatis;  superioribus  4  regulariter  crescentibus  ;  penul- 
timo  maguo  ;  ultimo  1/3  longitudinis  superante;  apertura  ovato-piri- 
formi,  peristomate  paululum  albidulo-iucrassato,  acuto,  recto  ;  colu- 


TRAVAUX     INKDITS.  339 

niella  simplicc,  non  eoutorta;  marine  exteriore  arcuato;  marginibus 
tenuissimo  callo  juuctis. 

Coquille  petite,  cylindrique,  brillante,  diaphane,  polie, 
d'une  couleur  d'un  jaune  peu  foncé.  Sommet  un  peu  ob- 
tus, à  spire  s'accroissant  régulièrement.  Six  tours  un  peu 
convexes,  séparés  par  une  suture  nettement  prononcée 
et  non  marginée  ;  l'avant-dernier  tour  est  très-deve- 
loppé  ;  quant  au  dernier,  il  surpasse  le  tiers  de  la  hauteur 
totale.  Ouverture  ovale  piriforme,  h  péristome  aigu,  droit, 
malgré  tout  un  peu  épaissi  par  un  faible  bourrelet  d'une 
teinte  plus  claire.  Columelïe  non  contournée,  par  consé- 
quent n'offrant  à  la  base  aucune  apparence  de  troncature. 
Bord  extérieur  arqué.  Bords  marginaux  réunis  par  une 
faible  callosité. 

Long.,  7  mill.  —  Diam.,  2  1/2  mill.  —  Haut,  de  l'ou- 
vert., 2  mill.  1/2.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  1  mil.  1/4. 

Habite  les  environs  d'Alger  et  d'Oran. 

La  Ferussacia  Terverii  ne  peut  être  confondue  qu'avec 
la  Ferussacia  vitrea  (1). 

Mais  on  distinguera  notre  espèce  de  cette  dernière  à  sa 
forme  plus  obèse  et  moins  élancée,  à  sa  bouche  moins 
arrondie,  à  ses  premiers  tours  de  spire  s'accroissant  moins 
vite  et  plus  régulièrement,  à  sa  couleur  cornée  et  non 
d'un  blanc  vitré,  etc. 

Ferussacia  subcylindrica. 

Hélix  subcylindrica  (2),  Linnœus,  Syst.  nat.  (12e  édit.), 

p.  1248.  1767. 
Hélix  lubrica,  Mùller>  Verm.  Hist.,  t.  II,  p.  104.  1774. 

Nous  ne  donnons  point  la  synonymie  de  cette  espèce  , 

(1ï  Achatina  vitrea,  Webb  et  Berlhelol,  Synops.,  n°  2,  1833,  et  Bu- 
limus  vilreus,  Aie.  iVorbigny,  Moll.  Canaries,  p.  72,  pi.  n,   f.  28, 

is:m. 
(2)  Non  Hélix  subcylindrica,  de  Montagu,  1803. 


340       REV.  ET  MAG.  DE  zoologie.  (Juillet  1856.) 

si  connue  de  tous  les  naturalistes  européens,  car  nous  ne 
pourrions  que  répéter  celle  des  savants  ouvrages  de  Lud. 
Pfeiffer,  de  Dupuy  et  de  M.  Moquin-Tandon. 

Quant  à  la  description  de  cette  coquille,  nous  n'en  four- 
nirons point  également  les  caractères,  puisque  ces  hono- 
rables auteurs  l'ont  parfaitement  décrite.  Nous  dirons 
seulement  que  nous  connaissons  cette  Férussacie  des  en- 
virons d'Alger  et  d'Oran,  et  que  les  échantillons  que  nous 
avons  examinés  ne  diffèrent  de  ceux  d'Europe  que  par 
une  taille  un  peu  plus  forte  et  des  tours  de  spire  un  peu 
plus  convexes. 


Description  de  longicornes  nouveaux  du  vieux  Calabar, 
côte  occidentale  d'Afrique;  par  M.  A.  Chevrolat. 
(Suite.  —Voir  1855,  p.  183,  282,  513.) 

44.  Pachydissus  femorellus  obscuro-cinereus,  capite  ovato,  pilis 
brevibusaureisanticeposticequeinduto;versusthoracemmiuutissime 
tuberculato,  sulco  longitudinali  in  fronte  valde  impresso;  palpis, 
mandibulis,  labio,  clypeo  primoque  articulo  antennarum  (yalido, 
clavato  scabro  sulcatoque)  nigris;  oculis  subcontiguis,  amplis,  supra 
profonde  emarginatis  ;  antennis  corpore  vix  longioribus,  articulis 
elongatis  5-10  ad  apicem  subangulatis  ;  thorace  rotundato,  antice 
posticeque  constricto,  transversim  grosse  plicato  pilis  aureis  dense 
vestito  sed  in  parte  dorsali  nigro  (ad  latus  anterius  cum  tuberculo 
magno),  scutello  triangulari  ;  elytris  punctulatis  ad  humerum  rec- 
taogule  subrotundatis ,  ad  apicem  oblique  truncatis.  Spina  suturali 
acuta.  Femoribus  cinereo-ferrugineis,  longitudine  costulatis.  — 
Long.,  17  mill.;  lat.,  5  mill. 

11  est  brun  et  couvert  d'une  pubescence  courte  cendrée. 
Tête  forte,  arrondie,  très- sillonnée  en  dessus;  yeux  très- 
saillants,  réticulés,  noirs,  fortement  échancrés  en  dessus  et 
presque  contigus.  Palpes,  mandibules,  lèvre  et  chaperon 
noirs.  Antennes  à  peine  plus  longues  que  le  corps,  à  pre- 
mier article  épais,  en  massue,  ponctué,  sillonné  et  noirâ- 
tre, suivants  allongés,  5-10  un  peu  anguleux  au  sommet. 
Corselet  arrondi,  étranglé  en  avant  et  en  arrière,  couvert 
de  gros  plis  courts  et  transvers  et  d'un  duvet  épars  doré 


t 


TRAVAUX    INÉDITS.  341 

avec  le  disque  noir;  près  du  bord  antérieur,  sur  le  côté, 
est  un  gros  tubercule,  et  en  arrière  un  autre  plus  petit,  qui 
est  éloigné  du  bord;  un  sillon  longitudinal  les  relie  entre 
eux.  Écusson  triangulaire  noirâtre.  Elytres  planes,  paral- 
lèles, de  la  largeur  du  corselet,  tronquées  au  sommet,  avec 
chacune  deux  épines  ;  celle  suturale  longue  :  leur  surface 
est  finement  pointillée,  ruguleuse,  obscure  pour  le  fond, 
et  d'un  cendré  légèrement  changeant.  Pattes  moyennes; 
cuisses  ferrugineuses  et  faiblement  carénées  sur  le  bord  in- 
férieur. Corps  noirâtre ,  cinq  segments  abdominaux.  Fe- 
melle. —  De  la  collection  de  M.  Andrew  Murray. 

45.  Callichroma  calcaratum  affine  Callich.  albitarsi,  F.,  attamen 
latius  et  brevius,  viridi-laetum  nitidiore  in  margiuibus  thoracis  su- 
turaque;  palpis,  antennis  pedibusque  ferrugiueis,  femoribus  infra 
emarginatim  calcaratis  et  abrupte  clavatis,  posticis  elongatis  ;  capite 
punctato,  longitudine  sulcato  ;  thorace  transversim  plicato,  angulose 
dentato;  écutello  acutissimo;  elytris  creberrime  rugulosis;  corpore 
infra  viridi,  segmentis  abdominalibus  infra  anguste  fuscis.  —  Long., 
25  mill.;  lat.,  7  1/2  mill. 

Voisin  du  Callichroma  albitarse,  mais  plus  court  et  pro- 
portionnellement plus  large  aux  épaules,  d'un  vert  plus 
ou  moins  tendre  et  brillant,  obscur  sur  la  marge  des  ély~ 
très  et  plus  éclatant  sur  la  suture,  l'écusson  et  les  bords  an- 
térieur et  postérieur  du  corselet.  Antennes  et  pattes  ferru- 
gineuses, tarses  plus  pâles.  Tête  étroite,  brillante,  très-net- 
tement ponctuée  en  avant,  très-densement  au  milieu  et  en 
arrière  :  trois  sillons  longitudinaux  en  avant  et  un  autre 
transverse  entre  les  yeux.  Labre  échancré  d'un  ferrugi- 
neux obscur.  Mandibules  allongées,  coniques,  vertes  et  ru- 
goeusement  ponctuées  à  la  base,  noires  et  lisses  vers  le 
boni,  un  peu  sinueuses  sur  le  bord  interne.  Yeux  noirs.  Cor- 
selet aussi  haut  que  large,  droit  et  rebordé  en  avant  et  en 
arrière  avec  un  pli  basai  situé  entre  deux  sillons  transverses, 
lé;  [èiement  convexe  el  aplati  sur  le  disque  et  muni  de  quatre 
tubercules  obtus.  Ce,  disque  est  finement  ruguleux  et  pré- 
sente quelques  rides  transverses  ou  obliques.  Épine  latérale 


342      uev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

forte,  obtuse,  brillante  et  vaguement  ponctuée.  Écusson 
très-aigu.  Ehjtres  d'un  vert  obscur  et  velouté,  très-dense- 
ment  et  finement  ruguleuses,  grossièrement  ridées  et  ponc- 
tuées au-dessous  de  Y  écusson  ;  elles  sont  larges  et  arron- 
dies sur  l'épaule,  et  diminuent  insensiblement  jusqu'au 
sommet  de  la  suture.  Corps,  en  dessous,  d'un  vert  brillant 
avec  pubescence  blanchâtre;  bords  inférieurs  des  seg- 
ments abdominaux  d'un  ferrugineux  obscur.  Femelle.  — 
De  la  collection  de  M.  Andrew  Murray. 

46.  Callichroma  simulatum  praecedenti  simillimum ,  sed  differt 
statura  minore,  antennis  gracilioribus  et  femoribus  clavatis,  sed  non 
dentatis  :  viridi  prasinum ,  capite  ruge  punctato ,  antice  trisulcato  ; 
thorace  vage  punctato  in  dimidia  parte  postica  arcuatim  rugato  acu- 
tiusspinoso;  elytris  rugulosis,  subparallelis  ad  suturam  flavido- 
sericeis.  —  Long.,  20  mill.;  lat.,  5  mill. 

Très-voisin  du  Call.  calearatum  pour  la  coloration,  mais 
plus  petit,  à  antennes  plus  grêles  et  à  cuisses  non  dentées, 
d'un  beau  vert  végétal  tendre.  Tête  plus  fortement  ponc- 
tuée et  d'une  manière  rugueuse  en  avant,  présentant,  trois 
sillons  longitudinaux  et  un  autre  obsolète  entre  les  yeux. 
Mandibules  plus  courtes,  coniques,  vertes  et  ponctuées  à  la 
base,  et  noires  vers  l'extrémité;  la  gauche  est  aiguë  et  re- 
courbée. Palpes,  antennes  (à  premier  article  un  peu  ob- 
scur) et  •pattes  ferrugineux.  Corselet  droit ,  étranglé ,  re- 
bordé et  brillant  sur  les  bords  antérieur  et  postérieur,  avec 
une  petite  carène  basale,  vaguement  ponctué  et  lisse  der- 
rière la  tête  ;  des  rides  cintrées  couvrent  les  deux  tiers  pos- 
térieurs, les  côtés  sont  polis,  un  peu  bleuâtres,  et  l'épine 
latérale,  quoique  assez  robuste,  est  plus  aiguë.  Écusson 
triangulaire,  ponctué  et  doré;  il  offre  au  milieu  un  sillon, 
et  sur  le  devant  deux  petites  dépressions.  Élytrcs  subpa- 
rallèles, arrondies  sur  l'épaule,  et  un  peu  plus  étroitement 
sur  l'extrémité,  finement  ruguleuses  et  longitudinalemeut 
crevassées  par  place,  suture  entièrement  d'un  vert  jaunâtre. 
Les  quatre  cuisses  antérieures  sont  brusquement  renflées, 
et  les  postérieures  longues  et  en  massue.  Corps,  en  dessous, 


S0C1KTÉS   SAVANT KS.  3V3 

d'un  voil  plus  clair  cl  couverl  dune  pubesccncc  blan- 
châtre ;  la  bordure  antérieure  et  postérieure  des  seg- 
ments abdominaux  est  très-étroitement  noirâtre.  Pygidium 
subconique,  noir  et  vert  seulement  à  l'extrémité  Femelle. 
—  Collection  de  M.  Andrew  Murray. 
(La  suite  jirochainement.) 


II.     SOCIÉTÉS     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  30  juin  1856.  —  M.  Brandt,  membre  de 
l'Académie  impériale  des  sciences  de  Saint-Pétersbourg  et 
directeur  du  musée  zoologique  de  l'Académie,  présente 
divers  Mémoires  qu'il  a  publiés  sur  des  questions  d'his- 
toire naturelle  et  en  indique  le  sujet  dans  les  termes  sui- 
vants : 

«  C'est  avec  la  permission  de  M.  le  président  et  de 
MM.  les  secrétaires  que  j'ai  l'honneur  de  présenter  à  l'Aca- 
démie impériale  des  sciences  quelques  Mémoires  récem- 
ment publiés  par  moi. 

«  Ces  Mémoires  se  rapportent  à  trois  catégories  :  les 
uns  sont  réunis  sous  le  titre  général  de  Beitrage;  un 
autre  forme  l'Appendix  d'un  Voyage,  et  un  troisième  con- 
stitue un  ouvrage  à  part. 

«  Sous  le  titre  Beitrage  zur  nahern  Kenntniss  der  Sauge- 
thiere  Jinïnlands,  j'ai  publié 

«  1°  Une  description  zoologique  très  -  détaillée  de  la 
Mai  le  zibeline  {Mustela  zibellina),  d'après  les  exemplaires 
du  Muséum  de  Saint-Pétersbourg ,  accompagnée  de  trois 
planches  représentant  les  différentes  variétés  de  cet  animal 
tant  estimé. 

«  2°  Un  second  Mémoire  offre  une  énumération  des 
Chauves-Souris  de  la  Hussie,  sous  le  rapport  de  leur  dis- 
tribution géographique. 

«  3°  Un  troisième  Mémoire  prouve  les  différences  nom- 


344      rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Juillet  1856.) 

breuses  craniologiques  qui  existent  entre  le  Castor  de  l'Eu- 
rope et  celui  de  l'Amérique. 

«  4°  Un  quatrième  Mémoire  traite  de  la  grande  varia- 
bilité de  forme  des  os  du  crâne  dans  le  genre  Castor,  et 
augmente  le  nombre  des  exemples  qui  se  rapportent  à  la 
variabilité  individuelle  des  crânes  des  Mammifères. 

«  5°  Un  cinquième  Mémoire  expose  l'histoire  de  la  clas- 
sification de  l'ordre  des  Rongeurs,  et  surtout  du  genre 
Castor  chez  les  différents  peuples  anciens  et  modernes. 

«  6°  Un  sixième  Mémoire  s'occupe  de  la  craniologie,  de 
la  classification  et  de  l'affinité  des  différents  genres  de 
l'ordre  des  Rongeurs. 

«  7°  Le  septième  Mémoire  contient  des  recherches  sur 
le  nom  du  Castor  et  du  Castoréum  chez  plusieurs  souches 
des  peuples  Ariens,  Sémites,  Mongols  et  Finnois. 

«  8°  Le  huitième  Mémoire  s'occupe  des  connaissances 
que  les  Arabes  avaient  sur  le  Castor.  Audit  Mémoire  est 
ajouté  un  autre  par  M.  Stanislas  Julien ,  sur  la  connais- 
sance des  Loutres  chez  les  Chinois. 

«  Un  Appendix  zoologique  du  Voyage  de  M.  Hofmann 
dans  l'Ural  donne  un  aperçu  de  la  zoologie  géographique 
des  vertébrés  desdites  contrées.  J'y  ai  ajouté  de  nom- 
breuses remarques  sur  la  distribution  générale  des  Mam- 
mifères en  Russie. 

«  J'espère  que  l'appendice  en  question  pourra  fournir 
de  nombreux  matériaux  relativement  à  la  patrie  des  Mam- 
mifères les  plus  répandus  de  l'Europe  et  de  l'Asie  boréale. 

«  Un  Mémoire  sur  la  distribution  géographique  du  Tigre 
royal  en  contient  non-seulement  la  statistique,  ainsi  que 
ses  relations  physiques  et  biologiques  et  les  types  géné- 
raux des  animaux  vertébrés  qui  l'accompagnent,  mais  il 
offre  en  même  temps  des  recherches  très-détaillées  sur  les 
rapports  dans  lesquels  se  trouvaient  ou  se  trouvent  encore 
avec  lui  les  différentes  tribus  des  peuples  Ariens,  Sémites, 
Indiens  et  Chinois,  et  prouve  en  même  temps  combien  le 
combat  contre  ce  redoutable  ennemi  exerça  d'influence 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  345 

plus  ou  moins  considérable  sur  le  développement  de  la 
culture. 

u  En  général  il  résulte  de  ces  recherches  que  c'est  le 
Tigre  qui,  parmi  tous  les  animaux  sauvages  que  nous  con- 
naissons, possède  au  plus  haut  degré  la  capacité  de  sup- 
porter les  changements  les  plus  considérables  du  climat, 
car  on  le  rencontre  depuis  le  ciel  ardent  de  Java  jusqu'à 
Nertschinsk,  où  l'on  voit  souvent  geler  le  mercure. 

«  Je  me  permets  d'ajouter  à  ces  communications  quel- 
ques remarques  sur  un  animal  qui  fut  extirpé  par  les 
hommes,  et  dont  quelques  restes  ne  se  trouvent  qu'au 
Muséum  de  Saint-Pétersbourg. 

«  Les  zoologistes  savent  que,  outre  les  genres  des  Du- 
gongs et  des  Manatis,  il  existait  autrefois  dans  l'océan 
Pacifique  boréal  un  autre  genre  de  Cétacés  herbivores  dé- 
pourvus de  dents,  observés  par  Steller  près  de  l'île  de 
Behring  (Novi  Comm.  Petrop.,  t.  II,  p.  294),  genre  dont 
les  derniers  restes  furent  détruits  vers  le  milieu  du 
xvme  siècle,  selon  les  recherches  de  M.  de  Baer  [Mémoires 
de  l'Académie  de  Saint-Pétersbourg,  vie  série,  Sciences  na- 
turelles, t.  III,  p.  58).  Mes  propres  recherches  sur  le 
genre  Rhytina  [Mémoires  de  V Académie  de  Saint-Péters- 
bourg, 1846)  ont  ajouté  aux  observations  de  Steller,  outre 
la  connaissance  exacte  de  la  lame  palatine  cornée,  la  des- 
cription d'un  fragment  du  crâne. 

«  Plus  tard,  le  Muséum  de  l'Académie  de  Saint-Péters- 
bourg reçut  par  M.  Wosnezerski,  l'un  des  élèves  du  Labo- 
ratoire zoologique,  qui  a  voyagé  pendant  une  dizaine 
d'années  dans  les  colonies  russes  de  l'Amérique,  un  crâne 
complet  de  l'animal  en  question,  dont  j'ai  l'honneur  de 
présenter  à  l'Académie  des  dessins  exacts,  ainsi  que  plu- 
sieurs figures  de  deux  vertèbres,  d'un  atlas  et  d'une  ver- 
tèbre du  COU. 

((  On  observe,  en  général,  ce  que  j'ai  déjà  remarqué 
dans  mes  Spicilegia  sirenologica,  que  le  crâne  de  la  Rhy- 
tine  ressemble  à  celui  d'un  Manati;  mais  comme  la  llhy- 


346      rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Juillet  1856.) 

tine  avait ,  selon  Steller,  la  queue  semblable  à  celle  du 
Dugong,  elle  devrait  être  considérée  comme  forme  édentée 
intermédiaire  entre  les  Dugongs  et  les  Manatis.  » 

M.  Rouget,  en  réponse  à  la  réclamation  de  M.  Miiller, 
fait  savoir  qu'il  n'a  jamais  prétendu  s'attribuer  la  décou- 
verte du  muscle  ciliaire  annulaire.  Cette  découverte, 
ajoute-t-il,  n'appartient,  en  effet,  ni  à  M.  Mùller  ni  à  moi, 
mais  bien  à  Clay  Wallace  et  à  Van-Reeken  (1836  et  1855). 

Séance  du  7  juillet  1856.  —  M.  Valenciennes  lit  un  Rap- 
port sur  un  mémoire  de  M.  Dufossé  ayant  pour  titre  :  De 
l'hermaphrodisme  chez  les  animaux  vertébrés. 

Sous  ce  titre  général ,  M.  Dufossé  a  donné  un  travail 
particulier  sur  quelques  espèces  de  poissons  du  genre 
Serranus  chez  lesquels  on  avait  observé  depuis  longtemps 
l'existence  simultanée  des  ovaires  et  de  la  laitance  con- 
stituant l'hermaphrodisme  le  mieux  caractérisé. 

Il  ne  restait  plus  qu'à  observer  si  cette  laitance  conte- 
nait des  spermatozoïdes,  ce  qui  n'avait  pas  été  fait  jus- 
qu'ici. M.  Dufossé  a  effectué  ces  recherches  en  étudiant 
ces  poissons  sur  le  vivant,  et  il  a  constaté  l'existence  de 
ces  spermatozoïdes.  Il  a  été  plus  loin,  car  il  a  obtenu  des 
fécondations  artificielles  des  œufs  de  Serrans,  soit  en  agis- 
sant sur  les  œufs  de  l'individu  qui  lui  fournissait  la  lai- 
tance, soit  en  prenant  les  œufs  sur  un  autre  individu. 

Jusqu'à  présent  on  ne  connaissait  cet  hermaphrodisme 
constant  que  chez  le  Serranu*  scriba;  M.  Dufossé  l'a  ob- 
servé chez  deux  autres  espèces,  les  Serranus  cabrilla  et 
hepatus,  et  il  a  constaté  qu'il  n'existe  rien  de  semblable 
dans  les  Serranus  anthias,  gigas  et  autres  des  mêmes  lo- 
calités. 

Séance  du  14  juillet  1856.  — M.  Valenciennes  donne  lec- 
ture de  la  Description  d'une  nouvelle  espèce  de  Mouflon  (Ovis 
anatolica)  rapportée  de  Rulgardagh  par  M.  Tchihatcheff. 

Ce  Mouflon  est  intermédiaire  entre  le  Mouflon  ordi- 
naire (Ovis  musimon,  Pallas)  et  le  Mouflon  à  manchettes 
(Ovis  tragelaphus,  Pallas).  M.  Valenciennes  en  donne  une 


SOCIÉTÉS  SAVANTES.  )U7 

longue  description  comparative,  d'où  il  semble  résulter 
qu'il  y  a  réellement  là  une  espèce  nouvelle. 

M.  Serres  lit  un  travail  remarquable  d'embryogénie 
comparée  ayant  pour  titre  :  Parallèle  de  ï œuf  mâle  et  de 
l'd'uf  femelle  chez  les  animaux;  développement  spontané  de 
l'œuf  mâle. 

Dans  ce  beau  travail,  qu'il  serait  impossible  d'analyser, 
le  savant  physiologiste  arrive  aux  conclusions  suivantes  : 
«  Ainsi,  comparée  à  la  segmentation  de  l'œuf  des  femelles, 
celle  de  l'œuf  des  mâles  ne  présente  aucune  différence  bien 
notable.  L'une  est  la  répétition  de  l'autre.  Dans  les  deux 
œufs,  la  division  première,  puis  les  subdivisions  subsé- 
quentes nous  représentent  avec  évidence  le  procédé  gé- 
néral de  la  génération  par  scissure.  Cependant,  à  l'époque 
où  ces  phénomènes  similaires  se  développent,  les  deux 
œufs  sont  dans  des  conditions  physiologiques  bien  diffé- 
rentes. L'un,  l'œuf  de  la  femelle,  a  été  fécondé;  il  a  reçu 
du  mâle  le  principe,  le  souffle  de  vie  qui  le  met  en  mou- 
vement. L'autre,  au  contraire,  l'œuf  du  mâle,  n'a  rien 
reçu  ;  il  a  puisé  en  lui-même  le  principe  de  vie  qui  l'a 
mis  en  action.  Son  mouvement  lui  appartient  en  entier  : 
per  se  movct,  il  se  meut  par  lui-même.  Si  donc  la  segmen- 
tation des  deux  œufs  est  le  symbole  de  la  génération,  nous 
sommes  forcément  conduits  par  les  faits  à  conclure  1°  que 
la  génération  de  l'œuf  femelle  est  une  génération  commu- 
niquée, tandis  que  celle  de  l'œuf  mâle  est  une  génération 
spontanée  ;  2°  que  l'œuf  mâle  est  initiateur  et  l'œuf  femelle 
initié  à  la  vie.  » 

M.  Giiérin-Méneville  dépose  sur  le  bureau  une  assez 
grande  quantité  des  Cochenilles  indigènes  qu'il  a  décou- 
vertes, il  y  a  plusieurs  années,  dans  le  midi  de  la  France, 
et  un  travail  intitulé,  Sur  la  Cochenille  de  la  fève  et  la  pos*i- 
hililë  d'en  tirer  parti  pour  la  teinture. 

(Commissaires,  MM.  Chevreul  et  Milne-Kdwards.) 

Depuis  plusieurs  années  et  pendant  l'époque  du  cours 
de  sériciculture  que  nous  faisons  à  Sainte-Tulle,  M.  B. 


348       rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Juillet  1856.) 

Robert  et  moi,  j'étudie  une  Cochenille  indigène  que  j'ai 
découverte  d'abord  sur  la  fève  commune  et  à  laquelle  j'ai 
donné  le  nom  de  Coccus  fabœ,  et  j'ai  eu  déjà  l'honneur 
d'entretenir  l'Académie  des  sciences  et  la  Société  d'agri- 
culture de  cette  nouvelle  matière  tinctoriale.  Dans  un  re- 
marquable travail  lu  dans  cette  enceinte,  M.  Chevreul ,  à 
qui  j'avais  remis  un  petit  échantillon  de  cette  Cochenille, 
a  fait  connaître  les  essais  qu'il  a  pu  faire  sur  sa  richesse 
en  matière  colorante ,  et  il  est  résulté  des  expériences  du 
savant  académicien  que  ma  Cochenille  donne  une  cou- 
leur écarlate  rompue  et  d'un  ton  particulier,  appartenant 
à  un  numéro  de  son  échelle  des  couleurs  qui  n'avait  été 
obtenu  jusqu'ici  qu'à  l'aide  de  combinaisons  artificielles. 

Ayant  continué  mes  recherches  sur  l'histoire  naturelle 
de  cette  Cochenille,  qui  est  presque  aussi  grosse  que  celle 
du  nopal,  j'ai  pu  reconnaître  qu'elle  ne  se  borne  pas  à  vivre 
sur  les  fèves,  mais  qu'on  la  trouve  encore  sur  divers  char- 
dons et  sur  quelques  autres  plantes  sauvages  et  cultivées. 

Cette  année  surtout,  elle  s'est  considérablement  multi- 
pliée dans  un  champ  de  fèves  que  j'avais  fait  cultiver  à 
cet  effet,  et  j'ai  pu,  aidé  de  quelques-uns  des  élèves  de  la 
magnanerie  expérimentale  de  Sainte-Tulle,  et  notamment 
de  MM.  Camussi,  Pagani  et  Viotti,  envoyés  par  la  chambre 
royale  de  commerce  de  Turin,  de  M.  Tuysuzian,  élève 
turc,  et  de  M.  Mez,  élève  autrichien,  en  recueillir  une 
assez  grande  quantité  pour  que  l'on  puisse  faire  des  essais 
sur  une  plus  grande  échelle,  et  déterminer  ainsi  s'il  serait 
utile  de  soumettre  cette  Cochenille  indigène  à  une  culture 
profitable,  ce  qui  me  semble  très  facile. 

Outre  cette  récolte  faite  dans  le  champ  de  fèves  culti- 
vées à  cet  effet,  j'ai  découvert,  cette  année,  que  la  Coche- 
nille indigène  se  développait  très-bien  sur  les  jeunes  sain- 
foins que  l'on  sème  dans  les  blés.  La  veille  de  mon  départ 
de  Sainte-Tulle,  il  y  a  quatre  jours,  j'ai  pu  en  ramasser 
une  grande  quantité  dans  des  champs  dont  le  blé  venait 
d'être  coupé,  car  à  cette  époque  l'insecte,  ayant  fini  de  se 


SOCIÉTÉS  SAVANTES.  349 

développer,  cherche  un  abri  pour  passer  l'hiver  et  pon- 
dre, et  j'en  ai  trouvé  des  accumulations  immenses  contre 
le  tronc  des  arbres  voisins  des  champs  en  question. 

Je  me  borne  aujourd'hui  à  ces  indications,  et  j'ai  l'hon- 
neur de  déposer  sur  le  bureau  de  l'Académie  une  boîte 
contenant  ma  récolte  de  cette  année.  Ces  Cochenilles  sont 
encore  vivantes  pour  la  plupart,  et  l'on  pourrait,  si 
M.  Milne-Edwards  le  jugeait  à  propos ,  en  faire  hiverner 
quelques-unes  au  Muséum  d'histoire  naturelle  pour  essayer 
de  les  cultiver,  l'année  prochaine,  sous  le  climat  de  Paris. 
Quant  aux  autres,  je  désirerais  que  M.  Chevreul  voulût 
bien  faire  quelques  essais  sur  la  meilleure  manière  de  les 
étouffer  et  de  les  sécher  pour  les  rendre  marchandes.  S'il 
croyait  utile  de  les  employer  à  de  nouveaux  essais  de  tein- 
ture, il  pourrait  en  résulter  des  documents  précieux  pour 
faire  juger  la  question  d'opportunité  de  la  culture  réglée 
de  ce  nouvel  insecte  industriel. 

Depuis  le  jour  de  cette  présentation,  ces  Cochenilles 
ont  été  toutes  conservées  au  Laboratoire  d'entomologie; 
elles  se  sont  vidées  de  leurs  œufs,  et  .je  crois  qu'elles  ont 
ainsi  perdu  beaucoup  de  leur  valeur  tinctoriale. 

M.  Richard  (du  Cantal)  présente  une  Note  sur  la  multi- 
plication animale  en  France.  L'auteur  a  divisé  ce  travail  en 
quatre  parties.  «  Dans  la  première  il  s'occupe  des  moyens 
de  multiplier  les  végétaux  cultivés  pour  obtenir  des  four- 
rages naturels  ou  artificiels.  Leur  multiplication  a  pour 
conséquence  rigoureuse  et  inévitable  ceux  de  la  produc- 
tion animale,  parce  que  les  fourrages  ne  peuvent  pas  avoir 
d'autre  destination  que  celle  de  nourrir  des  bestiaux. 

«  Dans  la  deuxième  partie,  l'auteur  parle  du  perfection- 
nement des  animaux,  afin  qu'ils  puissent  bien  utiliser  les 
matières  premières  qu'ils  consomment,  donner  de  meil- 
leurs produits  et  en  plus  grande  quantité  possible,  sans 
plus  de  dépenses. 

((  Dans  la  troisième  partie ,  il  est  question  des  moyens 
de  conservation  des  bestiaux  considérés  comme  des  usines 


350      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1850.) 

vivantes  pour  la  transformation  des  végétaux  en  produits 
animaux.  Ces  moyens  doivent  attirer  l'attention  particu- 
lière de  l'agriculteur  et  de  l'administration. 

«  Enfin  la  quatrième  partie  est  destinée  à  l'examen  des 
procédés  d'acclimatation  et  de  domestication  d'animaux 
utiles  que  la  France  ne  possède  point  encore,  et  qui  peu- 
vent concourir  avec  fruit  à  augmenter  nos  richesses  ani- 
males. » 

M.  Dumoulin  adresse  un  travail  intitulé,  Emploi  de  la 
lumière  électrique  pour  la  pêche  du  Poisson. 

Ce  travail  intéressant,  qui  m'a  été  attribué  par  quelques 
journaux  et  par  suite  d'une  erreur  que  je  ne  puis  m'expli- 
quer,  paraît  renfermer  les  bases  de  pratiques  très-utiles 
pour  la  grande  pêche. 

Séance  du  21  juillet  1856.  —  M.  Pelouze  lit  un  travail 
Sur  la  nature  du  liquide  sécrété  par  la  glande  abdominale 
des  insectes  du  genre  Carabe. 

Il  résulte  de  ces  recherches  que  le  liquide  acre  que  les 
Carabes  lancent  par  l'anus  quand  ils  sont  inquiétés  con- 
tient une  forte  proportion  d'acide  butyrique.  On  reconnaît 
cet  acide  1°  à  son  odeur  particulière,  caractéristique,  qui 
rappelle  celle  du  beurre  rance  ;  2°  à  ce  qu'il  rougit  forte- 
ment le  papier  et  la  couleur  bleue  du  tournesol  ;  3°  à  la 
propriété  qu'il  possède,  après  avoir  été  neutralisé  par  les 
alcalis  et  particulièrement  par  l'eau  de  baryte,  de  laisser 
un  résidu  solide  qui  manifeste  sur  l'eau  un  mouvement 
gyratoire  très-prononcé,  caractère  que  M.  Chevreul  a  le 
premier  signalé  dans  les  Butyrates;  4°  la  liqueur  sécrétée 
par  les  Carabes  donne  naissance  à  un  liquide  volatil,  in- 
flammable, dont  l'odeur,  semblable  à  celle  de  l'ananas, 
stitue  un  des  principaux  caractères  de  l'éther  buty- 
rique. 

A  la  suite  de  cet  intéressant  travail,  le  savant  académi- 
cien signale  celui  de  M.  Pfaff,  de  Mai  bourg,  sur  la  matière 
sécrétée  par  les  larves  de  la  Chrysomeht  populi,  dont  l'odeur 
forte  est  due  à  l'hydrure  de  salicile  (acide  salicileux) ,  qui 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  351 

semble  provenir  de  la  salicine  contenue  dans  les  feuilles 
qui  leur  servent  de  nourriture. 

M.  Dumèril  fait  quelques  remarques  sur  des  sécrétions 
analogues  chez  d'autres  insectes;  il  rappelle  celles  des  Bra- 
chines,  qui  produisent  de  petits  jets  de  vapeur  lancés  avec 
bruit ,  celles  des  Chrysomèles  du  peuplier  et  du  Staphy- 
linus  olens,  et  il  entre  à  ce  sujet  dans  des  détails  du  plus 
haut  intérêt. 

M.  Brandt  donne  lecture  de  Quelques  remarques  sur  la 
place  que  doit  occuper  le  genre  Anomalurus  dans  l'ordre  des 
Rongeurs,  d'où  il  résulte  qu'on  peut  considérer  ce  genre 
comme  une  anomalie  du  genre  des  Écureuils. 

M.  Davaine  adresse  des  Recherches  expérimentales  sur  la 
vitalité  des  Anguillules  du  blé  niellé  à  Vétat  de  larves  et  à 
l'état  adulte.  —  Le  fait  principal  qui  résulte  de  ces  re- 
cherches, c'est  la  dissemblance  profonde  qui  existe  chez 
l'Anguillule  de  la  nielle  entre  la  vitalité  de  la  larve  et  celle 
de  l'adulte.  (G.-M.) 

III.  MÉLANGES  ET  NOUVELLES. 

Diagnoses  de  six  Carabiques  découverts,  par  M.  A.  Salle, 
au  Mexique;  par  M.  A.  Chevrolat. 

1.  Iresia  Boucardii  (Salle).  —  Alata,  rufa,  capite  prothoraeeque 
supra  nigris,  nitidis;  articulis  antennarum  2-5  nigris,  6-9  pallidis, 
duobus  ultimis  fuscis  primoque  rufo,  nigro  marginato  ;  scutello 
atro  ;  elytris  purpurois,  viridi-cyaneo-micantibus,  ad  médium  ob- 
scurioribus,  transversim  rude  plicatis,  fortiter  punctatis,  versus 
apicem  latioribus,  breviter  truncatis  et  iu  sutura  vix  spiuosis.  — 
Long.,  10  min.;  lat.,  4  mill. 

M.  Auguste  Salle  a  dédié  cette  nouvelle  espèce  à 
M.  Adolphe  Boucard,  jeune  homme  plein  de  zèle  pour 
l'histoire  naturelle ,  qui  l'a  accompagné  dans  son  récent 
voyage  et  qui  l'a  découverte  le  premier. 

2.  Cicindela  luteolincala.  —  Alata,  magna,  supra  tomentoso 
brunnea,  subtus  ni^ra  lucidula,  albo-pubescens  ;  labro,  mandibulis- 
que  (deutibus  exceptis)  eburneis;  elytris  vitta  longitudinali  obliqua 
luuulaque  apicali  bicuneiformi,  sa;pe  interrupta,  laite  llavis. 

Variât  corpore  infra  viridi-cyaneo  pedibusque  rubris  marginibus 


352      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Juillet  1856.) 

oculorum  anguloque  posteriore  thoracis  cupreis  punetisque  ocellari- 
bus  nonnullis  ad  basim  et  ad  marginem  elytrorura.  — Long.,  17  raill. 
1/2;  lat.,  7mill. 

Cette  belle  espèce  se  rencontre  aux  environs  de  Morelia 
(Mechoacan). 

3.  Procephalus  maculicomis.  —  iïneus,  nitidus,  ore,  palpis,  an- 
tenuis  (articulo  tertio  quartoque  apice  infuscato)  pedibusque  piceis, 
feraoribus  posticis  basi  curvatis  ;  elytris  punctatis,  notula  suturali 
fasciaque  valde  flexuosa  et  intus  recurva  flavis  (prima  ante,  secunda 
post  médium),  apice  oblique  truncato,  piceo.  —Long.,  11,  13  mill.; 
lat.,  3,  4  mill. 

4.  Agra  dimidiata.  —  Ferruginea  ;  capite  (laevi)  thoraceque  (punc- 
tato)  pieeis;  elytris  novem  striis  punctatis  (punctis  contiguis,  oblon- 
gis  traosversalibus),  oblique  truncatis  et  singulatim  bispinosis.  — 
Long.,  21  mill.  1/2;  lat.,  6  mill. 

5.  Agra  virgala.  —  Rubra,  elytris  flavo-cyaneoque  virgatis  (sin- 
gulo  lineis  tribus  prima  secunda  média ,  tertiaque  marginali  lineo- 
lisque  duabus  flavis,  duabusque  latis  cyanescentibusadextremitatem 
trifidis),  octo-costatis  et  sulcatis  (sulcis  crebre  punctatis)  ad  apicem 
quadrispinosis;  capite  laevi;  thorace  elongato,  pone  punctato,  trans- 
versim  plicato,  piano,  sulco  longitudinali,  costatisque  duabus  latera- 
libus;  scutello  ovato,  depresso  ;  trochanteribus  posticis  atque  mar- 
ginibus  inferioribus  segmentorum  abdominalium  obscuris. 

6.  Agra  fada.  —  Rufa,  elytris  punctato  striatis  smaragdinis  ad 
suturam  et  late  versus  apicem  rubris;  capite  rotuudato,  laevi  ;  tho- 
race elongato,  antice  subattenuato,  crebre  punctato,  lateralibus  costis 
duabus.  —  Long.,  10  mill.;  lat.,  4  mill. 

Mexique.  —  De  la  collection  de  M.  Auguste  Salle,  qui 
ne  l'a  rencontré  qu'une  seule  fois. 


TARLE    DES   MATIERES. 

Pages. 

E.  Rousseau.  —  Dentition  des  Cétacés.  305 

Guérin-Méneville.  —  Notice  historique  sur  l'Aye-Aye.  312 

Pucheran.  —  Notices  mamraalogiques.  315 

Jaubert.  —  Treizième  Lettre  sur  l'Ornithologie.  322 

Bourguignat.  —  Aménités  malacologiques.  327 

Chevrolat.  —  Description  de  Longicornes  nouveaux.  340 

Académie  des  sciences.  343 

Mélanges  et  nouvelles.  351 

PARIS.   —  IMP.    DE    Mme    Ve    BOUCHARD-UUZARD  ,    RUE    DE    L'ÉPERON ,    5. 


DIX-NEUVIÈME     ANNÉE,  —   AOUT    1856. 


I.  TRAVAUX  INEDITS. 

De  la  dentition  des  Cétacés,  et  de  la  place  qu'occupent 
les  fanons  dans  la  bouche  des  Baleines;  par  le  Dr  L.  F. 
Emmanuel  Rousseau,  membre  de  la  Légion  d'honneur, 
chef  des  travaux  anatomiques  au  Muséum,  sous  les  pro- 
fesseurs G.  Cuvier,  de  Blainville  et  Duvernoy.  (Voir 
1856,  p.  193,  257,  305.) 

Je  cite,  dans  l'ordre  chronologique,  les  différents  au- 
teurs qui  ont  écrit  sur  la  matière ,  me  bornant  aux  pas- 
sages de  leurs  publications  qui  viennent  à  l'appui  de  ma 
manière  de  voir  : 

Ânderson,  Paris,  1750,  t.  II,  p.  80,  Histoire  naturelle  de 
l'Islande,  du  Groenland  et  du  détroit  de  Davis. 

«  La  mâchoire  d'en  haut  est  garnie,  des  deux  côtés,  de 
barbes  qui  s'ajustent  obliquement  dans  celle  d'en  bas 
comme  dans  un  fourreau ,  et  qui  embrassent ,  pour  ainsi 
dire,  la  langue  des  deux  côtés.  » 

Brisson,  année  1756,  page  384. 

«  La  mâchoire  supérieure  est  garnie,  des  deux  côtés,  de 
lames  de  corne  qui  s'ajustent  obliquement  dans  l'inférieure^ 
qui,  pour  cela,  est  beaucoup  plus  large.  » 

Valmont  de  Botnare,  année  1764,  Dictionnaire  d'histoire 
naturelle,  à  l'article  Baleine  du  Groenland, 

«  Reproduit  textuellement,  quant  à  la  position  des  fa- 
nons, ce  qui  a  été  dit  par  Anderson.  » 

2e  siniB.   t.  vm.  Aimée  1856.  23 


354  REV.  ET  MAC   DE  ZOOLOGIE.  (Août  1856.) 

Duhamel  du  Monceau ,  année  1777,  Traité  général  des 
pêches,  t.  IV,  p.  7. 

«  La  courbure  des  fanons  fait  qu'ils  se  couchent  facile- 
ment les  uns  sur  les  autres  quand  ces  poissons  (les  Baleines) 
ferment  la  gueule,  et  alors  on  n'aperçoit  point  ces  fanons, 
mais  seulement  les  poils  qui  sont  à  leur  extrémité.  » 

L'abbé  Bonnaterre,  année  1789,  Tableau  encyclopédique 
et  méthodique  des  trois  règnes,  lre  colonne  de  la  lre  page 
de  la  Cétologie. 

«  La  mâchoire  d'en  bas,  ovale  ou  arrondie  par  devant, 
plus  large  que  celle  d'en  haut,  est  creusée  en  gouttière  sur 
son  bord  pour  recevoir  les  fanons.  » 

Et  à  l' introduction,  à  la  page  xxxij,  lre  colonne  : 
«  Dans  la  Baleine  franche,  le  bord  de  la  mâchoire  infé- 
rieure est  garni  d'une  espèce  de  sillon  destiné  à  recevoir 
les  barbes  des  fanons  qui  pendent  autour  de  la  mâchoire 
supérieure.  » 

Lacêpède,  Paris,  l'an  XII  (1804),  Histoire  naturelle  des 
Cétacés,  dédiée  à  Anne-Caroline  Lacêpède,  p.  14. 

«  On  assure  que ,  lorsque  la  Baleine  franche  ferme  en- 
tièrement la  gueule  ou  dans  quelque  autre  circonstance, 
les  fanons  peuvent  se  rapprocher.  » 

G.  Cuvier,  Du  règne  animal,  édit.  1817,  p.  287;  édit. 
1829,  p.  296. 

«  Leur  mâchoire  inférieure,  soutenue  par  deux  branches 
osseuses  arquées  en  dehors  et  vers  le  haut,  sans  aucune 
armure,  loge  une  langue  charnue  et  fort  épaisse,  et  enve- 
loppe, quand  la  bouche  se  ferme,  toute  la  partie  interne 
de  la  mâchoire  supérieure  et  les  lames  cornées  dont  elle  est 
revêtue.  » 


TRAVAUX    INÉDITS.  355. 

Pierre  Camper,  1820,  Ouvrage  sur  les  Cétacés,  article  des 
fanons,  p.  G3  et  64. 

«  Cette  grande  batterie  si  bien  consolidée  ne  saurait 
vaciller,  d'autant  plus  quelle  s'appuie,  du  côté  antérieur, 
contre  la  langue,  et  qu'elle  est  soutenue  au  dehors  par  les 
lèvres  supérieures  et  inférieures.  » 

R.  P.  Lesson,  1828,  Paris,  p.  386,  Histoire  naturelle  gé- 
nérale et  particulière  des  Mammifères  et  des  Oiseaux 
découverts  depuis  1788  jusqu'à  nos  jours. 

«  Y! extrémité  des  fanons,  qui  est  effilée  en  soies  plus  ou 
moins  fines,  se  trouve  fixée  sur  le  bord  de  la  mâchoire 
inférieure  par  la  langue,  qui  est  immobile  en  dedans,  et 
par  les  téguments  de  la  bouche  en  dehors.  » 

Scoresby,  p.  402. 

«  Les  fanons  sont  complètement  recouverts  par  le  re- 
bord membraneux  ou  lèvre  de  la  mâchoire  inférieure.  » 

Frédéric  Cuvier,  1836,  Histoire  naturelle  des  Cétacés, 
p.  340,  parlant  d'un  Rorqual  échoué,  en  novembre 
1828,  près  Saint-Cyprien  (Pyrénées-Orientales),  et  dé- 
crit par  M.  Campanyo  dans  un  mémoire. 

«  La  mâchoire  inférieure ,  beaucoup  plus  large  que  la 
supérieure,  permettait  à  cette  dernière  de  s'y  emboîter 

«  .....  Les  deux  branches  étaient  réunies  â  leurs  extré- 
mités au  moyen  d'un  cartilage  qui  avait  50  centimètres  de 
largeur.  » 

John  Hunter,  1841,  t.  IV,  p.  455,  trad.  du  docteur 
G.  Richelot. 

((  La  surface  qui  résulte  de  la  réunion  de  toutes  les  ex- 
trémités inférieures  des  fanons  ressemble  à  la  peau  d'un 
animal  qui  serait  recouverte  par  des  poils  très-forts. 
Quand  la  bouche  est  fermée,  la  langue  se  trouve  située 


356  REV.  ET  MAC  DE  ZOLOGIE.    (Août  1856.) 

immédiatement  sous  cette  surface ,   qui   a  une  couleur 
brune.  » 

Jfi  /.  B.  G.  Guibourt,  1851,  t.  IV  de  la  4me  édit.  de  son 
Cours  d'histoire  naturelle  professé  à  l'école  de  phar- 
macie de  Paris, 

a  Cite  textuellement,  comme  H.  Cloquet,  ce  qui  a  été 
dit  par  G.  Cuvier.  » 


A  cette  question  ainsi  posée  par  moi  à  des  personnes 
que  je  savais  en  position  d'être  bien  renseignées  :  Quelle 
position  les  fanons  occupent-ils  dans  la  bouche  des  Baleines, 
la  bouche  de  V animal  étant  fermée;  passent-ils  par-dessus  la 
mâchoire  inférieure  ou  se  logent-ils  en  dedans  ? 

Voici  les  réponses  qui  m'ont  été  adressées 

1°  Par  M.  Quevillon. 

«  Nantes,  27  janvier  1856. 

ce  J'ai  consulté,  à  Nantes,  de  vieux  navigateurs  qui  ont 
sillonné  longtemps  les  mers  du  Nord ,  le  détroit  de  Davis 
et  la  baie  de  Baffin  ;  voici  ce  qui  m'a  été  répondu  de 
visu  : 

«  Les  fanons  dont  est  armée  la  mâchoire  supérieure  des 
Baleines  entrent  dans  la  mâchoire  inférieure  quand  la 
bouche  veut  se  fermer. 

«  Un  autre  capitaine  baleinier  que  j'ai  rencontré  ces 
jours-ci  m'affirmait  encore  de  visu  que  les  fanons  entrent 
dans  la  mâchoire  inférieure,  et  se  logent  ou  plutôt  se  ran- 
gent symétriquement,  de  droite  et  de  gauche,  sous  la  partie 
latérale  de  la  langue.  » 

2°  Par  M.  Eyriès. 

«  Le  Havre ,  30  janvier  1856. 
«  Pour  vous  faire  une  réponse  bien   positive,  nous 


TRAVAUX     INÉDITS.  357 

sommes  convenus,  M.  Lennier,  directeur  de  la  partie 
d'histoire  naturelle  au  musée  du  Havre,  et  moi,  de  réunir 
plusieurs  capitaines ,  harponneurs  baleiniers ,  afin  de 
prendre  les  avis  de  chacun,  de  les  faire  coïncider,  tomber 

d'accord  sur  l'ensemble  de  chaque  demande ;  enfin 

hier  on  m'a  remis  un  rapport.  M.  Lennier  n'en  ayant  pas 
gardé  copie  ni  moi  non  plus  faute  de  temps,  vous  m'en 
enverrez  une  expédition  avec  vos  observations  et  celles 
de  MM.  les  administrateurs,  s'il  y  en  a.  » 

Rapport  dont  question  ci-dessus  (extrait),  signé  de 
M.  Lennier. 

«  Le  Havre,  29  janvier  1856. 

«  Suivant  les  renseignements  les  plus  positifs  des  capi- 
taines et  harponneurs  baleiniers,  les  fanons  se  logent  en 
dedans  de  la  mâchoire  inférieure,  et  ils  adhèrent,  par  de 
forts  cartilages,  aux  lèvres  de  la  mâchoire  supérieure.  » 

3°  M.  Obeuf,  docteur  en  médecine. 

«  Meudon,  31  janvier  1856. 

«  Les  fanons  occupent  tout  le  bord  inférieur  de  la  mâ- 
choire supérieure,  excepté  son  extrémité  antérieure.  En- 
caissés dans  un  alvéole  commun,  ils  sont  chaussés  de  20  à 
25  centimètres  d'un  tissu  cartilagineux  ;  ils  sont  dirigés  de 
haut  en  bas,  de  dehors  en  dedans,  et  présentent  une 
courbe  dont  la  convexité  est  extérieure.  Celle-ci  glisse  sur 
le  bord  interne  de  la  mâchoire  inférieure,  arrondi  et  re- 
couvert d'un  tissu  cartilagineux  blanc  nacré. 

«  Je  suis  certain  que ,  lorsque  les  mâchoires  sont  rap- 
prochées, les  fanons  sont  logés  en  dedans.  » 

4°  M.  le  docteur  À.  G.  Dahlbom,  professeur  à  l'université 
de  Lund  (Suède). 

«  Paris,  30  janvier  1856. 

«  Quand  la  bouche  se  ferme  ou  se  clôt,  la  mâchoire  in- 


358  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Août  185G.) 

férieure,  comme  plus  longue  et  plus  largement  bâillante 
que  la  supérieure,  se  rebouche  ou  se  clôt  avec  sa  lèvre  au- 
tour du  bord  de  la  mâchoire  supérieure  et  autour  de  toutes 
les  bardes  mentionnées  [fanons). 

«  Comme  autorité  sûre,  on  peut,  dans  ce  cas,  citer 
avec  fidélité  les  MM.  Eschricht,  de  Copenhague;  Fros- 
chel,  à  Berlin  ;  Nilsson,  à  Lunde,  en  Suède  ;  Schmidt ,  à 
Iéna,  etc.,  etc.  » 


À  mon  tour  je  puis  aussi  affirmer  de  visu]  pour  l'avoir 
bien  observé,  qu'un  Finback  whale  (Baleine  à  nageoire 
dorsale)  amené  entier,  en  chair  et  bien  conservé,  a  été 
montré  par  des  bateleurs ,  à  Paris ,  derrière  le  Château 
d'Eau,  en  janvier  1851,  et  que  les  fanons  de  ce  Cétacé 
étaient  logés  en  dedans  de  la  mâchoire  inférieure. 

On  lit,  il  est  vrai,  à  la  page  303  de  l'Encyclopédie  d'his- 
toire naturelle  publiée  en  1856  : 

«  C'est  le  long  de  la  gencive  qui  s'étend  du  bout  du 
museau  jusqu'à  l'entrée  du  gosier  que  semblent  s'atta- 
cher les  fanons. 

«  Ces  fanons  vont  se  terminer  à  la  mâchoire  inférieure, 
et  très-probablement  à  l'extérieur  de  Vos  de  la  mandibule.  » 

A  l'appui  de  cette  citation,  on  trouve,  à  la  page  302  du 
môme  volume,  la  figure  d'une  tête  osseuse  de  Baleine 
franche  représentant  les  fanons  placés  en  dehors  de  la  mâ- 
choire inférieure  et  la  dépassant. 

Mais  cette  seule  et  récente  contradiction,  justifiant  une 
erreur  de  laboratoire  et  lui  donnant  en  apparence  raison 
contre  tous,  est-elle  de  nature  à  infirmer  l'opinion  con- 
traire émise  depuis  plus  d\m  siècle,  et  confirmée  par  de 
si  nombreux  et  si  authentiques  auteurs,  qui  établissent 
péremptoirement  que  les  fanons,  la  bouche  de  l'animal 
étant  fermée,  se  logent  à  l'intérieur  de  la  mâchoire  infé- 
rieure ? 

C'est  aux  véridiques  observations  de  la  nature,  aux 


TRAVAUX   INÉDITS.  359 

esprits  éclairés,  que  nous  laissons  le  soin  de  résoudre  la 
question. 

La  nature  du  sujet  ne  permet  pas  de  sophisme  ;  le 
changement  que  je  poursuis  de  mes  vœux  se  fera  sans  nul 
doute,  et  le  squelette  de  Baleine  présentement  exposé 
dans  la  cour  du  Cachalot  sera,  comme  ses  confrères  de  la 
galerie,  comme  celui  que  possède  la  ville  de  Brest,  monté 
normalement  avec  ses  fanons  en  dedans  et  non  en  dehors 
de  la  mâchoire  inférieure. 


Analyse  chimique  des  fanons  extraite  du  Cours  de  chimie 
générale;  par  J.  Pelouze,  membre  de  l'Institut,  etc.,  et 
E.  Fremy,  professeur  de  chimie  à  Vécole  polytechni- 
que, etc.,  édition  de  1850,  page  818. 

M.  Fauré  a  trouvé  dans  les  fanons  de  Baleine  : 

Mucus  animal  soluble  dans  l'eau  bouillante  et  contenant  un  peu  de 

gélatine 8,70 

Mucus  animal  dissous  par  la  soude  caustique 80,80 

Matière  grasse 3,70 

Chlorures  de  calcium  et  de  sodium 1,90 

Sulfates  de  soude  et  de  magnésie 1,10 

Phosphate  de  chaux,  soufre,  oxyde  de  fer,  silice 1,10 

Perte 2,70 

100,00 


Explication  des  figures  considérablement  réduites. 

A.  Tête  osseuse  de  Baleine  franche,  avec  les  fanons  dans 

leur  vraie  position. 

B.  Trois  dents  transitoires  de  la  mâchoire  inférieure  d'un 

fœtus  de  Baleine  franche. 

C.  Portion  de  fanon  avec  son  bulbe. 

D.  Fraction  de  la  muqueuse  bulbifère ,  perforée  d'ouver- 

tures régulières  donnant  passage  aux  bulbes  des 
fanons. 


3C0  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.   [Août  1856.) 

E.  Lames  de  fanon  en  voie  de  formation  et  leur  appareil 

bulbifère. 

F.  Fanons  en  état  de  croissance,  avec  leur  chevelu. 


1.  Dent  de  Dauphin  commun. 

2.  Dent  de  Dauphin  du  Gange  ,  avec  sa  racine  particu- 

lière et  aplatie. 

3.  Dent  de  Marsouin   commun   montrant  sa  couronne 

aplatie  et  tranchante. 


TRAVAUX    INÉDITS.  361 

4.  Dent  de  Cachalot  non  encore  fermée  à  sa  partie  radi- 

culaire. 

5.  Défense  droite  avortée  de  Narval  enlevée  de  l'alvéole. 

6.  Défense  gauche  de  Narval  à  l'état  parfait. 

7.  Dent  supérieure  de  Lamantin  montrant  ses  trois  ra- 

cines. 

8.  L'une  des  trois  dernières  dents  du  Dugong,  à  racine 

ouverte. 


Au  moment  où  se  termine  l'impression  de  mon  Mé- 
moire, je  reçois  du  nord  de  l'Ecosse,  du  port  de  Peter- 
head,  une  lettre,  datée  du  23  juin  1856,  de  mon  homonyme 
et  ami  M.  Louis  Rousseau,  aide-naturaliste  au  muséum  de 
Paris,  faisant  partie  de  la  commission  qui  accompagne 
S.  A.  I.  le  prince  Napoléon  dans  son  voyage  d'explora- 
tion scientifique. 

Dès  le  début,  ce  voyage  porte  ses  fruits  ,  car  M.  Louis 
Rousseau  a  été  à  même  de  constater,  comme  l'ont  fait 
Camper,  Hunter,  Cuvier,  etc.,  que  les  fanons  occupent  la 
partie  interne  et  non  la  partie  externe  de  la  mâchoire  in- 
férieure des  Baleines. 

Mais  laissons  parler  M.  Louis  Rousseau  lui-même ,  et 
donnons  copie  de  la  partie  de  sa  lettre  qui  a  trait  à  la 
question  : 

«  J'ai  enfin  la  solution  de  la  question  qui  agitait  der- 
nièrement les  hommes  illustres  qui  s'occupent  de  zoologie. 
Lors  de  mon  séjour  au  Havre,  j'ai  pris  des  renseigne- 
ments auprès  des  Baleiniers,  et,  malgré  la  certitude  où 
j'étais,  j'ai  voulu  de  nouveau  consulter  les  hommes  pra- 
tiques qui  font  cette  pêche  et  qui  se  trouvent  dans  le  port 
de  l'Ecosse  où  je  suis.  Là,  une  découverte  extrêmement 
importante ,  celle  d'une  petite  Baleine  dans  l'alcool ,  est 
encore  venue  vous  donner  raison.  Je  suis  véritablement 
heureux  de  vous  en  informer,  et  tous  mes  efforts  ayant  été 
couronnés  de  succès,  Schtal  [artiste  mouleur  du  Muséum) 


362         REV.  ET  MAC  DE  ZOOLOGIE.   (Août   1856.) 

la  moule  en  ce  moment.  Le  Muséum  aura  certainement 
une  des  choses  les  plus  utiles  pour  l'histoire  des  Baleines. 
J'ai  aussi  quelques  renseignements  utiles  pour  l'emploi  de 
ces  fanons  dans  la  pêche,  etc.,  etc.  » 

Un  témoignage  éminent,  celui  du  célèbre  professeur 
Brandt,  de  Saint-Pétersbourg,  présentement  à  Paris,  qui 
a  été  à  même  de  voir  et  de  disséquer  des  Baleines,  vient 
s'ajouter  encore  à  ceux  que  j'ai  invoqués  ;  son  opinion 
sur  la  position  des  fanons  est  de  tous  points  conforme  à  la 
mienne. 

Une  communication  toute  récente  de  lui  me  fait  un 
devoir  de  rectifier  ce  que  j'ai  dit  du  Stellêre  à  la  page  8  de 
mon  Mémoire  ;  au  lieu  d'une  plaque  molaire,  c'est  une 
lame  palatine  dont  il  a  constaté  la  présence  aux  deux 
mâchoires  de  cet  animal.  Ces  lames,  hérissées  de  papilles 
cornées  en  forme  de  chevrons  brisés ,  permettaient ,  par 
leur  affrontement,  que  ce  Cétacé  qui  en  était  muni  pût 
arracher  les  fucus  et  plantes  appropriées  à  sa  nourriture. 

M.  Brandt  m'a  fait  espérer  pouvoir  enrichir  la  collection 
du  Muséum  d'un  moule  en  plâtre  du  curieux  et  rare  ani- 
mal réputé  perdu  aujourd'hui ,  le  Rytina  borealis. 


ERRATA. 
Page  201,  lisez  Baer  au  lieu  de  Raer. 

Id.  TVrangelle  au  lieu  de  Wranger. 

Id.  Khlebnikow  au  lieu  de  Khlebnokor. 


Notices  mammalogiques  ,  par  M.  le  Dr  Pucheran. 
(Voir  1856,  p.  145,  315.) 

Cette  simple  description  de  M.  Schlégel  suffit  pour  éta- 
blir, d'une  manière  précise,  que  des  différences  réelles  sé- 
parent, du  côté  de  la  tête  osseuse,  le  D.  malayanus  du 
D.  plumbeus. 

C'est  d'abord  la  ressemblance  de  la  partie  encéphalique 


TRAVAUX     INÉDITS.  363 

du  Delphinus  malaijanu*  avec  le  D.  delphis  :  or,  s'il  en  est 
ainsi,  nulle  analogie  à  établir  entre  le  premier  de  ces  types 
et  le  D.  plumbeus,  car  nous  avons  exposé  plus  haut,  par  de 
nombreux  détails,  combien  le  Delphinus  plumbeus  diffère, 
dans  sa  région  crânienne  proprement  dite,  du  Dauphin  de 
nos  côtes.  La  mâchoire  inférieure  est  un  peu  plus  faible, 
dit  M.  Schlégel  ;  chez  le  D.  plumbeus,  au  contraire,  elle 
est  plus  développée.  La  symphyse  est  un  peu  plus  longue 
(Schlégel,  vide  supra);  il  est  impossible  de  comparer  ses 
dimensions  à  celles  que  présente  cette  même  commissure 
chez  le  Delphinus  plumbeus,  puisque,  suivant  M.  Gray  (vide 
supra),  elle  y  atteint  5  pouces  1/2  de  longueur.  M.  Schlégel 
ne  dit  malheureusement  rien  de  la  forme  des  maxillaires 
et  des  intermaxillaires  dans  le  Delphinus  malayanus;  il 
nous  paraît,  cependant,  en  comparant  sa  figure  au  crâne 
de  notre  type,  que,  chez  ce  dernier,  cet  organe  est  plus 
comprimé  à  son  extrême  pointe. 

D'après  tous  les  détails  dans  lesquels  nous  venons  d'en- 
trer, il  nous  paraît  légitime  de  conclure  que  l'assimilation, 
comme  espèce,  du  Delphinus  plumbeus  au  Delphinus  ma- 
layanus est  tout  à  fait  inexacte.  Pour  en  douter,  il  faut  ad- 
mettre, en  premier  lieu,  que  la  figure  donnée  par  M.  Lesson 
n'est  point  fidèle  ;  en  second  lieu,  que  le  crâne  figuré  par 
M.  Schlégel  appartient  à  une  autre  espèce.  Or  ce  sont  de 
ces  assertions  dubitatives  que  nous  ne  pouvons  nous  per- 
mettre d'énoncer,  bien  que  nous  sachions,  par  des  exem- 
ples multipliés,  que  rien  ne  prête  plus  à  l'erreur,  en  zoo- 
logie, que  les  synonymies  appliquées  à  des  espèces  qu'on 
n'a  point  vues.  L'examen  que  nous  allons  faire  des  autres 
Cétacés  que  l'on  a  considérés  comme  ne  différant  point  du 
Delphinus  plumbeus  v a  nous  en  fournir  une  nouvelle  preuve. 

Le  premier  dont  nous  ayons  à  nous  occuper  est  le  Del- 
phinus capensis  de  M.  Rapp  (1). 

(1)  W.  Rapp,  Me  Cetaceen  zool.  anal,  dargeslelll,  p.  31,  pi.  n, 
fig.l. 


364  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Août  1856.) 

Il  est,  suivant  M.  Rapp,  de  couleur  noire,  et  blanc  sur  le 
ventre.  Mâchoire  effilée,  pointue.  Dents  coniques,  pointues, 
de  29  à  30  de  chaque  côté  à  la  mâchoire  inférieure  :  leur 
nombre  est  de  22  en  dessus.  Vers  la  queue  s'étend  une  carène 
saillante.  La  dorsale,  concave  à  son  bord  supérieur,  est  située 
en  arrière  de  la  moitié  du  corps. 

«  M.  Ludwig,  ajoute  M.  Rapp,  a  rapporté  ce  Dauphin 
«  du  cap  de  Bonne-Espérance,  et  il  se  trouve  dans  le 
ce  musée  royal  d'histoire  naturelle  de  Stuttgard.  Il  est  figuré 
«  dans  notre  deuxième  planche.  Sa  longueur  atteint  6  pieds . 
«  Il  se  sépare  du  D.  plumbeus  par  le  nombre  de  ses  dents, 
«  par  la  carène  élevée  du  dos,  dont  nous  avons  déjà  parlé, 
«  aussi  bien  que  par  la  position  de  sa  dorsale.  Il  a  beau- 
«  coup  de  ressemblance  avec  le  Belphinus  malayanus  ; 
«  mais  le  Belphinus  malayanus  est  très-incomplétement 
ce  connu  et,  comme  le  pense  Cuvier,  semblable  auD.  plum- 
«  beus,  etc.  » 

Nonobstant  les  différences  que  M.  Rapp  a  signalées , 
MM.  Schlégel  (1)  et  Gray  (2)  ont  cependant  assimilé  .ce 
type  au  D.  malayanus.  Disons  d'abord  que ,  d'après 
MM.  Lesson  et  Garnot,  la  dorsale  est  placée  au  milieu  du 
corps  dans  le  D,  malayanus,  ce  qui  établit  déjà  une  dis- 
semblance qui  ne  peut ,  ce  nous  semble,  être  passée  sous 
silence.  En  outre,  dans  le  D.  capensis  de  M.  Rapp,  le 
dessous  est  blanc,  malgré  la  taille  de  6  pieds  dont  est 
doué  l'individu  qu'il  décrit.  On  ne  peut  considérer  cet 
exemplaire  comme  un  jeune,  car  il  est  plus  grand  que 
l'individu  décrit  par  MM.  Lesson  et  Garnot,  lesquels  n'ac- 
cusent que  5  pieds  11  pouces  de  longueur  pour  le  Cétacé 
harponné  à  bord  de  la  Coquille.  D'ailleurs  M.  Schlégel , 
qui  a  eu  occasion  d'observer  un  jeune  D.  malaijanus  ayant 
un  peu  plus  de  1  pied  1/2  de  longueur,  nous  annonce  (3) 


(1)  hoc.  cit.,  p.  21. 

(2)  hoc.  cit. 

(S)  hoc.  cit.,  p.  21. 


TRAVAUX   INÉDITS.  365 

qu'il  était  d'un  gris  noir  bleuâtre,  seulement  plus  clair  en 
dessous.  Les  deux  formules  dentaires  sont  également  dif- 
férentes, le  nombre  des  dents  étant  de  36  à  40  dans  le 
D.  malayanus.  Cette  prétendue  analogie  du  D.  capensis 
(Uapp)  et  du  Delphinus  malayanus  nous  semble  de  nou- 
veau devoir  être  démontrée. 

Quant  à  son  assimilation  avec  le  Delphinus  plumbeus, 
elle  nous  paraît  tout  aussi  susceptible  de  controverse.  La 
dorsale  est  bien  loin  d'être  aussi  élevée  dans  le  Delphinus 
plumbeus,  ainsi  que  nous  nous  en  sommes  assuré  par  la 
comparaison  des  figures;  elle  est,  en  outre,  plus  allongée. 
Cette  nageoire  commence  au  tiers  du  corps,  dit  M.  Frédéric 
Cuvier  ;  elle  est,  au  contraire,  dans  le  type  de  M.  Rapp,  et 
d'après  ses  propres  expressions,  située  en  arrière  de  la 
moitié  du  corps.  Évidemment  cette  espèce,  quelque  im- 
parfaitement connue  qu'elle  soit,  ne  peut,  dans  l'état 
actuel  de  la  Mammalogie,  être  regardée  comme  consti- 
tuant un  synonyme  d'aucun  des  types  auxquels  nous  l'avons 
comparée. 

La  même  conclusion  nous  paraît  résulter  des  observa- 
tions que  nous  avons  faites,  il  y  a  quelques  années  (1),  sur 
le  Dauphin  à  ventre  rose  de  MM.  Hombron  et  Jacquinot, 
observations  que  les  études  nécessaires  pour  la  rédaction 
du  présent  travail  nous  ont  donné  occasion  de  compléter 
et  de  confirmer.  Dès  1853,  nous  avions  émis  des  doutes 
sur  l'exactitude  de  l'assertion  de  M.  Gray  (2),  qui  considère 
l'espèce  décrite  par  les  navigateurs  du  Voyage  au  pôle  sud 
comme  ne  différant  pas  du  Dauphin  malais.  Le  mode  de 
coloration  des  parties  inférieures  s'oppose,  en  effet,  à  cette 
assimilation.  Le  Delphinus  malayanus,  dans  son  jeune  âge, 
est  décrit  comme  étant  d'un  gris  noir  bleuâtre,  seulement 
plus  clair  en  dessous  (3).  L'adulte  est  indiqué  comme  étant 
d'une  couleur  uniformément  cendrée.  Or  il  est  bien  loin 

(1)  Tevtc  du  Voyage  au  pôle  sud,  partie  mammalogique,  p.  39. 

(2)  Loc.  cit. 

(3)  Schlégel,  loc.  cit.,  p.  21. 


366         REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.    (Août  1856.) 

d'être  prouvé  que,  dans  cette  espèce,  les  parties  inférieu- 
res, d'abord  d'un  gris  bleuâtre  plus  clair  en  dessous,  puis 
douées  d'une  teinte  rosée,  redeviennent  ensuite  de  couleur 
uniformément  cendrée.  Ce  changement  de  coloration  n'a 
point,  que  nous  sachions  du  moins,  encore  été  observé, 
et  nous  croyons,  par  suite  des  documents  sur  la  taille  de 
cette  espèce  qui  nous  ont  été  communiqués,  qu'elle  est 
bien  douée,  dans  ses  parties  inférieures,  de  la  coloration 
de  l'adulte.  Nous  avons,  en  effet,  retrouvé  récemment, 
dans  nos  manuscrits,  une  note  de  M.  Jacquinot  qui  nous 
fut  envoyée  à  l'époque  où  nous  nous  disposions  à  rédiger 
le  texte  du  Voyage  au  pôle  sud  :  cette  note  contient  les  di- 
mensions d'un  individu  de  cette  espèce ,  et  indique  une 
.longueur  totale  de  lm,53,  ou,  en  faisant  la  réduction,  de 
plus  de  4  pieds  1/2  (1).  MM.  Lesson  et  Garnot  donnent  à 
l'exemplaire  qu'ils  décrivent  une  étendue  longitudinale  de 
71  pouces;  il  n'existe  donc,  entre  ce  type  et  celui  dont  il  est 

(1)  Voici  les  autres  mesures  de  cet  individu  : 

Longueur  du  cen-j  à  l'extrémité  du  museau 80  cm'. 

trede l'aileron  dorsal)  au  centre  de  l'aileron  caudal 77 

Longueur  du  museau  (de  la  base  du  front  à  l'extrémité 
de  la  mâchoire  inférieure) 12 

de  la  partie  antérieure  de  l'épaule  à 
l'œil 14 

de  l'angle  antérieur  de  l'œil  à  l'an- 
gle postérieur  des  mâchoires 
(commissure  des  lèvres) 4 

de  la  partie  antérieure  de  l'épaule  à 
la  ligne  fictive  qui  partirait  de  la 
base  de  l'aileron  pour  faire  le 
tourdu  corps 21 

de  la  partie  antérieure  de  l'ouver- 
ture génitale  à  une  ligne  fictive 
étendue  de  la  base  de  l'aileron 
dorsal,  en  arrière,  au  ventre 8 

du  bord  postérieur  de  l'ouverture 
génitale  au  bord  antérieur  de  l'ou- 
verture anale 3 


TRAVAUX   INÉDITS. 


367 


fait  mention  dans  la  note  de  M.  Jacquinot,  qu'une  différence 
de  17  pouces.  Il  nous  paraît,  dès  lors,  impossible  de  penser 
qu'il  s'agit,  ici,  d'un  jeune  individu,  et  dès  lors  l'assimila- 
tion des  deux  espèces  nous  semble  inexacte.  Ajoutons,  en 
outre,  que,  tandis  que,  suivant  M.  Schlégel,  les  mâchoires 
du  D.  malais  contiennent  seulement  de  36  à  40  dents, 
MM.  Hombron  et  Jacquinot  indiquent,  au  contraire,  les 
nombres  de  47  dents  en  haut  et  44  en  bas. 

Nous  ne  pouvons ,  pour  confirmer  encore  ces  données 
différentielles,  recourir  à  la  comparaison  des  têtes  os- 


Circonférence.  . . 


Hauteur 
leron 


de  l'ai- 


du  corps  prise  en  avant  de  l'aile- 
ron, à  le  toucher 77  cm 

prise  entre  le  bord  de  l'aileron  dor- 
sal et  une  ligne  transverse  qui 

passerait  par  l'aisselle 75 

par  le  centre  du  renflement  qui  com- 
mence la  crète  caudale 28 

à  la  naissance  de  la  queue 16 

du  bord  antérieur  de  la  queue  ou 

d'un  de  ses  ailerons 25 

du  bord  postérieur  de  la  queue. . .     20 

par  son  centre 19 

à  son  bord  postérieur 16 

à  son  bord  antérieur 37 

du  centre  de  l'épaule  à  son  extré- 
mité libre 21 

à  son  bord  postérieur 20 

à  son  bord  antérieur 28 

,'  à  la  chute  du 

du  bord  libre  de  lai      front 

valvule  de  l'évent)  à     l'extrémité 
l      du  museau. 

Distance (  du  bord  postérieur  de  la  valvule  de 

l'évent  à  l'œil  en  arrière 12 

du    renflement  qui   commence    la 
crète  caudale  à  la  naissance  de  la 

queue 14 

de  l'ouverture  de  la  gueule 27 

Longueur {  de  l'ouverture  de  l'œil  d'un  angle  à 

l'autre 2 


Longueur 
pectorale. . . 


de    la 


16 


31 


1/2 


368        REV.    ET  MAG.   DE  ZOOLOGIE.    [Août  1856.) 

seuses,  privé  que  nous  sommes  de  celle  du  D.  malayanus; 
mais  si,  partant  de  cette  base  ostéologique,  nous  mettons 
en  présence  le  Dauphin  à  ventre  rose  et  le  Delphinus  plum- 
beus, les  différences  deviennent,  de  prime  abord,  excessi- 
vement saisissables.  Nous  avons  déjà  dit  ailleurs  (1)  que  le 
crâne  du  Delphinus  plumbeus  était  d'un  tiers  plus  allongé  :  la 
plus  longue  de  nos  têtes  de  Dauphin  à  ventre  rose  atteint 
seulement  plus  de  41  centimètres,  le  lien  s' appliquant  même 
sur  les  parties.  L'échancrure  médiane  du  bec  en  occupe 
au  moins  la  moitié  :  c'est  une  disposition  semblable  à  celle 
qui  nous  est  présentée  par  le  Delphinus  delphis.  De  même 
que  dans  cette  dernière  espèce,  les  intermaxillaires  sont 
convexes  et  sur  un  plan  supérieur  à  celui  des  intermaxil- 
laires :  il  en  résulte  qu'à  l'extrémité  rostrale  la  compres- 
sion est  moindre  que  chez  le  Delphinus  plumbeus.  La  sym- 
physe s'y  trouve  même  moins  étendue  que  chez  notre 
jeune  de  ce  dernier.  Les  maxillaires  supérieurs,  en  dehors 
de  la  bordure  des  évents,  sont  très-aplatis,  et,  sous  ce 
point  de  vue,  se  rapprochent  plus  du  D.  delphis.  La  por- 
tion crânienne,  enfin,  est  fort  restreinte,  soit  qu'on  éta- 
blisse la  comparaison  avec  notre  adulte ,  soit  qu'on  l'éta- 
blisse avec  notre  jeune,  de  sorte  qu'il  ne  nous  paraît 
pas  possible  d'admettre  que  le  Dauphin  à  ventre  rose 
est  un  âge  moyen  ou  intermédiaire  du  Delphinus  plum- 
beus. Or  ce  n'est  qu'en  appréciant  de  cette  façon  l'opinion 
de  M.  Gray  que  l'on  peut  s'expliquer  comment  elle  a  été 
émise  par  ce  Zoologiste.  Il  est  probable,  au  reste,  que,  si 
M.  Gray  n'avait  point  été  persuadé  de  l'identité  spécifique 
des  D.  plumbeus  et  D.  malayanus,  il  eût  hésité  à  rappro- 
cher de  la  première  espèce  le  Dauphin  à  ventre  rose.  Quant 
à  nous,  qui  nous  proposons,  dans  cette  partie  de  notre 
travail,  d'élucider  le  mieux  possible  l'histoire  zoologique 
des  types  de  Cétacés  rapportés  à  notre  collection  natio- 
nale par  M.  Dussumier,  nous  avons  dû  examiner  avec  at- 

(1)  Texte  du  Voyage  au  pôle  sud,  Mammifères  et  Oiseaux,  p.  41. 


TRAVAUX    INÉDITS.  3fl9 

tention  les  diverses  opinions  émises  sur  le  Dclphinusplum- 
beus  par  les  Zoologistes  modernes.  Il  nous  reste,  pour  ter- 
miner cette  partie  de  notre  travail ,  à  dire  quelques  mots 
de  l'identité  possible  du  Delphinus  plumbeus  avec  le  Del- 
phinus  dubius. 

[La  suite  au  prochain  numéro.) 


Note  sur  les  reptiles  du  Gabon,  par  M.  le  docteur  Aug. 
Duméril,  aide-naturaliste  au  Muséum  d'histoire  natu- 
relle, profess.  agrégé  à  la  fac.  de  médecine  de  Paris. 

Beaucoup  de  naturalistes  voyageurs  ont,  à  diverses  épo- 
ques, visité  l'Afrique;  mais  cet  immense  pays  est  encore  - 
trop  peu  connu,  même  sur  ses  côtes,  pour  qu'il  soit  pos- 
sible, dès  à  présent,  de  tirer,  des  notions  que  possèdent 
les  zoologistes  sur  les  animaux  qui  y  vivent,  des  conclu- 
sions générales  relatives  à  la  faune  africaine  considérée 
dans  son  ensemble.  Cet  embarras  est  le  même,  si  on  limite 
cette  étude  à  une  seule  classe  d'animaux,  à  celle  des  repti- 
les par  exemple,  dont  je  veux  m'occuper  dans  cette  note  (1) . 

(1)  Je  ne  dois  cependant  pas  omettre  de  rappeler  les  considérations 
intéressantes  présentées  par  M.  Schlégel  sur  la  zoologie  de  l'Afrique, 
et  eu  particulier  sur  la  distribution  géographique  des  Reptiles  dans 
cette  vaste  contrée  (Essai  sur  la  physion.  des  Serpents,  partie  gê- 
ner., p.  210-220).  Ce  n'est  point  ici  le  lieu  d'analyser  ni  de  discuter 
ce  travail,  et  je  me  borne  à  rappeler  qu'on  y  trouve  soulevées  d'im- 
portantes questions.  Telles  sont  :  1°  l'influence  exercée  sur  les  animaux 
par  la  nature  môme  du  sol  ;  2°  les  différences  offertes  par  les  espèces, 
suivant  qu'elles  habitent  soit  les  plaines  arides  des  plateaux  ou  les 
déserts  de  sable,  soit  les  régions  plus  fertiles  arrosées  par  les  grands 
fleuves  qui  prennent  leur  source  sur  le  versant  septentrional  du 
grand  plateau  central  ;  3°  enfin  la  dispersion,  dans  des  lieux  souvent 
très-distauts,  de  certaines  espèces  qui  vivent  sur  les  plaines  élevées 
de  la  partie  méridionale  de  l'Afrique,  et  dont  la  zone  d'habitation  est, 
par  cela  même,  fort  étendue. 

Cette  dernière  particularité  et  plusieurs  autres  faits  relatifs  à  la 
zoologie  de  l'Afrique,  surtout  en  ce  qui  concerne  les  Mammifères, 
ont  été  consignés  et  longuement  développés  par  M.  Pucheran  dans  un 
2e  skrie.  t.  vm.  Année  1856.  24 


370  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.    [Août  1856.) 

On  doit  donc  considérer  les  collections  formées  dans  cette 
contrée,  uniquement  comme  une  réunion  de  matériaux 
destinés  à  être  mis  plus  tard  en  œuvre,  avec  ceux  que  des 
recherches  ultérieures  pourront  procurer,  quand  on  vou- 
dra faire  connaître,  d'une  manière  générale,  la  distribu- 
tion des  Reptiles  dans  cette  vaste  partie  du  monde.  On 
possède  cependant  des  renseignements  assez  nombreux 
pour  certaines  régions.  Ainsi,  on  en  trouve  beaucoup  dans 
les  publications  de  la  commission  scientifique  française  de 
]' Algérie,  qui  a  été  bien  étudiée  aussi  par  MM.  Moritz 
Wagner  et  Eichwald.  Il  est  à  peine  nécessaire  de  rappeler 
les  services  rendus  à  toutes  les  sciences  par  la  grande  ex- 
pédition d'Egypte.  Des  régions  encore  peu  visitées  du 
haut  Nil,  notre  compatriote,  M.  d'Arnaud,  chargé  parle 
vice-roi  de  la  direction  scientifique  d'un  voyage  à  la  re- 
cherche des  sources  du  Nil  Blanc,  a  rapporté  d'intéres- 
santes collections.  On  peut,  sans  doute,  espérer  en  obte- 
nir de  semblables  par  les  soins  delà  nouvelle  commission 
que  le  gouvernement  égyptien  a  tout  récemment  nommée 
et  qui,  sous  la  direction  de  M.  le  comte  d'Escayrac  de 
Lauture,  doit  chercher  les  sources  de  ce  grand  fleuve.  La 
côte  occidentale  de  la  mer  Rouge,  et  particulièrement 
l'Abyssinie,ont  été  visitées  avec  fruit  par  MM. Ehrenberg, 
Botta  et  Rùppell.  M.  Louis  Rousseau,  pour  ne  parler  ici 
que  du  continent,  a  recueilli  des  animaux  sur  quelques 
points  circonscrits  de  la  côte  du  Zanguebar,  et  l'on  doit  à 
MM.  les  professeurs  Peters  et  J.  Jos.  Bianconi  d'impor- 
tantes notions  sur  la  faune  de  Mozambique.  Enfin,  pour 
l'Afrique  australe,  il  suffit  de  citer  les  noms  de  Levaillant, 
de  Belalande ,  de  MM.  Verreaux  et  de  Delegorgue,  pour 
rappeler  les  enrichissements  que  le  Musée  de  Paris  a  dus 
aux  pénibles  recherches  de  ces  courageux  explorateurs 
d'un  pays  dont  les  animaux  étaient  jusqu'alors  à  peine 

mémoire  très-complet  sur  ce  sujet»  et  ayant  pour  titre  Esquisse  sur 
la  mammalogie  du  continent  africain  {Rev.  et  Mag.  de  zool., 
1855  et  1856). 


TRAVAUX     INÉDITS.  37  ! 

connus;  mais  il  faut  surtout  mentionner  le  magnifique  ou- 
vrage publié  par  M.  le  docteur  A.  Smith,  après  un  long 
séjour  dans  la  colonie  du  Cap  de  Bonne-Espérance. 

Quant  à  la  côte  occidentale,  on  n'en  a  reçu  pendant 
longtemps  que  les  espèces  sénégaliennes,  et  bien  des  dé- 
couvertes y  restent  à  faire.  On  en  a  la  preuve  par  tout 
l'intérêt  que  présentent  aux  zoologistes  les  animaux  trou- 
vés dans  des  localités  où  des  recherches  d'histoire  na- 
turelle ont  été  nouvellement  entreprises.  Ainsi,  les  publi- 
cations de  M.  le  doct.  Hallowell,  membre  de  l'Académie 
de  Philadelphie,  relatives  aux  Reptiles  recueillis  dans  la 
colonie  américaine  de  Libéria,  ont  montré  combien  est  ri- 
che la  faune  de  cette  petite  portion  du  territoire  africain. 
On  peut  en  dire  autant  de  la  contrée  voisine  de  l'équateur, 
connue  sous  le  nom  de  côte  du  Gabon,  et  d'où  M.  Aubry, 
aide-commissaire  de  marine,  chargé  du  service  adminis- 
tratif, a  plusieurs  fois  adressé  au  Muséum  de  très-précieux 
matériaux  pour  l'accroissement  de  nos  cabinets  de  zoolo- 
gie. Il  vient  de  rentrer  en  France,  apportant  avec  lui  d'u- 
tiles compléments  à  ses  précédents  envois,  et,  comme  il  ne 
doit  plus  retourner  dans  la  résidence  qu'il  vient  de  quit- 
ter, le  moment  est  convenable  pour  dresser  un  catalogue 
raisonné  des  Reptiles  que  l'administration  du  Muséum  a 
reçus  par  les  soins  de  cet  habile  collecteur. 

Ce  qui  frappe  tout  d'abord  dans  l'examen  de  ces  ani- 
maux, c'est  que  l'on  y  trouve,  à  côté  d'espèces  générale- 
ment répandues  sur  le  sol  africain,  telles  que  le  Varan  du 
Nil  et  le  Serpent  à  coiffe  ou  Naja  Haje,  d'autres  espèces 
analogues,  si  ce  n'est  identiques  à  celles  qui  vivent  dans 
les  régions  les  plus  méridionales  de  ce  continent;  c'est  ce 
que  j'aurai  soin  d'indiquer  en  parlant  du  Batracien 
anoure,  nommé  Dactylèthrc,  et  de  certains  Serpents  veni- 
meux arboricoles.  Il  faut,  d'ailleurs,  noter  que,  parmi  les 
différentes  faunes  locales  d'Afrique,  la  faune  de  Libéria 
est  la  plus  analogue  à  celle  du  Gabon. 

On  trouve,  en  outre,  dans  cette  collection,  d'importants 


372         REV.  KT  MAG.  DE  ZOOLOGIE.   (Août  1856.) 

documents  pour  la  solution  de  certaines  questions  de  géo- 
graphie zoologique,  sur  lesquelles  il  restait  quelques  in- 
certitudes, et  relatives  aux  Tortues  du  genre  Cinixys, 
ainsi  qu'au  Batracien  serpentiforme  connu  sous  le  nom 
de  Cécilie  bec  étroit  (C.  rostrata). 

Le  but  que  je  me  propose  dans  ce  travail  est  de  passer 
en  revue  toutes  les  espèces  intéressantes  trouvées  au  Ga- 
bon, et  de  décrire  celles  qui  n'étaient  point  encore  con- 
nues. Je  renverrai  aux  écrits  de  M.  le  docteur  Hallowell 
pour  celles  qui  habitent  également  Libéria. 

I.  CHÉLONIENS.  —  M.  Aubry  a  trouvé  au  Gabon  la  Ci- 
nixys  rongée  [C.  erosa)  et  en  a  envoyé  plusieurs  carapaces, 
ainsi  qu'un  jeune  sujet  complet  conservé  dans  l'alcool,  et 
dont  la  plaque  sus-caudale,  contrairement  à  ce  qui  se 
voit  chez  l'adulte,  est  double.  Des  individus  qu'il  rappor- 
tait, à  son  retour  en  France,  ont  péri  pendant  la  traver- 
sée. Nous  avons  été  ainsi  privés  malheureusement  de  l'oc- 
casion qui  nous  aurait  été  offerte  d'étudier  le  singulier  mé- 
canisme par  lequel  ces  Chéloniens,  malgré  l'absence  .de 
suture  à  la  région  médiane,  infléchissent  la  portion  posté- 
rieure du  disque  pour  la  rapprocher  de  l'extrémité  du 
sternum,  et  pour  produire  en  arrière  une  occlusion  pres- 
que complète  de  leur  boîte  osseuse.  Un  individu  de  cette 
même  espèce,  apporté  vivant  de  Libéria  aux  États-Unis, 
est  décrit  et  figuré  par  M.  Hallowell  (Joum.  ofthe  Acad. 
ofnat.  sciences,  1839,  t.  VIII,  part,  i,  p.  161,  pi.  8  et  9), 
sous  le  nom  de  C.  denîiculata,  d'après  Shaw,  car  ce  der- 
nier a  représenté  l'espèce  dont  il  s'agit  avec  la  dénomina- 
tion de  T.  denticulata,  parce  qu'il  croyait,  mais  à  tort, 
avoir  affaire  à  la  Tortue  ainsi  nommée  par  Linné,  laquelle 
était  une  jeune  Tortue  marquetée  (tabulata). —  La  Cinixys 
de  Home  [C.  Hotneana  Bell)  a  été  acquise  par  le  Musée"  de 
Paris  en  1854,  ainsi  qu'une  carapace  de  l'espèce  précé- 
dente, avec  d'autres  Reptiles  originaires  du  Gabon  comme 
ces  Tortues.  Cette  C.  de  Home  est  décrite  et  représentée 
par  M.  Berthold  {Nova  acîa  Acad.  Cœs.  —  Leop.  nat.  car., 


TRAVAUX    INÉDITS.  373 

i>  XXII,  2e  part.  p.  421,  1850  [1845],  pi.  13-15),  d'après 
un  individu  pris  dans  l'Afrique  occidentale. — Quant  à  la 
C.  de  Bell  (C.  Bellianà) ,  tout  récemment  figurée  par 
M.  Gray  [€at.  of  Tort.,  in-4°,  1855,  pi.  2)  et  décrite  p.  13, 
elle  est  indiquée  par  ce  zoologiste  comme  provenant  du 
nord  et  de  l'ouest  de  cette  même  contrée.  Il  n'y  a  donc 
plus  aucun  doute  à  conserver  sur  la  véritable  patrie  des 
espèces  comprises  dans  ce  singulier  genre,  et  l'on  peut 
supposer  que  les  Cinixys  adressées  de  la  colonie  de  Deme- 
rari  au  Musée  de  Londres  et  de  la  Guadeloupe  à  celui  de 
Paris  avaient  été  transportées  de  la  côte  d'Afrique  dans 
la  Guyane  et  dans  les  Antilles. 

Tortues  de  marais  ou  Elodites.  —  Pentonyx  du  Gabon  , 
Pentonyx  Gabonensis,  A.  Dum.  Espèce  nouvelle. 

Carapace  d'un  brun  noirâtre,  presque  régulièrement  ova- 
laire,  à  carène  médiane  assez  saillante,  surtout  en  arrière,  à 
bords  minces  et  tranchants  dans  tout  son  pourtour;  plaques  du 
disque  bordées  par  des  stries  concentriques,  et  rugueuses  dans  le 
reste  de  leur  étendue;  plastron  uniformément  noir,  à  ailes 
courtes,  aussi  prolongé  en  avant  que  le  limbe,  très-long  égale- 
ment en  arrière,  où  il  présente  une  petite  échancrure,  et  à  peine 
rétréci  au  delà  des  ailes. 

Cette  espèce  a  une  grande  ressemblance  avec  les  P.  du 
Cap  et  Gehafie,  les  seuls  connus  jusqu'à  présent;  mais  si 
les  caractères  génériques  sont  les  mêmes,  les  différences 
spécifiques  sont  bien  tranchées.  En  effet,  le  plastron  est  ici 
plus  long  et  moins  étroit  dans  sa  portion  postérieure  ;  ses 
ailes  sont  plus  courtes  et  montent  moins  obliquement  vers 
le  limbe  qui,  au  niveau  de  cette  jonction  avec  le  sternum, 
est  à  peine  rétréci  et  présente,  dans  cette  région,  un  bord 
tranchant  comme  partout  ailleurs.  Les  plaques  sternales 
de  la  troisième  paire  se  touchent  par  leur  sommet  sur  la 
ligne  médiane,  contrairement  à  ce  qui  s'observe  chez  le 
P.  Gehafie.  Les  écailles  du  disque  bordées  de  lignes  con- 
centriques sont  couvertes  de  petits  tubercules  irrégulier9, 
ou  de  petites  lignes  saillantes  disposées  sans  ordre ,  qui 


374  KEV.  ET  MAO.  DE  ZOOLOGIE.    (AoÛl  1856.) 

donnent  à  toute  la  carapace  un  aspect  rugueux.  Chaque 
pièce  du  sternum  porte ,  sur  ses  bords,  des  lignes  longitu- 
dinales coupées  par  un  très-grand  nombre  de  fines  stries 
transversales  ;  d'autres  stries  très-déliées,  fort  nombreuses 
et  qui  s'éloignent  en  divergeant  du  bord  interne  vers  le 
bord  externe,  se  voient  sur  presque  toutes  ces  plaques. — 
Cette  description  suffit  pour  faire  distinguer  ce  Chélonien 
que,  d'après  sa  petite  taille,  on  pourrait  peut-être  regar- 
der comme  n'ayant  pas  encore  atteint  toute  sa  croissance; 
l'aspect  de  la  carapace  et  sa  solidité  comparée  à  la  boîte 
déjeunes  P.  du  Cap,  dont  les  dimensions  sont  les  mêmes, 
semblent  cependant  indiquer  un  animal  beaucoup  plus 
âgé.  En  supposant  que  les  rugosités  du  disque  puissent 
s'effacer  à  une  époque  plus  avancée  de  la  vie,  il  reste 
comme  caractères  distinctifs  importants  toutes  les  parti- 
cularités notables  relatives  au  sternum  et  au  limbe  énon- 
cées plus  haut.  —  Long,  de  la  carapace,  0m,060  ;  larg.  au 
devant  de  sa  jonction  avec  le  sternum,  0m,047,  au  delà  de 
cette  jonction  0m,051;  long,  du  sternum,  0m,056;  larg.  au 
devant  de  sa  jonction  avec  le  disque,  0m,033  ;  derrière 
cette  jonct.,  0m,030;  au  devant  de  son  échancrure  termi- 
nale, 0m,015.  — Exemplaire  unique  :  Gabon,  M.  àubry. 

Tortues  de  fleuves  ou  Trionyx.  —  Crypïopode  d' Aubry, 
Cryptopodus  Aubry  i,  A.  Dum.  Esp.  nouv.  (pi.  xx). 

Carapace  ovale,  un  peu  bombée;  disque  très-grand,  à  bord 
cutané  peu  développé  en  avant  et  en  arrière,  ne  formant  au- 
cune saillie  sur  les  régions  latérales  entre  les  membres,  et  ne 
contenant,  dans  son  épaisseur,  aucun  os  limbaire;  plastron 
presque  entièrement  osseux,  en  raison  de  V étendue  considéra- 
ble des  sept  callosités  sternales  ;  tête  longue  et  étroite. 

L'un  des  caractères  les  plus  remarquables  de  cette  Tor- 
tue est  l'aspect  général  du  disque  résultant  de  la  courbure 
et  de  la  longueur  des  côtes  qui,  sur  les  parties  latérales, 
descendent  vers  le  sternum,  dont  elles  ne  sont  séparées 
que  par  un  très-petit  espace.  La  peau  est  fortement  adhé- 
rente aux  os  et  s'incruste,  en  quelque  sorte,  dans  leurs  ver- 


TRAVAUX    INÉDITS.  375 

miculations;  elle  descend  verticalement  entre  les  mem- 
bres pour  aller  rejoindre  la  deuxième  paire  des  callosités 
sternales.  Son  bord  libre,  au  niveau  des  régions  antérieure 
et  postérieure,  est  très-peu  étendu  (1)  et  ne  contient  au- 
cune pièce  osseuse  dans  son  épaisseur.  Cette  absence  d'os 
limbaires  ou  marginaux  rapproche  notre  espèce  de  celle 
que  M.  Peters  (MSS.,  1848,  cités  par  M.  Gray,  Cal. 
Tort.,  in-4°,  p.  64)  a  prise  pour  type  de  son  genre 
Cyclanosteus ;  mais  chez  cette  dernière,  C.  frenalus,  et  chez 
celle  qui  est  décrite  par  M.  Gray  dans  ce  même  Cat.  sous 
le  nom  de  C.  Pctersii,  pi.  29,  on  compte  neuf  callosités 
sternales  peu  considérables.  Or,  comme  ces  callosités  sont 
fort  grandes  dans  la  Trionyx  nouvelle  que  je  fais  connaî- 
tre ici,  et  surtout  comme  il  n'y  en  a  que  sept,  particula- 
rité qui  pourrait  peut-être  motiver  une  coupe  secondaire 
spéciale,  elle  n'appartient  pas  à  la  subdivision  proposée 
par  le  professeur  de  Berlin.  Je  la  laisse  donc  sans  autre 
désignation  parmi  les  Cryptopodes,  car  les  différences 
dont  il  s'agit  et  qui  fournissent  des  caractères  spécifiques 
très-importants,  ne  paraissent  pas  avoir  une  valeur  suffi- 
sante pour  faire  admettre  plusieurs  genres  dans  ce  groupe 
des  Tortues  fluviales,  dont  les  pieds  et  le  cou  peuvent  être 
rentrés  et  plus  ou  moins  cachés  sous  la  carapace. 

Les  pièces  sternales  paires  du  Crypt.  d'Aubry  sont 
presque  entièrement  réunies  sur  la  ligne  médiane,  et  toute 
la  portion  postérieure  du  plastron  est  osseuse,  en  raison 
de  l'étendue  tout  exceptionnelle,  chez  ces  Chéloniens,  des 
quatre  dernières  plaques.  L'os  impair,  irrégulièrement  cir- 


(1)  On  peut  en  juger  d'après  ses  dimensions  comparées  à  celles  du 
disque.  Ce  dernier,  mesuré  suivant  ses  faibles  courbures,  est  long 
de  0n,33  et  large  de  0m,31.  Le  rebord  cutané,  au-dessus  des  pattes  de 
devant,  a  0m,022  environ  ;  au-dessus  du  cou,  au  milieu,  0m,065  ;  au- 
dessus  des  membres  pelviens,  sa  plus  grande  expansion  est  de  0m,050; 
en  arrière  enfin,  il  ne  s'étend  pas  au  delà  de  0B,060.  Il  résulte  de  ces 
mensurations  que  la  carapace,  y  compris  les  rebords  cutanés  collaire 
et  caudal,  a  une  longueur  de  0B,45  à  0m,46. 


376         REV.  ET  MAC.  DE   ZOOLOGIE.    (Août  1856.) 

culaire,  est,  en  quelque  sorte,  contigu,  en  avant  et  en  ar- 
rière, aux  pièces  osseuses  entre  lesquelles  il  est  placé.  Les 
seules  régions  tégumentairessont  celles  qui  correspondent 
aux  membres  et  complètent  ce  plastron  osseux  déjà  très- 
grand,  surtout  quand  on  le  compare  à  celui  des  autres 
Cryptopodes;  elles  forment,  particulièrement  au  niveau 
des  membres  pelviens,  des  opercules  mobiles  destinés  à 
rendre  moins  imparfaite  l'occlusion  de  la  carapace. 

La  queue  très-courte,  obtuse  et  comme  tronquée,  à  ori- 
fice du  cloaque  presque  terminal,  est  protégée,  en  des- 
sus et  en  dessous,  par  le  bord  cutané  qu'elle  dépasse  à 
peine.  —  Les  membres  sont  robustes  et  les  trois  ongles, 
dont  chacun  des  membres  est  armé,  sont  pointus  et  légè- 
rement concaves  à  leur  face  inférieure.  Les  pattes  anté- 
rieures portent  en  dessus ,  dans  leur  région  digitale,  six 
replis  cutanés  semi-lunaires  à  bord  libre  antérieur,  con- 
cave, mince  et  résistant;  les  trois  externes  sont  les  plus 
considérables.  En  arrière,  au  talon,  il  n'y  a  qu'un  seul  de 
ces  replis;  il  est  dur  et  presque  corné. 

La  tête  est  très-longue,  car  elle  mesure  0m,12  depuis  le 
bord  libre  de  la  lèvre  jusqu'à  l'extrémité  postérieure  de 
la  mâchoire  inférieure,  où  elle  n'offre  qu'une  largeur  de 
0m,07,  qui  paraît  d'autant  moins  considérable  que  les 
proéminences  labiales  sont  fort  développées  et  donnent  à 
la  région  antérieure  du  museau  une  étendue  transversale 
de  0m,06.  Ces  proéminences,  au  nombre  de  quatre,  deux 
supérieures  et  deux  inférieures,  ont  chacune  la  forme  d'un 
triangle  scalène,  dont  le  plus  grand  côté  est  le  bord  adhé- 
rent ;  le  plus  petit  est  tourné  en  avant  et  constitue  avec  ce- 
lui du  côté  opposé  le  bord  labial  antérieur,  tandis  que  le 
bord  latéral  est  formé  par  le  troisième  côté  du  triangle. 
Les  mâchoires  sont  nues  et  tranchantes,  sans  crochet  ni 
échancrure.  —  La  petite  trompe  nasale  est  obliquement 
dirigée  en  haut  et  en  avant.  —  Les  yeux,  dont  la  direction 
en  haut  et  l'obliquité  sont  les  mêmes  que  chez  les  autres 
Tortues  Potamites ,  ne  sont  séparés  du  bord  libre  de  la 


TRAVAUX    INÉDITS.  377 

lèvre  que  par  un  espace  à  peine  supérieur  à  l'étendue  de 
leur  diamètre  antéro-postérieur.  —  Le  cou  n'est  pas  plus 
volumineux  que  la  portion  postérieure  de  la  tète;  depuis 
ce  dernier  point  jusqu'à  son  origine,  il  est  long  de  0m,16, 
ce  qui  donne  à  la  région  comprise  entre  l'extrémité  anté- 
rieure du  museau  et  le  bord  limbaire  cutané  une  longueur 
de  0m,28. 

La  couleur  générale  est  un  brun  marron  uniforme,  plus 
clair  en  dessous.  De  petites  taches  foncées,  irrégulières  se 
voient  sur  le  plastron  et  sur  le  cou,  dont  la  région  supé- 
rieure porte  trois  grandes  raies  longitudinales  brunes  ;  il 
en  part  une  de  l'angle  postérieur  de  chaque  œil  ;  la  mé- 
diane, moins  longue,  commence  à  l'occiput  et  se  prolonge, 
comme  les  précédentes,  jusqu'à  la  base  de  la  région  cervi- 
cale; deux  petites  raies  de  la  même  nuance  et  parallèles 
entre  elles  parcourent  le  dessus  de  la  tête  et  cessent  où 
commence  la  médiane,  dont  l'origine  se  voit  dans  l'inter- 
valle qu'elles  laissent  entre  elles  en  arrière. 

Cette  espèce,  fort  recherchée  comme  fournissant  un  ali- 
ment très-délicat  réservé  pour  les  chefs  des  tribus,  se 
tient  habituellement  cachée  dans  la  vase,  au  fond  des 
eaux;  il  en  résulte  qu'on  ne  peut  se  la  procurer  que  diffi- 
cilement et  rarement. 

Outre  la  ïrionyx  que  je  viens  de  décrire,  le  Muséum  en 
a  reçu  une  autre  du  Gabon  par  les  soins  de  M.  le  docteur 
Franquet.  Elle  est  arrivée  en  même  temps  que  le  grand  et 
précieux  singe  dit  Gorille,  qui  orne  les  galeries  de  zoolo- 
gie. Cette  Tortue,  dont  les  dimensions  l'emportent  sur 
celles  de  tous  nos  autres  exemplaires,  est  le  Gymnopode  de 
l'Egypte  (Test,  triunguis,  Forskal,  seu  Trionyx  Mgyptia- 
cus,  Geoffroy ). 

(La  suite  au  prochain  numéro.) 


378  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Août  1856.) 

AMÉNITÉS    MALACOLOGIQUES  ; 
par  M.  J.  R.  Bourguignat. 

$L. 

Du  genre  Cecilianella. 

Rien  de  plus  gracieux ,  rien  de  plus  svelte  que  les  formes 
et  les  contours  des  coquilles  que  nous  comprenons  dans 
notre  genre  Cœcilianella.  Ces  petites  espèces  possèdent 
un  test  d'une  délicatesse,  d'une  transparence,  d'un  poli, 
d'une  fragilité  si  remarquables ,  qu'elles  forment  entre 
elles  un  des  groupes  les  plus  naturels  et  des  mieux  carac- 
térisés. 

L'animal  lui-même ,  bien  qu'encore  peu  étudié ,  vu  les 
difficultés  que  tous  les  conchyliologues  ont  eues  pour  se  le 
procurer,  nous  a  offert  de  tels  signes  caractéristiques,  que 
nous  ne  pouvons  hésiter  d'établir  un  genre  spécial  que 
nous  plaçons  entre  les  Ferussacia  et  les  véritables  Âchatina. 

Voici  les  caractères  que  nous  avons  reconnus  au  genre 
Cœcilianella  : 

Mollusque  aveugle,  nocturne,  aimant  l'humidité,  vivant 
tous  terre,  dans  les  cavernes  ou  les  tombeaux,  non  carnas- 
sier, mais  se  nourrissant  de  détritus  de  végétaux  ou  de 
petits  cryptogames. 

Animal  très-grêle,  transparent,  totalement  incolore, 
sauf  les  organes  en  grappe  et  de  la  glaire,  qui  sont  rou- 
geâtres  ou  d'un  jaune  noirâtre.  Peau  rugueuse.  Tête 
petite ,  munie  de  quatre  tentacules  rétractiles  ;  les  deux 
supérieurs  peu  allongés,  cylindriques,  très^finement  gra- 
nuleux, non  renflés  à  leur  partie  supérieure,  ne  possédant 
point  de  globe  oculaire  (1),  mais  offrant,  à  la  place,  une 

(1)  Férussac  (Essai  d'une  méth.  conch.,  p.  77,  1807)  dit  qu'il  a 
observé  cet  animal  avec  une  forte  lentille,  et  qu'il  n'a  pu  découvrir 
aucun  indice  de  points  oculaires. 


TRAVAUX     INÉDITS.  379 

petite  dépression  annulaire  lisse  (1);  les  deux  tentacules 
inférieurs  sont  très-petits  et  sont  réduits  à  des  boutons  à 
peine  appréciables. 

Bouche  ayant  la  forme  d'une  fente  verticale,  munie 
d'une  petite  mâchoire  cornée,  à  peine  arquée,  lisse  ou  à 
stries  presque  microscopiques. 

Ouverture  respiratoire  grande,  arrondie,  dextre. 

Coquille  dextre,  toujours  transparente,  polie,  unicolore, 
brillante,  etc.,  de  forme  cylindrique.  Ouverture  plus  ou 
moins  ovale ,  simple  ou  dentée ,  à  péristome  toujours 
simple ,  droit  et  aigu.  Columelle  toujours  tronquée  à  la 
base. 

Comme  on  peut  le  voir  par  les  caractères  que  nous  ve- 
nons d'indiquer,  les  Cœcilianella  diffèrent  des  Glandina 
par  leur  bouche,  munie  d'une  mâchoire;  des  Ferussacia 
par  leur  columelle  toujours  nettement  tronquée  ;  enfin  des 
Bulimus,  Ac/iatina  et  autres  genres  par  le  manque  total  de 
points  oculaires. 

Les  naturalistes  ne  se  sont  jamais  accordés  sur  la  clas- 
sification des  Caecilianelles  ni  sur  leur  distribution  dans  la 
méthode.  Les  uns  les  ont  réunies  à  des  espèces  de  genres 
assez  disparates,  tels  que  Buccinum,  Bulimus,  Hélix,  Co- 
lumna,  Glandina,  Âcliatina,  etc.;  les  autres  les  ont  ran- 
gées dans  ces  divers  genres,  seulement  dans  des  sections 
particulières;  d'autres  enfin,  mieux  inspirés,  ont  établi 
pour  elles  des  appellations  génériques  toutes  spéciales. 

Voici,  du  reste,  les  opinions  des  principaux  auteurs 
depuis  Mùller  jusqu'à  nos  jours  : 

Buccinum  (partim),  Millier,  Verm.  Hist.,  II,  p.  150.  1774. 

(1)  Nilsson  (Hist.  Moll.  Sueciae...,  p.  39,  1822).  «  In  hae  specie 
(acicula)  oculi  sane  nulli  deteguntur,  nisi  alba  sunt,  uti  ipsa  tenta- 
cula.  Hœc  enim  terminautur  superficia  convexa,  larvissima,  nitidis- 
sima,  annulo  subimpresso,  cincta,  quae  superficia,  sine  dubio,  oculo 
aliorum  molluscorum  terrestrium  respondet.  At  verosimile  nobis  vi- 
detur  hoc  animal ,  quod  sub  terra  continue-  vivit ,  ubi  oculis  uti  non 
potest ,  oculis  plaue  carere.  » 


380  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  [Août  1856.) 

Bulimus  (partim),  Bruguière,  Enc.  méth.  vers,  lre  part., 

p.  311.  1789. 
Hélix  (partim),  Studer.  Faunul.  Helvet.  in  Coxe,  ïrav. 

Switz.,  III,  p.  431.  1789. 
Cecilioide^f  (  errore  calami,  pro  Cœcilioides),  Férussac, 

Teste;  Blainville,  in  Dict.  se.  nat.,  t.  VII,  p.  332. 

1817. 
Hélix  [sous-genre  Cochlicopa  (partim)],  Férussac,  Tabl. 

syst.,  p.  55.  1822. 
Achatina  (partim),  Lamarck,  An.  s.  vert.,  t.  VI,  2mo  part., 

p.  133.  1822. 
Acicula,  Risso,  Hist.  nat.  Europ.  mérid.,  t.  IV,  p.  81. 

1826. 
Cionella  (partim),  Jeffrey  s,  Syst.   test,  in  Trans.  Linn., 

t.  XVI,  2mepart.,  p.  347.  1830. 
Columna  (partim),  Jan,  Disp.  meth.  gen.,  etc.,  p.  4. 

1832. 
Styloides  (partim),  Fitzinger,  Syst.  verzeichn,  p.  105. 

1833. 
Achatina  (sous-genre  Acicula),  Gray,  in  Turton's  shells 

Brit.,  p.  191.  1840. 
Polyphemus  (partim),  Villa,  Conch.,  p.  20.  1841. 
Glandina  (deuxième   sous-genre,   Cionella),   Albers,    die 

Helic,  p.  199.  1850. 
Glandina  (partim),  Morelet,  Cat.  Moll.  Alg.,  in  Journ.  de 

conch.,  t.  IX,  p.  291.  1853. 
Bulimus  (sous-genre  Acicula),  Moquin- Tandon,  Hist.  Moll. 

France,  t.  II,  p.  309.  1855. 
Glandina  (sous-genre  Acicula),  H.  et  Ârth.  Adams,  The 

gênera  of  rec.  Moll.,  p.  108.  1855. 
Achatina  (sous-genre  Crecilioides ),  L.  Pfeiffer,  Versuch 

ein.  anordn.  Hel.  natùrl.  grupp.,  in  Malak.  Blatter, 

p.  170.  1855. 

Férussac  est  le  premier,  comme  on  vient  de  le  voir,  qui 
ait  eu  l'heureuse  idée  d'établir  un  genre  spécial  pour  ces 


TRAVAUX    INÉDITS.  381 

petites  coquilles  ;  seulement  ce  savant  auteur,  en  créant  sa 
dénomination  générique  de  Cœcilwides,  a  commis  la  faute 
d'adjectiver  son  appellation,  en  la  terminant  par  la  dési- 
nence aides,  et  de  la  rendre,  par  conséquent,  inadmis- 
sible. 

Désirant,  malgré  tout,  faire  droit  à  l'antériorité  incon- 
testable de  cette  dénomination,  nous  en  avons  conservé  le 
radical,  en  le  faisant  suivre  de  la  terminaison  nella. 

Ce  nouveau  vocable  que  nous  créons,  qui  ne  dénature 
en  rien  le  sens  primitif  du  mot  (1),  a  le  double  avantage 
d'être  conforme  aux  règles  qui  régissent  la  science,  et  de 
rendre  substantif  une  appellation  adjectivée  par  erreur. 

Enfin  nous  devons  dire  que,  si  nous  n'adoptons  point 
simplement  le  radical  Cœcilia,  ce  n'est  que  dans  le  but  de 
distinguer  par  la  désinence  nella,  d'une  manière  plus  pré- 
cise et  plus  tranchée,  ce  petit  genre  de  coquille,  et  pour 
enlever  désormais  cette  confusion  qui  pourrait  résulter  du 
même  nom  déjà  employé  depuis  longtemps  pour  désigner 
des  Reptiles,  des  Poissons  et  des  Insectes  (2). 

Les  Csecilianelles  se  trouvent  répandues  dans  toute  l'Eu- 
rope et  le  bassin  méditerranéen ,  mais  toujours  en  petite 
quantité.  11  est  très-rare  de  les  trouver  vivantes ,  vu  leur 
mode  d'habitation  ;  aussi  n'est-ce  guère  que  dans  les  allu- 
vions  que  l'on  a  le  plus  de  chance  de  les  rencontrer. 

Nous  allons,  maintenant,  donner  les  descriptions  des 
espèces  que  nous  avons  pu  connaître  dans  ce  genre,  qui, 
nous  n'en  doutons  point,  est  appelé  à  prendre  une  bien 
plus  grande  extension  dès  que  les  conchyliologues,  avertis 
par  nous,  étudieront  ces  petites  coquilles  avec  plus  de 
soin  et  avec  plus  de  conscience. 

(1)  Cœcilia  dérive  de  Cœcus,  aveugle. 

(2)  Linnaeus,  en  effet  (Syst.  nat.),  a  créé  un  genre  Cœcilia  pour 
des  Reptiles  de  la  tribu  des  Batraciens.  —  Lacépède  (Hist.  Poiss., 
t.  II)  a  également  établi  en  1800,  pour  le  Murena  caeca  (Linn.\,  un 
genre  Cœcilia.  —  Curtis  (British  cntomol.)  a  aussi  créé  un  genre 
Cœcilia  pour  des  Insectes  de  l'ordre  des  Névroptères.  —  Etc.. 


382  REV.  ET   MAG.  DE  ZOOLOGIE.   (Août  1856.) 

CiECILIANELLA    HOHENWARTI. 

Achatina  Hohenwarti,  Rossmassler,  Iconogr.,  X,  p.  34, 

f.  657.  1839. 
Achatina  Hochenwarthii,  Schmidt,  Verz.,  p.  13.  1847. 
Achatina  Hohenwarti,  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  t.  II, 

p.  274.  1848. 
Glandina  Hohenwarti,  Albers,  Die  Helic,  p.  199.  1850. 

Testa  subfusiforrai  oblonga,  polita,  splendida,  lutesccnte;  spira 
turrita  ;  apice  obtusa  ;  sutura  marginata  ;  anfractibus  6  subplanu- 
latis;  ultimo  spiram  vix  œquante;  columella  verticali,  intorta,  vix 
truncatula;  apertura  angusta,  oblongo-acuminata;  peristomate  sim- 
plice,  recto,  acuto;  margine  dextro  medio  subdilalato. 

Coquille  fusiforme  allongée,  lisse,  brillante,  d'une  cou- 
leur jaunâtre.  Spire  turriculée  à  sommet  obtus  ;  six  tours 
de  spire  peu  convexes,  séparés  par  une  suture  marginée; 
ouverture  oblongue  acuminée,  rétrécie,  péristome  simple, 
aigu.  Bord  droit  convexe,  columelle  droite,  contournée,  à 
peine  tronquée. 

Long.,  6  mili.  1/2.  —  Épaiss.,  2  mill.  1/2. 

Cette  espèce  habite  la  Carniole. 

La  Cœcilianella  Hohenwarti  se  distingue  facilement  de 
Yacicula  à  sa  taille  plus  bombée,  moins  élancée,  à  sa 
couleur  jaunâtre,  à  sa  columelle  droite,  contournée,  et 
surtout  à  peine  tronquée  à  la  base. 

La  plupart  des  auteurs  ont  indiqué  cette  coquille  en 
Italie,  en  France,  en  Espagne,  en  Algérie,  en  Sicile,  en 
Corse,  etc.;  mais  nous  croyons  qu'ils  ont  rapporté  à  tort  à 
Y  Hohenwarti  une  variété  de  Yacicula  qui,  peut-être  même 
lorsqu'on  pourra  l'étudier  avec  plus  d'attention,  devra 
constituer  une  nouvelle  espèce. 

CiECILIANELLA    ACICULA. 

Buccinum  acicula,  Millier,  Verm.  Hist.,  II,  p.  150.  1774. 


TRAVAUX   INÉDITS.  383 

Hélix  acicula,  Studer,  Faunul.  HelveL,  in  Coxe,  Trav. 

Switz.,  III,  p.  431.  1739. 
Buccinum  terrestre  (pars),  Montagu,  Test.  Brit.,  p.  248, 

pi.  vin,  f.  3.  1803. 
Bulimus  acicula,  Studer,  Kurz.  Verzeichn.,  p.  88.  1820. 
Cionella  acicula  (pars),  Jeffrey  s,  Syst.  test.,  in  ïrans.  Linn., 

t.  XVI,  2e  part.,  p.  347.  1830. 
Styloides  acicula,  Fitzinger,  Syst.  Verzeichn..  p.   105. 

1833. 
Acicula  acicula,  Beck,  Ind.  Moll.,  p.  79.  1837. 
Achatina  acicula,  Rossmassler,  Iconogr.  (IX  et  X),  f.  658. 

1839. 
Caecilioides  acicula,  Beck,  in  Amtl.  Ber.  vers.  Kiel,  p.  122. 

1846. 
Glandina  alba?  Albert,  DieHelic,  p.  199.  1850. 

Cette  espèce  est  bien ,  à  présent,  une  de  celles  dont  il 
est  le  plus  difficile  d'établir  la  synonymie  ;  nous  venons  de 
citer  les  auteurs  qui  paraissent  avoir  connu  le  véritable 
type. 

Afin  qu'il  n'existe  plus  maintenant  aucun  doute  sur 
Yaçicula,  nous  allons  en  donner  une  nouvelle  description 
d'après  des  échantillons  authentiques  du  nord  de  l'Alle- 
magne. 

Testa  minuta,  elougata,  gracili,  diaphana,  polita,  albida;  apicc 
obtuso;  aufractibus  6  vix  convexiusculis  sutura  vix  marginata  sepa- 
ratis  ;  ultimo  1/3  longitudinis  superante  ;  apertura  oblcmga  ;  peristo- 
mate  acuto,  simplice,  recto;  margine  dextro  vix  antrorsum  arcuato  ; 
columella  vix  arcuata  ac  truncata  et  ad  basim  aperturœ  fere  attin- 
gente;  marginibus  tenui  callo  juactis. 

Coquille  petite,  allongée,  turriculée,  grêle,  diaphane, 
lisse  et  blanchâtre.  Sommet  obtus,  six  tours  de  spire  un 
peu  convexes,  séparés  par  une  suture  à  peine  marginée. 
Dernier  tour  de  spire  surpassant  le  tiers  de  la  longueur 
totale. 

Ouverture  oblongue,  à  péristome  simple,  aigu  et  droit; 
bord  extérieur  à  peine  arqué  en  avant;  columelle  peu  ar- 


384  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Août  1856.) 

quée,  à  peine  tronquée  et  atteignant  presque  la  base  de 
l'ouverture.  Bords  marginaux  réunis  par  une  faible  callo- 
sité. 

Long.,  5  mill.  —  Diam.,  1  mill. 

Se  rencontre  surtout  dans  la  partie  nord  de  l'Allema- 
gne. —  Très  -rare  en  Angleterre.  —  Nous  la  connaissons 
en  France  ,  où  elle  est  peu  commune  ,  des  départements 
de  l'Oise  et  de  l'Aube,  ainsi  que  des  environs  de  Paris. 

Cecilianella  anglica. 

Buccinum  terrestre  (altéra  pars),  Montagu,  Test.  Brit., 

p.  248,  pi.  vin,  f.  3.  1803. 
Cionella  acicula  (altéra  pars),  Jeffrey  s,  Syn.  test.,  in  Trans, 

Linn.,  t.  XVI,  2e  part.,  p.  347.  1830. 
Achatina  acicula,  Lovell  Reeve,  Conch.,  syst.  g.  Achat., 

pi.  xx,  fig.  3.  Juin  1849. 

Testa  elongata,  gracili,  diaphana,  polita,  albida;  apice  obtuso;  ao- 
fractibus  6  convexiusculis,  sutura  profunde  separatis;  ultimo  1/3 
longitudinis  aequante;  apèrtura  oblOago-rotundata;  peristomate  sim- 
plice,  acuto,  recto  ;  roargioe  dextro  vix  arcuato  ;  columella  arcuata 
ac  sat  truncata ,  ad  basim  aperturœ  non  attingente  ;  marginibus 
tenui  callo  junctis. 

Coquille  allongée,  grêle,  diaphane,  lisse  et  blanchâtre  ; 
sommet  obtus  ;  six  tours  de  spire  convexes,  séparés  par 
une  suture  profonde  et  non  marginée.  Dernier  tour  de 
spire  égalant  le  tiers  de  la  longueur  totale.  Ouverture 
presque  arrondie,  malgré  tout  un  peu  oblongue,  à  péri- 
stome  simple,  droit  et  aigu.  Columelle  arquée,  fortement 
tronquée  et  n'atteignant  pas  la  base  de  l'ouverture ,  dont 
les  bords  marginaux  sont  réunis  par  une  faible  callosité. 

Long.,  8  mill.  —  Diam.,  1  mill.  1/2. 

Habite  l'Angleterre. 

Cette  espèce  se  distingue  de  X acicula  par  sa  taille  pluâ 
considérable,  ses  tours  de  spire  plus  convexes,  sa  suture 
plus  profonde  et  non  marginée  ;  surtout  par  son  ouverture 


TRAVAUX    INÉDITS.  385 

plus  arrondie  et  sa  columelle  fortement  tronquée,  qui 
n'atteint  point  la  base  de  l'ouverture. 

CECILIANELLA    LlESVILLEI. 

Bulimus  acicula,  Bruguière,  Encycl.  méth.,  vers.,  Impar- 
tie, p.  311.  1789. 

Àchatina  acicula,  Lamarck,  An.  S.  Vert.,  t.  VI,  p.  133. 
1822. 

Cette  espèce ,  qui  est  très-commune  en  France ,  surtout 
dans  la  partie  septentrionale  de  notre  pays ,  est  celle  qui 
(à  notre  avis)  se  trouve  désignée  par  tous  les  auteurs  de 
faune  locale  sous  le  nom  d'acicula. 

Bruguière  est  le  seul  qui  en  ait  donné  une  bonne  des- 
cription, et  il  a  parfaitement  bien  indiqué  la  callosité  tu- 
berculeuse qui  orne  l'ouverture  de  cette  petite  coquille  (1). 

Voici  la  description  de  cette  nouvelle  Caecilianelle,  que 
nous  dédions  à  notre  ami  M.  de  Liesville,  d'Alençon. 

Testa  minuta,  turrito-oblonga,  gracili,  polita,  diaphaua,  albida; 
apice  obtuso;  anfractibus  6  planiusculis ,  sutura  superficiali-dupli- 
cata  separatis;  ultimo  1/3  longitudinis  superante  ;  apertura  piri- 
formi-oblonga ;  peristomate  acuto,  simplice,  recto;  margine  dextro 
antrorsum  vix  arcuato;  columella  recta,  vix  ad  basim  apertura$ 
truncata  ;  margiuibus  tenui  callo,  in  medio  penultimi  ventre  obso- 
lète unicalloso,  junctis. 

Coquille  de  faible  taille,  oblongue,  turriculée,  grêle, 
diaphane,  lisse  et  blanchâtre.  Sommet  obtus,  six  tours  de 
spire  presque  plans,  séparés  par  une  suture  assez  bien 
marquée,  entourée  inférieurement  d'une  seconde  ligne 
peu  prononcée  imitant  une  rainure  suturale.  Dernier  tour 
surpassant  le  tiers  de  la  longueur  totale.  Ouverture  piri- 
forme,  à  péristome  aigu,  droit  et  simple.  Bord  droit,  peu 
arqué.  Columelle  droite,  à  peine  tronquée,  et  atteignant 


(1)  «  Son  ouverture  est  oblongue  et  un  peu  renflée  au  milieu. 
(Brug.,  Encycl.  méthod.,  p.  311.) 

2°  skrik.  t,  vin.  Anuée  1856.  25 


380  REV.  ET  MAC.  DE  ZOOLOGIE.    (Août  4856.) 

presque  la  base  de  l'ouverture.  Bords  marginaux  réunis 
par  une  faible  callosité,  présentant,  sur  la  convexité  de 
F  avant-dernier  tour,  une  éminence  tuberculeuse  obsolète. 

Long.,  4  à  5  mill.  —  Diam.,  1  mill.  1/2. 

Cette  Caecilianelle  est  très-répandue  en  France;  nous  la 
connaissons  du  département  de  l'Oise,  de  l'Aube,  de  la 
Seine,  de  l'Orne,  etc.  —  Bien  que  nous  ne  l'ayons  jamais 
vue  du  Midi,  nous  ne  doutons  point  qu'elle  ne  doit  égale- 
ment s'y  trouver. 

C^CILIANELLA    RAPHIDIA. 

Testa  pyramidato-oblonga,  graeili,  diaphana,  polita,  albida  ;  apice 
paululum  obtuso;  anfractibus  6  convemisculis,  sutura  duplicata 
separatis;  ultimo  1/3  longitudinis  non  attingente;  apertura  oblongo- 
rotundata;  peristomate  acuto,  simplice,  recto;  margine  dextro  an- 
trorsum  sat  arcuato;  columella  paululum  arcuata;  truncata,  vix  ad 
basim  aperturœ  attingente  ;  marginibus  tenui  callo,  in  medio  penul- 
timi  ventre  unicalloso,  junctis. 

Coquille  oblongue,  pyramidale,  grêle,  diaphane,  lisse 
et  blanchâtre  ;  sommet  un  peu  obtus,  malgré  tout,  mame- 
lonné. Six  tours  de  spire  un  peu  convexes,  séparés  par 
une  suture  nettement  marquée,  entourée  inférieurement 
d'une  seconde  ligne  imitant  une  rainure  suturale.  Dernier 
tour  de  spire  n'égalant  pas  le  tiers  de  la  hauteur  totale. 
Ouverture  oblongue-arrondie  ,  à  péristome  simple  ,  droit 
et  aigu  ;  bord  droit  assez  arqué  en  avant  ;  columelle  un 
peu  arquée,  tronquée  et  atteignant  presque  la  base  de 
l'ouverture.  Bords  marginaux  réunis  par  une  faible  callo- 
sité, présentant  sur  la  convexité  de  l'avant-dernier  tour 
un  petit  tubercule  assez  saillant. 

Long.,  4  mill.  1/2.  —  Diam.,  1  mill.  1/2. 

Habite,  en  Algérie,  les  environs  de  Mostaganem  (Bron- 
del). 


TRAVAUX     INÉDITS.  387 

Mémoire  sur  les  gale-lnsectes  de  l'Olivier,  du  Citronnier, 
de  l'Oranger,  du  Laurier-Rose,  et  sur  les  maladies  qu'ils 
y  occasionnent  dans  la  province  de  Nice  et  dans  le  dé- 
partement du  Var,  par  le  docteur  J.  B.  Robineau-Des- 
voidy.  (Voir  1856,  p.  121,  180,  277.) 

Plus  loin,  l'auteur  ajoute  :  «  Les  Oliviers  infestés  par 
«  les  Kermès,  vus  d'un  peu  loin,  paraissent  être  singuliè- 
«  rement  vigoureux.  La  sève  extravasée,  délayant  les  ex- 
«  créments  des  insectes,  prend  une  couleur  noire  et  teint 
«  de  cette  manière  les  feuilles  et  les  branches.  On  sait 
«  qu'un  Olivier  affaibli  ne  présente  que  des  rameaux  jau- 
«  nés;  ici  l'affaiblissement  est  comme  masqué.  Il  faut  voir 
«  de  près,  sur  ces  arbres,  le  peu  de  longueur  des  pousses 
«  et  leur  maigreur,  pour  s'assurer  du  déplorable  état  au- 
«  quel  ils  sont  réduits.  » 

Ainsi  Bernard,  cet  habile  et  judicieux  observateur,  a 
constaté  la  morfée  sur  le  littoral  français.  Il  se  trompe 
sur  la  cause  du  noir  imprimé  aux  arbres  malades;  mais  il 
écrit  que  cette  affection  est  due  aux  piqûres  du  Kermès. 
C'est  donc  en  France  que  cette  affection  pathologique  de 
l'Olivier  fut,  pour  la  première  fois,  attribuée  à  des  insec- 
tes. Mais  Bernard  ne  l'a  point  vue  à  l'apogée  de  sa  puis- 
sance; il  ne  l'a  vue  qu'à  Hyères,  qu'à  Cannes,  où  elle 
cause  déjà  de  très-grands  désordres.  Pour  apprécier  la 
fureur  de  ce  fléau,  il  faut  le  voir  dans  la  province  de  Nice, 
où  l'extrême  fertilité  du  sol  permet  aux  Oliviers  la  plus  ri- 
che végétation,  et  par  conséquent  aspire  une  alimenta- 
tion toujours  abondante  et  succulente  aux  hôtes  qu'elle 
doit  nourrir. 

Loquez  écrivait  en  1806  :  «  Peu  contente  de  dénaturer 
«  les  jardins  et  de  les  rendre  stériles,  la  morfée  vient  d'en 
«  franchir  les  barrières  et  de  se  placer  aussi  sur  les  Oli- 
«  viers.  Ce  nouveau  domicile,  qu'elle  veut  choisir,  doit 
«  faire  trembler  les  cultivateurs...  Il  ne  manquerait  plus  à 
<<  ce  pays,  pour  être  entièrement  ruiné,  que  la  propagation 


388  REV.  ET  MAC  DE  ZOOLOGIE.   (Août  1856.) 

«  d'une  telle  infection  sur  ces  végétaux  précieux,  qui  font 
«  son  unique  ressource.  » 

Mais  Loquez  était  dans  l'erreur  sur  l'époque  de  l'appa- 
rition de  la  morfée  sur  l'Olivier  en  la  province  de  Nice. 
D'après  une  narration  de  Fodéré,  elle  y  existait  peut-être 
depuis  un  demi-siècle ,  puisqu'en  1798  le  canton  de  La- 
verna  venait  d'en  être  infesté  pendant  trente  ans  (Fodéré, 
Voyage  aux  Alpes  maritimes,  1821,  t.  II,  p.  97  et  sui- 
vantes). Il  est  difficile  d'avoir  un  plus  mauvais  guide  que 
Loquez. 

Fodéré,  qui  ne  semble  pas  avoir  connu  le  travail  de 
Loquez,  pense  aussi  que  cette  morfée  est  due  à  des  pi- 
qûres de  Kermès.  D'après  les  renseignements  fournis  par 
les  cultivateurs  du  pays,  il  ajoute  «  qu'elle  attaque  plus 
«  particulièrement  les  Oliviers  placés  dans  les  terroirs 
«  gras,  humides,  exposés  aux  brouillards,  placés  dans  les 
«  bas-fonds  ou  dans  les  conques  des  vallées.  » 

La  morfée  sur  l'Olivier  ne  serait  donc  pas  d'une  ori- 
gine aussi  récente  que  plusieurs  auteurs  le  présument. 
Mon  opinion  est  qu'elle  date  de  l'introduction  même  de 
l'Olivier,  qui  fut  apporté  sur  les  côtes  de  la  Ligurie  avec 
ses  Kermès,  qui,  à  l'instar  d'une  foule  d'autres  insectes, 
n'occasionnaient  que  des  dégâts  peu  appréciables.  Mais, 
lorsque  la  culture  des  arbres  à  feuilles  persistantes  eut  été 
poussée  à  l'excès,  l'Olivier,  comme  l'Oranger,  comme  le 
Citronnier,  fut  appelé  à  nourrir  une  espèce  de  Kermès. 
Lorsqu'on  eut  accumulé  ces  arbres  sur  des  champs  privi- 
légiés, avec  la  surabondance  des  récoltes  on  obtint  aussi 
des  générations  infinies  d'animaux  qui  ne  tardèrent  pas 
à  rompre  le  juste  équilibre  où  ils  avaient  vécu  jusqu'à  ce 
jour.  D'hôtes  et  de  convives  peu  dangereux  dans  les  vues 
primitives  de  la  nature,  l'homme  s'était  fait  des  légions 
d'ennemis  qui  apportent  le  ravage,  la  stérilité,  et  enfantent 
des  maladies  effroyables  encore  plus  désastreuses  qu'eux- 
mêmes. 

Lorsque  j'avance  que  le  Kermès  Oleœ  a  dû  être  introduit 


TRAVAUX   INÉDITS.  389 

avec  l'Olivier  même,  c'est  que  j'estime  qu'il  appartenait 
originairement  à  cet  arbre;  mais  je  n'en  ai  pas  la  certi- 
tude. Je  base  mon  opinion  principalement  sur  le  silence 
des  auteurs ,  qui  ne  l'ont  jamais  signalé  dans  les  serres. 

Quoi  qu'il  en  soit,  cet  animal  est  aujourd'hui  répandu 
avec  une  profusion  incroyable.  La  province  de  Nice  n'a 
pas  un  seul  arbre  qui  n'en  soit  infesté.  Dans  plusieurs 
localités,  il  fait  reconnaître  sa  sinistre  présence  par  d'af- 
freux ravages.  Les  Oliviers  d'Antibes,  de  Cannes,  d'Hyè- 
res  sont  à  peu  près  dans  le  même  état  qu'à  l'époque  où 
Bernard  écrivait  ;  mais  le  pays  de  Nice  et  la  principauté 
de  Monaco,  que  j'ai  visités,  offrent,  dans  leurs  vallées  les 
plus  fertiles,  un  spectacle  tout  à  fait  repoussant  et  l'aspect 
de  la  plus  déplorable  ruine.  Le  cœur  saigne  et  l'imagina- 
tion se  trouble  à  la  vue  de  pareils  désastres. 

La  tristesse  augmente  encore  à  l'idée  qu'un  pareil  état 
de  choses  menace  d'être  continuel ,  et  qu'il  n'aura  peut- 
être  pas  d'autre  fin  que  la  perte  totale  de  ces  arbres  ,  na- 
guère si  ravissants  et  si  précieux,  car  le  mal  fait,  chaque 
jour,  des  progrès  sensibles.  Plus  étendu  et  plus  destruc- 
teur qu'il  y  a  trente  ans,  il  occupe  aujourd'hui  tout  le  pays; 
qui  sait  si  une  circonstance  favorable  ne  lui  permettra 
pas  de  tout  détruire,  ainsi  qu'Hyères  vient  de  l'éprouver 
pour  ses  Orangers? 

A  l'exception  de  quelques  cantons  du  Var,  la  France , 
selon  moi,  ne  court  pas  risque  d'une  catastrophe  aussi 
générale  pour  ses  Oliviers  ,  qui ,  dans  le  Languedoc  et  la 
majeure  partie  de  la  Provence,  ne  sont  que  des  nains,  des 
avortons,  des  buissons,  toujours  distants  entre  eux,  bien 
aérés,  peu  touffus  et  ne  laissant  que  peu  de  chances  soit 
à  la  multiplication  des  Kermès,  soit  à  l'extension  de  la 
morfée  :  leur  faiblesse  est  peut-être  la  condition  de  leur 
salut. 

Mais  le  Kermès  Oleœ  ne  borne  pas  ses  ravages  au  seul 
Olivier.  Il  s'est  jeté  sur  le  Citronnier,  sur  l'Oranger,  dont 
il  a  parfois  chassé  les  habitants  naturels;  souvent  il  par- 


390  KEV.  ET  MAG.  DE   ZOOLOGIE.   (Août  1856.) 

tage  la  proie  avec  eux.  On  peut  même  rencontrer  ces  di- 
vers hôtes  sur  la  même  tige  et  sur  la  même  feuille,  de 
sorte  que,  si  ces  arbres  venaient  à  perdre  leurs  ennemis 
spéciaux,  notre  Kermès  se  chargerait  de  les  remplacer. 
Son  excessive  multiplication  le  rend  encore  plus  dange- 
reux queux ,  et  je  le  regarde  comme  l'insecte  qui  con- 
tribue le  plus  à  l'état  déplorable  des  contrées  dont  je 
parle. 

Ainsi  le  Coccus  Adonidum  ,  le  Kermès  Hesperidum  et  le 
Kermès  Oleœ,  non  contents  du  mal  qu'ils  font  par  eux- 
mêmes,  mettent  leurs  efforts  en  commun  ;  ils  s'entendent 
pour  participer  à  la  même  table ,  comment  les  végétaux 
résisteraient-ils  ? 

Le  Kermès  Oleœ  s'est  pareillement  jeté  sur  le  Laurier- 
Rose,  qu'il  défigure  bientôt,  qu'il  couvre  de  ruine  et  qu'il 
ne  tarde  pas  à  faire  périr.  Bernard  l'avait  déjà  observé 
sur  le  Myrte;  aujourd'hui  il  attaque  quantité  d'autres 
végétaux,  ainsi  que  je  l'exposerai  plus  loin.  En  peu  de 
mots,  cet  insecte  joue  déjà  et  est  destiné  à  jouer  le  rôle  le 
plus  actif  et  le  plus  considérable  parmi  ses  congénères. 

Sur  le  Kermès  Aonidum,  Linn. 

Nous  devons  encore  à  Linné  la  description  du  Kermès 
qui  vit  sur  les  Laurinées,  et  qu'il  nomme  Coccus  Aonidum. 
Ce  naturaliste  ne  l'a  point  rencontré  dans  les  serres  d'Eu- 
rope ;  il  se  contente  de  dire  qu'il  habite  sur  la  Cannelle,  in 
Canellia,  que  quelques  auteurs  ont  changée  contre  le  mot 
Camellia,  in  Camellia.  Il  le  décrit  probablement  d'après 
des  échantillons  étudiés  sur  des  branches  de  Cannelle  ar- 
rivée des  grandes  Indes. 

Cet  insecte,  sans  doute  introduit  sur  quelque  Laurinée, 
a  fait  invasion  dans  l'Europe  méridionale.  A  Nice,  il  ha- 
bite sur  la  plupart  des  Lauriers  cultivés.  Sa  population 
est  incroyable  à  Hyères  et  à  Toulon,  où  il  attaque  les 
végétaux  des  familles  les  plus  distantes  entre  elles.  Il  s'est 
installé  comme  un  véritable  indigène  dans  les  jardins 


TRAVAUX     INÉDITS.  301 

d'Hyères,  où  il  se  jette  sur  tous  les  végétaux  qui  l'envi- 
ronnent. Chez  M.  Denis ,  il  les  couvre  en  totalité,  depuis 
le  Phormium  tenax  jusqu'au  Caroubier,  qui  est  encore  in- 
tact à  Nice. 

Comme  l'introduction  de  cet  insecte  paraît  récente, 
nous  avons  lieu  de  redouter  en  lui ,  d'après  sa  marche  , 
un  ennemi  tout  à  fait  dangereux  soit  pour  les  végétaux 
de  nos  contrées  méridionales ,  soit  pour  ceux  cultivés 
dans  nos  serres. 

Je  termine  ici  mes  observations  sur  les  maladies  des 
arbres  à  feuilles  persistantes  qu'on  cultive  dans  les  con- 
trées chaudes  de  la  France  ;  dans  un  autre  travail,  je  trai- 
terai des  Kermès  du  Figuier,  de  la  Vigne ,  ainsi  que  des 
légions  d'Aphidiens  et  d'Acariens  qui  affligent  et  tour- 
mentent cette  précieuse  végétation.  J'ai  voulu  établir  que 
la  morfée,  cette  hideuse  affection  des  arbres  à  feuilles 
persistantes,  n'est  qu'un  résultat  et  non  une  cause.  Pour 
la  produire,  il  suffit  d'isoler  une  branche  saine,  et  de  la 
couvrir  ensuite  de  Cochenilles  et  de  Kermès;  on  ne  tarde 
pas  à  la  voir  se  couvrir  du  cryptogame  maudit.  Faites 
que  d'un  Laurier-Rose  les  Kermès  passent  sur  un  Mimosa, 
sur  un  Phormium ,  sur  un  autre  Laurier;  faites  qu'ils  s'y 
complaisent,  ils  auront  bientôt  engendré  la  maladie. 

J'ai  rappelé  l'attention  du  naturaliste  sur  ces  quatre 
espèces  de  Gale-Insectes  déjà  décrites  et  dont  on  con- 
naissait les  habitudes,  et  qui,  à  l'exception  du  Kermès 
Oleœ>  n'avaient  encore  été  observées  que  dans  les  serres. 
Linné,  en  raison  de  leur  domicile  sur  les  arbres  aroma- 
tiques et  toujours  verts  des  contrées  les  plus  chaudes,  leur 
imposa  les  noms  glorieux  de  Coccus  Adomdum  ,  de  Coccus 
Hesperidum  et  de  Coccus  Aonidum.  Pour  lui  comme  pour 
Geoffroy,  c'étaient  des  insectes  exotiques  rapportés  des 
pays  lointains  et  torréfiés  par  le  soleil.  A  l'exemple  de 
leurs  végétaux  nourriciers,  ces  insectes  n'entretenaient  en 
Europe  leur  existence  qu'à  l'abri  d'habitations  vitrées  et 
sous  l'influence  d'une  chaleur  artificielle  :  mais  aujourd'hui 


392  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.    (Août  1856.) 

ils  ont  quitté  leur  prison  :  sous  des  climats  favorables,  ils 
ont  retrouvé  en  plein  air  les  arbres  de  leur  première  pa- 
trie. La  nature  a  sur-le-champ  repris  ses  droits.  Le  Coccus 
Adonidum  s'est  de  nouveau  installé  sur  les  Citronniers,  le 
Kermès  Hesperidum  sur  les  Orangers,  le  Kermès  Aonidum 
sur  les  Laurinées,  ainsi  que,  plusieurs  siècles  auparavant, 
le  Kermès  Olem  avait  suivi  l'Olivier.  Des  végétaux  étran- 
gers avaient  été  transportés  sur  des  plages  nouvelles,  leurs 
insectes  les  y  ont  reconquis.  Dans  leur  nouvelle  patrie, 
plantes  et  animaux  ont  trouvé  des  conditions  favorables 
à  un  excessif  développement.  Les  plantes  ont  répondu 
d'abord  par  de  riches  produits  à  la  cupidité  des  cultiva- 
teurs; mais  les  insectes  se  sont  accrus  dans  la  même  pro- 
portion. Comme  aucun  obstacle  et  comme  aucun  ennemi 
sérieux  ne  s'opposaient  à  leurs  générations  pressées,  ils 
n'ont  pas  tardé  à  devenir  des  causes  de  maladies,  de  sté- 
rilité, et  la  mort  pour  leurs  nourriciers. 

Ces  faits  sont  positifs  et  au-dessus  de  toute  contestation. 
Leur  récit  ne  pourrait-il  nous  guider  dans  nos  études  sur 
ces  grandes  maladies  qui  affligent  aujourd'hui  l'agricul- 
ture sur  tous  les  points  de  l'Europe? 

Je  donne  la  liste  des  végétaux  infestés  par  les  Gale- 
Insectes  dans  le  jardin  de  M.  Denis,  à  Hyères,  et  dans  les 
serres  du  jardin  botanique  de  l'hôpital  de  Saint-Mandriez, 
à  Toulon,  dans  la  seconde  quinzaine  d'avril. 

Jardin  de  M.  Denis. 

Le  Kermès  Aonidum  couvre  les  tiges  et  les  feuilles  du 

Phormium  tenax , 

Acacia  quadrivalvis , 

Mimosa  lophanta , 

Les  Nériums. 
Il  les  fait  souvent  périr. 

Cet  insecte  s'est  même  établi  sur  un  pied  de  Caroubier 
planté  dans  ce  jardin. 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  393 

Le  Kermès  Hesperidum  couvre  les  Orangers,  les  Citron- 
niers, les  Nériums. 

Serres  du  jardin  botanique  de  l'hôpital  de  Saint-Mandriez , 
à  Toulon.  [Extrait  de  mon  Journal.) 

Le  Kermès  Aonidum  abonde  sur  le  Zamia  dentata  et  sur 
le  Strelitzia  Reginœ. 

Le  Ficus  australis  est  couvert  de  YAearus  blanc  du  Ficus 
carica. 

Le  Murraya  exotica  a  la  morfée  produite  par  le  Kermès 
Hesperidum. 

Sur  le  Canna  indica  prédominent  1°  le  Kermès  Hespe- 
ridum ,  2°  le  Coccus  Adomdum  ,  3°  le  Kermès  Aonidum  , 
4°  YAearus  des  serres  [Acarus  calidiorum,  Rob.-Desv.). 

Le  Carolinea  princeps  est  occupé  par  le  Coccus  ADONI- 
DUM. 

Le  Bananier  est  occupé  par  YAearus  des  serres  et  par  le 
Coccus  Adonidum  ;  sa  tige  est ,  en  outre ,  couverte  par  le 
Kermès  Aonidum. 

Le  Coffra  indica  est  occupé  par  le  Coccus  Adonidum  , 
qui  occupe  encore  le  Poivrier,  et  un  Solanum  arborescent, 
avec  grande  compagnie  de  I'Acarus  calidiorum. 

Le  Ficus  elastica  est  occupé  par  le  Kermès  Hesperidum. 

Le  Ficus  Binjamim  et  le  Castaneo-Carpus  australis  ont 
la  morfée  produite  par  le  Kermès  Hesperidum. 


II.     SOCIETES     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  28  juillet  1856.  —  M.  le  secrétaire  perpétuel 
signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la  correspondance, 
un  Mémoire  de  M.  Jœger  sur  une  nouvelle  espèce  d'Ich- 
thyosaure  [Y  Ichthyosaurus  longirostris). 

((  Le  nom  que  j'ai  donné  à  cette  espèce,  dit  M.  Jaeger, 


394  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.   (Août  1856.) 

lui  a  été  donné  presque  en  même  temps  par  M.  Owen, 
d'après  un  autre  spécimen  déposé  au  Muséum  britanni- 
que, et  décrit  par  feu  M.  Mantell.  J'apprends  qu'on  en  a 
également  trouvé  un  en  France,  et  je  pense  que  cette  cir- 
constance ajoutera  quelque  intérêt  à  ma  description  du 
fossile  provenant  du  lias  du  Wurtemberg.  » 

M.  Larlet  adresse  une  Note  sur  un  grand  Singe  fossile  qui 
se  rattache  au  groupe  des  Singes  supérieurs. 

«  Les  restes  fossiles  du  Singe  dont  il  est  ici  question, 
dit  M.  Lartet,  proviennent  d'un  banc  d'argile  marneuse 
en  exploitation  au  bas  du  plateau  sur  lequel  est  bâtie  la 
ville  de  Saint-Gaudens,  et  à  l'entrée  de  la  plaine  de  Va- 
lentine,  qui  s'étend  de  là  jusqu'aux  premiers  contre-forts 
des  Pyrénées.  M.  Fontan  a  recueilli,  dans  le  même  lieu,  des 
ossements  de  Macrothérium,  de  Rhinocéros,  de  Diocerus 
elegans,  etc.,  qui  m'ont  paru  identiques  aux  espèces  des 
mêmes  genres  antérieurement  découvertes  à  Sansan.  Ces 
mammifères  appartiennent  essentiellement  à  nos  terrains 
tertiaires  moyens  (miocènes),  car  on  retrouve  aussi  leurs 
débris  dans  les  {aluns  de  la  Touraine. 

«  Les  morceaux  de  ce  Singe,  que  M.  Fontan  m'a  chargé 
de  présenter  en  son  nom  à  l'Académie,  consistent  en  deux 
moitiés  d'une  mâchoire  inférieure  tronquées  dans  leurs 
branches  montantes,  plus  un  fragment  de  la  face  anté- 
rieure de  cette  mâchoire  où  s'implantaient  les  incisives. 
On  a  trouvé  en  même  temps  un  humérus  épiphysé  à  ses 
deux  extrémités.  » 

Après  avoir  comparé  avec  soin  cette  portion  de  mâ- 
choire à  la  dentition  des  nègres  du  Gabon,  du  Chimpanzé, 
du  Gorille,  des  Orangs  et  des  Gibbons,  l'auteur  termine 
ainsi  :  «  En  résumé,  le  nouveau  Singe  fossile  vient  évi- 
demment se  placer,  avec  des  caractères  supérieurs  à  cer- 
tains points  de  vue,  dans  le  groupe  des  Simiens,  qui  com- 
prend déjà  le  Chimpanzé,  YOrang,  le  Gorille  et  le  petit 
Singe  fossile  de  Sansan  [Pliopithecus  antiquus,  Gerv.).  Il 
diffère  de  tous  ces  Singes  par  quelques  détails  dentaires 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  395 

et,  plus  manifestement  encore,  par  le  raccourcissement 
très-sensible  de  la  face.  La  réduction  des  incisives  s'al- 
liant  à  un  grand  développement  des  molaires  indique  un 
régime  essentiellement  frugivore.  Le  peu  que  l'on  connaît, 
d'ailleurs,  de  l'ossature  des  membres  dénote  plus  d'agilité 
que  d'énergie  musculaire.  On  serait  donc  ainsi  conduit  à 
supposer  que  ce  Singe-,  de  très-grande  taille,  vivait  habi- 
tuellement sur  les  arbres,  comme  le  font  les  Gibbons  de 
l'époque  actuelle  ;  aussi  proposerai-je  de  le  désigner  par 
le  nom  générique  de  Dryopithecus  (de  drus,  arbre,  chêne, 
et  pithekos,  singe).  En  le  dédiant  comme  espèce  au  natura- 
liste éclairé  à  qui  la  paléontologie  est  redevable  de  cette 
importante  acquisition,  ce  serait  le  Dryopithecus  Fontani. 

«  On  comptera  donc  en  Europe  six  Singes  fossiles  :  deux 
en  Angleterre,  le  Macacus  eocenus,  Owen,  et  le  Macacus 
pliocenus,  id.;  trois  en  France,  le  Pliopithecus  antiquus,  le 
Dryopithecus  Fontani  et  le  Semnopithecus  monspessulanus, 
qui  est  probablement  le  même  que  le  Pithecus  maritimus 
de  M.  de  Christol.  Enfin  le  Singe  de  Pikermi,  en  Grèce, 
nommé  par  M.  A.  Wagner  Mezopithecus  pentelicus. 
M.  Gaudry  et  moi  proposons,  dans  notre  mémoire  sur  les 
ossements  fossiles  de  Pikermi,  qui  sera  présenté  prochai- 
nement à  l'Académie,  de  rattacher  ce  Singe  au  groupe  des 
Semnopithèques,  sous  le  nom  de  Semnopithecus  pentelicus. 

M.  P.  Gerçais  adresse  une  Notice  sur  les  gisements  de 
l'Anthracotherium  magnum,  et  en  fait  connaître  un  nou- 
veau découvert  par  M.  Lacaze  père.  Ce  naturaliste,  de 
Montferrand  du  Gers,  a  constaté  qu'il  y  a  aussi  des  restes 
d' Àntracothériums  proprement  dits  à  Bonrepos ,  sur  la 
limite  des  départements  de  la  Haute-Garonne  et  du  Gers. 

Séance  du  4  août  1856.  —  M.  Valenciennes  lit  une  Note 
sur  une  nouvelle  espèce  de  Filaire  trouvée  sous  la  peau  d'un 
Guépard.  Il  pense  avec  raison  et  assure  que  les  zoologistes 
liront  avec  intérêt  les  nouvelles  observations  qu'il  vient 
de  faire,  parce  que  cette  espèce  présente  plusieurs  traits 
de  conformation  analogues  à  ceux  que  l'on  connaît  d'un 


396  REV.  ET  MAC  DE  ZOOLOGIE.  [Août   1856.) 

Nématoïde  voisin,  très-connu  sous  le  nom  de  Ver  de  Mé- 
dine,  et  qui  habite  de  même  sous  la  peau  des  pattes 
ou  du  ventre  de  ce  Mammifère. 

Après  avoir  rappelé  ce  que  l'on  sait  du  Ver  de  Médine 
[Filaria  medinensis),  le  savant  professeur  raconte  comment 
a  été  trouvée  la  nouvelle  espèce,  après  la  mort  d'un  Gué- 
pard originaire  du  Kordofan  ;  il  ajoute  qu'elle  lui  paraît 
différer  de  la  Filaria  medinensis,  et  il  propose  de  la  nom- 
mer Filaria  œthiopica. 

MM.  Gaudry  et  Lartet  présentent  les  Résultats  des  re- 
cherches paléontologiques  entreprises  dans  l'Attique  sous  les 
auspices  de  l'Académie. 

Les  auteurs  rappellent  les  résultats  de  leurs  recherches 
et  présentent  la  description  des  espèces  qu'ils  ont  déjà  pu 
dégager  de  leur  gangue.  Ces  espèces  sont  les  suivantes  : 
Semnopithecus  pentelicus  ,  —  Macrotherium  pentelicum  ,  — 
Thalassictis  robusta ,  —  Hystrix  primigenius  ,  —  Sus  ery- 
manthius?  —  Capra?  Amalthœa,  —  Camelopardalis  Duver- 
noyl  et  Attica. 

«  Les  Mammifères  sont  presque  les  seuls  vertébrés  dont 
nous  ayons  rencontré  des  vestiges.  Nous  avons  recueilli 
quelques  os  de  Gallinacés.  Nulle  trace  de  Reptile  ou  de 
Poisson  n'a  encore  été  signalée. 

«  C'est  de  la  faune  de  Cucuron  (département  de  Vau- 
cluse)  que  celle  de  Pikermi  se  rapproche  davantage  ;  or, 
d'après  M.  Coquand,  le  dépôt  de  Cucuron  est  placé  entre 
la  molasse  et  les  marnes  subapennines.  Ainsi  Pikermi ,  à 
en  juger  par  sa  faune,  serait  d'un  âge  intermédiaire  entre 
la  période  tertiaire  moyenne  et  la  période  tertiaire  supé- 
rieure. Dans  un  prochain  Extrait  que  nous  aurons  l'hon- 
neur de  remettre  à  L'Académie,  nous  chercherons  à  prou- 
ver que  les  données  géologiques  semblent  corroborer 
cette  opinion.  Si  les  Macrothériums,  les  Dinothériums,  les 
Mastodons  entraînent  la  supposition  de  vastes  étendues 
couvertes  de  végétaux ,  les  Girafes,  les  troupes  d'Anti- 
lopes et  d'Hipparions,  animaux  essentiellement  coureurs. 


SOCIÉTÉS    SAVANTES.  397 

nous  portent  également  à  imaginer  la  présence  de  plaines 
immenses  là  où  se  trouve  aujourd'hui  l'étroit  espace  de 
terre  que  nous  nommons  la  Grèce.  Nous  étudierons  les 
bouleversements  qui  d'abord  ont  substitué  à  la  mer  num- 
mulitique  le  continent  sur  lequel  vécurent  tant  d'animaux 
aujourd'hui  fossilisés,  et  plus  tard  ont  abaissé  une  partie 
de  ce  continent  au-dessous  de  la  surface  des  eaux.  » 

M.  Dumas  présente,  au  nom  de  l'auteur,  M.  André- 
Jean,  une  Note  sur  les  procédés  au  moyen  desquels  il  par- 
vient à  améliorer  une  race  de  Vers  à  soie,  et  met  sous  les 
yeux  de  l'Académie  des  cocons  provenant  d'une  même 
race  avant  et  après  l'amélioration. 

M.  de  Quatrefages  insiste  sur  la  détresse  croissante  des 
éleveurs  du  Midi  et  pense  que  des  recherches  suivies  sur 
les  lieux  mêmes  peuvent  être  nécessaires  pour  reconnaître 
à  quoi  tient  un  phénomène  qui  frappe  l'industrie  des  soies 
à  sa  source  même. 

Séance  du  11  août  1856.  —  M.  de  Quatrefages  donne 
lecture  d'une  lettre  qui  lui  a  été  adressée  par  M.  Àngli- 
viel,  de  Valleraugue,  et  dans  laquelle  ce  sériciculteur  parle 
de  la  situation  lamentable  dans  laquelle  se  trouvent  les 
éducateurs  du  Midi.  Il  résulte  de  cette  lettre  que  M.  An- 
gliviel  a  remarqué  qu'en  général  une  première  graine 
de  cocons  d'origine  étrangère  donne  de  la  graine  bonne , 
mais  qu'une  nouvelle  ponte  obtenue  avec  les  produits  de 
cette  dernière  graine  donne  des  produits  infectés. 

Dans  notre  longue  pratique  expérimentale  à  Sainte- 
Tulle,  nous  allons  plus  loin  ,  car  nous  avons  reconnu  que 
l'on  peut  établir,  d'une  manière  presque  absolue,  que  des 
cocons  provenant  d'une  graine  étrangère  excellente,  qui  a 
donné  une  magnifique  éducation,  produisent  de  la  graine 
qui  ne  donne  qu'un  très-mauvais  résultat  l'année  suivante. 
Il  y  a  là,  évidemment,  défaut  d'acclimatation,  et  ce  ne 
serait  qu'en  persévérant  à  subir  des  produits  mauvais, 
puis  médiocres  et  successivement  meilleurs,  que  l'on  pour- 
rait arriver  à  mettre  ces  Vers  à  soie  en  harmonie  avec  le 


398  HEV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.   (Août  1856.) 

nouveau  milieu  dans  lequel  on  veut  les  introduire,  comme 
nous  l'avons  fait,  M.  Eugène  Robert  et  moi,  pour  notre 
race  acclimatée  et  améliorée  à  Sainte-Tulle ,  en  y  consa- 
crant plus  de  dix  ans  de  soins  assidus  et  coûteux.  Du 
reste,  nous  n'avons  cessé  de  demander  des  études  sé- 
rieuses sur  ce  grave  sujet,  et  nous  avons  fait  plus,  nous 
nous  en  sommes  occupé  avec  dévouement,  et  depuis  plus 
de  dix  ans,  dans  une  sorte  de  haras  de  Vers  à  soie  fondé  et 
soutenu  par  nos  seules  ressources  à  Sainte-Tulle.  Malheu- 
reusement nos  recherches  n'ont  pu  être  faites  dans  des 
conditions  aussi  favorables  qu'il  l'aurait  fallu  et  sur  une 
échelle  convenable,  parce  que  nous  avons  presque  toujours 
été  abandonné  à  nos  propres  forces.  Malgré  cela  et  grâce 
au  zèle  non  moins  grand  de  notre  ami  M.  Eugène  Robert, 
de  Sainte-Tulle,  nous  avons  pu  nous  livrer  à  des  études 
qui  ont  eu  des  résultats  pratiques  très-satisfaisants,  mais 
qui  ne  peuvent  se  généraliser,  faute  de  moyens  d'action. 
Nous  croyons  donc,  comme  les  deux  académiciens,  qu'il 
est  urgent  que  des  recherches  soient  poursuivies  ;  mais  il 
faut  qu'elles  aient  lieu  principalement  dans  la  grande  pra- 
tique, dans  les  pays  de  grande  production,  afin  que  leurs 
résultats  soient  applicables  et  ne  demeurent  pas  à  l'état 
de  théories. 

Nous  avons  fait  connaître  nos  observations  sur  la  race 
dite  d' André-Jean  et  Bronski  dans  cette  Revue,  p.  295; 
nous  ajouterons  que  notre  opinion  coïncide  avec  celle 
d'une  commission  de  la  Société  impériale  et  centrale 
d'agriculture  qui  a  été  chargée  de  suivre,  pendant  notre 
absence,  l'éducation  faite,  cette  année,  à  Neuilly. 

MM.  Gaudry  et  Lartet  présentent  la  suite  de  leurs  i?e- 
cherches  paléontolo  gigues  entreprises  dans  l'Attique  sous  les 
auspices  de  l'Académie.  —  Cette  deuxième  partie  est  con- 
sacrée à  Y  Histoire  géologique  de  la  contrée  où  vécurent  les 
animaux  enfouis  à  Pihermi. 

M.  le  préfet  de  l'Aube  transmet  une  lettre  de  M.  H.  Drouët, 
naturaliste,  demeurant  à  Troyes,  qui,  près  de  faire  un 


SOCIÉTÉS  SAVANTES.  399 

voyage  aux  Açores  dans  un  but  scientifique,  demande  à 
l'Académie,  d'une  part,  des  instructions,  et,  de  l'autre, 
une  somme  d'argent  destinée  à  couvrir  les  dépenses  du 
voyage. 

D'après  une  décision  déjà  ancienne  de  l'Académie, 
toute  demande  faite  dans  des  circonstances  semblables 
ne  peut  être  prise  en  considération  qu'autant  qu'elle  est 
appuyée  par  la  section  compétente  ;  en  cas  d'un  avis  favo- 
rable, elle  est  ensuite,  comme  toute  question  financière , 
soumise  à  la  commission  administrative.  En  conséquence, 
l'Académie  renvoie  à  l'examen  de  la  section  de  zoologie 
la  lettre  de  M.  Drouèt;  on  y  joindra,  comme  pièce  à 
l'appui,  la  lettre  de  M.  le  préfet  de  l'Aube,  où  se  trouvent 
indiqués  les  noms  des  diverses  personnes  qui  s'intéressent 
à  l'expédition  projetée. 

Séance  du  18  août  1856.  —  M.  Claude  Bernard  lit  des 
Recherches  expérimentales  sur  la  température  animale,  d'où  il 
résulte  «  1°  que  l'appareil  digestif  fait  éprouver  au  fluide 
sanguin  un  réchauffement  constant,  de  telle  sorte  que  dans 
cet  appareil  le  sang  veineux  est  plus  chaud  que  le  sang 
artériel. 

«  2°  Le  sang  qui  sort  de  l'appareil  digestif  par  les  veines 
hépatiques  est  une  source  constante  de  calorification  pour 
le  sang  qui  va  au  cœur  par  la  veine  cave  inférieure.  Nous 
pouvons  même  ajouter,  dès  à  présent,  que  c'est  la  princi- 
pale ;  car  nulle  part  dans  le  système  circulatoire  le  sang 
n'est  aussi  chaud  que  dans  les  veines  hépatiques,  et  nos 
tableaux  d'expériences  montrent  que  chez  les  animaux  les 
plus  vigoureux  cette  température  peut  atteindre  41°,6  cen- 
tigrades. 

«  3°  Parmi  les  organes  qui  concourent  au  réchauffe- 
ment du  sang  dans  l'appareil  digestif,  le  foie  occupe  le 
premier  rang;  d'où  il  résulte  que  cet  organe  doit  être 
considéré  comme  un  des  foyers  principaux  de  la  chaleur 
animale.  » 

M.  Coste,  en  présentant  l'atlas  de  son  Histoire  générale 


400  REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  [Août  1856.) 

et  particulière  du  développement  des  corps  organisés,  donne 
une  sorte  d'analyse  rapide  des  principaux  résultats  de  ses 
travaux  sur  cet  important  sujet. 

Le  même  académicien  donne  des  nouvelles  de  ses  ex- 
périences de  pisciculture  au  bois  de  Boulogne. 

M.  M.  Millier  adresse  de  nouvelles  Remarques  sur  la 
réponse  de  M.  Rouget  présentée  dans  la  séance  du  30  juin 
1856. 

M.  Marcel  de  Serres  adresse  une  Note  sur  Z'Echinus  livi- 
dus  de  F  Océan  considéré  comme  une  espèce  perforante. 

Dans  cette  note,  l'auteur  établit  que  certaines  espèces 
de  Pholades  et  de  Pétricoles  sont  perforantes  dans  des 
localités  et  ne  le  sont  pas  dans  d'autres,  et  il  en  conclut 
qu'il  peut  en  être  de  même  de  YEchinus  lividus,  qui  n'a 
jamais  été  observé  dans  des  cavités  pratiquées  par  lui 
dans  la  Méditerranée. 


TABLE    DES   MATIERES. 

Page*. 

E.  Rousseau.  —  Dentition  des  Cétacés.  353 

Puciieran.  —  Notices  mammalogiques.  362 

Duméril  (Au g.).  —  Note  sur  les  Reptiles  du  Gabon.  369 

Bourguignat.  —  Aménités  malacologiques.  378 

Rohineau-Desvoidy.  —  Gale-Insectes  de  l'Olivier,  etc.  387 

Académie  des  sciences.  393 


1MP.    DU    Mme   Ve    BOUCUARD-HUZARD  ,    RUE    DE    l/ÉPERON,    5* 


DIX-NEUVIÈME    ANNÉE.  —  SEPTEMBRE    1856. 


I.  TRAVAUX  INEDITS. 

Note  sur  un  nouveau  genre  d'oiseaux  de  l'ordre  des 
.Pigeons;   par  S.   A.  Monseigneur  le  prince  Charles 
Bonaparte  (pi.  xvm)  (1). 

«  Depuis  longtemps  je  désirais  donner  un  témoignage 
public  de  mon  estime  et  de  mon  amitié  au  professeur 
Serres,  anatomiste,  physiologiste  et  médecin,  qui,  après 
avoir  fondé  l'enseignement  de  l'anthropologie  au  jardin  des 
Plantes  et  en  avoir  inauguré  les  galeries ,  siège  si  digne- 
ment dans  la  première  chaire  scientifiquesde  France,  dans 
celle  des  Blainville  et  des  Cuvier. 

«  Je  ne  saurais  trouver  une  plus  belle  occasion  que  la 
dédicace,  sous  le  nom  de  Serresius  galeatus,  du  grand 
Pigeon  si  éminemment  caractérisé  que  les  Kanacs  des 
Marquises  désignent  sous  le  nom  d'Upe. 

«  Une  membrane  revêtue  de  plumes  squamiformes,  très- 
dilatée  sur  la  base  du  bec,  à  bords  papilleux,  et  qui  peut- 
être  se  relève,  durant  la  vie,  en  guise  de  caroncule,  suffi- 
rait seule,  avec  les  tarses  emplumés,  à  distinguer  ce  beau 
genre  Carpophagien  de  tous  les  autres.  La  taille  de  l'es- 
pèce, qui,  en  grandeur,  ne  le  cède  que  d'un  tiers  aux 
Gourides,  empêche  aussi  qu'on  ne  puisse  la  confondre 
avec  aucun  des  vrais  Pigeons  ïreromde  ou  Columbide. 

(t)  Nous  avons  annoncé,  dans  notre  numéro  de  décembre  1855, 
p.  593,  que  nous  donnerions  une  figure  de  ce  nouveau  genre.  Grâce 
à  l'obligeance  du  prince,  nous  pouvons  la  publier  aujourd'hui,  d'après 
un  magnifique  dessin  que  S.  A.  a  fait  exécuter  à  cet  effet. 

2e  série,  t.  vm.  Année  1856.  26 


402  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

«  Sa  grande  taille  et  le  singulier  organe  qu'il  porte  sur 
le  bec  font  que  nous  n'hésitons  pas  à  lui  assigner  sa  place 
dans  la  série  des  Carpophagiens  avant  le  genre  Globicera , 
de  manière  à  le  constituer  en  chef  de  file  de  sa  sous-fa- 
mille. Malheureusement  nous  n'en  possédons  que  la  tête, 
les  pattes  et  une  aile  ;  mais  ces  débris  caractéristiques  sont 
suffisants  à  prouver  que  l'espèce  est  d'un  bon  tiers  plus 
forte  que  les  plus  grandes  Muscadivom  connues.  Le  bec 
mesure  11/2  pouce,  et  ses  doigts  sont  plus  longs  que  ceux 
du  grand  Goura  couronné. 

«  Sa  tête  et  la  partie  du  cou  qui  l'avoisine  sont  d'un 
fuligineux  violâtre  ,  moins  foncé  sur  les  joues  ,  et  beau- 
coup plus  clair  sur  le  front  ;  les  petites  plumés  serrées  et 
squamiformes  qui  revêtent  la  membrane  rostrale  sont 
blanches;  cette  membrane  en  forme  de  feuille,  et  que  l'on 
peut  comparer  à  la  visière  de  certains  casques ,  s'étend 
sur  les  trois  quarts  du  bec,  qu'elle  déborde  de  chaque 
côté.  Le  bec  est  d'un  noir  mat.  Les  pieds  sont  d'un  noir 
bleuâtre ,  les  tarses  robustes  et  courts  ;  les  doigts  latéraux, 
parfaitement  égaux  en  longueur,  dépassent  fort  peu  le 
pouce,  très-développé,  et  n'atteignent  qu'à  l'ongle  du  doigt 
du  milieu  :  les  longues  plumes  touffues  qui  recouvrent  les 
tarses  plus  bas  sur  les  côtés  et  postérieurement  sur  le 
devant  sont  noirâtres.  Les  ailes  et  la  queue  sont  d'un  vert- 
bouteille  très-foncé,  chaque  penne  étant  d'un  noir  mat 
intérieurement",  et  entièrement  fuligineuse  en  dessous  :  la 
première  rémige  égale  en  longueur  la  sixième  ;  la  seconde 
ne  dépasse  pas  la  cinquième  ;  la  troisième  et  la  quatrième 
sont  les  plus  longues  :  toutes  se  montrent  pleines  et  arron- 
dies, quoique  peu  larges. 

«  Ce  Pigeon,  fort  bon  à  manger,  semble  confiné  à  la 
partie  ouest  de  l'île  de  Noukahiva,  appelée  Fenua-taha 
par  les  indigènes,  et  où  les  chasseurs  ne  pénètrent  que 
rarement.  On  a  assuré  à  M.  Jardin  qu'il  est  plus  fréquent 
àOtahiti;  mais  j'ai  peine  à  le  croire,  ne  trouvant,  du 
reste,  pas  étonnant  qu'un  oiseau  si  remarquable  ait  un 


TRAVAUX   INÉDITS.  403 

nom  dans  la  langue  d'un  pays  où  on  l'importerait  seule- 
ment. Nous  avons  en  vain  cherché  notre  Pigeon  parmi  les 
nouvelles  espèces  de  MM.  Peale  et  Cassin  ;  la  Carpophaga 
lepida  de  ce  dernier  est,  sans  aucun  doute,  comme  le 
prouve  son  excellente  description,  notre  Globicera  rubri- 
cera;  mais  les  indications  relatives  à  la  planche  et  à  Y  ha- 
bitat  ne  sont  pas  exactes.  » 


Quatorzième  et  dernière  lettre  sur  l'Ornithologie  de  la 
France  méridionale;  par  le  docteur  J.  B.  Jaubert. 

Lestris.  —  Le  Stercoraire  pomarin  se  montre  quelque- 
fois en  Provence  ;  je  possède  deux  individus  capturés,  à 
long  intervalle,  sur  notre  rade  :  le  premier  est  un  jeune, 
pris  en  hiver;  le  second,  en  livrée  d'adulte,  vint  s'abattre 
au  mois  de  juin  1851  sur  la  plage  du  Prado,  où  il  se  laissa 
prendre  avec  la  main.  Le  L.  cepphus  (L.  Richardsonnii  de 
Temm.,  Gresp.  et  Bout.)  se  montre  plus  souvent  sur  nos 
côtes,  où  on  l'a  tué  dans  ses  diverses  livrées...  M.  de 
Montvallon  en  possède  plusieurs  exemplaires  capturés  sur 
l'étang  de  Berre. 

On  m'a  affirmé  que  le  L.  catarrhactes  [Catarracta  sknn, 
Brunn)  aurait  été  vu  près  de  Montpellier;  non-seulement 
je  n'ai  aucune  preuve  de  la  chose ,  mais  encore  je  puis 
supposer  qu'on  l'aura  confondu  avec  quelque  espèce 
voisine. 

Puffinus.  —  Les  P.  cinereus  et  P.  obscurus  sont  très- 
nombreux,  au  printemps  et  en  été,  sur  tout  notre  littoral... 
Ces  oiseaux  se  prennent,  à  cette  époque ,  dans  les  filets 
tendus  aux  Sardines,  et  j'ai  vu  des  pêcheurs  en  rapporter 
de  pleines  corbeilles;  ils  vivent  en  mer,  toujours  loin  des 
côtes,  et  ne  se  reposent  que  sur  les  rochers  escarpés  de 
nos  petites  îles  :  c'est  là  que  quelques  couples  déposent 
leurs  œufs  dans  les  crevasses  et  les  trous  de  Lapins,  en 
compagnie  du  Thahissidrome  tempête. 


40k    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

Je  ferai  remarquer,  au  sujet  de  la  seconde  espèce,  que 
c'est  bien  le  P.  obscurus  et  non  le  P.  Anglorum,  comme  le 

disent  les  auteurs,  que  nous  rencontrons  en  Provence 

Je  ne  sais  sur  quels  caractères  reposent  les  espèces  ou 

races  douteuses  P.  Kuhlii,  Boie,  et  P.  Yelkocm ;  mais 

notre  espèce  se  distingue  nettement  par  des  teintes  bien 
plus  claires  en  dessus  et  par  une  taille  un  peu  plus  forte 
que  celle  du  Manks...  Il  est,  en  outre,  caractérisé  par  les 
couvertures  inférieures  de  la  queue,  qui,  toutes,  sont 
blanches,  tapirées  de  brun.  Je  ne  puis  donner  ici  la  mesure 
exacte  de  cet  oiseau,  mais  il  est  bien  certain  qu'il  y  a  er- 
reur chez  M.  Degland,  qui  ne  donne  que  27  centimètres  à 
l'oiseau  à  teintes  plus  claires  en  dessus  (Puff.  obscurus), 
tandis  que  l'autre  en  mesurait  35...  Notre  oiseau  est  plus 
fort  que  celui  que  nous  recevons  du  Nord  ,  c'est  donc  lui 
qui  mesure  0m,35  (1). 

Thalassidroma.  —  Le  Thalassidrome  tempête  est  dans 
le  même  cas  que  les  deux  Puflins  de  l'article  précédent  : 
c'est  un  oiseau  très-commun  chez  nous  en  été,  et  que  per- 
sonne ne  voit...  Il  faut,  pour  le  connaître,  l'aller  dénicher, 
dans  les  rochers  qui  lui  servent  d'asile,  à  l'époque  de  l'in- 
cubation; c'est  là  qu'on  le  rencontre  par  milliers,  et  cha- 
que anfractuosité,  chaque  trou  un  peu  profond  contient 
quelquefois  plusieurs  couples  et  leurs  œufs  :  ceux-ci  sont 
ordinairement  au  nombre  de  deux.  Le  Th.  de  Leach  se 
montre  accidentellement  en  Provence  ;  il  vient  quelquefois 
sur  notre  marché,  où  l'espèce  précédente  n'est  jamais  ap- 
portée :  cela  tient,  sans  doute,  à  ce  que  le  Th.  de  Leach 
habite  moins  la  haute  mer  et  qu'il  vient  se  faire  tuer  sur 
nos  côtes.  Il  y  a  quelques  années,  un  chasseur  de  Mari- 
gnane en  abattit  plusieurs  sur  les  bords  de  l'étang  de 


(1)  Je  me  bornerai  à  rappeler  ici  ce  que  j'ai  dit  ailleurs  d'un  Pétrel 
damier  capturé  à  Hyères...  C'est  un  oiseau  qui  est  dans  les  mômes 
conditions  que  les  Diomeda  exulans  et  D.  chlororliynchos  dont  parle 


TRAVAUX    INEDITS.  405 

Berre.  On  m'a  signalé  le  Th.  de  Wilson  comme  ayant  été 
capturé  près  de  Montpellier  :  quelle  que  soit  la  foi  que 
j'ai  en  de  pareilles  assertions,  je  n'oserais,  sans  autre 
preuve,  en  prendre  sur  moi  la  responsabilité. 

Alca.  —  L'Alca  tarda ,  très-commune  en  janvier  et  fé- 
vrier, nous  quitte  en  mars,  époque  à  laquelle  les  vieux 
seulement  paraissent  avoir  déjà  pris  leur  robe  de  prin- 
temps. 

Uria.  —  Les  Guillemots  sont  des  oiseaux  du  Nord  que 
personne  encore  n'avait  signalés  dans  le  midi  de  la 
France...  Le  26  février  1853,  pour  la  première  fois,  j'en 
trouvai  cinq  ou  six  sur  le  marché  de  Marseille;  c'était 
XUr.  Troïle,  tué  sur  l'étang  de  Berre  :  deux  de  ces  oiseaux 
étaient  en  livrée  complète  de  noces,  un  seul  en  demi- 
livrée,  et  les  deux  ou  trois  autres  avec  leur  plumage  d'hi- 
ver... Un  de  ceux-ci  présentait,  sur  les  côtés  de  la  tête,  la 
ligne  blanche  caractéristique  de  XUr.  Ringvia;  c'était  le 
seul  ! 

Mormon.  —  M.  urcticus  nous  visite  en  hiver  et  au  prin- 
temps. Cet  oiseau  est  toujours  rare  dans  nos  parages  et  s'y 
montre  isolément  ;  il  est  même  probable  que  son  passage 
est  accidentel. 

Colymbus.  —  Nos  trois  espèces  européennes  se  mon- 
trent, en  Provence,  plus  communément  sur  nos  étangs 
qu'en  pleine  mer...  Nous  ne  les  voyons  guère,  au  reste, 
qu'en  hiver.  L'Imbrim  [C.  glacialis)  y  est  infiniment  plus 
rare  que  les  autres. 

Podiceps.  —  Je  trouve  dans  le  livre  de  M.  Degland , 
t.  II,  p.  505,  cette  phrase,  concernant  le  P.  cornutus  : 
«  Un  sujet,  provenant  d'Islande,  que  je  possède  est  sensi- 
«  blement  plus  fort  dans  toutes  ses  parties  que  ceux  tués 
«  en  France.  »  Cette  observation  confirme  et  résume  ce 
que  j'avais  à  dire  moi-même...  En  admettant  les  deux 
races  (je  ne  puis  croire  qu'il  y  ait  matière  à  espèce)  cornu- 
tus et  arcticus,  qui  se  distinguent,  en  effet,  par  des  diffé- 
rences de  taille  et  non  de  colorationf  c'est  à  la  plus  petke 


406    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

des  deux  que  nous  avons  affaire,  évidemment ,  en  France. 
Nos  sujets,  jeunes  presque  tous  ou  en  livrée  incomplète, 
ne  se  distinguent  de  ceux  du  Nord  que  par  un  bec  moins 
fort ,  car  il  est  impossible,  sur  des  peaux ,  de  déterminer 
la  taille  exacte  des  individus.  x\dmettons  donc  deux  races, 
si  l'on  veut,  et  deux  noms  :  Cornutus  pour  la  plus  petite, 
pour  la  méridionale,  et  Arcticus,  dénomination  certaine- 
ment faite  pour  des  sujets  du  Nord. 

Le  P.  lonrjirostri*  est  une  belle  et  bonne  espèce  dont , 
seulement,  je  ne  garantis  pas  la  présence  en  Sardaigne... 
Un  peu  supérieur  en  taille  au  P.  cristatus,  il  a  le  bec  plus 
long  que  le  tarse  et  légèrement  recourbé  en  haut ,  mesu- 
rant de  70  à  76  millimètres,  suivant  l'âge  des  individus. — 
L'adulte  est  noir  en  dessus,  blanc  en  dessous  ;  tête  et  der- 
rière du  cou  d'un  noir  profond  et  lustré  ;  joues  et  gorge 
d'un  cendré  noirâtre,  celle-ci  terminée,  en  bas,  par  une 
cravate  noire  ;  devant  et  côtés  du  cou ,  jusqu'à  la  hauteur 
des  ailes,  d'un  roux  très-foncé  en  haut,  plus  clair  en  bas; 
bec  et  tarses  brun  noirâtre  :  telle  est  la  livrée  de  noces. 
—  Le  jeune,  tel  qu'il  est  décrit,  a  toutes  les  parties  supé- 
rieures brunes,  toutes  les  parties  antérieures  blanches  ; 
c'est  l'analogue  du  P.  cristatus  au  même  âge  ;  on  remarque 
seulement ,  en  haut  et  sur  les  parties  du  cou,  les  indices 
de  la  coloration  rousse  assez  bien  prononcée...  Cet  oiseau 
a  beaucoup  de  rapports  avec  le  P.  rubricollw;  aussi  me 
paraît-il  évident  que  cette  livrée  du  jeune,  donnée  par 
Ch.  Bonaparte  et  par  Degland,  est  plutôt  une  livrée  de 
transition,  tandis  que  l'oiseau  véritablement  jeune  ne  doit 
présenter  aucune  trace  de  couleur  rousse.  Les  sujets  sur 
lesquels  j'ai  pris  ces  deux  descriptions  font  partie  des  col- 
lections de  la  ville  sous  le  nom  de  Grèbe...,  tout  court, 
sans  indication  de  localité!...  Leur  préparation  ne  laisse 
aucun  doute  sur  une  origine  exotique. 


TRAVAUX     INÉDITS.  407 

A  monsieur  le  rédacteur  en  chef  de  la  Revue  de  Zoologie. 

Gréouk,  2  juillet  185G. 
Monsieur, 

Après  avoir  si  longtemps  abusé  du  bienveillant  accueil 
que  vous  avez  fait  à  mes  observations  ornithologiques,  je 
vous  demanderai  la  permission  d'en  profiter  encore  pour 
revenir,  aussi  brièvement  que  possible,  sur  quelques-unes 
des  questions  les  plus  intéressantes  et  ajouter  quelques 
remarques  à  celles  déjà  faites. 

Deux  mots ,  d'abord ,  en  réponse  à  deux  lettres  de 
M.  Gerbe.  Je  répéterai  à  l'auteur,  au  sujet  de  la  première 
(Revt  zooL,  p.  349,  1854),  que  je  ne  puis  considérer  des 
espèces  évadées  d'un  jardin  zoologique  ou  de  tout  autre 
lieu,  des  espèces  dont  l'origine  est  au  moins  douteuse, 
comme  plus  intéressantes  (je  maintiens  le  mot)  que  cer- 
taines autres  dont  l'apparition  ,  quoique  consignée  dans 
des  travaux  antérieurs,  e6t  loin  d'avoir  été  expliquée,  dont 
la  synonymie  n'est  pas  éclaircie,  dont  la  description  est  à 
faire,  dont  les  migrations  sont  encore  un  problème,  etc.; 
mes  répugnances  à  admettre  les  premières  parmi  les 
oiseaux  d'Europe  me  paraissent  légitimes.  Plus  loin, 
M.  Gerbe  m'attribue,  bien  gratuitement  ce  me  semble, 
l'intention  de  faire  de  YAnas  formosa  un  hybride  :  la 
phrase  reproduite  *  et  qui  ne  suit  pas  immédiatement  ce 
que  j'appellerai  volontiers  un  fiors-d œuvre,  ne  saurait  être 
que  la  conclusion  des  deux  ou  trois  paragraphes  précé- 
dents, et  n'altère  en  rien  la  bonne  opinion  que  je  puis 
avoir  sur  le  compte  de  cet  oiseau  ;  en  le  mettant  en  qua- 
rantaine, je  l'ai  simplement  condamné,  comme  le  prince 
Ch.  Bonaparte,  à  faire  valoir  ses  droits  de  cité 

J'ai  certainement  commis  une  erreur  en  prenant  les 
synonymes  d'Aq.  rapax  pour  des  noms  de  Fringilles...., 
C'était  de  la  préoccupation,  quelque  chose  de  plus  si  l'on 
veut!...  mais  là  n'était  pas  le  point  capital,  quoique  nous 


408   kev.  et  mag.  de  zoologte.  (Septembre  1856.) 

eussions  un  pied  dans  la  question.  M.  Gerbe  paraît  tenir 
à  son  Aigle;  cependant  je  ne  suis  point  encore  revenu  de 
mon  étonnement,  je  l'avoue,  en  le  voyant  trouver  dans 
mes  preuves,  prétendues  insuffisantes,  une  confirmation  de 
ce  qu'il  avait  dit  lui-même.  Abstraction  faite,  bien  en- 
tendu, d'un  errata  qui  saute  aux  yeux  (1)  et  qui  n'est 
qu'un  simple  lapsus  sans  importance,  je  n'avais  rien  de 
plus  fort  à  donner,  comme  preuve,  que  la  description 
prise  sur  l'oiseau  lui-même.  Je  renverrai  donc  à  l'auteur 
l'accusation  d'assertion  hasardée,  en  l'invitant  à  relire  sans 

préoccupation  le  passage  cité Comment  M.  Crespon, 

en  parlant  de  Y  Aigle  impérial  qu'il  a  vu  chez  M.  Barthé- 
lémy, aurait-il  pu  avoir  sous  les  yeux  un  Aigle  ravisseur 

que  ne  possédait  pas  alors  notre  musée? Comment 

M.  Crespon,  s'il  eût  eu  devant  lui  un  Aigle  ravisseur,  au- 
rait-il vu  et  décrit  des  scapulairet  blanches?  Au  reste,  cou- 
pons court  à  cette  discussion  !  M.  Crespon,  avec  une  pho- 
tographie et  une  description  qu'il  m'adresse  [In  litt., 
26  mars  1855),  conclut,  avec  moi,  à  l'identité  de  son  sujet 
et  de  celui  du  cabinet  d'Arles.  Il  eût  été  difficile  à 
M.  Gerbe,  ayant  cet  oiseau  sous  les  yeux,  de  le  confondre 
avec  YAq.  rapax...,  sur  lequel  je  n'ai  pas  dit  mon  dernier 
mot. 

Pourquoi  n'avoir  pas  formulé  une  condamnation  contre 
Aq.  Barthelemyi ,  que  les  uns  nient  et  que  les  autres  réu- 
nissent bravement  au  Chrysaëtos,  heureux  peut-être  de 
trouver  un  caractère  spécifique  à  une  espèce  à  laquelle 
personne  ne  croit?...  Quelles  sont  les  raisons  qui  font 
rejeter  Aq.  Barthelemyi?...  Est-ce  qxiAq.  fulvus  est  un 
Aigle  à  scapulaires?  Et  parce  que  quelques  individus  en 
mue  auront  perdu,  en  totalité  ou  en  partie ,  ces  quelques 
plumes,  devrons-nous  n'accorder  aucune  importance  à  ce 
caractère?  Comment  expliquer  la  présence  si  fréquente 


(1)  Restituez  à  Aq.  rapax  les  mots  tué  à  Tunis,  et  à  Aq.  heliaca 
ceux  tué  à  Arles. 


TRAVAUX  INÉDITS.  ^09 

de  cet  oiseau  sur  certains  points  alors  qu'on  ne  le  ren- 
contre jamais  ailleurs?...  Une  seule  objection  possible  se 
présente  à  l'esprit  ;  c'est  qu'il  en  serait  de  l'Aigle  royal 
comme  d'une  espèce  voisine  chez  laquelle  on  a  ignoré 
jusqu'à  ce  jour  l'existence  de  scapulaires  blanches;  je 
veux  parler  de  YAq.  Bonelli,  qui,  à  tous  les  âges,  présente, 
à  la  naissance  de  l'aile,  un  petit  bouquet  de  plumes  blan- 
ches plus  apparentes  quand  elles  tranchent  sur  la  livrée 
fauve  du  jeune ,  mais  très-faciles  à  trouver  aussi  chez 
l'adulte  :  cette  particularité  ayant  passé  inaperçue  chez 
celui-ci  pourrait  avoir  été  oubliée  chez  l'autre!...  A  ceci 
je  répondrai  que  le  Bonelli  est  un  oiseau  connu  depuis 
peu  ;  que  ce  caractère  est  peu  apparent,  surtout  quand  il 
existe  sur  la  livrée  adulte.  Sur  quatorze  A.  Bonelli  que  j'a.i 
sous  les  yeux,  un  seul  est  totalement  privé  de  ces  scapu- 
laires et  un  autre  ne  les  possède  que  d'un  seul  côté  ;  le 
premier  était  un  oiseau  mort  en  captivité,  le  second  dans 
une  livrée  de  transition  et  en  mue  :  partant,  où  se  trouve 
le  Bonelli,  il  se  présente  avec  ce  caractère.  Nous  avons 
gardé  en  volière  des  Aq.  fulvus  et  des  Aq.  Barthelemiji  ; 
les  premiers  n'ont  jamais  présenté  la  moindre  plume 
blanche  à  l'épaule,  et,  si  les  seconds  les  ont  quelquefois 
perdues,  ce  n'a  été  que  pendant  un  temps  très-court,  pen- 
dant le  temps  de  la  mue.  Cette  observation,  renouvelée 
pendant  plusieurs  années  sur  un  certain  nombre  de  sujets, 
jointe  aux  considérations  déjà  énumérées,  nous  parut  suf- 
fisante pour  voir  dans  cet  Aigle  une  espèce  distincte!!!... 
Dans  une  autre  lettre  [Rev.  zool.,  p.  461, 1855),  M.  Gerbe 
réfute  avec  plein  succès,  je  le  confesse  cette  fois,  les  rai- 
sons sur  lesquelles  je  m'appuyais  pour  l'admission  d'une 
espèce  que  M.  ("aire  me  signalait  depuis  longtemps  comme 
bien  différente  de  la  Calamoherpe  palustris.  Si  j'avais  à 
soutenir  ici  ma  première  opinion,  et  toute  mauvaise  cause 
peut  se  plaider,  je  ferais  observer  à  M.  Gerbe  qu'en  par- 
lant des  auteurs  allemands  je  ne  pouvais  guère  faire  allu- 
sion à  M.  Degland  ;  que  ce  n'était  pas  de  sa  description 


410  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

qu'il  s'agissait,  mais  bien  de  celle  de  Temminck,  qui  don- 
nait de  cet  oiseau  une  diagnose  et  des  mœurs  s' éloignant 
de  ce  que  nous  en  savions  !  Je  me  borne  cependant  à 
m'accuser  d'un  peu  trop  de  précipitation ,  d'un  peu  trop 
de  confiance,  et  d'avoir  conclu  sur  des  matériaux  évidem- 
ment insuffisants.  M.  Caire  lui-même,  de  qui  j'étais  en  droit 
d'attendre,  après  la  réfutation  de  M.  Gerbe,  les  pièces  du 
procès,  a  mis  à  ne  pas  me  les  communiquer  une  lenteur 
par  trop  significative;  j'avais,  au  reste,  été  édifié  par 
quelques  échantillons  venus  d'Allemagne,  parmi  lesquels 
il  était  facile  de  reconnaître,  en  livrée  d'automne,  l'oiseau 
que  nous  ne  rencontrons  ici  qu'au  printemps  :  ces  mêmes 
conditions  se  présentent,  sous  nos  yeux,  chez  quelques 
espèces  voisines,  notamment  chez  la  C.  turdoïdes,  dont 
fourmillent  nos  marais.  Je  compte  sur  l'amitié  de  l'abbé 
Caire  pour  endosser,  en  partie,  la  responsabilité  de  cette 
faute,  et  sur  M.  Gerbe  pour  faire  oublier  un  nom  qui  n'au- 
rait jamais  dû  être  prononcé. 

Je  vous  demande,  monsieur  le  rédacteur,  la  permission 
d'ajouter  quelques  mots  en  supplément  à  ce  que  j'ai  déjà 
dit  : 

—  En  octobre  1855  fut  tué,  près  de  Grenoble,  un  Faucon 
que  l'on  m'envoya  sous  le  nom  de  F.  peregrinus;  c'était 
un  jeune  F.  lanarius  dont  je  constate  pour  la  première 
fois  la  présence  dans  le  midi  de  la  France.  Cette  livrée  de 
jeune  ressemble  à  la  livrée  correspondante  du  Pèlerin  : 
elle  s'en  distingue  cependant  par  la  disposition  des  taches 
des  parties  inférieures,  qui  sont  plus  larges  et  moins  nom- 
breuses, sur  un  fond  plus  clair;  par  l'étroitesse  des  mous- 
taches; par  la  coloration  plus  claire  du  derrière  de  la  tête. 
Il  me  paraît  bien  difficile  de  confondre  cet  oiseau  lors- 
qu'on a  sous  les  yeux  ou  dans  la  mémoire  les  diverses 
livrées  du  Pèlerin. 

—  La  vue  d'un  Gypaète  vivant  que  possède  le  jardin  zoo- 
logique de  Marseille  me  rappelait ,  il  y  a  quelques  jours  , 
à  l'esprit  une  opinion  que  j'avais  entendu  émettre  sur  la 


TRAVAUX     INÉDITS.  411 

coloration  roussûtre  des  plumes  de  cet  oiseau  :  chacun 
sait  que,  lorsqu'il  est  adulte  ou  qu'il  porte  une  livrée  usée, 
ses  plumes  du  cou,  et  même  de  la  poitrine,  sont  d'un  roux 
quelquefois  très-vif;  on  m'avait  dit  que  cette  coloration  se 
perdait  en  partie  par  le  lavage ,  ce  qui  laissait  supposer 
qu'elle  était  due  à  la  couleur  de  certaines  terres  ou  de 
certains  rochers  sur  lesquels  se  frotte  et  se  roule  l'oiseau... 
Cette  opinion  paraît  confirmée  par  l'absence  de  ces  teintes 
chez  les  individus  captifs,  où  le  blanc  apparaît  avec  à  peu 
près  toute  sa  pureté. 

N'est-ce  pas  un  fait  analogue  à  celui  que  nous  obser- 
vons chez  notre  Catharte,  dont  l'instinct  est  de  se  vautrer 
sur  les  immondices  dont  il  fait  sa  nourriture,  et  qui,  ne 
pouvant,  en  cage,  satisfaire  ce  besoin,  y  prend  une  livrée 
d'un  blanc  quelquefois  très-pur  ? 

—  J'ai  sous  les  yeux  le  dessin  d'un  Accipiter  nisus  com- 
muniqué par  M.  de  Sinetty,  qui  possède  cet  oiseau  :  c'est 
un  jeune  mâle  dont  la  tête  est  ornée  d'une  véritable  huppe 
composée  de  longues  plumes  blanches  maculées  de  brun 
à  leur  extrémité  et  disposées  comme  elles  le  sont  chez 
YUpupa  epops,  se  relevant  à  volonté  sous  l'impression  d'un 
sentiment  d'effroi  ou  de  courroux.  Cette  anomalie,  con- 
statée dernièrement  aussi  sur  une  Perdrix  rouge  tuée  dans 
les  environs  de  Gréoulx ,  s'observe  rarement  chez  les  es- 
pèces sauvages  :  quoique  curieux,  ce  fait  a,  sans  doute,  sa 
raison  d'être  dans  les  mêmes  causes  qui  amènent  cette 
particularité  chez  nos  espèces  domestiques. 

—  La  peine  que  j'ai  toujours  eue  à  distinguer  le  Strigi- 
ceps  cyaneus  femelle  de  la  femelle  du  Striyiceps  etnerascens, 
jointe  à  la  difficulté  de  trouver  des  caractères  distinctifs 
dans  la  coloration  de  ces  deux  oiseaux,  me  détermine  à 
placer  ici  en  parallèle  la  forme  de  l'aile  comme  moyen  de 
les  distinguer  : 


412  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

STRIGICEPS    CINERASCENS. 


STRIGICEPS    CYANEUS. 

La  lre  rémige  égale  les  2/3 
de  l'aile  et  égale  presque 
la  7e; 

La  2e  un  peu  plus  courte 
que  la  5e; 

La  3e  et  la  4e  les  plus  lon- 
gues. 


La  lre  rémige  égale  à  peu 

près  la  6e  ; 
La  2e  plus  courte  que  la  3e  ; 
La  3e  la  plus  longue; 
La  4e  plus  courte  que  la  3% 

moins  que  la  2e  ; 
La  5e  beaucoup  plus  courte 

que  la  2e. 

L'aile  du  premier  est  donc  beaucoup  plus  arrondie  que 
celle  du  second. 

—  Devons-nous  faire  de  notre  Mésange  des  Alpes  une 
espèce  distincte  de  la  Borealis ,  comme  finit  par  le  croire 
M.  Bailly,  de  Genève?...  J'aurais  bien  voulu  me  faire,  à 
ce  sujet ,  une  opinion  ;  mais  la  chose  me  paraît  aujour- 
d'hui presque  impossible,  grâce  à  l'inondation  qui,  du 
haut  de  nos  Alpes,  pénètre  fort  avant,  sans  doute,  vers  les 
régions  du  Nord.  Comment  ne  pas  se  décourager  devant 
toutes  ces  dépouilles  venues  de  si  loin  ,  dans  lesquelles  il 
est  si  facile  de  reconnaître  la  main  qui  les  a  préparées!... 
Le  commerce,  nous  le  savons,  tire  son  bien  d'où  il  peut  ; 
c'est  à  nous  de  nous  méfier  de  toutes  ces  facilités  d'échan- 
ges, au  milieu  desquels  la  probité  scientifique  la  plus  ro- 
buste peut  si  facilement  faire  naufrage! 

Une  particularité  que  je  n'ai  point  encore  vue  signalée 
est  l'existence,  chez  cet  oiseau  ,  qui  vit  chez  nous  sur  les 
mélèzes  et  les  sapins,  d'une  couche  de  résine  qui  recouvre, 
eu  hiver,  ses  tarses  et  ses  doigts...  La  patte  est  ainsi  enve- 
loppée d'une  croûte  épaisse  qui  semble  la  protéger  contre 
les  rigueurs  de  la  saison  ;  l'oiseau  s'en  débarrasse  en.  effet, 
ou  bien  elle  tombe  d'elle-même,  à  l'approche  du  prin- 
temps. 

—  S'il  ne  m'est  rien  permis  de  dire  sur  les  caractères 
distinctifs  de  notre  Mésange  boréale,  en  admettant  qu'il  en 
existe,  au  moins  signalerai-je,  en  passant,  quelques  diffé- 


TRAVAUX     INÉDITS.  413 

rences  chez  une  espèce  voisine,  Parus  palustris,  que  nous 
n'observons  chez  nous  que  de  passage.  Cet  oiseau  nous 
visite  en  octobre  et  d'une  manière  irrégulière  ;  il  fréquente 
les  coteaux  escarpés  recouverts  de  bois  bas  :  les  rares  in- 
dividus que  j'ai  pu  me  procurer  m'ont  paru  sensiblement 
plus  forts  que  ceux  que  j'avais  reçus  du  Nord,  plus  cen- 
drés sur  les  ailes  et  la  queue,  avec  les  flancs  et  les  sous- 
caudales  plus  blancs...  Est-ce  simplement  une  différence 
de  localité,  ou  bien  faut-il  y  voir  encore  une  espèce?  La 
seconde  de  ces  trois  propositions  est  la  seule  que  j'adopte 
pour  le  moment  ;  la  seule  qui  soit  applicable ,  selon  moi , 
à  la  P.  borealis,  la  seule  que  j'eusse  peut-être  dû  admettre 
à  l'endroit  de  cette  Calamoherpe ,  aussi  peu  palustris  que 
notre  Nonnette. 

—  En  parlant  de  YHirundo  rufula,  j'ai  commis  une  er- 
reur que  je  ne  saurais  laisser  passer.  Tout  ce  que  j'ai  dit 
d'une  prétendue  livrée  de  jeune  est  à  détruire...  Ma  des- 
cription, si  toutefois  elle  se  rapporte  à  un  jeune,  appar- 
tient plutôt  à  la  Melanocrissus  qu'à  tout  autre.  Quant  à  la 
rufula  de  Temminck,  qui  est  la  seule  dont  nous  ayons  à 
nous  occuper,  c'est  un  oiseau  assez  mal  connu,  ressem- 
blant beaucoup  à  la  daurica,  Linn.,  dont  elle  se  distingue 
cependant  par  des  stries  beaucoup  plus  fines ,  un  collier 
plus  large  et  une  queue  moins  longue...  Voici,  d'ailleurs, 
sa  description,  prise  sur  le  sujet  que  je  possède  :  dessus 
de  la  tête,  dos  et  ailes  noirs  ;  région  entre  le  bec  et  l'œil 
gris  brun;  un  vestige  de  sourcils  et  région  des  oreilles 
fauves,  avec  quelques  stries  brunes,  le  fauve  se  réunissant  à 
un  collier  très-étroit  en  dessus  ;  croupion,  en  dessus,  fauve 
jaunâtre  terminé  de  blanchâtre ,  avec  les  couvertures  su- 
périeures de  la  queue  noires  ;  celle-ci  très-fourchue,  noire, 
avec  ou  sans  tache  blanche  sur  la  rectrice  externe,  qui 
forme,  de  chaque  côté,  un  brin  plus  ou  moins  long,  sui- 
vant les  individus.  Dessous  du  corps  et  couvertures  in- 
férieures des  ailes  blanc  lavé  de  roussâtre  clair,  qui 
devient  plus  marqué  vers  les  flancs  et  surtout  à  la  région 


414   rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

de  l'anus,  où  il  se  fond  ,  sur  les  côtés,  avec  les  teintes  du 
croupion  ;  toutes  les  plumes  du  dessous  du  corps  ayant  le 
rachis  marqué  d'une  strie  noirâtre  très-fine;  couvertures 
inférieures  de  la  queue  comme  celles  du  ventre,  ayant  seu- 
lement leur  moitié  terminale  noir-acier;  bec  noirâtre; 
pieds  cornés  ;  le  pouce  et  l'ongle  médiocres,  presque  aussi 
longs  que  le  tarse  :  le  mâle  et  la  femelle  ne  diffèrent  pas. 
Longueur  totale.    .     .     .       0,16  1/2  à  0,17 

Ailes  fermées 0,11  1/2  à  0,12  1/2 

Queue 0,10        à  0,12 

Tarses 0,14 

Pouce 0,06  1/2 

Ongle  du  pouce.      .     .     .       0,06  1/2 
M.  de  Selys-Longchamps,  à  qui  je  dois  de  précieux  ren- 
seignements sur  le  groupe  des  Hirondelles  à  croupion  roux, 
me  paraît  hésiter,  et  avec  raison,  à  rattacher  cette  espèce 

à  la  daurica  de  Sibérie  et  même  à  Yalpestris  de  Pallas 

Adoptant  le  système  des  races  de  Schlégel ,  il  aurait  un 
grand  groupe  daurica  composé  des  variétés  : 

A.  H.  striolata,  Schlég.  —  Java. 

B.  japponica,  Schlég. — Japon. 
Q.  alpestris,  Pallas.  —  Sibérie. 
]).         daurica,  Linn.  —  Sibérie. 

E.  rufula,  Temm.  —  Eur.  mérid.,  Asie,  Afrique. 

F.  melanocrissa,  Rupp. — Abyssinie. 

G.  hyperytra,  Layard.  —  Ceylan. 

Nous  constaterons  ici  que  les  espèces  intermédiaires 
ont  beaucoup  d'analogie;  quant  aux  extrêmes,  les  diffé- 
rences qui  les  caractérisent  sont  bien  tranchées  déjà  et  ne 
laissent  aucun  doute  dans  l'esprit. 

—  Au  sujet  du  Turdus  Naumanni  (Naumann,  lab.  68), 
je  ferai  remarquer  que  l'oiseau  représenté  fig.  1  est  plutôt 
un  jeune  qu'un  adulte  ;  il  ressemble  ,  en  effet ,  beaucoup 
au  sujet  capturé  dans  les  environs  de  Marseille,  quoiqu'on 
ne  distingue  pas  nettement  chez  lui  les  teintes  rouge 
orangé  de  la  queue  et  du  croupion  que  présente  le  nôtre. 


TRAVAUX   INÉDITS.  415 

Quant  à  la  fig.  2  de  la  même  planche  représentant  un 
jeune,  je  la  trouve  conforme  à  la  description  de  ïadudr 
des  auteurs  et  le  considère  comme  tel.  La  planche  sui- 
vante représente  deux  âges  du  Turdus  Bechsteinii  [T.  atri- 
(jultuis,  Tenim.)  :  Yadulte  m'est  inconnu;  quant  au  jeune, 
j'ai  décrit  sous  ce  nom,  et  comme  se  trouvant  quelquefois 
en  Provence,  une  livrée  peu  conforme  à  la  fig.  2...  Les 
couleurs  foncées  de  la  poitrine  et  des  ailes  données  par 
Naumann  éloigneraient  cet  oiseau  du  nôtre,  dont  les  teintes 
sont  très-pàles.  Je  ne  puis  mieux  dépeindre  nos  jeunes 
qu'en  les  comparant  à  certaines  femelles  blafardes  du 
Merle  noir  chez  lesquelles  toutes  les  parties  inférieures  se- 
raient blanchâtres. 

—  J'ai  vu,  il  y  a  quelques  mois,  chez  M.  Loche ,  une 
Phyllopneusle  à  qui  le  nom  de  cinerea  serait  parfaitement 
applicable,  s'il  m'était  démontré  que  nous  n'avons  pas 
affaire  à  quelque  espèce  exotique,  et  si  je  ne  commençais 
à  mettre  en  doute  certaines  assertions  de  notre  capitaine- 
chasseur,  qui  prétend  aussi  l'avoir  tuée  dans  les  environs 
de  Montpellier.  Sa  taille  est  celle  du  Ph.  silvicola  [P.  si- 
bilatrix)  ;  les  parties  supérieures  sont  d'un  cendré  brun 
sans  aucune  teinte  verdâtre  ;  les  parties  inférieures  d'un 
blanc  assez  pur,  légèrement  ombré  vers  la  poitrine  et  les 
flancs;  le  sourcil  étroit,  peu  étendu  et  blanchâtre;  les 
tarses  et  le  bec  bruns ,  celui-ci  un  peu  comprimé  sur  les 
côtés  et  plus  grêle,  quoique  aussi  long.  L'aile  mesure 
0m,070,  la  queue  0m,053  :  chez  la  P.  sibilatriœ,  la  première 
serait  un  peu  plus  longue,  celle-ci  un  peu  plus  courte  ;  la 
différence  dans  les  rapports  des  rémiges  fait  que  l'aile  de 
cet  oiseau  est  plus  arrondie,  moins  pointue,  par  consé- 
quent, que  celle  de  la  sibilatriœ.  Ses  teintes  générales  le 
rapprochent  de  la  Ph.  Eversmanni ,  dont  il  se  distinguera 
toujours  par  une  taille  bien  plus  forte. 

—  UEmberiza  rustica ,  que  je  décrivais  (Rev.  zool., 
p.  223,  1833)  comme  adulte,  est  une  livrée  obtenue  en 


416  rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Septembre  1856.) 

volière  dont  j'avais  signalé  le  fâcheux  état  de  conserva- 
tion :  au  lieu  de  la  ligne  blanche  qui,  d'après  les  auteurs, 
occupe  à  cet  âge  le  milieu  de  la  tête,  je  n'avais  remarqué, 
chez  notre  sujet,  qu'un  très-petit  espace  blanc,  à  peine 
sensible,  vers  la  nuque...;  mais,  comme  l'oiseau  était  en 
mue  et  qu'une  partie  du  crâne  était  à  nu ,  j'avais  hésité  à 
consigner  le  fait ,  d'autant  plus  qu'un  sujet  vivant  que 
j'avais  vu  quelques  jours  auparavant  chez  M.  G.,  et  d'un 
peu  loin,  m'avait  paru  posséder  cette  raie  blanche...  Aussi 
avais-je  pris  un  terme  moyen,  en  disant  que  l'espace  blanc 
qui  occupe  le  centre  de  la  nuque  s'avançait  jusque  vers  le 
milieu  de  la  tête!  Mais  je  possède  aujourd'hui  deux  de  ces 
oiseaux  venant  du  nord  de  la  Russie,  évidemment  adultes, 
identiques  à  notre  type  local ,  sans  ligne  médiane  sur  la 
tête...  C'est  à  peine  si  à  l'occiput  se  montre  un  petit  espace 
blanc  circonscrit  par  le  noir  du  vertex  et  le  roux  de  la 
région  postérieure  du  cou  ;  l'un  d'eux  présente  cependant 
quelques  indices  de  blanc  sur  le  bord  usé  de  quelques- 
unes  des  plumes  médianes...  Nous  conclurons  de  ceci 
que  la  livrée  de  YEmb.  rustica  mâle,  au  printemps,  pré- 
sente cette  raie  blanche  dont  parlent  les  auteurs,  comme 
nous  l'avons  observé  chez  le  sujet  de  M.  G.,  et  que,  en 
avançant  dans  l'été ,  ce  caractère  disparaît  par  le  frotte- 
ment des  plumes;  la  livrée  complètement  usée  des  deux 
types  du  nord  de  l'Europe  qui  n'en  présente  plus  trace 
m'indique  une  époque  avancée  de  l'année,  et  c'était  en 
mue  d'automne  que  mourut  celui  du  musée.  A  cet  âge,  le 
blanc  de  la  gorge  qui  s'avance  sur  les  côtés  du  cou  ne  se 
confond  pas,  comme  je  l'ai  dit,  avec  le  blanc  de  la  raie  sour- 
cilière  ou  de  la  nuque;  les  deux  sourcils  sont  parfaitement 
distincts  et  isolés.  De  pareilles  erreurs  sont  faciles  quand 
on  a  sous  les  yeux  d'aussi  mauvaises  préparations  !  C'est 
ainsi  que  je  relèverai  encore  une  fausse  indication  au 
sujet  de  la  queue  :  la  seconde  rectrice  latérale  présente, 
dans  ses  deux  tiers  inférieurs,  une  ligne  blanche  assez 


TRAVAUX     INÉDITS.  417 

large  qui  suit  le  bord  interne  de  la  baguette,  comme 
chez  les  autres  Bruants;  la  queue,  telle  que  je  l'avais  in- 
diquée, appartient  au  jeune  en  automne. 
Veuillez  agréer,  etc. 

J.  B.  Jaubert. 


Note  sur  les  reptiles  du  Gabon,  par  M.  le  docteur  Aug. 
Duméril,  aide-naturaliste  au  Muséum  d'histoire  natu- 
relle, professeur  agrégé  à  la  faculté  de  médecine  de 
Paris.  (Voir  1856,  p.  369.) 

Crocodiliens.  —  Les  eaux  du  Gabon  nourrissent  un 
Crocodile  remarquable  par  l'allongement  ainsi  que  par  le 
peu  de  largeur  du  museau,  et  que  Bennet,  par  ce  motif,  a 
nommé  Cr.  leptorhynchus,  puis  M.  Gray  faux  Gavial.  Un  spé- 
cimen venant  de  cette  contrée,  acquis  en  1854,  est  tout  à  fait 
identique  à  un  autre  sujet,  originaire  de  l'île  de  Fernando- 
Po,  et  donné  au  Muséum  par  la  Société  zoologique  de 
Londres.  L'un  et  l'autre  ont  une  taille  de  lm,50  environ. 
Cette  espèce  paraît  être  vraiment  distincte  du  Cr.  à  nuque 
cuirassée  [C.  cataphractus),  Cuv.  Il  existe  cependant,  sur 
ce  point,  quelques  difficultés  que  j'ai  signalées  (1er  Mém. 
sur  les  Bept.  nouv.  ou  peu  connus  du  Mus.  de  Paris;  Arch. 
du  Mus.,  t.  VI,  p.  252).  — Deux  jeunes  sujets  du  Croco- 
dile vulgaire  ont  été  envoyés  par  M.  Aubry. 

Caméléoniens.  —  Plusieurs  de  ces  singuliers  Beptiles, 
si  nombreux  dans  l'Afrique  australe  et  à  Madagascar,  vi- 
vent sur  la  côte  occidentale  du  continent  africain  et  y  re- 
présentent des  espèces  particulières.  Ce  sont  les  suivan- 
tes :  Ch.  sencgalensis,  Cuv.;  Ch.  tricornis,  Gray;  Bibroni, 
Martin  [car.  prœced.?)',  cristatus,  Stutchburry,  de  l'île  de 
Fernando-Po  ;  ces  trois  derniers  manquent  à  nos  collec- 
tions ;  puis  Ch.  gracilis,  Hallowell,  originaire  de  Libéria  et 
décrit  par  ce  zoologiste  (Proceed.  Acad.  Pkilad.,  1841,  1. 1, 
p.  111,  et  Journ.  of  the  Acad.,  1842,  t.  VIII,  part,  n,  p.  324, 
2e  sérib.  t.  vin.  Année  1856.  27 


418  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

pi.  xviti)  :  nous  l'avons  reçu  par  ses  soins  ;  enfin  Ch.  di- 
lepis ,  Leach ,  dont  la  zone  d'habitation  paraît  assez  éten- 
due,  et  qui  a  été  trouvé  au  Gabon  par  le  zélé  correspon- 
dant du  Muséum. 

—  Les  autres  Sauriens  qu'il  a  fait  parvenir  ne  sont  pas 
nombreux,  mais  ils  offrent  tous  de  l'intérêt ,  soit  au  point 
de  vue  de  la  géographie  zoologique,  soit  à  cause  de  la 
rareté  des  espèces.  J'ai  déjà  parlé  du  Varan  du  NU,  dont 
la  présence  au  Gabon  confirme  ce  fait  que  l'espèce  se 
rencontre  dans  les  régions  les  plus  opposées  de  l'Afrique, 
puisque,  outre  les  exemplaires  égyptiens,  le  Muséum  a  des 
individus  recueillis  au  Sénégal,  sur  différents  points  de  la 
côte  occidentale  et  au  cap  dé  Bonne-Espérance.  C'est  de 
ce  dernier  point  que  le  Chalcidien  ptychopleure,  nommé 
par  Wiegmann  Gerrhosaurus  flavigutaris,  aVait  été  adressé 
à  diverses  reprises,  mais  nous  savons  à  présent  qu'il  vit 
également  dans  le  Gabon.  On  y  rencontre  aussi  deux  beaux 
Scincoidiens  trouvés  d'abord  à  Libéria,  et  que  M.  Hallo- 
well  a  nommés  Euprepes  Blûndingii  et  E.  striata  [Proceed. 
Acad.  Philad.,  t.  II,  p.  58,  1844,  et  t.  VII,  p.  98,  1854). 
Les  échantillons  de  ces  deux  espèces  donnés  par  l'Aca- 
démie sont  identiques  à  ceux  que  M.  Aubry  nous  a  en- 
voyés. 

Les  collections  de  ce  dernier  renferment  un  autre  Scin- 
coïdien  serpentiforme  que  le  zoologiste  américain  a  fait 
connaître  dans  ses  descriptions  des  Reptiles  de  Libéria 
{Proceed.  Acad.  Philad.,  avril  1852,  t.  VI,  p.  64).  Il  y  est 
nommé  À  confias  elegans,  mais  je  dois  faire  observer  que  cette 
espèce,  très -remarquable,  n'est  pas  un  véritable  Acontias, 
et  je  la  considère  comme  étant  le  type  d'un  genre  nou- 
veau. Si,  en  effet,  on  prend  pour  point  de  départ  de  la 
classification  des  Scincoidiens  les  caractères  fournis  par 
les  yeux,  ainsi  que  mon  père  et  Bibron  l'ont  nettement 
formulé  dans  le  t.  V  de  leur  Erpét.  gêner.,  p.  532-537,  et 
dans  le  tableau  synoptique  où  se  trouve  résumé  leur  mode 
de  classement,  il  faut  tenir  conlpte  tout  d'abord  de  la  dis- 


TRAVAUX     INÉDITS.  419 

position  de  ces  organes.  Ainsi,  la  peau  les  recouvre-t-elle 
de  façon  à  les  cacher  complètement ,  de  même  que  chez 
les  Serpents  aveugles  ,  ce  sont ,  en  raison  de  cette  analo-  . 
gie,  des  Typhlophthalnw,  tandis  que  ce  sont  des  Ophioph- 
thalmes  si,  comme  chez  la  plupart  des  Ophidiens,  l'œil 
est  placé  sous  une  paupière  unique  et  transparente.  11 
convient,  enfin,  de  réserver  la  dénomination  de  Sauroph- 
thaluic*  aux  espèces,  beaucoup  plus  nombreuses,  dont  les 
yeux  ont  généralement  deux  paupières,  mais  quelquefois 
une  seule,  l'inférieure,  qui  est  ou  transparente  ou  opaque. 
C'est  précisément  à  cette  dernière  catégorie  que  les  Acon>- 
tias  appartiennent.  Leur  paupière  unique  peut  à  peine 
recouvrir  l'œil ,  dont  le  volume  n'est  pas  considérable,  et 
qui  se  présente  sous  l'apparence  d'une  fente  horizontale. 
Chez  l'animal  nouveau,  il  est  parfaitement  circulaire,  pro- 
tégé par  une  écaille  transparente  et  non  par  une  paupière 
mobile  ;  ce  Saurien  est  donc  analogue ,  par  cela  même , 
aux  Ophiophthalmes.  Il  diffère,  d'ailleurs,  des  Acontia*, 
ainsi  que  M.  Hallowell  lui-même  l'a  indiqué,  par  la  lon- 
gueur proportionnelle  de  la  queue  et  par  la  direction  du 
sillon  postérieur  des  narines,  qui  est  courbe  au  lieu  d'être 
prolongé  directement  en  arrière. 

La  ressemblance  la  plus  remarquable  entre  le  Scincoïdien 
dont  il  s'agit  et  l'Acontias  consiste  dans  l'absence  com- 
plète des  membres;  mais  l'étude  attentive  des  Sauriens 
apodes  ou  à  membres  mal  conformés  montre  tant  de  mo- 
difications dans  le  nombre  et  dans  la  disposition  de  ces 
organes,  qu'on  doit  considérer  les  différences  qui  en  ré- 
sultent seulement  comme  des  caractères  secondaires.  Il 
importe  ,  au  reste  >  de  noter  que  ,  parmi  les  Ophiopthal- 
mes,  celui  qui  nous  occupe  est  le  seul  dont  les  pattes  aient 
complètement  disparu.  Il  représente  donc  un  genre  nou- 
veau dans  ce  groupe,  où  sont  compris  (Erpét.  génér.,  t.  V, 
p.  806-830)  deux  genres  à  quatre  membres ,  Àblépharc  et 
Gi/miio)>h(h«lni(>,  puis  trois  genres  munis  seulement  d'ap- 
pendices pelviens  mal  conformés  remplaçant,  d'une  façon 


420  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

très-imparfaite,  les  véritables  pattes  :  Lériste,  Hystèrope  et 
Lialis. 

Je  propose  de  nommer  et  d'exposer  la  caractéristique 
de  ce  nouveau  genre  ainsi  qu'il  suit  : 

Anélytrops  (1),  A.  Dum.  Genre  nouveau. 

Pas  de  vestige  de  paupières;  pas  de  membres;  narines  laté- 
rales percées  dans  la  rostrale,  à  sillon  courbe  dont  la  conca- 
vité est  dirigée  en  bas  et  en  avant;  palais  non  denté ,  à  rai- 
nure longitudinale;  dents  coniques;  langue  en  fer  de  flèche, 
squammeuse,  faiblement  échancrée  à  sa  pointe;  écailles  lisses; 
pas  de  pores  préanaux. 

Anélytrops  élégant,  Anélytrops  elegans,  A.  Dum.  [Àcon- 
tias  elegans,  Hallowell),  pi.  xxii,  fig.  1,  1  a,  1  b,  1  c  et  1  d. 

Je  renvoie ,  pour  les  détails ,  à  la  description  donnée 
par  le  savant  zoologiste  américain  et  à  la  figure  très-exacte, 
accompagnée  de  détails  ,  que  j'ai  fait  dessiner  sur  la 
pi.  xxii  ;  on  y  trouvera  toutes  les  particularités  relatives 
aux  plaques  de  la  tête  et  aux  écailles,  dont  je*  compte 
vingt-trois  rangs  longitudinaux,  tandis  que  M.  Hallowell 
en  indique  seulement  vingt;  mais  leur  disposition,  comme 
on  peut  le  voir  sur  les  figures  1  a  et  1  c,  implique  néces- 
sairement la  présence  d'un  nombre  impair.  Je  trouve ,  en 
outre ,  deux  plaques  anales.  Je  dois,  enfin,  signaler  le 
sillon  longitudinal  du  palais  non  mentionné  par  ce  natu- 
raliste, et  ce  fait  que  c'est  la  troisième  plaque  labiale  et 
non  la  deuxième  qui  monte  jusqu'à  l'œil.  —  Le  spécimen 
dû  à  M.  Aubry  est  unique. 

—  En  terminant  l'énumération  des  Scincoïdiens  rap- 
portés en  France  par  cet  habile  explorateur  du  Gabon ,  il 
me  semble  opportun  de  signaler  un  autre  Saurien  de 
cette  famille  également  originaire  de  la  côte  occidentale 
d'Afrique  et  compris  dans  une  collection  de  Reptiles  du 

(1)  De  ehvlçov,  enveloppe,  paupière;  de  îkJ,,  œil,  et  de  ci  priva- 
tif; dénomination  destinée,  comme  celles  de  Gymnophthalme  et 
d'Abléphare,  à  rappeler  la  nudité  de  l'œil  et  l'absence  de  paupières. 


TRAVAUX   INÉDITS.  421 

Sénégal  offerte  au  Muséum  par  M.  le  docteur  Guyon.  C'est 
un  Saurophthalme  analogue  aux  Seps,  à  quatre  membres 
peu  développés,  surtout  les  antérieurs;  il  offre,  dans 
la  différence  du  nombre  des  doigts  à  l'une  et  à  l'autre 
paire  de  pattes  une  combinaison  particulière ,  qui  ne  me 
paraît  pas  avoir  été  observée  jusqu'à  ce  jour.  Le  tableau 
synoptique  inséré  dans  YErpét.  gêner.,  t.  V,  en  regard  de 
la  p.  537,  permet  de  saisir  dans  une  vue  d'ensemble  ces 
variations  nombreuses ,  mais  constantes  pour  chaque 
genre.  J'en  ai  moi-même  fait  connaître  une  nouvelle  [Cal. 
Jlept.  Mus.  de  Paris,  p.  185),  et  qui  consiste  dans  la  pré- 
sence de  trois  doigts  en  avant,  tandis  que  les  membres 
postérieurs  n'ont  pas  de  divisions  digitales.  J'ai  nommé 
ce  Scincoïdien,  recueilli  dans  la  ïasmanie  par  M.  J.  Ver- 
reaux,  Anomalopus  Verreauxii. 

La  disposition  qui  se  remarque  dans  l'espèce  nouvelle 
est  la  suivante  :  quatre  doigts  en  arrière  et  deux  en  avant. 
Elle  devient  le  type  du  genre  suivant  : 

Anisoterme,  Anisoterma  (1) ,  A.  Dum.  Genre  nouveau. 

Quatre  pattes,  les  antérieures  courtes  et  grêles,  terminées 
par  deux  doigts,  les  postérieures  par  quatre  doigts  ;  museau 
arrondi,  à  bord  mince  et  tranchant;  flancs  anguleux  à  leur 
région  inférieure. 

D'après  l'ensemble  de  ces  caractères ,  on  voit  que  ce 
Saurien  diffère,  comme  je  viens  de  l'indiquer,  de  tous  les 
autres  Scincoïdiens  par  l'anomalie  de  ses  doigts,  mais 
aussi  qu'il  ressemble  au  Sphenops  capistratus,  Wagl.  Ce 
dernier,  dont  les  membres  antérieurs  sont  également  peu 
développés ,  porte ,  il  est  vrai ,  cinq  doigts  en  avant  et 
autant  en  arrière.  Si,  cependant,  on  compare  la  confor- 

(1)  De  civiroç,  inégal,  et  fcffUl,  fin,  extrémité,  employé  par 
Hesychius  dans  le  sens  de  pied  ;  cette  dénomination,  comme  celles 
d'Hétéropc,  Hétéromèlc,  Hétérodactyle,  données  à  d'autres  genres 
de  la  même  famille ,  sert  à  rappeler  les  différences  notables  qui  se 
remarquent  dans  la  longueur  des  membres  et  dans  le  nombre  des 
doigts. 


422  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

mation  générale  du  tronc  et  celle  du  museau,  qui  peut 
être  dit  cunéiforme  dans  l'une  et  dans  l'autre  espèce,  on 
ne  peut  méconnaître  l'analogie. 

Anisoterme  sphénopsiforjie,  Anisoterma  sphenopsiforme, 
A.  Dum.  Espèce  nouvelle. 

Huit  raies  longitudinales  claires,  alternant  avec  d'autres 
raies  brunes  formées  par  le  fond,  et  qui  sont  régulièrement 
pointillèes  de  brun  noirâtre;  régions  inférieures  blanches. 

Plaques  nasales  très-petites;  pas  de  supéro -nasales; 
deux  inter-nasales  ;  une  fronto-nasale  grande ,  régulière- 
ment hexagone,  à  bord  postérieur  concave;  frontale  de 
même  dimension,  arrondie  en  avant,  très-rétrécie  en  ar- 
rière ;  pas  de  fronto-pariétales  ;  inter-pariétale  très-petite, 
triangulaire  ;  deux  grandes  pariétales  ;  pas  d'occipitale  ; 
deux  frênaies  placées  l'une  à  la  suite  de  l'autre  ;  une  fréno- 
orbitaire  ;  deux  post-oculaires  ;  quatre  sus-orbitaires  ;  six 
supéro-labiales  ;  cinq  inféro-labiales  ;  une  mentonnière 
arrondie  en  avant,  suivie  d'une  grande  inter-sous- maxil- 
laire élargie,  qui  rejoint,  par  chacune  de  ses  extrémités,  la 
première  et  la  deuxième  inféro-labiales;  vingt-trois  séries 
longitudinales  d'écaillés  lisses,  imbriquées,  semblables, 
par  leur  forme  et  par  leur  aspect,  à  celles  du  plus 
grand  nombre  des  Scincoïdiens.  —  Paupière  inférieure 
avec  un  disque  transparent  ;  ouverture  auriculaire  petite, 
en  fente  oblique  de  haut  en  bas  et  d'arrière  en  avant.  — 
Tous  les  doigts  onguiculés, 

La  queue,  confondue  à  sa  base  avec  le  tronc,  est  ro- 
buste ;  elle  est  reproduite  sur  tous  nos  individus  ;  chez 
l'un  d'eux,  cependant,  où  elle  n'avait  été  brisée  qu'à  son 
extrémité,  on  voit  qu'elle  a  une  longueur  égale  environ 
aux  deux  tiers  de  celle  du  tronc  ,  qui ,  mesuré  sur  le  plus 
grand  individu,  a  0m,10  ;  la  tête  de  ce  dernier  porte  0m,012  ; 
membres  antérieurs,  0m,006;  membres  postérieurs  plus 
gros  et  mieux  conformés,  0m,016. 

Cette  description  est  faite  sur  quatre  exemplaires  en 
très-bon  état  de  conservation  recueillis  au  Sénégal. 


TRAVAUX   INÉDITS.  423 

—  J'ai  fait  représenter  sur  la  pi.  xxn,  fig.  2,  la  tête  de  la 
Ti/phline  de  Çuvier,  afin  de  montrer  les  différences  de 
l'écaillure  sus-céphalique  entre  cette  espèce  et  celle  que 
M.  Peters  a  récemment  signalée,  dans  sa  description  des 
Reptiles  de  Mozambique,  sous  le  nom  de  lyplUine  auran- 
tiava,  et  qui  porte,  sur  cette  même  planche,  le  n°  3. 

Amphisbéniens.  —  Genre  J^épidosterne.  —  Ce  genre, 
établi  par  Wagler  pour  une  espèce  rapportée  du  Brésil  et 
qu'il  a  nommée  L.  microcephalum,  est,  maintenant,  divisé 
en  trois  sous-genres  :  1°  Lepidosternon  proprement  dit  (1); 
2°  MonapeUis,  A.  Smith;  3°  Phractogonus  (2),  Hallowell.— 
Les  caractères  essentiels  du  Monopeltis  consistent  dans  la 
disposition  du  revêtement  écailleux  de  la  tête,  qui  ne  se 
compose  que  d'une  seule  plaque ,  et  dans  la  situation  des 
narines,  ouvertes  non  dans  la  rostrale,  comme  chez  les 
Lépidosternes,  mais  dans  des  plaques  contiguës  à  son 
bord  inférieur  et  postérieur.  L'espèce  unique,  M.  capemis, 
A.  Smith  (///.  of  zool.  of  S.  Afr.,  pi.  exvii),  est  inconnue 
au  musée  de  Paris.  —  Le  Phraclogone  est  caractérisé  prin- 
cipalement :  1°  par  cette  particularité ,  que  les  narines 
occupent  la  même  place  que  chez  le  Monopeltis;  2°  par  la 
présence  de  pores  préanaux.  Il  n'y  a,  d'ailleurs,  que 
deux  plaques  sus-céphaliques,  comme  dans  le  L.  scutiycrc. 
L'espèce  type ,  recueillie  à  Libéria ,  a  été  décrite  par 
M.  Hallowell  sous  le  nom  de  Phr.  galeatus  (Proceed.  Acad. 
Philad.,  1852,  t.  VI,  p.  62,  avec  des  fig.  :  tête  vue  en 
dessus  et  en  dessous,  plaques  sternales  et  préanales}.  Le 
musée  de  Paris  a  reçu  du  Gabon,  par  les  soins  de  M.  Aubry, 

(1)  Tous  les  vrais  Lépidosternes  sont  originaires  de  l'Amérique  du 
sud.  A  l'espèce  type,  L.  microcephalum,  Wagl.,  mou  père  et  Bibron 
en  ont  ajouté  deu\  [Erpét,  gcnér.,  t.  Y,  p.  507  et  509)  :  L.phocœna, 
qu'ils  ont  décrit  les  premiers,  et  slmphisb.  sculigera ,  Hempriek; 
j'en  ai  moi-même  fait  connaître  deui autres  [Cal.  des  Repl.  du  Mus., 
p.  140  et  150 1  :  L.  polystegum  et  L.  ocloslegum. 

(2)  De  (QïctK'h;;,  munitus,  et  ycovcç,  angulus  ^étymologie  donnée 
par  M.  Uallowi'll). 


424    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

trois  individus  parfaitement  semblables  entre  eux,  qui 
appartiennent  au  genre  Phractogone,  et  très-probablement 
à  l'espèce  dont  je  viens  de  parler,  mais  qui  nous  est  connue 
seulement  par  la  description  et  les  dessins  cités  plus  haut. 

Il  ne  semble  pas,  malgré  les  particularités  suivantes, 
qji'il  y  ait  entre  nos  Phr.  et  ceux  de  Libéria  des  diffé- 
rences réellement  spécifiques.  Ainsi,  et  c'est  la  dissem- 
blance la  plus  importante,  au  lieu  de 

4 4 

Dents  inter-maxill.  :  1 — 1;  maxill.  :  - — ^,  je  compte, 

O — D 

comme  sur  tous  les  Amphisbéniens  dont  on  a  pu  étudier 
le  système  dentaire,  un  nombre  impair  de  dents  inter- 
maxillaires, dont  la  médiane  est  la  plus  forte  et  la  plus 
longue  : 

3 3 

Il  y  en  a  7,  et  maxill.  :  ^— -.  —  Parmi  les  quatre  scu- 

telles  qui  longent  le  bord  de  la  rostrale,  ce  sont  les  ex- 
ternes et  non  les  médianes,  qui  sont  percées  par  les  nari- 
nes.— Enfin,  quoique  le  nombre  et  la  disposition  des  pla- 
ques du  sternum  soient  semblables  (quatre  grandes  paral- 
lèles entre  elles,  précédées  par  deux  autres  plus  petites), 
il  y  a  de  légères  différences  dans  la  forme  de  celles  du 
milieu,  qui  sont  plus  allongées  et  plus  pointues.  —  On 
compte  sur  le  tronc  226  anneaux  et  20  à  la  queue  ; 
M.  Hallowell  en  indique  214  et  18. 

[La  suite  au  prochain  numéro.) 


AMENITES     MALACOLOGIQUES  ; 
par  M.  J.  R.  Bourguignat. 

GiECILIANELLA     TUMULORUM. 

Testa  minuta,  couico-fusiformi,  gracili,  diaphaoa,  polita,  albida  ; 
apice  attenuato-obtuso;  aufractibus  G  plauulatis,  sutura  superficiali 
duplicata,  separatis;  ultimo  1/3  longitudinis  superante  ;  apertura 


TRAVAUX   INÉDITS.  425 

piriformi-dilatato-oblonga;  peristomate  acuto,  simplice,  recto;  mar- 
gine  dextro  antrorsum  arcuato;  columella  paululum  coutorta  ac  ar- 
cuata,  abrupte  truncata,  et  non  basim  aperturie  attingente;  margi- 
uibus  valido  callo,  in  medio  peuultimi  Yentre  obsolète  unicalloso, 
junctis. 

Coquille  petite,  fusiforme,  eonique,  grêle,  diaphane, 
lisse  et  blanchâtre.  Sommet  atténué,  obtus;  six  tours  de 
spire  presque  aplatis,  séparés  par  une  suture  superficielle, 
entourée  inférieurement  d'une  seconde  ligne  très-sensible 
imitant  une  rainure  suturale.  Dernier  tour  de  spire  éga- 
lant à  peine  le  tiers  de  la  hauteur  totale.  Ouverture  ob- 
longue,  piriforme,  inférieurement  dilatée,  à  péristome 
droit,  simple  et  aigu.  Bord  droit  très-arqué  en  avant. 
Columelle  arquée ,  un  peu  contournée  et  brusquement 
tronquée  avant  d'atteindre  la  base  de  l'ouverture.  Bords 
marginaux  réunis  par  une  forte  callosité,  qui  présente  sur 
la  convexité  de  lavant-dernier  tour  une  éminence  den- 
taire assez  obsolète. 

Haut.,  6,  6  1/2  mill.  —  Diam.,  2  mill. 

Cette  gracieuse  espèce  a  été  trouvée  par  notre  ami  Al- 
bert Gaudry  au  fond  d'antiques  urnes  lacrymatoires  pro- 
venant des  tombeaux  des  anciens  habitants  de  Mégare, 
en  Grèce. 

M.  Roth  {Spicileg.  Moll.  Or.,  in  Malak.  Blatter,  p.  39, 
1855)  dit  qu'il  a  trouvé  assez  fréquemment,  aux  environs 
d'Athènes,  des  échantillons  de  la  Glandina  acicula  [ffuoci- 
num),  Miiller,  atteignant  jusqu'à  6  mill.  1/2.  — *Nous 
sommes  assez  porté  à  croire  que  ces"  échantillons,  qu'il 
rapporte  à  Yacicula,  ne  doivent  pas,  au  confraire,  être 
différents  de  nos  individus  de  Mégare  ,  qui,  comme^eux^ 
d'Athènes,  offrent  une  taille  «de  6  mill.  1/2? 

La  Cœcilianella  tumulorum  se  rapproche,  pîr  ses  carac- 
tères, ides  Cœcilianella  Liesvillei  et  Brondelii.         • 

On  distinguera  facilement  la  tumulorum  de  la  Liesvillei 
à  son  test  plus  pyramidal,  à  sa  taille  plus  grande,. à  sa  su- 
ture plus  tronquée,  à  ses  tours  ^e  spire  plus  plans,  etc.. 


426   rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

On  séparera  enfin  la  tumulorum  de  la  Brondelii  à  sa 
taille  presque  double,  à  sa  suture  moins  marquée,  à  son 
tubercule  apertural  moins  saillant,  etc.. 

C^ECILIANELLA  BRONDELII. 

Glandina  Brondelii,  Bour guignât,  Amén.  Malac.,  in  Rev. 
et  Mag.  de  zool.,  p.  17,  pi.  i,  f.  12-14,  1856;  et 
(tirage  à  part),  p.  144,  §  XXXIV,  pi.  x,  f.  12-14. 
1856. 

Cette  espèce,  que  nous  avons  décrite  au  mois  de  janvier 
dernier,  paraît  assez  commune  aux  environs  de  Mostaga- 
nem,  en  Algérie. 

Nous  sommes  assez  porté  à  réunir  à  cette  espèce  celle 
que  notre  savant  ami  M.  Artur  Morelet  indique  sous  le 
nom  de  Glandina  acicula ,  des  environs  de  Madder,  près 
de  Mazagran.  (Gat.  Moll.  terr.  et  fluv.  de  l'Algérie,  in 
Journ.  de  Conch.,  p.  291.  1853.) 

Forbes  (on  the  land  and  fresh-wat.  Moll.  of  Algiersand 
Bougia,  in  Ann.  and  Mag.  Nat.  Hist.,  t.  II ,  p.  252 ,  1838) 
indique  également  sur  les  rives  du  fleuve  Harasch,  en  Al- 
gérie, la  Glandina  acicula.  Quid? 

• 
Cecilianella    subsaxana. 

Tega.minutiSsima,  obeso-fusiformi,  gracillima,  hyaliaa,  polita, 
albida;  apice  obtusissimo,  anfractibus  4  1/2-5  subplanulatis,  sutura 
duplicata  separatis  ;  ultimo  dimidiam  longitudinis  superante  ;  aper- 
tura  angusta,  eloogata;  peristomate  acuto,  simplice  recto;  margine 
^dexWo  medio  subdilatato;  columella  arcuata,  unicallosa,  ac  maxime 
abrupteque  truucata,  non  basim  aperturae  attiogente;  margiuibus 
callo  junctis* 

Cocpaille  d'une  extrême  petitesse,  obèse,  fusiforme,  dia- 
phane, lisse,  brillante,  de  la  plus  grande  fragilité.  Sommet 
très  obtus;  quatre  tours  et  demi  à  cinq  tours  peu  con- 
vexes, séparés  par  une  sature  superficielle,  entourée  d'une 


TRAVAUX   INEDITS.  427 

seconde  ligne  obsolète  imitant  une  rainure  suturale.  Der- 
nier tour  de  spire  dépassant  la  moitié  de  la  hauteur  totale. 
Ouverture  rétrécie  ,  très-allongée ,  à  péristome  simple  , 
droit  et  aigu.  Bord  droit  un  peu  dilaté  en  avant.  Columelle 
arqué,  unidentée,  brusquement  tronquée  et  n'atteignant 
pas  la  base  de  l'ouverture.  Bords  marginaux  réunis  par 
une  callosité  assez  sensible  au  foyer  d'un  microscope. 

Haut.,  2  mill.  1/2.  —  Diam.,  1  mill. 

Cette  gracieuse  coquille  a  été  rapportée ,  par  notre  ami 
Albert  Gaudry,  de  Mégare,  en  Grèce,  où  il  l'a  recueillie 
dans  les  urnes  lacrymatoires  des  anciens  tombeaux  de  cette 
ville. 

CiECILIANELLA     NANODEA. 

Testa  pygmea,  obeso-fusiformi,  graeillima,  polita,  albida;  apice 
obtuso  ;  anfractibus  5  subplanulatis,  sutura  perspicue  separatis  ; 
ultimo  dimidiani  longitudiuis  aequaute;  apertura  angusta,  oblongo- 
elongata;  peristomate  recto,  acuto,  simplicc;  margine  dextro  an- 
trorsum  vix  arcuato  ;  columella  paululum  recta,  truncata,  ad  basim 
aperturae  non  attingente  ;  marginibus  tenui  callo  junctis. 

Coquille  très-petite,  obèse,  fusiforme,  très-grêle,  lisse  et 
blanchâtre  ;  sommet  obtus.  Six  tours  de  spire  presque 
plans,  séparés  par  une  suture  nettement  prononcée.  Der- 
nier tour  égalant  la  moitié  de  la  hauteur  totale.  Ouverture 
rétrécie,  oblongue,  allongée,  à  péristome  droit,  simple  et 
aigu.  Bord  droit  à  peine  arqué  en  avant.  Columelle  presque 
rcctilignc,  tronquée  et  n'atteignant  point  la  base  de  l'ou- 
verture. Bords  marginaux  réunis  par  une  faible  callosité. 

Long.,  2  mill.  1/2.  —  Diam.,  1/3  mill. 

Habite  les  environs  de  Bône,  en  Algérie  (Brondel). 

Cette  espèce  ne  peut  être  confondue  qu'avec  notre  Cœ- 
cilianella  subsaxana. 

Mais  on  la  distinguera  de  cette  coquille  à  sa  columelle 
moins  tronquée  et  ne  possédant  point  de  callosité,  à  sa 
suture  non  marginée,  à  son  bord  droit  moins  arqué  en 
avant,  etc.. 


428    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

(Lecilianella  aciculoides. 

Columna  aciculoides,  Jan,  Mantissa,  p.  2.  1832. 
Polyphemus  aciculoides,  Villa,  Disp.  syst.  conch.,  p.  20. 

1841. 
Achatina  aciculoides,  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  t.  II, 

p.  274.  1848. 

Petite  espèce  qui  semble  spéciale  à  l'Italie  et  sur  laquelle 
on  a  grand  besoin  de  renseignements  ;  elle  est  tellement 
mal  décrite ,  que  la  plupart  des  auteurs  italiens  ne  savent 
pas  la  distinguer,  et  qu'ils  la  considèrent,  pour  ce  motif, 
tantôt  comme  une  acicula,  tantôt  comme  une  Hohen- 
warti  (1). 

Voici  les  caractères  de  X aciculoides  d'après  Jan  : 

«  Testa  fusiformi,  imperforata,  gracili,  laevi,  nitida,  alba;  anfrac- 
tibus  rotundatis;  apertura  ovata;  peristomate  simplice.  —  Long., 
2  lin.  1/2.  —  Lat.,  3/4  lin.  » 

Cecilianella  miliaris. 

Columna  miliaris,  Jan,  Mantissa,  p.  2.  1832. 
Acicula  miliaris,  Beck,  Index  Moll.,  p.  79,  n°  2.  1837. 
Achatina  miliaris,  L.  Pfeiffer,  Mon.  Hel.  viv.,  t.  II,  p.  276, 
n°  92.  1848. 

Voici  encore  une  de  ces  espèces  tellement  mal  décrite 
que  l'on  ne  peut  connaître  ses  véritables  caractères.  Malgré 
tout,  d'après  les  quelques  mots  de  Jan,  l'on  voit  que  son 
miliaris  diffère  de  son  aciculoides  par  son  dernier  tour  de 
spire,  qui  est  très-ventru,  par  son  ouverture  oblongue, 
par  sa  taille  plus  petite. 

Voici  les  caractères  indiqués  par  Jan  : 

«  Testa  fusiformi-ovata,  imperforata,  laevi,  nitida,  gracili,  albida; 
(1)  Voir  les  travaux  de  Villa,  de  Betta,  Rezia,  etc. 


TRAVAUX   INÉDITS.  429 

ultimo  anfractu  ventricoso;  apertura  ovali.  —  Long.,  1  lin.  1/2.  — 
Lat.,  1/2  lin.  —  Ap.,  1  lin.  longa.  —  Ap.  diam.,  1/3  lin.  » 

Cette  espèce  habite  l'Italie. 

L.  Pfeiffer  dit,  dans  sa  Monographie  des  Hélices  (t.  II, 
p.  276.  1848),  que  Beck  rapporte  cette  petite  coquille  à 
YAchatina  acicula  de  Philippi.  Nous  croyons  que  c'est  là 
une  erreur,  puisque,  d'après  nous  (voir  la  fin  de  cette  no- 
tice), YAchatina  acicula  de  Philippi  nous  paraît  être  une 
espèce  du  genre  Eulima. 

(Lecilianella  syriaca. 

Glandina  aciculoides,  var.  torta,  Mousson,  Coq.  terr.  et 
fluv.  d'Orient,  p.  48.  1854. 

Sous  ce  nom,  M.  Mousson  indique  des  environs  de 
Sayda,  en  Syrie,  une  petite  espèce  qu'il  distingue  de 
Yaciculoides  par  la  phrase  suivante  : 

«  Apertura  basi  paulo  compressa  ;  columella  incurva,  filo  tortuoso 
terni  ina  ta.  » 

Nous  n'avons  nul  doute  sur  la  valeur  de  cette  nouvelle 
Cœcilianelle  ;  seulement  nous  regrettons  de  ne  pouvoir 
donner  de  plus  amples  renseignements  scientifiques  sur 
ses  caractères.  — Il  en  est  de  même  d'une  seconde  espèce 
des  environs  de  Sayda,  en  Syrie,  que  M.  Mousson  [loc. 
cit.,  p.  48)  indique  par  erreur  sous  l'appellation  de  Glan- 
dina acicula. 

C.ECILIANELLA    CYLICHNA, 

Achatina  cylichna,  Lowe,  Syn.  diagn.  sive  spec.  Moll. 

Mader.,  etc..  (Ann.  and  Magaz.  of  Natur.  Hist.), 

p.  10,  n°  44.  1852. 
Glandina  cylichna,  Albers,  Malac.  Mader.,  p.  84,  pi.  xvn, 

f.  19-20.  1854. 

Testa  pusilla,  fusiformi,  pellucida,  eburnea  ;  spira  brcvi,  obtusis- 


430  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

sima  ;  anfractibiis  4  planatis  ;  ultimo  fere  2/3  longitudinis  œquaute  ; 
apertura  auguste,  acuminato-ovata,  plica  valida  promincute,  oblique 
ascendente  in  pariete  aperturali,  secunda  transversa,  ineiuata  in 
medio  labri  ;  columella  arcuata,  basi  abrupte  truncata;  peristomate 
simplicej  marginibus  callo  fîliformi  cum  lamina  ventri  confluente, 
jtinctis. 

Long.,  3  mill.  —  Diam.,  i  mill.  —  Haut,  de  l'ouvert., 
1  mill.  1/2. 

Cette  charmante  espèce  se  trouve  fossile  dans  l'île  de 
Madère. 

Cecilianella  nyctelia. 

Glandina  acicula,  Albers,  Malac.  Mader.,  p.  59,  pi.  xv, 
f.  17-18.  1854. 

Testa  fusiformi-cylindracea,  acicularij  apice  attenuata,  obtusa, 
polita,  hyalina;  sutura  auguste  margiuata  ;  anfractibus  6planis;  ul- 
timo spira  breviore  ;  columella  arcuata,  basi  abrupte  truncata;  aper- 
tura angusta,  lanceolata;  peristomate  simplice,  acuto,  recto. 

Long.,  5  mill.  —  Diam.>  1  mill.  1/2.  —  Haut,  de  l'ou- 
vert., 2  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  1  mill. 

Habite  l'île  de  Madère ,  sous  les  pierres  ,  clans  les  lieux 
exposés  aux  rayons  du  soleil.  —  Se  trouve  également  dans 
cette  île  à  l'état  fossile. 

Cette  espèce,  que  le  savant  Albers,  de  Berlin,  a  rap- 
portée à  tort  à  Y  acicula ,  en  diffère  sous  tous  les  rapports, 
comme  l'on  peut  s'en  convaincre  par  la  description  et  par 
la  figure  que  nous  venons  d'emprunter  à  cet  auteur.  Aussi 
est-ce  dans  le  but  de  la  distinguer  de  la  véritable  acicula 
que  nous  lui  appliquons  l'appellation  de  nijctelia. 

CyECILIANELLA   PRODUCTA. 

Achatina  producta  (1),  Lowe,  Syn.  diag.  sive  spec.  Moll. 

(1)  Non  Achatima  producta,  Reuss,  Beschreib.  der.  foss.  ostra- 
coden  und  Moll.,  etc.,  in  Palaeontog...,  t.  II,  p.  32,  n°  4,  pi.  m , 
f.  15.  1849. 


TRAVAUX    INÉDITS.  431 

Mader.  (extr.  Ann.  and  Mag.  of  Natur.  Hist.),  p.  2, 

n°  48.  1852. 
Achatina  producta,  L.  Pfei/fer,  Mon.  Hel.  viv.,  suppl., 

.     t.  III,  p.  505,  n"  142.  1853. 
Glandina  producta,  Albers,  Malac.  Mader.,  p.  60.  1854. 

Testa  cylindraceo-fusiformi,  solidula,  lœvigata,  nitida,  diaphane, 
pallide  cornea  ;  spira  conica,  protracta;  anfractibus  6planis;  ultimo 
vix  convexiore,  dimidiam  longitudinis  fere  œquante  ;  apertura  acu- 
minato-ovata  ;  columella  semitorta,  distincte  oblique  tfuncata;  peri- 
stomate  simplicc,  intus  calloso  ;  margine  supero  basi  areuatim  eruar  • 
ginato,  medio  producto,  deorsum  recto. 

Long.,  6  mill.  —  Diam.,  2  mill.  1/2.  —  Haut,  de  l'ou- 
vert., 2  mill.  —  Larg.  de  l'ouvert.,  1  mill.  1/2. 

Habite  l'île  de  Déserter,  près  de  Madère.  —  Espèce 
très-rare  qui  n'a  pas  encore  été  figurée,  et  que  nous  ne 
connaissons  point  autrement  que  par  la  description  que 
nous  venons  de  donner. 


Cjecilianella  Grateloupi. 

Bulimus  acicula,  Grateloup,  Mém.  coq.  foss.  Moll.  terr.  et 
fluv.  du  bassin  de  l'Adour  (extr.  Act.  Soc.  Linn.  Bor- 
deaux, t.  X,  3e  livr.,  janv.  1838),  p.  31,  n°  1,  pi.  iv, 
f.  23-24.  1838. 

Testa  turrito-aciculata,  nitidissime  laevissima;  spira  elongâta, 
apice  acuto;  anfractibus  7  convexiusculis,  sutura  impressa  separatis; 
ultimo  anfractu  dimidiam  longitudinis  non  aequaute;  apertura  ob- 
longa,  peristomate  simplice,  recto,  acuto  ;  columella  recta,  ad  basmi 
truucata;  margine  externo  maxime  arcuata. 

Long.,  6  mill.  —  Diam.,  1  mill.  1/2. 

Cette  espèce,  rapportée  à  tort  à  Xaticula  par  l'honora- 
ble M.  de  Grateloup,  a  été  trouvée  à  l'état  fossile  dans  les 
faluns  jaunes  sablonneux  de  Saint-Paul,  près  de  Dax.  — 
Espèce  rare. 


432  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

Avant  de  terminer,  nous  croyons  convenable,  pour  l'in- 
telligence du  genre  Cœcilianelta,  de  faire  une  petite  di- 
gression. 

Tous  les  conchyliologues  savent  qu'il  est  moralement 
impossible  de  définir  ce  que  Draparnaud  a  voulu  désigner 
sous  le  nom  de  Cyclas  fonlinalis,  si  ce  n'est  qu'il  a  décrit 
sous  cette  appellation  triviale  toute  une  série  de  petites 
Pisidies. 

Il  en  est  de  même  de  Yacicula  des  naturalistes. 

Les  trois  quarts  des  auteurs  ,  pour  ne  pas  dire  la  tota- 
lité, n'ont  jamais  apporté  la  moindre  attention  à  ce  petit 
groupe  des  Caecilianelles,  et  ils  ont  tous  confondu,  sous  la 
dénomination  d'acicula,  une  foule  de  coquilles  intéres- 
santes peut-être  encore  inconnues. 

Pour  prouver  ce  que  nous  avançons,  que  l'on  examine 
les  ouvrages,  et  l'on  verra  que  pas  une  diagnose  ne  se 
ressemble,  que  pas  une  seule  figure  n'offre  les  mêmes 
caractères. 

Aussi,  en  présence  d'un  semblable  chaos,  que  devions- 
nous  faire,  si  ce  n'est  de  passer  sous  silence  la  plupart  des 
travaux  ? 

Malgré  tout,  nous  allons  signaler  quelques  auteurs 
principaux  sur  lesquels  nous  appelons  l'attention  des  na- 
turalistes, afin  que,  par  la  suite,  quelques  studieux  con- 
chyliologues, avertis  par  nous,  puissent,  en  déchiffrant 
l'énigme  de  leurs  diagnoses ,  rendre  leurs  travaux  profi- 
tables à  la  science. 

Ainsi 

1°  Draparnaud  (Hist.  Moll.  France,  p.  75,  t.  iv,  f.  25- 
26.  1805)  décrit  et  représente  une  espèce  singulière  qui 
semble  spéciale  au  midi  de  la  France  et  au  nord  de  l'Ita- 
lie, et  qui  ne  peut  être  assimilée  à  aucune  de  celles  que 
nous  venons  de  publier. 

La  seule  coquille  qui  offre  quelque  ressemblance  avec 
elle  est  une  espèce  fossile  des  faluns  de  Saint-Paul ,  près 
de  Dax,  que  notre  honorable  ami  et  correspondant  M.  le 


TRAVAUX    INÉDITS.  433 

docteur  de  Grateloup  a  désignée  à  tort  sous  l'appellation 
de  Bulimus  acicula  (Grateloup,  loc.  sup.  cit.). 

Ce  Bulimus  acicula  de  M.  le  docteur  de  Grateloup  est 
cette  mêm  espèce  que  nous  venons  de  décrire  sous  l'ap- 
pellation de  Grateloupi. 

2°  Quelle  est  cette  coquille  des  environs  de  Riga,  en 
Russie,  que  Siemaschko  (in  Rull.  nat.  Mosc,  t.  XX,  1847) 
a  nommée  Achatina  minima? 

3°  A  quelle  coquille  rapporter  le  Bulimus  acicula  de 
C.  Pfeifjer  (  Syst.  Anord.  und  Reschreib.  Deutsch. 
Land.  und  Wasser-Schnecken ,  p.  51,  taf.  3,  f.  8-9. 
1821) ? 

4°  Que  doit-on  faire  du  Bulimus  acicula  de  Dubois  de 
Montpéreux  (Conch.  fossile  des  form.  du  plateau  Wolhyni- 
Podolien),  p.  48,  pi.  m,  f.  49-50.  1831)? 

5°  Dupuy  [Hist.  Moll.  France,  p.  327  (1849),  pi.  xv, 
f.  13  (1850)]  a  fait  représenter,  sous  le  nom  à' Achatina 
acicula,  une  espèce  à  ouverture  rétrécie,  à  spire  aiguë,  à 
columelle  plus  tronquée,  etc.  —  Nous  ne  savons  que  faire 
de  cette  coquille. 

6°  Quid  à  l'égard  de  Y  Achatina  acuta  d'Aleron  (Moll. 
Pyr.  or.  in  Rull.  Soc.  philom.  Perpignan,  t.  III,  p.  92. 
1837)? 

7°  Quid  à  l'égard  de  Y  Achatina  acicula,  var.  festuca,  de 
Porro  (Mal.  Comasca,  p.  52,  1838)? 

8°  V Acicula  eburnea,  de  Risso  (Hist.  nat.  Europe  mé- 
rid.,  t.  IV,  p.  81.  1826),  ne  serait-elle  point  la  même 
espèce  que  celle  de  Draparnaud  dont  nous  venons  de 
parler? 

9°  Quid  à  l'égard  de  Y  Achatina  pusilla  de  Sacchi  (Cat. 
conch.  Neap.,  p.  16.  1836)? 

10°  M.  Moquin-ïandon  (Hist.  nat.  Moll.  France,  t.  II, 
p.  309,  pi.  xxii,  f.  32  à  34.  1855)  donne  la  description  et 
la  représentation  d'une  espèce  sous  le  nom  de  Bulimus 
acicula,  et  chez  laquelle  nous  ne  pouvons  reconnaître  les 
véritables  caractères  d'aucune  de  nos  espèces.  —  Que 
2e  série,  t.  vm.  Aunée  1806.  28 


434    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

penser  également  d'une  variété  plus  grande  qu'il  rapporte 
par  erreur  à  YAchatina  Hohenwarti  de  Rossmassler? 

Etc...,  etc... 

Nous  n'en  finirions  point  si  nous  voulions  citer  tous  les 
ouvrages  qu'il  nous  a  été  impossible  de  comprendre. 

Maintenant,  nous  allons  compléter  cette  note  en  relevant 
quelques  fautes  grossières  de  synonymie  : 

1°  L'espèce  décrite  et  figurée  par  Philippi  (Enum.  Moll. 
Siciliae,  t.  II,  p.  115,  1844;  et  t.  I,  atlas,  pi.  vm,  f.  25, 
1836)  sous  l'appellation  d'Achatina  acicula  n'appartient 
point  au  genre  Cœcilianella,  mais  n'est  autre  chose  qu'une 
espèce  marine  du  genre  Eulima.  —  Quant  à  sa  seconde 
espèce,  qu'il  appelle  Achatina  Hohenwarti  (t.  I,  atlas, 
pi.  vm,  f.  26;  et  t.  II,  p.  115),  ce  n'est  ni  Y  Hohenwarti  de 
Rossmassler  ni  la  véritable  acicula. 

2°  Porro  (Mal.  Comasca,  p.  52,  1838)  range  à  tort  dans 
la  synonymie  de  son  acicula  le  Buccinum  longiusculum 
(Adanson),  qui  n'est  point  une  Cœcilianelle. 

3°  L'Heliœ  octona  de  Linnaeus  (  Syst.  nat.,  p.  12.48, 
n°  698),  indiquée  par  la  plupart  des  auteurs  comme  iden- 
tique à  Y  acicula,  est  une  petite  Bithinie  de  la  Suède  voisine 
de  la  Bithinia  (Cyclostoma)  acuta  de  Draparnaud  (Hist. 
Moll.  France,  p.  40,  pi.  i,  f.  23,  1805)  et  que  Nilsson 
(Hist.  Moll.  Sueciae,  p.  92,  1822)  a  appelée  Paludina  oc- 
tona. 

4°  Le  Pegea  carnea  de  Risso  (  Hist.  nat.  Europe  mé- 
rid.,  t.  IV,  p.  88,  pi.  m,  f.  29,  1826),  indiqué  par 
L.  Pfeiffer  (Mon.  Hel.  viv.,  t.  II,  p.  274,  1848)  comme 
synonyme  de  Y  Hohenwarti,  doit  être  rejeté,  parce  que 
l'espèce  de  Risso  n'est  point  une  Caecilianelle. 

5°  Il  faut  également  rejeter  comme  n'appartenant  point 
au  genre  Caecilianella  YAchatina  folliculus  de  ïerver  (Cat. 
Alg.,  p.  31,  pi.  iv,  f.  16-17,  1839),  que  L.  Pfeiffer  (loc. 
sup.  cit.,  p.  274)  considère  à  tort  comme  une  variété  de 
Y  Hohenwarti,  et  à  laquelle  nous  avons  attribué  l'appellation 
de  Ferussacia  Terverii.  (Voir,  à  ce  sujet ,  notre  §  XLIX , 


TRAVAUX   INÉDITS.  435 

dans  lequel  nous  avons  décrit  toutes  les  Férussacies  d'Al- 
gérie.) 
Etc...,  etc.. 


Description  de  quatre  Longicornes  européens;  par 
A.  Chevrolat. 

Callidium  Deltili. — Long.,  7  mill.;  larg.,  2  mill.  Mâle. — 
Sub-parallèle  ;  presque  plane  en  dessus  ;  hérissé  de  poils 
longs  et  peu  épais  ;  grossièrement  ponctué  sur  la  tête,  le 
prothorax  et  les  élytres  ;  d'un  rouge  testacé  sur  les  deux 
premiers,  d'un  fauve  testacé  à  peine  irisé  de  bronzé  sur  les 
secondes.  Écusson  d'un  brun  noir,  concave,  imponctué. 
Dessous  du  corps  et  pieds  d'un  rouge  testacé.  Cuisses  en 
massue. 

Fontainebleau.  Dédié, à  mon  ami  Deltil,  grand  amateur 
des  sciences  naturelles  et  peintre  distingué,  qui  a  trouvé 
plusieurs  exemplaires  de  cette  espèce. 

Dorcadion  alpinum.  —  Long.,  13  1/2  mill.;  larg.,  6  mill. 
Fem. — Noir.  Front  revêtu  d'un  duvet  cendré  grisâtre.  Pro- 
thorax moins  densément  garni  d'un  duvet  semblable  ;  assez 
finement  ponctué  ;  offrant  deux  dépressions  dorsales  et  une 
ligne  médiane  à  peine  relevée  en  carène,  prolongée  pres- 
que jusqu'à  sa  base  ;  celle-ci  est  rebordée.  Élytres  velou- 
tées de  noir  brun  ;  ornées  chacune  de  quatre  bandes  lon- 
gitudinales formées  de  duvet  blanc  ;  la  première,  suturale, 
unie,  par  la  base,  à  la  seconde  ;  celle-ci  prolongée  jusqu'au 
tiers,  avec  une  trace  linéaire  jusqu'aux  quatre  cinquièmes  : 
la  troisième  ou  humérale  unie  à  la  base  et  par  l'extrémité 
avec  la  marginale.  Dessous  du  corps  et  pieds  garnis  d'un 
duvet  cendré.  Antennes  noirâtres,  largement  annelées  de 
cendré  à  partir  du  quatrième  article. 

Cette  espèce,  notée  dans  la  collection  Dejean  comme 
variété  du  D.  méridionale,  a  été  découverte  aux  environs 
de  Digne  (Basses- Alpes). 

Oberea  Mairii. — Long.,  13 1/2  mill.;  larg.,  4  mill  Fem. 


436  rev.  et  mag.  de  zoloogie.  (Septembre  1856.) 

— Allongée;  parallèle,  d'un  rouge  testacé,  avec  les  antennes, 
une  large  bande  longitudinale  naissant  à  la  base  des  ély- 
tres,  passant  sur  le  calus  humerai  et  prolongée  jusqu'à 
l'extrémité,  la  majeure  partie  des  jambes  et  des  tarses 
noirs.  Tête  et  prothorax  grossièrement  ponctués.  Élytres 
presque  sérialement  ponctuées. 

Cette  jolie  espèce  a  été  découverte,  cette  année,  àMeung, 
près  Orléans,  par  M.  Maire,  botaniste  distingué  et  non 
moins  zélé  entomologiste. 

Obereapedemontana.  — Long.,  13mill.;  larg.,2  l/2mill. 
Mâle.  Noire;  palpes,  prothorax,  écusson,  élytres  avec  une 
tache  scutellaire  trigone  émettant  un  petit  trait  longitu- 
dinal externe  ;  dessous  du  corps  et  pattes  d'un  jaune  rou- 
geâtre;  milieu  de  la  poitrine  et  presque  la  totalité  du 
dernier  segment  anal  noirs;  deuxième  et  troisième  seg- 
ments offrant,  sur  chaque  côté,  une  tache  noirâtre  obso- 
lète. Tête  très-serrément  ponctuée ,  sillonnée  sur  le  front. 
Élytres  très-fortement  et  sérialement  ponctuées  jusqu'aux 
4/5  de  la  longueur,  obliquement  tronquées  de  la  marge  à 
la  suture. 

Piémont.  Cette  intéressante  espèce,  qui  est  voisine,  mais 
plus  amincie  que  YO.  pupilla,  m'a  été  donnée,  dans  le 
temps,  par  feu  Cordier. 


Description  de  longicornes  nouveaux  du  vieux  Calabar, 
côte  occidentale  d'Afrique;  par  M.  A.  Chevrolat. 
(Suite.  —Voir  1855,  p.  183,  282,  513;  1856,  p.  340.) 

47.  Callichroma  episcopale  planiusculum,  nigrum,  capite  vio- 
laceo,  antenuis  planatis  podibusque  clavatis  nigro-cyaneis  ;  tibiis 
quatuor  atiticis  tarsisque  totis  cinereis;  thorace  viridi,  elongato, 
transversim  rugato,  lateribus  posticis  spinoso  ;  elytris  lata  vitta  com- 
muni  et  abbreviata  viresecnte;  corpore  iufra  viridi,  lanugiue  alba 
induto.  —  Long.,  17  mill.;  lat.,  6  mill. 

Moyen,  aplati.  Tête  d'un  beau  violet,  brusquement  tron- 
quée et  élevée  entre  les  antennes,  carrément  rebordée  en 


TRAVAUX  INÉDITS.  437 

avant  et  ponctuée,  sillon  longitudinal  étroit.  Mandibules, 
palpes,  lèvre,  chaperon,  mandibules  ei  yeux  noirs;  antennes 
anguleuses,  aplaties,  longitudinalement  sillonnées,  velues 
et  d'un  noir  bleuâtre,  premier  article  en  massue,  fortement 
et  rugueusement  ponctué,  émettant  une  épine  ou  crochet 
au  sommet,  deuxième  très-petit,  troisième  fort  long,  subi- 
tement renflé  et  d'un  noir  luisant  à  l'extrémité,  quatrième 
et  cinquième  un  peu  moins  longs  et  terminés  en  angle. 
Corselet  allongé  d'un  vert  foncé  brillant,  couvert  de  rides 
transverses  entières,  muni  de  deux  petits  tubercules  en  ar- 
rière près  de  la  base  et  d'une  petite  côte  longitudinale  ; 
épine  latérale  située  au  delà  du  milieu.  Écusson  triangu- 
laire, déprimé,  d'un  vert  foncé  noirâtre,  marqué  d'une 
petite  strie  latérale.  Élytres  planes  aussi  larges  que  le 
corselet  dans  son  plus  grand  développement,  arrondies 
sur  l'épaule  (avec  une  forte  dépression)  et  sur  l'extrémité 
de  l'étui,  marquées  d'une  nervure  longitudinale  et  médiane 
non  entière  et  d'une  bande  suturale  large  et  verte,  qui 
commence  au-dessous  de  l'écusson  et  est  limitée  aux  deux 
tiers  de  la  longueur.  Pattes  d'un  noir  se  convertissant  en 
bleu  suivant  la  position,  cuisses  brusquement  renflées,  jam- 
bes antérieures  et  tous  les  tarses  d'un  gris  argenté.  Pre- 
mier article  des  quatre  antérieurs  longs.  —  Collection  de 
M.  Andrew  Murray. 

48.  Litopus  cinereipes  minutissime  coriaceus,  supra  viridi-cya- 
neus,  infra  viridi-splendens;  mandibulis,  oculis,  antennis  pedibusque 
aterrimis;  tarsis  posticis  cinercis;  thorace  lateribus  angulosim  pro- 
ducto  et  supra  depresso,  antice  constricto,  postieeque  arcte  tricostato. 
Long.,  24  mai.;  lat.,  11  mill. 

Il  ressemble  infiniment  au  Cerambyx  cœruleus ,  01.  Il 
est  finement  ruguleux,  d'un  vert  mélangé  de  bleu  en  des- 
sus et  d'un  beau  vert  brillant  en  dessous.  Tête  élevée  et 
longitudinalement  sillonnée  entre  les  antennes,  rugueuse- 
ment  ponctuée,  verte,  bleue  sur  les  côtés,  tri-échancrée 
antérieurement.  Organes  buccaux  orangés.  Palpe  labial 
noir.  Mandibules  ponctuées,  disposées  coniquement,  celle 


438    rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Septembre  1856.) 

de  gauche  plus  saillante,  vertes  sur  la  base,  noires,  lisses 
et  recourbées  au  sommet.  Labre  transverse,  faiblement  dé- 
primé et  échancré.  Chaperon  presque  coupé  droit.  Yeux 
noirs  évasés  en  dessus.  Antennes  d'un  noir  d'ébène,  à  troi- 
sième article  du  double  plus  long  que  le  quatrième.  Corse- 
let arrondi,  inégal,  anguleux  près  du  bord  antérieur,  com- 
primé près  de  la  tête  et  de  la  base,  avec  trois  côtes  trans- 
verses contiguës,  une  forte  dépression  dorsale  de  chaque 
côté,  entre  laquelle  existe  une  ligne  cruciforme  verte,  qui 
est  ponctuée.  Épine  latérale  épaisse  et  obtuse,  à  peu  près 
lisse  et  n'offrant  que  quelques  points.  Écusson  triangulaire, 
déprimé  et  ponctué.  Elylres  de  la  largeur  du  corselet,  ar- 
rondies sur  l'épaule  (une  petite  dépression  longitudinale 
en  dedans)  et  plus  étroitement  sur  le  sommet  de  l'étui, 
d'un  vert  lisse  et  plus  brillant  à  l'extrémité  avec  la  suture 
bleuâtre  et  déprimée  au  milieu  dans  sa  moitié  postérieure. 
Pattes  lisses,  d'un  noir  d'ébène,  les  quatre  cuisses  anté- 
rieures brusquement  renflées,  postérieures  allongées  et  en 
massue.  Jambes  postérieures  plus  longues,  aplaties.  Tar- 
ses noirâtres,  gris  en  dessous,  postérieurs  d'un  cendré 
argenté.  Le  commencement  des  segments  abdominaux  est 
noirâtre.  —  Collection  de  M.  Andrew  Murray. 
[La  suite  au  prochain  numéro.) 


II.     SOCIETES     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Pabis. 

Séance  du  25  août  1856.  —  S.  A.  le  prince  Charles 
Bonaparte  adresse  le  commencement  d'un  travail  plein 
d'érudition  et  d'observations  d'un  haut  intérêt  scientifique 
intitulé  :  Excursions  dans  les  divers  musées  d'Allemagne,  de 
Hollande  et  de  Belgique,  et  tableaux  paralléliques  de  l'ordre 
des  Echassiers. 

«  Depuis  plus  de  deux  mois  que  je  suis  privé  de  l'hon- 
neur de  siéger  dans  cette  enceinte,  mon  temps  n'a  pas  été 


SOCIÉTÉS  SAVANTES.  439 

entièrement  perdu  pour  la  science.  Je  n'ai  pas  seulement 
parcouru,  mais  étudié  à  fond  les  principaux  musées  d'Eu- 
rope, et  surtout  ceux  de  Berlin,  Dresde,  Leipzig,  Franc- 
fort, Brème,  Leyde,  Bruxelles,  Strasbourg,  etc.  Les  nom- 
breuses espèces  nouvelles ,  ou  prétendues  telles ,  qui  sont 
indiquées  dans  le  fameux  Nomenclator  du  musée  de  Berlin, 
menaçaient  de  replonger  pour  quelque  temps  encore  la 
science  ornithologique  dans  le  chaos.  Je  les  ai  toutes  exa- 
minées et  comparées  attentivement,  et  je  sais  maintenant 
à  quoi  m'en  tenir  sur  chacune  d'elles.  Cet  important  ré- 
sultat a  été  obtenu  par  une  étude  non  interrompue  et  pro- 
longée pendant  des  journées  entières  dans  les  galeries  de 
ce  magnifique  établissement,  et  grâce  aussi  à  la  cordiale 
réception  de  son  érudit  directeur,  le  célèbre  Lichtenstein, 
et  à  la  puissante  coopération  de  son  ornithologiste  par 
excellence,  M.  Cabanis.  » 

Ce  court  extrait  fait  suffisamment  connaître  l'objet  du 
travail  du  prince,  travail  très-élendu  et  que  les  ornitholo- 
gistes étudieront  avec  le  plus  grand  fruit.  Dans  cette  pre- 
mière partie  il  passe  en  revue ,  avec  cette  critique  serrée 
qui  le  caractérise,  un  grand  nombre  d'oiseaux  qu'il  a  étu- 
diés dans  les  musées  qu'il  vient  de  visiter,  et  il  termine 
par  un  de  ces  excellents  tableaux  qu'il  sait  si  bien  faire  , 
et  qui  présente  l'ensemble  de  la  tribu  des  Cursores  dans 
l'ordre  des  Grallœ. 

M.  Brown-Séquard  lit  des  Recherches  expérimentales  sur 
la  physiologie  et  la  pathologie  d<s  capsules  surrénales,  travail 
qui  est  renvoyé  à  l'examen  de  MM.  Flourens,  Bayer  et 
Cl.  Bernard. 

M.  Ch.  Lespès  donne  lecture  de  Recherches  sur  l'organi- 
sation et  les  mœurs  du  Termite  lucifage. 

((  Les  Termites,  connus  vulgairement  sous  le  nom  de 
Fourmis  blanches,  vivent  en  sociétés  nombreuses  comme 
les  Fourmis,  les  Abeilles  et  plusieurs  autres  Hyménop- 
tères. Ces  insectes,  répandus  surtout  dans  les  pays  chauds, 
se  trouvent  aussi  dans  le  midi  de  la  France.  Depuis  quel- 


HO    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

ques  années,  une  espèce  de  ces  Névroptères  a  attiré  l'at- 
tention par  les  nombreux  dégâts  qu'elle  a  occasionnés  à 
la  Rochelle,  Rochefort  et  plusieurs  villes  de  la  Charente- 
Inférieure.  Une  espèce,  probablement  différente,  est  com- 
mune aux  environs  de  Bordeaux,  où  je  l'ai  étudiée. 

«  Chaque  société  se  compose  d'un  nombre  considérable 
d'individus  de  formes  différentes  :  1°  les  ouvriers,  2°  les 
soldats,  3°  les  larves  et  les  nymphes,  4°  les  individus  par- 
faits qui  peuvent  se  reproduire. 

«  Les  ouvriers  et  les  soldats  sont  des  individus  neutres, 
ou  plutôt  leurs  organes  reproducteurs  sont  atrophiés,  mais 
j'ai  pu  toujours  en  trouver  des  rudiments  ;  les  uns  et  les 
autres  présentent  des  traces  d'ovaires  ou  de  testicules,  de 
sorte  qu'ils  ressemblent  aux  neutres  des  Hyménoptères 
seulement  par  l'impossibilité  de  se  reproduire  ;  chez  ces 
derniers,  les  neutres  étant  toujours  des  femelles  incom- 
plètes. Toujours  privés  d'yeux,  les  ouvriers  et  les  soldats 
sont  chargés  de  tous  les  soins  de  la  communauté  :  les  pre- 
miers creusent  les  nids,  construisent  les  galeries  et  soi- 
gnent les  jeunes;  les  seconds  sont  uniquement  chargés  de 
la  défense  de  la  société,  fonction  dont  ils  s'acquittent 
avec  le  plus  grand  courage.  Ces  deux  formes  de  neutres, 
dont  j'ai  étudié  l'organisation  en  détail,  ne  diffèrent  que 
par  le  volume  de  la  tête  et  surtout  des  mandibules.  Jamais 
ces  insectes  ne  sortent  de  leur  nid.  Ils  sont  aptères  pen- 
dant toute  leur  vie. 

«  Les  larves  subissent  trois  mues.  Dans  le  premier  âge, 
il  est  impossible  de  distinguer  celles  qui  deviendront  des 
neutres  de  celles  qui  acquerront  un  développement  com- 
plet; mais,  dès  le  deuxième,  ces  dernières  commencent  à 
montrer  des  rudiments  d'ailes  qui  s'accroissent  au  troi- 
sième. Celles  de  neutres,  au  contraire ,  ressemblent ,  sauf 
la  taille,  aux  ouvriers.  On  les  trouve  en  grand  nombre 
pendant  l'hiver  et  le  printemps. 

«  Les  nymphes  de  neutres,  ai-je  dit,  ne  diffèrent  de 
l'ouvrier  que  par  la  taille;  celles  des  individus  sexués 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  4-41 

offrent  deux  formes  différentes  qui  correspondent  à  deux 
époques  d'émigration  de  ces  derniers  :  les  unes  ont  des 
fourreaux  d'ailes  longs,  elles  subissent  leur  dernière  trans- 
formation en  mai  ;  les  autres  ont  ces  mêmes  organes  courts 
et  étroits,  elles  prennent  leurs  ailes  en  août. 

«  Les  individus  ailés  ont  seuls  des  yeux.  Ceux  qui  émi- 
grent  au  printemps  sont  les  uns  des  mâles,  les  autres  des 
femelles;  ils  proviennent  de  la  première  forme  de  nym- 
phes. Leurs  organes  reproducteurs,  dont  j'ai  suivi  l'évolu- 
tion, sont  peu  développés;  un  petit  nombre  de  gaines 
ovigères  est  fécond  dans  chaque  ovaire.  Ces  individus  se 
réunissent  par  couples  qui  rentrent  dans  un  nid  après  la 
chute  des  ailes.  Le  mâle  et  la  femelle  vivent  ensemble 
dans  ce  nid  jusqu'à  l'état  suivant,  époque  de  la  ponte, 
par  conséquent  plus  d'un  an.  J'ai  donné  à  ces  insectes 
peu  féconds  les  noms  de  petits  rois  et  de  petites  reines. 
Quelquefois  il  paraît  en  exister  plusieurs  couples  dans  un 
même  nid. 

«  A  l'automne,  les  nymphes  de  la  seconde  forme  su- 
bissent leur  dernière  mue  :  les  individus  qui  en  résultent 
sont  les  uns  mâles,  les  autres  femelles  ;  mais  leurs  organes 
reproducteurs,  dont  j'ai  suivi  l'évolution,  sont  infiniment 
plus  développés  dans  les  précédents,  et  cela  dans  les  deux 
sexes.  Ces  insectes  se  réunissent  aussi  par  couples  qui 
n'émigrent  pas,  et  dont  il  y  a  un  seul  dans  chaque  nid  et 
seulement  dans  les  sociétés  nombreuses.  Ils  vivent  à  côté 
l'un  de  l'autre  sans  être  renfermés  dans  une  cellule  spé- 
ciale, et  on  peut  les  trouver  jusqu'au  mois  de  juillet, 
époque  de  la  ponte.  L'abdomen  de  la  femelle  acquiert  un 
très-grand  volume ,  qui  n'est  pourtant  pas  comparable  à 
ce  que  l'on  voit  chez  les  Termites  exotiques.  Cet  accrois- 
sement est  en  rapport  avec  le  développement  des  œufs 
dans  d'énormes  ovaires. 

«  J'ai  étudié  avec  soin  l'organisation  des  divers  insectes 
que  je  viens  d'énumérer,  car  j'ai  pensé  que  mon  travail 
devait  surtout  s'appuyer  sur  ranatomie.  J'ai  suivi  aussi 


442  rev.  et  mâg.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

l'évolution  des  principaux  appareils  et  surtout  des  organes 
reproducteurs  qui  offrent  les  faits  si  remarquables  d'une 
atrophie  presque  complète  chez  les  neutres ,  d'un  déve- 
loppement incomplet  dans  les  petits  rois  et  dans  les  petites 
reines,  et,  au  contraire,  d'un  volume  considérable  et 
d'une  organisation  très-complexe  dans  les  rois  et  les  reines. 
De  nombreux  dessins  accompagnent  cette  partie  de  mon 
travail. 

«  Pendant  mes  dissections,  j'ai  trouvé  plusieurs  ani- 
maux parasites  des  Termites  :  ce  sont  deux  Acariens  ;  un 
nématoïde  dont  les  migrations  ressemblent  à  celles  que 
M.  Von  Sieboldt  a  décrites  chez  les  Mermis  ;  et  enfin  quel- 
ques infusoires.  Dans  un  Mémoire  que  j'aurai  l'honneur 
de  présenter  plus  tard  à  l'Académie,  je  reviendrai  sur  ces 
petits  êtres. 

«  En  résumé,  chaque  société  de  Termites  se  compose 
d'un  couple  fécond  (roi  et  reine)  dans  les  sociétés  nom- 
breuses, d'un  ou  de  deux  couples  demi-féconds  dans  les 
jeunes  colonies ,  d'un  grand  nombre  de  neutres  affectant 
les  formes  des  ouvriers  et  des  soldats,  et  enfin  d'individus 
jeunes  à  divers  états  de  développement,  suivant  la  saison 
où  on  les  examine. 

«  Les  faits  que  je  considère  comme  nouveaux  sont  1°  la 
détermination  de  la  nature  des  ouvriers,  que  presque  tous 
les  observateurs,  Latreille  entre  autres,  prenaient  pour 
des  larves  ;  2°  l'existence  de  neutres  mâles  et  femelles  ; 
3°  l'existence  des  petits  rois  et  des  petites  reines  :  on  ne 
connaissait  que  les  rois  et  les  reines;  4°  la  série  des  méta- 
morphoses des  différents  individus,  que  l'on  ne  connais- 
sait que  d'une  manière  très  imparfaite ,  et  l'évolution  des 
principaux  organes,  que  personne  n'avait  étudiée.  » 

M.  Gratiolet  lit  un  Mémoire  sur  le  développement  de  la 
forme  du  crâne  de  l'homme  et  sur  quelques  variations  qu'on 
observe  dans  la  marche  de  l'ossification  de  ses  sutures.  —  Ce 
beau  travail  est  renvoyé  à  l'examen  de  MM.  Velpeau  et 
Cl.  Bernard.  * 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  443 

Séance  du  1er  septembre  1856.  —  M.  J.  Geoffroy  Saint- 
Hilaire,  en  prosentant  le  remarquable  ouvrage  qu'il  vient 
de  publier  sous  le  titre  de  Lettres  sur  (es  substances  alimen- 
taires, et  particulièrement  siir  la  viande  de  Cheval ,  donne 
verbalement  une  idée  de  l'objet  de  ce  livre.  Nous  l'avons 
lu  avec  un  vif  intérêt,  et  nous  devons  dire  qu'il  est  aussi 
remarquable  par  la  forme  que  par  le  fond.  Nous  donne- 
rions ici  en  entier  l'analyse  qui  en  a  paru  dans  les  Comptes 
rendus  de  V Académie  si  elle  n'avait  pas  été  reproduite  im- 
médiatement o'ans  tous  les  journaux  de  Paris ,  des  dépar- 
tements et  de  l'étranger,  et  si  le  livre  lui-même  n'était  pas 
dans  les  mains  des  savants  et  des  gens  du  monde,  qui 
s'empressent  de  le  lire  comme  une  œuvre  hors  ligne  et 
toute  d'actualité.  Qu'il  nous  soit  permis ,  cependant ,  de 
reproduire  la  fin  de  cette  communication  : 

«  La  viande  de  Cheval,  parfaitement  saine,  incontesta- 
blement bonne  (sans  valoir  cependant  celle  du  bœuf  ou  du 
mouton  engraissé),  est,  en  outre,  abondante,  et  peut  fournir 
des  ressources  importantes  pour  l'alimentation  des  classes 
laborieuses  des  villes  et  des  campagnes.  Cette  troisième 
partie  de  la  démonstration  exigerait  des  calculs  dans  les- 
quels je  ne  puis  entrer  ici,  mais  dont  je  donnerai  du  moins 
les  résultats.  En  combinant  les  éléments  fournis  par  nos 
statistiques  officielles  et  par  d'autres  documents  sur  le 
nombre  des  chevaux  en  France,  la  durée  de  leur  vie  et  le 
rendement  en  viande  d'un  grand  nombre  de  chevaux,  on 
trouve  que  la  viande  des  chevaux  morts  naturellement  ou 
abattus  chaque  année  en  France  est  équivalente  à  environ 

«  1/6  de  la  viande  de  Bœuf  ou  de  Cochon , 

«  2/3  des  viandes  réunies  de  Mouton  et  de  Chèvre, 

«  1/14  de  toutes  les  viandes  réunies  de  boucherie  et  de 
charcuterie , 

«  Ou,  ce  qui  revient  au  même,  à  plus  de  deux  millions 
et  demi  de  nos  rations  moyennes  actuelles  en  viande  (si 
inférieures,  il  est  vrai,  au  besoin  des  populations!). 

«  Kn  présence  de  tels  chiffres ,  et  quelques  réductions 


444  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Septembre  1856.) 

que  l'on  doive  faire  subir  à  ces  nombres  pour  tenir  compte 
des  chevaux  impropres  à  la  consommation,  comment  mé- 
connaître ce  résultat,  d'une  si  grande  valeur  pratique  : 

«  Il  y  a  dans  l'emploi  de  la  viande  de  Cheval  une  res- 
source importante,  la  plus  importante  même  (quoiqu'elle 
soit  loin  de  suffire  encore)  à  laquelle  nous  puissions  re- 
courir pour  donner  aux  populations  laborieuses  l'aliment 
qui  leur  manque  le  plus,  la  viande. 

«  Singulière  anomalie  sociale,  et  qu'on  s'étonnera  un 
jour  d'avoir  subie  si  longtemps  !  Des  millions  de  Français 
sont  privés  de  viande;  ils  en  mangent  six  fois,  deux  fois, 
une  fois  par  an!  Et,  en  présence  de  cette  misère,  des 
millions  de  kilogrammes  de  bonne  viande  sont ,  chaque 
mois,  abandonnés  à  l'industrie  pour  des  usages  secon- 
daires, livrés  aux  cochons  et  aux  chiens,  ou  même  jetés  à 
la  voirie  ! 

«  Voilà  ce  que  la  science  elle-même  a  autorisé  jusqu'à 
ce  jour,  du  moins  par  son  silence,  comme  si  elle  avait 
craint,  elle  aussi,  de  se  heurter  contre  un  préjugé  popu- 
laire, et,  quand  elle  avait  dans  la  main  des  vérités  utiles, 
de  l'ouvrir  et  de  les  répandre  !  » 

S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte  fait  hommage  d'un  exem- 
plaire d'un  premier  Essai  synoptique  sur  les  Psittaci. 

M.  P.  Gratiolet  adresse  une  Note  sur  les  effets  de  l'abla- 
tion des  capsules  surrénales. 

M.  Poortmun  adresse  un  travail  sur  une  disposition  par- 
ticulière des  vertèbres  chez  les  Pérodictiques,  et  sur  le  nombre 
des  mamelles  chez  les  Mammifères. 

M.  Kœlliker  adresse  deux  opuscules  sur  le  développe- 
ment des  spermatozoaires,  sur  leur  forme  et  leur  compo- 
sition chimique. 

M.  Zeizing,  en  faisant  hommage  de  deux  ouvrages 
qu'il  a  publiés  sur  les  proportions  du  corps  humain  et  sur 
les  rapports  des  dimensions  des  diverses  parties  articulées 
du  corps  des  vertébrés,  indique  la  principale  des  lois 
qu'il  a  déduites  de  ces  observations.  Le  mode  de  division 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  445 

que  les  géomètres  nomment  division  en  moyenne  et  ex- 
trême raison  préside,  suivant  lui,  non-seulement  à  ces  rap- 
ports de  grandeur  des  parties  chez  les  animaux,  mais  à  la 
disposition  des  feuilles,  des  inflorescences,  et  même  à 
certains  rapports  qui  se  présentent  dans  l'étude  de  la 
nature  inorganique. 

Séance  du  8  septembre  1856.  —  M.  J.  Geoffroy  Saint- 
Hilaire  présente,  au  nom  de  MM.  Eudes  Deslongchamps 
père  et  fils,  une  traduction  de  l'introduction  à  l'histoire 
naturelle  des  Brachiopodes  vivants  et  fossiles,  par  M.  Da- 
vidson. —  Cette  traduction  offre  d'autant  plus  d'intérêt , 
dit  l'illustre  président  de  l'Académie,  qu'elle  renferme, 
soit  dans  le  texte,  soit  dans  les  planches,  plusieurs  addi- 
tions nouvelles. 

M.  de  Quatrefages  lit  un  Rapport  sur  un  mémoire  de 
M.  Jacquart  intitulé  :  De  la  mensuration  de  l'angle  facial, 
des  goniomètres  faciaux  et  d'un  nouveau  goniomètre  fa- 
cial inventé  par  l'auteur. 

Séance  du  15  septembre  1856.  —  M.  Cl.  Bernard  lit  des 
Recherches  expérimentales  sur  la  température  animale. 

S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte  donne  lecture  de  la  suite 
de  son  Excursion  dans  les  divers  musées  d'Allemagne ,  de 
Hollande  et  de  Belgique,  et  tableaux  paralléliques  de  l'ordre 
des  Echassiers. 

M.  Poinsot  présente  un  travail  sur  un  second  conduit 
pancréatique  chez  le  Bœuf. 

Séance  du  22  septembre  1856.  —  S.  A.  le  prince  Ch.  Bo- 
naparte termine  la  lecture  de  son  travail  intitulé  :  Excur- 
sion dans  les  divers  musées  d'Allemagne,  de  Hollande  et  de 
Belgique, 

M.  Milne-Edwards  présente,  de  la  part  de  M.  Th.  E. 
Von  Sieboldt ,  une  brochure  ayant  pour  titre  :  la  Parthé- 
nogenèse proprement  dite  chez  les  Lépidoptères  et  les  Abeilles , 
et  rend  sommairement  compte  des  observations  de  l'au- 
teur sur  la  reproduction  sans  fécondation  chez  les  Psychés, 
les  Abeilles  et  les  Vers  à  soie. 


446  rev.  et  mag.  de  zoolooie.  (Septembre  1856.) 

III.  MÉLANGES  ET  NOUVELLES. 

M.  J.  F.  Bonnafoux,  bibliothécaire  de  la  ville  de  Gué- 
ret,  nous  écrit,  le  8  juillet  1856,  la  lettre  suivante  : 

Monsieur  le  directeur,  je  crois  devoir  vous  faire  part 
de  quelques  observations  qui  ne  sont  pas  sans  analogie 
avec  les  remarques  faites,  dans  ces  derniers  temps,  au 
sujet  de  certains  Mollusques  terrestres,  et  particulière- 
ment de  X Hélix  aspersa ,  auxquels  on  attribue  la  propriété 
de  perforer  des  pierres. 

A  la  suite  des  dernières  inondations  du  mois  de  mai,  on 
apporta  à  M.  le  docteur  Desgenets  un  nid  de  Fauvette 
tête  noire  qui  contenait  seulement  trois  œufs  arrivés  à 
peu  près  aux  trois  quarts  du  terme  nécessaire  à  l'incuba- 
tion complète.  Sur  l'un  des  œufs  était  fortement  fixé  un 
individu  de  l'espèce  Hélix  hortensis ,  et  en  opérant  la  sé- 
paration de  ces  deux  corps  étrangers  nous  nous  aper- 
çûmes que  la  coque  était  rongée  jusqu'à  la  membrane 
molle  qui  touche  à  l'albumine,  de  sorte  que  le  Limaçon 
n'avait  plus  qu'un  pas  à  faire  pour  se  jeter  sur  sa  proie. 
Il  est  évident  que  Y  Hélix  avait  été  attirée  par  l'odeur  pro- 
duite par  un  commencement  de  décomposition  organique, 
car  le  nid  avait  été  abandonné  depuis  plusieurs  jours ,  et 
les  œufs  avaient  eu  à  souffrir  de  l'inclémence  de  la  saison. 

Deuxième  observation.  —  On  nous  indiqua  un  autre  nid 
(il  était  de  Bouvreuil),  également  abandonné ,  où  nous 
trouvâmes  encore  une  Hélix  des  jardins  occupée  à  per- 
forer la  coque  de  l'un  des  quatre  œufs  qu'il  contenait  ; 
malheureusement  nous  ne  pûmes  suivre  nos  observations 
jusqu'au  bout,  le  nid  ayant  été  enlevé  quelques  jours 
après. 

Troisième  observation.  —  Un  nid  de  Pie-Grièche  grise  , 
placé  dans  les  mêmes  conditions,  nous  a  offert  trois  œufs 
vides  et  envahis  par  des  forficules.  Les  découvertes  pré- 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  447 

cédentes  nous  autorisent  à  penser  que  ces  œufs  ont  été 
dévorés  par  des  Hélix. 

Ne  connaissant  pas  d'autres  exemples,  depuis  que  je 
m'occupe  de  malacologie,  d'œufs  perforés  par  des  Lima- 
çons, j'ai  pensé,  monsieur  le  directeur,  que  je  vous  devais 
cette  courte  communication  ;  en  histoire  naturelle ,  tout 
s'enchaîne  et  se  lie,  et  les  plus  petites  remarques  peuvent 
conduire  à  de  grands  résultats. 
Agréez,  etc. 

J.  F.  BONNAFOUX. 


M.  J.  Thomson  nous  adresse  la  lettre  suivante  : 

Monsieur  le  rédacteur,  vous  n'ignorez  point ,  sans 
doute,  que  madame  Ida  Pfeiffer  vient  de  passer  quelques 
jours  à  Paris.  La  célèbre  et  intrépide  voyageuse  est  sur  le 
point  d'entreprendre  un  nouveau  voyage  qui  promet 
d'être  aussi  intéressant  sous  le  rapport  de  la  science  en 
général  que  de  l'entomologie  en  particulier.  Madame 
Pfeiffer  s'attachera  à  récolter  le  plus  d'Insectes  qu'elle 
pourra,  et  j'espère  que  l'ordre  des  Coléoptères  lui  offrira 
surtout  un  vaste  champ  de  recherches. 

Elle  ira  à  Timor,  à  Batavia ,  à  la  Nouvelle-Guinée ,  aux 
îles  Philippines,  au  Japon  et  ensuite  à  Madagascar,  cette 
riche  mine  d'Insectes  que  Goudot  nous  a  fait  entrevoir, 
et  que  madame  Pfeiffer,  elle,  tâchera  de  nous  faire  con- 
naître. Quelles  félicitations  adresser  à  celle  qui  entreprend 
un  tel  voyage  ?  Il  est  impossible  d'apprécier  dignement 
un  courage  aussi  grand  ou  un  dévouement  à  la  science 
aussi  persévérant.  Le  plus  bel  éloge  qu'on  puisse  faire  de 
cette  femme  remarquable,  c'est  de  rappeler  que  Humboldt 
l'appelle  «  son  amie.  » 

J'étais  en  Allemagne  quand  une  lettre  du  savant  géo- 
graphe M.  le  baron  de  la  Roquette  m'annonça  que  ma- 
dame Pfeiffer  était  à  Paris  et  venait  d'être  nommée  mem- 


448   rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Septembre  1856.) 

bre  honoraire  de  la  Société  de  géographie.  J'y  revins  im- 
médiatement pour  avoir  l'avantage  de  la  voir,  et  elle 
voulut  bien  venir  jeter  un  coup  d'oeil  sur  ma  collection  de 
Coléoptères  et  me  donner  plusieurs  Insectes  pris  par  elle 
à  Célèbes ,  et  parmi  lesquels  se  trouvait  YEumorphus 
Pfeifferii. 

Puisse  le  succès  du  nouveau  voyage  de  madame  Ida 
Pfeiffer  dépasser  les  espérances  de  ses  plus  fervents  amis  ! 
Les  sympathies  de  la  science  l'accompagneront  au  delà 
des  mers  et  jusque  dans  les  contrées  les  plus  reculées! 
Veuillez,  etc. 

James  Thomson. 
Paris,  le  12  août  1856. 


Nous  nous  faisons  un  devoir  de  recommander  à  nos 
lecteurs  le  journal  la  Science,  si  bien  dirigé,  aujourd'hui, 
par  M.  Alfred  de  Gondrecourt.  Ce  journal  paraît,  le  jeudi 
et  le  dimanche,  format  grand  in-4°  de  8  pages  à  2  co- 
lonnes. Prix  de  l'abonnement  annuel,  18  fr.  Rue  Coq- 
Héron,  5. 


TABLE    DES   MATIERES. 

Pages. 

S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte.  —  Nouveau  genre  d'oiseaux  de 

l'ordre  des  Pigeons.  401 

Jaubert.  —  Quatorzième  et  dernière  Lettre  sur  l'Ornithologie.  403 

Duméril  (Aug.).  —  Note  sur  les  Reptiles  du  Gabon.  417 

Bodrguignat.  —  Aménités  malacologiques.  424 

Chevrolat.  —  Description  de  quatre  Longicornes  européens.  435 

Id.        —  Description  de  Longicornes  nouveaux.  436 

Académie  des  sciences.  438 

Mélanges  et  nouvelles.  446 

PARIS.  — IMP.   DE  Mme  Ve  BOUCHARD -HUZARD ,    RUE   DE   L'ÉPERON ,    5. 


SIX-NEUVIÈME    ANNÉE.  —  OCTOBRE    1856. 


I.  TRAVAUX  INÉDITS. 

Notices  mammalogiques,  par  M.  le  Dr  Pucheran. 
(Voir  1856,  p.  145,  315,  362.) 

C'est  M.  Schlegel  qui  a  le  premier,  si  nos  souvenirs 
sont  exacts ,  émis  cette  idée.  La  cause  initiale  de  ce  rap- 
prochement réside  dans  la  persuasion  où  se  trouve  l'il- 
lustre zoologiste  du  musée  de  Leyde  que  le  D.  plumbeus 
et  le  D.  malayanus  sont  une  seule  et  même  espèce.  Qu'il 
en  soit  ainsi  pour  ce  dernier  type  et  le  D.  dubius,  c'est  ce 
que  je  ne  puis  ni  démentir  ni  affirmer,  privé  que  je  suis 
d'une  tète  osseuse  de  la  première,  et  ne  connaissant ,  ni 
dans  notre  musée,  ni  dans  aucun  musée  d'Europe,  d'exem- 
plaire monté  du  D.  dubius.  Mais  ce  que  je  puis  assurer, 
ayant  soumis  leurs  crânes  à  une  comparaison  suivie,  c'est 
que  le  Delphinus  dubius  est  bien  différent  du  D.  plumbeus. 

Le  crâne  du  D.  dubius,  en  effet,  est  moins  allongé  :  sa 
longueur  du  trou  occipital  au  bout  du  museau  ne  dépasse 
pas  42  centimètres.  Son  bec  est  doué  d'une  forme  plus 
régulièrement  conique;  aussi  est-il  moins  comprimé  à  la 
pointe.  Ses  intermaxillaires  sont  plus  saillants;  le  plan  des 
maxillaires  est,  par  conséquent,  situé  plus  en  arrière.  Par 
la  disposition  arrondie  de  sa  crête  occipitale ,  par  la  pe- 
titesse de  sa  fosse  temporale,  par  l'excavation  de  ses  maxil- 
laires en  dehors  des  évents,  cette  tête  osseuse  offre  beau- 
coup de  ressemblance  avec  celle  du  Delphinus  dclphis, 
tandis  qu'elle  est  très-différente  de  celle  du  Delphinus 
plumbeus. 

2e  série,  t.  vm.  Année  1856.  29 


450     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

Cette  série  d'observations  comparatives  que  nous  ve- 
nons d'exposer  nous  semble  de  nature  à  justifier  l'isole- 
ment, comme  type  spécifique,  du  Dauphin  plombé.  Nous 
pensons  que  la  caractéristique  peut  en  être  donnée  de  la 
manière  suivante  : 

Delphinus  plumbeus,  Duss.  —  Adulte  :  Taille  grande; 
couleur  du  corps,  gris  plombé;  extrémité  et  dessous  de  la  mâ- 
choire inférieure  blanchâtres.  Nageoire  dorsale  peu  élevée, 
mais  allongée;  nageoires  pectorales  et  caudale  bien  étalées  et 

bien  développées.  Formule  dentaire  :  „9 ^ ^, q^. 

Jeune  :  bord  de  la  mâchoire  supérieure,  mâchoire  inférieure 
et  dessous  du  corps,  jusquà  la  moitié  de  la  queue,  de  couleur 
blanchâtre. 

Ce  Cétacé  est  originaire  de  la  côte  du  Malabar.  Tout  ce 
que  nous  savons  de  ses  mœurs,  nous  le  devons  aux  notes 
fournies  par  M.  Dussumier  à  M.  Frédéric  Cuvier,  notes 
transcrites  par  ce  dernier  zoologiste.  Ce  sont  ces  notes 
qui  nous  ont  appris  que  «  cette  espèce  se  tient  près  •  du 
ce  rivage,  où  elle  poursuit  les  bancs  de  Sardines.  Ses  mou- 
ce  vements  n'ont  pas  la  vélocité  de  ceux  des  Dauphins 
«  qu'on  rencontre  dans  les  hautes  mers.  Ces  animaux  se 
((  prennent  dans  les  filets,  mais  difficilement;  ils  se  dé- 
«  fient  des  préparatifs  qu'ils  voient  faire  aux  pêcheurs,  et 
«  savent  éviter  les  pièges  qu'on  leur  tend.  Le  bruit  du 
«  fusil  les  effraye;  ils  fuient  en  plongeant,  et  on  les  voit 
«  reparaître  à  quelque  distance  dans  une  direction  con- 
«  traire  à  celle  qu'ils  avaient  prise  (1).  » 

2.  Delphinus  longirostris. 

Sous  ce  nom,  M.  Gray  a  décrit,  en  1828  (2),  une  espèce 
de  Dauphin  basée  sur  la  connaissance  d'un  seul  crâne 

(1)  Frédéric  Cuvier,  Histoire  naturelle  des  Cétacés,  p.  152. 

(2)  Spicilegia  zoologica,  fasc.  I,  p.  1. 


TRAVAUX   INÉDITS.  451 

faisant  partie  de  la  collection  de  M.  Brookes,  et  dont  il 

ignorait  le  lieu  d'origine.  Voici  cette  description  : 

I).  longirostris.  —  Os.se  palatino  carinnto,  postice  conve.ro; 

rostro  longissimo  attcnuato,  supra  dcpresso,  linca  média  ele- 

,      .,  .  48—50 

vata;  dentibus  parvis  utrwque  „   . 

Le  bec,  ajoute  M.  Gray,  est  plus  effilé  et  plus  déprimé 
que  celui  du  D.  delphis;  les  os  palatins  sont  plus  forte- 
ment carénés,  et  l'élévation  centrale  de  la  surface  supé- 
rieure du  bec  est  large  et  convexe.  Longueur  de  la  tête  , 
6  pouces;  du  bec,  11  pouces  1/2  :  sa  largeur  est  de  3  pou- 
ces à  la  base. 

Plus  tard,  sous  cette  même  dénomination  donnée  par 
M.  Dussumier,  M.  Cuvier  a  parlé  (1)  d'une  tête  osseuse,  de 
la  collection  du  musée  de  Paris,  originaire  de  la  côte  du 
Malabar.  Ce  Dauphin  «  surpasse  même,  »  dit-il,  «  le  Dau- 
«  phin  commun  par  le  nombre  de  ses  dents  ;  il  en  a  par- 
ce tout  de  cinquante-cinq  à  soixante.  » 

Dans  un  travail  de  date  plus  récente  que  ceux  dont  il 
vient  d'être  question  ,  M.  Schlegel  $)  a  réuni  ces  deux 
espèces  en  leur  rattachant,  en  second  lieu,  le  Dauphin  du 
Capr  dont  la  découverte  est  due  à  M.  Gray  lui-même  (3). 
M.  Schlegel  se  trompe  cependant  en  disant  que  le  Delph. 
longirostris,  Dussumier,  est  originaire  de  Ceylan.  L'asser- 
tion de  M.  Cuvier,  les  notes  que  nous  avons  recueillies 
dans  les  catalogues  du  Muséum ,  sont  d'accord  pour  éta- 
blir que  ce  crâne  a  été  rapporté  de  la  côte  du  Malabar. 
Dans  le  cours  de  sa  description,  M.  Schlegel  nous  ap- 
prend que  le  crâne  type  de  If.  Gray  fait  présentement 
partie  du  musée  de  Leyde;  qu'il  est  un  peu  mutilé  à  sa 
partie  antérieure,  et  que ,  ayant  perdu  quelques-unes  de 
ses  dents,  il  en  est  résulté  que  M.  Gray  n'en  a  compté  que 


(1)  Règne  animal,  2e  édit.,  vol.  I,  p.  288. 

(2)  Fauna  japonica,  Mai».,  p.  13  et  14. 

(3)  Loc.  cit.,  p.  2. 


452    rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Octobre  1856.) 

quarante-huit  à  cinquante  de  chaque  côté,  quoique  ce 
crâne  même  en  offre  cinquante-cinq.  Le  même  zoologiste 
ajoute  ensuite  que  le  crâne  de  cette  espèce  est  plus 
étroit,  plus  allongé  que  celui  du  Dauphin  commun,  et  dé- 
pourvu des  deux  profonds  sillons  palatins  qui  caracté- 
risent le  crâne  de  l'espèce  de  nos  mers  d'Europe  (1). 

Or  M.  Gray,  dont  nous  avons  plus  haut  cité  textuelle- 
ment la  description,  nous  dit,  au  contraire,  que  l'os  pa- 
latin, dans  son  Belph.  longirostris,  est  doué  d'une  carène, 
ce  qui  suppose  naturellement  l'existence  des  deux  sillons 
palatins.  Quel  est  celui  des  deux  zoologistes  qui,  dans 
cette  circonstance,  a  mal  observé?  C'est  une  question  que 
nous  ne  pouvons  élucider  :  contentons-nous  seulement  de 
faire  observer  qu'il  y  a  désaccord ,  sous  un  point  de  vue 
d'importance  majeure,  entre  les  deux  diagnoses. 

Quant  à  notre  crâne  type  de  M.  Dussumier,  il  est  plus 

étroit  que  celui  du  D.  delphis,  mais  bien  pourvu  d'une 

carène  palatine  et  des  deux  sillons  latéraux.  La  formule 

55 55 

dentaire  est  ^ — ^r»  et  des  deux  côtés,  soit  en  bas,  soit 
53—54 

en  haut,  il  y  a  un  vide  assez  étendu  depuis  les  dents  les 
plus  antérieures  jusqu'au  bout  du  bec.  M.  Gray  (2)  a 
observé  sur  la  tête  osseuse  de  notre  collection  nationale 
les  caractères  que  nous  venons  de  signaler  :  les  mesures 
qu'il  donne  de  certaines  de  ses  dimensions  sont  même 
différentes  de  celles  attribuées  par  lui  au  crâne  qu'il  a 
initialement  décrit. 

Évidemment,  il  y  a  dans  tous  ces  faits  matière  à  de 
nouvelles  investigations.  Nous  nous  permettrons  de  les 
recommander  au  savant  zoologiste  de  Leyde ,  dont  per- 
sonne plus  que  nous  n'admire  le  talent  hors  ligne,  soit 
comme  observateur,  soit  comme  homme  de  synthèse. 


(1)  Faunajaponica,  Mam.,  p.  14. 

(2)  Zool.  Ercbus  et  Terror,  p.  42;  et  Cat.  of  Mam.  of  Drit.  mus, 
Cetacea,  p.  125. 


TRAVAUX   INÉDITS.  453 

Convenablement  placé  pour  porter  de  nouveau  son  atten- 
tion soit  sur  le  type  de  M.  Gray,  soit  sur  ceux  qui  lui  ont 
servi  de  base  pour  son  travail,  il  peut  seul  nous  apprendre 
d'une  manière  définitive  si  ce  sont  deux  ou  trois  espèces 
qui  ont  été  confondues  sous  ce  nom  commun  de  Delphi- 
nus  longirostris.  Les  différences  que  nous  avons  signalées 
sont  trop  importantes  pour  ne  pas  donner  lieu  de  croire 
que  les  opinions  actuellement  régnantes  à  ce  sujet  en  zoo- 
logie doivent  être  modifiées. 

3.  Dauphin  véloce  [Delphinus  velox),  Dussumier. 

Cette  espèce,  ainsi  que  les  deux  suivantes,  a  été  plus 
nettement  admise  que  les  deux  précédentes;  mais,  no- 
nobstant cette  circonstance,  nous  croyons  devoir  exposer 
tous  les  détails  la  concernant.  Voici  ce  qu'en  a  initiale- 
ment dit  M.  Frédéric  Cuvier  : 

«  M.  Dussumier  s'est  emparé  de  ce  Dauphin  entre  l'île 
«  de  Ceylan  et  l'équateur.  Il  faisait  partie  d'une  troupe 
«  innombrable  qui  disparut  aussitôt  que  l'individu  dont 
«  il  est  ici  question  fut  blessé.  La  rapidité  de  ces  Dau- 
«  phins  dans  leurs  mouvements  était  extrême  et  surpas- 
«  sait  celle  des  autres  Dauphins ,  ce  qui  a  déterminé 
«  M.  Dussumier  à  lui  donner  le  nom  latin  de  velox.  Ses 
«  dents  sont  au  nombre  de  quarante  et  une  de  chaque 
«  côté  des  deux  mâchoires.  Il  est  noir  en  dessus  et  d'une 
«  teinte  verdàtre  très -foncée  en  dessous,  avec  des  mar- 
te brures  noires. 

«  Sa  longueur  totale  est  de  4  pieds  9  pouces,  et  la  hau- 
te teur  du  corps  à  la  dorsale  six  fois  un  tiers  dans  la  lon- 
«  gueur  :  son  épaisseur  n'en  est  que  le  sixième.  La  dis- 
«  tance  du  bout  du  museau  à  l'œil  est  environ  un  tin- 
te quième  de  la  longueur  de  l'animal.  Le  front  s'élève  sur 
ee  le  bec  presque  au  tiers  de  cette  même  distance. 

«  L'évent  est  sur  l'aplomb  de  l'œil,  dont  le  diamètre  est 
ee  le  douzième  de  la  distance  du  bout  du  museau  à  l'œil. 


454      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

«  La  dorsale  est  placée  sur  le  milieu  du  corps,  de  façon 
«  que  son  bord  antérieur  s'élève  en  avant  de  cette  moitié 
«  par  un  angle  un  peu  plus  petit  que  45°  ;  la  base  est  six 
«  fois  un  tiers  dans  la  longueur  du  corps.  Sa  hauteur  égale 
«  sa  longueur  :  son  bord  antérieur,  légèrement  sinueux , 
<(  présente  la  figure  d'un  S  peu  ventru  ;  son  angle  supé- 
«  rieur  est  assez  aigu,  et  le  bord  postérieur  est  très-échan- 
«  cré  :  il  se  prolonge  à  peine  en  carène  sur  le  dos. 

«  La  queue  a  une  carène  courte  et  peu  élevée  ;  sa  lar- 
«  geur  est  contenue  trois  fois  et  quatre  cinquièmes  dans 
«  la  longueur  totale  du  corps  :  sa  hauteur  est  trois  fois  et 
«  deux  tiers  dans  la  largeur  :  ses  deux  lobes  aigus  sont  sé- 
«  parés  par  une  échancrure  assez  ouverte  ;  ils  sont  eux- 
«  mêmes  peu  échancrés. 

«  La  longueur  de  la  pectorale  n'égale  pas  le  septième 
«  de  la  longueur  totale;  sa  hauteur,  un  tiers  :  ses  deux 
«  bords  sont  très-arquésf  et  elle  est  pointue  (1).  » 

Plus  récemment ,  M.  Frédéric  Cuvier  a  un  peu  modifié 
sa  description  primitive.  Ainsi,  suivant  lui,  la  couleur  est 
entièrement  noire,  et  non  marbrée  de  noir  sur  un  fond 
verdàtre  (2).  «  Je  fais,  dit-il,  cette  rectification  d'après  les 
«  renseignements  nouveaux  que  je  dois  à  la  complaisance 
«  de  M.  Dussumier  (3).  »  Il  ajoute  ensuite  que  la  hauteur, 
vis-à-vis  de  la  dorsale,  est  de  dix  pouces,  et  son  épaisseur 
un  peu  moindre  :  la  hauteur  de  la  dorsale  est  égale  à  sa  base 
et  de  5  pouces  d'étendue.  La  nageoire  caudale,  dit  égale- 
ment M.  Fr.  Cuvier,  a  plus  de  1  pied  de  largeur,  et  la  lon- 
gueur des  pectorales  est  de  9  pouces  sur  3  dans  leur  partie 
la  plus  large.  Cette  dernière  rectification  est  d'autant  plus 
importante  que,  d'après  les  indications  fournies  dans  le 
texte  de  la  60e  livraison  de  la  Ménagerie  du  Muséum,  on 
aurait  pu  croire  que  la  hauteur  de  la  pectorale  était  le  tiers 


(1)  Mamniifères  de  la  Ménagerie  du  Muséum,  57e  livraison. 

(2)  Histoire  naturelle  des  Côtaeés,  p.  154. 

(3)  Ibidem,  id. 


TRAVAUX   INÉDITS.  455 

de  la  longueur  totale,  tandis  qu'il  s'agit  seulement  du  tiers 
de  la  longueur  de  cette  nageoire, .ainsi  que.le  prouvent  ces 
dimensions  respectives  de  3  pouces  de  largeur  sur  9  de  lon- 
gueur. 

J'ai  pu  parfaitement  retrouver,  dans  notre  exemplaire 
du  musée  de  Paris,  tous  les  caractères  mentionnés  dans 
les  descriptions  que  nous  venons  de  citer.  Ainsi  je  ne  suis 
point  étonné  que  M.  Frédéric  Cuvier  ait  avancé  que,  dans 
les  parties  inférieures  de  cette  espèce,  la  coloration  était 
d'une  teinte  verdàtre  très-foncée  avec  des  marbrures  noi- 
res, car  j'ai  pu  constater  qu'il  en  est  à  peu  près  de  même 
maintenant.  La  nageoire  dorsale  présente  bien,  dans  son 
bord  antérieur,  la  disposition  sinueuse  signalée  par  le 
même  zoologiste.  Ajoutons  que,  comparé  au  Delphinus 
plumbeus,  le  Delphinus  velox  s'en  distingue  par  une  taille 
moindre  et  par  des  différences  de  forme  dans  certaines  de 
ses  parties.  Ainsi  la  dorsale ,  plus  élevée  proportionnelle- 
ment, est,  au  contraire,  moins  allongée;  elle  est  plus 
échancrée  au  bord  postérieur.  La  carène  qui  suit  cet  ap- 
pendice est  moins  saillante  :  il  en  est  de  même  de  la  ci  été 
qui  va  s'arc-bouter  sur  la  queue.  Les  pectorales  sont  plus 
grêles,  plus  élancées  :  la  caudale,  largement  étalée  de 
droite  à  gauche,  l'est  fort  peu,  en  revanche,  d'avant  en 
arrière. 

Voici  les  dimensions  de  notre  individu  : 

Longueur  totale  (du  bout  de  la  mâchoire  supérieure 
au  bord  inférieur  dé  la  caudale,  le  lien  passant  sur  le 

dOS) jm^cm^mm 

du  bout  de  la  mâchoire 

supérieure  à  la  dorsale.  GG      8 

du  point  d  insertion  de 

Distance.    .     .(la  dorsale  en   arrière, 

sur  le  corps,  jusqu'au 

bord    inférieur  de   la 

\    caudale 63     8 

Longueur  du  bord  adhérent  de  la  dorsale  jusqu'au 


456     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

point  où  elle  se  confond,  en  arrière,  avec  la  carène  du 

dos 24cm,0mm 

Longueur  du  bec 11      0 

du  bout  de  la  mâchoire  su- 
périeure à  l'évent.  ...    28      2 
du  bout  de  la  mâchoire  su- 
Distance.   .     .      périeure  à  l'œil.     ...    27      4 
du  bout  de  la  mâchoire  su- 
périeure au  point  d'émer- 
gence de  la  pectorale.     .     36      0 
Longueur  du  bord  extérieur  de  la  pectorale.     25      0 
d'un  côté  à  l'autre  (mesure 
prise  au-dessus  du   bord 

libre) 38      3 

Étendue  de  la)  d'avant  en  arrière  (depuis  le 
caudale.    .     .     .\    point  où  elle  se  sépare  du 
corps  jusqu'au  bord  infé- 
rieur, à  côté  de  l'échan- 

crure) 10     9 

MM.  Cuvier  (1)  donnent  à  cette  espèce  quarante  et  une 
dents  de  chaque  côté  et  à  chaque  mâchoire.  N'ayant  pu 
encore  observer  le  crâne  de  notre  type,  il  m'est  malheu- 
reusement impossible  de  donner  aucun  détail  sur  ses 
formes. 

4.  Delphinus  frœnatus,  Duss.,  et  Delpliinus  frontalis,  Duss. 

Ainsi  que  les  espèces  précédentes,  celles-ci  ont  été 
rapportées  par  M.  Dussumier,  mais  elles  sont  originaires 
de  l'océan  Atlantique.  L'une  [D.  frontalis)  a  été  harponnée 

(1)  Frédéric  Cuvier,  Ménagerie  du  Muséum  et  Hist.  nat.  des  Cé- 
tacés, p.  154. —  Cuvier,  Règne  animal,  2B  édit.,  I,p.  288.—  J'iguore 
à  quelle  source  M.  Gray  {Ereb.  et  Terr.,  p.  44;  et  Cal.  of  the  Brit. 
Mus.,  p.  132)  a  puisé  la  formule  deutaire  -f?  qu'il  attribue  à  cette 
espèce,  d'après  M.  Frédéric  Cuvier. 


TRAVAUX     INÉDITS. 


457 


à  la  hauteur  des  îles  du  cap  Vert,  l'autre  à  30  lieues  au 
sud  de  ces  îles  :  l'une  et  l'autre  ont  été  figurées  et  décrites 
par  M.  Frédéric  Cuvier  (1).  Les  deux  types  étaient  fort 
semblables  par  leur  taille,  ainsi  que  nous  l'apprend  ce 
dernier  zoologiste  ;  mais ,  nonobstant  cette  similitude , 
c'est  à  regret  que  nous  nous  voyons  forcé  de  ne  donner 
actuellement  que  les  dimensions  du  D.  frontalis.  Voici  les 
mesures  : 

Longueur  totale  (du  bout  de  la  mâchoire  supérieure 
à  l'échancrure  médio  -  caudale ,  le  lien  passant  sur  le 

dos) |ft,4Nfr%*W 

du  bout  de  la  mâchoire 

supérieure  à  la  dorsale.  66     8 

du  point  d'insertion  de 
la  dorsale ,  en  arrière  , 
sur  le  corps,  jusqu'à  l'é- 
chancrure médio-cau- 

dale 58     7 

du  bout  de  la  mâchoire 

supérieure  à  l'évent.    .  28     7 

du  bout  de  la  mâchoire 

supérieure  à  l'œil.  .   ..  27      0 

du  bout  de  la  mâchoire 
supérieure  à  l'émer  - 
gence  de  la  pectorale.  38     0 

du  bec 11      4 

du  bord  extérieur  de  la 

pectorale 

Longueur. .     .(  du  bord  adhérent  de  la 
dorsale  (jusqu'au  point 
où  elle  se  confond  avec 
la  carène  du  dos).  .     . 
Largeur  d'un  côté  à  l'autre,  au  bord 
libre  de  la  caudale 38     0 


Distance. 


25     6 


24      0 


(1)  Mammifères  de  la  Ménagerie,  58e  et  59e  livraisons. 


458    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

Les  différences  de  ces  deux  espèces,  sous  le  point  de 
vue  de  la  coloration,  ont  été  parfaitement  établies  par 
M.  Frédéric  Cuvier  (1)  ;  aussi  ne  pensons-nous  pas  qu'il 
soit  nécessaire  d'insister.  Il  n'en  est  pas  de  même  des 
caractères  de  forme  fournis  par  les  nageoires  dorsale 
et  caudale,  caractères  déjà  fort  saisissables  dans  les 
figures  données  par  M.  Frédéric  Cuvier,  et  que  nous 
avons  pu  constater  de  nouveau  sur  le  type  du  Delphinus 
frontalis. 

C'est  ainsi  que  le  bord  antérieur  de  la  nageoire  dorsale 
est  plus  droit,  moins  courbé  dans  le  Delphinus  frœnatus 
que  dans  le  Delphinus  frontalis.  Au  bord  postérieur,  l'échan- 
crure  est,  de  même,  moins  incurvée,  plus  verticale.  Le 
bord  adhérent  de  ce  même  appendice  se  trouve,  au  con- 
traire, plus  étendu,  plus  allongé  d'avant  en  arrière.  La 
crête  qui  précède  la  carène  caudale  est  plus  saillante ,  et 
plus  saillante  aussi  est  cette  dernière.  Quant  à  la  nageoire 
caudale,  moins  étalée  de  droite  à  gauche,  elle  l'est,  au 
contraire,  davantage,  surtout  proportionnellement,  d'avant 
en  arrière.  Mais,  nous  devons  le  redire  encore,  c'est  d'a- 
près les  figures  que  les  zoologistes  pourront  se  faire  une 
idée  de  toutes  ces  dissemblances.  Un  instant  nous  avons 
cru,  en  effet,  avoir  retrouvé  (2)  le  type  du  Delphinus  frœ- 
natus; mais,  après  que  la  tête  osseuse  a  été  extraite,  nous 
avons  pu  constater  qu'elle  était  totalement  semblable  à 
celle  du  Delphinus  delphis. 

Exposons  maintenant  les  observations  que  nous  avons 
eu  occasion  de  faire  sur  les  têtes  osseuses.  Dans  les  deux 
espèces,  la  région  palatine  est  aplatie  ,  de  même  que  dans 
le  Delphinus  dubius;  mais,  dans  le  Delphinus  frontalis ,  le 
bec  est  plus  long  que  dans  le  Delphinus  dubius,  et  le  sillon 
antérieur  des  intermaxillaires  est  plus  ouvert,  plus  sail- 


(1)  Ménagerie  du  Muséum,  id. 

[2)  Comptes  rendus  de  V Académie  des  sciences  de  V Institut  de 
France,  vol.  XLII,  p.  446. 


TRAVAUX     INÉDITS.  459 

lant.  Les  intermaxillaires  sont  plus  convexes,  les  maxil- 
laires situés  dans  un  plan  plus  postérieur.  Au  niveau  de 
la  fente  antérieure  du  bec,  les  intermaxillaires  se  déjettent 
en  dehors  et  sont  plus  relevés.  Les  maxillaires  intérieurs 
sont  plus  forts,  plus  développés.  La  portion  crânienne 
proprement  dite  est  plus  étendue,  soit  d'avant  en  arrière, 
soit  de  droite  à  gauche.  La  fosse  temporale  est  plus  large  : 
il  en  est  de  même  de  la  lame  qui  se  trouve  en  dehors  de 
la  bordure  extérieure  des  évents.  Les  dents  sont  moins 
grêles,  plus  obtuses.  A  la  mâchoire  supérieure,  le  nom- 
bre des  dents,  et  il  est  encore  incomplet,  est  de  trente- 
cinq  de  chaque  côté.  Le  nombre  en  est  incomplet  égale- 
ment à  la  mâchoire  inférieure  ;  il  est  de  trente-huit  d'un 
côté,  de  trente-six  de  l'autre  (1).  Le  crâne  du  D.  dubius 
atteint  seulement  (de  la  crête  occipitale  au  bout  du  mu- 
seau, en  longueur  directe)  plus  de  30  centimètres  :  il  dé- 
passe, chez  le  D.  frontalis>  33  centimètres. 

Nous  avons  pu  examiner  deux  crânes  de  D.  frœnatus, 
l'un  ayant,  sans  nul  doute,  appartenu  au  type  de  l'espèce, 
l'autre  à  un  individu  pris  près  des  Açores  et  donné,  par 
M.  Dussumier,  en  1836.  L'un  et  l'autre,  ce  dernier  sur- 
tout, ressemblent  au  Delphinus  duhtus  par  la  longueur  de 
leur  portion  rostrale.  Ce  même  crâne  n'en  diffère  pas  non 
plus  par  l'état  de  forme  de  ses  fosses  temporales,  mais  le 
premier  a  cette  région  plus  étendue  de  haut  en  bas  et 
moins  allongée  d'arrière  en  avant  ;  en  outre,  ses  inter- 


(1)  M.  Cuvier  dit  de  cette  espèce  de  Dauphin  (Règne  animal, 
2e  édit.,  vol.  I,  p.  288)  qu'elle  offre  treute-quatre  dents  partout  et 
qu'elle  est  un  peu  autrement  colorée  que  le  D.  dubius.  M.  Frédéric 
Cuvier,  dans  le  texte  de  la  Ménagerie  du  Muséum,  lui  accorde  trente- 
six  dents  de  chaque  côté  et  à  chaque  mâchoire;  mais  il  est  évident 
qu'à  cette  époque  M.  Frédéric  Cuvier  pensait  qu'il  s'agissait  du  D. 
dubius.  Les  nombres  donnés  par  M.  Gray  {Zool.  of  Erebus  and  Ter- 
rory  p.  40)  concordent  plus  avec  les  nôtres;  la  formule  dentaire  est, 

„       ,  .  37-37 

d  après  cet  observateur, . 

37 — 36 


460    rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Octobre  1856.) 

maxillaires  sont  plus  saillants,  à  la  base  du  bec  surtout,  et 
de  là  la  position  des  maxillaires  sur  un  plan  plus  posté- 
rieur :  l'échancrure  de  la  pointe  du  bec  est  disposée 
comme  dans  l'espèce  précédente.  Ajoutons  que  les  maxil- 
laires inférieurs  sont  plus  forts.  Le  nombre  des  dents, 
encore  incomplet,  est  de  37 — 33  en  haut ,  et  de  34 — 34  en 
bas. 

Nous  conclurons ,  de  ces  diverses  observations  ostéolo- 
giques,  que  le  Delpkinus  frontalis  est  encore  plus  diffé- 
rent du  Delpkinus  dubius  que  le  Delphinus  frœnatus  lui- 
même,  quoique  ce  dernier  ait  été  pris  dans  des  parages 
plus  éloignés.  Mais  ce  type  ne  pourra  être  définitivement 
bien  isolé  que  lorsque  nous  connaîtrons  les  formes  exté- 
rieures et  le  mode  de  coloration  du  Delphinus  dubius. 
L'assertion  de  M.  Cuvier  (1),  que  ce  dernier  ressemble  au 
D.  delphis  par  les  couleurs,  ne  nous  paraît  pas  avoir  été 
confirmée  par  des  observations  ultérieures,  et ,  par  cela 
même,  ne  doit  être  que  provisoirement  acceptée. 
(La  suite  au  prochain  numéro.) 


Note  sur  les  reptiles  du  Gabon,  par  M.  le  docteur  Aug. 
Duméril,  aide-naturaliste  au  muséum  d'histoire  natu- 
relle, professeur  agrégé  à  la  faculté  de  médecine  de 
Paris.  (Voir  1856,  p.  369,417.) 

Ordre  des  Ophidiens.  —  I.  Sous-ordre  des  Opotérodon- 
tes  ou  Serpents  ver  mif ormes.  —  Famille  des  Épanodontiens. 

Genre  Onychocéphale ,  Onycoeephalus,  Dum.  et  Bib. 

Ce  genre  est  très -nettement  caractérisé  par  la  confor- 
mation remarquable  de  la  plaque  rostrale,  dont  la  forme, 
ainsi  que  le  rappelle  la  dénomination  proposée  par  mon 
père  et  par  Bibron ,  a  quelque  analogie  avec  celle  des 
ongles  de  l'homme.  De  plus,  les  narines  s'ouvrent  à  la  ré- 

(1)  Règne  animal ,  2e  édit.,  vol.  I,  p.  288. 


TRAVAUX   INÉDITS.  461 

gion  inférieure  du  museau.  Il  faut  donc,  nécessairement, 
y  rapporter  tous  les  Serpents  Opotérodontes  (voir,  pour 
la  classification  de  ce  sous-ordre  d'Ophidiens,  Erpét.  gê- 
ner., t.  VII,  lre  partie,  p.  17)  à  dents  sus-maxillaires  ou 
Épanodontiens ,  qui  ont  la  plaque  rostrale  conformée 
comme  il  vient  d'être  dit,  et  dont  les  ouvertures  nasales 
sont  dirigées  en  bas. 

Les  espèces  sont  maintenant  assez  nombreuses.  On  en 
trouve  cinq  décrites  dans  l'ouvrage  que  je  viens  de  citer 
(0.  Deîalandiiy  multi-lineatus,  uni-lineatus,  acutus,  congés- 
tus)  et  trois  par  M.  A.  Smith  [Illustr.  zool.  S.  Africà, 
pi.  li  etLiv,  0.  Bibronii,  capensis,  verticalis).  M.  Hallowell 
en  a  fait  connaître  deux  autres  reçues  de  Libéria.  L'une, 
qu'il  a  nommée  0.  liberiemis  et  dont  il  a  adressé  un  beau 
spécimen  au  musée  de  Paris ,  s'est  trouvée  parmi  les  en- 
vois de  M.  Aubry  ;  la  seconde  a  reçu  du  zoologiste  amé- 
ricain le  nom  d'O.  nigro-lineatus.  Elles  sont,  l'une  et 
l'autre,  figurées  soit  en  totalité,  soit  en  partie  (Proceed. 
Acad.  Philad.).  M.  Peters,  de  même  que  les  deux  zoolo- 
gistes précédents,  adopte  le  genre  Onychocéph.  comme  il 
est  caractérisé  dans  Y  Erpét.  gêner.,  et  y  rapporte  [Monats- 
bcr.  der  Kon.  preuss.  Akad.  der  Wissenschaften  zu  Berl., 
1854,  p.  620)  les  quatre  espèces  suivantes  :  O.  dinga,  mu- 
cruso,  mossambicus,  trilobus.  Considérant  la  situation  des 
narines  en  dessous  comme  un  caractère  tout  à  fait  dis- 
tinctif  entre  ce  genre  et  celui  des  Typhlops ,  où  elles  sont 
latérales,  il  nomme  Typhlops  capensis  Y  Onychocephalus  ca- 
pensis de  M.  Smith  (1). 

(1)  Je  dois  rappeler  ici  que  M.  Gray  [Cal.  of  Liz.,  p.  132),  à  une 
époque  antérieure  à  la  publication  de  YErpét.  génër.,  puisqu'il  n'a 
pas  cité  cet  ouvrage,  a  rapproché  du  Typhlops  de  Delalande,  sous  le 
nom  d'Onychophis,  plusieurs  espèces  dont  une  seule  nous  est  connue, 
c'est  le  T.  Eschrichlii,  Schlegel  (Ophlhalmidion  Eschr.,  Dura,  et 
Bib.,  Erpét.  gmer.,  t.  VI,  p.  265).  Les  bases  de  la  division  des  Ty- 
phlopiens  en  divers  genres  n'étant  pas  les  mêmes  dans  l'ouvrage  du 
zoologiste  auglais  que  dans  YErpét.  génér.,  je  ne  puis  pas,  avec  cer- 


462     REV.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

,  Tous  ces  Onychocéphaies  ont  les  yeux  plus  ou  moins 
apparents.  Or  deux  Serpents  recueillis  au  Gabon  par 
M.  Aubry,  et  qui  sont  les  types  d'une  espèce  non  encore 
décrite,  appartiennent  évidemment  au  genre  dont  il  s'agit 
par  la  conformation  si  caractéristique  de  la  plaque  ros- 
trale  et  par  la  position  des  narines.  Ils  en  diffèrent  cepen- 
dant par  cette  particularité  que  les  yeux  sont  complète- 
ment invisibles.  En  raison  de  l'importance  du  caractère 
tiré  de  la  forme  du  museau,  il  me  semble  impossible  d'é- 
loigner de  ce  groupe  notre  nouvelle  espèce,  mais  il  devient 
nécessaire  de  le  diviser  en  deux  sous-genres,  l'un  réunis- 
sant les  espèces  dont  les  yeux  sont  visibles,  et  l'autre,  qui 
n'en  comprend  encore  qu'une  seule,  celles  où  ces  organes 
sont  cachés  par  les  plaques  qui  les  recouvrent. 

Je  nomme  ce  premier  type  de  la  deuxième  division  du 
genre  : 

Owchocéphale  aveugle,  Onyehocephalus  cœcus ,  A. 
Dum.  Espèce  nouvelle.  (PI.  xxi,  fig.  4,  4«,  4  6,  4c.) 

Yeux  invisibles.  Queue  conique,  courbée,  d'une  longueur 
à  peine  égale  à  la  largeur  de  la  tête,  armée  d'une  petite  épine; 
bord  tranchant  de  la  plaque  rostrale  occupant  toute  la  lar- 
geur du  museau  et  formant  une  légère  saillie  dans  son  milieu; 
portion  supérieure  de  cette  plaque  très-grande  et  régulièrement 
ovalaire;  teinte  générale  d'un  brun  clair. 

La  forme  générale  de  cet  Onychocéph.  est  analogue  à 
ceile  des  autres  Serpents  de  cette  famille,  mais  il  se  rap- 
proche surtout  des  espèces  qui  sont  le  plus  effilées. 

L'extrême  exactitude  des  figures  de  la  pi.  xxi  me  dis- 
pense d'entrer  dans  de  longs  détails  descriptifs  relati- 
vement à  la  conformation  des  plaques  de  la  tète.  La  ros- 
trale est  très-grande  et  bordée,  de  chaque  côté,  par  une 


titude,  rapporter  au  genre  Ouychoeéphale  les  espèces  du  musée  de 
Londres  qui  nous  sont  inconnues,  et  dont  nous  ne  possédons  aucune 
représentation  analogue  à  celles  qui  sont  jointes  aux  descriptions 
données  par  MM.Schlegel,A.Smith  et  Hallowell. 


TRAVAUX   INÉDITS.  463 

fronto-nasale  qui  se  prolonge,  en  arrière,  aussi  loin  que 
la  rostrale ,  et  qui  se  replie  sous  le  museau  ,  où  l'on  voit , 
entre  elle  et  la  portion  inférieure  de  la  rostrale,  une  très- 
petite  plaque  nasale  commençant  en  pointe,  au  niveau  de 
la  lèvre  supérieure,  et  se  terminant  à  la  narine.  En  raison 
de  l'absence  des  yeux,  il  est  difficile  d'assigner  aux  pla- 
ques, d'ailleurs  plus  petites  que  dans  les  autres  espèces, 
les  dénominations  de  plaques  préoculaires,  oculaires  et 
sur-oculaires.  Le  long  du  bord  postérieur  de  la  rostrale, 
on  voit  une  assez  grande  pièce  squammeuse  plus  large  que 
longue  :  c'est  la  frontale  antérieure  ;  mais  l'analogie  des 
écailles  environnantes  avec  celles  du  reste  du  corps  ne 
permet  pas  de  distinguer  les  plaques  dites,  dans  les  autres 
espèces,  frontale,  pariétale  et  inter-pariétales.  La  lèvre 
supérieure  porte,  comme  d'ordinaire,  quatre  paires  de 
plaques  sus-labiales  séparées ,  sur  la  ligne  médiane ,  par 
un  petit  prolongement  de  la  rostrale  qui  complète  le  re- 
vêtement squammeux  de  la  lèvre.  —  La  fig.  4  c  montre  la 
brièveté  et  l'incurvation  de  la  queue.  Elle  est  seulement 
la  soixante-seizième  partie  de  la  longueur  tptale,  qui  est 
de  0m,38,  car  elle  ne  dépasse  pas  0^,005. 

Le  système  dentaire  est  semblable  à  celui  des  autres 
Épanodontiens,  c'est-à-dire  que  la  mâchoire  inférieure 
manque  de  dents  et  qu'il  y  en  a  trois  ou  quatre  seulement 
sur  chacun  des  os  sus-maxillaires,  dont  la  forme  et  la  dis- 
position sont  très-exactement  représentées  sur  la  pi.  lxxv 
de  YErpét.  génér.,  fig.  1.  —  Nos  deux  exemplaires  ne 
présentent  entre  eux  aucune  différence;  ils  sont,  l'un  et 
l'autre,  d'une  teinte  brun-clair  uniforme. 

II.  Sous  -  ordre  des  Aglyphodontes  ou  Serpents  colu  - 
briformes  non  venimeux  (1).  —  Famille  des  Lycodon- 


(1)  Le  Python  de  Scba  a  été  plusieurs  fois  adressé  du  Sénégal  au 
Muséum,  où  l'on  a  reçu,  en  outre,  par  les  soin£  de  M.  D'Arnaud,  un 
individu  recueilli  pendant  l'expédition  vers  le  Nil  Blanc;  il  fait 
aussi  partie  des  collections  formées  dans  le  Gabon  par  M.  Aubry.  — 


464     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

tiens.  —  Tribu  des  Boœdoniens  (1). —  Sous-genre  Bojedon, 
Dum.  et  Bib.  —  Dans  ce  groupe,  caractérisé  par  la  lon- 
gueur proportionnelle  des  crochets  antérieurs,  dont  la 
disposition  est  analogue  à  celle  qu'on  remarque  chez  les 
Boas,  il  y  a  une  espèce,  nommée  Boœdon  capense  (Erpét. 
gêner. y  t.  VII,  p.  364)  (2),  qui  ne  vit  pas  seulement  dans 
l'Afrique  du  sud,  elle  se  rencontre  également  au  Gabon  ; 
M.  Aubry  nous  en  a  fait  parvenir  un  sujet  adulte.  Cet 
Ophidien,  d'ailleurs,  avait  été  déjà  observé  sur  la  côte 
occidentale  d'Afrique.  J'en  ai  acquis  la  certitude  par 
l'examen  comparatif  d'un  spécimen  originaire  de  Libéria, 
et  donné  par  l'Acad.  de  Philadelphie  sous  le  nom  de  Cœ- 
lopeltis  virgata,  Hallowell  (Proceed.  Àcad.  Philad.,  juin 
1854),  et  chez  lequel  on  ne  trouve  ni  la  particularité  no- 
table d'une  légère  concavité  de  la  région  frontale,  ni  les 


Un  autre  Serpent  que  M.  Hallowell  avait  d'abord  nommé  Python  li~ 
beriensis  (Proceed.  Acad.  P/iiJ.,  1845,  t.  II,  p.  249),  et  qu'il  a,  plus 
tard,  rapporté  au  genre  Boa  (/d.,  juin  1854),  nous  est  inconnu.  Il 
est,  en  effet,  caractérisé  comme  Boa,  ainsi  qu'on  le  voit  dans  la 
diagnose,  par  la  présence  de  quelques  plaques  seulement  sur  la  par- 
tie antérieure  de  la  tête  et  par  l'absence  de  division  des  urostéges  ou 
plaques  sous-caudales,  qui  forment  un  seul  rang. 

(1)  Cette  tribu  ne  comprend,  dans  V Erpét.  génêr.,  que  le  groupe 
des  Boaedons,  formant  un  sous-genre  jusqu'alors  unique,  mais  il 
faut  maintenant  en  rapprocher  un  autre  que  je  nomme  Holuropholis. 
H  est  caractérisé  par  une  disposition  spéciale  des  plaques  sous- 
caudales  ou  urostéges,  car  au  lieu  d'être  doubles,  comme  chez  les 
Boaedons,  elles  sont  simples,  au  contraire,  et  placées  sur  un  seul 
rang,  dans  le  sous-genre  nouveau;  On  trouve  donc  ici  la  même  dif- 
férence que  celle  qui  a  motivé  parmi  les  Opisthoglyphes,  dans  la  fa- 
mille des  Scytaliens ,  la  distinction  des  genres  Rhinosime  et  Rhino- 
slome  (Erpét.  génér.,  t.  VII,  2e  partie,  p.  991  et  992). 

(2)  Le  Boœdon  du  Cap,  décrit  pour  la  première  fois  dans  cet  ou- 
vrage, est  distinct  du  Lycodon  capense,  A.  Smith,  ou  Lyc.  Horstokii, 
Schl.,  espèce  dont  les  noms  ont  été  placés  par  erreur  à  la  page  3G4, 
en  tête  de  l'histoire  du  Boœdon  capense.  Cette  synonymie  ne  doit, 
en  effet,  se  rapporter  qu'au  Lycophidion  Horsl.,  Fitz,  signalé  dans 
V Erpét.  génér.,  t.  VII,  p.  412. 


TRAVAUX    INEDITS.  465 

dents  postérieures  sillonnées.  Il  y  a  identité  parfaite,  au 
contraire,  entre  cet  individu  de  Libéria  et  le  Boaedon  du 
Cap.  —  M.  le  professeur  J.  G.  Fischer  a  récemment  décrit 
(Neue  schlangcn  des  Hamburg.  naturhistor.  Mus.  in  Ab- 
handl.  aus  dem  Gcbiete  der  naturviss.  Hamb.,  t.  III ,  1856, 
p.  91)  une  espèce  nouvelle  de  ce  genre,  Boœdon  nigrum, 
pi.  m,  fig.  %  a,  6,  c,  originaire  de  Saint-Thomé  (Afr. 
occid.).  Elle  est  distincte  de  celles  que  l'on  connaissait 
déjà ,  mais  le  musée  de  Paris  ne  la  possède  pas. 

Holuropholis,  Holuropholis  (1),  A.  Dum.  Genre  nou- 
veau. —  Les  cinq  ou  siœ  premières  dents  sus-maxillaires  plus 
longues  que  les  autres,  dont  elles  sont  séparées  par  un  petit  in- 
tervalle; les  premières  dents  palatines  et  sous-maxillaires  éga- 
lement plus  longues  que  celles  qui  les  suivent  ;  scutelles  sous- 
caudales  ou  urostèges  non  divisées. 

Ces  caractères  montrent  les  analogies  de  ce  genre  et  du 
genre  Boœdon  relativement  à  la  disposition  du  système 
dentaire,  et  la  différence  importante  qui  se  remarque  dans 
l'arrangement  des  urostèges,  dont  il  y  a  un  seul  rang,  tan- 
dis qu'elles  sont  divisées  chez  toutes  les  espèces  de  cette 
famille. 

La  diagnose  peut  être  complétée  par  l'indication  des 
particularités  suivantes  :  narines  ouvertes  dans  une  seule 
plaque,  contrairement  à  ce  qui  se  voit  chez  les  Boaedons, 
qui  ont  deux  nasales ,  l'une  antérieure  et  l'autre  posté- 
rieure ;  une  frênaie,  une  préoculaire,  deux  post- oculaires; 
troisième  et  quatrième  sous-labiales  bordant  l'œil  en  des- 
sous ;  écailles  du  tronc  lisses;  gastrostéges  à  peine  relevées 
vers  les  flancs.  —  Premières  dents  de  la  mâchoire  supé- 
rieure longues,  et  séparées  par  un  intervalle  des  dents 
plus  courtes  et  plus  nombreuses  qui  les  suivent  ;  les  pre- 
mières sous-maxillaires  également  plus  allongées  que  les 
autres  ;  les  palatines  de  dimensions  plus  considérables 
que  les  ptérygoïdiennes. 

(1)  De  ohoç,  entier,  non  divisé;  ovpa,,  queue,  et  qohU,  écaille. 
2e  sérib.  t.  yiii.  Aunée  1856.  30 


466     rev.  et  Mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

Espèce  unique.  Holuropholis  olivâtre  ,  Holuropholis 
olivnceus,  A.  Dum.  - — Itégions  supérieures  d'une  teinte  oli- 
vâtre uniforme;  régions  inférieures  plus  claires,  irrégulière- 
ment nuancées  de  brun  obscur. 

Ce  Serpent  a  beaucoup  de  rapports  dans  sa  conforma- 
tion générale  avec  le  Boœdon  du  Cap  ;  il  est  même  plus 
trapu  que  ce  dernier  ;  sa  queue,  sans  être  plus  courte,  est 
plus  confondue  à  sa  base  avec  le  tronc.  —  La  tête,  peu 
élargie  en  arrière,  est  recouverte  de  neuf  plaques ,  qui 
n'offrent  rien  de  spécial  à  noter;  mais  les  pariétales  sont 
courtes  et  ne  dépassent  pas  le  niveau  de  l'articulation  de 
la  mâchoire  inférieure.  —  La  plaque  nasale  unique  est 
allongée  et  percée  par  l'orifice  de  la  narine,  qui  est  irré- 
gulièrement triangulaire  et  un  peu  dirigé  en  haut.  La 
plaque  frênaie  a  la  forme  d'un  triangle  à  sommet  supé- 
rieur. —  Les  écailles  du  tronc  sont  losangiques ,  de  mé- 
diocres dimensions,  lisses  et  disposées  sur  vingt-sept  ran- 
gées longitudinales.  —  La  longueur  totale  est  de  0m,65, 
ainsi  répartis  :  tête  et  tronc,  0m,5'î  ;  queue,  Om,ll.  —  Au- 
cun détail  sur  le  système  de  coloration  n'est  à  ajouter  à 
ceux  que  renferme  la  diagnose.  —  Le  spécimen  type  de 
ce  genre  nouveau  provient  du  Gabon,  et  il  est  le  seul  que 
M.  Aubry  ait  pu  se  procurer. 

Il  faut  encore  signaler,  parmi  les  Serpents  non  veni- 
meux de  cette  contrée,  une  élégante  espèce  arboricole 
appartenant  aux  Syncrantériens  ,  famille  dont  le  nom 
rappelle  que  les  deux  dernières  dents  sus-maxillaires,  plus 
longues  que  les  autres,  forment  avec  celles-ci  une  série 
continue,  au  lieu  d'en  être  séparées  par  un  intervalle  li- 
bre, comme  chez  les  Diacrantériens.  Cette  couleuvre,  dé- 
crite par  M.  Schlegel,  d'après  Boie,  sous  la  dénomina- 
tion de  Dendrophis  smaragdina,  est  placée  dans  YErpét. 
génér.,  t.  VII,  p.  537,  parmi  les  Leptophides  [L.  smarag- 
dinus),  et  l'on  y  trouve  cité  le  spécimen  donné  par  M.  Au- 
bry, qui  a,  depuis  cette  époque,  fait  parvenir  un  autre 
échantillon. 


TRAVAUX     1NKD1TS.  467 

Sous  le  nom  de  Meizodon,  de  y.i((:o\\  plus  grand,  et  de 
\M\\  dent,  M.  Fischer  [lor.  cit.,  p.  112,  pi  m,  hg.  3,  a, 
b,  c)  fait  connaître,  comme  type  de  ce  genre,  une  espèce 
de  Péki  (Air.  occid.)  inconnue  au  musée  de  Paris,  et  qu'il 
nomme  M.  régulons.  En  raison  de  l'accroissement  pro- 
gressif en  longueur  des  dents  de  la  mâchoire  supérieure 
d'avant  en  arrière,  d'où  est  tirée  la  dénomination  géné- 
rique, ce  zoologiste  place  le  Serpent  dont  il  s'agit  dans 
la  famille  des  Coryphodontiens ,  Dum.  Par  sa  conforma- 
tion générale  cependant,  l'espèce  ressemble  surtout  aux 
Abhbes,  Dum.  (  Isodontietss  ,  du  groupe  des  Àglypho- 
dontes).  De  la  réunion  de  ces  deux  ordres  de  caractère» 
est  née  la  nécessité  dune  nouvelle  coupe  générique.  — 
Je  pense  néanmoins,  en  considérant,  d'après  les  figures, 
l'analogie  qui  se  remarque  dans  l'aspect  général  entre  cet 
Ophidien  et  les  Coronclles,  qu'il  devrait  plutôt  prendre 
rang  dans  le  genre  qui  renferme,  sous  ce  dernier  nom, 
les  Coronellcs  des  auteurs  où  les  dents,  peu  différentes  de 
celles  des  Coryphodontes,  offrent  les  caractères  propres 
aux  Syncràntériens  (1). 

III.  Sous -ordre  des  Opisthoglyphes  ou  Serpents  colubri- 
formes  venimeux  à  dents  sillonnées  postérieures.  —  Dans  la 
première  famille  de  ce  vaste  groupe,  celle  des  Oxycépiu- 
liens,  qui  comprend  des  Ophidiens  appelés,  par  leurs 
formes  élancées,  à  vivre  sur  les  arbres  et  à  y  chercher 
leur  proie,  je  dois  signaler  une  belle  espèce,  recueillie  au 
Gabon  par  M.  Aubry-Lecomte.  Considérée  comme  nou- 
velle à  l'époque  de  la  rédaction  du  t.  VII  de  YErpét.  gê- 
ner., elle  y  a  été  décrite  (IIe  partie,  p.  821)  et  nommée 
Oœybelis  Lecomtei.  Cette  désignation  spécifique  ne  doit 

(1)  Pour  n'omettre  aucun  des  Serpents  Aglyphodontes  de  l'Afrique 
occidentale  récemment  décrits  par  M.  Fischer,  je  mentionne  ici  les 
deux  espèces  qu'il  nomme  Hapsidophrys  lineafus  et  cœruleus , 
types  d'un  nouveau  genre  de  Serpents  d'arbre  voisin  des  llerpeto- 
dryas  {toc.  cit.,  p.  110  et  suiv.,  pi.  u,  iig.  5  a,  b,  6  a,  b).  Ces  Ophi- 
diens manquent  à  nos  collections. 


468     rev.  et  MAfr.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

cependant  pas  être  conservée,  car  M.  le  docteur  Hallo- 
well  avait  déjà  fait  connaître  le  même  Serpent,  d'abord 
comme  Leptophis  Kirtlandi  (Procced.  Acad.  Philad.,  t.  II, 
p.  62,  1844),  puis  ensuite  comme  Dryophis  Kirtl.  (id., 
1854).  Un  exemplaire,  recueilli  à  Libéria  et  envoyé  par 
l'Acad.  de  Philadelph.  sous  cette  dernière  dénomination, 
montre  qu'il  y  a  identité  avec  notre  Ox.  de  Lecomte,  qui 
devient,  dès  maintenant,  dans  nos  collections,  Ox.  de 
Kirtland,  et  non  pas  Dryophis,  car  ce  nom  générique  n'est 
pas  adopté  au  musée  de  Paris.  —  Nous  ne  connaissons 
pas  Ox.  violacea,  Fisch.  [loc.  cit.,  p.  91 ,  pi.  n,  fig.  7  a, 
b,  c),  d'Édina,  dans  le  Grand-Bassam  (Afr.  occid.).  Cette 
espèce,  très-analogue  à  celle  dont  je  viens  de  parler,  en 
diffère  cependant ,  comme  l'indique  ce  zoologiste ,  en  ce 
qu'elle  est  d'un  violet  gris  irrégulièrement  marbré  de 
noir,  au  lieu  de  présenter  la  teinte  verte  habituelle  de 
YOx.  de  Kirtland.  Cette  dernière,  en  outre,  a  deux  pla- 
ques frênaies,  et  l'on  n'en  voit  qu'une  dans  YOx.  violacé. 
Sténocéphaliens. —  Élapomorphe  du  Gabon  (Elapo- 
morphus  gabonensis),  A.  Dum.  Espèce  nouv.  (1). 


(1  )  C'est  avec  un  peu  d'hésitation  que  je  rapporte  cette  espèce  afri- 
caine au  genre  Elapomorphe,  qui  ne  comprend  que  des  Serpents 
américains.  L'analogie  entre  ce  nouvel  Ophidien  et  ceux  dont  je  le 
rapproche  est  telle  cependant,  qu'il  semble  préférable  de  ne  pas 
considérer  ce  spécimen  unique  comme  le  type  d'un  genre  nouveau, 
malgré  cette  différence  d'origine  que  le  nom  spécifique  est  destiné  à 
rappeler,  et  malgré  les  petites  dissemblances  suivantes  :  ainsi  1°  ou 
compte  deux  dents  sus-maxillaires  seulement  de  chaque  côté,  au  lieu 
de  cinq,  au  devant  des  dents  sillonnées,  et,  par  suite,  la  mâchoire 
supérieure  est  plus  courte  encore;  2°  il  y  a  une  plaque  sus-labiale 
de  plus,  c'est-à-dire  sept,  dout  la  troisième  et  la  quatrième  bordent 
l'œil  en  dessous  ;  3°  enfin  les  narines  s'ouvrent  dans  deux  plaques  et 
non  pas  dans  une  seule.  Si  ces  particularités  se  rencontrent  plus 
tard  chez  d  autres  Opisthoglyphesfecueillis  en  Afrique  comme  celui- 
ci,  peut-être  alors  sera-t-il  convenable  de  les  réunir  sous  une  déno- 
mination générique  particulière,  eu  les  laissant  auprès  des  Elavo- 
morphes. 


TRAVAUX    INÉDITS.  fc69 

Régions  supérieures  d'un  vert  olive,  pointillées  de  blanc  et 
parcourues ,  dans  toute  leur  longueur,  par  trois  raies  paral- 
lèles d'un  vert  plus  foncé;  un  collier  de  cette  dernière  nuance; 
régions  inférieures  d'une  teinte  jaunâtre  claire  et  uniforme. 
Neuf  plaques  sus-céphaiiques;  préoculaire  unique;  deux 
pott-oculaires  ;  deux  temporales  entre  les  pariétales  et  les  cin- 
quième, sixième  et  septième  sus- labiales  ;  queue  courte,  termi- 
née par  une  squame  pointue. 

Par  tout  l'ensemble  de  sa  conformation,  ce  Serpent  se 
rapproche  beaucoup  de  ses  congénères.  La  tête  est  con- 
fondue avec  le  tronc,  qui  est  arrondi  et  de  la  même  gros- 
seur, dans  toute  son  étendue,  jusqu'au  milieu  de  la  queue  ; 
celle-ci  est  courte,  car  elle  ne  représente  guère  que  le 
treizième  de  la  longueur  totale ,  et  elle  se  termine  en 
pointe.  La  tète  est  plate,  confondue,  en  arrière,  avec  le 
tronc,  et  large  en  avant  par  suite  de  la  forme  arrondie  du 
museau.  Les  yeux,  dirigés  obliquement  en  dehors  et  en 
haut,  sont  très-petits  et  à  pupille  circulaire.  Les  narines 
sont  ouvertes  à  la  région  supérieure  du  museau  dans  le 
point  de  réunion  des  plaques  nasale  et  post-nasale.  —  La 
plaque  rostrale,  large  et  basse,  se  replie  à  peine  sur  le 
museau  et  son  angle  supérieur,  très-obtus,  touche  à  l'ex- 
trémité antérieure  de  la  ligne  médiane  de  jonction  des 
plaques  fronto-nasales  ou  internasales,  qui  sont  à  peu  près 
carrées.  Les  frontales  antérieures,  un  peu  plus  grandes, 
présentent  chacune,  en  arrière,  deux  pans,  dont  l'un  est 
en  contact  avec  l'extrémité  antérieure  de  la  sus-oculaire, 
et  dont  l'autre  longe  un  des  bords  antérieurs  de  la  frontale 
moyenne.  Celle-ci,  qui  a  six  côtés,  est  courte  et  dépasse  à 
peine,  en  arrière,  les  sus-oculaires.  Les  pariétales  sont 
grandes  et  bordées  l'une  et  l'autre,  en  dehors,  par  deux 
temporales.  La  post-oculaire  inférieure  touche,  en  bas  et 
en  arrière,  les  quatrième  et  cinquième  sus-labiales,  ainsi  que 
la  première  pariétale,  dont  l'angle  inférieur  pénètre  entre 
les  cinquième  et  sixième  plaques  de  la  lèvre  supérieure.  A 
l'inférieure,  on  en  compte  six. —  Les  écailles  du  tronc, 


470     rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Octobre  1856.) 

comme  chez  les  autres  Elapomorphes,  sont  lisses,  quadri- 
latérales et  également  disposées  sur  quinze  rangées  longi- 
tudinales ;  celles  de  la  queue  forment  huit  rangs.  Les  gas- 
trostéges  sont  étroites  et  ne  remontent  pas  sur  les  flancs. 
La  plaque  anale  est  double,  ainsi  que  les  urostéges. 

Les  os  maxillaires  supérieurs  sont  très-courts  et  ne  por- 
tent que  deux  dents  au-devant  des  crochets  sillonnés. 

Le  système  de  coloration  est  très-simple;  toutes  les 
écailles  des  régions  supérieure  et  latérales  sont  d'un  vert 
olive  assez  foncé  ;  elles  portent  chacune ,  et  particulière- 
ment vers  leur  extrémité  antérieure,  un  pointillé  clair,  à 
l'exception  de  celles  qui  forment  la  région  médiane  et  de 
celles  qui  occupent,  de  chaque  côté,  le  cinquième  rang 
longitudinal ,  à  partir  des  gastrostéges.  De  cette  unifor- 
mité de  teinte  des  trois  rangées  que  je  viens  de  signaler, 
il  résulte  une  apparence  trifasciée.  Par  suite  de  l'absence 
du  pointillé  sur  les  écailles  qui  suivent  la  tète,  il  y  a  une 
sorte  de  demi-collier  de  la  même  nuance  que  les  bandes 
du  tronc.  Les  lèvres  supérieure  et  inférieure  sont,  comme 
le  dessous  du  ventre  et  de  la  queue,  d'un  jaune  verdàtre 
clair,  sans  aucune  tache. 

La  longueur  totale  est  de  0m,55,  ainsi  répartis  :  tête  et 
tronc,  0m,51  ;  queue,  0m,04.  —  Le  Muséum  n'a  reçu  de 
M.  Àubry  qu'un  sujet  de  l'espèce  dont  il  s'agit. 
[La  suite  au  prochain  numéro.) 


Description  de  trois  coquilles  nouvelles  ou  peu  connues  ; 
par  M.  E.  G.  Lorois  et  Hupé. 


Cakdium  Loroisii  ,  Hupé.  —  Testa  subtrapeziaturgida  tenui  longi- 
tudiualiler  obsolete-suloata  luteo  auraatiaca  umbonibus  tumidis 
iucurvis  lcvibus  violacesce.utibus  lunula  auoque  striis  minutissimis 
eouceutricis  vix  improbsis;  auo  cordato  elato  pallido  tribus  sulcis 
majoribus  ciucto;  rima  crenulata  intus  alba.  (Pi.  xix,  tig.  1.) 

Coquille  subtrapézoïde,  enflée,  mince,  ayant  des  sillons 
longitudinaux  peu  profonds,  d'un  jaune  orangé  ;  crochets 


TRAVAUX     INÉDITS.  471 

arrondis,  infléchis  l'un  vers  l'autre,  lisses,  violacés  ;  lu- 
nule élevée,  bords  crénelés,  blanche  a  l'intérieur. 

Ce  Cardium ,  parfaitement  distinct  de  tous  ses  congé- 
nères, a  quelques  rapports  de  couleur  avec  le  Cardium 
elatum;  il  est  cependant  d'un  jaune  plus  foncé,  et  ses  cro- 
chets sont  d'un  rose  violacé.  Il  diffère,  en  outre,  de  Yela- 
tum  par  sa  forme  ;  il  est  beaucoup  plus  transverse  et  un 
peu  trapézoïde.  Nous  ne  connaissons  qu'un  individu  de 
cette  belle  espèce,  et  nous  le  dédions  à  M.  Lorois ,  qui  a 

bien  voulu  nous  le  communiquer  et  qui  ignore  sa  prove- 

i 
nance. 

Cytherea  Valenciennesi,  Lorois.  —  Testa  ovali  trigoua ,  6ubinae- 
quilatera,  tumida,  ponderosa,  lœvi  anterius  subrostrata,  et  radiatim 
violacesceute  postcrius  rotundata  et  Iuteo-alba  aoo  violaceo  planius- 
culo  lunula  ovali  umbonibus  recurvis,  minimis  proximis  epidermide 
viridescente-riraa  edentata  alba  posterius  incrassata  intus  alba. 
(PI.  xix,fig.2.) 

Cette  coquille  se  rapproche  du  groupe  des  Meretriœ  ; 
mais  elle  en  est  très-distincte  par  sa  forme  plus  allongée 
et  par  sa  vulve,  qui  n'est  point  carénée.  Ses  crochets  sont 
disposés  comme  ceux  de  Iz-Cyth.  cnstanea;  la  lunule  est 
étroite;  les  derniers  accroissements  forment  de  larges 
sillons  irréguliers  très-peu  élevés  et.  blanchâtres. 

Mactra  proxima,  Lorois.  —  Vix  aiquilatera  testa  trigona  turgida 
umbouibus  acutis  iucurvis  distantibus  transversiui  tenuissime 
striatis  violaceo  grisea  anterius  obtusa  postcrius  subangulata  vulva 
inferius  elata  caréna  circumdata.  (PI.  mx,  fig.  3.) 

Cette  coquille  a  de  grands  rapports  avec  le  Mcwgulatn 
de  Gray;  mais,  dans  la  nôtre,  les  crochets  sont  un  peu 
plus  écartés  et  la  couleur  est  d'un  gris  violàtre  plus  pro- 
noncé sur  les  crochets. 


Description  d'une  coquille  nouvelle  ou  peu  connue  ;  par 

M.    MÔNTROUZIER. 

Pvrula  Penardi.  —  Testa  ventricosa,  licoidea,  ampuliacea,  tenui, 


472     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

basi  striata  transversim  scabriuscula,  squalide  alba,  subumbilicata  ; 
anfractibus  turgidis  ;  spira  exsertiuscula  ;  cauda  brevi  ;  columella 
excavata,  refleva,  foliata.  Caaali  subrostrato,  auterius  reflexo  ;  aper- 
tura  ovato-oblonga,  intus  alba,  basi  rosea.  —  L.,  60  mill.;  1., 
43  mill.  (PI.  xix,  fig.  4.) 

Espèce  bien  distincte  de  toutes  celles  décrites  par  La- 
marck  et  M.  Deshayes,  et  qui,  même,  offre  assez  de  carac- 
tères pour  constituer  un  genre.  Elle  est  ventrue,  ficoïde, 
a  le  test  assez  mince ,  des  stries  transverses  sur  la  moitié 
inférieure  du  dernier  tour.  Ces  stries  sont  irrégulièrement 
traversées  par  des  lamelles  longitudinales,  crénelées  et 
tranchantes  qui  la  rendent  rugueuse.  Ce  dernier  tour  est 
bombé,  très-finement  strié  sur  sa  partie  supérieure.  La 
spire  est  médiocre.  La  columelle  est  arquée,  sinueuse, 
réfléchie,  et  offre  plusieurs  feuillets  qui  couvrent  en  partie 
l'ombilic.  Le  canal  n'est  pas  échancré  ni  même  droit, 
mais  il  se  recourbe  légèrement  en  avant  en  forme  de  bec. 
Toute  la  coquille  est  d'un  blanc  sale.  La  base  du  canal 
est  d'un  rose  pâle. 

L'opercule  ne  bouche  pas  l'ouverture  de  la  coquille. 

Cette  coquille,  rarissime,  a  été  trouvée  à  Balade,  Nou- 
velle-Calédonie ;  elle  a  6  centimètres  de  long  et  44  milli- 
mètres de  large. 

L'opercule  a  20  millimètres  de  long  et  11  de  large. 

J'ai  dédié  cette  belle  espèce  à  M.  Penard,  docteur  dis- 
tingué de  la  marine  impériale,  qui  joint  à  toutes  les  con- 
naissances de  sa  profession  un  grand  talent  artistique ,  et 
à  qui  je  suis  redevable  d'excellents  dessins. 


Description  de  dix-sept  Coléoptères;  par  M.  James 
Thomson. 

Les  entomologistes  qui  ont  bien  voulu  perdre  leur  temps 
à  lire  les  descriptions  de  Coléoptères  que  j'ai  fait  paraître 
dans  le  numéro  de  mars  dernier  de  la  Revue  me  pardon- 
neront de  leur  présenter  aujourd'hui  celles  de  la  série  sui- 


TRAVAUX     INÉDITS.  473 

vante,  qui  se  compose,  comme  la  précédente,  d'Insectes 
nouveaux  choisis  dans  ma  collection. 

Iphis  moktuus.  —  Brun  tacheté  de  noir,  avec  deux 
grandes  taches  noires  sur  les  élytres.  (Patrie,  Bornéo.  — 
L.,40;l.,  13  M.  —P.  xxm,  f.  1.) 

Tête  avancée;  chaperon  fortement  excavé  au  milieu. 
Yeux  d'un  brun  foncé.  Antennes  brunes,  le  premier  ar- 
ticle moins  foncé.  Mandibules  et  labre  noirs.  Palpes  d'un 
brun  ferrugineux.  Prothorax  convexe,  prolongé  au  milieu 
du  bord  antérieur  en  deux  petites  pointes,  très-déprimé 
postérieurement  où  l'on  aperçoit  une  petite  crête  trans- 
versale; couvert  de  petits  points  noirs;  les  pointes  laté- 
rales postérieures  grandes,  tournées  en  dehors,  embras- 
sant la  naissance  des  élytres.  Écusson  en  forme  de  langue. 
Élytres  plus  larges  aux  épaules,  déprimées  antérieure- 
ment où  elles  sont  légèrement  carénées ,  brusquement 
convexes  immédiatement  après ,  fortement  échancrées 
postérieurement ,  l'échancrure  remontant  obliquement 
vers  la  suture  ;  couvertes  de  petites  taches  noires  formant 
des  séries  de  points  et  de  stries  ;  deux  grandes  taches  laté- 
rales noires  en  forme  de  demi-lune ,  situées  un  peu  au- 
dessous  du  milieu  des  élytres  ;  partie  réfléchie  non  ponc- 
tuée. Dessous  de  la  tête,  du  corps  et  de  l'abdomen  fine- 
ment ponctué  sur  les  côtés.  Une  grosse  tache  noire  sub-cir- 
culaire  sur  le  pénultième  et  l'antépénultième  segment 
de  l'abdomen.  Jambes  finement  ponctuées  de  noir.  Tarses 
velus. 

Iphis  lymphaticus.  —  Sur  les  bords ,  d'une  couleur 
blanchâtre,  pubescente;  au  milieu,  brun  tacheté  de  noir. 
Deux  taches  noires  sur  les  élytres.  (Patr.,  Bornéo.  —  L., 
27  à  28  ;  1.,  10  à  11  M.  —  P.  xxm,  f.  2.) 

Tête  avancée.  Chaperon  excavé  au  milieu.  Yeux  d'un 
brun  foncé.  Antennes  brunes,  le  premier  article  clair. 
Mandibules  noires.  Labre  grisâtre.  Palpes  de  la  couleur 
des  antennes  ;  deux  touffes  de  poils  clairs,  roussâtres  dans 
l'ouverture  de  la  bouche..  Prothorax  très-convexe,  fine- 


474     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

meut  ponctué  de  noir,  avec  quatre  taches  de  même  cou- 
leur, les  deux  supérieures  plus  éloignées  entre  elles  et 
situées  au  milieu ,  les  deux  inférieures  plus  rapprochées 
entre  elles  et  situées  au  tiers  postérieur.  Entre  ces  deux 
dernières  commence  une  petite  carène  longitudinale  élevée 
qui  est  prolongée  un  peu  au  delà  du  bord  postérieur.  Les 
pointes  latérales  postérieures  triangulaires.  Écusson 
échancré  antérieurement.  Élytres  courtes,  déprimées  an- 
térieurement et  très-convexes  immédiatement  après,  cou- 
pées droites  postérieurement,  avec  une  multitude  de  pe- 
tites taches  noires  irrégulières  et  deux  grandes  taches 
rondes,  noires,  situées  vers  le  bord  latéral,  un  peu  plus 
bas  que  le  milieu.  Partie  réfléchie  des  élytres  poileuse. 
Dessous  du  corps  et  abdomen  gris,  poileux.  Jambes  de 
même  couleur,  avec  une  teinte  roussâtre  ;  les  antérieures 
et  les  intermédiaires  finement  ponctuées.  Tarses  velus, 
grisâtres. 

Elater  Chabrillacii.  (Patr.,  Brésil.  — L.,  28  à  29; 
1.,  7  à  8  M.  —  P.  xxm,  f.  3.) 

Tête  avancée,  noirâtre,  garnie  de  poils,  creusée  au  mi- 
lieu. Chaperon  arrondi  antérieurement.  Yeux  noirâtres. 
Antennes  noires ,  les  neuf  derniers  articles  garnis ,  en 
dessous ,  de  petites  brosses  de  poils  fauves  moins  visibles 
à  l'extrémité.  Mandibules  noires.  Labre  velu.  Palpes 
roussâtres.  Prothorax  peu  convexe,  fortement  élargi  pos- 
térieurement, et  prolongé  en  deux  pointes  qui  embrassent 
les  élytres  ;  noir,  garni  de  poils  ;  ligne  longitudinale  très- 
marquée  et  très-profonde  postérieurement.  Écusson  al- 
longé, garni  de  poils,  Élytres  diminuant  graduellement 
jusqu'à  l'extrémité,  qui  est  arrondie  ;  d'un  brun  foncé, 
avec  plusieurs  bandes  brunes  longitudinales  peu  tran- 
chées, formées  par  des  séries  de  points  enfoncés  ;  entre 
ces  bandes,  des  espaces  garnis  de  petits  poils  jaunâtres 
très-fins.  Dessous  du  corps  et  abdomen  d'un  brun  foncé  ; 
ce  dernier  est  garni  d'une  pubescence  jaune  à  travers 
laquelle  percent  de  gros  espaces  de  la  couleur  originale 


TRAVAUX     DÉDITS.  475 

situés  au,  milieu  des  segments,  et  (Je  petits  espaces  de  la 
même  couleur  situés  sur  \p*  côtés  de  ces  derniers.  Jambes 
et  tarses  d'un  brun  foncé. 

Cette  espèce  m'a  été  donnée  par  M.  de  Chabrillac,  au- 
quel j'ai  le  plaisir  de  la  dédier.  Elle  formera  peut-être  un 
genre  nouveau. 

Euca>ii>tus  fuhlsteu.  (Pair.,  Costa-Kica.  — L.?  20; 
l.,9àlOM.-l\  xxiii,  f.  4.) 

Tète  très-finement  ponctuée,  d'un  bronzé  métallique. 
Veux  d'un  fcrun  rougeàtre.  Antennes  d'iiq  l)ru,n  métalli- 
que, sauf  les  derniers  articles,  qui  sont  d'un  noir  mat. 
Mandibules  d'un  noir  brillant.  Labre  de  la  couleur  de  la 
tête,  criblé  de  petits  points  irréguliers,  veju  antérieure- 
ment. Palpes  noirs.  Prothorax  sub-quadrangulaire,  un 
peu  arrondi  sur  les  côtés  et  conyexe ,  couvert  de  fort 
petits  points  noirs  presque  invisibles,  verdatre  et  maj;. 
Éousson  de  même  couleur,  mais  brillant.  Élytres  très- 
convexes,  élevées  de  6  millimètres  au  milieu  de  leur  lon- 
gueur ;  dix  stries  élevées  sur  chaque  élytre,  qui  est  d'un 
vert  bronzé  métallique  brillant.  Dessous  du  corps ,  abdo- 
men, jambes  et  tarses  de  la  même  couleur,  non  ponctués. 

1rs  xacarilla.  —  Entièrement  d'un  noir  brillant,  avec 
quatre  taches  fauves  sur  les  élytres.  (Patr.,  Chili. —  L., 
14;  1.,  6  M.— P.  xxin,  f.  5.) 

Cet  Insecte  possède  tous  les  caractères  génériques  que 
Lacordaire  accorde  aux  Jps  (Gen.  des  Col,  vol.  1J,  p.  327), 
sauf  celui  des  mandibules  bifides  à  leur  extréniité  ;  celles 
de  mon  espèce  sont  terminées  en,  pointe.  Ce  seul  carac- 
tère différentiel  ne  suffit  pas  pour  en  faire  un  genre  nou- 
veau. 

Tète  très-avancée  et  très- finement  ponctuée.  Épistome 
avec  un  enfoncement  circulaire  antérieur.  Yeux  gris.  An- 
tennes de  onze  articles,  le  premier  très-gros.  Mandibules 
non  bifides.  Prothorax  très-grand,  plus  large  au  milieu 
que  les  élytres,  subcirculaire,  fortement  bordé,  très-lisse 
et  très-brillant,  un  peu  convexe,  presque  coupé  droit  pos- 


476     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

térieurement.  Écusson  triangulaire.  Élytres  aussi  larges 
que  le  prothorax  aux  épaules ,  ovalaires ,  plus  convexes  à 
leur  naissance,  très-lisses  et  très-brillantes,  avec  quatre 
taches  transversales  fauves  :  deux  partant  des  épaules  et 
ne  rejoignant  pas  la  suture  ;  deux  situées  au  tiers  posté- 
rieur, partant  du  bord  latéral  et  rejoignant  la  suture.  Les 
dernières  sont  plus  ondulées  que  les  premières.  Abdo- 
men, pattes  et  tarses,  sauf  les  tibias  qui  sont  ponctués, 
lisses  et  brillants. 

Eumorphus  satanas.  —  Entièrement  d'un  violet  foncé 
avec  des  reflets  métalliques  brillants,  sauf  les  épines  et  les 
jambes,  qui  sont  d'un  bleu  obscur  brillant.  (Patr.,  Bornéo. 
—  L.,  9;1.,  5  M.  —P.  xxiii,  f.  6.) 

Tête  avancée,  très-finement  ponctuée,  un  peu  granu- 
leuse au-dessus  des  yeux  et  bombée  au-dessous.  Yeux  et 
les  trois  derniers  articles  des  antennes  noirs.  Mandibules 
et  labre  de  même  couleur.  Palpes  pâles.  Prothorax  ru- 
gueux, armé  de  deux  épines  latérales.  Élytres  très-ru- 
gueuses, très-convexes  au  milieu ,  plus  larges  que  le  pro- 
thorax à  leur  naissance,  prolongées,  à  leur  extrémité,  en 
deux  épines  dirigées  un  peu  en  dehors;  bordées;  une 
saillie  sur  chaque  épaule,  qui  s'étend  et  projette  un  peu 
plus  bas  une  longue  épine  ;  vis-à-vis  de  celle-ci  et  auprès 
de  la  suture,  une  corne  droite  et  arrondie  à  l'extrémité  ; 
vers  le  milieu  de  la  longueur  de  chaque  élytre,  sur  le  côté, 
une  saillie  projetant  deux  grandes  épines  ;  au  quart  pos- 
térieur, deux  gros  tubercules  ronds.  Dessous  du  corps, 
abdomen  et  jambes  unis,  sauf  le  premier  segment  de 
l'abdomen,  qui  est  ponctué.  Tarses  noirs. 

Erotylus  spectrum.  —  Entièrement  d'un  noir  brillant. 
(Patr.,  région  de  l'Amazone.  —  L.,  24;  L,  16  M.  — 
P.  xxiii,  f.  7.) 

Tête  un  peu  creusée  entre  les  yeux,  unie  sur  le  front. 
Yeux  médiocres.  Antennes,  les  trois  derniers  articles  d'un 
noir  mat.  Mandibules,  labre  et  palpes  noirs.  Prothorax 
arrondi  sur  les  cotés,  bordé,  Un  gros  point  enfoncé  au 


TRAVAUX   INÉDITS.  477 

milieu,  et  deux  autres  points  moins  apparents  situés  à 
droite  et  à  gauche  du  premier;  ce  dernier  est  le  plus  pro- 
fond; plusieurs  gros  points  peu  profonds  sur  les  bords  la- 
téraux et  postérieurs.  Écusson  sub-circulaire.  Élytres  ar- 
rondies, très-convexes,  élevées  au  tiers  de  leur  longueur 
d'environ  7  mill.,  et  vers  leur  extrémité,  où  elles  sont 
relevées,  de  2  mill.;  criblées  de  gros  points  enfoncés  irré- 
guliers. Partie  réfléchie  inégale,  mais  non  ponctuée,  em- 
brassant entièrement  l'abdomen.  Dessous  du  corps,  abdo- 
men, pattes  et  tarses  non  ponctués. 

Ptychodes  le  Contei.  (Patr.,  Costa-Rica.  —  L.,  25; 
1.,  7  M.  —  P.  xxiv,  f.  1.) 

Tête  noire,  avec  quatre  petites  taches  blanches  pubes- 
centes ,  deux  situées  entre  les  yeux  et  deux  à  leur  partie 
supérieure.  Six  bandes  blanches  pubescentes,  deux  par- 
tant du  bord  inférieur  des  yeux ,  deux  partant  de  leur 
bord  latéral  supérieur,  et  deux,  très-régulières,  courant 
au  milieu  jusqu'à  la  base  du  prothorax.  Yeux,  antennes, 
mandibules ,  labre  et  palpes  noirs  ;  le  premier  article  des 
seconds  est  très-ponctué.  Prothorax  allongé,  d'un  noir 
luisant,  avec  quatre  bandes  blanches  pubescentes,  deux 
latérales  et  deux,  assez  régulières,  courant  au  milieu  jus- 
qu'à l'écusson  ;  ce  dernier  recouvert  d'une  pubescence 
blanche.  Élytres  épineuses  à  l'extrémité,  d'un  noir  luisant 
avec  six  bandes  ;  deux  latérales  et  deux  suturales ,  tantôt 
régulières,  tantôt  déchiquetées,  et  deux  numérales  ne 
dépassant  guère  le  tiers  antérieur  et  ayant  quelquefois 
à  leur  suite  des  petites  taches  ovales.  Dessous  du  corps  et 
abdomen  noirs,  avec  une  bordure  blanche  pubescente  qui 
va,  en  mourant,  vers  l'extrémité  de  ce  dernier.  Pattes  et 
tarses  noirs. 

J'ai  l'honneur  de  dédier  cette  espèce  à  mon  ami,  M.  le 
docteur  le  Conte  de  Philadelphie,  qui,  s'occupant  exclu- 
sivement de  Coléoptères  des  États-Unis ,  sera  peut-être 
bientôt  forcé  de  comprendre  parmi  ces  derniers  ceux  de 
Costa- Kica. 


478      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

Amphionycha  Knotvnothitvg.  (Patr.,  Costa-Rica.  —  L., 
15  à  17;  1.,  5à6M.  — P.  xxiv,  f.  2.) 

Tête  d'un  noir  velouté,  avec  une  tache  jaune  cordiforme 
entre  les  yeux  ;  front  d'un  noir  brillant,  glabre,  fortement 
ponctué,  ainsi  que  le  chaperon.  Yeux  d'un  brun  rougeâtre. 
Antennes,  mandibules  et  labre  noirs.  Palpes  d'un  brun 
foncé  ou  couleur  de  cendre,  avec  l'extrémité  de  tous  un  peu 
jaunâtre.  Menton  fauve.  Prothorax  d'un  jaune  velouté  écla- 
tant, avec  trois  taches  noires,  une  médiane  et  deux  laté- 
rales postérieures.  Écusson  couleur  de  cendre.  Élytres 
ayant  l'angle  humerai  très-saillant;  tronquées  à  leur  ex- 
trémité, de  la  même  couleur  que  l'écusson  à  leur  nais- 
sance ,  et  pointillées  sur  cette  partie  ;  noirâtres  depuis  le 
tiers  de  leur  longueur  jusqu'à  l'extrémité.  Deux  bandes 
jaunes,  une  située  au  tiers  antérieur,  et  l'autre  au  tiers 
postérieur  ;  cette  dernière  remonte  vers  les  bords  latéraux 
d'une  manière  plus  oblique  que  la  première.  Dessous  du 
corps,  abdomen,  jambes  et  tarses  noirs. 

Chez  la  femelle,  la  partie  jaune  de  la  tête,  du  prothorax, 
et  les  bandes  des  élytres,  sont  beaucoup  moins  éclatantes 
que  chez  le  mâle.  La  tache  médiane  du  prothorax  est  plus 
grande,  et  ainsi  que  le  fond  des  élytres,  d'un  gris  couleur 
de  cendre.  Ces  derniers  offrent  à  l'extrémité  une  petite 
épine  latérale. 

Sceloenopla  ARiSTocjRATicA.  (Patr.,  Cayenne. —  L.,  18; 
1.,  7  à  8  M.  —  P.  xxiv,  f.  3.) 

Tête  fauve,  avec  une  impression  sur  le  front.  Yeux  noirs. 
Antennes,  premier  article  fauve,  les  suivants  noirs,  les  der- 
niers grisâtres.  Mandibules  d'un  noir  brillant.  Labre  fauve. 
Palpes  d'un  jaune  pâle,  sauf  le  dernier  article  de  tous,  qui 
est  noirâtre.  Menton  fauve.  Prothorax  de  même  couleur, 
assez  long,  avec  une  excavation  vers  le  centre  du  bord  pos- 
térieur, qui  est  boursouflé.  Écusson  de  même  couleur.  Ély- 
tres sub-épineuses  aux  épaules,  très-rétrécies  au  tiers  anté- 
rieur et  très-dilatées  postérieurement,  noires,  alvéolées  ;  les 
carènes  et  les  alvéoles  plus  fortes  antérieurement,  et  ne  sont 


TRAVAUX   INÉDITS.  479 

plus  que  de  gros  points  enfoncés  à  l'extrémité.  Dix  taches 
jaunes  sur  chaque  élytre,  et  une  tache  suturale  au-dessous 
de  l'écusson,  commune  aux  deux  élytres.  Les  taches  situées 
au  tiers  antérieur  et  à  l'extrémité ,  les  plus  grandes  ;  les 
premières  irrégulièrement  déchiquetées ,  les  dernières 
ovales  ;  celles  situées  au  tiers  postérieur  remontent  obli- 
quement vers  la  suture.  Dessous  du  corps,  pattes  et  tarses 
fauves;  les  segments  de  l'abdomen  d'un  rouge  brillant. 

Acexthroptkra  basilica.  (Patr.,  Brésil. —  L.,  12;  1., 
5  M.— P.  xxiv,  f.  4.) 

Tête  fauve,  avec  une  très-petite  bosse  entre  les  yeux  et 
sous  les  antennes.  Yeux  noirs.  Antennes  fauves,  sauf  les 
quatre  derniers  articles,  qui  sont  noirâtres.  Mandibules 
et  labre  noirs.  Palpes  et  menton  d'un  rouge  fauve.  Pro- 
thorax un  peu  épineux  aux  angles  latéraux  antérieurs, 
plus  large  postérieurement,  d'un  fauve  pâle  bordé  de 
noir  latéralement;  une  ligne  brune  médiane  courant  au 
milieu  ;  très-granulé  sur  les  côtés,  grossièrement  ponctué, 
avec  quelques  boursouflements  sur  le  disque.  Écusson 
noir.  Élytres  plus  larges  postérieurement,  6ub-arrondies 
aux  épaules,  avec  quatre  carènes  élevées  sur  chacune; 
entre  les  carènes,  des  alvéoles  assez  profondes,  de  la 
même  couleur  que  le  prothorax;  entièrement  bordées  de 
noir,  sauf  les  pointes  apicales;  deux  taches  sur  les  angles 
huméraux  ;  un  dessin  tacheté  au  tiers  antérieur  ;  deux 
bandes  naissant  à  la  suture  vers  le  quart  postérieur  et  s'é- 
lançant  obliquement  vers  les  bords  latéraux;  et  deux  ta- 
ches postérieures,  larges,  transversales.  Dessous  du  corps, 
abdomen,  pattes  et  tarses  d'un  rouge  vif  terreux. 

Acenthroptera  alapista.  (Patr.,  Brésil.  —  L.,  12  à  13; 
1.,  5àGM.  — P.  xxiv,  f.  5.) 

Tête  fauve  entre  les  yeux,  avec  une  très-petite  bosse  an 
milieu;  front  verdâtre,  très-granuleux.  Yeux  d'un  brun 
foncé.  Antennes  brunâtres.  Mandibules  d'un  noir  brillant. 
Labre  noir.  Palpes  et  menton  d'un  jaune  sale,  sauf  l'extré- 
mité des  premiers,  qui  est  noirâtre.  Prothorax  fauve  bordé 


480     rev.  et  mag.  de  ZOOLOGIE.  (Octobre  1856.) 

de  vert,  avec  une  ligne  médiane  de  même  couleur,  s'élar- 
gissant  au  bord  antérieur;  la  partie  verte  est  fortement, 
et  le  disque  finement,  ponctués.  Écusson  vert.  Élytres 
moins  élargies  postérieurement  que  dans  VA.  basilica,  ver- 
tes, avec  une  grande  bande  d'un  jaune  pâle  située  aux 
trois  quarts  de  leur  longueur  ;  quatre  carènes  sur  chaque 
élytre,  avec  des  séries  de  gros  points  enfoncés  qui  de- 
viennent presque  des  alvéoles  sur  les  bords  latéraux.  Des- 
sous du  corps  et  abdomen  d'un  rouge  vif  terreux.  Cuisses 
de  même  couleur  ;  reste  des  pattes  et  tarses  noirs. 

Gen.  Octocladiscus,  Thomson.  (o*t«,  huit;  xh&Jif&ç, 
petit  rameau.) 

Car.  gén.  Tête  petite.  Yeux  gros,  pourvus  d'un  orbite. 
Antennes  de  onze  articles,  les  trois  premiers  petits,  courts, 
les  huit  derniers  prolongés  en  huit  petits  rameaux,  dont 
le  dernier  est  le  plus  épais.  Dernier  article  des  palpes  ob- 
tus. Menton  fortement  transversal.  Prothorax  très-large 
au  milieu,  arrondi  latéralement.  Écusson  subtriangulaire. 
Élytres  beaucoup  plus  larges  que  le  prothorax  ;  descen- 
dant un  peu  vers  les  épaules,  en  carré  un  peu  allongé,  ar- 
rondies postérieurement.  Le  pénultième  et  l'antépénul- 
tième segment  de  l'abdomen  plus  petits  que  les  autres. 
Jambes  courtes. 

Ce  genre  existe  dans  le  Catalogue  Dejean,  3e  édition, 
p.  390,  sous  le  nom  de  Cladophora. ;  mais,  outre  que  ce 
nom  n'a  jamais  été  livré  à  l'impression  par  le  comte  De- 
jean, M.  Guérin-Méneville  a  publié  un  genre  de  Lycites 
sous  le  nom  de  Cladophorus.  [Voyage  de  la  Coquille,  p.  72.) 

Octocladiscus  flabellatus,  Thomson.  (Patr.,Cayenne. 
—  L.,  10  ;  1.,  5  M.  —  P.  xxiv,  f.  6.) 

Tête  fauve.  Yeux  noirâtres.  Les  trois  premiers  articles 
des  antennes  fauves,  les  autres  bruns.  Organes  de  la  bou- 
che fauves.  Prothorax  de  la  même  couleur,  brillant,  forte- 
ment ponctué  sur  les  côtes,  lisse  au  milieu.  Écusson  lisse, 
fauve.  Élytres  saillantes  aux  épaules ,  avec  des  stries  lon- 
gitudinales assez  fines,  qui  se  transforment  en  points  verS 


TRAVAUX    INÉDITS.  481 

l'extrémité;  bordées.  Dessous  du  corps,  abdomen,  pattes 
et  tarses  fauves  et  très-tinement  pointillés. 

En  publiant  cet  Insecte,  je  conserve  le  nom  spécifique 
que  lui  avait  donné  le  comte  Dejean. 

Alurnus  elysianus.  (Patr.,  région  de  l'Amazone.  —  L., 
24  à  25;  1.,  11  à  12  M.—  P.  xxiv,  f.  7.) 

Tête  noire,  finement  pointillée  sur  le  front.  Yeux  d'un 
brun  foncé  un  peu  rougeàtre.  Antennes  finement  ponc- 
tuées, noires,  sauf  les  derniers  articles,  qui  sont  un  peu 
grisâtres.  Mandibules,  labre,  palpes  et  menton  noirs.  Pro- 
thorax plus  large  au  milieu,  arrondi ,  très-finement  ponc- 
tué. Élytres  sub-parallèles ,  arrondies  postérieurement, 
beaucoup  plus  larges  que  le  prothorax,  assez  convexes  au 
tiers  de  leur  longueur,  un  peu  déprimées  au  milieu,  ayant 
une  petite  élevure  ou  bosse  à  chaque  épaule  ;  d'un  jaune 
orange  pâle  jusqu'aux  deux  tiers  de  leur  longueur,  ensuite 
noires  ;  le  noir  remonte  obliquement  et  inégalement  vers 
les  bords  latéraux.  Partie  réfléchie  lisse.  Dessous  du  corps, 
abdomen  et  jambes  noirs,  très-finement  ponctués.  Tar- 
ses noirs  en  dessus,  garnis  de  poils  jaunes  épais  en  des- 
sous. 

Craspedophorus  jEgualitas.  —  Entièrement  d'un  bleu 
très-foncé  presque  noir.  (Patr.,  Natal.  — L.,  25  ;  1.,  11  M. 
—  P.  xxiv,  f.  8.) 

Tête  courte,  très-rugueuse,  bombée  au  milieu.  An- 
tennes, premier  article  très-allongé  et  ponctué.  Protho- 
rax comparativement  petit,  très-rugueux,  relevé  latérale- 
ment en  gouttière,  échancré  vers  les  bords  latéraux  posté- 
rieurs ;  la  ligne  médiane  assez  faible.  Écusson  petit,  trian- 
gulaire. Élytres  beaucoup  plus  larges  que  le  prothorax, 
très-convexes,  bombées  sur  la  suture,  plus  larges  au  mi- 
lieu de  leur  longueur,  avec  neuf  stries  ou  élevures  sail- 
lantes sur  chaque  élytre  :  bordure  un  peu  relevée  en  gout- 
tière, sauf  aux  épaules.  Partie  réfléchie  finement  rugueuse. 
Dessous  du  corps  et  abdomen  fortement  ponctués  latéra- 
lement. Jambes  finement  ponctuées,  surtout  les  cuisses. 

2*  série,  t.  vm.  Aunée  1856.  31 


482    rev.  et  màg.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

Myrmecoptera  Bertolomi  (1).  —  Entièrement  noir, 
avec  quelques  reflets  métalliques  derrière  les  yeux.  (Patr., 
Mozambique.  —  L.,  18  à  23;  1.,  5  à  7  M.  —  Cinq  indivi- 
dus. Coll.  de  l'auteur.) 

,  fête  moins  large  postérieurement,  avec  une  bosse  entre 
les  yeux ,  finement  sillonnée  sur  les  côtés  et  sur  le  front, 
qui  est  très-convexe.  Yeux  très  gros,  d'un  brun  foncé. 
Antennes  dilatées  à  partir  du  cinquième  article.  Mandi- 
bules noires.  Labre  noir,  bordé  de  blanc ,  avancé ,  con- 
vexe, avec  trois  dents  antérieurement.  Palpes  fauves.  Pro- 
thorax moins  large  et  rétréci  postérieurement,  déprimé  en 
avant  et  en  arrière,  finement  sillonné.  Êcusson  triangu- 
laire. Élytres  très-dilatées  au  milieu  de  leur  longueur, 
très-étroites  antérieurement  et  postérieurement,  très-con- 
vexes au  milieu ,  très-déprimées  au  tiers  postérieur  et  re- 
levées en  deux  petites  pointes  tournées  en  dehors  à  l'extré- 
mité jusque  vers  où  elles  sont  excessivement  rugueuses  ; 
ponctuées  postérieurement  ;  bordées  ;  la  bordure  d'un  beau 
violet  en  dessous.  Dessous  du  corps  avec  quelques  reflets 
métalliques.  Abdomen  très-lisse  et  brillant.  Jambes  très- 
longues,  garnies  de  quelques  poils. 

J'ai  l'honneur  de  dédier  cette  remarquable  espèce  à 
M.  le  professeur  Bertoloni,  duquel  j'en  ai  acquis  cinq  in- 
dividus. Elle  sera  figurée  dans  ma  Monographie  des  Cicin- 
délètes. 

PnoEDmjs  Coemeterii.  — Entièrement  noir;  les  élytres 
et  l'abdomen  très-brillants.  (Patr.,  Chili.— L.,  24;  l.,8M.) 

Tète  un  peu  rugueuse,  avec  une  excavation  circulaire 
entre  les  yeux  et  une  ligne  médiane  profonde  qui  n'arrive 
pas  jusqu'au  prothorax.  Yeux  d'un  brun  foncé.  Antennes 
plus  fortes  chez  le  mâle.  Mandibules  et  labre  noirs.  Palpes 
d'un  brun  rougeâtre  foncé.  Prothorax  avec  une  épine  au 

» 

(1)  Voir  la  description  du  genre  Myrmecoptera  daus  le  Gênera  des 
Col.  de  Lacordaire,  vol.  I,p.  25.  Le  M.  Berlolonii  sera  prochainement 
figuré  dans  cet  ouvrage. 


TRAVAUX   INÉDITS.  483 

milieu  de  chaque  bord  latéral,  peu  rugueux  chez  le  mâle, 
très-rugueux  chez  la  femelle.  Vu  de  profil ,  il  est  très-con- 
vexe vers  le  milieu  de  sa  longueur  et  brusquement  dé- 
primé en  arrière;  vu  de  face,  on  aperçoit,  vers  l'extré- 
mité, deux  bosses  formant  saillie  séparées  par  une  ligne 
longitudinale  médiane  peu  apparente.  Écusson  triangu- 
laire. Élytrcs  lisses,  très-larges  aux  épaules,  qui  sont  sail- 
lantes et  arrondies  ;  boursouflées  sur  le  bord  et  un  peu 
resserrées  sur  le  tiers  antérieurs  ;  quadriépineuses  à  leur 
extrémité;  avec  deux  crêtes  assez  saillantes  courant  sur 
chaque  élytre,  dont  l'une  fait  paraître  la  suture  déprimée. 
Abdomen,  jambes  et  tarses  lisses. 


Coleoptera  chilensia  a  Germain  détecta  et  a  Léon 
Fairmaire  descripta. 

1.  Oryctomorphus  parum  striatus.  —  L.,  12  milL  wr 
Niger,  nitidus,  capite  ruguloso,  antice  impresso,  bilobo, 
basi  unituberculato;  prothorace  punctis  grossis  sparsuto, 
basi  média  laevi  ;  antice  laeviter  impresso;  niger,  vittis 
duabus  lateralibus  et  altéra  média,  saepe  obsoleta  aut  dé- 
ficiente, flavis;  scutello  hevi,  flavo,  nigro  marginato  ;  ely- 
tris  flavo-testaceis,  subnitidis,  punctorum  lineis  parum 
impressis  ;  abdomine  supra  flavo  ;  pedibus  nigris,  femo- 
ribus  flavo-maculatis. 

2.  Bolboceras  tubericeps. —  L.,  15  à  17mill.  — Cras- 
sus,  fuscus,  sat  nitidus;  à  capite  rugoso,  antice  trituber- 
culato,  medio,  inter  oculos,  unituberculato  ;  basi  laevi  ; 
prothorace  antice  late  excavalo,  laevissimo,  hac  excava- 
tione  supra  acute  marginata  ;  lateribus  grosse  sed  sparsim 
punctatis;  scutello  laevi;  elytris  fortiter  punctato-striatis; 
f  capite  rugoso,  breviore,  antice  truncato,  margine  ele- 
vato  ;  medio,  inter  oculos,  tuberculo  brevi  armato  ;  pro- 
thorace convexo,  antice  laeviter  impresso  et  sulcato;  elytris 
minus  punctato-striatis;  subtusbrunneo-rufus,rufo-pilosus. 

3.  Bolboceras  LjESicollis.  — L.,  13mill.  —  <$  Crassus, 


484    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

fuscus,  parum  nitidus  ;  capite  rugoso,  basi  excavato,  laevi  ; 
disco  elevato,  breviter  4  tuberculato,  his  tuberculis  cari- 
nis  conjunctis;  margine  antico  utrinque  elevato  ;  mandi- 
bula  dextra  apice  profunde  emarginata;  prothorace  sub- 
opaco,  grosse  et  sat  dense  punctato  ;  antice  medio  lœviore, 
paulo  truncato,  infra  excavato,  supra  sulcato;  scutello 
tenuiter  punctato  ;  elytris  quadrato-subglobosis,  nitidiori- 
bus,  profunde  striato-punctatis  ;  infra  cum  pedibus  rufus, 
rufo-piiosus. 

4.  Polycesta  rubro-picta.  — L.,  19  mill.  — Viridi-cya- 
nea,  metallica,  elytris  rubro-signatis  ;  prothorace  punctis 
grossis  rugoso,  medio  postice  late  impresso,  lateribus  for- 
tius  rugosis,  a  medio  antice  convergentibus  ;  elytris  utrin- 
que quadricarinatis,  secunda  et  quarta  carinis  apice  junc- 
tis,  tertia  postice  abbreviata,  interstitiis  biseriatim  foveo- 
latis  ;  apice  laeviter  denticulato  ;  subtus  cyanea,  subnitida, 
punctatissima. 

5.  Pithiscus  sagittarius.  — L.,  15  mill.  —  Elongatus, 
subparailelus,  viridi-metallicus,  nitidus;  capite  rugoso; 
prothorace  sparsim  sed  grosse  punctato,  disco  fere  laevi  ; 
lateribus  rugosis,  basi  rectis,  antice  tantum  arcuatis  ;  disco 
convexo,  cupreo-aeneo,  lateribus  viridibus;  basi  média 
late  l'oveata,  hac  fovea  medio  carinata,  lateribus  basi  im- 
pressis  ;  scutello  aurato  ;  elytris  flavis  ,  sutura  ,  macula 
apicali  sagittaeformi,  vitta  média  transversali ,  et  utrinque 
ab  humeris  vitta  longitudinali  abbreviata,  nigris  ;  pedibus 
viridi-metallicis. 

6.  CONOGNATHA     SPLENDIDICOLLIS.    —    L.,     18    mill.    — 

Oblonga,  subdepressa,  viridi-metallica  ;  capite  rugoso, 
prothorace  brevi,  antice  attenuato,  grosse  sed  sparsim 
punctato,  lateribus  rugosis,  depressis;  basi  média  late  sed 
vix  impressa  ;  antice  medio  foveola  minuta  ;  scutello  vi- 
ridi-metallico  ,  impresso  ;  elytris  flavo-testaceis ,  sutura 
anguste,  utrinque  vitta  humerali  abbreviata,  et  vittis  dua- 
bus  latis,  prima  média,  altéra  ante  apicem,  cyaneis  ;  sub- 
tus griseo-pilosa. 


TRAVAUX   INÉDITS.  485 

7.  Latipalpis  metallica.  — L.,  18  mill.  —  Oblonga, 
supra  depressa,  fere  parallela,  apice  valde  attenuata  ; 
cyaneo-viridis,  metallica,  sat  nitida;  prothorace  transver- 
sim  subquadrato,  rugoso,  medio  late  impresso,  lateribus 
late  impressis,  inaequalibus,  fere  rectis,  antice  tantum  ar- 
cuatis;  elytris  apice  bidentatis,  utrinque  costis  tribus  ele- 
vatis,  obscuris,  fere  laevibus  ;  interstitiis  biseriatim  foveo- 
latis;  ad  scutellum,  utrinque  carinula  brevi;  ante  apicem, 
carina  submarginali,  saepe  interrupta,  ad  médium  ascen- 
dente  ;  subtus  nitidior,  valde  punctata. 


Description  de  longicornes  nouveaux  du  vieux  Calabar, 
côte  occidentale  d'Afrique;  par  M.  A.  Chevrolat. 
(Suite.  —Voir  1855,  p.  183,  282,  513;  1856,  p.  340, 
436.) 

49.  Temnoscelis  biemarginata  vage  et  miuute  punctata ,  griseo- 
fuscoque  variegata  ;  capite  magno,  cinereo,  postice  attenuato,  fusco, 
longitudine  anguste  sulcato ,  notula  fusca  inter  anteunas  signato  ; 
mandibulis  oculisque  nigris  ;  antennis  brunneis,  cinereo  annulatis, 
basique  villosis  secundo  articulo  brevi  tertioque  longo  cincreis  ;  tho- 
race  antice  recto  dein  siuuose  sulcato,  in  medio  disci  depresso,  no- 
dulis  septom  inaequalibus  instructo,  postice  bisinuato  ;  fusco,  cum 
lateribus  cinereis.  Spina  laterali  valida  acuta;  scutello  rotundato, 
fusco,  longitudine  cinereo;  elytris  planiusculis,  thorace  latioribus, 
in  huraero  rotuude  rectangulis,  parallelis  ad  apicem  truoeatis  et  bi- 
emarginatis,  cinereis,  sed  fuscisvel  fusco-liueatis  prope  scutellum  et 
prope  marginem  usque  versus  suturam  a  medio  ad  apicem  ;  seriebus 
abbreviatis  tribus  tuberculorum  basi  ;  pedibus  inermibus,  femoribus 
brunneis,  tibiis  cinereis,  posticis  extus  paululum  ampliatis  et  bre- 
viter  pilosis;  corpore  infra  cinereo;  in  abdominc  vittis  tribus  fuscis, 
mediana  latiore.  —  Long.,  23  mill.;  lat.,  7  1/2  mill. 

Vaguement  et  finement  ponctuée,  cendrée  et  variée  de 
brun.  Te  te  cendrée,  large,  arrondie  et  aplatie  en  avant, 
brune  et  atténuée  en  arrière,  étroitement  sillonnée  et  mar- 
quée, entre  les  yeux,  d'une  impression  oblongue  brune. 
Mandibules  coniques  sur  le  côté,  noires.  Yeux  noirs,  pro- 


486     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

fondement  échancrés  en  dessus  par  la  base  des  antennes, 
qui  est  presque  carrée  et  évasée  à  son  sommet.  Corselet 
presque  aussi  haut  que  large,  droit  en  avant,  offrant  au 
delà  un  sillon  transversal  sinueux  et  profond,  bisinueux  à 
la  base  avec  un  autre  sillon  droit  qui  vient  inciser  la  base 
de  l'épine  latérale.  Celle-ci  est  robuste  et  aiguë.  Le  disque 
est  triangulairement  déprimé  et  présente,  de  chaque  côté, 
trois  tubercules  inégaux.  Celui  extérieur  est  le  plus  petit  et 
le  plus  central ,  et  l'antérieur  est  élevé,  grand  et  obtus  ;  sa 
couleur  est  brune  avec  les  côtés  gris.  Ecusson  grand,  ar- 
rondi, brun,  cendré  au  milieu.  Èlytres  aplaties,  allongées, 
parallèles,  tronquées  et  bi-échancrées  à  l'extrémité  ;  elles 
sont  cendrées,  veinées  d'obscur  au-dessous  de  l'écusson, 
sur  la  suture  et  sur  le  côté ,  à  partir  de  la  marge  jusqu'aux 
deux  tiers  de  leur  largeur  et  ce,  avant  le  milieu,  jusque 
près  de  l'extrémité  ;  leur  base  présente  trois  courtes  séries 
longitudinales  de  tubercules,  ceux  de  la  série  interne  sont 
plus  gros.  Corps  cendré.  Abdomen  marqué  de  trois  li- 
gnes longitudinales  brunes  ;  la  médiane  est  plus  large. 
Cuisses  brunes,  jambes  et  tarses  cendrés,  jambes  posté- 
rieures un  peu  élargies  extérieurement  et  poilues.  —  De  la 
collection  de  M.  Andrew  Murray. 

50.  Temnoscelis  fuscicornis  obseura,  nigro-variegata  infra  leuco- 
phaea,  âutennis  (primo  articule»  infuscato)  tarsisque  pallidis;  capite 
truncato  eonvexiusculo,  infuscato,  longitudine  costulato  et  sulcato, 
macula  cruciformi  lincolisque  duabus  flavidis  ad  verticem;  mandi- 
bulis,  oculisque  nigris;  thorace  trausverso,  antice  recto,  postice  mo- 
dice  bisinuato,  ibique  constricto,  tuberculis  quatuor  dorsalibus  acu- 
tis  et  nigris,  lineolis  duabus  intcgris,suhangulatim  ferrugineis  Spina 
laterali  valida,  acuta;  scutcllo  nigro,  litteram  Y  cineream  emittente; 
elytris  thorace  latioribus,  iutra  basim  sinuosis,  in  humero  rectangule 
productis  et  elevatis,  ad  latera  modice  attenuatis  et  breviter  rotun- 
datis  apice,  ici  dimidia  parte  anteriore  foveato-pnucfatis,  externe  tu- 
berculato-dentatis,  vitta  communi  circurnlleva  ultra  médium,  traus- 
verse  ducta  infra ,  dein  obliqua  in  margine ,  ultraque  lineolis  obsoletis 
duabus  albis  et  undatis.  —Long.,  18  mill.;  lat.,  7mill. 

Obscure,  variée  de  brun,  de  roux,  de  blanc,  et  surchar- 


TRAVAUX  INÉDITS.  487 

gée  de  points  et  taches  noirs.  Tête  coupée  droit,  quoique 
convexe,  offrant  sur  l'occiput  deux  lignes  jaunâtres  réu- 
nies sur  \v  liont  et  prolongées  au  delà  en  forme  de  croix, 
deux  autres  petites  lignes  de  môme  couleur,  en  arrière  des 
yeux,  côte  réunie  au  sillon  longitudinal.  Antennes  modéré- 
ment épaisses,  un  peu  plus  longues  que  le  corps,  d'un  fer- 
rugineux terne,  de  onze  articles,  le  premier  mélangé  et 
maculé  d'obscur,  suivants  allongés,  égaux,  dernier  acu- 
miné.  Corselet  transverse,  droit,  relevé  et  de  la  largeur  de 
la  tête  en  avant,  légèrement  bisjnueux  en  arrière ,  mar- 
qué de  deux  sillons  transversaux  près  des  bords  et  sur  le 
disque  de  quatre  à  six  tubercules  noirs,  la  plupart  aigus, 
et  dont  deux  sur  le  milieu  longitudinal.  Un  dessin  jaunâtre 
et  tiqueté  d'obscur  part  du  milieu  du  bord  antérieur,  se  di- 
rige presque  anguleusement  sur  le  côté  et  redescend  sur 
le  milieu  du  bord  postérieur.  Épine  latérale  forte  et  aiguë. 
Ecusson  plus  que  moyen,  arrondi  en  arrière,  noirâtre  et 
représentant  une  sorte  d'Y  cendré.  Élytres  plus  larges  que 
le  corselet,  épaisses  et  sinueuses  sur  la  base,  avancées  rec- 
ta ngulai rement  sur  l'épaule,  diminuant  de  largeur  vers  le 
sommet  :  celui-ci  est  étroitement  arrondi;  leur  moitié  an- 
térieure est  couverte  de  points  fovéolés ,  dentelés  et  tu- 
berculeux du  côté  extérieur.  Leur  fond  est  d'un  brun  noi- 
râtre maculé  et  tiqueté  de  noir  et  de  roux.  Sur  le  milieu 
de  la  suture  existe  un  trait  circonflexe  jaunâtre,  suivi 
dune  ligne  transverse  et  d'une  autre  ligne  marginale  obli- 
que également  jaune.  Une  tache  noire  oblongue  reparaît 
sur  la  ligne  transverse  ;  au-dessous  sont  deux  petites  li- 
gnes ondées,  obsolètes  et  blanchâtres.  Pattes  inermes, 
moyennes,  nébuleuses,  mélangées  de  noir  et  de  gris,  les 
quatre  jambes  postérieures  d'un  gris  de  souris  (avec  an- 
neau blanc),  légèrement  élargies  extérieurement  et  cam- 
brées à  cet  endroit  ;  tarses  de  forme  conique  ou  triangulaire 
cendrés  et  à  pénultième  article  antérieur  noir.  Corps,  en 
dessous,  d'un  gris  noirâtre.  Abdomen  de  cinq  segments, 
premier  très-grand  ,  avec  deux  séries  de  points  blanchâ- 


kSS      rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

très  vers  le  côté. — De  la  collection  de  M.  Andrew  Murray. 

Pterotragus ,   &T£pbv,  plumet;  rpcLycçy  bouc  (genus  novum). 
Caput  latum,  transverse  subquadratum ,  antice  et  recte  truncatum  ; 
mandibulis  mediocribus,  latiusculis,  conicis,  in  apice  oblique  acutis 
intusque  incisis  ;  palpis  elougatis  articulo  ultimo  majore,  subulato  ; 
labio  magno,  crasso,  rotuude  quadrato;  clypeo  augustissime  recto; 
oculis  lateralibus  sat  distautibus,  supra  profunde  emarginatis;  an- 
tennis  corporis  longitudine  undecim  articulis,  primo  clavato,  tertio 
majore  semi-fasciculato,  quarto  paululum  breviore  et  curvato,  se- 
quentibus  prœcedenti  dimidio  brevioribus  et  inter  se  œqualibus.  — 
Thorax  elongatus,  antice  posticeque  rectus,  prope  oculos  latitudine 
capitis,  sed  ad  médium  et  basim  latior,  dentibus  ditobus  lateralibus  : 
prima  iufra  versus  angulum  anteriorem,  secunda  ultra  médium.  — 
Scutelluw  médiocre,  semi-rotundatum,  antice  depressum.  —  Elylrœ 
quam  thorax  duplo  latiores  et  sesquiduplo  longiores,  ad  humerum 
rotundatim  rectangulœ,  in  lateribus  parallclae,  attarnen  subsinuosae 
et  ad  summum  regulariter  rotundatai  cum  sulco  costulaque  prope 
apicem  suîurae.  —  Pedes  brèves,  validiusculi,  inermes,  sat  appro\i- 
mati.  —  Slernum  planum  subquadratum,  antice  rotundatim  et  mo- 
dice  productum.  —  Abdomen  quinque  segmenlorum,  primo  et  ultimo 
intermediis  longioribus. 

Ce  genre ,  qui  ressemble  aux  Tragomorpha ,  me  semble 
devoir  être  placé  dans  le  voisinage  des  Mesosa. 

51.  Pterotragus  lugens  punctatus ,  pube  brevi  griseo-virescenti 
indutus  ;  in  capite  macula  trigona  occipitali,  in  thorace  lineis  tribus 
latis  (prima  dorsali  secunda  in  utroque  latere  infra)  in  elytro  macula 
transversali  post  médium  alteraque  parva  apicali,  nigris;  mandibu- 
lis, palpis,  oculis  antennisque  (griseo  annulatis)  nigris.  —  Long. 
15  l/2;lat.,5  1/2à6mill. 

Noir  finement  ponctué,  couvert  d'un  duvet  gris  verdà- 
tre.  Tête  large,  avancée  et  coupée  carrément  sur  les  côtés, 
étroitement  sillonnée,  marquée  d'une  tache  triangulaire 
noire  sur  le  vertex.  Palpes  châtain  roux  sur  le  bout  des 
articles.  Lèvre,  chaperon  et  ijcux  noirs.  Antennes  noires,  an- 
nelées  de  cendré,  le  troisième  article  est  long  et  à  moitié 
fourni  de  poils  noirs  en  brosse,  quatrième  également  long 
et  cambré,  suivants  moyens  égaux.  Corselet  offrant  trois 
larges  lignes  longitudinales  noires,  dont  une  dorsale  et  une 


TRAVAUX   INÉDITS.  489 

latérale  de  chaque  côté  en  dessous;  il  est  armé  de  deux 
dents  :  la  première  est  située  près  du  bord  antérieur,  en 
dessous,  et  la  seconde  latérale  au  delà  du  milieu.  Ecusson 
à  demi  arrondi.  Elytres  marquées  d'une  grande  tache  trans- 
versale noire  qui  est  située  après  le  milieu,  liée  à  la  marge, 
et  se  limite  près  d'une  petite  côte  largement  sillonnée  jus- 
qu'à l'extrémité  de  la  suture;  cette  tache  est  anguleuse  en 
dessus  et  échancrée  en  dessous.  Extrémité  de  la  suture  éga- 
lement noire.  Corps,  en  dessous,  d'un  cendré  verdàtre.  Ab- 
domen à  dernier  segment  noirâtre  sillonné  et  déprimé. 
Femelle.  — De  la  collection  de  M.  Murray  et  de  celle  de 
l'auteur. 

52.  Asfynomus  l  ineo  la  tus  alatus,  griseus,  supra  fuscns  ;  capite 
inflexo,  suleo  longitudinali;  antennis  ad  apicem  articulorum  nigro- 
signatis;  thoraee  latitudine  et  longitudine  aequali,  antice  posticeque 
recto,  lateribus  obtuse  et  modice  spinoso;  elytris  punctatis,  thoraee 
multo  latioribus,  in  humero  obtuse  productis,  subparallelis  et  iu 
apice  oblique  truncatis  evterneque  angulatis,  singulatim  tricostatis, 
fusco-griseo  bifaseiatis  cum  lineolis  lougitudinalibus  cervinis  trans- 
verse dispositis;  pedibus  inermibus,  tibiis  ferrugineis  iu  apice,  tar- 
sisque  uigris.  —  Long.,  9,  11  mill.;  lat.,  3  1/2,  4  1/5  mill.  cT£. 

A  peu  près  de  la  taille  de  Y  As.  obwletus,  01.  [lœcicoUis,~D].)t 
mais  un  peu  moins  grand  et  un  peu  plus  large;  d'un  gris 
cendré.  Tête  d'un  gris  foncé  tomenteux  et  luisant,  incli- 
née, aussi  haute  que  large,  arrondie  en  arrière;  sillon 
longitudinal  limité  au  sillon  transversal.  Chaperon  coupé 
droit.  Lèvre  pâle.  Antennes  cendrées ,  guère  plus  longues 
que  le  corps,  annelées  de  noir  au  sommet  des  articles. 
Corselet  un  peu  plus  large  que  haut,  presque  droit  aux 
extrémités,  d'un  brun  obscur,  luisant  et  muni,  de  chaque 
côté,  d'une  épine  obtuse.  Ecusson  moyen,  semi-arrondi. 
Elytres  une  fois  et  demie  aussi  larges  que  le  corselet, 
avancées  presque  rectangulairement  sur  l'épaule,  subpa- 
rallèles, brièvement  tronquées  au  sommet  et  subanguleuses 
vers  l'extérieur;  elles  sont  ponctuées,  légèrement  con- 
vexes, et  offrent  chacune  trois  côtes  Longitudinales;  leur 


490     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

fond  est  d'un  brun  noirâtre  (avec  deux  bandes  ondées  et 
transverses,  dont  l'une  est  située  vers  le  tiers  antérieur  et 
l'autre  au  delà  du  milieu)  et  d'un  gris  cendré  sur  le  milieu, 
en  travers  ;  chaque  étui  offre  une  dizaine  de  petites  lignes 
d'un  gris  fauve.  Corps,  en  dessous,  d'un  gris  uniforme. 
Abdomen  de  cinq  segments,  le  dernier  est  le  plus  grand. 
Pattes  inermes,  cuisses  modérément  et  régulièrement  ren- 
flées ;  jambes  ferrugineuses  à  la  base ,  noires  au  sommet  ; 
tarses  noirâtres.  L'oviducte  de  la  femelle  est  peu  déve- 
loppé, subconique,  large  et  arrondi  à  l'extrémité.  —  Du 
vieux  Calabar.  —  De  la  collection  de  M.  Andrew  Murray 
et  de  la  mienne. 

53.  Monohammus  oculifrons  vage  punctatus,  fuscus  ;  mandibulis, 
oculis  et  iii  vertice  capitis  quatuor  maculis  sericcis  nigris  ;  thorace 
autice  uni  et  postice  bistricto,  tuberculis  duobus  dorsalibus,  spina 
laterali  sat  valida;  el j tris  fasciis  duabus  obscuris  :  prima  latissiuia 
e  basi  ad  médium  sed  secuuda  ultra  médium.  —  Long.,  21  mil!.; 
lat.,  7  mill.  1/4. 

Il  est  d'un  cendré  brunâtre  et  marqué  de  petits  points 
espacés.  Tète  forte,  avancée,  tronquée,  fortement  sillonnée 
dans  sa  longueur,  offrant  en  arrière  des  yeux,  sur  le  bord 
du  corselet,  quatre  taches  ocellées  réunies  postérieurement 
entre  elles  ;  elles  sont  d'un  noir  velouté.  Lèvre  grande, 
carrée.  Chaperon  transverse  d'un  cendré  pâle.  Antennes 
entièrement  brunes,  guère  plus  longues  que  le  corps  ;  pre- 
mier article  allongé ,  renflé  et  noduleux  au  sommet.  Cor- 
selet aussi  haut  que  large,  droit  aux  extrémités,  pourvu  de 
trois  sillons  transverses,  dont  l'antérieur  est  flexueux  et  les 
deux  de  la  base  droits  ;  il  est  bituberculé  vers  le  disque, 
près  des  côtés  antérieurs,  déprimé  au  centre  et  muni  d'une 
petite  carène  longitudinale.  Ecusson  plus  que  moyen, 
semi-arrondi.  Élytres  largement  rectangulaires,  élevées 
sur  l'épaule  (avec  quelques  petits  tubercules  lisses),  étroi- 
tement arrondies  sur  chaque  extrémité ,  deux  bandes  ob- 
scures, dont  la  première  s'étend  de  ia  base  jusqu'au  milieu, 
et  la  seconde,  étroite,  au  delà.  Jambes  intermédiaires  mu- 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  491 

nies,  extérieurement,  d'une  dentéchancrée  qui  est  garnie, 
jusqu'au  sommet,  d'un  duvet  jaunâtre.  Cinq  segments 
abdominaux,  premier  et  cinquième  grands.  —  De  la  col- 
lection de  M.  Andrew  Murray. 

54.  Monohummus  cordifer  parvus,  minute  et  ordine  punctatus, 
jjriseus;  mandibulis  apicc,  oculis,  maculaque  subscutellari  et  cordi- 
formi  io  elytris  nijçris;  antcnnis  longis,  fuscis  ;  elytris  anguste  trun- 
catis,  fasciola  fusca  uJlra  médium  signatis.  —  Long.,  8  niill.;  lat., 
3  5/6  mill. 

Petit,  régulièrement  et  finement  ponctué,  d'un  gris 
cendré  obscur.  Tête  coupée  verticalement,  légèrement  in- 
clinée et  sillonnée  en  longueur.  Pulpes  bruns,  jaunâtres 
au  sommet.  Mandibules  et  yeux  noirs.  Antennes  une  fois 
et  demie  aussi  longues  que  le  corps  ;  le  premier  article  est 
gris  et  les  suivants  sont  ferrugineux ,  avec  leur  sommet 
extrême  d'un  foncé  brillant.  Corselet  droit  en  avant  et  en 
arrière,  sillonné  sur  le  bord  antérieur,  en  dessous,  jusqu'à 
la  hauteur  des  yeux,  et  sur  la  base,  en  dessus,  assez  lar- 
gement comprimé  près  de  là.  Épine  latérale  sise  au  milieu, 
assez  forte  et  aiguë.  Ecusson  semi-arrondi,  d'un  cendré 
soyeux.  Elylres  plus  larges  que  le  corselet,  coupées  droit 
sur  la  base,  rectangulaires  sur  l'épaule,  parallèles,  étroi- 
tement tronquées  au  sommet,  marquées  d'une  tache  noire 
soyeuse,  subcordiforme ,  au-dessous  de  l'écusson  :  une 
bande  transversale  obsolète,  obscure,  qui  remonte  vers  la 
marge,  est  placée  au  delà  du  milieu  ;  quelques  petites  taches 
de  même  couleur  sont  dispersées  cà  et  là.  Pattes  et  corps, 
en  dessous,  d'un  gris  cendré  uniforme;  jambes  intermé- 
diaires échancrées  extérieurement  et  revêtues  d'une  villo- 
sité  pâle.  —  De  la  collection  de  M.  Andrew  Murray. 
(La  suite  prochainement.) 


II.     SOCIÉTÉS     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  28  septembre  1856.  —  M.  Duméfil,  après  la 


492     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

lecture  du  procès-verbal  et  à  l'occasion  de  la  partie  rela- 
tive à  la  reproduction  de  certaines  espèces  d'Insectes  sans 
le  concours  des  mâles,  dont  il  est  question  dans  l'ouvrage 
de  M.  Sieboldt,  rappelle  qu'il  a  consigné  dans  l'article 
Araignée  du  Dictionnaire  des  sciences  naturelles ,  t.  II ,  que 
feu  Audebert ,  auteur  de  Y  Histoire  des  Singes,  nourrissait, 
dans  des  cages  en  verre,  une  Araignée  femelle  qui  a  pro- 
duit des  œufs  féconds,  lesquels  donnèrent  deux  autres 
femelles  ;  celles-ci  ayant  été  isolées  ont  également  pondu 
des  œufs  qui  étaient  fécondés  sans  le  rapprochement  d'un 
mâle.  C'est  un  fait  à  joindre  à  celui  du  Puceron. 

M.  Flourens  lit  une  Note  sur  la  sensibilité  des  tendons. 

S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte  donne  lecture  de  la  fin 
d'un  beau  travail  intitulé  Excursion  dans  les  divers  musées 
d' Allemagne,  de  Hollande  et  de  Belgique ,  et  tableaux  parai- 
léliques  de  l'ordre  des  Palmipèdes. 

M.  Remak  lit  une  Note  additionnelle  au  Mémoire  sur 
V action  phgsiologique  et  thérapeutique  du  courant  galvanique 
constant  sur  les  nerfs  et  les  muscles  de  ï homme.  —  Renvoyé 
à  l'examen  de  MM.  Andral,  Rayer  et  Velpeau. 

M.  Waller  présente  des  Observations  microscopiques  sur 
la  circulation  du  sang  dans  les  vaisseaux  de  l'œil,  vu  en  trans- 
parence sur  le  vivant.  —  Renvoi  à  MM.  de  Quatrefages  et 
Cl.  Bernard. 

M.  Chrestien  adresse  une  Note  sur  l'emploi  d'une  poudre 
inerte  en  place  du  soufre  pour  préserver  les  vignes  de  l'oï- 
dium. —  Dans  ce  travail ,  il  démontre  que  le  soufre  n'a 
aucune  vertu  spécifique  contre  la  maladie,  qu'il  n'agit 
qu'en  vertu  de  la  ténuité  de  la  poudre  en  laquelle  il  est 
réduit;  il  lui  a  substitué  la  poussière  des  grands  chemins, 
et  est  arrivé  aux  mêmes  résultats. 

Je  pense  que  les  observations  de  M.  Chrestien  méritent 
toute  la  confiance  des  agriculteurs,  car  elles  sont  la  répé- 
tition de  celles  que  M.  Eugène  Robert,  de  Paris,  a  faites 
depuis  trois  ans,  et  dont  il  a  donné  connaissance  aux 
Sociétés  impériales  d'agriculture  et  d'horticulture,  comme 


SOCIETES   SAVANTES.  493 

on  peut  le  voir  imprimé  dans  les  recueils  publiés  par  ces 
Sociétés. 

M.  Rojas  soumet  au  jugement  de  l'Académie  un  mémoire 
ayant  pour  titre  :  «  De  certains  phénomènes  'physiques  ob- 
servés dans  la  vie  des  Insectes.  » —  Renvoyé  à  l'examen  de 
MM.  Duméril,  Milne-Edwards  et  Babinet. 

M.  le  secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  im- 
primées de  la  correspondance,  un  Éloge  d'Etienne  Geof- 
froy Saint-Hilaire  lu  par  M.  Joly  à  l'Académie  des  sciences 
de  Toulouse  le  12  juin  1856. 

Séance  du  6  octobre  1856.  —  M.  Rossignon  lit  un  Mé- 
moire sur  la  composition  d'un  liquide  coloré  qui  se  forme 
dans  une  grotte  du  village  de  la  Virtud,  et  donne  naissance 
à  un  petit  filet  d'eau  connu  sous  le  nom  de  rivière  du  Sang 
(Rio  de  Sangre),  près  de  Choluteca  (Amérique  centrale). 

«  Le  liquide  sort  d'une  grotte  formée  de  pierres  tra- 
chytiques.  Il  est,  au  moment  de  sa  formation,  d'un  rouge 
vif  analogue  au  sang  des  Mammifères.  Il  n'a  pas  d'odeur; 
sa  saveur  est  presque  nulle;  sa  densité  est  de  2,75.  A 
quelques  pas  de  la  grotte,  il  commence  à  se  décomposer, 
exhalant  une  odeur  de  chair  pourrie  et  donnant  lieu  à  un 
dégagement  de  gaz  où  l'acide  carbonique  domine.  C'est 
dans  cet  état  qu'il  attire  les  Vautours  noirs  [Catharles, 
Vieill.)  et  les  animaux  carnassiers,  qui  en  mangent  de 
grandes  quantités.  La  prompte  altération  de  ce  liquide 
est  surtout  due  à  la  chaleur  qu'il  fait  dans  ces  climats.  Ce 
liquide  est  coagulé  par  les  acides,  et  le  coagulum  se  re- 
dissout dans  les  alcalis.  Évaporé ,  il  commence  à  se  coa- 
guler à  80  degrés  centigrades  ;  plus  tard  il  se  boursoufle 
et  forme  une  masse  spongieuse  d'un  rouge  noirâtre.  Dis- 
tillé en  vase  clos,  il  se  comporte  comme  toutes  les  sub- 
stances animales,  laisse  un  charbon  poreux  et  friable  très- 
azoté,  et  produit  une  huile  empyreumatique  infecte.  Mes 
observations  m'ont  conduit  à  penser  que  ce  liquide  doit 
sa  coloration  et  ses  propriétés  à  la  présence  d'une  foule 
d'animalcules  infusoires. 
«  A  l'appui  de  cette  dernière  assertion,  je  cite,  dans  le 


494       REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE.  (Octobre  1856.) 

Mémoire  que  j'ai  l'honneur  de  soumettre  au  jugement  de 
l'Académie,  plusieurs  autres  exemples.  Ainsi  les  ruisseaux 
de  la  ville  de  Guatemala  sont  remplis  de  myriades  d'infu- 
soires  vermiformes  très-longs,  visibles  à  l'œil  nu  et  doués 
d'un  mouvement  excessivement  rapide.  Quand  l'eau  dans 
laquelle  vivent  ces  animaux  est  devenue  stagnante,  leur 
mouvement  s'arrête;  ils  entrent  en  décomposition;  l'eau 
devient  rougeâtre  et  infecte,  et  attire  bientôt  les  oiseaux 
qui  vivent  de  charognes.  D'autres  eaux  stagnantes  obser- 
vées dans  le  même  pays  et  colorées  en  rouge  ont  égale- 
ment présenté  les  mêmes  infusoires,  et,  soumises  à  l'ana- 
lyse, ont  donné  des  résultats  analogues  à  ceux  fournis  par 
le  liquide  du  Rio  de  Sangre.  J'espère  me  procurer  bientôt 
des  échantillons  de  cette  matière  pour  les  remettre  à 
l'Académie.  » 

Le  phénomène  dont  parle  M.  Rossignon  avait  déjà  été 
observé  à  Guatemala  par  Squier,  qui  l'a  mentionné  dans 
la  publication  de  ses  voyages,  et  M.  Ehremberg  a  prouvé 
que  cette  apparence  sanguine  de  l'eau  était  due  à  des  ani- 
malcules infusoires. 

Séance  du  13  octobre  1836.  —  M.  Hiffelsheim  lit  un  tra- 
vail sur  les  mouvements  du  cœur.  Troisième  mémoire  :  in- 
fluence de  la  ligature  des  gros  vaisseaux  du  cœur  sur  le  bat- 
tement ou  choc  précordial.  —  Ce  mémoire  est  renvoyé  à 
l'examen  de  MM.  Andral,  Rayer  et  Cl.  Rernard. 

Séance  du  20  octobre  1856.  —  M.  Henry  Mûller,  de 
Wurtzbourg,  lit  des  Observations  sur  la  structure  de  la  ré- 
tine de  certains  animaux.  —  Travail  renvoyé  à  l'examen 
de  MM.  Flourens,  Milne-Edwards  et  Yaleneicnnes. 

Séance  du  %2  octobre  1856.  —  S.  A.  Monseigneur  le 
prince  Ch.  Bonaparte  donne  lecture  d'un  grand  travail 
intitulé  Ornithologie  fossile  servant  d'introduction  au  ta- 
bleau comparatif  des  Ineptes  et  des  Autruches. 

Voilà  encore  un  magnifique  travail,  dans  lequel  le  prince 
naturaliste  montre  sa  vaste  érudition  et  des  connaissances 
aussi  profondes  qu'étendues  et  variées. 

Après  avoir  établi  que  la  science  de  Y  ornithologie  fossile 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  495 

est  encore  à  fonder  et  que  les  Oiseaux  fossiles  n'ont  pas 
encore  trouvé  leur  Cuvier,  comme  les  Poissons  fossiles 
leur  Agassiz,  le  savant  prince  passe  en  revue  les  erreurs 
qui  ont  été  commises  par  les  savants  au  sujet  de  la  déter- 
mination des  restes  d'Oiseaux  trouvés  dans  divers  ter- 
rains, puis  il  arrive  à  montrer  à  quoi  nos  connaissances 
positives  et  incontestables  sur  ce  point  se  réduisent,  en 
passant  en  revue  tout  ce  qui  a  été  publié  sur  les  groupes 
des  Perroquets,  sur  le  Lithomis  vulturinus,  sur  les  Passe- 
reaux, les  (ialliMicés  ,  les  Echassiers,  les  Palmipèdes  et  les 
Ptiloptères.  Il  cite  ensuite  tous  les  auteurs  qui  ont  fait 
connaître  des  restes  fossiles  d'Oiseaux,  les  localités  où  l'on 
en  a  observé  jusqu'à  présent,  et  termine  ainsi  :  «  Il  ré- 
sulte, de  ce  que  nous  venons  d'exposer  aussi  succinctement 
que  possible,  que  presque  tous  les  Oiseaux  dits  vulgaire- 
ment antédiluviens  paraissent  avoir  appartenu  aux  deux 
ordres  Ineptes  et  Rudipennes,  qui  nous  semblent  se  re- 
présenter chacun  dans  sa  série,  le  premier  faisant  partie 
des  Altrices  ou  Sitistœ,  le  second  des  Précoces  ou  Auto- 
phagœ.  Il  y  a  cependant  entre  eux  une  telle  analogie,  nous 
sommes  le  premier  à  le  reconnaître,  qu'on  ne  saurait 
s'étonner  que  les  plus  grands  et  les  plus  clairvoyants  zoo- 
logistes de  notre  époque  les  regardent  comme  ne  formant 
qu'un  seul  et  même  ordre. 

«  Par  ces  raisons,  nous  avons  réuni  ces  deux  ordres 
(des  Ineptes  et  des  Rudipennes)  dans  un  seul  tableau  com- 
paratif et  parallélique,  oomme  la  puissante  loi  de  l'ana- 
logie nous  a  déjà  décidé  à  le  faire  pour  les  Hirondelles, 
les  Martinets  et  les  Engoulevents ,  qui  offrent  des  rapports 
parfaitement  identiques,  laissant,  comme  à  l'ordinaire, 
au  lecteur  studieux  et  réfléchi  le  chapitre  sans  fin  des 
commentaires.  » 

M.  Kolliker  lit  une  Note  sur  Vaction  du  curare  sur  le 
système  nerveux,  sur  la  terminaison  des  nerfs  dans  V organe 
électrique  de  la  torpille  et  sur  des  mouvements  particuliers  et 
quasi  spontanés  des  cellules  plastiques  de  certains  animaux. 


496     rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Octobre  1856.) 

Ces  trois  mémoires  sont  renvoyés  à  l'examen  de 
MM.  Flourens,  Milne-Edwards  et  Cl.  Bernard. 

M.  H.  Hollard  présente  une  Monographie  des  Ostra- 
cionides.  «  En  continuant,  »  dit  l'auteur,  «  par  la  famille 
des  Coffres  ou  Ostracions  l'étude  des  Branchiostéges  d'Ar- 
tedi,  j'ai  reconnu,  en  ce  qui  concerne  les  affinités  naturelles 
et  la  place  de  ces  poissons  dans  la  série  ichthyologique  : 

«  1°  Qu'ils  se  rattachent  bien  réellement  par  l'ensemble 
de  leur  organisation,  et  plus  particulièrement  par  leur 
squelette  et  leur  appareil  branchial,  d'une  part  auxBalis- 
tides,  de  l'autre  aux  Gymnodontes  de  G.  Cuvier,  et  qu'ils 
forment,  avec  les  uns  et  les  autres,  une  petite  série  par- 
faitement distincte  ; 

«  2°  Que  leur  place,  dans  cette  série,  se  trouve  marquée 
entre  les  Balistides,  dont  les  rapprochent  leur  écaillure, 
composée  de  plaques  osseuses  tuberculées,  et  leur  système 
dentaire  ;  et  les  Gymnodontes,  dont  ils  ont  les  nageoires, 
mais  dont  ils  sont  éloignés  par  les  caractères  précédents; 

«  3°  Que,  tout  en  demeurant  près  des  Balistides,  les  Os- 
tracions ne  sauraient  former  avec  ceux-ci  une  seule  et 
même  famille,  et  qu'il  suffit  des  différences  importantes 
qu'offre  l'écaillure  de  ces  deux  groupes  pour  en  faire  deux 
familles  distinctes  et  bien  caractérisées.  » 

M.  Marcel  de  Serres  adresse  une  Note  sur  la  nature  de 
Vhumeur  à  l'aide  de  laquelle  les  Mollusques  allèrent  leurs 
coquilles  pendant  quils  les  habitent. 


TABLE    DES   MATIERES. 

Pages. 

Pucheran.  —  Notices  mammalogiques.  449 

Dumkril  (Aug.).  —  Note  sur  les  Reptiles  du  Gabon.  400 
Hupé  et  Lorois  (E.  G).  —  Descriptiou  de  coquilles  nouvelles.        470 

Montrouzier.  —  Description  d'une  coquille  nouvelle.  471 

Thomson  (James).  —  Descriptiou  de  dix-sept  Coléoptères.  472 

Fairmaire  (Léon).  —  Coleoptera  chilensia.  483 

Chevrolat.  —  Description  de  Longicornes  nouveaux.  485 

Académie  des  sciences.  491 

PARIS.   —  IMP.    DE    Mme   Ve    BOUCHARD-HOZARD ,    RUE    DE    i/ÉPERON  ,    5. 


DIX-NEUVIÈME    ANNÉE.  —  NOVEMBRE   1856. 


I.  TRAVAUX  INEDITS. 

Description  d'une  nouvelle  espèce  de  Zorille  ;  par  M.  le 
capitaine  Loche. 

Parmi  les  Mammifères  que  nous  avons  eu  occasion  d'ob- 
server en  Algérie ,  se  trouve  un  Zorille  qui  nous  paraît 
constituer  une  espèce  parfaitement  distincte  de  celle  que 
Linné  désigne  sous  le  nom  de  Viverra  zorilla.  Ne  la 
trouvant  mentionnée  dans  aucun  des  auteurs  que  nous 
avons  consultés,  nous  croyons  devoir  la  décrire  comme 
nouvelle  et  la  dédier,  sous  le  nom  de  Zorilla  Vaillantii  , 
à  S.  E.  M.  le  maréchal  Vaillant,  ministre  de  la  guerre, 
auquel  nous  devons  d'avoir  été  à  même  de  la  capturer. 

Zorilla  Vaillantii,  Loche.  —  Pelage  épais,  long,  très- 
doux,  varié  de  bandes  noires  et  blanches,  comme  dans  le 
Viverra  zorilla,  mais  différemment  disposées.  Un  masque 
d'un  brun  noir,  qui  couvre  la  région  nasale,  une  partie 
des  joues,  des  régions  orbitales  et  la  commissure  des 
lèvres,  est  encadré  par  une  bande  blanche  formant  un 
cercle  complet  en  passant  au-dessus  du  front,  derrière  les 
yeux,  au  devant  des  oreilles,  où  elle  s'élargit  en  se  prolon- 
geant en  arrière,  et  sur  le  devant  de  la  gorge.  De  ce  point 
part,  de  chaque  côté,  une  petite  bande  qui  couvre  la  lèvre 
inférieure  et  isole  du  menton  un  espace  triangulaire  noi- 
râtre. La  lèvre  supérieure,  jusqu'à  la  naissance  des  vi- 
brisses,  est  également  blanche.  A  la  bande  qui  enveloppe 
la  tête  succède  un  espace  d'un  brun  noir  qui  entame  le 
blanc  du  front,  recouvre  les  oreilles  et  gagne  les  côtés  du 

2*  sérib.   t.  vhi.  Aunée  1856.  32 


498   rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Novembre  1856.) 

cou,  qui,  ainsi  que  la  gorge,  la  poitrine,  toutes  les  parties 
inférieures  jusqu'au  delà  de  l'anus,  et  la  face  externe  et 
interne  des  membres,  sont  également  d'un  brun  noir.  De 
l'occiput  naissent  deux  larges  bandes  d'un  blanc  nuancé 
de  jaunâtre  qui  gagnent  les  côtés  du  corps  et  s'étendent 
jusqu'à  la  queue,  en  passant  sur  les  épaules,  les  flancs  et 
les  cuisses.  Deux  autres  bandes  de  même  couleur,  plus 
étroites,  nées  sur  le  cou,  en  dedans  des  premières,  se  pro- 
longent parallèlement  à  celles-ci  jusqu'à  la  croupe,  où 
elles  s'élargissent.  Enfin  un  grand  espace  ovalaire  blanc 
jaunâtre,  varié  de  noirâtre,  occupe  le  milieu  du  dos.  Toutes 
ces  bandes  sont  ou  séparées  ou  coupées  par  d'autres  d'un 
brun  noir.  La  queue  est  blanchâtre  en  dessus  dans  toute 
son  étendue,  avec  la  fine  pointe  noire  ;  en  dessous  elle  est 
noirâtre  à  la  base ,  blanchâtre  vers  le  milieu ,  puis  noire 
jusqu'au  bout  sur  une  longueur  d'environ  9  centimètres. 

Les  poils  qui  la  composent ,  longs,  plus  rudes  au  tou- 
cher que  ceux  du  dos,  sont ,  en  général ,  blanchâtres  à  la 
base,  d'un  brun  cendré  au  milieu  et  jaunâtres  dans  le  reste 
de  leur  étendue» 

Oreilles  légèrement  bordées  de  blanc  au  bout. 

Longueur  du  museau  à  l'anus,    .     *     .     .     .      0m,260 

—  de  l'anus  à  l'extrémité  de  la  queue.      0m,180 

—  du  pied  postérieur 0m,0i0 

—  du  museau  à  l'occiput 0m,065 

Hauteur  des  oreilles 0m,015 

Largeur  des  oreilles 0m,011 

Les  différences  qui  existent  entre  le  Viverra  zorilla  et 

le  Zorilla  Vaillantii  sont  faciles  à  saisir.  En  premier  lieu 
la  différence  de  taille  :  notre  Zorille  n'a  que  44  centi- 
mètres de  longueur  totale  depuis  le  museau  jusqu'à  l'ex- 
trémité de  la  queue,  tandis  que  l'espèce  anciennement 
connue  en  a  de  55  à  60. 

Chez  le  Z.  Vaillantii,  le  pelage  est  plus  soyeux,  plus  doux  ; 
le  blanc  du  front  forme  un  bandeau  qui  enveloppe  toute 
la  tête,  tandis  que  chez  le  V.  zorilla  il  n'existe  qu'une 


THAVAl'X    1NKIMTS.  VOO 

tache  blanche  oblongue  d'arrière  en  avant  entre  les  yeux; 
de  plus,  celle-ci  a  les  lèvres  noires  et  notre  Zorille  les  a 
blanches.  Enfin  le  V.  zorilla  a  la  queue  noire  en  dessus, 
blanche  à  son  extrémité  ;  le  Z.  YaillnntU  l'a  blanchâtre  en 
dessus,  noire  seulement  en  dessous,  dans  sa  moitié  posté- 
rieure et  à  la  pointe.  Ces  différences  nous  paraissent  assez 
tranchées  pour  motiver  la  distinction  spécifique  que  nous 
faisons  du  Zorilla  Vaillantii  que  nous  avons  rencontré  en 
Algérie,  et  dont  nous  avons  vu  un  individu  exactement 
semblable  qui  avait  été  rapporté  de  Tunis. 


AMENITES    MALACOLOGIQUES; 
par  M.  J.  R.  Bourguignàt. 

S  LI. 

Du  genre  Zospeum. 

Il  existe  en  Europe  une  contrée  montueuse,  la  Carniole, 
qui,  de  tout  temps,  a  su  attirer,  moins  par  la  beauté  ma- 
gique de  ses  paysages  que  par  l'aspect  grandiose  de  ses 
immenses  souterrains,  l'attention  des  touristes,  et  surtout 
des  naturalistes. 

Dans  ces  vastes  cavernes,  en  effet,  où  s'engloutissent 
des  rivières  considérables,  telles  que  le  Poik,  par  exemple, 
se  trouvent  de  gigantesques  excavations,  d'interminables 
couloirs,  de  sombres  lacs  où  la  nature,  dans  sa  merveil- 
leuse fécondité,  a  placé  les  êtres  les  plus  singuliers. 

Là,  sur  tes  parois  des  rochers,  végètent  de  tristes  cryp- 
togames, le  désespoir  des  botanistes  ;  sous  les  pierres  hu- 
mides se  cachent  des  insectes  aux  formes  bizarres  et  anor- 
males; dans  les  endroits  fangeux  se  tapissent  d'étranges 
crustacés,  tandis  que  dans  les  sombres  cours  d'eair:  nage 
un  être  moitié  reptile,  moitié  poisson ,  le  Protée  au  corps 
sans  écaille. 


500  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

Ces  animaux  condamnés  à  vivre  dans  les  ténèbres,  et 
auxquels  la  nature,  dans  sa  sage  prévoyance,  a  refusé 
l'organe  de  la  vue ,  ont  été ,  dans  ces  derniers  temps ,  un 
sujet  sur  lequel  les  naturalistes  ont  aimé  à  déployer  la 
plus  profonde  érudition. 

Ces  êtres  anormaux  ont  tous  été  reconnus ,  non-seule- 
ment pour  des  espèces  spéciales ,  mais  encore  pour  des 
types  de  genres  nouveaux  ;  tous  ont  été  regardés  comme 
des  animaux  non  dégénérés,  mais  créés  essentiellement 
pour  vivre  dans  l'obscurité  et  les  couloirs  humides  des 
souterrains. 

Tandis  que  les  erpétologistes,  les  entomologues ,  etc., 
sans  s'être  donné  le  mot,  arrivaient  tous  à  cette  sage  con- 
clusion, les  conchyliologues,  en  la  personne  de  Ross- 
massler,  protestaient  par  un  résultat  tout  à  fait  opposé. 

Voici  le  fait  : 

Dans  ces  mêmes  cavernes  où  des  êtres  aveugles  de 
Tordre  des  reptiles,  des  insectes,  des  crustacés,  etc., 
avaient  été  trouvés,  l'on  y  découvrit  également  quelques 
petits  mollusques. 

Or,  ces  petits  mollusques  furent  classés  par  Rossmassler 
parmi  les  Carychium  (genre  de  la  famille  des  Auricules), 
et  chez  lesquels  l'organe  visuel  est  parfaitement  développé. 

11  résulte  de  cette  appréciation  zoologique  de  Rossmass- 
ler, qu'il  y  a  contradiction  évidente  entre  les  résultats 
fournis  par  la  malacologie  avec  ceux  donnés  par  l'erpé- 
tologie, l'entomologie,  etc.. 

Reste  à  savoir 

1°  Si  l'appréciation  de  Rossmassler  est  bonne ,  et  si  la 
nature  n'a  point  fait  exception  ,  en  faveur  de  ce  mollus- 
que, aux  lois  de  cécité  qu'elle  semble  avoir  imposées  aux 
autres  animaux  de  ces  cavernes: 

2°  Ou  bien  si  ces  mollusques  ne  doivent  point  être  éga- 
lement aveugles,  et  par  conséquent  être  regardés  comme 
des  types  d'un  genre  nouveau  ,  et  venir,  par  ce  résultat , 
corroborer  ceux  déjà  fournis  par  les  autres  êtres. 


TRAVAUX     INÉDITS.  501 

Lorsque  Rossmassler  publia,  dans  son  Iconographie,  la 
description  de  ces  coquilles  sous  l'appellation  de  Cary- 
chium  spdœum,  il  n'en  connaissait  que  l'enveloppe  exté- 
rieure ;  il  lui  fut  donc  impossible  d'appuyer  son  opinion 
par  des  laits  an  atomiques. 

Depuis  cet  auteur,  l'on  a  trouvé,  à  l'état  vivant ,  un 
grand  nombre  de  ces  mollusques  ;  mais,  soit  extrême  dif- 
ficulté à  soumettre  au  scalpel  des  êtres  aussi  petits,  soit 
ignorance  de  la  part  des  naturalistes  allemands,  aucune 
étude  anatomique  n'est  venue  faire  connaître  les  organes 
de  ces  animaux.  Aussi  allons-nous  être  obligé  de  nous 
servir  des  preuves  que  peuvent  nous  fournir  le  test  et  le 
mode  d'habitat. 

Mais  auparavant,  nous  croyons  convenable  de  révéler 
notre  pensée  sur  la  valeur  des  auteurs  dont  nous  n'adop- 
tons point  les  idées;  car,  pourrait-on  nous  dire  :  Croyez- 
vous  que  des  savants  tels  que  L.  Pfeiffer,  Kiister,  Schmidt, 
Freyer  et  Frauenfeld,  qui  tous  ont  professé  la  même  opi- 
nion que  Rossmassler,  soient  des  naturalistes  faciles  à 
tomber  dans  l'erreur? 

C'est  notre  conviction. 

A  notre  époque,  en  effet,  où  les  conchyliologues  sont 
si  pauvres  d'idées,  et  où  ils  croient  avoir  rendu  un  grand 
service  à  la  science  lorsqu'ils  ont  copié  les  travaux  de 
leurs  confrères,  il  suffit  qu'un  auteur  ait  émis  une  opinion 
pour  qu'immédiatement  cette  opinion  soit  servilement  ad- 
mise à  l'unanimité. 

Ce  que  nous  disons  en  ce  moment  peut,  à  première  vue, 
sembler  injuste  à  l'égard  d'un  savant  tel  que  L.  Pfeiffer, 
cependant  il  n'en  est  rien. 

L.  Pfeiffer,  il  faut  le  reconnaître,  est  de  tous  les  con- 
chyliologues l'homme  qui  saisit  le  mieux  les  caractères 
d'une  espèce,  et  qui  sait  le  mieux  traduire  sa  pensée  en 
terme  diagnostique.  En  un  mot,  L.  Pfeiffer  est  la  diagnose 
incarnée.  Mais  comme  idée,  comme  appréciation  philo- 
sophique, quelle  pauvreté! 


502  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

On  en  a  la  preuve  dans  ses  méthodes  artificielles,  dans 
l'agencement  factice  de  ses  genres,  dans  le  faux  groupe- 
ment de  ses  espèces,  que  vingt  fois  il  a  recommencé,  et 
que  vingt  fois  encore  il  reproduira  sous  une  autre  forme, 
sans  jamais  pouvoir  une  seule  fois  approcher  d'une  mé- 
thode naturelle  et  philosophique. 

L.  Pfeiffer  ne  pouvait  donc  avoir  une  pensée  différente 
de  celle  de  Rossmassler  ;  il  a  suivi  servilement  sa  méthode, 
et  voilà  tout.  Il  en  est  de  même  des  autres  naturalistes 
dont  nous  venons  de  citer  les  noms  :  ils  peuvent  être  de 
bons  monograpiies,  ils  peuvent  faire  d'excellentes  des- 
criptions; mats,  en  définitive,  ce  sont  des  auteurs  sans 
idées  neuves  et  auxquels  manquent  la  saine  intelligence , 
la  profondeur  des  pensées  que  possédaient  les  Lamarck 
et  les  Cuvier. 

Nous  ne  croyons  donc  point  à  la  juste  appréciation  de 
ces  auteurs;  nous  aimons  mieux  nous  en  rapporter  à  la 
sage  prévoyance  de  la  nature ,  qui  sait  fournir  à  chaque 
être  les  organes  nécessaires  aux  milieux  où  elle  les 
place. 

Les  petits  mollusques  en  question ,  ainsi  que  les  autres 
êtres  de  ces  cavernes,  n'ont  jamais  été  recueillis  près  de 
l'ouverture  des  souterrains,  mais  bien  dans  les  couloirs 
les  plus  reculés  à  plusieurs  lieues  sous  terre  ;  et  cela  n'a 
rien  d'extraordinaire  quand  l'on  saura  qu'une  de  ces  ex- 
cavations, celle  d'Adelsberg,  par  exemple,  a  de  15  à 
20  lieues  d'étendue.  Ces  mollusques  ont  donc  été  créés 
pour  vivre  dans  les  ténèbres,  et  doivent  être,  par  consé- 
quent, aveugles;  car  il  est  raisonnable  de  penser  que,  si  la 
nature  a  enlevé,  comme  une  superfluité,  l'organe  de  la  vue 
chez  les  autres  êtres  de  ces  cavernes,  elle  l'ait  ôté,  pour  la 
même  raison,  à  ces  mollusques. 

Un  fait  qui,  tout  en  corroborant  cette  opinion,  nous 
montre  que  la  nature  ne  fait  rien  à  la  légère,  est  celui  que 
l'on  remarque  chez  les  Cœcitiamlla  :  ces  petites  coquilles 
vivent  sous  terre,  à  l'instar  des  Lombrics;  aussi  avons- 


TRAVAUX    INÉDITS.  503 

nous  constaté,  dans  ces  Aménités  malacotogiquet ,  qu'il  y  a 
chez  elles  absence  complète  d'organe  visuel. 

La  nature  en  a  donc  agi  de  même  pour  les  coquille* 
de  ces  souterrains  Klles  ont  été  créées  pour  vivre  dans 
les  ténèbres,  elles  n'ont  point  besoin  de  voir.  S'il  en  était 
autrement,  il  y  aurait  une  inconséquence  notable  dans 
ses  lois. 

On  ne  peut  donc  classer  ces  mollusques  dans  le  genre 
Cari/vhiumy  dont  les  animaux  possèdent  des  yeux  situés  à 
la  base  interne  des  tentacules, 

Nous  dirons  même  plus ,  l'enveloppe  extérieure  de  ces 
êtres  ne  présente  presque  aucun  des  caractères  dos  Ca- 
ry'chium. 

Nous  avons  étudié  en  conscience  toutes  les  descrip- 
tions, et  examiné  avec  soin  toutes  les  espèces  si  bien  figu-^ 
rées  dans  Freyer  et  Frauenfeld ,  et  nous  devons  avouer 
que  toutes  ces  coquilles  ressemblent  plutôt  à  de  petits 
Vertigos  qu'à  des  Carychies. 

Nous  avons  constaté  chez  ces  mollusques  la  dextrorsité 
et  la  sinistrorsité  du  test;  l'obésité  constante  de  la  spire  ; 
une  perforation  ombilicale  analogue,  et  même  la  fré- 
quence de  la  déviation  rectiligne  du  dernier  tour  de 
spire,  qui,  chez  les  Pupas  et  les  Vertigos,  est  si  commune; 
enfin  des  denticulations  lamelliformes  identiques. 

Chez  les  Carychium .  au  contraire ,  la  sinistrorsité 
n'existe  point  ;  l'ombilic  est  à  peine  accusé  par  une  légère 
fente;  la  spire  est  toujours  allongée,  lancéolée;  les  denti- 
culations sont  simplement  aperturales,  etc.. 

Telles  sont  les  différences  que  nous  avons  cru  recon- 
naître entre  ces  mollusques  des  cavernes,  classés  à  tort 
dans  les  C'arychium,  avec  les  véritables  Carychiu  »,  qui 
habitent ,  à  l'air  libre ,  au  pied  des  arbres ,  dans  les 
mousses  ou  sur  les  bords  des  ruisseaux. 

Et  lorsqu'un  naturaliste  consciencieux  pourra  étudier 
l'animal,  ce  qui  n'a  point  encore  été  fait  jusqu'à  ce 
jour,  nous  ne  doutons  point  que  l'anatomie  ne  vienne 


504  rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Novembre  1856.) 

confirmer  les  différences  que  nous  venons  de  signaler. 

Il  résulte,  de  ce  que  nous  venons  de  dire ,  que  les 
mollusques  découverts  jusqu'à  ce  jour  dans  les  cavernes 
de  Carniole  sont ,  pour  nous ,  des  animaux  devant  servir 
de  type  à  un  genre  spécial  voisin  des  Carychium,  et  auquel 
nous  donnons  le  nom  de  Zospeum. 

Nous  avons  tiré  cette  appellation  générique  de  deux 
mots  grecs  (Çwov,  animal;  riréoç,  caverne),  afin  de  rappeler, 
par  le  nom  du  genre,  le  mode  singulier  d'habitation  des 
mollusques  qui  le  composent. 

Les  Zospés  ont  été  trouvés  pour  la  première  fois  par 
Rossmassler,  en  octobre  1835,  dans  la  caverne  d'Adcls- 
berg. 

Depuis  cette  époque,  ils  ont  été  recueillis  dans  diffé- 
rents souterrains  par  MM.  H.  F.  Schmidt,  de  Laibach , 
H.  A.  Schmidt,  d'Ascherleben ,  enfin  par  le  comte  Franz 
Erjavec. 

Les  principaux  naturalistes  qui  se  sont  occupés  de  ces 
coquilles  sont  d'abord  Rossmassler,  en  1839  ;  —  Kûstér, 
en  1844;  —  Schmidt,  en  1854;  Frauenfeld,  en  1854  et 
1856;  —  Freyer,  en  1855;  —  enfin  L.  Pfeiffer,  en  1856. 

Passons  maintenant  aux  descriptions  de  ces  mollus- 
ques, qui  sont  au  nombre  de  treize. 

Zospeum  speljEum. 

Carychium  spelaeum,  Rossmassler,  Iconogr.,  X,  p.  36, 
taf.  xlix,  f.  661.  1839. 

—  —  Kuster,  Syst.  conch.,  Cab.;  Auricul.,  p.  6,  n°  2, 
taf.  i,  f.  11-12.  1844. 

—  —  Em.  Cornalia,  Dei  gaster.  ter.  dell.  valle  dell' 
isonzo,  dell'  altipiano  d'Adelsberg...,  etc..  Extrait 
de«  Giorn.instit.  Lombardo  di scienze,  etc., t.  III,» 
p.  35.  1852. 

Auricula  spelaea,  Schmidt,  in  Malak.  Blatter...,  p.  47. 
1853. 


TRAVAUX     INÉDITS.  505 

Carychium  spelaeum,  Frauenfeld,  Uber  neu  entd.  Hohlen- 
thiere,...  in  Verh.  zool.  vereins  in  Wien.,  taf.  i,  f.  3. 
1854. 

—  —  H.  et  À.  Âdams,  A  Monogr...,  in  Proceed.  zool. 
soc...,  p.  34.  1854. 

—  —  L.  Pfeiffer,  Synops.  auricul...,  in  Malak.  Blat- 
ter...,  p.  152,  n°  176.  1854. 

—  —  H.  et  À.  Adams,  The  gen.  of  rec.  Moll.,  vol.  II, 
p.  242.  1855. 

—  —  Frauenfeld ,  in  Sitzungsb.  kais.  akad.  Wis- 
sensch...,  p.  14.  (Janv.)  1856. 

—  —    L.  Pfeifter,  Monogr.  auric.,  p.  164  et  198.  1856. 

Testa  rimato-subumbilicata,  ovato-conica,  sublaevigata,  alba,  hya- 
lioa;  spira  coûica,  obtusa;  anfractibusô  convexis;  ultimo  dimidiani 
longitudinis  non  œquante;  apertura  parum  obliqua,  lunari;  pariete 
aperturali  denticulis  duobus  (altero  sat  crasso  prope  columdlam, 
altero  vix  perspicuo  mediano),  munito;  plica  columellari  lœvi  ;  peri- 
stomate  sublabiato,  breviter  expanso;  margine  columellari  dilatato, 
patente. 

Coquille  subperforée,  ovale,  conique,  presque  lisse, 
transparente,  blanchâtre  ;  spire  conique,  à  sommet  obtus. 
Six  tours  convexes,  dont  le  dernier  n'égale  point  la  moitié 
de  la  hauteur  totale.  Ouverture  lunaire,  peu  oblique,  mu- 
nie, sur  la  convexité  aperturale  de  l'avant-dernier  tour, 
de  deux  denticulations ,  dont  la  première ,  située  près  de 
la  columelle,  est  assez  forte,  et  dont  la  deuxième,  à  peine 
sensible,  se  trouve  placée  vers  le  milieu  de  la  convexité. 
Columelle  offrant  une  petite  inflexion.  Péristome  un  peu 
bordé,  réfléchi,  surtout  du  côté  columellaire. 

Haut.,  1  mill.  1/2.  —  Diam.,  1  mill. 

Le  Zospeum  spelœum  a  été  recueilli ,  en  octobre  1835, 
par  Rossmassler,  dans  la  caverne  d'Adelsberg.  C'est  sur- 
tout près  d'une  immense  salle  souterraine,  nommée  dans 
le  pays  Tansplatz  (place  de  la  danse),  que  cette  espèce  se 
trouve  le  plus  communément.  (Voyez,  à  ce  sujet,  Schmidt, 
in  Malak.  Blatter,  p.  48, 1853.) 


§Q6   REV.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

Zospeuiïi   LAUTUM. 

Carychium  lautum  (1),  Fraucnfeld,  Uber  neu  entd.  Hoh- 
lenthiere,  etc.,  in  Verh.  zoolog.  Vereins  in  Wien..., 
p.  33,  pi.  i,  f.  4, 1854. 

—  —  L.  Pfeiffer,  Syn.  Auriçul.,  in  Malak.  Blatter., 
p.  152,  n°  175.  1854. 

—  —  H.  et  A.  Adams,  The  gen.  of.  rec.  Mol!.,  vol.  IF, 
p.  242.  1855. 

—  —  Frauenfeld ,  in  Sitzungsb.  kais.  akad.  Wis- 
sensch,  p.  22,  f.  2.  1856. 

—  —  L.  Pfeiffer,  Monogr.  Auric,  p.  163  et  198. 
1856. 

Testa  subrimata,  ovato-conica,  teuera,  hyalina,  glabra  ;  spira  co- 
nica,  apice  obtuso  ;  anfraetibus  5-G  mqdice  convexis  ;  ultimo  spiram 
superante,  ad  suturam  turgidp;  apertura  luuavi ,  obliqua,  basi  subr 
dilatata;  pariete  aperturali  denticulis  duobus  (altero  alto  prope  cp- 
lumellam,  ac  altero  minore,  mediano),  mimito  ;  lica  columellari 
dentiformi;  peristomate  expanso,  reflexiusculo  ;  margine  dextro  me- 
dio  repando,  nec  incrassato. 

Coquille  à  peine  perforée,  ovale,  conique,  transparente? 
lisse  et  fragile;  spire  conique-obèse,  à  sommet  obtus. 
Cinq  à  six  tours  de  spire  convexes,  dont  le  dernier,  un  peu 
gonflé  vers  la  suture,  dépasse  la  moitié  de  la  hauteur 
totale.  Ouverture  oblique,  rétrécie  à  sa  partie  supérieure, 
élargie  à  sa  partie  inférieure.  Columelle  petite,  munie 
d'une  petite  dent  très-saillante.  Convexité  de  l' avant-der- 
nier tour  offrant  deux  autres  çlenticulations;  la  première, 
assez  forte,  est  située  près  de  la  columelle  ;  la  seconde, 
qui  est  très-faible,  se  trouve  sur  le  milieu  de  la  convexité. 
Péristome  un  peu  bordé  et  réfléchi.  Bord  droit  faible- 
ment infléchi  au  milieu,  sans  présenter  pour  cela  un 
épaississement  plus  considérable. 

(1)  Non  Carychium  lautum  de  Freyer,  qui  est  une  espèce  distincte 
que  nous  décrivons  sous  le  nom  d»  ZospQum  aglcnum. 


TRAVAUX   INKDITS.  $07 

Haut.,  1,7  de  mill.  —  Diam.,  1,35  de  mill. 
Habite  la  caverne  de  Krimberg,  et  çà  et  là  dans  les  au- 
tres souterrains  de  la  Carniole. 


ZOSPEUM   AGLENUM. 

Carychium  lautum  (1),  Freyer,  Uber  neu  entd.  conch...., 
in  Sitzungsb.  kais.  akad.  Wissensch,  p.  21,  taf.  i, 
f.  7.  1855. 

Testa  rimata,  laevigata,  subdiaphana,  albidula  ;  spira  conica;  apice 
obtuso;  anfractibus  C  convexis,  sutura  impressa  separatis  ;  ultimo 
dimidiam  longitudinis  non  attingente;  apertura  obliqua,  rotuudato- 
luoari,  ad  basim  dilatata  ;  pariete  aperturali  dent icu lis  duobus  (al- 
tero  propo  columellam  compresso,  altero  mediano  parvulo  ac  remoto), 
munito;  plica  columellari  distincta  ac  acuta;  peristomate  retlexo  ; 
margine  devtro  arcuato. 

Coquille  lisse,  subdiaphane,  blanchâtre,  pourvue  d'une 
fente  ombilicale  rectiligne.  Spire  conique,  à  sommet  obtus. 
Six  tours  de  spire  convexes,  séparés  par  une  suture  bien 
marquée-  Dernier  tour  n'atteignant  point  la  moitié  de  la 
hauteur  totale.  Ouverture  oblique,  arrondie,  lunaire,  assez 
dilatée  a  la  base.  Convexité  de  l'avant-dernier  tour  pos- 
sédant deux  denticulations,  dont  la  première,  comprimée, 
se  trouve  située  près  de  la  columelle ,  tandis  que  la  se- 
conde, plus  enfoncée,  oecupe  la  partie  médiane.  Pli  colu- 
mellaire  saillant  et  aigu.  Péristome  réfléchi.  Bord  droit 
assez  arqué. 

Hauteur,  2  1/5  mill.  —  Diam.,  1  1/4  mill. 

Habite  la  caverne  de  Pasiza,  en  Carniole. 

Nous  avons  créé  un  nom  nouveau  pour  cette  espèce, 
parce  qu'elle  ne  peut  être  assimilée  au  lautum,  ainsi  que 
l'avait  fait  Frauenfeld ,  et  qu'il  devenait  urgent  de  lui  ap- 
pliquer un  vocable  spécial. 

C'est  également  par  erreur ,  nous  le  pensons ,  que 


:  1)  Non  Carychium  lautum  de  Frauenfeld. 


508   rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

L.  Pfeiffer  (1)  a  cité  cette  espèce  parmi  les  synonymes  du 
Sehmidtu. 


ZOSPEUM   OBESUM. 

Carychium  obesum  (2),  Schmidt,  mss. 

—  —  Frauenfeld,  Uber  neu  entd.  Hohlenthiere,...  in 
Verh.  zool.  vereins  in  Wien...,  p.  12,  taf.  i,  f.  6. 
1854. 

—  —    L.  Pfeiffer,  Synops.  auricul ,  in  Malak.  Blat- 

ter...,  p.  152,  n°  178.  1854. 

—  —  H.  et  À.  Adams,  The  gêner,  of  récents  moll..., 
vol.  II,  p.  242.  1855. 

—  —  Frauenfeld,  in  Sitzungsb.  kais.  akad.  Wis- 
sensch...,  p.  22,  f.  3.  (janv.).  1856. 

—  —    L.  Pfeiffer,  Monogr.  auricul ,  p.  165  et  198. 

1856. 

Testa  rimata,  globoso-conica,  tenui,  lœvigata,  subdiaphana,  albida  ; 
spira  eonvexiusculo-couica,  acutiuscula;  sutura  mediocri;  anfracii- 
1ms  5-Ci  modice  convexis;  ultimo  dimidiam  longitudinis  non  attin- 
gcnte;  apertura  obliqua,  rotundato-lunari;  pariete  aperturali  denti- 
culo  uno  compresso,  prope  columellam,  raunito;  plica  columellari 
obseleta;  peristomate  expauso,  reflexiusculo  ;  margine  dextro  ar- 
cuato  ;  columellari  subverticali. 

Coquille  globuleuse,  conique,  fragile,  grêle,  lisse,  sub- 
diaphane, blanchâtre,  munie  d'une  fente  ombilicale.  Spire 
conique,  à  sommet  un  peu  aigu.  Cinq  à  six  tours  peu  con- 
vexes, séparés  par  une  suture  peu  profonde.  Dernier  tour 
n'atteignant  point  la  moitié  de  la  longueur  totale.  Ouver- 
ture oblique,  lunaire-arrondie,  convexité  de  l'avant-der- 
nier  tour  munie,  près  de  la  columelle,  d'une  petite  denti- 
culation  comprimée.  Pli  collumellaire  presque  nul,  Colu- 


(1)  Monogr.  auricul.,  p.  198. 

(2)  Non  Carychium-  obesum  de  Freyer,  qui  est  uue  espèce  distincte 
que  nous  décrivons  sous  le  nom  do  Zospeum  nyeteum. 


TRAVAUX     INÉDITS.  509 

melle  presque  droite.  Péristome  réfléchi.  Bord  droit  un 
peu  arqué. 

Haut.,  2  mill.  —  Diam.,  1  mill. 

Habite  la  caverne  d'Obergurk,  en  Carniole. 

ZOSPEUM   NYCTEUM. 

Carychium  obesum  (1),  Freyer,  Uber  neu  entd.  conch.,  in 
Sitzungsb.  kais.  akad.  Wissensch,  p.  21,  taf.  i,  fig.  6, 
1855. 

Testa  rimata,  globoso-conica,  fragili,  laivigata,  diaphana,  albidula; 
spira  convexiusculo-conica,  apice  paululum  obtuso  ;  aufraetibus  6  cou- 
vexiusculis;  sutura  paululum  impressa;  ultimo  dimidiam  longitu- 
dinis  non  attingente  ;  apertura  obliqua,  rotundato-lunari;  pariete 
aperturali  deuticulis  duobus  (altero  prope  columellam  compresso, 
satalto;  altero  remoto,  parvo,  m  mediano  convexitate),  munilo;  plica 
columellari  obsoleta;  peristomate  reflexiusculo  ;  margine  dextro  vix 
arcuato. 

Coquille  pourvue  d'une  fente  ombilicale,  globuleuse, 
conique,  fragile,  lisse,  diaphane,  blanchâtre.  Spire  co- 
nique, à  sommet  un  peu  obtus.  Six  tours  peu  convexes, 
séparés  par  une  suture  peu  profonde.  Dernier  tour  n'at- 
teignant point  la  moitié  de  la  hauteur  totale.  Ouverture 
oblique,  arrondie,  lunaire,  offrant,  sur  la  convexité  de 
l'avant-dernier  tour,  deux  denticulations,  dont  la  pre- 
mière, située  près  de  la  columelle,  est  comprimée,  quoique 
assez  forte ,  tandis  que  la  seconde,  beaucoup  plus  petite, 
se  trouve  placée  très-profondément  vers  le  milieu  de  la 
convexité.  Pli  columellaire  presque  nul.  Péristome  réflé- 
chi. Bord  droit  à  peine  arqué. 

Haut.,  2  mill.  —  Diam.,  1 1/4  mill. 

Habite  la  caverne  de  Pasiza,  en  C  irniole. 

C'est  à  tort  que  Freyer  a  rapporté  cette  espèce  à  Yobe- 
sum  de  Schmidt  et  de  Frauenfeld,  et  L.  Pfeiffer  (2)  n'est 

(1)  Non  Carychium  obesum  d«  Schmidt  et  de  Frauenfeld. 

(2)  Monogr.  auricul.,  p.  198. 


810  REV.  et  mag.  de  Zoologie.  [N membre  1856.) 

pas  moins  tombé  clans  l'erreur  en  la  plaçant  parmi  les  sy- 
nonymes du  Schmidtii  de  Frauenfeld.  Aussi  avons-nous 
été  obligé,  pour  distinguer  désormais  Cette  coquille  des 
autres  espèces  avec  lesquelles  on  lavait  faussement  assi- 
milée, de  lui  attribuer  l'appellation  spéciale  de  nycteum. 

Zospeum  Schmidtii. 

darychium  Carniolicum,  ScKmidt,  mss. 

Carychium  Schmidtii,  Frauenfeld,  Uber  neu  entd.  Hoh- 

lenthiere...,  in  Verh.  zooL  yereins  in  Wien,  p.  12, 

taf.  i,  f.  5.  1854. 

—  —    L.  Pfeiffer,  Syn.  auricul...,  in  Malak.  Blatter..., 
p.  152,  n°  177.  1854. 

—  —    H.  et  A.  Adam*,  The  gêner,  of  récents  moll..., 
vol.  II,  p.  242.  1855. 

—  —    Frauenfeld,  in  Sitzungsb.  kais.  akad.  wissensch. . . , 
p.  18,  fig.4.  (janv.).  1856. 

-u    —    L.  Pfeiffer,  Monogr.  auricul...,  p.  164  et  198 
(pars).  1856. 

Testa  subrimata,  o\ato-conica,  teuera,  subtilissime  et  regulariter 
costulata,  hyalina;  spira  conica;  apice  obtuso;  sutura  profuuda;  an- 
fractibus  5-6  percouvexis ,  lente  acerrscentibus;  ultimo  diniidiam 
non  superante  ;  apertura  oblique  lunari ,  ad  basim  parum  dilatata; 
pariete  aperturali  denticulis  duobus  a5qualibus  (altero  prope  colu- 
mellam,  altero  prope  iusertionem  labri)>  remotis  inuâ.ito;  pliea  colu- 
raellari  obsoleta;  peristomate  undique  diiatato ,  expanso;  iiiargine 
dextro  subimpresso. 

Coquille  à  peine  fournie  d'une  fente  ombilicale,  ovale, 
conique,  fragile,  transparente,  blanchâtre,  très-régulière- 
ment et  très-finement  sillonnée  de  stries  assez  fortes.  Spire 
conique,  à  sommet  obtus.  Cinq  à  six  tours  très-convexes, 
s' accroissant  régulièrement,  et  séparés  par  une  suture 
profonde.  Dernier  tour  n'atteignant  point  la  moitié  de  la 
longueur  totale.  Ouverture  lunaire,  oblique,  un  peu  dila- 
tée à  sa  partie  inférieure.  Convexité  de  l'avant-dernier 


TRAVAUX   INÉDITS»  511 

tour  munie  de  deux  deuticulations  d'égale  taille  et  très- 
enfoncées,  la  première  vers  la  columelle,  la  seconde  pro- 
che de  l'insertion  du  labre  extérieur.  Pli  columellaire  pres- 
que nul.  Péristome  dilaté  et  réfléchi.  Bord  droit  un  peu 
arqué. 

Haut,  2  miïl.  —  Diam.,  1  1/5  mill. 
.   Habite  la  caverne  de  Pasiza,  en  Carniole. 

L.  Pfeiffer  a  réuni  à  tort  à  cette  espèce  les  Cttrythium 
pulchellum,  costalumy  obesum  (1),  lautum  (2),  de  Freyer, 
et  le  Carychium  Freyeri  de  Schniidt. 

ZOSPEUM    PtlLCttELLUM. 

Carychium  pulchellum,  Freyer,  lîber  neu  entd.  conch..., 
in  Sitzungsb.  kais.  akad.  Wissensch,  p.  20,  pi.  i, 
%.  4.  1855. 

Testa  rima  ta,  globoso-conica,  subdiapbana  albidula,  elegantissittte 
sub  lente  striatula  ;  spira  conica;  apice  obtuso;  anfraetibus  H  con- 
vexiusculis,  regulariter  crescentibus,  sutura  impressa  scparatis  ;  ul- 
timo  dimidiam  longitudinis  non  attingente  ;  apertura  obliqua,  fere 
rotundata  ;  pariete  aperturali  denticulo  uno  compresso,  prope  colu- 
nn'llam,  munito;  plica  columellari  obsoleta;  peristomate  refléxo,  prœ- 
sertim  ad  columellam;  marginibus  callo  junctis. 

Coquille  globuleuse  conique,  subdiaphahe,  très-fine- 
ment striée,  blanchâtre  et  pourvue  d'une  fente  ombilicale. 
Spire  conique  à  sommet  obtus.  Six  tours  convexes,  s'ac- 
croissant  avec  régularité ,  et  séparés  par  une  suture  bien 
marquée.  Dernier  tour  n'atteignant  point  la  moitié  de  la 
hauteur  totale.  Ouverture  oblique,  presque  ronde,  offrant 
sur  la  convexité  de  l'avant-deruier  tour  et  près  de  la  co- 
lumelle une  dent  comprimée.  Pli  columellaire  obsolète. 
Péristome  réfléchi,  surtout  sur  la  columelle.  Bords  mar- 
ginaux réunis  par  une  callosité  sensible. 

(1)  Non  Frauenfeld  et  Schmidt. 

(2)  IN  on  Frauenfeld. 


512    rev.  et  mag.  de  ZOOLOGIE.  (Novembre  1856.) 

Haut.,  2  mill.  —  Diam.,  1  mill. 

Habite  la  caverne  de  Krimberg,  en  Carniole. 

ZOSPEUM  COSTATUM. 

Garychium  costatum,  Freyer,  Uber  neu  entd.  conch.,  in 
Sitzungsb.  kais.  akad.  Wissensch,  p.  20,  pi.  i,  f.  5. 
1855. 

Testa  valde  rimata,  globoso-conica,  subdiaphana,  albidula,  striato- 
costata  ;  spira  conica,  apice  obtuso  ;  anfractibus  6  convexis,  sutura 
impressa  separatis;  ultimo  dimidiam  longitudinis  non  œquante; 
apertura  obliqua,  lunari-subovata,  ad  basim  dilatata;  pariete  aper- 
turali  denticulis  duobus  (altero  valido,  compresso  prope  columel- 
lam;  altero  parvulo,  remoto,  mediano),  munito;  plica  columellari 
nulla  ;  peristomate  parum  reflexo  ;  margine  dextro  valde  inflexo. 

Coquille  globuleuse  conique,  subdiaphane,  blanchâtre, 
pourvue  d'une  fente  ombilicale  très-allongée  et  presque 
rectiligne.  Test  orné,  de  la  manière  la  plus  gracieuse,  de 
fortes  côtes  espacées  régulièrement.  Spire  conique,  à  som- 
met obtus.  Six  tours  convexes,  séparés  par  une  suture 
bien  marquée  Dernier  tour  n'égalant  point  la  moitié  de 
la  hauteur  totale.  Ouverture  oblique,  lunaire,  subovalaire. 
Convexité  de  l'avant- dernier  tour  munie  de  deux  denti- 
culations,  dont  la  première,  qui  est  forte  et  comprimée, 
se  trouve  près  de  la  columelle,  et  la  seconde,  plus  petite 
et  plus  enfoncée,  vers  le  milieu  de  la  convexité.  Pli  eolu- 
mellaire  nul.  Péristome  peu  réfléchi.  Bord  droit  fortement 
arqué. 

Haut.,  2  1/8  mill.  —  Diam.,  1 1/3  mill. 

Habite  un  souterrain  près  de  Goricane,  en  Carniole. 

ZOSPEUM  ALPESTRE. 

Carychium  alpestre  (pars),  Freyer,  Uber  neu  entd.  conch..  , 
in  Sitzungsb.  der  kais.  akad.  Wissensch,  p.  19,  taf.  i, 
fig.  2Aet2C.  1855. 


TRAVAUX     INEDITS.  513 

—  —  Fraiienfeldy  in  Silzungsb.  kais.  akad.  Wissensch, 
p.  21.  1856. 

—  —    L.  Pfeifl'er,  Monogr.  auricul.,  p.  198.  1856. 

Testa  valdc  rimata,  lœvigata,  albidula,  subdiaphana;  spira  bre- 
vit  r  conica;  apice  acutiusculo;  anfractibus  5  convexiusculis;  ultimo 
ventrieosiore,  dimidiam  longitudinis  aequante;  apertura  rotundato- 
lunari;  paricte  aperturali  prope  collumellam  unidentata;  plica  colu- 
mellari  uulla;  peristomate  refleio  ;  marginibus  callo  exacte  circulare 
junctis. 

Coquille  lisse,  subdiaphane,  blanchâtre,  pourvue  d'une 
fente  ombilicale  très-allongée  et  presque  rectiligne.  Spire 
courte,, conique,  à  sommet  un  peu  aigu.  Cinq  tours  con- 
vexes Dernier  tour  plus  ventru  et  égalant  la  moitié  de  la 
hauteur  totale.  Ouverture  lunaire  arrondie.  Convexité  de 
l'avant-dernier  tour  munie,  près  de  la  columelle,  d'une 
dent  assez  forte.  Pli  columellaire  nul.  Péristome  réfléchi. 
Bords  marginaux  réunis  par  une  callosité  circulaire. 

Haut.,  1  mill.  1/2.  —  Diam.,  1  mill. 

Habite  la  caverne  de  Dioja-Grica,  de  Veternica,  en  Car- 
niole. 

ZOSPEUM  NYCTOZOILUM. 

Carychium  alpestre  (altéra  pars),  Freyer,  Uber  neu  entd. 
conch...,  in  Sitzungsb.  kais.  akad.  Wissensch,  pi.  i, 
fig.  2Bet2D1855. 

Testa  vix  rimata ,  lœvigata ,  subdiaphana ,  albidula  ;  spira  conica  ; 
apice  obtusiusculo  ;  anfractibus  6  convexiusculis  ;  ultimo  ventrico- 
sioie,  dimidiam  longiludinis  aequante.  Apertura  obliqua,  anguloso- 
rotundata,  ad  basim  paululum  dilatata  ;  pariete  aperturali  denticulo 
prope  collumellam  munito  ;  plica  columellari  nulla  ;  peristomate  re- 
flexo;  margiue  dextro  iuflcxo,  rectoque;  marginibus  callo  junctis. 

Coquille  lisse,  subdiaphane,  blanchâtre,  à  peine  pour- 
vue d'une  fente  ombilicale.  Spire  conique,  à  sommet  un 
peu  obtus  Six  tours  convexes,  dont  le  dernier  est  plus 
ventru  et  égale  la  moitié  de  la  hauteur  totale.  Ouverture 
2°  série,  t.  vin.  Année  1856.  33 


811  rev.  et  mac;,  de  zooeogie.  (Novembre  1856.) 

oblique,  anguleuse,  arrondie,  un  peu  dilatée  à  la  base. 
Convexité  de  l'avant  dernier  tour  munie,  près  de  la  colu- 
melle,  d'une  dent  comprimée.  Pli  columellaire  nul.  Péri- 
stome  réfléchi.  Bord  droit  infléchi  et  rectiligne  Bords 
marginaux  réunis  par  une  callosité  sensible. 

Haut.,  lmill.  1/2.  —  1  mil! 

Habite  les  cavernes  de  Dioja-Cmca  et  de  Veternica,  en 
Carriiole. 

Cette  espèce  diffère  du  véritable  alpestre  par  son  ouver- 
ture anguleuse,  par  son  bord  droit  rectiligne,  par  sa  fente 
ombilicale,  qui  est  presque  mille,  par  son  sommet  ob- 
tus, etc. 

rr 

ZOSPEUM  ÏRAUENFELDII. 

Carychium  Frauenfeldii ,  Freijer^  Uber  neu  entd.  conch., 
in  Sitzungsb.  kais,  akad.  Wissensch,  p.  19,  fig  3. 
1&55, 

—  —  FrflwewfeM,  in  Sitzungsb.  kais.  akad.  Wissensch..., 
p.  16.  1856. 

— -    —    L.  Pfeiffer,  Monogr.  auricul.,  p.  499.  1856. 

Testa  valide  rimata,  globoso-couica,  snhdiaphana,  albidula,  obli- 
que striatula  ;  spira  eonica  ;  apice  aeutiusculo  ;  anfractibus  6  convexis, 
gïadafcis,  ac  ad  suluram  profundam  paululuin  plauatis  ;  duobus 
prioribus  lamgatis,  tertio  angustion> ,  tandem  ultirno  ventricoso  ac 
dimidîam  loagitudinis  non  attingeote;  apertura  lata,  extrorsum  ro- 
tundata;  pariete  aperturali  denticulo  valido  prope  columellam  mu- 
nito;  plica  coiumellari  obsoleta;  peristomate  reflexo;  marginibus 
callo  sat  valido  junctis. 

Coquille  globuleuse  conique,  subdiaphane,  blanchâtre, 
obliquement  striée  et  pourvue  d'une  fente  ombilicale  as- 
sez forte.  Spire  conique,  à  sommet  un  peu  aigu.  Six  tours 
de  spire  convexes,  un  peu  plans  vers  la  suture,  qui  est 
profonde.  Les  deux  premiers  tours  sont  lisses,  le  troisième 
est  un  peu  plus  petit  que  le  second,  ce  qui  donne  au  som- 
met une  apparence  un  peu  mamelonnée  ;  enfin  le  dernier 
tour  est  ventru  et  n'atteint  point  la  moitié  de  la  hauteur 


TRAVAUX    INÉDITS.  >  I .') 

totale.  Ouverture  arrondie,  largement  développée,  munie, 
sur  la  convexité  de  l'avant-dernier  tour  et  près  de  la  co- 
lumelle,  d'une  forte  lamelle.  Pli  columellaire  obsolète. 
Péristome  réfléchi.  Bords  marginaux  réunis  par  une  cal- 
losité assez  sensible. 

Haut.,  2  mill.  —  Diam.,  1  mill.  1/3. 

Habite  la  caverne  de  Podpec,  près  de  Guttenreld,  et  <;à 
et  là  dans  quelques  autres  souterrains  de  la  Carniole. 

ZOSPEUM    AWOENUM. 

Carychium  amœnum,  Frauenfeld,  in  Sitzungsb.  kais.  akad. 

Wissensch,  p.  15,  fig.  1.  1856. 
—    —     L.  Pfeiffer,  Monogr.  auricul.,  p.  199.  1836. 

Testa  minima,  globoso-cyliudrica,  pupoidea,  laevigata,  alba,  oleoso- 
micante  ;  rima  valida,  in  apertura  prominente  ;  anfractibus  5  per- 
convexis  ;  superioribus  lente  accresceutibus  ;  ultimo  permagno  ;  aper- 
tura lunari-ovata,  edeutula  ;  columella  cum  anfractu  ultimo  angulum 
praebente;  peristomate  late  reflexo,  minime  iucrassato;  margine 
dextro  rotundato,  non  impresso. 

Coquille  très-petite,  globuleuse-cylindrique,  delà  forme 
d'un  petit  vertigo.  Test  lisse,  transparent,  très-brillant. 
Fente  ombilicale  considérable,  se  prolongeant  jusque  dans 
l'ouverture,  ce  qui  est  dû  à  la  columelle,  qui  forme  un 
angle  avec  le  dernier  tour  de  spire.  Cinq  tours  très-con- 
vexes, dont  les  premiers  s'accroissent  très-lentement.  Der- 
nier tour  très-grand.  Ouverture  lunaire-ovale,  sans  denti- 
culations.  Péristome  largement  réfléchi,  non  épaissi.  Bord 
droit  arrondi,  non  infléchi. 

Haut.,  1  mill. —  Diam.,  1/2  mill. 

Habite  la  caverne  de  Pasiza,  en  Carniole. 

Zospeum  Fkkyeki. 

Pupa  Freyeri,  F.  Schmidt,  in  Besuch  der  sele'er  (îrotte, 
in  Zeitschr.  fur  malak.,  p.  166.  18V9. 


516  bev.  et  ma<;.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

Carychium  Freyeri ,  Freycr,  Uber  neu  entd.  conch.,  in 
Sitzungsb.  kais.  akac.l.  Wissensch,  p.  18,  iig.  1.  1855. 

Testa  sinistrorsa,  minima,  subperforato-rimata,  albidula  siibdia- 
phana,  laevigata:  spira  conica;  apice  acutiusculo  ;  anfractibus  6  con- 
vexis;  ultimo  maguo,  ventricoso;  apertura  obliqua,  lunari-ovata; 
pariete  aperturali  denticulo,  parvulo,  remotissimo  prope  columellam, 
munito;  columella  recta;  peristomate  rellcxo;  margine  devtro  non 
inflexo. 

Coquille  sénestre,  très-pelite,  blanchâtre,  subdiaphane, 
lisse,  munie  d'une  simple  dépression  ombilicale  assez  pe- 
tite. Spire  conique,  à  sommet  un  peu  aigu.  Six  tours  con- 
vexes, dont  le  dernier  est  ventru  et  assez  développé.  Ou- 
verture oblique,  lunaire-ovale,  offrant,  sur  la  convexité  de 
l' avant-dernier  tour  et  près  de  la  columelle,  une  petite 
denticulation  très-enfoncée.  Columelle  droite,  sans  pli. 
Péristome  réfléchi.  Bord  droit  non  infléchi. 

Haut.,  1  mill.  —  Diam.,  1/2  mill. 

Habite  la  caverne  de  Bratenea,  ainsi  que  divers  autres 
souterrains  de  la  Carniole. 


Description  de  quatre  Lucanides  nouveaux  de  ma  collec- 
tion, précédée  du  catalogue  des  Coléoptères  lucanoïdes 
de  H  ope  (1845),  et  de  l'arrangement  méthodique  adopté 
par  Lacordaire  pour  sa  famille  des  Pectinicornes  (Gén. 
des  CoL,  vol.  III ,  1856  ;  par  M.  James  Thomson)  (1). 

J'aurais  pu  présenter  au  public  entomologique  le  cata- 
logue de  ma  collection  de  Lucanides ,  qui  renferme  près 
de  cent  cinquante  espèces,  sans  y  inclure  les  Passales  ; 
mais  il  me  semble  que  la  tache  de  publier  un  catalogue 
de  cette  famille  doit  revenir  tout  naturellement  au  comte 

V. 

(1)  Nous  nous  faisons  un  devoir  d'annoncer  que  M.  Thomson  fait 
les  frais  de  ce  mémoire,  et  qu'ainsi,  à  l'exemple  de  plusieurs  de  nos 
collaborateurs,  il  en  fait  don  à  notre  Revue.  (G.  M.) 


TRAVAUX     INÉDITS.  517 

de  Mniszech  ou  au  capitaine  Parry,  les  plus  riches  pos- 
sesseurs des  espèces  qui  la  composent.  Une  monographie 
des  Lucanides  faite  consciencieusement,  serait  encore 
plus  désirable  dans  l'état  actuel  de  la  science.  Je  me 
borne  aujourd'hui  à  faire  précéder  mes  descriptions  par 
le  catalogue  des  Coléoptères  lucanoïdes  de  Hope,  ou- 
vrage excessivement  rare ,  qui  n'existe  plus  dans  le  com- 
merce et  qui  a  été  publié  isolément  en  1845.  Je  reproduis 
également  l'arrangement  méthodique  adoptç  récemment, 
par  Lacordaire,  pour  la  famille  des  Pectinicornes. 


Catalogue  des  Coléoptères  lucanoïdes  dans  la  collection  du  Rev.  F. 
W.  Hope,  F.  R.  S.,  etc.  (1)  (1845). 

coleopïera  lucanoidea,  Hope.  (Genus  lucanus,  Linrueus.) 
Fam.  I.  LAMPRIMID^E,  Mac  Leay. 


PHOLIDOTUS,  M.  L. 

Chalcimon,  Dalman. 

1.  Humboldtii,  Schonh.  Brasilia. 

Lcpidosus,  M.  L.  (mas). 
Geotrupoïdes,  M.  L.  (fœm.). 

2.  Spixii,  Perty.  Brasilia. 

scorti/.is,  Westw. 

1.  Maculatus,  Klug.,  Spec.  Brasilia. 
Irroratus,  Hope.  Z.  Tr. 

RYSSONOTUS,  M.  L. 

1.  Nebulosus,  Kirby. 

lamimuma,  Latr. 

1.  /Enea,  Fab.  Van  Diemen. 
Aurata,  Latr. 
Cuprea,  Latr.  Var. 


2.  Latreillei,  M.  L.  Nov.  Holl. 

Caerulea,  Don.  Swan-River. 

3.  Subrugosa,  Hope.  Nov.  Holl. 

4.  Schreibersii,  Hope.  Van  Diemen. 

iïneus,  Schreibers. 

5.  Tasmaniae,  Hope,  Van  Diemen. 

6.  Micardi,  Reiche.  P.  Adélaïde. 

Insularis,  Hope.  Swan-River. 
Purpurascens  (var.?).  Hope.  Austr. 
a  us. 

Fam.  II.  .$SALUME,  M.  L. 

■ 

.«salus,  Fab. 

1.  Scarabœoïdes,  Fab.  Europe. 
Fam.  III.  SYNDESID^,  M.  L. 

SYNDKSUS,  M.   L. 

1.  Cornutus,  Fab.  Van  Diemen. 
Lucanus  parvus  Donov. 


(1)  On  a  réuni  par  des  accolades  les  espèces  qui  font  double  emploi,  suivant 
M.  Reiche. 


518 


REV.  ET  MAC.   DE  ZOOLOGIE. 


Hexap-hyllum,  Gray. 
Psilodon,  Perty. 

1.  Brasiliense,  Gray.  Brasilia. 

Schuberti,  Perty. 

2.  iEquinoxiale,  Buquet.  Nov.  Gren. 

Westwoodii,  Hope. 

Fam.  IV.  LUCANID/E,  M.  L. 

CIHASOGNATllUS,  StepllCllS. 

Tetrophthalmus ,  Lessou. 

1.  Grantii,  Step.  In.  Chiloc. 
(Tetr.  de  Chiloe,  Lesson.) 

ORTHOGNATHUS,  Dej. 

Sphœnognalhus,  Buquet. 

I.  Priouidcs,  Dej.  Colorabia. 

lucanus,  Linn. 

A.  Tibiae  4  posticae  3-yel  2-dentatae. 
a.  Antenuarum  elava  4-partita. 
*  Caput  maris  supraangulato-elcvatum. 
(Subg.  Lucanus  propr.) 

1.  Cervus,  Linn.  Europe. 

2.  Lusilauieus,  Hope.  Portugal. 

3.  Hircus,  Herbst.  Europe. 

Capreolus,  Fabr.  (nec  Linu.). 
Capra,  Oliv. 
»        Dorcas,  Panz. 

4.  Barba  rossa,  Fabr.?  Portugal. 

5.  Lunifer,  Hope  tRoyle's  Himal.).  Hi- 

malaya, Mahvah. 
Rugifrons,  Hope  (fœm.). 

6.  Cantori,  Hope  (Ami.,  N.  H.,  12).  Ka- 

syah  Hills. 

il.  Mearesii  ,  Hope  (Ann.,  N.  IL,  12). 
Sylhet,  Assam. 
8.  Nigripes,  Hope  (fœm.).  Assam. 
9.  Wcst!,rmaaii,  Hope.  Assam. 
10.  Vicinus,  Hope.  Poonah. 

II.  Americanus,  Hope.  N.  America. 
12.  Elaphus,  Fabr.  N.  America. 


13. 


22 


(Novembre  1856.) 

**  Caput  (mas)  supra  haud  angu- 

lato-elevatum. 
f  Prothorax  (mas)  angulis  posti- 
cis  inermibus. 
Capreolus,    Linn.   (nec  Fabr.).  N. 
America. 
Dama,  Fabr.  N.  America. 
Trigomes,  Thunberg?  N.  America. 
Muticus?  Thunberg  (fœm.).   N. 
America. 
Lentus,  Say.  N.  America. 

Rupicapra,  Dej.  N.  America. 
Atratus,  Hope.  Ncpaul. 
ff  Prothorax  (mas)  angulis  pos- 
ticis  spinosis. 
(Subg.  Mesotopus,  Burm.,  MS.) 
Tarandus,  Swederus.  Sierra-Leone. 
b.  Anteunarum   clava   6  -  partita 

(caput  supra  plauum). 
(Subg.  Hexaphyllus,  Mulsant.) 
Tetraodou,  Thunberg.  Ital. 
Serraticollis,  Dalh.  Ital. 
B.  (Mas.)  Tibiae  4  posticae  inermes 
vel  l-dentatae. 

a.  Antenuarum  clava  6-partita. 
Tibiae  iutermediae  (mas  et  fœm.) 

l-dentatae,  posticae  (mas)  sim- 
plices  (fœm.)  l-dentatae  (caput 
supra  planum). 
(Subg.  Hexarthrius,  Burm.,  MS.) 
.  Rhinocéros,  Oliv.  Java. 
.  Longipennis,  Hope.  Java. 

Rhinocéros  (fœm.?).  Assam. 
.  Falciger,  Hope.  Java. 
.  Serricollis,  Hope,  Linn.,  Trans.  As- 
sam. 

V.  18.  Assam. 
Forsteri,  Hope,  Linn.,  Trans.  As- 
sam. 
V.  18.  Assam. 
Calauus,  Hope,  olim.  Assam. 

b.  Antenuarum  clava  3-pattita. 

"  Tibiae  2  posticae  inermes  in  utro- 


TRAVAUX 

que  sexu  vel  saltem  in  maribus. 

f  Tibia*  4  postica:  (l'uni.)  1-den- 
tatd;. 

a)  Caput  (mas)  antice  bimucro- 
natuni  ;  prothorax  lateribus 
haudspinosis;  mandibuhe(mas) 
iiiaviime.  Insecta  lutea  ,  fulva  , 
s:  u  brunnea. 

(Subu'.  Metopodontus,  Hope.) 

0  Tibia*  4-poslica;  .nias!  inermes. 

23.  Downesji,  Hope,  Zool.  Trans.  V.  1. 

Fernando-Po. 

24.  Savagei,   Hope,   Anu.  N.  11.   V.  9. 

Cape  Palinas. 

25.  Aogulatus,  Hope  ,  Anu.  N.  H.  V.  9. 

Cape  Palinas. 
/26.  Cinuamomeus,  Guériu.  Java. 
|  Pallidipeunis,   Hope,  L.  Tr.,  18. 

j  Java. 

\27.  Castaneus,  Hope.  Tndia. 

oo  Tibia)  2  interniedia'  (nias)  deu- 
ticulo  minimo  arma  ta? ,  posticœ 
2  inermes. 

28.  Omissus,  Hope,  L.  Tr.  V.  18.  Assam. 

29.  Fovtatus.  Hope,  L.  Tr.  Y.  18.  ka- 

s\ah  Hills. 
Confusus,  Hope  olim.  Java. 

30.  Astacoides,  Hope,  L.  Tr.  V.  18.   As- 

sam. 

31.  Fraternus,  Hope.    — ? 

32.  Maceleliandi,    ljppe ,    Auu.    N.    H. 

Y.  18   kasyah  Hills. 

33.  Fulvipes,  Hope.  Assara,  etc. 

(,v    Caput  (nias)  antice    planum 

hypostomate  excavato. 
o  Tibiiiiint(M'iiie(lia'(nias)  inermes. 
(Subg.  Piosopocoilus,  Hope.) 

34.  Cavifroos,  Burin.,  MSS.  Manilla. 

Dursalis,  Krichs.  (fœni.).  Manilla. 

35.  Lateralis,  Hope,  Philip,  ins. 
30.  Oceipitalis,  Hope.  Philip,  ins. 

37.  Quadrideus,  Hope.  Sierra-Leoue. 

38.  Sa\ersii,  Hope.  Sierra-Leoue. 


41. 


i:>. 


mitons.  519 

39.  Seuegaleusis,  fclug.,  Laporte.  Séné- 

gal. 

40.  Speculifer,  Hope.  Cape  Palmap. 

41.  Picipennis,  Hope,  Aun.  N.  H.  Sierra- 

Lconc,  cape  Palinas. 
oo  Tibia)  intermedia;  (mas)  denti- 

culo  medio  instructa;. 
b)  Caput  ineime,  antonna;  brèves. 

42.  Sei  ricornis,  I.atr.  Madagascar. 

43.  Martini,  Hope.  Sierra-Leoue. 

Antilopus  ,  Swederus?  Sierra  - 
Leone. 

bb)  Caput  pone  ocuios  tuberculo 
armatum. 

S  Caput  médiocre,   autennae  bre- 
viores. 
Oweni,  Hope.  Assain. 

§§  Caput  maximum,  antenna;  lon- 
gissimae. 
Bucephalus,  Klug.  Brazil  merid. 

Longicornis,  Biirm.  MS. 

j-f  Tibiae  2-iutermefjiee  (  fœm.) 
1-deutata',  postica1  2  ir.ennes. 

,Caput  (mas)  subquadratum  su- 
pra planum,  clypeo  semieircu- 
lariter  cmargmato.) 

Tibiœ  antice  (mas)  niultidentatw, 
4  postic*  simplices  (Insecta  bra- 
silichsia.) 

(Subg.  Leptinopterus,  Hope.) 
(Psalicerus,  Dej.) 
Feraoratus,  Fabr.  lirazil. 

Bufifemoratus,  Hope  (ftem.).  Bra- 
zil. 

Mj  lanarius,  Hope.  Brazil. 

Funereus,  Hop  >.  Brazil. 
Sarcorhainphus,  Laporte.  Brazil. 

Complauatus,  Dej.  Brazil. 

Multidf>utatus,  Hop?.  Brazil. 

Wilsoui,  Hope,  Brazil. 
Ibex,  Sturm.  Brazil. 

Aries,  Dej    Brazil. 

Politus,  Hope  (var.  fœm.).  Braiil. 


40. 


50. 


520 
51 


rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Novembre  1856.) 


Tibialis,  Esch.  Brazil.  inter. 
Ochropterus,  Hope.  Brazil. 
Ochraceus,  Hope.  Brazil. 

52.  Poljodontus,  Dej.  Brazil. 

53.  Y.  Niger,  Hope.  Brazil. 

tff  Tibiae  4  posticae  in  u  troque 
sexu  inermes. 

a)  Oculi  rotundati  integri.  Tarsi 
subtus  setosi.  Hujus  sectionis 
mares  tantum  in  museo  nostro 
adsunt. 

(Subg.  Cyclophthalmus,  Hope.) 
o  Mandibulae   brèves    apiee  pal- 
matae ,    mentum    transversum 
oblongo-quadratum  ;  prothorax 
autice  angustior. 

54.  Platycephalus,  Hope,  Ann.  nat.  Hist., 

vol.  XII.  Kasyah  Hills. 
oo  Mandibulae  elongatae  apice  den- 
ticulatae,    mentum    transverso- 
triaûgulare ,    prothorax    antiee 
latior. 

55.  Metallifer,  Boisduval.  Java. 

Tarandus,  Thunb.,  1811  (nec  Swe- 
derus,  1787).  Java. 
Rangifer,  Schônh.,  Syn.  Ins.,  I,  3, 

322. Java. 
De  Haanii,  Westwood  (Ann.  n.  H.), 

var.?  Java. 
aa)  Oculi  septo  in  duas  partes  di- 

visi;  prothorax  angulis  posticis 

emarginatis. 
o  Corpus  mttallicum,  tibiae  et  tarsi 

subtus  setosi. 
(Subg.  Calcodes,  Westw.) 

56.  Eratus,  Hope,  Zool.  Tr.,  V.  1.  Te- 

nasserim,  Kasyah  Hills. 
oo  Corpus  obscurum,  elytris  ni- 
gris  vel  fulvis. 

b)  Tibiae  anticae  inermes,  posticse 
ad  apicem  extus  haud  spini  - 
ferae. 

(Subg.  Anoplocnemiis,  Hope.) 


57.  Burmeisteri,  Hope,  Tr.  eut.  Soc., 

V.  3.  Mysore. 
bb)  Tibia;  anticae  dentatae;  posticae 

ad  apicem  extus  spinosae. 
(Subg.  Odontolabis,  Hope.) 
§  Caput  pone  oculos  in  (mas)  tu- 
berculo  utrinquo  armatum. 

58.  Delessertii,  Guérin.  Assam. 

Saundersii,  Hope,    L.  Tr.,   XIX. 

Kasyah  Hills. 
Bicolor,  Saunders,  Ent.  Tr. 

59.  Prinseppii,  Hope.  Kasyah  Hills. 

60.  Siva,  Hope.  Sylhet,  Kasyah  Hills. 
Wishnu,  Hope  (An.  L.  Gazella,  mas, 

Fabr.).  Java. 
Cumingii,  Hope  (mas).  Manilla. 

Alces  ^fcem.),  Oliv.  Manilla. 
Serrifer,  Hope.  Java. 
Dalmanni,  Hope.  Tenasserim. 

§§  Caput  poneoculosiiKniasiinerrae. 

65.  Baladeva,  Hope,  L.  Tr,,  XIX.  Ka- 

syah Hills. 
Lama,  Oliv.?  (fœm.?)  Sijhet,  etc. 

66.  Latipennis,  Hope.  P.  W.  Isl. 

67.  Angulatus,  Hope.  Kasyah  Hills. 

68.  Glabratus,  de  Haan.  Assam,  etc. 

69.  Platynotus,  Hope.  East  Indies. 

70.  Tenuipes,  Hope.  Philipp.  Ins. 

71.  Castanopterus ,  Hope,  Zool.  Mise. 

Nepaul. 

**  Tibiae  4  posticae  utriusque  sexus 
in  medio  1 -dentatae. 

j-  Prothorax  angulis  anticis  prorai- 
nentibus  acutis ,  mandibula» 
(mas)  maximae ,  dente  reflexo 
versus  basin  marginis  interni 
armatae  ,  caput  pone  oculos  tu- 
berculo  instructum. 

a)  Tibiae  anticae  (fœm.)  rectae. 
(Subg.  Macrognathus,  Burm.  MS.) 

72.  Giraffa,  Oliv.  Siam. 

73.  Confucius,  Hope.  Chusan. 

74.  Downesii,  Hope.  Bombay. 


TRAVAUX   INÉDITS. 


521 


aa)  Tibia;  anticae  (mas)  extus  cur- 
vataj. 

75.  Taurus,  Fabr.  Java,  etc. 

Opacus,  de  Haan. 

76.  Squalidus,  ïïope.  Java. 

Vestitus,  de  Haan. 
Tomeutosus,  Dejean. 
f  -f-  Prothorav  augulis  anticis  haud 
promineutibus  ;        mandibulae 
(mas)  ad  basin  marginis  interni 
dente  reflexo  haud  armatae. 
a)  Corpus  subconvexum;  pedes 
sublongiores. 
Rafflesii,   Hope,  Lion.,   Trans.,  V. 

xviii.  Bengal,  Kasyah  Hills. 
Macleayi,  Hope.  Assam. 
Nopalensis,  Hope.  East  Ind. 
Similis,  Hope.  Var. 
Chevrolatii,  Chenu. 
Spencii,  Hope,  Linn.,  Tr.,  xviii.  As- 
sam. 
Parryii,  Hope.  Assam. 
Bulbosus,  Hope,  Linn.,  Tr.,   xviii. 
Assam. 
aa)  Corpus  plus  miuusve  depla- 

natum,  pedes  breviores. 
o  Corpus  (prœsertim  antice)  latis- 

simum. 
b)   Prothorax  lateribus  in  medio 
aut  ante  médium  spina  instruc- 
tus,  clypeus  transversus. 
(Subg.  Platyprosopus,  Hope.) 
83.  Titan,  Boiad.  India  or. 
j  Bueephalus,  Perty? 

(84.  Briareus,  Hope.  Java. 

85.  Antaeus,  Hope,   Ann.  N.    H.,  xii, 

p.  364.  Kasyah  Hills. 

86.  Chevrolatii,  Hope,  Ann.  N.  H.,  xii, 

p.  364.  Kasyah  Hills. 
/87.  Falco,  Laporte.  Kasyah  Hills,  Java. 
j88.  Saiga,  Fabr  Java. 
j  Vultur,  Lap.  Kasyah  Hills. 

I  Pygargus,  Dej.  Kasyah  Hills. 


77. 

78. 

7!>. 


80. 

81. 
82. 


xii, 


«>7 


1)8 


89.  Reichei,  Hope,  Ann.   N.  H.,    xii 

p.  364.  Kasyah  Hills. 

90.  Moloschus,  de  H.  Manill«. 

91.  Punctilabris,  Hope,  Ann.  N.  H. 

p.  364.  Kasyah  Hills. 

92.  Blanchardi,  Hope,  Ann.  N.  H.,  xii, 

p.  364.  Kasyah  Hills. 

93.  Dubius,  Hope.  Java. 

94.  Incerlus,  Hope.  Java,  Manilla. 

95.  Indetermiuatus,  Hope.  Java. 

bb)    Prothorax   lateribus   integris 
rectis;  clypeus  indistinctus. 
(Subg.  ^Sgus,  Mac  L.) 

96.  Acuminatus,  Fabr.  Java. 

Fronticornis,  Hope.  Kandy. 
Cornutus,  Thuub.  Kandy. 
Cicatricosus,  Wied.  Java. 
Kandiensis,  Hope.  Var.?  Kandy. 
Striatus,  Hope.  Kandy. 
Lunatus,  Fabr.  Kandy. 
Punctatus,  Fabr.  Kandy. 
(Mas)  Porcellus,  Dejean.  Kandy. 
oo  Corpus  latitudine  mediocri,  ca- 
pite  et  prothorace  mediocribus  , 
vel  saltem  elytris  haud   mani- 
feste latioribus. 
(Subg.  Dorcus,  Auct.) 
b)  Corpus  lateribus  subparallelis, 
mandibule    (  mas  )    subbreves 
deute  erecto  vel  auricula  versus 
basin  annula:. 
99.  Parallelepipedus,  Linn.  Europe. 

100.  Musimon,  Gène.  Sardinia. 

101.  Aper,  Dejean.  N.  Amer. 

102.  Bengalensis,  Hope.  Bengal. 

103.  Curvideus,  Hope,  Linn.,  Tr.,  xviii. 

Assam. 

104.  Parallelus,  Hope.  P.  Wales  I.,  Ka- 

syah Hills. 

105.  Eschschollzii,  Hope.  Tenasserim. 

106.  De  Huanii,  Hope,  Linn.,  Tr.,  xix. 

Assam. 

107.  Lineato-punctatus,  Hope,  In.  zool. 


322 


rev.  et  mag.  de  ZOOLOGIE.  (Novembre  1856, 


Mise.    Nepaul ,    Kasyah    Hills. 
bb)  Corpus  lateribus  minus  paral- 
lelis,   mandibule  (nias)  naud 
supra  auriculata\ 

§  Insecta  asiatica. 

108.  Laleralis,  Dej,  Java. 

Javanus,  Hope.  Java. 

Laticpllis,  Thunb.?  (Mas)  Java. 
101).  Submolans,  Hope.  Assam. 

110.  Sinister,  Hope.  Molucca,  P.  Wales 

Isl. 

111.  Hydrophiloides,  Hope.  Melville  Isl. 

Obs.  Speeies  8  sequentes  sunt 
feminœ  bujus  seetionis  vel 
Platyprosopi. 

112.  Rugifrous,  Hope.  Java. 

Subcostatus,  de  Haan.  Java. 

113.  Iucrinis,  Fabr.  Java. 

114.  Passaloides,  Hope.  Java. 

115.  Puuctfger,  Hope,  Liun.,  Tr.,  xviii. 

Kasyah  Hills. 

116.  Searitoides,  Hope.  Kasyah  Hills. 

117.  Subaugulatus,  Hope.  Kasyah  Hills. 

118.  Curvipe?,  Hope.  Poonah. 

119.  Parvulus,  Hope.  Mauilla. 

§S  Insecta  Australasice. 

120    Obtusatus,   Westw.   V.  Diemen , 
Land. 

121.  Novae  Zealandiae,  Hope.  N.  Zea- 

land. 

>SS  Insecta  americana. 

122.  Variolosus,  Hope.  N.  Zealand. 

Cumingii,  Hope  olira.  Chiloe. 

123.  Rubripes,  Hope.  Magellan. 

124.  Darwinii ,  Hope  ,  Trans.  ent.  Soc. , 

V.  3.  Chili. 

Lessonii,  Buq.,  Ann.  Soc.  ent. 
Tr.,  xi,  283?  Chili. 

125.  Bacchus,  Hope.  Chiloe. 


colophon,  Westw. 

1.  Westwoodii,  Gray.  S.  Africa. 
Lethroides,  Hope. 

ceruciius,  Mac  Leay. 
Tarandus,  Megerle. 

1.  Tenebrioides,  Fabr.  Germany. 

2.  Piceus,  Fabr.  N.  Amer. 

Americanus,  Dej.  N.  Amer. 
Balbi,  Laporte.  N.  Amer. 
Quercus,  Knoch?  N.  Amer. 

platycerus,  Geoffroy. 

1.  Caraboides,  Fabr.  Europe. 

2.  Rutipes,  Fabr.  Europe. 

3.  Quercus,  Knoch.  N.  Amer. 

Sccuridens,  Say.  N.  Amer. 
Scaritoides,  Thunb.  N.  Amer. 

xjphodontus  ,  Westw. 

Corypluis,  Dej. 

Cephax,  Lap. 

1.  Antilope,  Westwood,  in  Ent.  Mag., 
5,  260(1838).  Cape  G.  liope. 
Reichej,  Laporte  (1840).   Cape  G. 

Hope. 
Capensis,  Dej.,  Cat.  Cape  G.  Hope. 
Cribratus,    Gory.   MSS.   Cape    G. 

Hope. 
3-cornis,  Hope.  MSS.  Cape  G.  Hope. 

CERATOGNATHCS,  WeStW. 

1.  Niger,  Westw.,  in  Ent.  Mag.  (1838^. 
Van  Diciueii,  Land. 
Furcatus,  Lap.  (1840).  Van  Diemen, 
Land. 

sclerognathus,  Burm.  MSS. 

1.  Costatus,  Burm.  Brazil. 

mitophïllus,  Parry,  Tr.  ent.  Soc,  V.  4. 

1.  Irroratus,  Parry.  Kew-Zealand. 


TMVAUX 
SINODfcNDRQN,  i-'altl . 

1.  Cyliudricuin,  Fabr.  Europe. 

NiGiDiis,  Mac  Leay. 
Eudora,  sect.  1,  Laporte. 

1.  Lœvicollis,  Westw.,   Eût,  Mag.,   5, 

264.  Manilla. 
Forcipatus,  Esch.  MSS.  Manilla. 

2.  Bucephalus,  Dupont.  MSS.  Manilla. 

3.  Auriculatus ,    Guérin    (nec    Klug.). 

Sierra-Loone. 

4.  Vervox,  Dej.  Sénégal. 

5.  Graudis,  Hope.  Sierra-JLeone. 

FiouLus,  Mac  Leay. 
Eudora,  sect.  2,  Laporte. 

1.  Regularis,  Westw.,   Ann.  se.  uat,, 

2e  sér.,  vol.  i,  p.  120.  New-Holland. 
Australasiae,  Hope.  MS. 

2.  Sulcicellis  ,    Hope.   Port  Essington , 

Mclville  Ins. 

3.  Striatus,  Oliv.  Mauritius. 

4.  Subcastaneus,  Westw.,  Ent.  Mag.,  5, 

263.  Java. 

5.  Manillarum,  Hope.  Manilla. 

6.  Ebenus,  Klug.,  Westw.,  Eut.  Mag., 

5,261.  Madag. 
Anthraeiuus,  Klug.,   Col.   Madag., 

p.  85?  Madag. 
Cernensis,  Hope.  Madag. 

7.  Nigritus,  Westw.,  Ent.  Mag.,  5,  261. 

Sénégal. 
Ovis,  Dej.  Sénégal. 

aitDAM's,  WestW. 

Syndenes,  Griflith,  Au.  Kiugd. 

1.  Sulcatus ,    Westw. ,  Ann.  se.  nat., 
2e  sér.,  I,  pi.  va,  fig.  3.  Java. 
Cornutus,  Griff.,  An.  Kingd.  Java. 
Cylindricus,  Dej.  MS.  Java. 
Asper.,  de  Haan.  MS.  Java. 


INÉDITS.  $$i 

Fam.  Y.  PASSALID^ ,  Mac  Leay. 

chiron,  Mac  Leay  (1). 

Diasomus,  Daim. 

Scapanates,  Hoifmansegg.  MS. 

1.  Grandis,  Gor\,  Guér.,  Règne  an. 

2.  Gambianus,  Hope.  Gambia. 

3.  Cylindrus,  Fabr.,  Ent.  syst.,  suppl. 

Eabt  India. 
Digilatuin,  Fabr.,  Syst.  East  India. 
Eleuth,  Mac  Leay,  etc.  East  India. 

4.  Assamensis,  Hope.  Assain. 

5.  Capensis,  Hope.  Cape  G.  Hope. 

6.  Senegalensis,  Hope.  Sépéçal. 

Digitatum,  Dej.,  Catal.  Sénégal. 

passàujs,  Fabricius,  Mac  Leay. 
Paxillus,  Mac  Leay. 

1.  Emarginatus,  Weber.  Java. 

2.  Pilifer,  Perch.  China,  Singapore,  Ka- 

syah  Hills,  etc. 

Indicus,  Hope.   MS.  Olira.  China, 
Singapore,  Kasyah  Hills,  etc. 

3.  Naviculator,  Perch.  China,  Singapore, 

Kasyah  Hills,  etc. 
Yauikoreusis,  Dupont,  Ins.  Oc.  Pac. 

4.  Neelghcriensis,  Guériii.  Melville  Isl. 

Insularis,  Hope.MS.  Olim.  Melville 

Ins. 
Malabariensis,  Perc)i.  MS. 
(An  distinctus?)  Melville  Ins. 

5.  Cantori,  Hope.  Malwa,  Ipd.  or. 

6.  Tridens  Wiederaann.  Java. 

Orieutalis,  Doj.  Java. 
Lateriseulptus,  Perty.  Java. 

7.  Chevrolatii,  Perch.  New-Holl. 

8.  Australasicus,  Perch.  New-Holl. 

9.  6-dentatus,  Eschs.  New-Holl. 

Polyphyllus,  Mac  Leay. 

(1)  Ce  genre  a  été  placé  par  Lacor- 
daire  ,  et  à  juste  titre  ,  parmi  les  Apho- 
diideg. 


524 


REV.  ET  MAG.  DE  ZOOLOGIE. 


10. 
11. 
12. 
13. 
14. 


13. 


16. 

17. 

18. 

19. 

20. 


SI. 

22. 
2:\. 

21 

25. 
20. 

27. 
28. 
20. 

», 


Cancrus,  Perch.  New-Holl. 
Latipennis,  Dupont,  Perch.  Manilla. 
Barbatus,  Fabr.  Guinea. 
Savagei,  Hope,  Perch.  Sierra-Leone. 
Leachii,  MacLeay  (Paxillus).  Brazil. 
Brasiliensis,  Lep.  et  Serv.,  Guér. 

Brazil. 
Depressus,  Drapiez.  Brazil. 
Crenatus,  Mac  Leay.  Central  Amer. 
Puncticollis,  Lep.  et  Serv.  Central 
Amer. 
Hopei,  Perch.  Cayenne. 

Nigritus,  Dej.  Cayenne. 
Palinii,  Hope.  Cape  Palmas. 
Interruptus,  Linn.  America. 

Spectabilis,  Perty.  America. 
Tlascala,  Perch.  Mexico. 
Punctiger,   Lep.   et   Serv.,   Perch. 
Demerara. 

Striolatus,  Esch.  Demerara. 
Punctatissimus,  Esch.,  Perch.  Bra- 
zil. 
Quadricollis,  Esch.,  Perch.  Brazil. 
Exaratus,  Klug.  Madagascar. 

Mauouffi,  Perch.  Madagascar. 
Approximatus,  Klug.  Madagascar. 
Morbillosus,  Klug.  Madagascar. 
Africanus,  Hope.  Sierra-Leone. 
Dentatus,  Fabr.  Java,  Manilla. 
Bicolor,  Fabr.  Manilla,  Mysore. 
Vicanus,  Hope,  Perch.  Manilla,  My- 
sore? 
Interstitialis,  Esch.  S.  Amer. 
Acuminatus,  Esch.  S.  Amer. 
Barbatus,  Schônh.  S.  Amer. 
,  Binominatus,  Perch.  Havannah. 
.  Sobriuus,  Dej.,  Cat.  S.  Vincent's. 
.  Glaberrimus,  Perch.  Brazil. 


34. 
35. 
36. 

37. 
38. 
30. 
40. 


(Novembre  1856.) 

Affinis,  Latr.  Brazil. 
Planiceps,  Esch.  Guinea. 
Punctato-striatus ,  Chevr.  Mexico, 

Columbia. 
Morio,  Dej.  Brazil. 
Angulatus,  Perch.  Valparaiso. 
Furcilabris,  Esch.  Cayenne. 
Transversus,  Daim.  Brazil. 
Cephalotes,  Lep.  et  Serv.  Brazil. 
Sinuatus,  Esch.  Brazil. 
Triluberculatus,  Esch.  Brazil. 
Simiosus,  Drapiez.  Brazil. 
Unicornis,   Lep.   et  Serv.,    Perch. 

Guadel. 
Striato-punctatus,  Chevr.  Mexico. 
Distinctus,  Weber.  N.  Amer. 
Cornutus,  Fabr.  N.  Amer. 
Edeutulus,  Mac  Leay.  N.  Amer. 
Cylindraceus,  Perch.  (nec  Perty). 
N.  Amer. 
Teres,  Perch.  N.  Amer.   . 
Cylindraceus,  Perty.  Manilla. 
Fronticornis,  Westw.  (Anri.  N.  H., 
1842).  Thibet,  Népaul. 
Bicanthatus,    Percheron  (1844). 

Thibet,  Népaul. 
Tridens,  Burmeister.  MS.  Thibet , 

Népaul. 
Bihastatus,  Guérin.  MS.   Thibet, 

Népaul. 
Haworthii,  Hope,  MS.  Thibet,  Né- 
paul. 
.  Platyrhinus,  Reiche.  MS.  Venezuela. 
.  Punctifroos,  Hope.  MS.  Singapore. 
.  Tetragonus,  Perch.  MS.  Brazil. 
.  Subcornutus,  Sturm.  MS.  Mexico. 
.  Rugiceps,  Reiche.  MS.  N.  Holl. 


Famille  des  PECTINICORNES,  Lacordaire,  Gcn.  des  Col.,  vol.  HT,  p.  1. 

I.  Languette  située  derrière  le  menton  ou  à  son  sommet  :  Lucanides. 

II.  Languette  située  dans  une  échancrure  du  menton  :  Passalides. 


TRAVAUX    liNÉDITS.  525 

Tribu  I.  Lucanides. 

I.  Languette  située  à  la  face  interne  du  menton. 

A.  Prothorax  non  contigu  aux  élytrcs. 

a.  Menton  recouvrant  la  base  des  palpes. 

6.  Lobe  interne  des  mâchoires  inerme  ou  formant  uu  crochet  corné  chez  les 

femelles  seules. 
c.  Prosternum  étroit,  souvent  enfonce  entre  les  hanches  antérieures. 
Mandibules  des  mâles  très-grandes  :  Chiasogyialhid.es. 
Mandibules  des  mâles  médiocres  :  Lamprimides. 
ce.  Prosternum  plus  ou  moins  large  :  Lucanides  vrais. 
66.  Lobe  int.  des  mâch.  en  crochet,  corné  dans  les  deux  sexes  :  tigulides. 
aa.  Meuton  laissant  les  palpes  à  découvert  :  Syndésides. 

B.  Prothorax  exactement  appliqué  contre  la  base  des  élytres  :  JEsalides. 

II.  Languette  située  au  sommet  du  menton  :  Sinodendrides. 

Sous-tribu  I.  Chiasognathides. 

I.  Massue  antennaire  de  trois  articles  :  Pholidolus,  Mac  Leay. 

II.  Massue  antennaire  de  six  articles. 

Bord  antérieur  de  la  tête  épineux  :  Cliiasognalhus,  Steph. 
Bord  antérieur  de  la  tête  inerme  :  Sphœnognalhus,  Buqt. 

Sous-tribu  II.  Lamprimides. 

I.  Éperous  des  jambes  postérieures  lamelliformes  :  Dendroblax,  White. 

II.  Éperons  des  jambes  postérieures  grêles. 

A.  Yeux  complètement  divisés  :  Ryssonolus,  Mac  Leay. 

B.  Yeux  entiers. 

Massue  antennaire  de  trois  articles  :  Lamprima,  Latr. 
Massue  antennaire  de  quatre  articles  :  Streptocerus,  Fairm. 

Sous-tribu  III.  Lucanides  vrais. 

1.   Sixième  arceau  ventral  invisible  ;  languette  bilobée. 

A.  Lobe  interne  des  mâchoires  inerme  dans  les  deux  sexes. 
Corps  très-court  :  Colophon,  West. 

Corps  plus  ou  moins  oblong  :  Lucanus,  Scopoli. 

B.  Lobe  interne  des  mâchoires  corné  et  crochu  chez  les  femelles  :  Dorcus,  Mac 

Leay. 
H.  Sixième  arceau  ventral  distinct;  languette  cordiforme  :  Plalycerus,  Geoft'r. 

Sous-tribu  IV.  Figumdks. 

I.  Yeux  incomplètement  divisés  :  Xiphodonlus,  West. 

II.  Yeux  complètement  divisés. 

Les  quatre  jambes  postérieures  pluri-épineuses  :  Nigidius,  Figulus,  Mac  Leay. 
Les  quatre  jambes  postérieures  uni-épineuses  :  Agnus,  Burm. 


5â6  REv.  et  mag.  de  zoologie.  (N&vembre  1856.) 

Sous-Tribu  V.  Syndêsidks. 

I.    Massue  auteunaire  de  sept  articles  :  Syndesus,  Mac  Leay. 
Massue  de  six  articles  :  Hexaphyllum,  Gray. 

Sous-Tribu  VÏ.  ./Esalidks. 

I.  Saillie  prosternale  libre  en  arrière. 

Massue  antennaire  à  articles  courts  et  obtus  :  Ceruchus,  Mac  Leay. 
Massue  auteunaire  à  articles  longs  et  filiformes  :  Ceralognathus,  West. 

II.  Saillie  prosternale  reçue  dans  une  excavation  du  mésosternum  :  JEsalus ,  Fab. 

Sous-tribu  VII.  Sinodendrides. 
Genre  Sinodendron,  Hellw. 

Tribu  H.  Passalides. 
Genre  Passalus,  Fab. 


Cyclophthalmus  Mxiszechïi.  (Patr.,  Bornéo.  —  L.,46, 
inclus  les  mandibules;  —  1.,  11  M.  au-dessous  de  l'œil; 
10  M.  au-dessous  des  épaules.) 

Voisin  du  C.  rangifer,  Schonh.  [Tarandus ,  Swedeij. 
Comme  chez  ce  dernier  la  couleur  générale  est  brune; 
quelques  reflets  métalliques  sur  les  mandibules  et  la  tête. 
Palpes  d'un  noir  brillant.  Bordure  antérieure  du  prothorax 
d'un  vert  foncé  métallique  ;  en  arrière,  bordure  de  même 
couleur,  mais  plus  étroite.  Écusson  d'un  vert  métallique 
brillant.  Bordure  des  élytres  très-mince,  de  même  couleur. 
Poitrine  et  abdomen  d'un  brun  foncé  ;  les  lignes  de  divi- 
sion de  la  première  d'un  vert  métallique  brillant.  Pattes 
d'un  jaune  d'ocre  en  dessus,  verdàtres  en  dessous.  Tarses 
noirs,  garnis,  en  dessous,  de  touffes  de  poils  jaunes. 

Mandibules  comparativement  courtes ,  denticulées  à 
l'extrémité  seulement,  ayant  deux  dents  peu  longues  au 
cinquième  de  leur  longueur;  très-finement  pointillées. 
Tête  avec  une  prolongation  au-dessus  de  chaque  œil,  non 
aiguë  ou  en  pointe,  mais  affectant  une  forme  quadran- 
gulaire;  deux  crêtes  élevées  commençant  en  regard  de 
l'œil ,  courtes,  convergeant  en  dedans  ;  la  tête  fortement 


TRAVAUX   INEDITS.  527 

excavée  et  finement  pointillée  entre  ces  crêtes;  les  bords 
iln  peu  rugueux.  Prothorax  avec  des  petits  points  assez 
distancés.  Élytres  très-faiblement  ponctuées ,  surtout  sur 
la  suture,  avec  quelques  séries  très-fines  de  points;  partie 
réfléchie  un  peu  rugueuse.  Abdomen  et  dessus  des  cuisses 
lisses  ;  tibias  finement  ponctués. 

Je  dédie  avec  plaisir  cette  remarquable  espèce  à  M.  le 
comte  de  Mriiszech,  qui  possède  la  plus  belle  collection 
de  Lucanides  en  Europe. 

Dorcus  (Cladognathus)  forfïclla.  (Patr. ,  Chine  boréale. 
—  L.,  60,  inclus  les  mandibules;  1.,  16  M.  au  prothorax.) 

Tient  le  milieu,  pour  la  grandeur,  entre  le  développement 
moyen  du  C.  giraffa  et  le  C.  Mac-Leayana.  Entièrement 
d'un  brun  très-foncé  presque  noir,  luisant  sur  les  élytres. 

Tête  avec  une  fossette  assez  marquée  au  milieu  du  front, 
très-fortement  échancrée  circulairement  entre  les  yeux, 
prolongée  en  une  pointe  au-dessus  de  l'œil ,  un  peu  dilatée 
au  milieu  et  rétrécie  en  arrière,  très-finement  ponctuée; 
épistome  caverneux ,  très-profond ,  lisse  et  brillant  vers 
l'extrémité.  Mandibules  régulièrement  arrondies,  très-fine- 
ment pointillées,  sauf  à  la  base,  qui  est  lisse  et  brillante; 
dents  de  l'extrémité  comparativement  petites ,  celles  de  la 
base  de  grandeur  très-variable  et  inégale.  Menton  granu- 
leux. Palpes  brunâtres.  Même  ponctuation  pour  le  protho- 
rax que  chez  là  tête;  une  petite  pointe  au  bord  latéral 
postérieur  du  premier.  Élytres  presque  lisses  ou  très-fai- 
blement pointillées,  un  peu  atténuées  après  le  milieu  de 
leur  longueur;  bordure  et  partie  réfléchie  un  peu  granu- 
leuses. Dessous  du  corps  et  jambes  lisses,  sauf  les  tibias, 
qui  ont  quelques  points  enfoncés  et  dont  l'extrémité  est 
rougeâtre. 

jEgus  malaccus.  (Patrie,  Malacca  et  Bornéo.  —  L.,  15; 
1.,  6  M.  au  prothorax.) 

Entièrement  noir  en  dessus:  d'un  brun  foncé  en  des- 
sous. 

Tête  très-éch ancrée  entre  les  yeux,  avec  des  points  en- 


528  rev.  et  mag.  de  zooroGiE.  (Novembre  1856.) 

foncés  assez  distancés  ;  mandibules  avec  deux  dents  à  la  base 
et  deux  dents  au  milieu  de  leur  longueur.  Menton  avec 
des  gros  points  enfoncés.  Prothorax  ponctué  comme  la 
tête,  arrondi  et  plus  large  sur  les  bords  latéraux  anté- 
rieurs; écusson  lisse.  Élytres  fortement  striées  ;  six  stries 
non  ponctuées  sur  chaque  élytre  à  partir  de  la  suture  ; 
ensuite  quelques  stries  fortement  ponctuées  sur  les  bords. 
Dernier  segment  de  l'abdomen  criblé  de  gros  points  en- 
foncés; jambes  lisses. 

La  femelle  (?)  a  la  tête  et  le  prothorax  criblés  de  gros 
points  enfoncés. 

JEgvs  myrmidon.  (Patr.,  Malacca. —  L.,  12;  1.,  4  à  5  M. 
au  prothorax.) 

Ne  diffère  de  YE.  malaccus  que  par  les  caractères  sui- 
vants :  mandibules  plus  allongées,  avec  quatre  dents  inté- 
rieures, les  deux  premières  aiguës,  les  deux  autres  arron- 
dies. Ponctuation  de  la  tête  et  du  prothorax  plus  forte  ;  ce 
dernier  coupé  carrément  aux  bords  latéraux  antérieurs. 
Dernier  segment  de  l'abdomen  lisse. 


Description  d'une  Cicindela  et  de  deux  Longicornes  ; 
par  M.  J.  Thomson. 

Cicindela  Craverii.  (Patr.,  Mexique.  —  L.,  17  M.;  L, 

7  M. 

Cet  insecte  m'a  été  communiqué  par  M.  E.  ïruqui; 
il  a  été  pris  par  M.  Craverï ,  auquel  j'ai  le  plaisir  de  le 
dédier. 

En  dessus,  d'un  vert  mat  ;  en  dessous,  d'un  vert  bril- 
lant. 

Parties  de  la  bouche  noires,  sauf  les  mandibules,  qui 
sont  blanches  à  leur  naissance.  Antennes  noires.  Labre 
blanc.  Prothorax  et  élytres  lisses;  huit  taches  jaunes  sur 
ces  dernières,  savoir  :  deux  humérales,  deux  situées  au 
quart  antérieur,  deux  près  du  milieu  de  leur  longueur,  des- 


TRAVAUX    INÉDITS.  529 

cendant  obliquement  vers  la  suture,  et  deux  postérieures 
en  forme  de  parenthèse.  Dessous  du  corps  lisse.  Tarses 
noirs. 

Cette  espèce  sera  figurée  dans  ma  Monographie  des  Ci- 
rindclides. 

Cerosterna  voluptuosa.  (Patr.,  Chine  boréale.  — L., 
35  à  36  M.;  1.,  15  M. 

Couleur  générale  noire,  avec  de  grandes  et  nombreuses 
taches  d'un  jaune  clair  pubescent.  Les  trois  premiers  ar- 
ticles des  antennes  noirs  ;  les  autres  d'un  blanc  farineux, 
avec  l'extrémité  noire.  Ressemble,  pour  la  forme,  à  la 
C.  reticulator. 

Six  taches  sur  la  tête  :  deux  sur  le  crâne,  derrière  les 
yeux;  deux  sur  le  front,  et  deux  autres  sur  les  joues. 
Quatre  taches  sur  le  prothorax  :  deux  longitudinales  en 
dessus  au  milieu,  et  deux  en  dessous.  Elytres  ayant  les 
épaules  descendantes,  à  peine  échancrées  à  l'extrémité 
et  terminées  par  deux  très-petites  pointes;  quatorze  taches, 
dont  deux  très-petites  au  quart  postérieur.  Quatre  taches 
sur  la  poitrine  et  deux  taches  sur  chaque  segment  de 
l'abdomen ,  allant  en  décroissant.  Jambes  noires.  Tarses 
couverts,  en  dessus,  d'une  pubescence  d'un  bleu  pâle. 

Batocera  Victoriana.  (Patr.,  Bornéo.  —  L.,  62  M.; 
l.,19  à  20  M. 

Diffère  de  la  B.  Ajax  par  sa  forme  moins  allongée  et 
comparativement  plus  large.  Couleur  générale  des  élytres 
d'un  brun  parfois  luisant;  ces  dernières  recouvertes  le  plus 
souvent,  surtout  chez  le  mâle,  d'une  pubescence  jaunâtre, 
avec  de  nombreuses  taches  de  même  couleur. 

Chez  le  mâle,  les  cinquième  et  dixième  articles  des  an- 
tennes avec  des  excroissances  convexes  en  dehors  et  con- 
caves en  dedans  ;  chez  les  sixième,  septième,  huitième  et 
neuvième  articles,  cette  excroissance  est  rudimentaire  ; 
elle  n'existe  plus  dans  les  onzième  et  douzième  articles. 

Deux  taches  blanches  sur  les  joues,  qui  se  prolongent 
en  dessous  du  prothorax  jusqu'à  la  poitrine  ;  deux  taches 

2e  série,  t.  vin.  Année  1856.  34 


530    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

jaunes  en  dessus,  au  milieu  de  ce  dernier.  Écusson  blanc. 
La  naissance  des  élytres  avec  des  granulations  moins 
prononcées  que  chez  les  autres  espèces  du  genre  ;  taches 
très-irrégulières,  grandes  et  affectant  des  formes  plus  ou 
moins  bizarres,  suivant  les  individus.  Poitrine  blanche 
sur  les  côtés,  avec  deux  grandes  taches  d'un  brun  soyeux 
au  milieu.  Abdomen  et  pattes  bruns,  sauf  les  antérieures, 
qui  sont  noirâtres. 


Coleoptera  maroccana  a  Léon  Fairmaire  descripta. 

1.  Palssus  olvesh. —  L.,  6  mill.  1/2.—  Castaneo-brun- 
neus,  sat  nitidus,  capite  opaco,  medio  sulcato;  antennis 
opacis,  articulo  1°  subquadrato,  2°  compresso,  elongato, 
parallelo,  intus  denticulato,  baseos  angulo  interno  pro- 
ducto  ;  prothorace  oblongo,  antice  inflato,  postea  con- 
stricto,  ante  basim  tuberculato;  elytris  laevigatis;  pedibus 
posticis  brevibus,  compressis. 

2.  Geotrupes  hoffmawnseggi.  —  L.,  28  mill.  —  Oblon- 
gus,  fere  quadrangularis,  parum  convexus  ;  niger,  nitidus  ; 
capite  mas  cornu  leviter  armato,  basi  subcompresso,  ru- 
goso;  mandibulis  latis,  trilobis;  prothorace  transverso, 
lateribus  antice  valde  rotundatis,  antice  rugoso  punctato, 
mas  medio  cornu  horizontali  acuto ,  fœmina  antice  bi- 
dentato;  elytris  parallelis,  apice  rotundatis,  striatis,  striis 
latis,  leviter  punctatis. 

3.  Ancylocheira  flavo-angulata.  —  L. ,  17  mill.  — 
A.  ruslicœ  proxima-oblonga,  leviter-convexa,  viridi-me- 
tallica,  capite  flavo-maculato,  prothorace  sat  convexo, 
fortiter  sed  parum  dense  punctato,  linea  média  laivi,  mar- 
gine  antico  anguste  flavo,  medio  interrupto,  angulis  pos- 
ticis late  llavis  ;  elytris  imniaculatis,  punctato  striatis,  vage 
impressis;  subtus  aenea,  punctata,  abdomine  apice  et 
sterno  lateribus  flavo-maculatis. 


'ÏKAVAUX    INKD1TS.  531 

4.  Cekrio  maculicollis. —  L.,  15  à  16  mill.  — Elon- 
gatus,  testaceo-rufus  ;  capite  nigro,  valde  punctato,  anten- 
nis  fuscis;  prothorace  sat  dense  punctato,  angulis  posticis 
productis,  acutis,  utrinque,  macula  oblonga  obscura  ; 
elytris  sat  dense  et  sat  fortiter  punctatis  ;  vix  perpicue 
lineatis;  subtus  piceus,  abdomine  rufopiceus,  pedibus 
testaceis,  tibiis  basi  infuscatis. 

5.  Clytus  nigrosignatus.  —  L.,  15  à  17  mill.  — 
C.  4  punctato  affinis,  eodem  colore  sed  paulo  obscuriore; 
thorace  longiore,  antice  angustiore,  ante  basim  nigro  tri- 
signato;  elytris  ad  basim  utrinque  2  aut  3  maculis  minu- 
tis,  medio  macula  majore  transversa  et  altéra  marginali 
oblonga ,  subtus  cum  pedibus  grisescens. 

6.  Cassida  limratirollis.  —  L.,  7  mill.  —  Ovata,  pa- 
rum  convexa,  viridis,  infra  nigra,  nitida;  prothorace 
hemisphaerieo,  margine  antico  anguste  ttavo,  medio  latius, 
disco  flavo  sparsuto  ;  angulis  posticis  acutiusculis  ;  elytris 
basi  prothorace  nonnihil  latioribus,  apicem  versus  atte- 
nuatis,  irregulariter,  sat  fortiter  punctatis,  utrinque  costu- 
lis 4  vix  elevatis  ;  abdominis  segmentis  ultimis  anguste  flavo- 
marginatis,  pedibus  ttavis,  femoribus  ultra  médium  nigris. 


Description  de  longicornes  nouveaux  du  vieux  Calabar, 
côte  occidentale  d'Afrique;  par  M.  A.  Chevrolat. 
(Suite.  —Voir  1855,  p.  183,  282,  513;  1856,  p.  340, 
436,  485.) 

55.  Pachyslola?  decussala  bruunea;  vittis  duabus  in  thorace 
(prima  laterali  secunda  iufra  lata  post  oculos)  in  elytris  vittis  duabus 
decussatis,  magnani  litteram  X  formantibus,  tertiaque  parte  apicali 
suturœ,  femoribus  posticis  ad  apicem  maculis  duabus,  corporeque 
infra  (medio  excepto)  albidis  ;  maudibulis,  clypeo,  oculisque  amplis, 
nigris;  antennis  validis,  corpore  brevioribus,  articulo  ultimo  acuto. 
—  Long.,  35  mill.;  lat.,  11  mill.  1/2. 

Brune.  Tète  convexe  sur  le  front,  tronquée  obliquement 


532  rev.  et  mag.  de  zooeogie.  (Novembre  1856.) 

en  dessous,  marquée,  en  arrière,  de  cinq  lignes  et  d'un 
trait  qui  longe  les  yeux,  sillon  longitudinal  étroit.  Mandi- 
bules d'un  noir  brillant.  Lèvre  veine,  carrée.  Chaperon 
très-étroit,  transverse.  Yeux  amples,  peu  échancrés  en 
dessus,  noirs.  Antennes  n'atteignant  guère  que  les  deux 
tiers  de  la  longueur  du  corps,  assez  épaisses,  à  dernier 
article  acuminé.  Corselet  droit  aux  extrémités,  marqué  de 
trois  sillons  transversaux,  de  quatre  tubercules  dorsaux  et 
de  deux  lignes  longitudinales  blanches,  la  première  sur  le 
côté  et  la  deuxième  en  dessous,  en  regard  de  l'œil.  Épine 
latérale  très-robuste  et  aiguë.  Écusson  semi-arrondi.  Ély- 
tres  plus  larges  que  le  corselet ,  élevées  sur  l'épaule  et  dé- 
primées intérieurement,  parallèles,  arrondies  jusque  sur 
le  sommet  de  la  suture,  qui  est  un  peu  anguleux;  elles 
présentent  deux  bandes  blanches  croisées  en  forme  d'X, 
et  dont  chacune  part  obliquement  de  l'épaule  vers  le 
milieu  de  la  suture  et  se  dirige  toujours  obliquement  sur 
la  marge,  à  la  hauteur  du  sommet  de  la  cuisse  postérieure  : 
en  cet  endroit ,  elle  se  recourbe  en  demi-cercle  vers  l'ex- 
trémité et  remonte  sur  la  suture,  où  elle  se  limite  au-des- 
sous de  la  jonction  des  lignes.  Pattes  et  milieu  du  corps 
d'un  brun  cendré.  Poitrine  et  abdomen  largement  mar- 
ginés  de  blanc;  cuisses  postérieures  avec  deux  taches  éga- 
lement blanches  au  sommet  ;  cinq  segments  abdominaux, 
le  dernier  grand,  largement  tronqué  en  dessus,  échancré 
au  milieu  et  longitudinalemcnt  sillonné  en  dessous. 

Cette  magnifique  espèce,  qui  fait  partie  de  la  belle  col- 
lection de  M.  Andrew  Murray,  devra  probablement  con- 
stituer une  nouvelle  coupe  générique  voisine  des  Pachys- 
tola;  les  P.  annulicornis  et  arcuata  (nos  5  et  6),  nobis, 
devront  en  faire  partie.  Par  leurs  yeux  ,  très-développés , 
ces  insectes  ont  aussi  des  rapports  avec  le  genre  Eury- 
sops. 


56.  Phymasterna?  flavosignata  elongata  cinnamomea ,  ambitu 
oculorum,  maculis  in  thorace  quinquc  et  in  elytris  tredecim,  scutel- 


TRAVAUX    INÉDITS.  533 

loque  luteis;  antenuis  pcdibusque  pallidis. — Long.,  15  mill.;  lat., 
5  mill.  1/4. 

D'un  cannelle  pâle.  Tête  large,  convexe ,  obliquement 
inclinée  en  devant  et  marquée  d'une  côte  longitudi- 
nale qui  est  sillonnée  sur  l'occiput,  jaune  à  l'entour  des 
\eux.  Chaperon  droit.  Lèvre  rougâtre,  en  carré  long.  Man- 
dibules plates,  larges,  d'un  noir  luisant.  Yeux  étroits,  oblongs, 
rapprochés  vers  le  front,  échancrés  aux  deux  tiers  anté- 
rieurs. Antennes  ferrugineuses,  plus  longues  que  le  corps, 
espacées,  de  onze  articles,  deuxième  très-court,  troisième 
fort  long,  suivants  presque  égaux  entre  eux,  derniers  un 
peu  obscurs.  Corselet  inerme  régulièrement  arrondi  sur 
le  milieu  latéral,  un  peu  plus  large  que  haut,  droit,  en 
avant  et  en  arrière,  largement  atténué  près  de  là  sur  les 
côtés  et  transversalement  convexe  ;  il  est  marqué  de  cinq 
taches  jaunes,  ainsi  disposées  :  trois  sur  le  disque  (une  en 
avant  et  deux  en  arrière  situées  sur  les  sillons)  et  deux  la- 
térales allongées.  Écusson  carré.  Èlytres  plus  larges  que  le 
corselet,  avancées  et  subrectangulaires  sur  le  dehors  de  la 
base,  étroitement  arrondies  sur  l'extrémité  ;  elles  sont  fine- 
ment ponctuées  et  offrent  chacune  six  taches  d'un  jaune 
pâle  (de  plus  une  septième  commune  se  remarque  au-des- 
sous de  l'écusson)  ;  la  première  est  située  au  milieu  de  la 
base,  la  deuxième  au-dessous,  près  de  la  suture  ;  la  troi- 
sième est  latérale,  grande,  oblique  et  dentée  au  bord  infé- 
rieur et  interne;  la  quatrième  aux  deux  tiers  de  la  lon- 
gueur, assez  grande»  en  carré  irrégulier;  la  cinquième  et 
la  sixième  au-dessous,  disposées  transversalement.  Pattes 
inermes,  pâles.  Abdomen  de  cinq  segments;  le  premier  et 
le  cinquième  sont  les  plus  grands.  Pygidium  échancré  sub- 
anguleusement  à  l'extrémité.  —  Du  vieux  Calabar.  —  Col- 
lection de  M.  Andrew  Murray.  Cette  espèce  se  retrouve 
aussi  au  Gabon  ;  mais,  chez  les  individus  qui  en  provien- 
nent, les  trois  taches  dorsales  du  corselet  étant  réunies,  ce 
corselet  paraît  jaunâtre  et  offre,  de  chaque  côté,  une  ligne 
longitudinale  arquée,  de  couleur  cannelle. 


534  kfv.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

57.  Crossotus  rollaris  breviusculus ,  uiger,  thoracis  laterihus , 
'nelytris  maculis  duabus  (prima  basali  tuberculata,  secunda  laterali 
circumflem  poue  médium)  albis.  Capite  brunneo  albidoque  varie- 
gato,  longitudine  sulcato  ;  au  tennis  albo-annulatis,  quarto  articulo 
curvato  ;  thoraco  quadrispinoso,  basi  transverse  sulcato  ;  elytris  sin- 
gulis  fasciculis  quatuor  brunneis  et  erectis,  in  dimidia  parte  ante- 
riore  foveato-punctatis  et  in  apiee  breviter  truncatis  ;  tibiis  in  apice 
tarsisque  partim  nigris,  albo  siguatis.  —  Long.,  10  mill.;  lat.,  5  mill. 

Ponctué,  noir,  mélangé  de  brun  et  de  blanc.  Tête 
moyenne,  arrondie,  faiblement  bicornue  entre  les  antennes 
et  sillonnée  longitudinalement.  Antennes  longues  de  la  moi- 
tié du  corps,  noires,  annelées  de  blanc,  de  onze  articles  ;  le 
troisième  est  long ,  le  quatrième  un  peu  plus  court  et  légè- 
rement cambré  pour  s'emboîter  sur  l'angle  humerai,  sui- 
vants moyens  ,  et  diminuant  de  longueur  et  de  grosseur. 
Corselet  en  carré  transverse,  transversalement  sillonné  près 
de  la  base,  droit  en  avant  et  en  arrière,  muni,  près  de  l'an- 
gle antérieur,  en  dessous,  d'une  dent  obtuse  qui  se  dirige 
vers  la  tête,  et  d'une  épine  latérale  médiane  régulière  ;  le 
milieu  et  l'angle  antérieur  seulement  sont  noirs  et  ponctués, 
et  les  côtés  sont  blancs.  Ecusson  assez  grand,  allongé,  ar- 
rondi. Elytrcs  plus  larges  que  le  corselet,  arrondies  rec- 
tangulairement  sur  l'épaule,  presque  parallèles,  brièvement 
et  obliquement  tronquées  au  sommet;  noires,  variées  de 
brun,  ayant  chacune  deux  taches  blanches,  dont  la  première 
repose,  au  milieu  de  la  base,  sur  un  fort  tubercule,  et  la 
seconde  est  circonflexe,  appuyée  à  la  marge  et  située  au 
delà  du  milieu  longitudinal.  On  voit  en  plus  trois  ou  quatre 
faisceaux  de  poils  bruns  élevés  et  un  peu  dirigés  en  ar- 
rière ,  dont  trois  sur  une  ligne  parallèle  et  le  quatrième 
sur  l'épaule.  Corps,  en  dessous,  et  pattes  mélangés  de  noir, 
de  brun  et  de  blanc.  Sommet  des  jambes  noir;  tarses  noirs 
et  blancs.  Prosternum  carré,  brièvement  bicornu  en  avant. 
—  De  la  collection  de  M.  Andrew  Murray  et  de  celle  de 
l'auteur. 

58.  Apomecyna  ^ammpnnclatn  rugulosfl ,  grosse  puncUta,  ni 


SOCIÉTÉS  SAVANTES.  535 

gra,  mtida;  thoraeo  inormi  antiee  in  medio  paululum  protenso  pos- 
ticeque  recto  et  augustissime  stricto;  seutello  lato,  semi-rotnndato, 
longitudine  impresso  ;  elytris  punctato-striatis,  subcostatis  alboque 
gultulatis.  —  Long.,  10  mill.  1/2;  lat.,  i  mill. 

Ruguleuse  ,  noire  ,  brillante ,  couverte  de  très  -  gros 
points.  Tête  convexe,  moyenne,  sillonnée  longitudinale- 
ment.  Antennes  épaisses,  un  peu  plus  longues  que  la  moi- 
tié da  corps,  à  troisième  et  quatrième  articles  grands,  à 
cinquième  de  moitié  plus  court  que  les  précédents.  Corse- 
let allongé,  coupé  droit  en  avant,  un  peu  avancé  sur  le  mi- 
lieu vers  la  tête,  étroitement  sillonné  en  dessous  jusqu'à  la 
hauteur  des  yeux,  droit  en  arrière  et  étroitement  sillonné 
dans  sa  largeur.  Ecusson  grand,  presque  carré  et  arrondi 
en  arrière,  sillonné  au  milieu.  Elytres  un  peu  plus  larges 
que  le  corselet,  avancées  et  arrondies  sur  l'épaule,  subpa- 
rallèles, plus  étroitement  sur  le  sommet,  et  marquées  de  neuf 
stries  ponctuées  et  de  gouttelettes  blanches  inégalement 
réparties,  qui  apparaissent  quelquefois  au  nombre  de  vingt- 
huit  à  trente  par  étui  ;  quelques  gros  points  seulement  en 
dessous  sur  les  côtés  de  la  poitrine.  Pattes  courtes,  assez 
épaisses;  cuisses  renflées;  jambes  antérieures  légèrement 
échancrées  en  dessous,  cendrées  et  émoussées  à  l'extré- 
mité. —  De  la  collection  de  M.  Andrew  Murray  et  de  celle 
de  l'auteur. 

{La  suite  prochainement.) 


II.     SOCIETES     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  3  novembre  1856.  —  S.  A.  Monseigneur  le 
prince  Ch.  Bonaparte  lit  des  Additions  et  corrections  au 
Coup  dml  eut  L'ordre  des  Pigeons  et  à  la  partie  correspond 


536  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

dante  du  Conspectus  avium.  Voici  la  Note  qui  précède  ces 
additions  remplies  de  détails  synonymiques  et  d'observa- 
tions critiques  de  la  plus  haute  importance  pour  les  orni- 
thologistes : 

«  J'ai  attendu,  pour  publier  les  additions  et  rectifica- 
tions à  l'ordre  des  Pigeons,  de  pouvoir  profiter  de  la  se- 
conde édition  du  catalogue  rédigé  par  M.  G.  R.  Gray  pour 
les  espèces  du  Muséum  britannique.  Mais,  je  le  dis  à  re- 
gret, cet  opuscule  est  loin  d'avoir  rempli  mon  attente; 
l'auteur  n'a  pas  su  ou  n'a  pas  toujours  voulu  profiter  des 
travaux  faits  de  ce  côté  du  détroit,  et  je  me  vois  contraint 
de  protester  derechef  contre  sa  synonymie  des  vraies  Ptilo- 
podes  (Ptilinopes!),  et  particulièrement  contre  sa  repu- 
gnance  à  adopter  l'excellente  espèce  de  Lesson  (Pt.  rosei- 
capilla),  qu'il  dédouble  sans  raison,  pour  substituer  son 
propre  nom  de  purpureicinctus.  Le  Pt.  Mercieri  est  tout  à 
fait  distinct.  Je  maintiens  donc,  même  en  cela,  cette  partie 
ardue  de  mon  travail,  dans  lequel  la  part  que  j'ai  faite  à 
mon  savant  ami  d'outre-Manche  est  certainement  assez 
be        » 

A  la  suite  de  ces  additions,  qui  occupent  sept  pages  des 
comptes  rendus,  le  prince  a  donné  un  grand  tableau  inti- 
tulé, Conspectus  ineptorum  et  struthionum  aves. 

M.  le  président  Geoffroy  Saint-Hilaire  met  sous  les  yeux 
de  l'Académie  un  Papillon  vivant  d'un  ver  à  soie  du  chêne 
(bombyx  mylitta),  et  donne  lecture  de  la  lettre  suivante 
qui  accompagnait  cet  envoi  : 

«  Monsieur  le  président,  j'ai  l'honneur  de  vous  prier  de 
vouloir  bien  communiquer  à  l'Académie  des  sciences  un 
fait  très-curieux  d'histoire  naturelle  qui  se  rattache  à  une 
question  importante,  à  nos  tentatives  d'acclimatation  du 
ver  à  soie  de  l'Inde  (bombyx  mylitta),  qui  vit  des  feuilles 
de  divers  arbres,  et  particulièrement  de  celles  de  plusieurs 
de  nos  chênes  les  plus  communs. 

«  J'ai  commencé,  l'année  dernière,  l'introduction  de  ce 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  537 

ver  à  soie,  qui  donne  la  fameuse  soie  tussah,  si  belle  et  si 
solide,  et  j'ai  aujourd'hui  la  satisfaction  de  pouvoir  annon- 
cer que,  grâce  à  la  puissante  intervention  de  la  Société 
impériale  d'acclimatation  dont  on  vous  doit  l'idée  et  la 
fondation  à  laquelle  je  me  suis  empressé  de  faire  hommage, 
au  nom  de  M.  Perrottet,  des  premiers  cocons  qu'il  m'avait 
envoyés  de  Pondichéry,  l'acclimatation  de  cette  utile  es- 
pèce est  en  pleine  voie  de  succès. 

«  En  effet,  l'année  dernière,  j'ai  obtenu  assez  d'oeufs  de 
ce  ver  à  soie  pour  faire  élever  à  Paris  et  à  Lausanne  un 
bon  nombre  de  chenilles  qui  ont  tissé  leurs  cocons.  Ces 
cocons  ont  produit,  cette  année,  des  papillons  vigoureux 
dont  la  ponte  a  donné  lieu  à  une  très-heureuse  éducation, 
surtout  à  Lausanne,  où  mon  savant  ami,  M.  le  docteur  Cha- 
vannes,  est  parvenu  à  obtenir  plusieurs  centaines  de  co- 
cons, espoir  de  la  génération  de  l'année  prochaine.  J'at- 
tends de  M.  Chavannes,  pour  la  Société  d'acclimatation 
dont  il  est  membre,  un  rapport  détaillé  sur  cette  éduca- 
tion, et  j'y  joindrai  les  observations  que  j'ai  faites  sur  l'é- 
ducation de  Paris.  Aujourd'hui  je  désire  seulement  appeler 
l'attention  sur  une  anomalie  remarquable,  sur  l'éclosion 
prématurée  de  l'un  des  cocons  obtenus  à  Paris.  Cette  appa- 
rition, en  plein  hiver,  d'un  papillon  qui  ne  doit  se  montrer 
que  l'été  prochain  s'observe  quelquefois  chez  nos  bom- 
byx d'Europe:  heureusement  c'est  un  cas  rare  et  excep- 
tionnel, car  si  tous  les  cocons  donnaient  ainsi  les  papillons 
quand  il  n'y  a  plus  de  feuilles  pour  nourrir  leur  progé- 
niture, et  si  les  œufs  de  ces  papillons  éclosaient  huit  jours 
après  avoir  été  pondus ,  ce  qui  est  le  cas  ordinaire  chez  le 
bombyx  mylitta  en  question,  l'espèce  périrait  infaillible- 
ment. 

«  Je  ne  pourrais  trop  le  répéter,  l'introduction  d'espèces 
susceptibles  de  transformer  les  feuilles  inutiles  de  nos 
chênes  en  une  soie  très-belle  et  très-forte  ne  saurait  me 
détourner  des  travaux  relatifs  à  l'amélioration  de  nos  belles 
races  de  vers  à  soie  ordinaires,  surtout  aujourd'hui  qu'une 


538  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

terrible  épidémie  (la  gattine)  sévit  sur  elles  dans  presque 
toute  l'Europe.  Dans  une  prochaine  communication,  j'au- 
rai l'honneur  d'entretenir  l'Académie  de  mes  observations 
sur  cette  grave  maladie  des  vers  à  soie,  qui  fait  manquer 
la  récolte  presque  partout,  et  qui  est  devenue,  pour  les 
populations  de  plusieurs  de  nos  départements  du  midi, 
une  calamité  aussi  désastreuse  que  les  inondations  du 
Rhône  et  de  la  Loire. 

«  J'ai  l'honneur,  etc.  Guérin -Ménevillë.  » 

Séance  du  10  novembre.  —  M.  Moquin-Tandon  présente, 
de  la  part  de  S.  A.  le  prince  Ch.  Bonaparte,  le  Catalogue 
des  Oiseaux  d'Europe  offert  en  1856,  aux  ornithologistes , 
par  M.  Emile  Parzudaki,  suivi  d'une  énumération  supplé- 
mentaire des  espèces  algériennes  non  européennes,  d'une  liste 
des  espèces  acclimatées,  et  d'une  autre  de  celles  données  à  tort 
comme  d'Europe,  rédigé  d'après  les  dernières  classifications 
de  S.  A.  Monseigneur  le  prince  Bonaparte.  In-4°.  Paris, 
Parzudaki,  1856. 

M.  Paul  Gervais  adresse  une  Note  sur  les  prétendus  oiseaux 
fossiles  du  terrain  wealdûn  de  Tilgate.  Cette  note  a  pour 
objet  de  protester  contre  un  passage  du  travail  que  le 
prince  Ch.  Bonaparte  a  publié,  dans  les  Comptes  rendus 
(t.  XLI1I,  p.  775),  sur  l'ornithologie  fossile,  dans  lequel  le 
savant  prince  dit  que  M.  Gervais  a  pris  le  crâne  d'un  pois- 
son pour  celui  d'un  oiseau. 

M.  de  Par  aveu  écrit  que  de  nouvelles  recherches  lui  per- 
mettent d'établir  que  i'Epyprnis  a  existé  non-seulement  à 
Madagascar,  mais  sur  le  continent  de  l'Afrique  :  en  Cafre- 
rie  et  dans  le  royaume  de  Magodoxo  spécialement.  Ces  re- 
cherches lui  permettront  aussi  de  faire  connaître  le  nom 
qu'il  portait  en  Afrique  et  de  confirmer  encore,  d'une  nou- 
velle manière,  les  conjectures  savantes  de  M.  I.  Geoffroy 
Saint-Hilaire. 

Séance  du  17  novembre.  —  S.  A.  Monseigneur  le  prince 
Ci».  Bonaparte  présente  la  fin  de  ses  Addition»  et  correction* 


SOCIÉTÉS    SAVANTES.  539 

au  Coup  a"  ml  sur  l'ordre  des  Pigeons  et  à  (a  partie  corres- 
pondant? du  Conspectus  avium.  Cotte  terminaison  d'études, 
que  tous  les  ornithologistes  liront  avec  le  plus  vif  intérêt, 
occupe  encore  huit  pages  des  Comptes  rendus.  En  défi- 
nitive, et  comme  conclusion  générale,  le  prince  termine 
ainsi  : 

«  En  tenant  compte  des  diverses  suppressions  et  addi- 
tions, depuis  la  publication  de  mon  Tableau  des  Pigeons  et 
de  la  partie  de  mon  Conspectus  avium  comprenant  cet 
ordre,  les  genres  de  Pigeons  sont  portés  de  quatre-vingt- 
trois  à  quatre-vingt-neuf,  et  les  espèces  de  deux  cent  qua- 
tre-vingt-huit à  trois  cents.  » 

M.  Colin  adresse  la  Description  de  deux  Moutons  cèloso- 
miens.  Les  deux  animaux  sont  deux  veaux  mâles  nés  à 
terme.  Ils  ont  été  disséqués  par  M.  Colin  dans  le  cours  de 
cette  année,  et  les  squelettes  ont  été  déposés  au  musée  de 
l'école  vétérinaire  d'Alfort.  La  description  est  accompa- 
gnée de  deux  figures  dessinées  avec  beaucoup  de  soin. 

M.  Pucheran  écrit  pour  réclamer  contre  quelques  inexac- 
titudes contenues  dans  une  note  annexée  à  une  communi- 
cation faite  dans  la  séance  du  15  septembre  1856,  par  le 
prince  Ch.  Bonaparte,  note  que  M.  Pucheran  pense  le  con- 
cerner quoiqu'il  n'y  soit  pas  nommé. 

En  faisant  hommage  à  l'Académie  d'un  mémoire  de 
zoologie  appliquée  à  l'agriculture,  nous  avons  adressé  à 
son  illustre  président  la  lettre  suivante  : 

a  Monsieur  le  président,  en  démontrant  l'insuffisance 
de  la  production  animale  dans  vos  Lettres  sur  les  substance* 
alimentaires,  en  faisant  voir  que  des  millions  de  Français 
sont  presque  totalement  privés  de  viande,  puisqu'ils  n'en 
mangent  que  six  fois,  deux  fois,  et  même  une  seule  fois  par 
an,  vous  avez  fixé  tous  les  regards  vers  la  cause  première 
des  souffrances  de  notre  agriculture,  et  vous  avez  rendu 
un  véritable  service  en  appelant  de  nouveau,  et  avec  l'au- 
torité qui  s'attache  à  vos  paroles,  l'attention  de  tous  MM 
c*»i  chercheut  un  rpmè<l<>  à  ce  mal  profond) 


540  rev.  et  màg.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

«  Tout  en  rendant  hautement  justice  aux  louables  efforts 
du  gouvernement,  j'ai  toujours  pensé  qu'il  était  du  devoir 
de  tous  les  hommes  qui  s'occupent  du  progrès  agricole  en 
France  de  lui  venir  en  aide,  et  que  la  puissance  de  l'asso- 
ciation pouvait  seule  conduire  à  ce  grand  résultat. 

«  J'ai  donc  l'honneur  de  soumettre  à  l'Académie,  en 
mon  nom  et  en  celui  de  mon  collaborateur,  M.  de  Waro- 
quier,  le  mémoire  ci-joint  intitulé  :  Considérations  générales 
sur  l'institution  du  cheptel.  Ce  travail,  en  exposant  les  im- 
menses avantages  que  le  pays  est  appelé  à  retirer  d'un  sage 
développement  de  cette  grande  institution,  démontre  qu'a- 
vec elle  l'on  multiplie  et  améliore  le  bétail;  qu'avec  un  ac- 
croissement de  bétail  on  obtiendra  plus  d'engrais  pour 
transformer  les  bons  sols  en  bonnes  terres,  et  que  l'on 
doublera  ainsi  bientôt  la  production  de  la  viande  et  celle 
du  blé. 

«  L'application  réglementée  du  cheptel  est  un  fait  ac- 
compli aujourd'hui,  car  une  association  de  capitalistes  et 
d'agriculteurs  fonctionne  déjà  depuis  près  de  trois  ans  et  a 
montré  tout  le  bien  qu'elle  peut  produire.  Appelé  à  con- 
courir à  la  réorganisation  de  cette  association  bienfaisante, 
qui  avait  d'abord  été  exploitée,  comme  cela  arrive  trop  sou- 
vent, par  des  mains  coupables,  j'ai  pu,  avec  l'aide  de  mon 
honorable  collaborateur,  la  transformer  complètement. 
Nous  sommes  ainsi  parvenus  à  lui  donner  un  grand  déve- 
loppement dans  plus  de  la  moitié  de  la  France,  avec  le 
caractère  d'un  vaste  enseignement  d'agriculture  pratique 
et  celui  d'un  véritable  crédit  agricole  en  nature,  en  le  réu- 
nissant à  une  puissante  association,  la  Caisse  franco-suisse 
du  cheptel  et  de  l'agriculture,  que  nous  venons  de  fonder 
avec  M.  Hipp.  Dussard,  fortement  appuyé  par  de  grands 
capitalistes  suisses  et  français. 

«  J'ai  pensé  que  l'Académie  des  sciences,  qui  rend  de  si 
grands  services  à  l'agriculture,  et  que  vous-même,  mon- 
sieur le  président,  qui  n'avez  cessé  de  vous  occuper  des 
applications  de  la  zoologie,  apprendriez  avec  intérêt  que 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  541 

la  puissance  de  l'association  vient  aujourd'hui  concourir  à 
répandre  les  résultats  de  vos  utiles  travaux,  et  je  suis  enfin 
parvenu,  avec  mes  honorables  collaborateurs,  à  régénérer 
une  institution  philanthropique,  une  oeuvre  pratique  de 
véritable  civilisation,  remarquable  surtout  par  l'immense 
bien  qu'elle  peut  faire  au  pays,  et  qui  va  procurer  à  tous 
ses  associés  le  rare  et  inappréciable  avantage  de  faire  en 
même  temps  une  bonne  affaire  et  une  bonne  action. 

«  J'ai  l'honneur,  etc.  Guérin-Méneville.  » 

Séance  du  24  novembre.  —  Après  la  lecture  du  procès- 
verbal  et  à  l'occasion  d'une  pièce  de  la  correspondance, 
dans  laquelle  son  nom  est  mentionné,  le  prince  Charles-L. 
Bonaparte  dépose  une  Note  contenant  quelques  observa- 
tions par  lesquelles  il  répond  à  la  Note  présentée  par  M.  le 
docteur  Pucheran  à  l'Académie,  dans  la  dernière  séance, 
et  maintient  l'exactitude  de  toutes  les  remarques  consignées 
dans  le  passage  cité  du  Compte  rendu  de  la  séance  du  15  sep- 
tembre dernier. 

S.  A.  Monseigneur  le  prince  Ch.  Bonaparte  communique 
des  Additions  et  corrections  aux  tableaux  paralléliques  de 
Vordre  des  Hérons  et  des  Pélagiens  ou  Gavies,  et  à  la  partie 
correspondante  déjà  publiée  du  Conspectus  avium. 

Ces  notes,  qui  portent  sur  des  questions  de  synonymie, 
sur  des  espèces  à  ajouter  ou  à  retrancher,  etc.,  etc.,  ne 
peuvent  donner  lieu  à  aucune  analyse.  Elles  occupent  neuf 
pages  des  Comptes  rendus,  et  seront  du  plus  grand  intérêt 
pour  les  ornithologistes. 

M.  Jacquelin  du  Val  lit  une  Note  sur  l'organisation  du 
squelette  extérieur  des  insectes  et  les  lois  qui  la  régissent. 

L'introduction  de  l'extrait  donné  par  l'auteur  dans  les 
Comptes  rendus  et  sa  conclusion  donneront  une  idée  de  ce 
travail  ;  les  voici  : 

«  Cette  Note  est  destinée  à  faire  connaître  des  lois  re- 
marquables régissant  l'organisation  externe  des  insectes, 
lois  que  j'ai  découvertes  dans  le  cours  de  dissections  mul- 


542   rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

lipliées,  de  recherches  variées  et  d'observations  nombreuses 
entreprises  en  vue  de  l'introduction  du  grand  Gênera  que 
je  publie  sur  les  Coléoptères  d'Europe. 

«  Dans  le  mémoire  que  j'ai  l'honneur  de  soumettre  au 
jugement  de  l'Académie,  je  démontre  d'abord  qu'avant  les 
travaux  de  Savigny,  et  surtout  d'Audoin,  l'on  n'avait  au- 
cune idée  des  lois  qui  régissent  l'organisation  du  squelette 
extérieur  des  insectes,  et  je  formule  de  nouveau,  ainsi  qu'il 
suit,  les  lois  générales  résultant  des  travaux  déjà  faits,  pour 
mieux  faire  sentir  la  différence  essentielle  qui  existe  entre 
celles-ci  et  mes  propres  lois  qui  sont  le  complément  indis- 
pensable des  premières,  et  viennent  achever  de  poser  les 
bases  fixes,  simples  et  entières  de  l'organisation  externe  des 
insectes. 

«  Loi  fondamentale.  —  Des  lois  précédentes  découle  la 
loi  fondamentale  suivante  qui  les  résume  en  grande  partie  : 

«  Tout  anneau  du  squelette  extérieur  des  insectes  est 
formé  de  quatre  éléments  analogues  ou  identiques,  symé- 
triquement disposés  et  constitués  chacun  normalement  par 
quatre  pièces  et  un  appendice  articulé. 

«  Conclusion.  —  De  sorte  qu'il  suffit  de  bien  connaître 
un  élément,  la  disposition  des  pièces  qui  le  forment  et  celle 
des  éléments  entre  eux,  pour  comprendre  et  expliquer  la 
composition  entière  du  squelette  extérieur  de  tous  les  in- 
sectes. » 

M.  Ebrard  adresse,  à  l'occasion  du  rapport  fait  le  3  sep- 
tembre 1855  sur  un  mémoire  de  M.  Lespès,  quelques  ob- 
servations sur  les  spermatophores  des  Grillons,  des  Abeilles  et 
sur  les  anses  mucipares  des  Sangsues. 

«  ...  J'ai  fait  part,  en  1852,  à  la  Société  de  biologie, 
d'observations  analogues  à  celles  de  M.  Lespès,  et  cette 
communication  a  été  insérée  dans  la  Gazette  médicale,  de 
Paris,  année  1852,  page  775.  Je  n'aurais  pas  adressé  une 
réclamation  de  priorité  aussi  tardive  si  je  n'avais  un  autre 
but,  celui  de  faire  connaître  que  le  même  genre  de  fécon- 
dation a  lieu  chez  la  femelle  ou  reine  des  Abeilles  dômes- 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  543 

tiques.  Qu'il  me  soit  permis  de  mettre  à  profit  cette  lettre 
pour  communiquer  à  l'Académie  des  sciences  une  autiv 
observation.  Les  fonctions  des  anses  mucipares  chez  les 
sangsues  médicinales  ont  souvent  préoccupé  les  natura- 
listes. J'ai  constaté,  en  disséquant  des  sangsues  avant,  pen- 
dant et  immédiatement  après  la  pose  des  cocons,  que  ces 
organes  sécrètent  la  sérosité  visqueuse  au  milieu  de  laquelle 
ces  annélides  déposent  leurs  œufs,  et  qui,  en  se  desséchant, 
forme  l'enveloppe  spongieuse  du  cocon.  Les  Hirudinées, 
dont  les  ceuis  sont  entourés  d'un  tissu  spongieux,  sont  les 
seules  chez  lesquelles  les  anses  mucipares  existent  ou  sont 
très-développées.  » 

M.  G.  Colin  adresse  la  Description  d'un  monstre  cyclocê- 
phale.  C'est  un  fœtus  de  vache  parvenu  au  septième  mois 
de  la  gestation . 

M.  le  président  fait  hommage,  au  nom  de  M.  Richard 
(du  Cantal),  d'un  exemplaire  d'un  ouvrage  intitulé,  Élude 
du  cheval  de  service  et  de  guerre,  et  signale  le  parti  qu'a  tiré 
l'auteur,  pour  cette  nouvelle  publication  sur  un  sujet  qui 
l'occupe  depuis  longtemps,  des  faits  observés  durant  la 
campagne  de  Crimée,  faits  qui  ont  été  entièrement  con- 
formes à  ses  prévisions. 


III.  MELANGES  ET  NOUVELLES 

Notre  collaborateur  M.  James  Thomson  nous  commu- 
nique le  prospectus  d'un  grand  travail  qu'il  va  incessam- 
ment publier,  de  la  Monographie  des  Ctcindélides  ou  ex- 
posé méthodique  et  critique  des  tribus,  genres  et  espèces  de 
cette  famille. 

Après  avoir  rappelé  les  grands  avantages  que  les  mo- 
nographies offrent  aux  entomologistes,  surtout  lorsqu'elles 
sont  accompagnées  de  bonnes  planches,  M.  Thomson  an- 
nonce que  rien  ne  sera  négligé  par  lui  pour  placer  son 
travail  au  premier  rang  des  publications  iconographiques. 


544  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Novembre  1856.) 

Possesseur  de  la  plus  riche  collection  que  l'on  connaisse 
à  Paris,  maître  de  son  temps,  plein  de  zèle  pour  les  pro- 
grès de  l'entomologie,  M.  Thomson  se  trouve  dans  les 
meilleures  conditions  pour  entreprendre  un  pareil  travail 
et  le  mener  à  bonne  fin.  Quant  à  la  partie  iconographique, 
elle  sera  digne  de  notre  époque ,  car  elle  a  été  confiée  à 
M.  Nicollet,  à  la  fois  entomologiste  et  peintre  habile,  ce 
qui  garantit  la  beauté  artistique  des  figures  et  leur  exac- 
titude scientifique. 

L'auteur,  dit  le  prospectus,  en  publiant  ce  livre  à  grands 
frais,  n'a  pas  voulu  en  faire  un  objet  de  spéculation  ;  son 
but,  au  contraire,  a  été  de  le  livrer  aux  amateurs  à  un 
prix  inférieur  aux  dépenses  qu'il  a  nécessitées.  Il  sera 
composé  de  cinq  à  six  livraisons  in-4,  renfermant  de  80  à 
100  planches,  et  le  prix  a  été  fixé  à  3  fr.  par  livraison.  — 
On  souscrit  chez  le  trésorier  de  la  Société  entomologique, 
rue  Hautefeuille,  19,  à  Paris. 


TABLE   DES   MATIERES. 

Pages. 

Loche  (le  capitaine).  —  Nouvelle  espèce  de  Zorille.  497 

Bourguignat.  —  Aménités  malacologiques.  499 

Thomson  (James).  —  Description  de  quatre  Lucauides  nouveaux.  516 
•    ld.               Description  d'une  Cincidcla  et  de  deux  Lon- 

gicornes.  528 

Fairmaire  (Léon).  —  Coleoptera  maroccana.  530 

Chevrolat.  —  Description  de  Longicornes  nouveaux.  531 

Académie  des  sciences.  535 

Mélanges  et  nouvelles.  543 


PARIS.  —  1MP.   DE   Mme   V°  BOUCHARD -HOZARD  ,    RUE  DE   l'ÉPERON,   5. 


DIX-NEUVIÈME    ANNÉE.  —  DÉCEMBRE    1856. 


I.  TRAVAUX  INÉDITS. 

Notices  majhmalogiques  ,  par  M.  le  Dr  Pucheran. 
(Voir  1856,  p.  145,  315,  362,  449.) 

5°  Dauphin  bordé,  Delphinus  marginatus,  Duvernoy 
(pi.  xxv). 

Cette  espèce  a  été  établie  par  M.  Duvernoy  d'après 
deux  individus  envoyés  au  Musée  de  Paris,  en  1854,  par 
M.  le  docteur  Guiton.  Ces  deux  Cétacés  étaient  échoués 
aux  environs  de  Dieppe.  Aussitôt  après  leur  arrivée,  un 
dessin  en  fut  fait  pour  la  collection  des  vélins  du  Mu- 
séum :  ce  dessin  a  été  reproduit  par  M.  E.  Desmarets, 
dans  l'Encyclopédie  du  docteur  Chenu  (1). 

D'après  le  vélin,  ce  Cétacé  est  noir  sur  les  parties  supé- 
rieures; cette  teinte  est  moins  foncée  sur  les  côtés  de  la 
tête  et  les  flancs,  jusqu'au  niveau  de  la  région  génitale.  La 
couleur  blanche  règne  en  dessous  sur  la  gorge,  le  thorax 
et  l'abdomen.  Le  pourtour  de  la  mâchoire  est  noirâtre; 
mais  son  extrémité  est  franchement  noire.  Le  blanc  occupe, 
au  contraire,  un  espace  fort  restreint,  de  la  région  géni- 
tale à  la  queue. 


(1)  Encycl.  (Thist.  nat.,  Mammifères,  vol.  V,  p.  284,  pi.  xxix, 

fig.  1. 

2e  série,  t.  vin.  Année  1856.  35 


546  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

Le  pourtour  de  l'œil  est  noir  ;  de  son  angle  postérieur 
part  une  bande  de  même  couleur  bordée  supérieurement 
d'une  ligne  blanche.  La  première  s'étend ,  en  devenant 
plus  large,  jusqu'à  la  région  pénienne ,  qu'elle  dépasse  un 
peu  en  arrière,  mais  en  perdant  de  sa  largeur  ;  la  seconde, 
au  contraire,  moins  étroite  dans  sa  partie  médiane,  est 
plus  amincie  à  ses  extrémités  ,  surtout  en  avant.  Cette 
bande  noire  établit,  par  conséquent,  dans  une  certaine 
limite ,  une  séparation  entre  la  couleur  blanche  de  l'ab- 
domen et  la  teinte  plus  éclaircie  des  parties  latérales  du 
corps. 

Une  seconde  bande  noire,  mais  plus  large  que  celle 
dont  il  vient  d'être  question,  est  étendue  obliquement  du 
bord  inférieur  de  l'œil  à  la  nageoire  pectorale.  Cette  bande 
offre,  dans  son  centre,  un  trait  blanc  qui,  près  du  bord  in- 
férieur de  l'œil,  communique  avec  le  blanc  de  la  gorge. 
Toute  la  partie  de  cette  bande  oblique  qui  se  trouve  en 
arrière  de  la  ligne  blanche  centrale  se  termine,  antérieu- 
rement et  supérieurement ,  à  l'angle  postérieur  de  l'œil  ; 
dans  cette  partie  de  la  tête,  elle  se  joint  à  la  bande  longi- 
tudinale noire  des  flancs.  Ajoutons  enfin  que  de  cette 
même  bande  longitudinale  des  flancs  s'en  détache  une  se- 
conde, noire  comme  elle,  mais  plus  étroite,  plus  oblique, 
laquelle,  traversant  le  blanc  des  parties  inférieures,  vient 
se  terminer,  à  la  réunion  du  tiers  antérieur,  avec  le  tiers 
moyen  de  l'espace  compris  entre  la  région  pénienne  et  le 
large  trait  oblique  étendu  de  l'œil  à  la  nageoire. 

Toutes  les  nageoires  sont  noires  ;  un  petit  trait  de  cou- 
leur blanche  borde ,  sur  toutes ,  le  bord  le  plus  antérieur. 
La  dorsale  est  élancée,  peu  échancrée  à  son  bord  posté- 
rieur. Les  deux  lobes  de  la  caudale  sont  bien  formés  :  elle 
est  plus  étendue  dans  ses  dimensions  de  droite  à  gauche 
que  d'avant  en  arrière.  Les  pectorales  sont  petites. 
Observons  cependant  que  dans  le  plus  grand  de  nos 
exemplaires,  la  dorsale  et  les  pectorales  sont  moins  com- 
plètes que  dans  celui  qui  a  servi  pour  le  dessin  que  nous 


TRAVAUX     INÉDITS.  o47 

venons  de  décrire.  Les  dimensions  de  ce  dernier  sont  les 
suivantes  : 

Longueur  totale  (le  lien  passant  sur  le 

dos) 2m,09cm,7mm 

Longueur  du  bec 

à  l'évent 35      » 

.  à  l'œil..                       .  34      » 
bout  du  bec.     .(  al  emergencede  la  pec- 
torale   52      » 


à  la  dorsale 93  2     ^ 

Largeur  de  la  caudale -      42  » 

Longueur  du  bord  extérieur  de  la  pec- 
torale  ,.     .     .     .  30  5 

La  tête  osseuse  de  cette  espèce  de  Dauphin ,  dont  un 
squelette  d'individu  mâle  fait  partie  des  galeries  d'anatomie 
comparée  du  Muséum ,  mise  en  présence  de  celle  du  Del- 
phinus  delphis  qui  nous  a  déjà  servi  de  terme  de  compa- 
raison, est  d'ensemble  plus  allongée  (1).  La  portion  ros- 
trale  est  moins  effilée ,  plus  aplatie  :  les  intermaxillaires 
sont  plus  aplatis,  les  maxillaires  situés,  par  conséquent, 
dans  un  plan  moins  postérieur.  La  fente  médio-nasale  est 
plus  large  en  avant.  A  la  face  inférieure  de  cette  même 
région,  le  même  étalement  transversal  se  reproduit  :  la 
région  palatine  est  aplatie  aussi,  dépourvue,  par  consé- 
quent, de  la  crête  médiane  et  des  sillons  latéraux  dont 
elle  est  munie  chez  le  Dauphin  vulgaire  ;  la  cavité  osseuse 
des  arrière-narines  est  plus  large  de  droite  à  gauche.  Les 
maxillaires  inférieurs  sont  plus  forts.  La  formule  dentaire 

,  33—34        .     .  .       A  ,    . 
est  ,_     ,    ,  mais,  a  la  mâchoire  supérieure,  il  y  a  un  très- 


Ci)  La  longueur  totale  de  cette  tête,  depuis  le  trou  occipital,  dé- 
passe (le  lien  passant  en  dessus)  54  centimètres,  et  la  mâchoire  su- 
périeure est  iucomplète  eu  avant. 


548  kev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

grand  espace  dont  les  dents  sont  tombées.  Ces  dents  sont 
plus  grosses,  plus  fortes  que  celles  du  Delphinus  delphis. 
Le  crâne  proprement  dit  est  plus  large  que  dans  cette  der- 
nière espèce  :  la  crête  occipitale  est ,  sur  les  côtés ,  plus 
verticale,  moins  arrondie  ;  il  y  a  une  excavation  très-forte 
en  dehors  de  la  bordure  osseuse  des  évents. 

Le  squelette  porte  quinze  paires  de  côtes.  Dans  la  co- 
lonne vertébrale,  les  trois  premières  vertèbres  cervicales 
sont  soudées,  les  quatre  autres  libres.  J'ai  compté  vingt  et 
une  vertèbres  sans  os  en  V  inférieurement ,  vingt-quatre 
munies,  inférieurement ,  de  ces  appendices  et  neuf  termi- 
nales. 

Je  crois  que  cette  espèce  était  bien  nouvelle  lorsque , 
en  1854,  M.  le  professeur  Duvernoy  lui  a  imposé  la  déno- 
mination que  nous  lui  avons  conservée.  Par  le  mode  de 
coloration  de  ses  flancs,  elle  se  distingue,  de  prime  abord, 
du  Delphinus  delphis,  que  tous  les  observateurs  s'accor- 
dent à  caractériser  comme  étant  blanc  en  dessous,  noir 
en  dessus.  La  tête  osseuse  est  bien  particularisée  aussi , 
ainsi  que  le  prouvent  les  détails  dans  lesquels  nous  ve- 
nons d'entrer.  Nous  devons  ajouter  que  c'est  vainement 
que  nous  avons  essayé  de  la  rattacher  à  quelqu'une  des 
espèces  dont  M.  Gray  a  décrit  et  figuré  les  crânes,  il  y  a 
qnelques  années,  dans  la  partie  mammalogique  du  Voyage 
d'Erebus  et  Terror. 

6°  Marsouin  du  Cap,  Phocœna  capensis. 

Je  n'ai  point  de  nouveaux  renseignements  à  donner  sur 
cette  espèce,  que  MM.  Schlégel  et  Gray  considèrent  comme 
constituant  un  synonyme  de  Delphinus  Heavisidii,  asser- 
tion qui  ne  me  semble  point  encore  démontrée.  Je  me 
bornerai ,  pour  le  moment ,  à  donner  les  dimensions  du 
type  de  M.  Dussumier.  Voici  ces  dimensions  : 

Longueur  totale  (du  bout  de  la  mâchoire  supérieure  à 


TRAVAUX   INÉDITS.  549 

la  fente  de  la  nageoire  caudale,  le  lien  passant  sur  le 

dos) l»,61cm,2mm 

à  la  dorsale 75      2 

àl'évent 19     6 


Distance       du 
bout  de  la  mà- 


.  a  1  émergence  de  la  pec- 
choire  supérieure»           ,                        ■  <w,      „ 

v  \     torale 36     7 

Distance  du  point  d'insertion  de  la  dor- 
sale, en  arrière  sur  le  corps,  jusqu'à  la  fente 

de  la  nageoire  caudale 58      G 

du  bord  adhérent  de  la 
dorsale ,  jusqu'au  mo- 
ment où  ellese  confond, 
Longueur.      ./    en  arrière,  avec  la  ca- 
rène dorsale.     ...         29      7 
du  bord  extérieur  de  la 

pectorale 23      4 

de  la  dorsale,  au  point  le 

plus  élevé 12      4 

de  la  caudale,  depuis  le 
Hauteur.    .     ./     point  où  elle  se  sépare 
du  reste  du  corps  jus- 
qu'au haut  de  la  fente 

médiane 14      » 

Largeur  de  la  caudale  d'un  côté  à  l'autre 
(au-dessus  de  l'échancrure) 3(5     7 


7°  Néoméris  phocénoïde ,  Neomeris  phocaenoides,  Gray. 


Je  rattache  à  cette  espèce  le  Delphinaptère,  dont  M.  Cu- 
v  ier  donne  une  courte  description  dans  la  seconde  édition 
de  son  admirable  ouvrage  sur  les  ossements  fossiles  (1). 
Yroici  cette  diagnose  : 


[i)  Vol,  V.  1"  partie,  p.  28S. 


550  rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Décembre  1856.) 

«  Ce  Cétacé  a  le  museau  obtus ,  mais  déprimé  au  bout 
«  et  sur  les  côtés,  ce  qui  lui  fait  une  sorte  de  commence- 
«  ment  de  bec  ;  les  pectorales  sont  taillées  en  faux,  comme 
«  dans  le  Dauphin  commun  et  le  Marsouin.  Sa  caudale  est 
«  grande,  pointue  aux  deux  bouts  et  échancrée  au  milieu. 
«  Le  dessus  de  son  corps  est  d'un  noir  bleuâtre  foncé.  Le 
«  dessus  de  son  museau ,  tout  le  dessous  de  son  corps  et 
«  les  pectorales  sont  d'un  blanc  éclatant,  excepté  le  bord 
«  tranchant  des  pectorales ,  qui  est  noir  comme  le  dos. 
«  Partout  le  noir  et  le  blanc  sont  nettement  séparés.  » 

Après  avoir  fait  connaître  les  caractères  crâniens ,  qui 
nous  paraissent  être  ceux  d'une  autre  espèce ,  M.  Cuvier 
ajoute  :  «  Notre  individu  est  long  de  5  pieds  1/2  (1).  » 

Voici  les  dimensions  que  nous  avons  pu  prendre  sur  le 
même  exemplaire  : 

Longueur  totale  (du  bout  de  la  mâchoire  supé  - 
rieure  à  l'échancrure  de  la  caudale,  le  lien  passant  sur  le 
dos) lm,79e,n,7mm 

Distance  du  bout  de  la  mâchoire  supé- 
rieure à  l'émergence  de  la  pectorale.     .     .         38     4 

Longueur  du  bord  externe  de  la  pecto- 
rale          31      6 

Largeur  de  la  caudale  (d'un  côté  à  l'au- 
tre, au-dessus  du  bord  libre) 32     2 


Il  nous  paraît  fort  difficile,  pour  ne  pas  dire  impossi- 
ble, de  rapporter  à  cette  peau  le  crâne  que  M.  Cuvier  lui 
attribue  et  dont  il  donne,  dans  ce  même  travail,  une  fi- 
gure. De  nouvelles  observations  sont  évidemment  néces- 


(1)  hoc.  cit.,  p.  289.  C'est  le  môme  individu  qu'a  figuré  M.  Smith 
dans  la  traduction  anglaise  du  Règne  animal  de  Cuvier,  vol.  IV, 
pi.  lu,  sous  le  nom  de  Delphinus  fronlalus,  Cuv. 


TRAVAUX   INÉDITS.  551 

saires  pour  résoudre  cette  question  d'une  manière  défini- 
tive. Il  nous  paraît  également  impossible  de  regarder, 
comme  n'en  différant  pas  spécifiquement ,  le  Neo  - 
meris  mêlas,  figuré  dans  la  partie  mammalogique  de  la 
Faune  du  Japon  (1).  Les  deux  individus  ont  trop  de  dis- 
semblance dans  leur  coloration  pour  qu'il  soit  possible  de 
les  assimiler.  Convenons,  au  reste,  que  M.  Gray,  qui 
d'abord  (2)  avait  émis  cette  opinion,  a  fini  lui-même  par 
en  douter  (3). 

Présentement,  notre  exemplaire  est-il  le  Delphinus  leu- 
coramphus  de  Péron?  M.  Cuvier  l'a  dit  primitivement  (4), 
mais  rien  ne  prouve  qu'il  ait  persisté  dans  son  opinion. 
J'ai  cité  ailleurs  (5)  l'assertion  de  M.  Valenciennes,  qui 
nous  a  assuré  avoir  vu  entre  les  mains  de  M.  Lesueur,  le 
compagnon  de  Péron  dans  la  mémorable  expédition  du 
capitaine  Baudin  aux  terres  australes,  un  dessin  semblable 
à  celui  de  notre  exemplaire  des  Galeries  ;  mais,  ce  qu'il  y 
a  de  positif,  c'est  que  ce  dernier  Cétacé  ne  peut,  en  aucune 
façon,  être  regardé  comme  étant  de  la  même  espèce  que 
celui  figuré  dans  le  voyage  de  la  Coquille  (6).  Il  ne  res- 
semble pas  non  plus  à  la  figure  donnée  plus  récemment 
par  M.  Gray  (7).  Or  nous  pouvons  être  affirmatifs  à  ce 
sujet ,  car  nous  possédons ,  dans  les  galeries  de  Zoologie, 
un  Cétacé  tellement  semblable  à  ce  dernier,  sauf  en  ce  qui 
concerne  la  position  de  l'évent ,  que  nous  n'hésitons  pas 
à  dire  qu'il  appartient  à  la  même  espèce.  Nous  sommes 
malheureusement  forcés  de  garder  le  silence  soit  sur  les 
formes  de  sa  tête,  soit  sur  son  mode  de  provenance. 

Nous  sommes  également  dans  le  doute  par  rapport  au 

(1)  PI.  XXY. 

(2)  Zoology  of  Ihe  voyage  ofErcbus  and  Terror,  p.  30. 

(3)  Calai,  of  Ihe  Mam.  of  Ihe  British  muséum,  Gelacea,  p.  80. 

(4)  Ossements  fossiles,  vol.  V,  lrj  partie,  p.  289. 

(5)  Comptes  rendus  de  V Académie  des  sciences,  vol.  XLII,  p.  446. 

(6)  PI.  ix. 

(7)  Zoology  of  the  voyage  of  Erebus  and  Terror,  pi.  xv. 


552   rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

lieu  de  provenance  de  cette  espèce.  M.  Cuvier  (1)  la 
donne  comme  originaire  du  cap  de  Bonne-Espérance; 
or  nous  avons  dépouillé,  pour  la  détermination  des 
Cétacés  du  musée  de  Paris,  tous  les  catalogues  des  di- 
vers envois  de  M.  Dussumier,  et,  sauf  pour  le  Marsouin 
du  Cap,  nous  n'avons  jamais  vu  indiquée  cette  dernière 
localité. 

Telles  sont  les  diverses  observations  que  nous  avons  eu 
récemment  occasion  de  faire  sur  diverses  espèces  de  l'ordre 
des  Cétacés.  Nous  sommes  bien  loin  de  regarder  nos  ré- 
sultats comme  étant  absolument  vrais  et  hors  de  toute 
contestation  ;  mais,  ainsi  que  cela  nous  est  déjà  arrivé  pour 
d'autres  sujets  de  nos  recherches ,  nous  ne  perdrons  pas 
de  vue  dorénavant  les  diverses  occasions  qui  pourront 
nous  être  offertes  de  perfectionner  l'œuvre  que  nous  ve- 
nons d'ébaucher. 


Description  d'une  espèce  nouvellement  connue  d'Oiseau- 
mouche  du  genre  Pygmornis  (Consjjectus  Trochilorum, 
prince  Ch.  Bonaparte),  famille  des  Trochilidés,  sous- 
fam.  175  Phaetorninés  ;  par  M.  Jules  Bourcier. 

Pygmornis  amaura,  J.  Bourcier.  —  Mâle  adulte  :  bec 
arqué,  noir,  mandibule  inférieure  jaune  à  la  base  jusqu'au 
tiers  de  sa  longueur.  Tête  gris  terne  ;  commissure  du  bec 
prolongée  par  une  ligne  blanchâtre  entre  deux  parties 
noires.  Dessus  du  corps  brun  légèrement  bronzé.  Crou- 
pion roux  vif.  Gorge,  devant  du  cou  et  thorax  gris  flammé 
de  noir.  Abdomen  roux.  Ailes  brunes.  Queue  allongée, 
lancéiforme  ;  rectrices  bronzées  en  dessus  et  en  dessous, 
frangées  de  blanc.  Pattes  blanches. 


(1)  Règne  animal,  28  édit.,  vol.  I,  p.  291. 


TRAVAUX   INÉDITS.  553 

Longueur  du  bec,  0m,025;  ailes,  0m,040;  queue  :  mé- 
di;  ires,  0-,035;  latérales,  0m,030;  externes,  0m,015. 

Patrie,  Nouvelle-Grenade,  environs  de  Bogota. 

Celte  espèce  a  beaucoup  de  ressemblance  avec  le  Phœ~ 
tornis  squalidm ,  Temm.;  elle  en  diffère  par  sa  taille,  qui 
est  moitié  plus  petite,  et  par  les  rectrices  médiaires,  qui 
n'ont  pas  le  prolongement  blanc  des  autres  Phœtornis. 

Thalucrania  Cœiinay  J.  Bourcier  (s.-fam.  178  Trochili- 
nés,  Consp.  Trochilorum,  prince  Ch.  Bonaparte).  —  Mâle 
adulte  :  bec  presque  droit,  noir  en  dessus;  mandibule 
inférieure  blanche  à  sa  base.  Tête,  ainsi  que  tout  le  dessus 
du  corps,  d'un  joli  vert  luisant.  Gorge ,  devant  du  cou , 
thorax  d'un  beau  bleu  brillant,  verdissant  sur  les  côtés  du 
cou.  Abdomen  vert  bronzé.  Ailes  violacées  ;  couvertures 
caudales  vert  cuivré;  sous-caudales  longues,  vertes  et  lé- 
gèrement frangées  de  blanc.  Queue  fourchue,  noir  bleu; 
rectrices  allongées,  à  barbules  un  peu  courtes,  les  mé- 
diaires plus  larges  et  arrondies  à  leur  extrémité.  Pattes 
noires,  dénudées. 

Longueur  du  bec ,  0m,020  ;  ailes,  0m,050  ;  queue  :  mé- 
diaires, 0m,022;  externes,  0m,030. 

Patrie,  Nouvelle-Grenade,  environs  de  Sainte-Marthe. 

Cette  espèce  se  rapproche  du  Troch.  Duchassaingui , 
Bourc;  elle  en  diffère  par  le  dessus  de  la  tête  et  du  corps, 
terne  et  bronzé  chez  ce  dernier,  ainsi  que  par  les  formes 
des  rectrices  et  la  coloration  des  médiaires,  qui  sont  en- 
tièrement cuivrées.  Cette  espèce  a  la  queue  presque  sem- 
blable à  celle  du  Troch.  Goudoti,  Bourc.  et  Muls. 

Ce  charmant  Oiseau  nous  a  été  donné  par  M.  Ed.  Ver- 
reaux ,  qui  en  avait  reçu  plusieurs  exemplaires  venant  di- 
rectement de  Sainte-Marthe. 


Note  sur  les  Reptiles  du  Gabon,  par  M.  le  docteur  Aug. 
DiMÉuiL,  aide-naturaliste  au  Muséum  d'histoire  natu- 


554  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

relie,  professeur  agrégé  à  la  faculté  de  médecine  de 
Paris.  (Voir  1856,  p.  369,  417,  460.) 

Anisodontiens.  —  Je  trouve  parmi  des  serpents  du 
Grand-Bassam  (Côte-d'Ivoire  )  donnés  par  M.  Blouet  le 
Psammophis  irregu laris ,  Fischer  (loc.  cit.,  p.  92,  pi.  n, 
fîg.  4  a  et  k  b). 

Dipsadiens.  —  Une  petite  collection  de  Reptiles  du  Ga- 
bon vendus  à  notre  établissement  renferme  le  Triglypho- 
donte  brun,  Dum.  Bib.,  décrit  en  appendice  (Erpét.  génér., 
t.  VII ,  IIe  partie,  p.  1101) ,  et  dont  les  types  avaient  été 
précédemment  recueillis  par  M.  Blouet.  L'examen  du 
nouvel  individu  a  confirmé  la  nécessité  ,  signalée  dans  cet 
ouvrage,  de  séparer  ces  Serpents  africains  du  Tr.  anomal 
de  l'archipel  Indien,  espèce  la  moins  éloignée  du  Tr.  brun. 
—  M.  Fischer  (loc.  cit.,  p.  81-90,  pi.  m,  fîg.  1,  5,  4  et  6) 
décrit,  sous  les  noms  de  Dipsas pulverulenta,  fasciata  (peut- 
être  identique  au  Triglyphodon  Forsteni,  Dum.  Bib.),  wz- 
lida  et  globiceps ,  quatre  Serpents  Opisthoglyphes ,  de  la 
côte  occidentale  d'Afrique ,  à  tête  courte  ,  renflée  en  ar- 
rière et  à  museau  arrondi.  Ils  sont  inconnus  au  musée  de 
Paris,  mais  les  descriptions  et  les  figures  démontrent  qu'ils 
diffèrent  des  Dipsas  et  de  nos  collections. 

IV.  Sous -ordre  des  Protêroylyphes  ou  Serpents  colu- 
br  if  or  mes  venimeux  à  dents  sillonnées  antérieures.  — 
Famille  des  Conocerques  ,  genre  Naja.  Des  deux  espèces 
jusqu'ici  connues  du  genre  Naja,  l'une,  comme  on  le  sait 
(N.  Iripudians),  est  propre  au  Continent  indien,  tandis  que 
l'autre  (N.  haje)  habite  diverses  régions  de  l'Afrique.  Cette 
dernière  espèce  offre,  dans  son  système  de  coloration,  des 
différences  fort  tranchées  reproduites  avec  une  grande 
vérité  par  M.  A.  Smith  in  Illustr.  of  the  zool.  of  S.  Afr., 
pi.  xvni ,  xix ,  xx  et  xxi.  On  doit ,  malgré  ces  dissem- 
blances, admettre  que  les  individus  recueillis  en  Egypte, 
dans  le  Maroc,  au  cap  de  B.  Espér.  ou  sur  la  côte  occident. 
d'Afr.,  ne  représentent  que  des  variétés.  Ceux-ci,  qu'ils 


TRAVAUX     INÉDITS.  555 

soient  originaires  du  Sénégal,  de  la  côte  de  Guinée  ou  de  celle 
du  Gabon  ,  ont  tous  l'œil  bordé ,  inférieurement ,  par  les 
plaques  sus-labiales.  Cette  observation,  d'ailleurs,  ne  porte 
que  sur  les  sujets  de  la  collection  de  Paris.  Chez  un  cer- 
tain nombre  de  nos  individus  égyptiens  et  sur  notre  exem- 
plaire unique  du  Maroc,  on  trouve  ,  au  contraire  ,  de  pe- 
tites plaques  sous-oculaires  placées  au-dessus  des  labiales. 
Cette  disposition  rappelle  celle  qui  se  remarque  chez  les  Cou- 
leuvres, types  du  genre  Periops,  Wag.  En  outre,  leurs  pla- 
ques temporales  sont  plus  grandes ,  plus  régulières  et  seu- 
lement au  nombre  de  quatre  de  chaque  côté.  Je  me  borne 
à  appeler  l'attention  sur  ces  particularités,  qui  pourront 
peut-être  ,  ultérieurement ,  si  elles  sont  observées  sur  un 
plus  grand  nombre  d'individus,  motiver  la  distinction  d'une 
nouvelle  espèce  dans  ce  genre  si  remarquable  par  l'exten- 
sibilité de  la  région  cervicale  (1). 

—  Des  découvertes  assez  récentes  dues  aux  explora  * 
tions  du  sud  et  de  l'ouest  de  l'Afrique  ont  fait  connaître 
de  singuliers  Protéroglyphes,  types  remarquables  d'une 
nouvelle  division  que  je  propose  de  nommer  famille 
des  Dendréchides.  Ces  Serpents  ,  en  effet ,  offent  toutes 
les  particularités  de  structure  propres  aux  espèces  arbo- 
ricoles. Le  corps  est  long  et  mince,  la  tête  est  étroite, 
et  la  queue ,  dont  les  dimensions  sont  considérables ,  se 
termine  en  une  pointe  effilée  ;  les  écailles  sont  grandes  et 
très-obliques  et  les  gastrostéges  remontent  sur  les  flancs. 
Enfin  la  teinte  générale  est  verte  et  favorise  les  instincts 
destructeurs  de  ces  animaux  en  laissant  à  l'oiseau  qu'ils 
guettent  une  sécurité  trompeuse,  car  leurs  contours  se  per- 

(1)  Je  crois  devoir  iodiquer  ici  un  caractère  important  à  noter 
pour  la  séparation  des  deux  espèces  types  de  ce  genre  :  chez  le  iY. 
haje,  en  effet,  la  sixième  plaque  sus-labiale  est  beaucoup  plus  haute 
que  dans  l'autre  espèce,  où  elle  est  séparée  de  la  cinquième  par  une 
des  temporales;  de  plus,  son  extrémité  supérieure  se  dirige,  en  haut 
et  en  avant,  vers  les  post-oculaires,  ce  qui  n'a  pas  Heu  chez  le  Naja 
de  l'Inde,  d'où  IV,  tripudians» 


556  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

dent  au  milieu  du  feuillage  qui  les  abrite.  On  connaît  deux 
espèces  distinctes  l'une  de  l'autre ,  mais  fort  analogues, 
qu'il  convient  de  rapporter  au  même  genre.  —  Le  Muséum 
les  possède  toutes  les  deux,  et  j'ai  pu  ainsi  vérifier  l'exacti- 
tude des  descriptions  qui  en  ont  été  données. 

La  première,  celle  qui  offre  les  formes  les  plus  caracté- 
ristiques des  Serpents  d'arbres,  a  été  signalée  d'abord  d'une 
façon  très-incomplète,  mais  bien  figurée,  en  1843,  sous  les 
noms  d'Elaps  Jamesonii,  par  M.  Trail,  dans  sa  traduction 
anglaise  de  Y  Essai  sur  la  phys.  des  Serp.  de  M.  Schlégel 
(p.  179,  pi.  ii,  fig.  19,  20).  Ce  dernier,  dans  une  réunion 
de  naturalistes  ,  à  Amsterdam  ,  le  13  mars  1848  ,  l'a  men- 
tionnée et  l'a  nommée  Dendraspis ,  voulant  indiquer  ainsi 
et  le  genre  de  vie  de  cet  Ophidien  et  les  dents  venimeuses 
dont  il  est  armé.  C'est  à  peu  près  la  même  idée  que  S.  A. 
le  prince  Ch.  Bonaparte  a  exprimée  en  se  servant  du  mot 
Chloroechis  dans  une  longue  et  intéressante  note  annexée 
à  un  mémoire  sur  des  Perroquets  et  dans  laquelle  il  énu- 
mère  quelques-unes  des  richesses  du  musée  de  Leyde 
(Proceed.  of  the  zoolog.  society,  1849,  p.  145). 

En  1852 ,  ce  même  Serpent  a  été  décrit  par  M.  le 
docteur  Hallowell  comme  Dinophis  Hammondii  (  Pro- 
ceedings  Âcad.  Philad.,  t.  VI ,  p.  203 ,  1852).  C'est  sous  ce 
nom  qu'un  exemplaire  nous  a  été  envoyé  par  cette 
académie,  avec  le  synonyme  de  viridis,  épithète  primitive- 
ment appliquée  par  le  zoologiste  américain  à  un  jeune  su- 
jet de  l'espèce  dont  il  s'agit ,  mais  qu'il  avait  nommé  d'a- 
bord Leptophis  viridis  (Proceed.,  t.  II ,  p.  172)  ;  voyez  sa 
propre  correction  (Id.,  juin  1854).  Nous  avons  reçu,  en 
même  temps  et  par  ses  soins,  une  fort  belle  planche  litho- 
graphiée  encore  inédite,  où  il  a  fait  représenter  ce  curieux 
Reptile  avec  une  grande  vérité.  Une  autre  figure,  également 
très -satisfaisante,  vient  d'être  donnée  par  M.  Fischer  (loc. 
cit. 9  pi.  i),  non  pas  avec  la  désignation  de  Dendroechis  re- 
ticulata,  précédemment  proposée  par  lui  en  1855,  dans  un 
appendice  à  sa  description  des  Serpents  de  mer  (Michaeli* 


TRAVAUX   INÉDITS.  557 

Progr.  realsch.  Eamb.),  mais  avec  celle  de  Dendraspis  Ja- 
mesonii.  C'est  cette  dernière  que  nous  adoptons  au  Musée  de 
Paris ,  car  elle  reproduit  le  nom  générique  employé  d'a- 
bord par  M.  Schlégel  et  la  dénomination  spécifique  due  à 
M.  Trail,  qui  a,  le  premier,  inscrit  ce  Protéroglyphe  arbo- 
ricole sur  les  catalogues  de  zoologie. 

La  seconde  espèce  a  été  trouvée  par  M.  Smith  dans  les 
environs  du  Port  Natal,  Il  en  a  donné  une  description  et 
une  figure  {Illustr.  of  the  zool.  of  S.  Àfr.,  pi.  lxx).  Il  la 
considère  comme  un  Naja  et  la  distingue  des  autres  espè- 
ces par  la  qualification  de  N.  angusticeps.  Or  l'analogie 
dans  la  conformation  générale  entre  ce  Serpent  et  le  pré- 
cédent est  telle,  qu'il  est  impossible  de  ne  pas  les  rappor- 
ter au  même  genre.  M.  Smith  lui-même  appelle  l'atten- 
tion sur  la  structure  remarquable  de  ce  Serpent,  qui,  dit-il, 
est  mieux  organisé  que  les  autres  Najas  pour  vivre  sur  les 
arbres,  que  ne  recherchent  point  les  vrais  types  de  ce 
genre,  ainsi  que  le  mentionnent  les  naturalistes  qui  les  ont 
vus  dans  les  pays  qu'ils  habitent.  Nos  propres  observa- 
tions confirment  ce  fait  pour  les  N.  haje  conservés  en  cap- 
tivité déjà  depuis  longtemps  dans  la  ménagerie  du  Mu- 
séum, où  ils  n'ont  jamais  monté  sur  les  branches  suspen- 
dues dans  leurs  cages.  Cet  Ophidien  nouveau  ne  vit  pas 
seulement  dans  l'Àfr.  australe,  car  M.  Peters  le  cite  parmi 
les  Reptiles  de  Mozambique  (loc.  cit.,  p.  625),  et  nous 
l'avons  reçu  du  Gabon  par  les  soins  de  M.  Aubry.  Il  de- 
vient, dans  nos  collections,  le  Dendraspis  angusticeps. 
Diagnoses  d'après  l'examen  de  nos  deux  individus  : 
Dendraspis  Jamesonii ,  Fischer  (Schl.  et  Trail).  —  Corps 
comprimé  ;  queue  fort  allongée ,  terminée  par  une  squame  co- 
nique et  très-pointue;  tête  longue,  plate,  effilée;  troisplaques  pré- 
oculaires; troi<  plaques  post-oculaires;  des  huit  plaques  sus-la- 
biales, la  quatrième  seule  touche  Vœil  et  la  septième  dépasse 
toutes  les  autres  par  ses  dimensions.  Pas  de  petites  dents  sus- 
maxillaires  derrière  les  grands  crochets  sillonnés.  Sur  le  tronc, 
treize  rangées  a" écailles  grandes ,  lisses  et  très-obliques;  celles 


558   rev.  et  mag.  de  ZOOLOGIE.  (Décembre  1856.) 

de  la  ligne  médiane  plus  grandes,  formant  une  série  longitudi- 
nale; gastrostéges  larges,  remontant  sur  les  flancs.  Teinte  verte 
uniforme  sur  le  tronc ,  plus  claire  en  dessous  ;  queue  d'un 
brun  jaunâtre,  à  écailles  supérieures  et  inférieures  toutes  bor- 
dées de  noir. 

lm,80de  long,  totale  (tête  et  tronc,  lm,33;  queue  0m,47). 
Afr.  occid.  Reçu  de  l'Acad.  de  Philad.  par  les  soins  de 
M.  le  docteur  Hallowell. 

Dendraspis  angusticeps ,  A.  Dum.  (Smith).  Formes  sem- 
blables à  celles  du  précédent;  tête  plus  épaisse  et  quadr angulaire, 
mais  aussi  allongée  ;  trois  plaques  pré-oculaires  ;  quatre  post- 
oculaires ;  même  disposition  des  plaques  sus-labiales  (  avec 
une  certaine  irrégularité  dans  la  conformation  de  la  sep- 
tième) et  même  système  dentaire.  Sur  le  tronc  ,  dix-sept  ran- 
gées d'écaillés,  moins  grandes,  également  très-obliques  et  dont 
les  médianes  forment  une  rangée  longitudinale  bien  distincte  ; 
gastrostéges  non  différentes.  Teinte  d'un  vert  foncé  en  dessus  , 
jaunâtre  en  dessous;  queue  tout  à  fait  pareille  à  celle  du  pré- 
cédent. 2m,02  de  long,  totale  (tête  et  tronc,  lm,51  ;  queue, 
0m,5rj.  Envoyé  du  Gabon  par  M.  x\ubry. 

V.  Sous-ordre  des  Solénoglyphes  ou  Serpents  venimeux  à 
crochets  sus-maxillaires  sillonnés  et  perforés  par  un  canal 
dans  la  longueur  de  leur  base.  —  Deux  espèces  très-remar- 
quables de  ce  sous-ordre  vivent  au  Gabon.  L'une  est 
YEchidna  nasicornis  de  Merrem  (  Coluber  nasicornis , 
Shaw?),  décrite  et  figurée  dans  ses  parties  essentielles  par 
Reinhardt  sous  le  nom  de  Vipera  nasicornis  (Beskrivelse  af 
nogle  nue  slangearter  in  Det  kong.  Danske  videnskabernes 
selskabs  naturvidensk.  og  mathem.  afhandlinger,  t.  X,  n°  13, 
1843,  pi.  m,  fig.  8-9).  —  La  disposition  singulière  des 
appendices  multiples  de  l'extrémité  du  museau  est  rap- 
pelée par  la  dénomination  de  Vipère  hexacère,  Dum.  et 
Bib.,  quelle  porte  dans  YErpêt.  gêner.,  dont  Y  Atlas  ren- 
ferme, pi.  lxxviii,  fig.  2,  une  excellente  représentation 
de  la  tête  vue  de  profil.  Sa  zone  d'habitation  est  assez 
étendue,  car  on  l'a  recueillie  également  au  cap  de  Bonne- 


TRAVAUX     INÉDITS.  559 

Espérance.  —  L'autre  espèce  n'a  encore  été  trouvée  qu'à 
Libéria,  au  Gabon  et  en  Mozambique. 

Ignorant,  à  l'époque  de  la  publication  du  t.  VII  de 
YErpét.  génér.,  qu'on  avait  rencontré  cette  espèce  dans  la 
première  de  ces  deux  localités,  nous  l'avons  placée  dans 
le  genre  Echidnée  avec  la  désignation  spécifique  d'2£.  ga- 
bonica.  Elle  avait  été  cependant  déjà  figurée  et  décrite 
par  M.  le  docteur  Hallowell  (Proceed.  Àcad.  nat.  sciences 
Philad.,18M,  t.  III,  p.  319,  pi.  sans  numéro).  Ce  zoologiste, 
en  raison  de  l'appendice  écailleux  situé  au  devant  de  cha- 
que narine ,  la  rapporte  au  genre  Céraste ,  et ,  admettant 
son  identité  avec  le  Serpent  que  Shaw  a  nommé  Coluber 
nasicornis,  il  l'a  inscrite  dans  son  travail  comme  Céraste 
nasicorne.  Je  dois  cependant  faire  observer  que  les  véri- 
tables Cérastes  portent  les  prolongements  écailleux  qui  les 
caractérisent  au-dessus  des  yeux  et  non  pas  au  devant  des 
narines,  ainsi  que  cela  a  lieu  chez  cette  Vipère,  chez  celle 
dont  je  viens  de  parler  plus  haut  (F.  hexacère)  et  chez  la 
F.  ammodyte,  dont  le  prolongement  nasal  est  unique.  En 
outre,  il  est  bien  difficile  de  préciser  l'espèce  que  Shaw  a 
voulu  désigner.  Il  est  cependant  très-probable  que  sa  des- 
cription se  rapporte  à  la  Vipère  hexacère,  déjà  signalée 
peut-être  par  Kolbe  et  par  Paterson  (1).  Enfin  la  direc- 
tion des  narines,  qui  sont  ouvertes  en  dessus  au  lieu  de 
l'être  latéralement ,  comme  chez  les  Vipères  proprement 
dites,  démontre  que  l'espèce  dont  il  s'agit  est  une  Echid- 
née. Telle  est  également  l'opinion  de  M.  Schlégel,  car  en 
1851  il  lui  a  imposé  la  dénomination  d'Echidna  rhino- 
céros, et  c'est  avec  cette  épithète  que  ce  Serpent  figure 
parmi  les  Reptiles  de  Mozambique  décrits  par  M.  Peters 
[Monatsber.  der  kon.  preuss.  Akad.  zu  Berlin,  1854,  p.  626). 
—  J'ajouterai,  pour  terminer  ce  qui  concerne  cette  Êchid- 


(\)  Telle  est  l'opinion  émise  dans  YErpét.  grnér.,  t.  VÏI ,  2*  par- 
tie, p.  1416,  où,  par  erreur,  on  cite  le  Cér.  nusicorne,  Hall.,  comme 
synonyme  de  la  Vipère  hexacère,  Dum. 


560  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

née  du  Gabon,  que  la  ménagerie  du  Muséum  en  possède, 
depuis  plusieurs  années,  un  magnifique  spécimen  dont 
les  belles  teintes  carnée,  rouge  et  brune  rappellent  un 
peu,  mais  avec  moins  d'éclat,  celles  du  Boa  constricteur. 
Elles  sont  disposées  sous  forme  de  taches,  les  unes  en  pa- 
rallélogrammes, les  autres  en  triangles,  et  présentent  un 
contraste  frappant  avec  le  système  de  coloration  généra- 
lement beaucoup  plus  sombre  de  la  plupart  des  Vipé- 
riens.  Cet  Ophidien  offre  d'ailleurs ,  au  plus  haut  degré , 
l'ensemble  des  caractères  extérieurs  qui  frappent  de 
crainte  à  la  vue  des  Serpents  venimeux  :  je  veux  parler 
de  l'aplatissement  de  la  tête ,  de  sa  largeur  considérable 
en  arrière,  qui  offre  une  disproportion  singulière  avec  le 
diamètre  de  la  région  antérieure  du  tronc,  enfin  de  la 
brièveté  relative  et  de  la  grosseur  du  corps,  terminé  par 
une  queue  très-courte. 

Ordre  des  Batraciens.  —  Parmi  les  espèces  sans 
membres  (sous-ordre  des  Péromèles,  qui  ne  comprend 
qu'une  famille,  celle  des  Ophiosomes  ou  Céciloïdes),  je 
trouve ,  dans  les  collections  formées  au  Gabon ,  la  Cécilie 
museau  étroit  (Cœcilia  rostrata,  Cuv.).  Il  est  donc  positif 
que  ce  Reptile,  qui  avait  été  précédemment  rapporté  des 
Seychelles,  ne  doit  pas  vivre  dans  l'Amérique  du  Sud  ; 
ainsi  se  trouve  confirmée  l'opinion  émise  à  ce  sujet  par 
les  auteurs  de  YErpét.  génér.,  t.  VIII,  p.  279. 

Dans  la  famille  des  Raniformes ,  du  sous-ordre  des  Ba- 
traciens anoures,  je  n'ai  à  signaler  qu'une  Grenouille  dont 
je  ne  connaisse  point  de  description,  et  qui  est  le  type 
d'une  espèce  nouvelle.  Elle  fait  partie  du  groupe  caracté- 
risé par  la  présence  d'apophyses  dentiformes  à  la  mâ- 
choire inférieure,  et  parmi  ces  espèces  en  petit  nombre, 
c'est  à  la  Gr.  macrodonte  de  Java  que  notre  spécimen  res- 
semble le  plus.  Outre  la  différence  d'origine,  il  y  a  des 
dissemblances  très-manifestes,  comme  le  prouve  la  dia- 
gnose  comparative  qui  suit  : 

Grenouille  tachetée  en  dessous,  Rana  subsigillata,  A. 


TRAVAUX  INÉDITS.  561 

Dum.  Espèce  nouvelle.  —  Tête  moins  large;  museau  plus 
allongé;  narines  plus  rapprochées  et  presque  verticales;  geux 
très-protubérants  et  peu  distants;  pas  de  tubercules  sur  la 
paupière  supérieure ,  qui  est  plissée  en  arrière  ;  pal  - 
mure  des  orteils  moins  étendue  ;  deux  rangs  de  dents  vomé- 
viennes  en  chevron  ouvert  à  son  sommet,  touchant  en  avant 
aux  arrière-narines,  qui  sont  plus  grandes  que  dans  Vautre 
espèce;  apophyses  dmtif ormes  de  la  mâchoire  inférieure 
moins  grandes;  langue  plus  arrondie  en  avant;  pas  de  pli 
cutané  au-dessus  du  tympan. 

Régions  supérieures  d'un  brun  noirâtre  ;  les  inférieures 
d'un  brun  jaunâtre,  irrégulièrement  parsemées  de  taches 
rondes  plus  claires,  surtout  apparentes  à  la  région  abdo- 
minale, et  particulièrement  sous  les  pattes  postérieures. 
Un  seul  spécimen  très-bien  conservé,  rapporté  du  Gabon 
par  M.  Aubry-Lecomte. 

D'autres  Grenouilles  qu'il  a  données  appartiennent  à 
l'espèce  que  M.  Hallowell  nomme  Rana  Bibronii  [Pr. 
Ac.  Ph.,  t.  II,  p.  249, 1846). 

Notre  Musée  a  également  reçu,  par  les  soins  de  cet  ha- 
bile collecteur,  deux  espèces  de  Batraciens  hylœformes. 
L'une  appartenant  au  genre  Lymnodyte,  Dum.  et  Bib. 
[Hyla-Rana,  Tschudi),  a  reçu  du  zoologiste  américain 
dont  j'ai  eu  si  souvent  à  citer  dans  ce  mémoire  les  inté- 
ressants travaux  le  nom  de  Rana  albo-labris.  L'identité 
m'a  été  démontrée  par  l'examen  comparatif  que  j'ai  pu 
faire  d'un  de  ses  types  originaire  du  Gabon ,  par  suite 
d'un  envoi  récent  de  Reptiles  fait  à  notre  Musée  par  l'A- 
cadémie de  Philadelphie.  Cette  Rainette  devient,  dans  nos 
collections,  Lymnodytes  albo-labris.  La  description  qui  en 
a  sans  doute  été  publiée  n'est  pas  encore  parvenue  en 
France. 

L'autre  espèce  est  nouvelle  ;  je  la  nomme 
Rainette  d'Aubry  [Hyla  Aubryi),  A.  Dum.  Esp.  nou- 
velle. —  Tronc  court  et  ramassé  ;  tête  large,  épaisse,  à  mu- 
seau court  et  arrondi;  yeux  très-volumineux  et  protubérants  ; 
2e  série,  t.  vin.  Aunée  1856.  36 


562   rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

deux  petits  groupes  obliques  de  dents  vomériennes  ne  se  réunis- 
sant pas  sur  la  ligne  médiane  et  ne  touchant  pas  aux  arrière- 
narines;  langue  très-large,  libre  dans  presque  toute  sa  moitié 
postérieure,  où  elle  est  échancréc.  Doigts  libres;  orteils  pal- 
més seulement  à  leur  base.  Régions  supérieures  à  granula- 
tions nombreuses,  petites  et  inégales  ;  celles  des  régions  infé- 
rieures beaucoup  plus  prononcées  sous  le  ventre  et  sous  les 
cuisses  que  partout  ailleurs. 

Teinte  générale  d'un  brun  jaunâtre  ou  d'une  nuance 
lie  de  vin ,  irrégulièrement  marbrée  de  noir. 

Cette  diagnose  montre  que  cette  nouvelle  espèce  se  rap- 
proche surtout  de  celle  que  Péron  et  Lesueur  ont  rap- 
f>ortée  d'Australie,  et  qu'ils  ont  nommée  Hyla  citropa 
Erpét.  génér.,  t.  VIII,  p.  600).  Indépendamment  de  l'ori- 
gine, il  y  a  des  différences  dans  la  forme  de  la  langue  et 
dans  le  système  de  coloration.  —  Nos  types,  assez  nom- 
breux, sont  tous  parfaitement  semblables  entre  eux. 

Enfin  nous  devons  aux  recherches  de  M.  Aubry  la 
connaissance  du  Batracien  pipœforme,  décrit  par  M.  Pe- 
ters  sous  le  nom  de  Dactylethra  Millleri  (Monatsber.  der 
kon.  preuss.  Akad.  zu  Berlin,  1844,  p.  37),  puis  cité  plus 
tard,  par  ce  professeur,  dans  le  même  recueil  (1854), 
p.  628,  parmi  les  Reptiles  de  Mozambique.  Nos  deux 
exemplaires  présentent  les  deux  caractères  essentiels  qui 
distinguent  complètement  ce  singulier  Batracien  du  D.  du 
Cap,  savoir  :  la  présence  d'un  tubercule  saillant  au  talon 
et  celle  d'un  tentacule  cutané  au-dessous  de  chaque  œil. 


Note  sur  X Hélix  constricta,  Boubée;  par  M.  A.  Moquin- 
Taivdon. 

En  1836,  M.  Pitorre  découvrit  dans  les  Basses-Pyré- 
nées, à  Saint-Martin-d'Albérou,  une  petite  Hélice  voisine 
de  Y  Hélix  Rangiana,  remarquable  surtout  par  l'ouverture 
de  sa  coquille.  Il  en  trouva  seulement  deux  individus, 


TRAVAUX    INÉDITS.  563 

au  milieu  des  ruines  d'un  moulin  bordant  une  eau  cou- 
rante, sous  des  pierres  et  des  tuiles  cassées  recouvertes  de 
mousse  et  de  feuilles ,  dans  un  fourré  très-épais  composé 
d'orties,  de  fougères  et  de  ronces. 

M.  Pitorre  communiqua  cette  curieuse  espèce  à  son  ami 
M.  Nérée-Boubée ,  lequel  s'empressa  de  la  décrire  dans 
Y  Écho  du  monde  savant  (1)  :  il  la  désigna  sous  le  nom 
d'Hélice  resserrée  [Hélix  constricta)  (2)  ;  il  en  donna  trois 
figures  grossières ,  plus  grandes  que  nature ,  représentant 
la  coquille  vue  en  dessus,  de  profil  et  en  dessous. 

M.  l'abbé  Dupuy  a  parlé  très-brièvement  de  cette  £Té- 
lice,  dans  son  Histoire  naturelle  des  Mollusques,  d'abord 
sous  le  nom  de  Pittorii  (3),  et  plus  tard  sous  son  vrai  nom 
de  constricta  (4).  Ce  savant  naturaliste  déclare  qu'il  n'a 
pas  vu  la  coquille  dont  il  s'agit;  il  se  borne  à  copier  la 
description  assez  incomplète  publiée  par  Y  Echo  du  monde 
savant,  et  à  reproduire,  en  les  modifiant  un  peu,  les  figu- 
res données  par  ce  journal  (5). 

Un  des  deux  individus  recueillis  par  M.  Pitorre  a  été 
égaré  on  ne  sait  comment  ;  le  second,  celui  que  possédait 
M.  Boubée,  est  passé  entre  mes  mains  il  y  a  quelques 
années  (6).  C'est  d'après  ce  dernier  échantillon  qu'ont 

(1)  1836, 17  décembre,  u°  50,  p.  220. 

(2)  M.  Louis  Pfeiffer  (Proc.  zool.  Soc,  1845,  p.  39)  applique  ce 
même  nom  à  une  Hélice  rapportée  des  lies  Philippines  par  M.  Cu- 
ming.  Cette  autre  espèce,  qu'on  pourrait  appeler  Hélix  stenopsis,  se 
trouve  ligurée  dans  la  seconde  édition  de  Chemnitz  {Hélix ,  u°  413, 
pi.  lxix,  fig.  21  et  22). 

(3)  1847,  p.  98. 

(4)  1«49,  p.  254  et  303. 

(5)  Tab.  xu,  fig.  2,  a,  b,  c,  d.  —  Avec  les  trois  figures  de  M.  Bou- 
bée, plus  grandes  que  nature,  M.  Dupuy  en  fait  quatre  disposées  et 
éclairées  différemment,  dont  trois  de  grandeur  naturelle.  En  cher- 
chant à  rendre  ses  dessins  meilleurs  que  les  originaux,  l'artiste  a 
dénaturé  le  péristome  et  fait  disparaître  les  petites  cotes  ;  de  telle 
sorte  que  les  mauvaises  figures  du  Journal  sont  encore  préférables 
aux  bonnes  lithographies  de  V Histoire  naturelle  des  Mollusques. 

(6)  Je  l'ai  acheté  12  francs  à  M.  Elolïe,  marchand  naturaliste. 


564-  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

été  faites  et  la  description  et  les  figures  de  mon  ouvrage 
sur  les  Mollusques  de  la  France  (1). 

Depuis  1836 ,  plusieurs  conchyliologistes  français  et 
étrangers  out  visité  la  localité,  extrêmement  restreinte, 
indiquée  par  M.  Pitorre.  Toutes  leurs  recherches  ont  été 
infructueuses  ;  il  n'existe  donc ,  dans  les  collections , 
qu'un  seul  exemplaire  de  ce  rare  Mollusque. 

M.  Boutigny,  inspecteur  des  eaux  et  forêts,  vient  de  le 
découvrir  de  nouveau  dans  une  autre  localité  des  Pyré- 
nées, aux  environs  de  Lourdes.  11  m'en  a  adressé  un  in- 
dividu bien  conservé,  quoique  mort  depuis  longtemps, 
tout  à  fait  conforme  à  l'échantillon  connu.  Mais  laissons 
parler  M.  Boutigny  : 

«  Avant-hier  (19  décembre),  j'ai  trouvé  deux  échantil- 
lons morts  de  Y  Hélix  constricta  dans  la  mousse  qui  couvre 
un  mur  de  soutènement,  sur  le  chemin  qui  conduit  au 
bois  de  Lourdes,  à  gauche,  immédiatement  après  la  mé- 
tairie de  Pé-de-Goste.  Espérant  avoir  la  coquille  vivante, 
j'ai  cherché,  encore  hier,  pendant  trois  heures,  mais  inu- 
tilement. Je  n'ai  pu  me  procurer  que  trois  nouveaux 
échantillons  également  morts. 

«.  V  Hélix  constricta  paraît  avoir  les  mœurs  de  Y  Hélix 
Rangiana.  Elle  vit  à  une  grande  profondeur  dans  les  es- 
paces laissés  vides  par  les  pierres  qui  composent  le  mur. 
J'ai  vainement  soulevé  les  pierres  supérieures  et  détaché 
les  moins  grosses,  je  n'ai  rien  pu  découvrir  à  l'intérieur, 
et  je  dois  me  résigner  à  attendre  une  nuit  favorable  du 
printemps  pour  faire  une  chasse  fructueuse. 

«  Les  échantillons  recueillis  étaient  en  compagnie  de 
deux  espèces  de  Zonites.  » 

(Voir  le  Post-scriptum ,  page  592.) 

(1)  Hist.  mat.  des  Moll.  de  France,  II,  1855,  p.  113,  pi.  x,  fig.  23, 
24  et  25.  (Coquille  grandeur  naturelle,  vue  de  profil,  et,  grossie,  vue 
en  dessous  et  en  dessus.; 


TRAVAUX     INÉDITS.  565 

Description  de  deux  nouvelles  espèces  de  Coléoptères 
provenant  de  la  république  de  Venezuela  ;  par  le  doc- 
teur Marco  A.  Rojas. 

Colobogaster  Acost.«.  — Capite,  prothorace,  abdominc  elytrisque 
viridi-praeniteutibus,  punctatis;  el^  tris  truncatis,  irregulariter  lon- 
gitudinaliterque  lioeatis;  margine  abdominis  serrato  quatuor  fasciis 
transversal ibus  cyaueis  una  in  primo  aunulo,  altéra  in  secundo, 
tertio  et  quarto  :  hac  latissima.  —  L.,  34  ;  1.,  14  mill. 

Tête  petite,  rugueuse,  pointillée  d'un  vert  brillant. 
Antennes  courtes  ,  d'un  vert  brillant  ;  yeux  grands,  allon- 
gés ,  d'une  couleur  châtain  obscur.  Prothoraœ  convexe 
presque  trapézoïdal ,  formant  un  angle  aigu  de  chaque 
côté  externe  avec  deux  découpures  semi-circulaires  sépa- 
rées par  une  ligne  droite  sur  l'écusson,  d'un  vert  brillant 
fortement  ponctué  dans  toute  son  étendue.  Écusson  trian- 
gulaire ,  petit,  allongé,  d'un  vert  brillant.  Élytres  tron- 
quées ,  finement  pointillées,  formant  dans  la  partie  supé- 
rieure un  arc  qui  s'accorde  avec  les  découpures  du  pro- 
thorax; elles  ont  des  lignes  longitudinales,  lisses,  sail- 
lantes, d'un  vert  beaucoup  plus  foncé.  Abdomen  d'un  vert 
brillant ,  avec  une  bande  bleue  sur  chacun  des  bords  in- 
férieurs des  anneaux  ;  la  dernière  est  plus  large  et  d'un 
bleu  plus  foncé,  avec  trois  petites  échancrures.  Le  dessous 
est  d'un  vert  plus  clair. 

Cette  belle  espèce  de  Buprestide  a  été  prise  sur  les  bois 
coupés  dans  les  forêts  de  l'Orénoque  pendant  le  mois  de 
juillet.  Elle  m'a  été  envoyée  par  un  de  mes  amis  de  Ciu- 
dad  Bolivar.  C'est  le  seul  exemplaire  que  je  possède,  et  je 
me  fais  un  vrai  plaisir  de  la  dédier,  comme  un  souvenir 
d'amitié,  à  M.  le  docteur  Élisco  Acosta,  ancien  professeur 
de  chirurgie  à  l'université  de  Caracas. 

TiBNioTES  Pazii.  — -  Capite  flavo,  palpis  mandibuiis  oculisque  ni- 
gris;  prothorace  nigro-pubescente ,  fascia  longitudinali  in  medio 
uigra,  duabus  fasciisque  lateralibus  uigris  ;  antennis  nigris;  elytris 
nigro-punctatis  albido-pubescentibus ,  duabus  fasciisque  longitudi- 
nalibu*  flayis;  abdomine  albo-pubescente.  —  I...  36;  1.,  10 mill. 


566  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

Tête  petite  ,  arrondie  ,  d'un  beau  jaune  clair.  Palpes  et 
mandibules  noirs.  Yeux  noirs ,  petits  et  arrondis.  Antennes 
noires,  pubescentes,  le  premier  article  beaucoup  plus  gros 
que  les  autres.  Thorax  presque  rectangulaire,  blanc,  avec 
une  petite  épine  et  une  bande  noire  de  chaque  côté  ,  une 
autre  bande  de  même  couleur  dans  sa  partie  centrale  qui 
est  traversée  par  une  ligne  jaune  presque  imperceptible  , 
finement  pointillée  de  noir  et  pubescente;  le  dessous  est 
blanc  avec  les  côtés  jaunes.  Écusson  très-petit ,  triangu- 
laire, brun.  Élytres  tronquées  et  se  terminant  en  une  épine 
noire  ,  pubescentes,  finement  pointillées,  blanches,  avec 
quatre  larges  bandes  longitudinales  jaunes  et  de  gros 
points  noirs  disposés  sans  ordre.  Une  petite  échancrure 
sur  la  ligne  suturale.  Abdomen  \mbescent,  cendré,  avec  des 
taches  jaunes  de  chaque  côté  des  anneaux,  Pattes  pubes- 
centes de  la  même  couleur  que  l'abdomen. 

Cette  nouvelle  espèce  de  longicornes  a  été  prise  sur 
les  fleurs  sauvages  dans  la  ville  de  la  Guayra  (  terre 
chaude),  à  6  mètres  d'élévation  au-dessus  du  niveau  de" la 
mer,  et  à  4  lieues  de  Caracas  ,  dans  le  courant  de  juin. 

C'est  le  seul  exemplaire  que  je  possède  et  j'ai  le  plaisir 
de  dédier  cette  espèce  à  mon  beau-frère,  M.  Julian  B.  de 
Paz,  chargé  d'affaires  de  S.  M.  C,  à  la  république  de  l'E- 
quateur, et  l'un  des  amis  le  plus  fidèle  de  mon  père. 


Description  de  longicornes  nouveaux  du  vieux  Calabar, 
côte  occidentale  d'Afrique;  par  M.  A.  Chevrolat. 
(Suite.  —Voir  1855,  p.  183,  282,  513;  1856,  p.  340, 
436,  485.) 

59.  Hammaticherus  chloropterus ,  niger,  opacus  ;  palpis ,  an- 
tennis  (1°  articulo  rubido  5-8  ad  apicem  artieulis  angulosis  et  di- 
latatis)  pedibusque  frrrugineis  (geniculis  obscuris);  thorace  trans- 
versim  et  recto  plicato,  in  lateribus  anticis  nodoso,  medioque  sat 
yalide  spiooso;  scuteilo  lanugine  alba  vestito;  el^  tris  thorace  latio- 
ribus,  convexiusculis  viridibus,  crebre  punctatis  alboque  setosis, 


TRAVAUX    INÉDITS.  567 

apice  recte  truncatis  et  externe  angulatis;  pectore  cum  abdomine 
dense  cinereo-villosis.  —  Long.,  20  mill.;  lat.,  5  mill.  1/2. 

D'un  noir  opaque.  Tête  carénée  entre  les  yeux  (ceux-ci 
sont  grands  et  presque  réunis),  très-finement  plissée  en 
travers  à  sa  partie  postérieure.  Palpes  ferrugineux.  An- 
tennes ferrugineuses,  à  premier  article  rouge,  deuxième  et 
troisième  noduleux  au  sommet,  cinquième  et  huitième 
allongés,  élargis  et  anguleux  sur  le  côté,  les  suivants  man- 
quent. Corselet  un  peu  plus  long  que  large,  muni  de  onze 
nervures  droites  et  entières,  deux  dépressions  vers  le  mi- 
lieu du  disque.  Un  fort  tubercule  sur  chaque  côté  anté- 
rieur, suivi  d'une  épine  médiane  qui  est  courte,  large  et 
assez  robuste.  Écusson  triangulaire  blanchâtre.  Elytres 
plus  larges  que  le  corselet,  convexes,  arrondies  subrectan- 
gulairement  sur  le  dehors  de  l'épaule,  parallèles  sur  le 
côté,  obliques  vers  le  sommet  et  tronquées  à  l'extrémité 
avec  l'angle  externe  aigu;  elles  sont  grandement  dépri- 
mées sur  la  base,  vertes,  serrement  ponctuées  (les  pointa 
sont  de  médiocre  grosseur  et  émettent,  pour  la  plupart, 
de  petites  soies  blanches  abaissées).  Pattes  ferrugineuses, 
obscures  sur  le  sommet  des  genoux.  Poitrine  et  abdo- 
men brunâtres  revêtus  d'une  villosité  cendrée  assez 
épaisse. 

Cette  espèce,  qui  m'a  été  offerte  par  M.  Andrew  Murray, 
paraît  être  très-voisine  de  Y  H.  viridipennis,  White  ;  elle  en 
diffère,  d'après  la  description,  par  une  taille  plus  petite 
et  par  ses  étuis,  qui,  au  lieu  d'être  aplatis,  sont  un  peu 
convexes. 

60.  Pacliydissus  dilalatus,  sericeo-iuteus,  palpis,  anteuuis»  pedi- 
busquc  fcrrugineis;  oculis  amplis,  nigris;  thorace  elongato  antice 
valde,  et  postico  late  attenuato,  stricto  et  recto,  in  lateribtis  et  in 
medio  fusco,  longitudine  inrequali  et  subplicato  ;  elytris  minute 
punctatis,  ultra  médium  infuscatis,  subito  dilatatis,  deiu  obliquis,  et 
apice  recte  truncatis.  —  Long.,  10  mill.  1/2;  lat.,  2  mill.  1/2. 

Petit,  soyeux  et  de  couleur  cannelle  pâle.  Tête  forte,  ar- 
rondie, brièvement  velue,  rougeàtre  et  rugueuse,  seule- 


568  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

ment  sur  sa  partie  postérieure.  Yeux  grands,  noirs,  presque 
réunis  en  arrière,  profondément  échancrés  en  dessus. 
Mandibules  obscures,  moyennes,  arquées,  aiguës.  Antennes 
ferrugineuses,  à  premier  article  épais,  arrondi,  troisième 
un  peu  plus  long  que  le  cinquième,  sixième  égal  au  troi- 
sième. Corselet  deux  fois,  au  moins,  aussi  long  que  large, 
très-atténué,  rebordé  et  droit  en  avant,  plus  largement  en 
arrière,  inégal  et  brièvement  plissé  en  travers  sur  le  mi- 
lieu ;  sa  couleur  est  d'un  brun  noirâtre,  avec  deux  lignes 
longitudinales,  et  le  milieu  antérieur  soyeux;  une  carène 
latérale  longe  la  partie  soyeuse  ;  les  côtés  sont  longuement 
arrondis.  Écusson  d'un  cendré  obscur,  en  triangle  arrondi. 
Élytres  un  peu  plus  larges  que  le  corselet,  près  de  trois 
fois  aussi  longues,  brièvement  arrondies  sur  le  dehors  de 
l'épaule,  parallèles  jusqu'aux  deux  tiers,  subitement  élar- 
gies et  rentrant  ensuite  obliquement,  puis  tronquées  sur 
l'extrémité  ;  elles  offrent  un  pointillé  espacé  et  une  petite 
ligne  oblique  noirâtre  qui  est  située  au  milieu  de  l'étui 
près  de  la  dilatation  ;  la  marge  elle-même,  en  cet  endroit, 
est  également  obscure.  Abdomen  d'un  gris  obscur  soyeux, 
de  cinq  segments  presque  égaux,  mais  qui  diminuent  de 
grandeur  vers  l'extrémité. 

Cette  espèce,  l'une  des  plus  petites  du  genre,  m'a  été 
donnée  par  M.  Hislop. 

61.  Cerapogon,  Dej.  (Cerasphorus,  Serv.),  murinum  punctula- 
tum,  griseo-murinum  ;  palpis,  antennis  (villosis,  corpore  longiori- 
bus)  pedibusque  (geniculis  obscuris)  pallidis  ;  tliorace  rotundato, 
are w  1ms  oppositis  elevatis  duobus  elevatis,  ad  latera  angulose  spi- 
noso;  elytris  parallelis,  angustissime  truncatis  et  fcre  emarginatis 
(Fœmina).  —  Long.,  20  mill.;  lat.,  6  mill. 

Très-densément  velu  et  finement  ponctué,  d'un  gris 
pâle  sale.  Tête  arrondie,  allongée  postérieurement,  profon- 
dément sillonnée.  Palpes,  antennes  (longuement  velus,  plus 
longs  que  le  corps  ) ,  et  pattes  d'un  ferrugineux  pâle. 
Mandibules  velues,  lisses  et  noires  à  l'extrémité.  Corselet 
arrondi  en  dessus,  coupé  droit  en  avant  et  en  arrière,  et 


TRAVAUX   INÉDITS.  569 

sillonné  sur  la  marge  même,  offrant  sur  le  disque  une 
sorte  de  fer  à  cheval  en  saillie,  et  sur  le  côté,  un  peu  au 
delà  du  milieu,  un  angle  aigu.  Ecasson  arrondi.  Elytres 
coupées  droit  à  la  base,  un  peu  convexes,  parallèles,  étroi- 
tement tronquées  et  échancrées  au  sommet,  guère  plus 
larges  et  trois  fois  aussi  longues  que  le  corselet.  Pattes  as- 
sez longues,  ferrugineuses;  cuisses  régulièrement  renflées 
vers  le  milieu,  légèrement  aplaties  sur  le  côté  antérieur  ; 
genoux  obscurs.  Abdomen  renflé,  composé  de  cinq  seg- 
ments (Femelle). 

.  Cette  espèce,  qui  m'a  été  envoyée  par  M.  And.  Murray, 
se  distingue  du  C.  hirticomis  femelle  (Dej.),  Serv.,  par 
les  caractères  suivants  :  les  antennes  et  les  pattes,  au  lieu 
d'être  de  la  couleur  générale  du  corps,  sont  ferrugineuses; 
le  corselet,  qui,  chez  la  précédente,  est  muni,  sur  le  disque 
du  corselet,  de  quatre  tubercules  anguleux,  n'offre  qu'une 
sorte  de  demi-cercle  élevé  et  placé  longitudinalement  ;  en- 
fin l'épine  latérale  est  plus  courte  et  moins  aiguë. 

62.  Helerogaster?  semifemoratus ,  ochraceo-fuscus,  antenois  pe- 
dibusiue  rufis  cum  dimidia  parte  apicali  femorum  nigro-nitidis; 
mandibulis  oculisque  nigris;  thorace  brevi,  antice  subanguloso 
et  postice  recte  truncato,  basi  trinodoso  ;  scutello  rotundalo;  elytris 
thorace  multo  latioribus,  plauiusculis,  antice  postieeque  rotundatis, 
iu  sutura  aculeatis,  costulis  duabus  longitudinalibus  obsoletis.  — 
Long.,  19;  lat.,6mill. 

Très-finement  anguleux,  pubescent  et  d'un  fauve  rou- 
geàtre.  Tête  arrondie  en  avant,  cylindrique  en  arrière, 
brièvement  sillonnée  entre  les  yeux,  mais  plane,  plissée  et 
sillonnée  en  dessous.  Yeux  noirs,  saillants,  échancrés  en 
dessus.  Palpes  brunâtres.  Mandibules  noires,  moyennes, 
arquées,  aiguës,  ponctuées.  Antennes  ferrugineuses  à  pre- 
mier article  épais,  cylindrique,  de  la  longueur  du  cin- 
quième, deuxième  noduleux,  troisième  et  quatrième  égaux, 
légèrement  renflés  au  sommet.  Corselet  aussi  haut  que  large, 
avancé  en  cintre  sur  la  tête  et  de  la  largeur  de  celle-ci  à 
leur  jonction,  dro.t  en  arrière,  bisillonné  transversalement. 


570   rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

obtusément  avancé  sur  le  milieu  latéral,  atténué  près  de 
l'angle  postérieur,  qui  est  oblique  et  qui  est  coupé  droit  en 
arrière  ;  trois  tubercules  en  arrière  près  de  la  base.  Écusson 
arrondi.  Elytres  plus  larges  que  le  corselet,  planes,  élevées 
et  arrondies  sur  l'épaule,  également  arrondies  chacune  au 
sommet,  avec  une  épine  à  la  suture  ;  deux  côtes  longitu- 
dinales obsolètes.  Pattes  courtes,  les  quatre  antérieures 
assez  rapprochées  à  leur  insertion,  postérieures  plu6  lon- 
gues, ferrugineuses,  avec  les  cuisses  d'un  noir  brillant  et 
seulement  ferrugineuses  à  leur  naissance,  elles  sont  un 
peu  renflées  ;  les  antérieures  sont  arquées  et  déprimées  en 
avant  ;  crochets  simples.  Abdomen  gonflé,  déprimé  sur  les 
bords  de  cinq  segments,  ceux-ci  sont  assez  larges  et  dé- 
croissent de  grandeur  (Femelle). 
J'ai  reçu  cette  espèce  de  M.  Andrew  Murray. 

63.  Obrium?  fuscatumlmidum,  crebre  punctatum  denseque  ci» 
nereo-pilosum  ;  antennis  (basi  prsetermixta),  elytrisque  lateribus  lato 
infuscatis;  oculis  amplis,  nigris;  thorace  longiore  quam  latiore, 
lateribus  medio  subangulosis  ;  abdomine  pedibusque  pallidis.  .— 
Long.,  8-11  ;  lat.,  3,  3  1/2  mill. 

Obrium  fuscatum,  Dej.,  Cat.,  pag.  353  (mas), 
ustulatum,  Dej.,  (fœm.). 

D'un  jaune  livide,  fortement  et  serrement  ponctué,  re- 
vêtu d'une  pubescence  blonde.  Tête  arrondie,  excavée  et 
de  forme  carrée  en  avant.  Yeux  grands,  arrondis,  noirs, 
assez  espacés,  échancrés  en  dessus.  Antennes  noirâtres, 
avec  les  deux  premiers  articles  pâles  :  premier  grand 
légèrement  arqué;  deuxième,  moitié  plus  court  que  le 
troisième;  troisième  et  quatrième  égaux;  suivants,  plus 
grands,  cylindriques.  Corselet  plus  long  que  large,  droit 
aux  extrémités,  anguleux  sur  le  milieu  latéral,  inégal  sur 
le  disque.  Écusson  moyen,  arrondi.  Élytres  plus  larges  que 
le  corselet,  subrectangulaires  sur  le  dehors  de  l'épaule,  ré- 
gulièrement arrondies  chacune  à  l'extrémité;  elles  sont 
obscures  et  nettement  jaunâtres  le  long  de  la  suture.  Ab- 
domen et  pattes  d'un  jaunâtre  livide;  cuisses  régulièrement 


TRAVAUX  INEDITS,  571 

épaissies  au  milieu,  néanmoins  un  peu  comprimées  vues 
de  haut  (Femelle] . 

Cette  espèce,  qui  devra,  sans  doute,  constituer  un  nou- 
veau genre  voisin  des  Methia,  de  New.,  paraît  être  à  la 
fois  l'indigène  de  plusieurs  contrées  :  Sénégal,  Guinée 
portugaise  et  vieux  Calalar  ;  à  moins  que,  par  suite,  on  ne 
découvre,  en  examinant  un  plus  grand  nombre  d'exem- 
plaires que  je  n'en  possède,  des  caractères  pouvant  servir 
à  établir  plusieurs  espèces.  Dejean  avait  fait  deux  espèces 
des  deux  sexes.  En  effet,  les  mâles  diffèrent  grandement 
des  femelles  par  un  corselet  très-étroit,  caréné  au  milieu 
en  dessus  et'  à  peine  anguleux  sur  le  côté,  et,  dans  les  in- 
dividus de  même  sexe,  encore  de  grandes  différences  de 
forme  et  de  coloration.  Chez  un  des  mâles  de  ma  collec- 
tion, le  premier  article  est  arqué,  et  les  suivants  sont  plus 
larges  en  général  et  tout  à  fait  différents  de  ceux  des  Obrium 
d'Europe. 

64.  Euporus  disparilis  laete  viridis,  mandibulis,  antennis  pedi- 
busque  nigris,  cyaneo-micantibus  ;  capite  creberrime  punctato,  bre- 
viter  sulcato;  thorace  antice  recto,  plicato,  postice  constricto,  basi 
bisinuato,  medio  globoso  et  fortiter  punctato,  lateribus  rotundatis  ; 
scutello  triangulari,  aurato  ;  elytris  thoracis  latitudine,  viridi-obscu- 
ris,  vittis  duabus  longitudinalibus  :  mia  mediana,  altéra  suturali  ; 
pectore  abdomineque  viridiaureis,  glabris,  minutissime  punctatis  ; 
ano  producto,  truncato.  Fœmina. 

Mas  differt  feraoribus  quatuor  aaticis  medio  rubris,  corpore  gra- 
ciliore  antennisque  elongatis. 

Long.,  11, 11  1/2;  lat.,  2  1/2,  3  mill. 

Très-voisin  de  YE.  viridis ,  Serv.  (Madagascariensis , 
Dej.j ,  mais  plus  étroit;  d'un  beau  vert  doré  et  cuivreux 
en  dessous.  Tête  étroite,  sinuée  le  long  des  yeux,  couverte 
d'une  ponctuation  serrée.  Sillon  longitudinal  limité  au 
front.  Palpes  noirs.  Mandibules  d'un  bleu  indigo  chan- 
geant en  noirâtre;  antennes  de  même  couleur,  courtes,  en 
massue,  sillonnées,  à  troisième  article  fort  long  et  à  demi 
noirâtre,  du  côtéde  la  base, arqué  et  anguleux  à  son  som- 
met. Corselet  droit  en  avant,  transversalement  plissé  sur 


572  rev.  et  mag.  de  zoologie.  {Décembre  1856.) 

le  tiers  antérieur ,  resserré  en  arrière  et  bisinuex  sur  la 
base,  arrondi  en  dessus  et  sur  les  côtés  et  fortement  ponc- 
tué. Ecusson  triangulaire  ,  doré.  Élytres  finement  cha- 
grinées, d'un  vert  obscur,  brillantes  sur  l'épaule  et  offrant, 
chacune ,  deux  lignes  étroites  d'un  vert  plus  tendre ,  dont 
une  sur  le  milieu  de  l'étui  et  l'autre  sur  la  suture.  Poi- 
trine et  abdomen  d'un  doré  cuivreux  poli  et  peu  distincte- 
ment ponctués.  Pattes  d'un  bleu  indigo  changeant  en 
noirâtre;  cuisses  brusquement  renflées;  pelotes  des  tarses 
jaunâtres.  Femelle. 

Le  mâle,  qui  ressemble  à  YE.  brevicornis,  F.,  diffère  de 
cette  femelle  par  un  corps  plus  grêle,  ses  antennes  un  peu 
plus  allongées  et  moins  épaisses  au  sommet,  et  les  quatre 
cuisses  antérieures  rouges  au  milieu. 

J'ai  reçu  cette  espèce  de  M.  Andrew  Murray. 
(La  suite  prochainement.) 


II.     SOCIETES     SAVANTES. 

Académie  des  sciences  de  Paris. 

Séance  du  lundi  1er  décembre  1851.  — S.  A.  le  prince 
Ch.  Bonaparte  présente  des  Additions  et  corrections  aux  ta- 
bleaux paralléliques  de  la  deuxième  sous-classe  des  Oiseaux , 
précoces  ou  autophages. 

Ce  travail,  qui  termine  cette  série  d'études,  contient  un 
grand  nombre  d'observations  d'un  haut  intérêt  qui  ne 
sauraient  être  analysées.  Elles  occupent  onze  pages  des 
Comptes  rendus. 

M.  Léon  Dufour  adresse  une  note  ayant  pour  titre  : 
Quelque  chose  sur  les  truffes.  Dans  ce  petit  travail,  le  savant 
correspondant  de  l'Académie  réfute  l'opinion  de  ceux  qui 
ont  voulu  faire  de  cette  production  une  gale  souterraine , 
produite  par  un  insecte. 

M.  Giraud-Teulon  communique  un  mémoire  ayant  pour 
titre  :  Bu  principe  qui  préside  au  mécanisme  de  la  natation 
chez  les  Poissons  et  du  vol  chez  les  Oiseaux. 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  573 

M.  Mattei  communique  un  travail  intitulé  :  Constatation 
d'une  yoche  amnio-choriale  normale  dans  l œuf  humain  pen' 
dant  toute  la  durée  de  la  grossesse.  Ànatomie  de  cette  poche, 
physiologie  et  pathologie. 

M.  Antoine  de  Martini  adresse  une  note  sur  un  cas 
d'absence  congéniale  des  capsules  surrénales. 

M.  Matteucci  adresse  un  travail  sur  les  phénomènes  phy- 
siques de  la  contraction  musculaire. 

Séance  du  8  décembre.  —  M.  Geoffroy  Saint-Hilaire  com- 
munique l'extrait  d'une  lettre  de  M.  de  Capanema  concer- 
nant l'exploration  qui  va  être  faite ,  par  ordre  du  gouver- 
ment  brésilien,  des  parties  les  moins  connues  de  ce  vaste 
Empire. 

M.  E.  Blanchard  adresse  un  mémoire  ayant  pour  titre  : 
Des  caractères  ostéologiques  chez  les  Oiseaux  de  la  famille  des 
Psittacides. 

Séance  du  15  décembre.  —  M.  Ch.  Rouget  présente  des 
Recherches  sur  les  éléments  des  tissus  contractiles. 

M.  le  secrétaire  perpétuel  présente,  au  nom  de  l'auteur, 
M.  P.  Gervais,  un  mémoire  intitulé  :  Description  ostéolo- 
gique  de  l'Hoazin,  du  Kamichi,  du  Cariama  et  du  Savacou , 
suivie  de  quelques  remarques  sur  les  affinités  des  Oiseaux. 
L'auteur,  dans  la  lettre  d'envoi,  appelle  l'attention  sur  une 
partie  du  mémoire  dans  laquelle  il  fait  ressortir  l'impor- 
tance des  caractères  fournis  par  le  sternum  et  ses  annexes 
pour  asseoir  sur  des  bases  stables  la  classification  ornitho- 
logique.  «  On  trouvera  ,  dit-il ,  dans  cette  partie  de  mon 
travail,  quelques  faits  nouveaux  ajoutés  à  ceux  qui  avaient 
été  publiés  soit  par  MM.  de  Blainville  et  l'Herminier,  soit 
par  les  savants  encore  trop  peu  nombreux  qui  marchent 
dans  la  voie  indiquée  par  eux.  » 

Séance  du  22  décembre.  —  M.  le  ministre  de  l'instruction 
publique  transmet  un  mémoire  de  M.  T.  Rossignol  sur  la 
pesanteur  spécifique  de  la  graine  de  vers  à  soie ,  comme 
moyen  d'investigation  pour  reconnaître  la  bonne  ou  la 
mauvaise  qualité  de  cette  graine. 


§74    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

Ce  mémoire  est  renvoyé  à  l'examen  de  la  commission 
nommée  pour  de  précédentes  communications  concernant 
la  conservation  ou  l'amélioration  des  races  des  vers  à  soie; 
cette  commission  se  compose  de  MM.  Duméril,  Milne- 
Edwards  ,  Combes ,  Peligot ,  de  Quatrefages ,  maréchal 
Vaillant. 

M.  Milnc-Edwards  présente  un  mémoire  sur  l'instinct  et 
les  mœurs  des  Sphégiensy  par  M.  Fabre,  professeur  au  lycée 
d'Avignon.  Ce  travail ,  qui  fait  suite  aux  recherches  du 
même  auteur  sur  les  Cerceris,  contient  beaucoup  d'obser- 
vations et  d'expériences  intéressantes  sur  la  physiologie 
du  Spheœ  flavipennis  ,  et  notamment  sur  le  mode  de  sécré- 
tion et  d'excrétion  de  l'acide  urique  chez  cet  animal. 
M.  Fabre  a  joint  à  son  mémoire  une  note  sur  les  méta- 
morphoses des  Sitaris  humcralis  dont  le  développement  se 
fait  d'une  manière  très-anormale. 

M.  Philipeauœ  adresse  des  observations  sur  V extirpation 
des  capsules  surrénales  chez  les  rats  albinos. 

M.  Silbermann  adresse  un  mémoire  intitulé  :  Mcsure.s 
naturelles  du  corps  humain  (  3e  partie  ).  Loi  des  longueurs 
harmoniques. 

M.  Greslot  présente  des  réflexions  sur  la  forme  la  plus 
avantageuse  à  donner  à  l'extrémité  supérieure  des  ruches. 

Le  but  que  l'auteur  s'est  proposé  ,  dans  cette  note,  est 
de  faire  voir  que  le  moyen  de  mieux  employer  la  capaci- 
té de  la  ruche,  c'est-à-dire  d'obtenir  que  les  abeilles  con- 
struisent avec  toute  la  régularité  possible  leurs  rayons , 
est  de  substituer  aux  fonds  hémisphériques  des  ruches 
rustiques  ou  aux  fonds  plats  employés  par  beaucoup  d'a- 
piçulteurs  un  fond  en  berceau,  c'est-à-dire  terminé  par 
une  surface  demi-cylindrique  à  axe  horizontal  ;  dans  les 
ruches  présentant  cette  configuration  à  leur  partie  supé- 
rieure ,  les  abeilles  construiront  leur  rayon  dans  une  di- 
rection connue  d'avance  (  perpendiculaire  à  l'axe  du  cy- 
lindre). Ces  rayons  seront  solidement  fixés,  rigoureuse- 
ment parallèles  entre  eux,  et  il  n'y  aura  point  d'espace 


SOCIÉTÉS   SAVANTES.  575 

perdu  ou  d'entrave  à  la  libre  circulation  des  abeilles. 

M.  Demidojf  adresse  trois  notices  relatives  aux  résultats 
des  essais  faits  dans  ses  propriétés  de  Nijné-Taguilsk  (Si- 
bérie ) ,  pour  l'élève  des  sangsues.  La  première  pièce  est 
un  mémoire  manuscrit  de  M.  Malische/f,  élève  en  méde- 
cine ,  qui  a  dirigé  ces  essais  ;  les  deux  autres  sont  des 
opuscules  publiés  en  russe  par  M.  Herodion  Riaboff  ,  pro- 
fesseur au  gymnase  de  Vouia  :  on  y  a  joint  une  traduction 
française. 

Ces  trois  notices  sont  renvoyées,  à  titre  de  pièces  à  con- 
sulter ,  à  la  commission  chargée  de  faire  un  rapport  sur 
différents  essais  d'hirudiculture ,  commission  qui  se  com- 
pose de  MM.  M  il  ne-Edwards,  de  Quatrefages  et  Moquin- 
Tandon. 

M.  Paul  Gervais  adresse  un  travail  sur  les  mammifères 
que  Von  a  recueillis  dans  le  département  du  Gard. 

Séance  du  29  décembre.  —  M.  Dumèril  père  présente,  au 
nom  de  son  fils,  M.  Aug.  Duméril,  un  mémoire  pour  servir 
à  l'histoire  de  l'erpétologie  de  l'Afrique  occidentale  ,  et , 
en  particulier ,  de  la  côte  du  Gabon  ,  riche  au  delà  de  ce 
qu'on  pourrait  dire  en  Reptiles ,  dont  quelques-uns,  sans 
analogues  dans  les  autres  contrées  et  vraiment  extraordi- 
naires ,  sont  restés  jusqu'ici  inconnus.  Quelques  instants 
avant  cette  lecture,  le  secrétaire  perpétuel,  M.  Flourens , 
avait  annoncé  que  M.  Duméril  père,  dont  la  forte  et  verte 
vieillesse  fait  l'admiration  du  monde  savant ,  qui  porte  , 
sans  infirmités  et  avec  une  aisance  étonnante ,  ses  quatre- 
vingt-quatre  ans,  avait  cru  devoir  résigner  sa  chair  d'ich- 
thyologie  et  d'erpétologie  au  Muséum  d'histoire  naturelle, 
et  que  M.  Aug.  Duméril  demandait  à  compter  parmi  les 
candidats  que  l'Académie  présentera  en  remplacement  de 
son  père.  Le  noble  vieillard  est  si  généralement  aimé ,  es- 
timé, vénéré,  il  a  tant  et  si  bien  mérité  de  la  science,  que 
personne  ne  songera  même  à  disputer  à  son  fils,  qui  s'est 
courageusement  lancé  sur  ses  traces ,  la  place  devenue 
vacante  par  la  volonté  libre  de  celui  qui  l'occupait. 


576  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

M.  Aug.  Duméril  sera  présenté  en  première  ligne  par  le 
Muséum  d'histoire  naturelle  et  l'Académie;  jamais  nous 
n'aurons  vu  encore  une  si  honorable  unanimité.  C'est  que 
M.  Duméril  père  est  resté,  toute  sa  vie,  dévoué  à  la  science, 
et  le  type  du  véritable  savant. 

M.  Moquin- Tandon  fait  hommage  à  l'Académie  des  qua- 
trième ,  cinquième  et  sixième  livraisons  de  son  Histoire 
naturelle  des  mollusques  terrestres;  ces  livraisons  compren- 
nent onze  familles,  vingt-huit  genres,  deux  cent  soixante- 
treize  espèces  et  plusieurs  milliers  d'individus. 

M.  Guérin-Méneville  lit  un  mémoire  ayant  pour  titre  : 
Des  véritables  causes  de  l'épizootie  actuelle  des  Vers  à  soie  et 
moyens  pratiques  d'en  atténuer  les  désastreux  effets.  —  Ce 
travail  est  reproduit  en  entier  dans  ce  numéro,  p.  583. 


III.  ANALYSES  D'OUVRAGES  NOUVEAUX. 

Lettres   conchyliologiques. 
VI. 

Monsieur  et  cher  directeur, 

Je  vous  écris  de  Bordeaux ,  qu'on  peut  appeler  un 
centre  malacologique,  et  où  je  jouis,  en  ce  moment,  des 
douceurs  de  la  plus  gracieuse  hospitalité.  On  y  respire 
comme  un  parfum  conchyliologique,  si  l'on  peut  dire  ;  de 
tous  côtés,  je  ne  vois  que  collecteurs  et  collections.  Ai-je 
besoin  de  vous  citer  les  noms  de  MM.  Ch.  Des  Moulins, 
de  Grateloup,  Gassies,  Cazenavette,  Jaudouin,  Souverbie, 
Cabrit,  Roussel,  Desmartis  et  tant  d'autres?...  Mais  je 
m'arrache  un  instant  à  la  contemplation  de  tous  ces  tré- 
sors de  la  terre  et  de  l'onde  pour  vous  donner  les  titres  de 
quelques  opuscules  nouveaux.  Ainsi  je  ne  sors  pas  de  mon 
sujet  et  je  reste  sur  mon  terrain  de  prédilection.  Voici 
mes  brochurines  : 


ANALYSES    D  OUVRAGES    NOUVEAUX.  577 

1°  Délie  lumache  ed  ostriche  delV  agro  pavese.  Pavia  (s. 
d.),  in-8,  32  p.  (par  P.  Strobel).  —  Déjà  les  coquilles  ter- 
restres et  fluviatiles  des  environs  de  Pavie  avaient  été 
étudiées;  vous  n'avez  point  oublié  la  dissertation  inau- 
gurale publiée  en  1848  par  le  docteur  Amanzio  Rezia 
sous  le  titre  de  :  Enumerazione  sistemalica  dei  Gasteropodi 
terrestri  e  fluviali  dei  dintorni  di  Pavia.  M.  Strobel,  en 
traitant  le  même  sujet,  a  pensé  ne  pas  faire  double  em- 
ploi ;  il  ne  s'est  pas  trompé.  Son  travail  est  neuf  et  origi- 
nal ;  il  serait  à  désirer  qu'il  eût  des  imitateurs.  Dans  son 
introduction,  il  cite  les  différents  titres  de  la  conchylio- 
logie à  l'intérêt  général  :  les  amours  des  Hélices,  la  pour- 
pre, les  perles,  le  byssus  des  Pinnes,  la  Sépia,  et  le  profit 
que  retirent  des  coquillages  marins  les  pêcheurs  et  les  ba- 
teliers. S' attachant  plus  spécialement  à  ses  espèces  indi- 
gènes, il  parle  du  temps  peu  éloigné  où  la  médecine  et  la 
pharmacie  employaient  les  Limaçons;  des  espèces  édules, 
et  à  ce  propos  il  fait  remarquer  que  c'est  à  tort  qu'on 
mange  les  grosses  espèces  ;  à  Venise ,  où  l'on  est  passé 
maître  en  fait  de  malaco-gastronomie ,  on  préfère  les  pe- 
tites [Y Hélix  Pisana,  par  exemple)  comme  plus  délicates 
et  plus  savoureuses.  Les  espèces  fluviatiles  sont  indigestes, 
parce  qu'elles  manquent  des  sucs  salés  nécessaires  à  la 
digestion.  Ne  pourrait-on  pas,  dit  l'auteur,  trouver  un 
condiment,  un  assaisonnement  qui  pare  à  cet  inconvé- 
nient?... 11  ajoute  que,  en  France,  on  compose,  avec  cer- 
tains escargots,  des  pommades,  des  cosmétiques  pour  la 
peau,  et  même  des  mastics  estimés.  Il  touche,  en  passant, 
la  question  de  l'utilité  des  Mollusques  dans  l'économie  de 
la  nature,  et  il  montre  que  plusieurs  d'entre  eux  maintien- 
nent la  pureté  de  l'air  et  de  l'eau  ;  que  d'autres  dévorent 
des  animaux  nuisibles  aux  plantes;  que  plusieurs,  enfin, 
servent  de  pâture  à  d'autres  êtres,  Oiseaux,  Reptiles,  Pois- 
sons, Insectes.  Il  définit  ensuite  les  animaux  dont  il  va 
parler.  Il  prévient  le  lecteur  qu'il  ne  s'est  pas  attaché  à 
donner  une  longue  description  scientifique,  mais  seule- 
2e  série,  t.  vin.  Année  1856.  37 


578  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

ment  l'indication  des  caractères  frappants  et  pratiques  à 
l'aide  desquels  les  jeunes  gens  pourront  arriver  à  recon- 
naître les  espèces.  C'est  ainsi  qu'il  passe  successivement 
en  revue  les  soixante-quatorze  espèces  rencontrées  dans 
la  province  de  Pavie,  en  accompagnant  chacune  d'elles  de 
remarques  et  d'observations  pleines  d'intérêt.  Ce  petit 
livre  va  devenir  le  vade-mecum  de  l'étudiant  à  Pavie ,  et  il 
trouvera  également  une  place  choisie  dans  la  bibliothèque 
du  savant.  Je  le  trouve  touché  de  main  de  maître.  Son  épi- 
graphe est  curieuse  ;  je  la  rapporte  à  cause  de  sa  singu- 
larité : 

Viva  la  çhiocciola ,  viva  la  bestia , 

Che  unisee  il  merito  alla  modestia!... 

2°  Bépartition  géologique  des  Mollusques  vivants  dans  le 
département  de  l'Aube,  par  Henri  Drouët.  Troyes,  1855, 
in-8,  39  p.  et  une  carte  color.  —  Je  m'abstiendrai,  et  pour 
cause,  de  toute  critique  sur  le  présent  factum ,  que  vous 
pourrez  lire  dans  les  Mémoires  de  la  Société  Académique  de 
l'Aube ,  t.  XIX ,  et  je  me  contenterai  de  vous  en  rapporter 
les  conclusions,  ainsi  conçues  :  1°  la  composition  minéra- 
logique  du  sol,  dans  le  département  de  l'Aube,  a  une  in- 
fluence sensible ,  aisément  appréciable ,  sur  la  répartition 
des  Mollusques  vivants  ;  2°  voici  l'ordre  de  cette  influence 
en  commençant  par  les  roches  dont  l'action  est  plus  ma- 
nifeste :  terrain  jurassique ,  terrain  néocomien ,  terrain 
crétacé  supérieur;  3°  cette  influence  se  fait  sentir  non- 
seulement  sur  la  distribution  géographique  des  espèces, 
mais  encore  sur  le  test  de  celles  partout  répandues,  lequel 
se  trouve,  suivant  les  roches,  plus  ou  moins  volumineux, 
plus  ou  moins  solide  ;  4°  le  terrain  crétacé  est  plus  riche 
que  le  terrain  jurassique  en  Mollusques  fluviatiles  ;  d'un 
autre  côté,  les  espèces  terrestres,  sur  ce  dernier,  ont  une 
prédominance  marquée  ;  5°  sur  cent  cinquante  espèces 
environ  que  renferme  le  département  de  l'Aube,  cinq  sont 
particulières  aux  étages  supérieurs  du  terrain  crétacé ,  six 
aux  étages  inférieurs  de  ce  même  terrain  (greensand  et 


ANALYSES  d' OUVRAGES  NOUVEAUX.        579 

néocomien)  et  sept  au  terrain  jurassique.  \lHel\x  arbus- 
torum  est  spéciale  à  la  vallée  de  l'Aube.  Une  carte  géolo- 
gique est  jointe  à  ce  mémoire. 

3°  Mélanges  de  conchyliologie,  par  Paul  Fischer.  Bor- 
deaux, 1854-1856,  in-8,  69  p.  et  6  pi.  n.  lith.  (Extrait  des 
Actes  de  la  Soc.  Linn.  de  Bordeaux,  t.  XIX  et  XX.)  —  Cette 
publication,  dont  ce  cahier,  divisé  en  quatre  parties,  pa- 
raît être  le  premier  fascicule,  contient ,  ainsi  que  son  titre 
l'annonce,  des  matières  variées.  L'auteur  ne  suit  pas  d'autre 
ordre  que  celui  de  ses  observations.  C'est  ainsi  qu'il  pu- 
blie de  fort  belles  recherches  anatomiques  et  taxonomi- 
ques  sous  les  titres  suivants  :  Études  sur  le  Taret  noir 
(Teredo  nigra);  Observations  relatives  au  Pholas  candida; 
Note  sur  le  Pullastra  senegalensis.  Ces  articles,  en  tant  que 
conchyliologie  marine,  ne  sont  plus  de  ma  compétence. 
Mais  je  vous  signale  avec  une  mention  spéciale  son  cha- 
pitre sur  le  sommeil  et  l'hivernation  des  Gastéropodes 
terrestres.  Le  jeune  auteur  a  remarqué  que  le  sommeil, 
chez  ces  animaux,  se  déclare  presque  tous  les  jours  dès 
que  le  crépuscule  paraît  et  que  l'animal  a  terminé  ses 
courses  nocturnes.  La  durée  du  sommeil  est  variable  : 
quelques  heures  si  l'air  est  humide  et  chargé  d'électricité, 
deux  ou  trois  jours  si  le  temps  est  très-sec.  Dans  la  saison 
des  amours,  les  Mollusques  sont  très-é veillés.  Ces  animaux 
entrent  en  hivernation  dès  que  les  premiers  froids  se  font 
sentir;  pour  cela,  ils  s'enfoncent  dans  le  sol  et  se  con- 
struisent un  épiphragme.  Ils  vivent  dans  cet  état  deux  ou 
trois  mois,  et  même  davantage.  Il  est  à  remarquer  que  les 
Gastéropodes  aquatiques  diffèrent  beaucoup,  en  cela,  des 
Gastéropodes  terrestres,  et  qu'ils  jouissent,  pendant  l'hiver, 
d'une  grande  activité.  M.  Fischer  entre,  à  propos  de  l'épi- 
phragme,  dans  des  détails  fort  curieux.  Vous  lirez  égale- 
ment avec  intérêt  ses  remarques  sur  le  sac  buccal  des  Am- 
pullaires,  et  surtout  ses  observations  sur  le  Parmacella 
Deshayesii  et  sur  le  genre  Parmacelle  en  général.  Après 
avoir  donné  la  description  extérieure  du  P.  Deshayesii,  des 


580    rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

environs  d'Oran,  l'auteur  examine  successivement  les  or- 
ganes digestifs,  la  circulation,  les  nerfs,  le  système  sexuel. 
Passant  ensuite  au  recensement  des  différentes  espèces 
du  groupe  des  Parmacellidœ ,  M.  Fischer  énumère  toutes 
celles  qui  lui  sont  connues  dans  les  genres  Parmacella, 
Peltella,  et  il  établit  un  genre  nouveau,  Parmarion,  pour 
les  espèces  à  crypte  muqueux  caudal  et  à  coquille  homo- 
gène, mince,  cornée,  sans  apparence  de  spire,  légèrement 
convexe  en  dessus.  Cette  énumération  synonymique  ren- 
ferme dix-huit  espèces.  Après  cette  revue  monographique, 
l'auteur  signale  les  caractères  anatomiques  qui  différen- 
cient les  Hélicarions  des  Vitrines,  et  fait  part  de  quelques 
remarques  sur  l'animal  de  Y  Hélix  Bombay  ana.  L'ouvrage 
est  terminé  par  une  note  sur  les  animaux  de  deux  Am- 
brettes.  Pour  la  première,  Succinea  unguis,  Fér.,  il  décrit 
les  systèmes  digestif  et  générateur,  et  établit  la  synony- 
mie. Pour  la  seconde,  Succinea  depressa,  Rang,  il  examine 
également  les  systèmes  de  la  digestion  et  de  la  génération, 
et  il  trouve,  dans  ces  organes,  des  caractères  suffisants  pour 
rétablissement  d'un  genre  nouveau  qu'il  nomme  Pellicula. 
De  bons  dessins  accompagnent  ces  descriptions  anatomi- 
ques. M.  Fischer,  vous  le  voyez  ,  suit  un  sentier  choisi , 
celui  des  anatomistes.  Inutile  de  l'engager  à  persévérer 
dans  cette  voie,  où  il  ne  peut  manquer  de  se  faire  un  nom. 
Avec  un  observateur  de  sa  trempe,  le  Journal  de  conchy- 
liologie, dont  on  m'annonce  la  résurrection,  avec  MM.  Fis- 
cher et  Bernardi  pour  directeurs,  offrira  de  nouveaux 
éléments  de  succès  et  de  durée. 

4°  Note  sur  un  Mollusque  récemment  naturalisé  en  Lor- 
raine, par  M.  Godron.  Nancy,  1856,  in  8,  6  p.  (Extrait 
des  Mém.  de  CAcad.  de  Stanislas.)  —  Il  faut  distinguer, 
dit  l'honorable  doyen  de  la  faculté  des  sciences  de  Nancy 
dans  sa  note,  les  naturalisations  bien  établies,  dues  aux 
efforts  persévérants  de  l'homme,  de  celles  qui  se  sont  pro- 
duites à  son  insu  et  même  malgré  lui.  Comme  exemple  de 
ces  dernières,  il  cite  d'abord  des  plantes  nombreuses, 


ANALYSES    D'OUVRAGES    NOUVEAUX.  581 

puis  la  Blatte  orientale,  la  Blatte  américaine,  le  Rat  noir, 
le  Rat  surmulot,  qui,  fortuitement  importés  sur  notre  sol, 
s'y  sont  complètement  acclimatés.  Le  fait  de  l'introduc- 
tion, en  Lorraine,  du  Dreissena  polymorpha,  Van  Bened., 
en  est  un  nouvel,  exemple.  «  Ce  Mollusque  bivalve,  qui 
n'avait  jamais  été  vu  dans  nos  rivières,  dit  M.  Godron, 
vient  d'apparaître  dans  le  canal  de  la  Marne  au  Rhin,  mis 
en  eau  depuis  six  ans  à  peine;  et,  circonstance  remar- 
quable ,  il  s'y  est  bien  plus  multiplié  que  nos  espèces 
aquatiques  indigènes.  On  s'explique,  du  reste,  très-facile- 
ment son  importation  dans  ce  canal  par  l'effet  de  la  navi- 
gation. Ce  bivalve  possède  un  byssus  au  moyen  duquel  il 
s'attache  non-seulement  aux  pierres,  mais  aussi  à  la  coque 
des  bateaux ,  et  bien  certainement  c'est  par  cette  voie  de 
transport  qu'il  est  venu  visiter  les  eaux  de  la  Lorraine.  » 
5°  Catalogue  de*  Mollusques  vivant*  aux  environs  d'Àlen- 
çon>  par  A.  R.  de  Liesville.  Paris,  1856,  in-8,  16  p.  — 
Énumération  un  peu  aride  des  soixante-deux  espèces  de 
coquilles  terrestres  et  lacustres  observées  autour  d'Alen- 
çon.  Je  dis  un  peu  aride,  parce  que  M.  de  Liesville  a  trop 
souvent  négligé  d'indiquer  la  localité  précise  et  la  station 
de  ses  Mollusques.  Un  catalogue  local,  pour  être  utile,  ne 
doit  pas,  suivant  moi,  se  contenter  de  présenter  la  simple 
liste  des  espèces  ;  on  doit  y  trouver  encore  des  indications 
aussi  précises  que  possible  sur  l'habitat  et  la  station,  sur 
la  nature  du  sol,  sur  les  plantes  de  prédilection,  en  un 
mot  tout  ce  qui  peut  aider  à  faire  retrouver  l'espèce  et 
tout  ce  qui  peut  servir  à  la  géographie  zoologique.  Sous 
ce  point  de  vue,  l'essai  de  M.  de  Liesville  me  semble  laisser 
un  peu  à  désirer.  Peut-être  a-t-il  été  composé  trop  préci- 
pitamment. J'y  trouve  indiqués  les  Hélix  nitidula,  Drap., 
et  Cyclostoma  sulcatum,  Drap...  Ces  deux  déterminations 
sont-elles  bien  exactes?  La  présence  des  Physa  acutaet 
Limnœa  leucostoma  mérite  également  d'être  signalée.  Le 
jeune  auteur  nous  apprend  que  Y  Hélix  potnatia  est  re- 
cherché, dans  son  pays,  pour  les  maladies  de  poitrine. 


582    rev.  et  magv  de  zoologie.  [Décembre  1856.) 

6°  Description  des  coquilles  univalves  ,  terrestres  et  d'eau 
douce,  envoyées  à  la  Société  Linnéenne  de  Bordeaux,  par  M.  le 
capitaine  Mayran ,  par  .T.  B.  Gassies.  Paris  ,  1856  ,  in-8  , 
13  p.  et  1  pi.  n.  lith.  (Extrait  des  Actes  de  la  Soc.  Linnéen. 
de  Bord.  y  t  XXI)  —  Il  s'agit,  dans  cet  opuscule,  de  Mol- 
lusques d'Algérie.  M.  Mayran  ,  capitaine  au  54e  de  ligne  , 
à  Tlemcen,  utilise  les  loisirs  de  la  vie  militaire  par  l'étude 
des  coquilles,  et  dans  l'expédition  d'Ouargla  il  a  pu  en 
recueillir  un  assez  grand  nombre.  Ces  coquilles,  envoyées 
à  la  Société  Linnéenne  de  Bordeaux,  ont  été  soumises  à 
M.  Gassies  ,  qui  publie  aujourd'hui  le  résultat  de  son  exa- 
men. Son  mémoire  comprend  l'énumération  de  dix-neuf 
espèces,  dont  onze  terrestres ,  huit  d'eau  douce ,  ainsi 
réparties  :  8  Hélix ,  2  Bulimus ,  1  Cyclostoma ,  1  Limnœa , 
1  Ancylus,  1  Neritina,  1  Mclania,  4  Melanopsis.  JParmi 
elles,  trois  ont  paru  nouvelles  à  M.  Gassies,  qui  les  donne 
comme  telles  dans  son  mémoire  :  1°  Hélix  Mayrani,  des 
hauteurs  de  Sfisseff,  près  de  Sidi-bel-Abess,  du  groupe  des 
H.  cariosa  et  cariosula  ;  —  2°  Melanopsis  hammanensis ',  de 
l'Oued-el-Hamman,  du  groupe  des  M.  costata  et  costellata; 
—  3°  et  Melanopsis  scalaris ,  de  l'Aïd-Fekan ,  source  ther- 
male, entre  Mascara  et  Saïda.  Ces  espèces  que  j'ai  pu  exa- 
miner dans  le  cabinet  de  M.  Gassies,  où  elles  sont  représen- 
tées par  un  grand  nombre  d'individus  (comme  toutes  celles 
de  l'envoi),  me  paraissent  établies  sur  de  bons  caractères. 
En  présence  de  pareils  résultats,  on  ne  peut  qu'applaudir 
au  zèle  de  M.  Mayran  ;  les  naturalistes  lui  sauront  gré  de 
ses  labeurs,  et  la  science  lui  tiendra  compte  de  ses  décou- 
vertes. D'ailleurs,  le  soin  de  leur  publicité  peut-il  être 
mieux  placé  qu'aux  mains  de  M.  Gassies  ? 

Au  moment  de  clore  cette  lettre,  il  m'arrive  une  bien 
fâcheuse  nouvelle.  M.  Barbie  ,  capitaine  en  retraite ,  che- 
valier de  la  Légion  d'honneur ,  membre  de  plusieurs  so- 
ciétés savantes  et  auteur  d'un  excellent  Catalogue  des  Mol- 
lusques de  la  Côte-d'Or,  vient  de  mourir  à  Dijon,  à  l'âge  de 
61  ans.  Ici ,  à  Bordeaux,  où  l'honorable  M.  Barbie  avait 


MÉLANGES    ET    NOUVELLES.  583 

tous  les  conchyliologues  pour  amis,  cette  nouvelle  funeste 
et  inattendue  nous  a  tous  plongés  dans  l'affliction  la  plus 
profonde ,  et  je  suis  certain  que  notre  deuil  sera  partagé 
par  tous  ceux  qui  ont  eu  ,  comme  moi  ,  le  plaisir  de  cor- 
respondre avec  ce  véritable  ami  des  sciences  naturelles. 

Je  vous  réitère  ,  en  finissant ,  l'assurance  de  mes  senti- 
ments les  plus  distingués  et  les  plus  dévoués. 

Henri  Drouet. 

Bordeaux,  Ie'  mai  1856. 

Post-scriptum.  Depuis  que  cette  lettre  est  écrite,  la  ma- 
lacologie déplore  une  perte  nouvelle  et  prématurée  , 
M.  Ernest  Puton ,  de  Remiremont,  mort,  le  :6  août  der- 
nier, dans  la  maturité  de  l'âge  (cinquante  ans)  et  du  ta- 
lent. Ce  conchyliologiste,  aussi  distingué  que  modeste, 
était  surtout  connu  pour  son  Essai  sur  les  Mollusques  des 
Vosges,  ouvrage  qu'on  peut  citer  comme  un  modèle  du 
genre.  Il  laisse,  en  outre,  une  Notice  sur  VUnio  ater  et  une 
Lettre  sur  les  Mollusques  de  Syrie  envoyés  au  musée  des  Vos- 
ges, 14  pages  in-8°  (Ann.  de  la  Soc.  d'émulation  des  Vosges, 
t.  IX,  1855)  ;  mais  ce  qui  distinguait  éminemment  cet  ho- 
norable naturaliste,  c'était  son  zèle,  sa  sagacité  et  une 
obligeance  à  toute  épreuve.  Personnellement,  je  suis 
cruellement  frappé  par  ce  coup  inattendu ,  qui  ouvre  un 
vide  de  plus  dans  les  rangs  déjà  si  décimés  de  mes  amis 
intimes. 

Troyes,  décembre  1856. 


IV.  MÉLANGES  ET  NOUVELLES 

Des  véritables  causes  de  Tépizootie  actuelle  des  Vers  à 
soie  et  moyens  pratiques  d'en  atténuer  les  désastreux 
effets.   Résumé  sommaire   du  journal  d'observations 


584  rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856.) 

faites  dans  la  grande  culture,  en  France  et  en  Italie, 
des  années  1846  à  1856;  par  M.  F.  E.  Guérin-Méne- 

VILLE. 

(Notice  lue  à  la  Société  impériale  d'acclimatation  le  26,  et  à  l'Académie 
des  scieoces  le  29  décembre  1856.) 

Il  est  admis  par  tous  les  praticiens  instruits  que  l'épi- 
zootie  qui  sévit  sur  nos  Vers  à  soie,  et  produit  une  si  grande 
émotion  dans  tous  les  pays  séricicoles,  est  le  résultat  de 
causes  très-diverses  dont  l'ensemble  a  amené  une  véri- 
table dégénérescence  de  ces  précieux  insectes  domestiques , 
c'est-à-dire  une  plus  grande  aptitude  de  nos  races  à  con- 
tracter des  maladies  épidémiques  sous  l'influence  d'un  cli- 
mat dérangé  depuis  quelques  années. 
Ces  causes  principales  sont  : 

1*  Le  grand  développement  de  la  culture  des  Vers  à 
soie  dans  certaines  contrées  ; 

2°  Le  soi-disant  perfectionnement  de  cette  culture,  dans 
bien  des  cas ,  au  moyen  d'éducations  hâtées  artificielle- 
ment par  une  sorte  de  culture  forcée  ; 

3°  L'habitude ,  de  plus  en  plus  répandue,  de  nourrir 
ces  insectes  avec  des  feuilles  de  mûriers  greffés,  plantés 
dans  des  terrains  d'alluvions  et  trop  riches ,  taillés  trop 
souvent  et  donnant,  par  conséquent,  des  feuilles  grasses , 
aqueuses  et  moins  nutritives  ; 

4°  Celle  de  faire  de  grandes  éducations  dans  des  locaux 
restreints ,  mal  aérés  et  insuffisants  pour  une  bonne  hy- 
giène de  ces  animaux,  que  l'on  réunit  en  trop  grand  nom- 
bre dans  les  mêmes  lieux  ; 

5°  Celle,  enfin,  de  prendre  pour  reproducteurs  des  su- 
jets provenant  de  ces  éducations  que  l'on  doit  appeler  de 
produit ,  au  lieu  de  les  chercher  dans  des  éducations  que 
l'on  devrait  faire  spécialement  pour  graine ,  et  compara- 
bles à  ces  cultures  particulières  de  végétaux  faites  par  les 
agriculteurs  et  les  horticulteurs,  qui  plantent  leurs  porlc- 
graine  isolément  et  dans  des  conditions   différentes  de 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  585 

celles  où  ils  mettent  ces  plantes  lorsqu'elles  ne  sont  pat 
destinées  à  la  reproduction. 

Cependant  cette  dégénérescence  n'aurait  pas  amené 
les  résultats  désastreux  que  l'on  déplore  aujourd'hui,  si  une 
autre  cause  plus  générale ,  et  que  j'ai  déterminée  le  pre- 
mier en  étudiant,  depuis  cinq  ans,  dans  la  grande  culture 
la  maladie  qui  sévit  sur  les  végétaux,  n'était  venue  s'y 
joindre,  pour  rendre  presque  universelle,  et  surtout  épidé- 
mique,  une  maladie,  la  gattine,  que  j'ai  toujours  observée 
en  cas  isolés. 

Il  résulte  des  longues  études  que  j'ai  faites  sur  ce  grave 
sujet,  soit  pendant  des  missions  qui  m'ont  été  données 
par  S.  E.  le  ministre  de  l'agriculture ,  par  l'Académie  des 
sciences,  par  les  Sociétés  d'agriculture  et  séricicole,  soit 
avec  mes  propres  ressources,  qu'il  est  évident  que  l'épi- 
zootie  de  la  gattine  a  été  produite  chez  nos  Vers  à  soie, 
presque  partout  plus  ou  moins  dégénérés,  par  la  même 
perturbation  climatérique  qui  a  rendu  les  végétaux  ma- 
lades. Les  œufs  de  ces  Vers  à  soie  débiles  ont  été  sollicités 
à  un  commencement  de  travail  d'incubation  par  des  élé- 
vations anormales  et  momentanées  de  température  pendant 
l'hiver,  pendant  le  temps  où  ils  doivent  demeurer  endormis, 
comme  les  végétaux  de  nos  climats,  les  Marmottes,  les 
Loirs,  etc.,  d'où  est  résultée  une  aggravation  de  l'état  ma- 
ladif des  Vers  qui  en  sont  provenus.  Cette  influence  fâ- 
cheuse de  conditions  de  température  qui  provoquent  avant 
le  temps  un  commencement  d'incubation ,  interrompue  et 
reprise  une  ou  plusieurs  fois,  est  établie  par  une  foule  d'ob- 
servations faites  de  tout  temps  (1).  En  effet,  tous  les  séri- 

(1)  Un  de  nos  sériciculteurs  les  plus  distingués,  qui  a  créé  une 
magnifique  race  de  cocons  jaunes  par  des  soins  bien  entendus  et 
sans  aucun  secret,  M.  d'Arbalestier,  de  Loriol  (Drôme),  à  qui 
j'exposais,  il  y  a  deux  ou  trois  ans,  le  résultat  de  mes  observa- 
tions sur  la  cause  de  la  maladie  des  vignes,  dts  mûriers  et  des  Vers 
à  soie,  me  dit  avoir  remarqué  que,  Tannée  de  l'apparition  de  la  gat- 
tine, il  était  survenu  une  chaleur  inusitée  et  extraordinaire  pen- 


586  rev.  et  mag.  de  zoologie.  [Décembre  1856.) 

ciculteurs  reconnaissent  que  des  graines  mal  conservées, 
c'est-à-dire  qui  ont  été  imprudemment  exposées  à  une 
température  assez  élevée  pour  les  mettre  en  incubation , 
pour  les  émouvoir,  comme  ils  disent,  donneront  des  Vers 
à  soie  maladifs,  surtout  lorsqu'on  les  place  ensuite  dans 
un  lieu  plus  frais  pour  retarder  leur  éclosion. 

De  plus,  comme  la  même  cause,  la  même  perturbation 
dans  le  climat  a  altéré  également  la  constitution  des  mû- 
riers, ces  Vers  à  soie,  déjà  malades  par  eux-mêmes,  nour- 
ris avec  des  feuilles  malades,  ont  été  encore  plus  profon- 
dément altérés  dans  leur  constitution,  ce  qui  s'est  propagé 
et  aggravé  de  génération  en  génération ,  surtout  depuis 
quatre  ou  cinq  ans  que  durent  les  perturbations  climaté- 
riques. 

Cette  détermination  si  simple  et  si  naturelle  des  causes 
qui  ont  amené  l'épidémie  au  degré  d'intensité  où  elle  est 
aujourd'hui  trouve  de  nombreuses  preuves,  sauf  quelques 
exceptions ,  dans  des  faite  de  grande  culture  qu'il  m'a  été 
possible  d'observer  par  moi-même  ou  que  d'autres  ont 
observés  sans  savoir  s'en  rendre  compte,  et  je  les  ai  con- 
signés, à  l'appui  de  mon  explication  des  causes  réelles  de 
l'épidémie,  dans  plusieurs  publications.  Il  en  résulte  qu'en 
général  la  maladie  des  mûriers  et  des  Vers  à  soie  est 
moins  intense  ou  n'existe  même  pas  dans  certaines  loca- 


danl  le  mois  de  février,  ce  qui  mit  en  émotion  toutes  les  graines  dans 
les  lieux  ordinaires  de  leur  hivernage,  et  qui  fut  suivie,  dans  le  mois 
de  mars,  d'un  froid  vif  et  prolongé.  Il  pense,  avec  raison,  que  cette 
circonstance  a  avarié  la  graine,  et  que  cette  avarie  n'a  fait  que  s'ac- 
croître d'année  en  année  sous  des  conditions  analogues,  ce  qui,  dit-il 
daDS  une  récente  notice,  a  donné  aux  Vers  à  soie  une  maladie  de  fa- 
mille. 

Je  dois  ajouter  qu'il  est  évideut  pour  moi  que  cette  cause  de  ma- 
ladie épidémique  pour  les  Vers  à  soie  s'est  étendue  sur  les  insectes 
sauvages,  car  il  est  reconnu  par  beaucoup  d'entomologistes  que  cer- 
tains de  ces  insectes  sont  bien  moins  abondants  depuis  deux  ou  trois 
ans. 


MÉLANGES  ET  NOUVELLES.  587 

lités  soustraites  aux  perturbations  climatériques  dont  j'ai 
parlé  par  leur  position  topographique,  par  leur  élévation 
ou  par  leur  situation  plus  au  nord.  C'est  ainsi  qu'on  doit 
expliquer  la  meilleure  réussite  de  la  plupart  des  éduca- 
tions de  Vers  à  soie  dans  certaines  vallées  orientées  nord 
et  sud  ,  telles  que  celles  de  la  Durance  et  du  Rhône  ,  par 
exemple,  parcourues  l'hiver  par  des  vents  froids  qui  re- 
tiennent la  végétation  pendant  le  temps  où  elle  doit  de- 
meurer endormie.  C'est  par  la  même  cause  que  certaines 
localités  montagneuses  et  élevées  du  midi  de  la  Franct 
se  trouvent  dans  le  même  cas ,  et  ce  qui  montre  encore 
plus  la  justesse  de  ces  vues,  c'est  qu'il  est  reconnu  aujour- 
d'hui que  les  éducations  de  Vers  à  soie  faites  dans  le  nord 
de  la  France,  dans  certaines  parties  élevées  de  la  Suisse, 
en  Allemagne,  en  Prusse,  en  Pologne  et  jusqu'en  Suède, 
n'ont  présenté  jusqu'à  présent  aucune  trace  de  l'épidémie, 
qui  sévit  avec  d'autant  plus  d'intensité  que  l'on  s'avance 
plus  dans  le  midi  de  l'Europe  (1). 

Puisque  les  faits  généraux  sont  d'accord  avec  ma  théo- 
rie ,  qui  n'en  est ,  du  reste ,  que  la  déduction ,  on  doit  les 
prendre  pour  guides  dans  les  tentatives  à  faire  pour  as- 
surer nos  récoltes  de  cocons.  Je  persiste  donc  à  penser 
que  les  agriculteurs  des  pays  où  sévit  l'épizootie  des  Vers 
à  soie,  localités  qui  sont  en  même  temps  atteintes  par 
l'épiphytie,  ne  doivent  pas  s'obstiner  à  faire  leur  graine 
et  à  élever  les  Vers  qui  en  proviendront.  Ma  pratique  de 
ces  dernières  années  m'a  démontré  que  les  Vers  à  soie 
provenant  de  graines  non  encore  atteintes  par  la  maladie, 
élevés  dans  des  localités  infectées  et  avec  des  feuilles  ma- 
lades, donnent  d'abord  un  résultat  plus  ou  moins  satisfai- 


(1)  Cette  espèce  de  loi  naturelle  s'applique  aussi  très-bien  à  la 
maladie  de  la  vigne,  sauf  quelques  exceptions  que  l'on  pourrait  cer- 
tainement s'expliquer,  si  Ton  étudiait  les  localités  où  elles  se  produi- 
sent comme  je  l'ai  fait  pour  celles  où  il  m'a  été  possible  d'observer 
le  phénomène  dans  la  grande  culture. 


588   rev.  et  mag.  de  zooroGiE.  (Décembre  1856.) 

sant.  Seulement,  tant  que  durera  l'épizootie,  il  faudra  bien 
se  garder  de  prendre  ces  cocons  pour  reproducteurs,  car 
les  Papillons  qui  en  proviennent  m'ont  toujours  montré 
tous  les  signes  d'une  mauvaise  santé,  et  n'ont  générale- 
ment donné  que  des  graines  plus  ou  moins  viciées. 

Tant  que  dureront  les  causes  générales  de  l'épizootie , 
et  peut-être  assez  longtemps  après  qu'elles  auront  cessé  de 
se  produire,  il  sera  nécessaire  que  les  éducateurs  de  Vers 
à  soie  tâchent  de  se  procurer  des  graines  faites  dans  des 
localités  placées  dans  les  conditions  climatériques  suscep- 
tibles de  les  soustraire  à  ces  fâcheuses  influences,  et  sur- 
tout dans  des  pays  plus  froids  que  ceux  dans  lesquels  on 
fera  l'éducation.  Il  faut  que  ces  localités  soient  cherchées 
et  étudiées  pendant  la  prochaine  campagne  séricicole , 
que  de  véritables  éducations  de  graines  y  soient  faites , 
non-seulement  dans  des  vues  d'amélioration  des  races, 
mais,  avant  tout ,  pour  avoir  des  graines  saines  qui ,  éle- 
vées dans  des  pays  infectés,  donneront,  au  moins  la  pre- 
mière année,  des  récoltes  bonnes  ou  passables. 

Il  y  a  là,  pour  les  éducateurs  intelligents  de  ces  localités 
privilégiées,  une  riche  mine  à  exploiter  pendant  quelques 
années  au  moins,  car  il  est  certain  qu'ils  obtiendront  des 
résultats  très-avantageux  de  leurs  récoltes  de  cocons  con- 
vertis en  bonnes  graines,  et  qu'en  rendant  un  grand  ser- 
vice à  l'agriculture  ils  feront  aussi  une  excellente  affaire. 

En  donnant  aux  sériciculteurs  ces  avis,  résultats  d'une 
longue  pratique,  en  leur  enseignant  des  choses  que  d'au- 
tres considéreraient  comme  une  méthode,  comme  un  secret 
susceptible  d'être  breveté,  je  crois  remplir  simplement  un 
devoir.  , 

J'ose  espérer  que  mes  confrères  les  agriculteurs,  que  les 
élèves  qui  suivent  mes  cours  gratuits  de  sériciculture  faits, 
chaque  année,  dans  le  midi  en  collaboration  avec  M.  Eu- 
gène Robert,  que  les  honorables  éducateurs  de  Vers  à  soie 
qui  n'ont  cessé  de  m'encourager  dans  mes  recherches 
théoriques  et  pratiques ,  et  qui  ont  bien  voulu  en  approuver 


AVIS   DIVERS.  589 

les  résultats,  considéreront  ces  conseils  comme  un  témoi- 
gnage de  ma  vive  gratitude  pour  les  nombreuses  preuves 
de  sympathie  dont  ils  m'ont  toujours  honoré. 

Dans  un  prochain  travail,  j'exposerai  ce  que  j'entends 
par  des  éducations  de  graines. 


ANNÉE  1856. 


Texte 37  feuilles. 

5    planches  coloriées,  valeur.    .        7  1/2 
20  planches  noires,  valeur.    .     .      20 


Total 64  f.  1/2 


Pour  la  régularité  du  service,  il  est  essentiel  que  les 
personnes  qui  ne  désireraient  pas  continuer  de  souscrire 
à  la  Revue  et  Mayttdn  de  Zoologie  nous  en  avertissent 
{franco)  avant  le  10  février.  Les  Abonnés  des  départements 
qui  n'écriront  pas  seront  considérés  comme  continuant  de 
souscrire,  et  recevront,  avec  le  premier  numéro  de  1857, 
une  traite  de  24  francs  (23  francs  pour  l'abonnement  et 
frais  de  poste,  et  1  franc  pour  la  traite). 


TABLE   DES  MATIERES. 

Pages. 

Pucheran.  —  Notices  mamma logiques.  545 

Sourcier  (Jules).  —  Espèce  nouvellement  connue  du  genre 

Pygmornis.  552 

Dumkril  (Aug.).  —  Note  sur  les  Reptiles  du  Gabon.  553 

Moquin-Tandon.  —  Note  sur  l'Hélix  constricta.  562 

A.  Rojas.  —  Coléoptères  nouveaux  de  Venezuela.  565 

Chevrolat.  —  Description  de  Longicornes  nouveaux.  566 

Académie  des  sciences.  572 

Analyses.  576 

Mélanges  et  nouvelles  (maladie  des  Vers  à  soie).  583 


TABLES    ALPHABETIQUES 
POUR  L'ANNÉE  1856. 


1.    TABLE    DES    MATIERES. 


Académie  des  sciences.  32,   89, 

188,  247,  285,   343,  393,  438, 

491,  535,  472. 
Aménités  malacologiques.—  Bour- 

guignat.  7,  66,  226,  268,  327, 

378,  424,  499. 
Ammonites  nouvelles.  —  A.  d'Or- 

bigny.  105. 
Aye-Aye.  —  Liénard.  312. 

Cercopitheeus  Erxlebçnii.  —  Pu- 
cheran.  96. 

Cochenille  des  fèves.  —  Guérin- 
Méneville.  347. 

Cocons  André-Jean.  —  Guérin- 
Ménevilie.  295,  397. 

Coquilles  nouvelles.— Hupé,  Mont- 
rousier.  47. 

Coquilles  nouvelles.  —  Hupé  et 
Lorois.  470. 

Coleoptera  chilensia.  —  Fairmaire. 
483. 

Coleoptera  maroccana.  —  Fair- 
maire. 530. 

Coléoptères  du  Mexique.  —  Che- 
vrolat.  351. 

Coléoptères  nouveaux.  —  Chcvro- 
lat.  84.  —  De  Marseul.  47.  — 
Thomson.  112,  472,  528  —Fair- 
maire. 179. 

Coléoptères  de  Venezuela.  —  A. 
Rojas.  565.  • 

Congrès  ornithologique.  —  Bona- 
parte. 292. 

CynocephalusDoguera.  —  Puche- 
ran.  96. 

Dentition  des  Cétacés.  —  E.  Rous- 
seau. 193,  257,  305,  353. 


Dreisseua. — Marcel  de  Serres.  21. 
—  Bourguignat.  77. 

Eremiaphile.  —  Brissout.  42. 

Gale-Insectes  de  l'olivier.  —  Robi- 
neau-Desvoidy.  121,  180,  277, 
387. 

Hélix   carnassière.  —   Bonafoux. 

446. 
Hélix  constricta.  —  Moquin-Tau- 

don.  562. 

Lettres      conchyliologiques.     — 

Drouët.  135.  576. 
Longicornes  européens.  —  Che- 

vrolat.  435. 
Longicornes  nouveaux.  —  Chevro- 

lat.  340,436,  485,  531,  567. 
Lucanides.  —  Thomson.  516. 
Lucanus  pentaphyllus.  —  Beiche. 

47,  80. 

Mammalogie  du  continent  afri- 
cain. —  Pucheran.  49. 

Moufïlon  à  manchettes.  —  Aucapi- 
taine.  3. 

Muscardine,  maladie  des  Vers  à 
soie.  —  Guéri  n-Méneville.  26. 

Myiopsitta  tigrina.  —  De  Souancé. 
144. 

Notices  mammalogiques.  —  Pu- 
cheran. 145,  315,362,  449,546. 

Oiseaux-mouches.  —  .1.  Bourcier. 

552. 
.Ouitis  nouveaux.  —  Reiche.  118. 


TABLE   DES   NOMS  I>  AUTEURS. 


a91 


Ornithologie  de  la  France.  —  Jau- 

h.rt.   64,    97,    140,   2f>2,    322, 

403. 
Oursins  perforants.  —  Caillaud. 

158. 
Perroquets  (Catalogue  des).  —  De 

Souancé.  56,  la2,  208. 
Pourpre.  —  Griraaud  de  Caux.  34. 


Reptiles  du  Gabon. 
360,  417,  460. 


A.  Duméril. 


Serresius  galeatus.  —  Bonaparte, 
401. 


Triammatus  Saundersii.  —  Che- 
vrolat.  48. 

Ver  à  soie  du  chêne.—  Guérin 

Méneville.  536. 
Vers  à  soie  (acclimat.).  —  Guérin - 

Méneville.  370. 
Vers  à  soie  (épizootie  actuelle  des). 

—  Guérin-Méneville.  583. 
Vidua  hypocherina.  —  J.etE.Ver- 

reaux.  260. 

Zorilla  Vaillantii.  —  Loche.  497. 


II.  TABLE  DES  NOMS  D'AUTEURS. 


Aucapitaine.  Moufflou  à  manchet- 
tes. 3. 

Bonafoux.  Hélix  carnassière.  446. 
Bonaparte.   Congrès   ornithologi- 

que.  202.  —  Serresius  galeatus. 

401. 
Bourcier  (J.).  Oiseaux  -  mouches. 

552. 
Bourguignat.  Aménités  malacolo- 

giques  7,66,  226,  268,  327,  378, 

424,  400. 
Brissout.  Eremiaphile.  42. 

Caillaud.  Oursins  perforants.  158. 

Chevrolat.  Triammatus  Saunder- 
sii. 48.— Coléoptères  nouveaux. 
84.  —  Coléoptères  du  Mexique. 
351.  —  Lougicornes  européens. 
435.  —  Longicornes  nouveaux. 
340,  436,  485,  531,  567. 

Drouët.  Lettres  conchyliologiques. 

137,  576. 
Duméril  (AA  Reptiles  du  Gabon. 

369,  417,  400. 


Fairmaire.  Coléoptères  nouveaux 
179.  —  Coleoptera  chilensia 
483.  —  Coleoptera  maroccana 
530. 


Grimaud  de  Caux.  Pourpre.  34. 


Guérin-Méneville.  Accl.  des  Vers  à 
soie.  379.  —  Cochenille  des  Fè- 
ves. 347.  —  Cocons  André-Jean. 
295,  397.  —  Aye-Aye.  312.  — 
Muscardine.  26.  —  Ver  à  soie 
du  chêne.  536.  —  Cheptel.  539. 
—  Maladie  des  vers  à  soie.  583. 

Hupé.  Coquilles  nouvelles.  47, 
470. 

Jaubert.  Ornithologie  de  la  France. 
64,  97,  149,  262,  322,  403. 

Liéuard.  Aye-Aye.  312. 
Loche.  Zorilla  Vaillantii.  497. 


Marcel  de  Serres.  Dreissena.  21. 

Marseul  (de).  Coléoptères  nou- 
veaux. 47. 

Montrousier.  Coquilles  nouvelles. 
47,  471. 

Moquin-Tandon.  Hélix  constricta. 
562. 

Orbigny  (A.  d').  Ammonites  nou- 
velles. 105. 

Pucheran.  Cercopithccus  Ervlebe- 
nii.  06.  —  Maminalogie  du  con- 
tinent africain.  49.  —  Notices 
mammalogiques.  145,  315,  362, 
440,  546. 


592   rev.  et  mag.  de  zoologie.  (Décembre  1856. 


Reiche.  Lucanus  pentaphyllus.  47. 
80.  —  Onitis  nouv.  118. 

Robiueau-Desvoidy.  Gale-Iusectcs 
de  l'olivier,  etc.  121 .  180,  277, 
387. 

Rojas.  Coléoptères  de  Venezuela. 
565. 

Rousseau  (E.).  Dentition  des  Cé- 
tacés. 193,  257,  305,  353. 


Souancé  (de)  Catalogue  des  Perro- 
gu'ts.  56,  152.  208.  —  Myiop- 
sitla  tigrina.  144. 

Thomson.  Coléopt.  nouv.  112,  472. 
—  Lucauides,  516. 

Verreaux.  Vidua  hypocherina.  260. 


(Voir  la  Note  sur  V Hélix  constricta,  page  562.) 

Post-scriptum.  Au  moment  de  mettre  ce  numéro  sous  presse,  je 
reçois  de  11.  Boutigny  de  nouveaux  renseignements  sur  l'habitat  de 

Y  Hélice  resserrée.  Voici  les  principaux  passages  de  sa  lettre  : 

«  J'ai  l'honneur  de  vous  adresser  deuv  échantillons  vivants  de 

Y  Hélix  constricta.  Ces  échantillons  sont  très-frais  it  très-beaux  ; 
quand  je  les  ai  pris  l'ouverture  de  leur  coquille  présentait  encore 
une  partie  de  son  épiphragme,  lequel  était  fort  mince,  comme  celui 
des  Bulimes  et  des  Maillots.  L'animal  paraît,  du  reste,  à  travers  la 
coquille.  J'ai  essayé  de  le  réveiller  en  le  mettant  dans  une  soucoupe, 
avec  un  peu  d'eau,  à  une  température  très-douce.  Je  n'ai  pas  réussi. 

«  Dans  la  même  boite,  vous  trouverez  deux  autres  individus  jeu- 
nes, également  vivants,  et  un  cinquième  adulte,  mort,  mais  en  assez 
bon  état  de  conservation. 

«  J'en  ai  recueilli  déjà  près  de  quatre-vingts,  parmi  lesquels  une 
quinzaine  de  très-frais. 

«  Vous  allez  me  demander  comment  j'ai  réussi  dans  mes  recher- 
ches. Je  vous  dirai  que,  depuis  ma  dernière  lettre,  mes  idées  se  sont 
modifiées  relativement  aux  habitudes  de  notre  Mollusque.  J'ai  bien 
vite  abandonné  le  mur,  où  je  n'avais  plus  l'espoir  de  trouver  grand' - 
chosc  pour  le  moment,  et  j'ai  exploré  un  petit  bois  qui  le  domine. 
J'y  ai  rencontré  Y  Hélice  dont  il  s'agit  çà  et  là  sous  la  mousse,  à  une 
certaine  profondeur,  dans  ce  milieu  humide  et  obscur  que  fréquen- 
tent les  Vitrines  et  les  Zoniles. 

«  L'Hélice  resserrée  doit  être  assez  commune  pendant  l'été.  Pour 
avoir  des  individus  vivants,  il  faut  chercher  parmi  les  racines  des 
bruyères  et  les  rhizomes  des  fougères,  dont  la  décomposition  produit 
un  terreau  noirâtre.  Ce  Mollusque  s'enterre  probablement  pendant 
l'hiver,  comme  YHelix  olivelorum. 

«  J'ai  trouvé  ,  avec  YHelix  constricta ,  un  certain  nombre  de 
Clausilia  Rolphii  vivants. 

«  V Hélice  resserrée  paraît  aimer  de  préférence  les  lieux  toujours 
frais  et  légèrement  humides.  Je  ne  l'ai  pas  rencontrée  dans  la  partie 
inférieure  du  bois,  près  de  l'eau,  ni  sur  les  plateaux  secs.  Elle  est 
commune  surtout  sous  la  mousse  qui  recouvre  immédiatement  la 
terre,  mais  moins  sous  celle  des  rochers.  En  généralisant,  je  crois 
qu'on  peut  lui  donner  pour  habitat  celui  que  vous  indiquez  pour  le 
Zoniles  olivelorum. 

«  VHelix  constricta  est  maintenant  une  espèce  sûrement  ac- 
quise. » 

PARIS.   —    IMP.   DE    M™  V°  BOCCHARD-HUZARD  ,    RUE    DE    L  ÉPERON,    5. 


Jitv.  et  Mag.  ék  Zoolepu .  fS54. 

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/    Ditipsidera    i//, /,-.<■  ,,',■/,// '.        2    Ervmanthtis  BeùteinéA 
,'>.4  Erymanthus    Vc*u&ù>ùles .      5    Promecotheca    Scorpio. 
6    Promecotheca    TrèlAyi, . 


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/  Psiloptera  presùùms.  2  Conoœnaiha  natfardkù 

3  Styoroodera   <<y//<v/<t .         4.  Capnodis    .>,//■<>//,(>. 
■  >    AI  11  rn  us     ctffîd* . 


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J&vut  etJ/ap.  cU  Zoolcyù.  7836. 


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J, '  Zifautur  M ' iffaA. 


Xit/l  Jltcfuitfrjàru 


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6.      l£. Of>f?erfï. 


TUvue.  etAfag  ta-  Zoofoytt .  ffâS. 


1*1.4. 


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t.  17/iw  Ojoperti. 
z-  4.  -Fzrnissacia  Vescvi 


ZMJSufUtt/r  fiirù 

S,  6.  Jfit/ivua  Hiûmïa/ia . 
?_y.JÏ. JJeànuca,. 


Etvut.  t£  Mag.  cU  Zoo  lo pie,.  /  rS56) 


PL  fû. 


JÏ.Zioasstur,  dti  ttlità. 


_ZitA.Btajruit/nrts 


1  _  4.     iVnw  JTonùiuucué \ 

S-  s.    /feùa   g  raj^/tt cetera . 


Runu  tt  Mac/,  rft  Zoûloaù-.  <  /Sâôj 
/ 


/y.  //. 


£.Zu>assiur,  dil-  ttlitA 


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/_  4.      If/tio   ûre/ùuuim^ . 


Jttvut  tt  May.  cU  'Zoolûçit.   tfôê. 
2  3 


23 


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-&\J*tva*s€ur.  dtlu  Ùtft . 

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7-3.  Lœci&'anel/a  acïada . 

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tu/nu  Ivrusri. 

4,  5.  C. Angàca. 

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22. 

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ni/cùùa  . 

S '-tt.   C. rap/udïa. 

23 , 

24. 

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ûmft/piffï . 

72  14    C                nrrn/)//s/i, 

*5, 

26. 

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cylicàna . 

Jttvut  ttMay.  de  Zw/ryie.  7866. 


n.  /s. 


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7-3.     Ikr/issacia    dcâi/ù. 
4-6.  J1.—  _    sca/utcàùi 


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ZitAJufiutfnru 

fO-/z.   Jerussacia-   e/mycAia . 


7-9-  f- 


73  -  fâ.  fî 

zû-23.    Jinissacia  ertmivjoÂiài . 


7/ime/à/f7u. 
sciiw/u/a . 


j?evui  itMzg.  dt  Zoolopu-.  /SS6. 


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4-6.  Z. (Hélix)  hydaû/iuâ,Jfossm.  -y  _  U.  Z. (Mlucj  crysèn//i/ws,A/iil/tr. 

/-?2.  Z la&dritvla.  2û-2f.J}itÀinia  Verreaivuaruv. 


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1 ,  z.  fAyja  cyrtonota.  ê-  10.  fAysa    Jfai/mo7?dia/ias. 

3  ,  â.J3 Verre attxiï .        it~i$.  J* J?ro7idiài. 

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1.    Cardiu/n  Zoroiéil . 
3.  Maetra<    vroxzma. 


2.  CytÀtrea  VaUnci£M<su 
4.  lyrula/  Tïviardi. 


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4     F.iicarnpUis  Jt&mster-      S    Ips    asttcmrtStu.     &  Euniorphus  Mdmm*r. 

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//.  Acentroptera  ImnVtm     S  Acen  troptera  mZapùtw.     6  Octocladiscus/Wvv&v^r 
7  Alurnus  Mfrttûnémr.     S    Caspedophorns  <ry//(r///as —  J.TAcmsû/t,. 


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